Ma musique est à la fois thérapeutique et purificatrice. ”
African Head Charge est un pseudonyme adopté par Bonjo Iyabinghi Noah, l'âme de ce projet "percussif" : originaire du Ghana, Bonjo I est un percussionniste émérite et un rastaman convaincu. Il est aussi à l'origine d'un autre groupe plus confidentiel, Noah House Of Dread, qui compte deux albums reggae-dub bien roots au compteur.
Mais African Head Charge est synonyme de dub tribal. Un mélange unique, placé sous le "contrôle" d'
Adrian Sherwood et décliné sur une modalité un peu abstraite au départ. Les rythmiques sont envoûtantes mais souvent étranges et pas toujours faciles à suivre. Loin des envolées festives pour toubab… Ce climat est renforcé par des nappes et des textures pas vraiment "vertes / jaunes / rouges"… A l'image des pochettes atypiques des disques, c'est une musique contrastée, en noir et blanc.
« Ma musique est à la fois thérapeutique et purificatrice. La musique que l’on fait n’est pas "normale". Ce n’est pas de la musique de tous les jours. Cela prend du temps à certaines personnes pour rentrer dedans. Ça nous a pris environ quinze ans. Les gens doivent apprendre et écouter » , nous confiait Bonjo I, il y a plus de 10 ans, lors de son premier (et tardif) passage à Paris…
Son premier album,
My Life In A Hole In The Ground date de 1981. Son titre est inspiré par celui de
Brian Eno et
David Byrne qui eux mêmes s'étaient appropriés celui du roman d'Amos Tutuola pour leur mélange de sonorités afro-orientales et d'électronique. Une mise en abîme puisque c'est sur ce terrain métissé, rituel et cérébrale que se situe African Head Charge (cf.
Environmental Studies et
Drastic Season). Le morceau "Language and mentality", sur
Off The Beaten Track, étant un dub somnambulique mixé avec un discours d'
Einstein…
Les deux albums suivants,
Songs Of Praise et
In Pursuit Of Shashamane Land sont plus mystiques, combinant chant religieux, basse bien ronde, écho et rythmiques plus incisives, tout en s'ouvrant à d'autres continents que l'Afrique. Ensuite, à la faveur d'un retour au Ghana, son pays d'origine et de l'éclipse d'On-U Sound, Bonjo I verse dans une sorte de "reggae-world" moins révolutionnaire mais plaisant. Son dernier album en date, paru en 2005, s'intitule
Vision Of A Psychedelic Africa (Beat Ink).