« Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule » : c’est par cette ritournelle à l’humour grinçant, devenue hymne officiel des célibataires, qu’Anaïs, née le 20 août 1976 à Grenoble, a su s’imposer dans le paysage de la variété française. Désopilante, bourrée d’énergie : ainsi pourrait-on qualifier cette trentenaire, dont la guitare se mute en orchestre, la voix en mille imitations. Linda Lemay,
Kelis,
Carla Bruni,
Francis Cabrel : autant d’artistes parodiés, dont elle se « moque amoureusement ». Entraînée dès l’enfance à imiter
Judy Garland ou
Brigitte Bardot, bercée par les stars du music-hall tels
Fred Astaire et
Gene Kelly, Anaïs incarne ses titres plus qu’elle ne les interprète, forte de ses gambades musicales qui sautillent de la pop à la soul, du rock au rap. Telle Mary Poppins, Anaïs a plus d’un tour dans son sac : elle harangue les foules, sample sa propre voix, imagine des ovations. C’est en 1999 que cette grenobloise, alors étudiante à Aix, décide d’abandonner la fac d’Anglais pour Opossum, groupe de rock un peu fou « à la zappa ». Près de 300 concerts et un album de sept titres (Excuse-moi j’voulais te demander), le succès est au rendez-vous pour ce groupe sacré « découverte du printemps de Bourges » en 2003. La même année, c’est la séparation. Il en faudra plus à Anaïs pour se démotiver. Seule avec sa guitare, elle monte son One Woman Show,
The cheap Show, qui concocte la recette de son univers si particulier, entre tendresse et loufoquerie. Sort en 2006 l’album du même nom. Le cœur du public est conquis.
Pour son second album, la chanteuse qui a vendu près de 500 000 exemplaires de son premier disque, envisage la voie du changement en recrutant le producteur américain
Dan The Automator.
The Love Album sort le 11 novembre 2008, précédé par le single
"Peut-être une angine".