L'Art est la raison pour laquelle je me lève le matin mais ma définition s'arrête là. Et je ne trouve pas cela juste de vivre pour quelque chose que je ne peux même pas définir. ”
Folkette dans des fringues de punk, Ani DiFranco a terrassé le Goliath du rock corporate pour émerger comme l’une des héroïnes les plus influentes et inspirantes des années 1990. Résolument accrochée au principe du Do It Yourself punk, DiFranco sort ses albums par le biais de son propre label, Righteous Babe, se construisant lentement mais sûrement une base de fans fidèles. Féministe ardente et ouvertement bisexuelle, les chansons de DiFranco abordent des sujets comme le viol, l’avortement ou le sexisme avec perspicacité et compassion, la musique puissante et nerveuse donnant le change à la candeur poignante des confessions de la chanteuse/songwritrice.
Née le 23 septembre 1970 à Buffalo, Ani monte sur scène à l’âge de 9 ans, lorsque son prof de guitare lui fait faire un concert de reprises des Beatles. Elle étudie ensuite le ballet, mais revient à la musique à 14 ans, inspirée par
Suzanne Vega et
Michelle Shocked, et compose ses premières chansons. L’année d’après, elle quitte une famille qui s’écroule pour vivre avec des amis en faisant le tour des clubs folk de Buffalo.
A 19 ans, Ani dispose de plus de 100 chansons originales. Elle s’installe à New York City et enregistre 500 cassettes d’une collection spartiate de chansons folk intenses, personnelles, sur les relations foirées et l’inégalité de genre. Les cassettes sont rapidement vendues lors des concerts et DiFranco décide de fonder Righteous Babe pour mieux distribuer ses enregistrements, tandis que le bouche-à-oreille assure sa popularité grandissante.
En 1991, elle sort Not So Soft et part en tournée en Volkswagen à travers les Etats-Unis, son look – crâne rasé, tatouages et piercings – devient l’image de rigueur pour ses fans. Avec Imperfectly (1992) et Puddle Dive (1993), DiFranco suscite l’intérêt de plusieurs majors, mais elle rejette toutes les offres et fait grandir Righteous Babe en un label extrêmement viable, voire plus.
Ani continue de jouer plus de 200 dates par an, et bientôt les médias s’intéressent à son cas. Sa pièce maîtresse de 1995, Not a Pretty Girl, fait parler d’elle jusque dans CNN et le New York Times. L’album suivant, Dilate (1996) fait même son entrée dans le top 100 des charts, un résultat excellent pour une sortie indépendante. En 1998, suit Little Plastic Castle, son disque le plus varié, qui fait son meilleur score dans les charts. Up Up Up Up Up Up et To The Teeth paraissent en 1999 et mi-2000 voit la sortie d’une collection de raretés, Swing Set.
En 2002, toujours guerrière de la route, Ani DiFranco sort un double album live, So Much Shouting, So Much Laughter, qui capture ses concerts préférés. En 2003, Evolve ajoute le funk, le jazz et la musique latine à ses influences, tandis que le Educated Guess de 2004 est joué entièrement par Ani. Knuckle Down, produit par le folkeux Joe Henry, arrive en 2005.
Jamais à court d’inspiration, Ani DiFranco sort au printemps 2006 le premier volume d’une série de bootleg, Carnegie Hall, et en août son nouvel album studio : Reprieve. Juste avant la sortie, Ani annonce qu’elle est enceinte. Va-t-elle enfin s’accorder une pause ou installera-t-elle un siège pour bébé à l’arrière de la Volkswagen ?