Finalement, Audioslave aura existé durant la courte période (six ans) du hiatus de
Rage Against The Machine. Le groupe de rock américain naît en 2001 après le départ de Zack de La Rocha, charismatique chanteur de RATM, et splitte en 2007, lorsque le chanteur
Chris Cornell (ex
Soundgarden) quitte Tom Morello, Tim Commerford et Brad Wilk (guitare, basse, batterie de Rage, donc), pour raisons musicales et personnelles.
Ça sonne comme du Rage Against The Machine...
Cette biographie n’a pas dix lignes que RATM a été cité cinq fois. Il faut dire que niveau son – les basses bien lourdes, les guitares ascérées et les feux d’artifices rythmiques – mais aussi niveau engagement politique, tout Rage est là : Audioslave perpétue l’engagement (très) à gauche de ses musiciens, avec notamment sa frange activiste (sur le site officiel, un lieu direct en première page mène à « Axis of Justice », une O.N.G. créée par Tom Morello et
Serj Tankian, chanteur de
System of A Down). Ce n’est pas un hasard non plus si Audioslave a été le premier groupe américain autorisé à jouer à Cuba…
Pourtant, la comparaison s’arrête là. Chris Cornell a suffisament de personnalité vocale pour modifier profondément la perception que l’on a du groupe. Il part facilement en voix de tête, avec un timbre rappelant vaguement
Trent Reznor de
Nine Inch Nails. Le tempo des morceaux se ralentit, on a ici moins affaire à une bande de musiciens surexcités pour pogos démentiels (tout l’intérêt de Rage, certes). Sur une idée du producteur
Rick Rubin, Cornell rejoint le trio sans leader. Audioslave composera 21 titres en 19 jours, et se trouvera rapidement un public, parmi les fans de Soundgarden et de Rage – ceux qui supporteront la voix, naturellement…
Novembre 2002, après la sortie du single
« Cochise », leur
premier album éponyme s’écoule à plus de 5 millions de copies dans le monde entier. Juste après leur prestation historique à La Havane, le groupe publie
Out Of Exile en 2005, moins bien vendu auprès de la jeunesse qui découvre le peer-to-peer, ou trouve que le nouvel album ressemble trop au précédent. Ca fait toujours 2 millions de copies pour le quatuor et une première place dans les charts U.S.
Revelations est le dernier album de la formation et sort en 2006. Toujours politisé (
« Wild Awake »), toujours funky (
« Broken City ») et toujours ce soupçon de Rage un peu énervant (au hasard, écoutez l’intro de
« Shape Of Things To Come »).
Malgré un début en fanfare (voir la citation de Tim Commerford), l’entente entre les quatres membres semble s’étioler, et l’année d’après, Chris Cornell jette l’éponge. Après tout, c’est la seconde fois que Tom, Tim et Brad, perdent leur chanteur : plus de quoi les effrayer, d’autant plus qu’un certain Zack frappe à la porte…
A écouterSi vous arrivez à enchaîner la discographie de Rage Against The Machine et que vous êtes insatiable, enfilez-vous celle d’Audioslave comme calmant avant de dormir.
A ne pas écouterSi vous détestez l’aspartam.