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L'introduction d'In Case we Die, « Nevereverdid », commence comme une inquiétante piste instrumentale édifiée toute en voix et en cuivres baroques, avant de verser brusquement dans la petite chansonnette rassurante, se muant au fil de la batterie en une ballade pop aux gueulantes punkette, agrémentée de synthés bubble-gum. Le titre suivant, « It 5 » nous invite à remuer sur une pop électronique plus légère, mêlant la micro-mode des clappements de mains à des chœurs de voix reniflant bon le vieux vinyle des Beach Boys ou des Kinks. Contrairement aux habitudes, c'est la voix de Cameron Bird, interprète mâle et leader du groupe, qui s'habille de douceur dans les chansons, quant le chant féminin se fait acide et un brin provoc'. Les titres se suivent, se tirant tous la bourre dans une direction différente. Les variations de voix, de ton et d'instruments se succèdent. Pas étonnant d'apprendre qu'une quarantaine de personnes ont participé à l'enregistrement de l'album.
In case we die gagne un peu plus d'ampleur avec « Wishbone », un titre faussement naïf aux allures punk sur fond de cordes et de piano martelé. La tendance se poursuit sur « Maybe you can owe me », véritable libération d'énergie que l'on sentait un peu bridée, qui se permet (enfin) 4 minutes pour construire quelque chose de plus abouti en soi. Sur ce titre, tout concourt à une magnifique immersion : le mixage bidouillé, la superposition de douceurs électroniques, le sentiment de rengaine nostalgique, font du titre une jolie plage sur laquelle se poser quelques temps, pour apprécier ce dont est capable Architecture in Helsinki, au lieu de juste voir défiler leurs idées avec la célérité d'un métro sur sa rame.
« Do the Whirlwind », titre disco pop à beat gras de rigueur, et l'éponyme « In case we die (part 1-4) » - une petite symphonie électro -, achèvent une série de chansons pop amples, émancipées et libératrices.
Puis « The Cemetary » débarque, écrabouillant d'un grand coup l'accélérateur. La chanson fourre-tout évoque à la fois Elvis, les Ramones et les vahinés haïtiennes, sur fond de thématique mortuaire, mais joyeuse. Suivie d'une série de chansons plus rock grimées d'électronique, mais la sauce commence, sinon à lasser, plutôt à glisser sur la surface. Impression qui sera confirmée par la fin de l'album, un morceau assez ambiant s'achevant de façon très abrupte.
La joie de goûter à tous les hors d'œuvres d'In Case we Die laisse place à une certaine frustration, comme si le repas entier n'était qu'un ensemble de mises en bouche, certes excellentes, mais au final pas très consistantes.

Si les influences sont diverses et très bien digérées, leur mélange laisse dubitatif. Pas parce qu'il est mal effectué, certainement pas. Mais parce qu'Architecture in Helsinki donne l'impression de n'avoir pas forcément su choisir dans quelle direction aller. Les titres passent sans laisser réellement une ambiance se dégager. Les chansons aguichent parfois le cerveau musical plutôt que de le faire travailler. Et si Architecture in Helsinki montre un talent certain dans l'architecture pop, un manque de cohérence se fait sentir. In case we die part dans tous les sens, oui, il est agréable à écouter, pas de doute, mais à force de virer de bord et de naviguer d'îlots en îlots, l'agréable impression de ballottage du début de l'album finirait presque par nous filer le mal de mer.
In Case we Die
Architecture in Helsinki
Bar/None Records - V2
Sortie le 23 janvier
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