Weather Systems de Andrew Bird

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Like A Bird On A Wire

Grâce au label Fargo, nous découvrons enfin l'artiste américain Andrew Bird. Weather System, son troisième album constitue une excellente introduction à l'univers d'un musicien atypique, dont l'écriture inventive se joue avec grâce de la structure couplet refrain. En dix morceaux enchanteurs, le Chicagoan décline un lyrisme aussi délicat que généreux.
Avec Weather System, Andrew Bird publie un magnifique disque d'intérieur où s'épanouit une écriture vive et personnelle aux confluents de divers courants musicaux : americana, folk, pop, musique de chambre. On retrouve par endroits l'élégance surannée des premiers albums de Colin Blunstone, le folk spectral et atmosphérique de Lambchop ou encore des arrangements proches de Ravel ou Debussy.

L'inspiration versatile de l'Américain est certainement le reflet de son érudition musicale. En effet, violoniste virtuose de formation classique, Andrew Bird enseigne les musiques populaires américaines. Mais si l'album brasse de nombreuses influences, Weather System reste néanmoins un disque sobre et raffiné. La beauté fragile des compositions, les arrangements aux textures riches et complexes et la production d'un raffinement rare confèrent à l'ensemble une belle cohérence, une grâce intemporelle dont il se dégage une chaleur langoureuse, extrêmement agréable, un charme vénéneux et indéfinissable.

The First Song, bouleversant morceau d'americana inspiré d'un poème de Galway Kinnell, offre une vision fugace de l'enfance et des berges mouvantes du lac Michigan, dont Andrew Bird est natif. Cette valse country-folk ouvre l'album par le délicat bruissement de guitares acoustiques sur lequel vient flotter la douce lumière d'un sifflement, clair comme une aube de printemps. Sur I, les pizzicati d'un violon dessinent les contours de superbes et subtiles harmonies avant de laisser la place au somptueux Lull, aux remous symphoniques et labiles de 5 et à la délicatesse ouvragée d'Action/Adventure.

Cette magnifique chanson illustre à merveille le talent singulier d'un parolier attachant dont les textes mélancoliques et teintés de surréalisme ajoutent encore au charme de cette pop précieuse. Elle révèle également un chanteur habité dont le timbre et le phrasé évoquent Rufus Wainwright ou le défunt Jeff Buckley. Une voix de braise, sobre et tout en retenue qui s'accorde divinement avec le beau contre-chant de Nora O'Conor.

Ecriture maîtrisée, chatoyants arrangements de cordes, guitares frémissantes, batterie au tempo ouaté, violons dont les cordes à peine grattées vibrent en arpègent ou en accord ; tout participe à la beauté lyrique d'une œuvre en tous points remarquable. Sur le terreau aride d'un folk antique, Andrew Bird réussit à faire pousser les fleurs émouvantes d'un lyrisme inquiet et d'une coupable volupté. Et, de chansons en instrumentaux magiques, l'album de dérouler son fil comme dans un songe. Un enchantement.

Marc Sauvaud Le 24 February 2004

Sur le web : - le site d'Andrew Bird - Fargo records, le label