Si le nom d’Audio Bullys vous est parfaitement inconnu, il semble en revanche peu probable que vous ayez échappé à la campagne de publicité de la Toyota Yaris, où deux extraterrestres testent la voiture au son d’une ritournelle synthétique imparable. « Snake » est bel et bien ce tube où une lointaine voix chante « got this feeling in my head » et finit peu à peu par vriller votre propre caboche.
Audio Bullys résulte de la rencontre de deux jeunes banlieusards londoniens, le DJ Tom Dinsdale qui est résident dès l’âge de 17 ans au club Milk N' 2 Sugars et le musicien Simon Franks, qui manie voix, sampler, piano et batterie avec aisance. Leur éclectisme musical avoué, la passion de Tom pour les bootlegs – ces morceaux qui concassent les références, broient a cappella avec instrus hip hop, disco, rock et dont les papes sont les 2 Many Dj’s – et l’inclination naturelle vers la danse (Simon apprécié jungle, house et raves) va imprimer le style dansant, hédoniste et accessible de Audio Bullys.
En parfait accord avec leur temps, le duo façonne de courtes chansons electro, hip hop et tout ce qui leur tombe sous la main pour un seul mot d’ordre : l’éclate sur le dance floor. Le résultat,
Ego War (dont est tiré
« Snake ») paraît idéalement au creux de l’été 2003. Le mélange d’une pop sophistiquée à la
Kinks, de l’ébergie des
Specials et d’une culture du club – Masters At Work et Ministry Of Sound entre autre – accouche d’un son très actuel ; on pense notamment au carton de l’acidulé Melody AM de Royksopp, en plus agressif et trash.
Ne prenant pas le temps de souffler après leurs premiers sets live, la paire sort en 2005
Generation, un dique un poil plus lent, davantage tourné vers le hip hop mais qui ne délaisse pas pour autant son cap dance floor. Ils signent notamment un remix opportuniste de
Nancy Sinatra,
« Shot You Down », dont l’original venait juste d’être remis au goût du jour par
Tarantino dans
Kill Bill.