Astonvilla est un peu l’archétype du groupe de rock français qui peine à trouver son souffle dans un pays qui a toujours eu un rapport ambigu avec les rockeurs de son sol. Réputés pour leurs prestations scéniques, très vite remarqués mais régulièrement virés de leurs maisons de disques pour ventes insuffisante, les banlieusards sont pourtant présents sur la scène française depuis 1994.
Très vite, le chanteur Frédéric Franchitti et le guitariste Hocine Hallef (dit Hoss), les membres fondateurs, élargissent leur line up avec le bassiste Jean-Baptiste Mory dit Djib, l’excellent guitariste Franck Pilant (débauché plus tard par Alain Souchon), et Laurent Muller, dit Doc Muller, à la batterie. Remarqués par BMG, ils enregistrent un premier album éponyme en 1996 dont est tiré le single
« Raisonne ». Malgré une bonne tournée et de prestigieuses premières parties (
ZZ Top,
Deep Purple), les frenchies peinent à écouler leur album et sont débarqués de BMG.
Les Astonvilla changent de club et de formation (plusieurs fois)
Plutôt que de raccroche suite à ce premier échec commercial, le quintette se consacre à l’écriture d’un second opus,
Extraversion. Distribué par Double T, une branche de Sony music, l’album s’entend à la radio par le biais de la reprise de Patrick Coutin,
« J’Aime Regarder les Filles » ou le single
« J’en Rêve ». Malgré leurs efforts, Astonvilla sont à nouveau remerciés par leur label, ne vendant que 20 000 exemplaires d’
Extraversion – ce n’est pas beaucoup en 1999.
Les rats commencent à quitter le navire, porté par la poisse commerciale : Pilant va bosser avec
Souchon et Hoss jette l’éponge. Le groupe enregistre en 2001 un
Live Acoustique, qui sera leur plus grand succès : 85 000 exemplaires écoulés. Portés par une base de fans relativement importante, le groupe obtient une Victoire de la Musique l’année suivante, en catégorie « découverte ». Le groupe, enfin sous les projecteurs, en profite pour régler ses comptes avec l’industrie musicale.
Pourtant,
Strange, leur troisième album studio produit en 2002 par Naïve, ne capitalise pas complètement ce succès enfin arrivé. A leur tour, les frères Muller font leurs valises.
Une période d’activité moindre précède leur quatrième disque. Mais Astonvilla sort de sa létargie en 2005 et enregistre
De Jour Comme De Nuit en compagnie de l’américain Daniel Presley, qui a déjà produit les français
Cali et
Dionysos. Le son est plus brut et direct, la critique semble apprécier ce changement de cap. Malheureusement, les radios boudent l’album et le condamne, une fois encore, à des ventes peu importantes.