Acid Mother Temple



Acid Mother Temple Nationalité : japonaise
Genre musical : Rock psychédélique

Acid Mothers Temple, oeuvre d'un seul homme, Kawabata Makoto, est à présent un collectif de Japonais illuminés et inspirés de John Cage. A ses débuts, Makoto commence à bidouiller des radios en provoquant le hasard, à peine revenu de ses expériences psychédéliques des 70's et de la révolution synthétique domestique des 80's. Toutes les pièces en main, l'histoire peut donc s'accélérer et en quelques années, au milieu de la furie désespérée des 90's, l'évidence de concevoir à plusieurs une musique qui ne s'entend pas (plus) ailleurs s'impose. Réunir des « récepteurs », écouter le cosmos et laisser les corps de chacun s'activer sur les instruments, voilà donc le postulat du collectif Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O, créé en 1996 et qui ne cessera pas dès lors de diffuser dans des proportions effrayantes les enregistrements de leurs "écoutes".

Le résultat sonore de ce que Makoto définit comme une "soul collective" (ou collectif spirituel) ressemblera à une furie inexprimable traversée d'un souffle d'outre-espace et surtout d'influences palpables, broyées, mélangées, transcendées par le rythme effréné infligé aux morceaux par une section rythmique en délire permanent. Ainsi, si In C évoque bien entendu la pièce du même nom de Terry Riley, si son introduction laisse à penser que l'hommage tournera à la pieuse copie, ça n'est que pour mieux pénétrer dans le vif du sujet, basses et machines toutes voiles dehors.

De la même manière, quand on sent clairement dans les 40 premières secondes de "Psycho Buddha" (sur New Geocentric World) la référence à Steve Reich, le calme minimaliste explose subitement pour laisser la place aux cris déchaînés d'un biniou strident accompagné par une cohorte sourde menée par batteries et basses implacables comme autant rouleaux compresseurs. Influences donc, mais qui jamais ne s'arrêtent au plagiat.

On ne peut néanmoins pas réduire AMT à un simple collectif d'enragés faisant feu de tout bois pour exprimer leur passion ravageuse. Car de l'autre côté de la transe, on trouve la mélodie lancinante des mystiques orientales. Ainsi la discographie du collectif possède aussi ses moments de quiétude, puisant frontalement aux sources de l'art musical, au Japon bien sûr, mais aussi à nos portes, dans une Occitanie presque perdue et envers laquelle Makoto ne cesse de clamer son admiration. Le qualificatif de "troubadours" reviendra donc à de nombreuses reprises pour qualifier leur démarche.

Musicalement, cette inclinaison se traduira par des plages d'esprit purement traditionnel, comme arrachées aux temps médiévaux ("La Novia"), ou encore par des associations occasionnelles avec des spécialistes comme Richard Youngs par exemple, chantre de la folk-world (tendance tibétaine), et qui composera avec Makoto un album de duos sans titre (label VHF, 2002). Il sera donc toujours question de transe dans les travaux de AMT (et de Makoto).

On l'aura d'ailleurs compris, si le collectif AMT demeure fluctuant et jamais vraiment défini (on compte une trentaine de collaborateurs d'horizons divers), Kawabata Makoto reste le guide incontesté, se mettant en scène sur les photos d'albums un sceptre surmonté d'un crane humain à la main. Découvrir AMT, c'est donc surtout découvrir l'œuvre tentaculaire d'un incroyable passionné qui en plus de créer, a su rassembler autour de lui de solides collaborateurs animés d'une foi authentique en la musique. 

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Les titres d'Acid Mother Temple

Atomic Rotary Grinding God (2002)

Cosmic Audrey (1999)

White Summer Of Love (1999)

Golden Bat Blues Dead (1999)

Right About Rainbow I (1999)

Blue Velvet Blues (1999)

Reverse Of Universe I (2000)

Space Bambino (2000)

Sweet Juicy Lucy (2000)

Mammary Intercourse (2000)

Hare Hare Hallelujah (2000)

Good-Bye Ice Cream (2000)

Reverse Of Universe II (2000)

Heroin Heroine's Heritage (2000)

She Is A Rainbow In Curved Air (2000)

Acid Heart Mother (2000)

La Nòvia Part1 (2000)

La Nòvia Part2 (2000)

Supernal Infinite Space (2001)

Waikiki Easy Meat (2001)

Grapefluit March (2001)

Virgin U.F.O. (2001)

Let's Have A Ball (2001)

Pagan Nova (2001)

The Incipient Light Of The Echoes (2001)


Toute la discographie d'Acid Mother Temple

Personnalités associées à Acid Mother Temple

Inspirations John Zorn, John Cage

Acid Mother Temple : vos commentaires

bambalam   16 Janvier 2009 à 09:54   

COMETARY ORBITA DRIVE 2009 Édité par un label Français Bam Balam Records, l’album n’est qu’une longue suite fondée sur une séquence de six notes dont les bienfaits sont expliqués dans le livret : celle-ci ouvrirait les portes de l’inconscience et aurait été utilisée depuis l’antiquité à des fins rituelles et magiques. Hmmm, on pourrait rire à la lecture de telles promesses ésotériques, mais l’écoute de ces soixante-dix minutes sublimes remplacera aisément le rictus amusé par un sourire béat et frissonnant. La première partie Light My Fire Ball ressemble à une version moderne et groovy des transgressions électro-acoustiques de Can sur Augmn et Peking O. L’ambiance est celle d’un temple mystique et les incantations vaudoues lâchées par Atsushi ne sont pas sans rappeler la sauvagerie vocale de Damo Suzuki. Ce n’est qu’à la deuxième partie Planet Billions Of Light-Years Away que le thème des six fameuses notes (A-E-D-A-G-Db) s’installe. D’abord tranquille et nonchalant, puis tempo accélérant, de plus en plus puissant et effréné. La production est grandiose, à la fois noyée dans les couches de space guitares tout en restant parfaitement jouissive dans sa dynamique. Mais c’est bien Circular System 7777777, le troisième mouvement de cette symphonie pour riff céleste, qui apporte une certaine nouveauté chez Acid Mothers Temple. Il s’agit là d’un morceau de dance psychédélique, aux boîtes à rythmes usées mais génialement efficaces, aux cymbales inversées et aux breaks à tomber. Martin Rev fait donc maintenant partie du Soul Collective ? Vous m’en direz tant ! La conclusion de Cometary Orbital Drive, la dernière partie Milky Way Star, est une perfection, une mise en musique du cyberespace, un trip rock intersidéral. Le tempo est haletant, les solos de Makoto sont plus beaux que jamais et c’est avec des frissons que l’on écoute ces treize minutes les plus dignes de la face a du premier Ash Ra Tempel. Le livret du disque ne mentait pas, ces six notes répétées inlassablement au cours du disque procurent des sensations puissamment lumineuses, d’une pureté krautrock à danser jusqu’à toucher les étoiles. Le meilleur album depuis Mantra Of Love ? Cometary Orbital Drive fait, en tout cas, partie de ces disques essentiels du Soul Collective, parmi ceux qui conjuguent avec talent riff stellaire jouissif, groove implacable, expérimentations inspirées et cosmos absolu. Et tout de même, si vous écoutez Milky Way Star, n'oubliez pas de pousser le volume trop fort, c'est important. Vous pourriez peut-être toucher l'absolu du bout des doigts... Duck Feeling (The Snobs)

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