Malgré sa très courte carrière – et sa courte existence – Leon Bix Beiderbecke marqua durablement le jazz dans la période Chicago.
Son enfance dans une famille d'émigrants allemands, installée dans l'Iowa, se passe entre la East Davenport Lumber and Coal Company, société tenue par son père Bismark Beiderbecke (surnommé "Big Bix" en opposition à son premier fils, portant lui-même le surnom de "Little Bix") et les tavernes de Davenport. Très tôt porté sur la boisson, Leon, que son père insista pour baptiser "Bix" cultivera ce penchant sa vie durant et cela lui sera fatal.
C'est peut-être dans ces clubs et ces tripots que Bix Beiderbecke découvrira les premiers groupes de jazz, mais c'est plus certainement par le biais de son frère Charles, qui ramena un gramophone à la maison en 1918, époque de l'enregistrement du fameux 78 tours de l'
Original Jazz Band de
Nick La Rocca . Pour Bix, alors pianiste depuis l'âge de trois ans qui s’était essayé sans succès aux rigueurs du solfège, c'est le coup de foudre.
En 1921, les parents de Bix décident de lui offrir un enregistrement au Lake Forest Academy de Chicago. Installé pour quelques jours dans la ville, nouvellement nommé "capitale du jazz", Beiderbecke découvre les
New Orleans Rhythm Kings. Expulsé de divers établissements scolaires, il n'en a cure, son unique passion étant le jazz. Dés 1923, il écume la scène de Chicago et de Davenport, situées à quelques kilomètres l'une de l'autre. Grand excentrique, Bix se considère avant tout comme un artiste. Il préfère jouer dans le plus de groupes possibles (dont les Wolverines, qu'il accompagnera le plus souvent, mais aussi Bix and his Rhythm Jugglers, Tram Bix and Lang, Bix Beirdebecke and his Gang...), plutôt que de signer des engagements à long terme dans des orchestres. En 1925, il signe "Davenport Blues", un magnifique hommage à sa ville natale. Entre 1925 et 1927, il se lit d'amitié avec le saxophoniste Frankie Trumbauer et joue dans son orchestre (Frankie Trumbauer and his Orchestra). En 1927, il enregistre "Sorry", "Riverboat Shuffle" et "Singin' the Blues", qui deviendront de grands classiques.
Mais la boisson finit par le rattraper et il a du mal à s'adapter à son rôle de premier cornettiste dans l'orchestre de Paul Whiteman. C'est le début de la fin. En 1929, il doit être hospitalisé. Malgré cela, il se remet rapidement à boire et joue de moins en moins, ne respectant plus ses engagements. En 1930, il rejoint tout de même l'orchestre prestigieux formé par Charles Prévin dans l'émission de radio : The Camel Pleasure Hour. Il y fera ses derniers enregistrements.
En octobre 1930, il quitte l'orchestre, incapable de jouer autre chose que les dernières mesures de chaque morceau. Il meurt le 6 août suivant d'une pneumonie. Il n'avait que 28 ans.