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Après Reprise des négociations, Bruno Nicolini, alias Bénabar revient avec le bien nommé Infréquentable. Il serait facile d'ironiser sur ce titre rebelle et de déclarer tout de go : Infréquentable ? Bah oui, bien sûr, mais il faut laisser sa chance à la chance...

Je passe sur "Pas du tout", impossible à écouter deux fois. "Où t'étais passé ?", chanson de jalousie amicale façon jazz band ne fonctionne pas vraiment, malgré ses sonorités 70's. Bof, bof. On revient aux choses sérieuses avec "Voir sans être vu", une belle mélodie pop, un beau texte sur l'indifférence et l'invisibilité sociale. Bénabar est appliqué et crédible, soutenu par un groupe impeccable. Cette fois, c'est sûr, on tient le TRES BON titre de l'album, une dramaturgie qui tient sur les 4 minutes et quelques, un bon refrain. Que demander de plus ? Rien. Bénabar se dresse à la hauteur de Daho, sur les épaules de mini-Bashung. On en reprendrait bien un bout. Malheureusement le plat ne repasse pas : "A la Campagne" ressemble à du Delerm, clichés bobo contournés par la veine caustique, mais ça ne rend pas. "Les reflets verts" tirent un peu trop sur la corde mélancolique et traînent en longueur. "Si j'avais su" ne fait pas mieux avec ses sonorités pop (malgré un beau déluge orchestral autour de la 3ème minute), avant que Bénabar ne conclut sur un éponyme peu fréquentable. La qualité de la production ne fait pas oublier la banalité du propos. Toc et creux. Bénabar hausse le ton et chante avec le débit mitraillette d'un Renaud, mais avec des balles (amoureuses) à blanc. Après une demie-heure, on sature et on a envie d'aller voir ailleurs. Dommage.
Quelques bons titres et beaucoup de fatigue devant ces textes qui ressemblent à des rédactions roublardes, des sketches surjoués et surécrits sur les relations humaines et la vie quotidienne. La chanson française est trop compliquée pour être de la pop anglaise, trop technique et ampoulée mais pas assez subtile pour faire autre chose que caresser le quotidien dans le sens du poil. Heureusement pour les oreilles, le niveau des arrangements et de la composition globale a beaucoup progressé depuis quelques temps et l'on se fait moins mal que par le passé à écouter de la variété. Bénabar est dans le creux de cette nouvelle vague : en progrès mais fréquentable seulement par intermittence.

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