L’histoire du groupe Américain Alice in Chains est certes unique, mais ses grandes lignes ne peuvent que rappeler un autre groupe de la même génération,
Nirvana. Leurs biographies respectives semblent être, avec le recul, le seul archétype possible des groupes grunges des années 90, et auront bercées les désillusions amères de la Génération X.
Tout comme la bande à Kurt, Alice In Chains naît à Seattle à la fin des années 80. La légende, rapportée par le site officiel, veut que le groupe répétait clandestinement avant que Columbia ne les repère et les lance sur orbite commerciale. La suite sera constamment balancée entre les couplets torturées et les hymnes rock, le succès et les problèmes de drogues du chanteur Layne Staley… qui mèneront tristement à sa mort huit ans après
Cobain. Musicalement, le groupe aura livré à la fois des albums énergiques et d’autres plus calmes, acoustiques, et à l’instar de Nirvana firent une prestation remarquée dans l’émission « Unplugged » de MTV.
De la success story…
En 1987, les deux piliers de la future formation Alice In Chains se rencontrent : le guitariste Jerry Cantrell invite le chanteur Layne Staley à jouer alors dans un groupe intitulé Diamond Lie, où officie également le bassiste Mike Starr. Avec le batteur Sean Kinney, recruté dans la foulée, on retrouve rapidement la line up complète de Alice in Chains.
Les maxis prometteurs s’enchaînent (
Bleed The Freak, We Die Young, titre prémonitoire…) et le premier album,
Facelift, paraît en 1991. Les portes de MTV s’ouvrent grâce au single
« Man In The Box » et ses chœurs haut-mixés, le groupe se taille une réputation scénique en première partie de
Iggy Pop et de
Van Halen. La transition du heavy metal vers le grunge se fait en douceur, et Alice In Chains s’installe confortablement dans la mémoire collective américaine lorsque Cameron Crowe utilise leur chanson
« Would ? » dans son film
Singles (1992).
Déjà, l’issue dramatique du groupe se fait sentir, malgré le succès commercial de
Dirt, l’album sophomore paru en 1992. Les textes de Staley font la part belle aux paranoïas des toxicomanes (isolement, dépendance) mais les concerts n’en pâtissent pas encore. Le groupe intercalle des mini-albums acoustiques (les maxis
Sap (1992) et surtout
Jar Of Flies (1994), premier maxi #1 au box office U.S.) dans sa discographie électrique qui s’achève dès 1995 avec leur troisième production éponyme.
…à la fin tragique
Les problèmes liés à la prise d’héroïne finissent par avoir raison des apparitions scéniques d’Alice In Chains, qui ne fera pas la promotion du troisième opus. Le concert Unplugged pour MTV en 1996 sonne comme leur chant du cygne : si les fans sont ravis par l’interprétation (l’enregistrement finit troisième dans les charts), l’état de santé du chanteur est plus que préoccupant. Sans Staley, le guitariste Cantrell produit un album « solo »,
Boggy Depot, auxquels participent les autres membres du groupe.
En 1999, une poignées de titres sont enregistrés en studio tandis que la maison de disques râcle ses fonds de tiroir pour sortir un
Music Bank à partir d’inédits et de démos. Le commerce fleurit alors que Staley dépérit : deux compilations,
Nothing Safe : Best of the Box et
Greatest Hits voient le jour respectivement en 1999 et 2001, et un
Live replonge dans l’âge d’or du groupe.
Le 20 avril 2002, Layne Staley est retrouvé mort après une overdose, chez lui. Une reformation du groupe en 2005 et la rotation de plusieurs chanteurs (Pat Lachman de Damageplan, Phil Anselmo de
Pantera et actuellement William Duvall) devraient mener à un nouvel album pour fin 2008.
A écouter :Sur une cassette compilant le grunge des années 90 que l’on écoutera à fond sur l’autoradio grésillant, avant d’aller chercher la gamine à la sortie des classes.
A ne pas écouter :Devant sa fille, qui vous prendra pour un gros ringaaaaaaard.