Je pense que la Scientologie est injustement critiquée. Je pense que le bien qu'elle procure parle pour elle-même. ”
Dans la vague de rock alternative des années 1990, Beck est le symbole du chic post-moderne obsédé par la culture pop. Planant sur un kaléidoscopes d’influences – pop, folk, psychédélisme, hip-hop, country, blues – Beck crée une œuvre sauvagement imprévisible, vibrante et bourrée d’idées.
Artiste typique de l’ère médiatique, ses chansons sont des mélanges de passé et présent, ses paroles surréalistes sont très imagées et font preuve de l’humour sardonique typiques de la dernière décennie. Si musicalement, il reste dur à définir, son identité repose essentiellement dans sa diversité nomade, sa détermination à ignorer les frontières et les limites. Né en 1970, Beck vient d’une famille d’artistes, son père David Campbell est chef d’orchestre et arrangeur, sa mère était une habituée de la factory d’
Andy Warhol (elle joue dans son film Prison) et son grand père Al Hansen est l’une des figures majeures du mouvement
Fluxus (qui lança la carrière de
Yoko Ono).
En 1989, il part à New York, bien décidé à percer dans le mouvement anti-folk, une scène de chanteurs acoustiques aux influences punk, comme Roger Manning ou
Michelle Shocked. Trop difficile, il part alors jouer dans les clubs de Los Angeles, où il se fait repérer par le label Bong Load en 1991. Il faudra attendre septembre 1993 pour la consécration. Le single «
Loser » devient un hit immédiat, d’autant plus qu’il est vanté par
Thurston Moore de
Sonic Youth, impressionné par un concert de Beck. Beck signe chez Geffen et sort
Mellow Gold en mars 1994, qui entre au top 20 et passe disque de platine. Parallèlement, il sort certains disques, plus indés, sur des petits labels, avec une grosse esthétique lo-fi, se plaçant ainsi dans la lignée des
Pavement,
Sebadoh et
Liz Phair. Avec les producteurs du Paul’s Boutique des
Beastie Boys, Beck sort sont deuxième album chez Geffen,
Odelay en juin 1996, qui est un succès critique et commercial et remporte deux Grammy.
Beck continue sur sa lancée avec un single pour le film
A Life Less Ordinary avec
Ewan McGregor et
Cameron Diaz, et se met en 1998 à travailler sur un projet très folk, dans la lignée du disque
One Foot in the Grave qu’il a sorti sur le petit label K. Néanmoins, excité par les résultats et la présence du producteur de
Radiohead,
Nigel Godrich, Geffen entre dans la partie et sort l’album en novembre, sous le titre de Mutations. Le disque casse avec la carrière de Beck sur Geffen, et même s’il est clair pour l’artiste ou la maison de disque qu’il ne s’agit en aucun cas de la suite « officielle » d’Odelay, l’album plaît (à nouveau) énormément au public en entre (à nouveau) dans le Top 20. La suite officielle d’Odelay, pour sa part, demande 14 longs mois d’enregistrement.
Midnight Vultures sort en novembre 1999, est présenté comme un « disque de fête », permettant à Beck de balancer des variations funk, de jouer au lover R’n B et au disciple hypersexué de
Prince. Pourtant, le disque ne marche pas aussi bien que ses prédécesseurs, tandis que
Mutations remporte un nouveau Grammy à son auteur. En 2001, Beck enregistre une reprise du «
Diamond Dogs » de
David Bowie avec le producteur
Timbaland et contribue au 10,000 Hz Legend des français de
Air. Son nouveau projet, à nouveau un disque folk titré
Sea Change (enregistré encore avec Godrich), est sorti par Geffen en septembre 2002. Beck prend les Flaming Lips en backing band et part en tournée.
Beck donne une suite à Sea Change en mars 2005, avec
Guero, produit à nouveau par les Dust Brothers et revenant au son qui avait fait le succès d’Odelay. Une version remixée,
Guerolito, apparaît en décembre 2005. Puis Beck se lance dans un album très influencé hip hop en 2006, pour la énième fois avec Nigel Godrich, et sort
The Information en 2006. Il revient en forme avec
Modern Guilt, dynamisé par la présence du producteur de
Gnarls Barkley, Danger Mouse.