Animal Collective




Un album aux qualités pop évidentes, un concert au Bataclan en janvier 2009 en demi-teinte. La sortie de Merriweather Post Pavilion en ce début d'année esquisserait-il un tournant dans la carrière vieille de 10 ans d'Animal Collective ?

- Lire la chronique de Merriweather Post Pavilion

Après plus de dix ans, ça fait quoi d'être dans Animal Collective ? Ca commence à sembler long ?

Avey Tare et Geologist (en choeur) : Oui !

Avey Tare : Pas d'une façon négative, mais on commence à avoir toute une histoire derrière nous. Je ne suis pas quelqu'un de très nostalgique, je ne consacre pas beaucoup de temps à penser au passé... Peut-être le ferais-je quand je serais vieux. En tout cas, c'est toujours aussi bon de jouer ensemble. Nos humeurs et nos vies ont changé avec les années mais la façon dont nous communiquons les uns avec les autres et dont nous jouons est restée intacte.

Maintenant vous êtes plus immergés dans l'électronique. Pourtant la façon dont vous utilisez vos machines est la même que celle dont vous utilisiez vos guitares : vous essayez de trouver une méthode non conventionnelle.

Geologist : C'est surtout que nous essayons d'utiliser nos instruments, électroniques ou pas, d'une façon organique, de garder quelque chose de physique dans notre approche. On n'est pas des adeptes du copier/coller sur laptop, on fait toujours tout à l'oreille pour que la musique ne sonne pas comme si elle avait été assemblée par un ordinateur, pour qu'elle reste humaine.

L'an dernier au festival Primavera (Barcelone) vous avez joué devant une foule immense. Etonnant, car on ne vous pensait pas fait pour de telles foules...

Geologist : Nous non plus ! (rires)

Avey Tare : C'était vraiment un grand moment de... "What The Fuck ?!"

Le public a pourtant très bien répondu, les gens dansaient, s'amusaient. Vous pensez pouvoir vous habituer à ce genre de foule ?

Avey Tare : Si les gens veulent bien de nous. Il y a tellement de gens sur la planète, on peut trouver une foule pour tout. Il y a probablement autant de gens qui aiment Björk que de gens qui la détestent, tout est une question de connexion. On est, en ce moment, dans une période tellement spéciale pour la musique... Une situation comme celle de Primavera ne semble même plus si dingue. On ne s'en préoccupe pas trop, on laisse juste les choses venir à nous. Et puis, ce n'est pas comme si on entendait nos chansons à la radio.

Les sets de vos prochains concerts laissent-ils de la place à des inédits ?

Avey Tare : On n'a qu'une nouvelle chanson, qui a failli être sur Merriweather Post Pavilion, mais sinon tous nos nouveaux morceaux ont été enregistrés pour ce DVD sur lequel on bosse depuis deux ans et c'est vraiment un projet studio. La musique est trop liée aux images pour qu'on la joue sans elles.

Flu : Depuis Feels, ou même Sung Tongs en partie, vous vous concentrez plus sur les mélodies et le rythme, vous êtes moins dans l'abstrait. Ce DVD, c'est un retour vers ça ?

Geologist : C'est surtout le bruit, les trucs abrasifs qu'on a enlevés.

Avey Tare : Le film nous a poussé vers certains terrains plus abstraits, effectivement, parce que c'est ce que les images nous ont inspirées. On cherche toujours de nouveaux sons et on ne sait jamais à l'avance ce qu'on va faire par la suite. Le style de nos anciens disques était dicté par notre mode de vie de l'époque, on ne pourrait répéter ça maintenant.

Flu : Sur Merriweather, vos paroles sont aussi plus simples et directes. Vous n'avez plus envie d'écrire sur des dinosaures, des abeilles ?

Avey Tare : La plupart des chansons que j'ai écrites moi-même était liée à quelque chose de très concret dans ma vie, au fait d'être musicien, d'être en tournée, la responsabilité qu'on a vis-à-vis de sa famille et de ceux qu'on aime... Ces paroles sont venues naturellement. J'avais surement envie d'écrire sur des dinosaures auparavant parce que la musique sonnait comme elle sonnait. On veut que la musique évoque certaines images, certaines humeurs, et on ne voulait pas que nos morceaux soient connectés à un truc de tous les jours, comme d'aller à la bibliothèque ou je ne sais quoi.

 

2goldfish.

Lire le compte rendu du concert d'Animal Collective au Bataclan - Flu suit de près les activités du groupe, suivez là avec nous sur son fil actu - CD, places de ciné, concerts et livres à gagner grâce aux concours