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"Un groupe de producteurs nerds déguisés en rock star." C'est ainsi qu'Ask the Dust, jeune formation rock parisienne, se définissait encore il y a peu de temps. Une tournée en province s'achève, un très bel album - Anestesia - est à paraître, et le groupe se voit prêt à tenter l'aventure à plus grande échelle. Entre patate rock et électro sophistiquée, qu'est ce qui pousse les mecs d'Ask the Dust ?

Nicolas Lévy (guitariste / chanteur du groupe) : J'aimerais pouvoir simplement dire "rock", mais, pour être plus précis, je crois qu'on s'accorde à dire dans le groupe qu'on fait de la pop-rock industrielle. Pour le cheminement, ce serait mentir que de dire que la musique d'Ask the Dust est complètement spontanée, car elle est le résultat d'une réflexion en amont.
On voulait faire quelque chose d'original, avec des partis-pris d'écriture et de production définis à l'avance : le but d'Ask the Dust, avant même d'enregistrer la moindre note, était de marier le rock et l'électronique sans tomber dans les clichés du genre, de faire la synthèse des artistes qui nous ont marqués (Bowie, Cure, Lou Reed, Pumpkins, Nine Inch Nails, Bauhaus...), de ne pas être bridés par l'adaptation live, et de ne pas sonner comme un groupe de home-studio (parce que justement, c'est exactement ce qu'on était à l'époque).
De quelle façon pensez-vous la composition des chansons ? Y'a-t-il un "cerveau" de la bande ?
Sylvain et moi composons toute la musique. L'un d'entre nous a une idée : un son, un riff, un basse/batterie, ou un peu plus parfois. On bosse alors chacun chez soi, sur nos home-studios : on essaye des arrangements, des sons, des structures. Au fur et à mesure, une chanson commence à apparaître. Des fois on bloque vraiment longtemps pour boucler : "The Girlfriend in my Head", par exemple, a été un vrai casse-tête. Alors qu'au contraire, "Photoneons" a pris 2 jours. Des fois, c'est juste un son qui va tout débloquer: Sylvain avait le rythme basse/batterie de "Holy Hole" depuis le début, on voyait le potentiel sans trop savoir quoi en faire. Elle est restée longtemps dans un tiroir, et un jour il a trouvé l'arrangement de Fender Rhodes et de nappes du deuxième couplet : le lendemain la chanson était bouclée. A d'autres moments, il faut aussi savoir admettre qu'on est parti dans une mauvaise direction, tout jeter, et tout recommencer à partir de l'idée de départ : c'est ce qui est arrivé pour "Homes".
Le plus dur, dans tout ça, c'est de dire "stop, la chanson est terminée", parce que les possibilités sont virtuellement infinies. On rentre alors en studio, où JB (le batteur) et Adrien (le bassiste) vont insuffler le feeling et le talent qui manquent à nos enregistrements basse/batterie de travail. Puis on mixe et on masterise dans la foulée.
Pour les textes du disque, j'avais déja écrit quasiment tout avant de commencer la musique. J'ai juste fait de l'adaptation. Je voulais que l'album soit un tout cohérent, à ce niveau là. Un peu à la manière du Berlin de Lou Reed.
Comment abordez vous le live ?
On a vite compris l'importance des concerts : aujourd'hui un groupe peut avoir la meilleur démo du monde et ne pas savoir jouer ensemble, tout simplement. Les outils actuels le permettent. On pense aujourd'hui que le coup d'envoi de notre carrière se joue là : on veut être viables sur scène, autant que sur disque.
L'adaptation des morceaux, on a essayé d'éviter d'y penser pendant l'enregistrement pour ne pas se brider. On s'est donc retrouvés bien emmerdés au moment de jouer l'album sur scène ! L'idée était de ne pas sacrifier complètement les arrangements et notre originalité au profit de l'énergie et du volume. Mais il était également hors de question de reproduire le disque à l'identique. Le public attend autre chose en live : que ça pète, que le batteur frappe, que les guitares soient vraiment devant. On a beaucoup bossé pour avoir le meilleur des deux mondes, avec une seule règle : chercher jusqu'à ce que ça sonne.
Pendant cette periode là, JB, Adrien et Jerôme (synthés et guitares) ont été inestimables : ils ont transformé un duo de home-studistes en groupe de rock, leur talent nous a accompagné tout au long du réarrangement des morceaux. Grâce à eux, on joue aujourd'hui dans une autre catégorie.

Anestesia sera-t-il bientôt signé ? Y'a-t-il un projet en préparation ?
On monte actuellement notre propre label qui va signer Anestesia. On cherche donc parallèlement un distributeur pour le commercialiser, et un tourneur pour nous emmener le défendre sur la route. On a beaucoup d'idées pour le prochain album, mais on va avoir besoin d'une structure pour nous permettre de réaliser le projet dans de meilleures conditions que celles d'Anestesia. C'est pour cela qu'on espère trouver un distributeur qui nous fera suffisament confiance pour vraiment nous épauler, et pas se contenter de mettre Anestesia en rayons.
Crédits photos :
Photo studio : Bénédicte Delfosse
Photo live au Café de la Plage : Edouard Chouzenoux
Sur Flu :
- Retrouvez le fil info Ask the Dust sur Playlist
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