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Quiconque les avait découvert en concert sur la tournée du précédent album, l’excellent In Case We Die, aura été surpris du point auquel leur musique était dansante. Chacun des petits modules qui composait leurs chansons était une invitation irrésistible à bouger les pieds (et plus si affinités). Sauf qu’il y avait un piège : cette musique était tout à fait impossible à danser. Les mouvements de ces symphonies de poches étaient bien trop vite terminés pour que notre corps les suive et même la connaissance du disque n’y faisait rien : on avait beau savoir où on allait, on finissait toujours par avoir un rythme de retard. Il était beaucoup plus facile d’écrire sur cette musique que de la danser.
L’Architecture de 2007 est toute autre. Elle est au moins aussi dansante mais elle est surtout infiniment plus "dansable". Peut-être est-ce parce que leur nombre s’est réduit et que, passant de huit à six membres et qu’ils ne peuvent plus passer pour un orchestre de poche. Peut-être l’album de remixes We Died, They Remixed leur a-t-il fait reconsidérer l’importance d’un beat plus endurant. Peut-être juste avaient-ils envie de nous faire danser. En tout cas, Places Like This est une féroce et sérieuse invitation à la danse. La musique n’en est heureusement pas moins ludique. Si le groupe s’amusait auparavant avec les structures, c’est aujourd’hui surtout avec les rythmes qu’il joue. Le goût pour la world music sous-jacent dans les albums précédents explose ici au grand jour. La synth-pop est toujours là tout comme les syncopes à la David Byrne mais le sentiment dominant est celui de faire un tour du monde, passant par un endroit qui ressemble à l’Afrique et à l’Australie sur "Heart It Races", un autre qui pourrait être l’Amérique latine sur "Like It Ar Not", le tout avec une approche de touriste enthousiasmé, toujours entre deux cultures, bien conscient de ne rien comprendre mais non moins heureux de tout absorber. A aucun moment Architecture In Helsinki n’essaye de nous faire croire qu’ils sont autre chose : ils ne se font pas les porte-paroles d’un pays qui n’est pas le leur, ils n‘ont pas la prétention de nous expliquer quoi que ce soit. Ils sont là et ils seront ailleurs à la chanson suivante. In Case We Die s’était avéré une sorte de Smile DIY. Places Like This, avec son approche de touriste boulimique pourrait se rapprocher de celle du Clash sur Sandinista ! mais on pense en fait surtout à l’English Settlement de XTC. Sur cet album le groupe anglais était aussi pop et bondissant qu’AIH et affichait le même goût pour les musiques du monde entier. C’était aussi tout autant un chef d’œuvre consommé qu’un disque de transition. Places Like This, malgré tout l’enthousiasme qu’il communique, ne touche que trop rarement au sublime et s’épuise assez rapidement. Il a toutes les caractéristiques d’un disque d’entre-deux, un moment où le groupe prend un virage dont la sortie semble réservée pour le prochain disque. Sur un morceau comme "Feather In A Baseball Cap", le groupe ne semble savoir ni où il est, ni où il va. Pas d’inquiétude à avoir cependant : on se perd toujours un peu dans un voyage mais il y a fort à parier que dans un an ou deux on ne se souviendra plus que des bons moments.
Architecture In Helsinki - Places Like This
Chez Polyvinyl Records/Labels - août 2007
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