Ambient means the natural center or atmosphere of a space. ”
Bill Laswell fait partie de ces musiciens / producteurs / remixeurs qui donnent l'impression d'avoir mille vies et des milliards de projets. Né en 1955 à Salem, dans l'Illinois, aux Etats-Unis, ce bassiste au style et à la sonorité très "élastique" a abordé à peu près tous les styles musicaux : jazz, dub, drum-n-bass, world-music, funk, rock, expérimental…
Les plus grands (
Laurie Anderson, Herbie Handcock,
Brian Eno,
Peter Gabriel,
Mick Jagger,
Iggy Pop,
John Zorn, etc.) comme les plus obscurs (mais significatifs musicalement) ont fait appel à ses services. Comme instrumentiste ou comme ingénieur du son. Certains donnerait cher pour pouvoir farfouiller dans ses archives et écouter les bandes oubliées qui y dorment afin de dénicher des trésors inédits.
Pour un bassiste, le dub est la musique-mère. Et Bill Laswell en explore perpétuellement les multiples facettes. C'était déjà le cas, sous des dehors funky, au travers de Material. Combo "fusionnel" qu'il pilota au gré de collaborations diverses. Et non des moindres : Arto Lindsay, Ginger Baker, Sly & Robbie,
Afrika Bambaataa…
C'est d'autant plus éclatant sur ses productions "strictly dub". Des "versions" qui flirtent avec la musique africaine (Possession + African Dub) ou indienne (la série
Sacred System) à une approche intimiste assez éloignée des dancefloors (
Dub Chamber) ou des sessions en forme d'exercice de style (
Dub Meltown avec Style Scott), sans parler des dérives bien dark (Bass Terror) : plus que tout autre, Bill Laswell a démontré la formidable malléabilité du dub. Il en redéfinit l'axiomatique (
Axiom Dub : mysteries of creation), en surveille les derniers soubresauts (
Final Oscillations).
Toujours à l'écoute, il a ouvert les portes de son studio à l'équipe de WordSound emmené par Skiz Fernando lorsque celui-ci forgeait une nouvelle variante du dub en le rapprochant du hip hop (dub-hop). Surnommé The Colonel par ces joyeux drilles qui hantaient Brooklyn, Bill Laswell continue de soutenir des initiatives novatrices. Multipliant lui même les pseudos (Automaton), les labels (Axiom, SubHarmonic) et les collaborations avec d'autres musiciens portés sur les basses fréquences et les rythmiques pernicieuses comme Mick Harris (Scorn) ou Eraldo Bernochi.
Il est prêt à toutes les expériences. N'hésitant pas à s'attaquer à des mythes. Résumer et rafraîchir les archives du légendaire label Trojan, creuset de la culture reggae-dub (Trojan Dub Massive : chapter one + two, feat.
Scientist,
King Tubby, The Roots Radics, Prince Jammy,
Lee scratch Perry, Sly & The Revolutionnaries). Mieux encore, tout comme pour
Fela Kuti et
Miles Davis, Bill Laswell va (oser) proposer une version dub de
Bob Marley (sans parole, enfin…!) au travers de manipulations iconoclastes posthumes (cf. Dreams of freedom : ambient translations of Bob Marley in dub sur Island, en 1997)…