Dans la lignée des groupes de punk rock californien, c’est au début des années 90 que les Irlandais de Ash créent leur groupe avec une moyenne d’âge de 17 ans à peine. Tim Wheeler (guitare/chant), Mark Hamilton (basse) et Rick McMurray (batterie) se disent volontiers fans du grunge de
Nirvana (alors à son apogée) et Mudhoney, du rock des
Pixies ou des théatraux
Iron Maiden ; leurs producteurs voient en eux les potentiels
Green Day européens, et leur déroulent un pont en or vers le succès.
1977, année clef et album culte
Quelques singles accrocheurs et un mini EP
Trailer plus tard, l’équivalent du bac irlandais en poche, les trois garçons se consacrent entièrement à la musique et conquièrent le top des charts avec leur premier album
1977 en 1996.
Les critiques intellos de l’époque imaginent que le choix s’est porté sur 1977 en raison de l’année de naissance du punk. Un peu moins théorique et plus proche de ses considérations juvéniles, le groupe invoque plutôt l’année de naissance de ses membres, la sortie du premier volet de Star Wars ou encore la mort du King
Presley. Quoi qu’il en soit, le succès est au rendez-vous avec des tubes tels que
« Kung Fu » et
« Angel Interceptor ».
Les difficiles lendemains d’un succès précoce
En 1997, le groupe se féminise avec l’introduction de la guitariste londonienne Charlotte Hatherley, ex-Nightnurse. La même année, Ash sort le single
« A Life Less Ordinary » pour le film du même nom. Cependant, la suite discographique donnée à
1977 peine à convaincre le public, et
Nu-Clear Sounds se vend nettement moins bien en 1998. La période de doute qui succède va peu à peu se muer en un lent rebond tourné vers les Etats-Unis.
En 2001 sort
Free All Angels et sonne une période moins morose pour le quatuor britannique. Ash enchaîne concerts et premières parties – notament
David Bowie et
Coldplay, sur le sol américain. Plus d’un an intensif et leur abnégation finit par payer : Ash se taille là-bas un succès relatif et décide de produire son quatrième album à Los Angeles en compagnie de Nick Raskulinecz. Sur
Meltdown (2004), le son s’épaissit et devient plus brutal et accrocheur : la magie des recettes des producteurs américains, une fois de plus, officie sur un groupe de la vieille Europe. Bien que le disque soit relativement bien accueilli par la presse, les ventes sont mitigées.
En 2006 Charlotte Hatherley se lance dans une carrière solo et Ash retourne à sa formule initiale en trio.
Twilight Of The Innocents, enregistré à New York, paraît en 2007 et marque un retour prolongé du groupe sur les îles britanniques. Le peu de succès de
Twilight Of The Innocents, seulement 32ème des charts, pousse le groupe à renoncer (temporairement ?) à publier ses albums suivants sous une forme « physique », et diffuse désormais sa musique sur internet.
Musique à films
A l’instar de nombreux groupes californiens, Ash apparaît sur de nombreuses bandes originales de teen movie. Nous avons déjà évoqué la comédie de
Danny Boyle,
A Life Less Ordinary, mais la liste est longue !
« Kung Fu » a été utilisée par
Jackie Chan pour Rumble in the Bronx (1995) ; dans
Shaun of the Dead (2004), on peut entendre
« Orpheus » (non retenue sur le disque),
« Meltdown » et
« Everybody's Happy Nowadays », ce dernier titre en compagnie du chanteur de
Coldplay Chris Martin. Enfin, ceris sur le gâteau,
« Vampire Love » figure dans la soundtrack de
American Pie : No limit ! (2005).