Arrested Development est une formation hip hop américaine d’une huitaine de personnes, emmenée par Speech, Headliner et Baba Oje (la soixantaine, à l’époque, il est le gourou spirituel du groupe) loin des clichés du gansta rap qui sévissent alors dans les années 90 aux Etats-Unis. Le rap de Speech est d’ailleurs plutôt mélodique, presque chanté et évoque l’aspect positif des choses, sans éluder la réalité. Bien qu’indépendante, la formation a connu une carrière relativement suivie, au-delà des frontières du continent américain qui la gatifia de quelques Grammy Awards.
Il avait vraiment quelque chose en lui de « Tenessee »
Avant d’être une série télé à succès de la chaîne américaine Fox, Arrested development est un groupe de hip hop indé (en procès, par ailleurs avec la chaîne) qui découvra très vite la réalité du monde de la musique et des droits du sample avec son single
« Tenessee ». Back in the 90’s : Speech, leader et rappeur d’un groupe sans label, perd deux membres de sa famille dont il est particulièrement proche : sa grand-mère et son frère la semaine suivante. Il écrit les paroles de ce qui restera le plus grand succès d’Arrested Development :
« Tenessee », comme un voyage dans le passé, empli des souvenirs de l’enfance et des gens aimés. Le hic : il sample un morceau de
Prince, sans naïvement demander les droits.
« Tenessee », au refrain accrocheur chantée par Dione Farris (jamais membre officiel du groupe, mais très impliquée dans leurs débuts), finit 1er dans les charts hip hop du Royaume –Uni, 6ème aux Etats Unis. Les avocats du petit prince tombe sur Arrested Development, moins pour stopper leur essor (jeu de mot, attention) que pour leur réclamer la bagatelle de… 100 000 US$.
Entre leur découverte par Chrysalis Records et la sortie de leur premier disque, il s’écoule ce qui deviendra le titre de l’aventure :
3 Years, 5 Months & 2 Days in the Life Of... (1993). Outre
« Tenessee », on y retrouve d’autres succès radiophoniques, dont
« Mr Wendal », biographie semie inventée d’un SDF d’Atlanta. Dans la foulée, ils enregistrent
Zingalamaduni en 1994, mais les critiques divisées et l’échec commercial a raison de l’existance du groupe, qui se sépare en 1996. Speech tente l’aventure solo sans rencontrer la réussite que Dione Farris obtint en 1994 avec son album solo
Wild Seed-Wild Flower.
En 2000, le groupe se reforme sans Headliner et signe chez EMI pour un mini-album studio,
Da Feelin' EP. Quatre albums suivront,
Heroes of the Harvest (2002),
Extended Revolution (2003),
Among The Trees (2004) et
Since The Last Time (2006). Les deux derniers sont publiés via le label créé par Speech. Ils ne se hisseront néanmoins pas au même niveau de popularité qu’en 1993-1994, bien qu’ils soient très appréciés au… Japon. Coincés dans les années 90 par un trop fort engouement ? C’est peut-être là le paradoxe de la formation, prise au piège de son propre nom…
A écouter« Tenessee » en regardant son clip magnifique rélaisé par Milcho Manchevski.
A ne pas écouterSi vous êtes un winner de la vie et que vous écoutez du Johnny.