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Dans la lignée du folk puissant de Neil Young & The Crazy Horse, Arbouretum ranime les goûts et les couleurs d’un autre âge… Pour les nostalgiques seulement ?
Il y a toujours ces petits accrocs historiques dans l’histoire de la musique. Vous savez, ces doux anachronismes qui font dire aux nostalgiques qu’avant, on savait mieux faire de la musique et que c’est bon de le rappeler, mais qui font également se dresser l’échine des apologues du progrès, sans doute horrifiés du retard pris (sur quoi ?). Et il y a mon père pour dire que j’écoute de la musique de vieux.

Sur la seconde face (ah oui, il est évident qu’Arbouretum s’écoute en vinyle), un rythme soutenu sort le groupe de sa léthargie préoccupée, et à l’ouverture vindicative de "False Spring" répondent les breaks ininterrompus de "Thin Dominion". Il y a fort à parier que l’ennui de mon paternel pour ce bruit maîtrisé n’aurait eut d’égal que ma propre jouissance à conduire ma vieille Eldorado, toutes fenêtres ouvertes, au son distordu de "The Midnight Cry".
D’un bout à l’autre, le groupe se montre méritant et homogène, s’exprimant d’une voix claire et pertinente. Basse, guitares et batterie semblent forgées d’un même matériau, rude et cru, franc et fort, tout en embrassant une large palette sonore. Et si les grilles d’arpèges charpentent solidement "Song Of The Pearl", ballade folk aux harmonieux violons, il est difficile de croire que ce sont les mêmes instruments qui lâchent les solos âpres de "Inifinite Corridors".
Alors quoi ? Pourquoi ce troisième opus d’Arbouretum n’emballe pas plus que ça ? Apprécié à l’écoute, le disque ne distille peut-être pas assez d’addiction dans mon conduit auditif. Racé et hypnotique, solidement construit et direct, Song Of The Pearl se révèle plus homogène et réussi que son prédécesseur Rites Of Uncovering – bouffé, il est vrai, par le sismique "Pale Rider Blues" dont nous conseillons plus que vivement l’écoute. Pourtant, l’album se cantonne au stade de sympathique anachronisme : Neil Young peut dormir tranquille.
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