ABBA est un groupe de disco-pop suédois né au milieu des années 70 et qui sévit toujours sur toutes les platines de la planète. On leur doit « Dancing Queen », « Mamma Mia », et la spécialité du triple refrain : « Money, Money, Money » et « Gimme ! Gimme ! Gimme ! (A Man After Midnight) ».
A+B+B+A
Qui sont ABBA ? l’équation est simple et limpide : ABBA = (Agnetha + Björn) + (Benni + Anni-Frid). Deux hommes et deux femmes, deux couples qui chantent, dansent et composent une musique disco entraînante et qui ont écoulés depuis les débuts du groupe plus de 370 millions de disques.
Rarement dans l’histoire de la musique contemporaine la biographie d’un groupe aura mêlée aussi étroitement musique, business et vie sentimentale. Ce sont deux histoires d’amour qui se nouent très vite entre les deux hommes et les deux femmes d’ABBA (Agnetha et Björn se marient en 1971, Anni-Frid (alias Frida) et Benni en 1978) ; Les premiers titres sont co-écrits avec leur manager de toujours, Stig Anderson. Cette union sacrée va les mener irrésistiblement au sommet, tant musical (avec une dizaine de tubes mondiaux et des ventes d’albums faramineuses) que commercial (ils rachètent leur maison de disque et maîtrisent ensemble leur carrière). Puis le groupe s’étiole, déchiré par le divorce et un procès mené par Björn, Agnetha et Benni contre Stig pour des royalties impayées ; la maison de disque est cédée à Polygram (puis Universal), et ABBA se sépare en 1982.
1966 – 1975 : Les débuts d’ABBA
Mais revenons à la génèse du groupe : nous sommes en juin 1966, en Suède, et Björn Ulvaeus (membre d’un groupe de folk, les Hootenanny Singers) rencontre Benny Andresson (clavier d’un groupe suédois ultra populaire dans les 60’s, les Hep Stars). Ils s’associent pour composer quelques chansons, et commencent à collaborer avec le manager du label Polar Music – qui héberge les Hootenanny Singers – Stig Andersson. Durant la chaleur de l’été 1969, Björn et Benny se lient avec les futures femmes de leurs vies privées et publiques, respectivement Agnetha Fältskog et Anni-Frid Lyngstad, dite Frida (mais ça fait ABBF, nettement moins sexy).
Dans la foulée, ils enrichissent mutuellement leurs chansons respectives (production additionnelle, backing vocals, duo). Cependant, il leur faut bien trois ans avant de commencer à mêler leurs quatres voix au sein d’une même entité musicale – ce qui fera le « son » ABBA. En 1993, ils présentent une première fois l’Eurovison et finissent troisième avec leur titre
« Ring, Ring » (extrait de l'album
Ring Ring), un tube en Suède et un bon succès européen. L’année suivante marque le véritable lancement de la carrière internationale d’ABBA : ils remportent l’Eurovision avec
« Waterloo » (extrait de l'album
Waterloo) qui squatte la première place de tous les charts européens.
C’est avec leur troisième album éponyme (1975) qu’ABBA parvient à dépasser le statut toujours un peu péjoratif de gagnant de l’Eurovision, avec deux tubes,
« SOS » et surtout
« Mamma Mia », qui donnera son nom 20 ans plus tard à une comédie musicale reprenant une vingtaine des morceaux d’ABBA. L’Abbamania va désormais faire rage sur toute la planète, de l’Australie – le pays qui les adule avec la plus grande ferveur – aux Etats-Unis, pourtant moins réceptifs aux premiers succès d’ABBA.
1976 – 1979 : Tous babas d’ABBA
C’est au cours de ces quelques années qu’ABBA marquera à jamais la pop internationale, et que leurs chansons les plus mémorables seront produites.
« Dancing Queen », chanson écrite en honneur de la toute jeune reine de Suède, parvient à la première place des charts U.S., une réussite jamais reproduite par la suite. Les tournées triomphales, les albums (
Arrival en 1976 et les tubes
« Kowing You Knowing Me » et
« Money, Money, Money ») et les Best-of (déjà !) sont désormais le quotidien du quatuor disco. Leurs shows mêlent musique et costumes kitsch totalement assumés: cette image légère et fun est cultivée dans les apparitions du groupe comme dans leurs clips, réalisés par Lasse Hallström. Le même Mr Hallström tournera le film
ABBA : The Movie, dont la sortie coïncide - marketing bien huilé – avec la publication de
ABBA – The Album (1977), aux singles légèrement moins populaire :
« The Name Of The Game » et
« Take A Chance On Me ».
1979 – 1982 : Les déboires d’ABBA
En 1979, Agnetha et Björn se séparent, et c’est en 1981 au tour de Benni et Frida de rompre leur mariage. L’harmonie s’effrite au sein du groupe, qui parvient malgré tout à enregistrer trois disques studios,
Voulez-vous (1979),
Super Trooper (1980) et
The Visitors (1981). Si
Voulez-Vous est un immense succès, ainsi que la Face B ( !)
« Gimme ! Gimme ! Gimme ! …», les tubes des albums suivants marqueront moins les esprits. Les tournées (Japon, Canada, U.S., Australie…) ne désemplissent pas, les ventes de best of ne mollissent pas mais les rumeurs de split se font grandissantes.
Bien que l’annonce ne soit pas claire, le groupe se sépare fin 1982 et chacun continue en solo, au sens marital et musical. Un différent oppose par la suite trois ABBA et leur producteur historique, Stig Andersson pour des histoires d’argent ; la maison de disque est revendue.
1982 – aujourd’hui : ABBA’s back ?
Si des millions de fans et des dizaines de producteurs en rêvent, jamais le groupe d’ABBA ne se reformera. On leur propose une fortune pour se reformer, on réclame de nouvelles chansons, mais les maigres tentatives en studio de Bennie, Frida, Agnetha et Björn dans les années 80 finiront sur une multitude de compilations de leurs premiers succès.
Qu’importe, la demande est trop forte, et quelques groupes tentent dans un premier temps le timide hommage, quelques reprises… jusqu’au pastiche le plus total ! A l’instar des Beatles ou de
Queen un peu plus tard, des dizaines de « revival bands », (groupes-hommage) voient le jour pour réinterprêter le répertoire d’ABBA, chorégraphies, physionomies et chants étant le plus possible calqués sur l’original.
En 2005, la comédie musicale
Mamma Mia sort à Londres puis dans le reste du du monde, où 30 millions de spectateurs l’auraient suivi. En 2008, un film reprend la comédie musicale, mettant en scène notamment
Meryl Streep et
Pierce Brosnan. Enfin, un musée ABBA devrait être inauguré à Stokholm en Juin 2009.
A écouterSi vous ne faites pas la différence entre ABBA et
Boney M mais que ça vous fait bouger la tête de bas en haut, en rythme.
A ne pas écouterSi vous ne faites pas la différence entre ABBA et
Boney M et que ça vous fait bouger la tête de gauche à droite de façon dédaigneuse.
> En anglais et en français. Un site où trouver des extraits de "Abba. La Légende" du biographe officiel Jean-Marie Potiez.