Akhenaton, de son vrai nom Philippe Fragione, est un rappeur français à la base du groupe marseillais
IAM et qui a mener parallèlement une carrière solo à partir de 1995. Son flow est reconnaissable entre mille à cause d’un léger zozotement ; mais ses textes incisifs, son humour et son mètre précis imposent le respect.
D’IAM à AKH
Fils d’immigrés italiens, Philippe alias Chill alias AKH alias Sentenza… naît le 17 septembre 1968 à Marseille. Passionné très jeune par l’Egypte Antique (d’où le pseudo) mais peu intéressé par l’école, il tombe dans le hip hop américain lors de son adolescence et annonce à ses parents sa volonté de faire du rap.
Fruit de sa rencontre avec
Kheops, puis Imhotep et Shurik’n, Akhenaton forme le combo
IAM en 1989. Le succès ne tarde pas à venir, notamment avec le tube
« Je Danse le Mia ». La France découvre alors qu’elle porte en son sein deux foyers extrêmement actif dans le hip hop, Paris et Marseille, et deviendra la seconde industrie mondiale du genre, derrière les Etats-Unis.
Après le deuxième album majeur d’IAM,
Ombre Et Lumière, AKH se lance en solo et publie en 1995
Méthèque et Mat. Comme l’annonce son titre, il est beaucou pquestion d’identité et d’origine, des sujets déjà abordés par IAM mais qui prennent une dimension plus forte dans le projet, porté par un seul homme. Naples, le monde musulman (Philippe s’est converti à l’Islam en 1993 et a pris le nom d'Abdelhakim) et la cité phocéenne sont mis en scène dans un opus résolument urbain. Porté par le single de toute une génération,
« Bad Boys de Marseille » (feat IAM et Fonky Family),
Méthèque et Mat est un succès et se vend à 300 000 exemplaires.
Le côté obscur d’Akhénaton
En 2001, alors qu’IAM a connu un succès international avec
L’Ecole Du Micro D’Argent, Akhenaton s’attèle à la composition d’un second opus nettement plus sombre,
Sol Invictus. Ecrit dans un contexte personnel plus tourmenté,
Sol Invictus parle incompréhension, nostalgie du temps passé et déprime, sur des beats résolument funky, à la pêche maladive.
Black Album est publié l’année suivante en 2002 et poursuit dans une veine consciente et flippée sa chronique sociale. AKH rappe gravement sur ses propres instrus, tour à tour électro (
« Au Minimum »,
« Esprits Beatstreet ») ou smooth et vintage (
« Nerf De Glace »)…
C’est avec un projet ambitieux et autoproduit qu’Akhenaton revient en « solo » en 2006 : le double album
Soldats de Fortune. « Solo » puisqu’IAM, Sako et Psy4 de la Rime y participent. AKH espose le paradoxe d’un artiste solo qui aime bien partager, sans plan de carrière bien établi ou calcul de visibilité. Aussi, Soldats de Fortune rompt avec la noirceur des deux précédents albums et présente un éclectisme musical fort.
AKH et ses multiples casquettes
Outre ses colaborations multiples avec ses confrères marseillais ou étrangers (l’époustoufflant
« Manifeste » chez Shurik’n, le duo avec
Booba « Belsunce Breakdown », ou la collaboratin avec les québécois de Sans Pression), Akhenaton est aussi patron de label – Côté Obcur, 361 Records – et producteur d’instrus pour IAM, lui-même évidemment mais aussi
Passi, Chiens de Paille ou
Stomy Bugsy. Au cinéma, on retient le mitigé
Comme un aimant qu’il a co-réalisé avec Kamel Saleh, un peu trop amateur pour être crédible.
Enfin, Akhenaton est un passionné du ballon rond ; c’est d’ailleurs un fan inconditionnel du jeu Pro Evolution Soccer (PES, un jeu de foot) qui sera régulièrement une source d’inspiration pour son personnage hip hop. Ce n’est donc pas un hasard s’il compose le générique de
Foot 2 Rue pour France 3.