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- Ecoutez le single "Short Fuses" sur Radio Flu et Radio Pop Rock
Les Black Lips sont une grosse blague. Leur "flower punk" est un mélange du Velvet Underground et des Sonics ou, vraiment, de n’importe quelle paire de groupe garage tirée au hasard dans le coffret "Nuggets". Ils chantent les joies simples des drogues et des putes, font des blagues sur la pédophilie. Ils s’amusent à mettre des "bip" sur le sermon obscène qui ouvre l’élégiaque "I Saw God". Ils rappent comme en 1967 sur "The Drop I Hold".

On ne peut certainement pas les accuser d’être faux, ils ne prétendent rien. Ils travaillent sûrement un peu plus pour obtenir un son lo-fi, tout l’album sonne comme s’il avait été enregistré sur un vieux magnétophone. Ils n’hésitent pas à piquer l’intro de "There She Goes" pour "Starting Over". Ce n’est pas comme si les La’s avaient eux-mêmes étés au dessus d’un vol ou deux.
Ecrire sur 200 Million Thousand, c’est peut-être un peu inutile, donc. On risquerait de se sentir idiot à déployer plus d’énergie intellectuelle que les quatre membres réunis du groupe. On pourrait presque se contenter d’une série de phrases définitives : 200 Million Thousand sonne comme une bonne cuite ; 200 Million Thousand donne envie de se sentir sous les bras pour s’assurer que cette odeur d’aisselle en sueur provient bien du disque ; 200 Million Thousand me rappelle le jour où en riant j’ai recraché de la bière par le nez ; 200 Million Thousand est drôle et bon comme la blague d’Adolf Hitler et du petit juif ; 200 Million Thousand est beau comme la vidéo youtube du singe qui boit son pipi.
En vérité, cependant, on se sent bien obligé d’ajouter que Good Bad Not Evil était un chouïa meilleur. Peu importe, on écoutera tout pareil ce nouveau disque pendant quelques semaines avant de passer à autre chose. Dans dix ans, on ne se souviendra plus que du Velvet Underground et des Sonics mais en attendant, personne ne nous en voudra de laisser nos neurones au placard pendant un peu moins d’une heure.
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