La musique génétiquement modifiée arrive![]() L'ADN, dans la catégorie "découverte scientifique" c'est une superbe trouvaille marketing. La double hélice qui sert de logo et les trois initiales faciles à retenir : le type qui a inventé les chromosomes doit en crever de jalousie. En tout cas il est mort. Bref, du coup, on se retrouve avec des créateurs de logiciel qui déclarent avoir réussi à décomposer l'ADN de la musique et qui appellent leur technologie le Direct Note Access (l'acronyme DNA étant vous le savez sûrement l'anglais pour ADN). D'après la vidéo de présentation des éditeurs du logiciel Melodyne (qui permet à tout le monde de chanter juste chez soit comme Paris Hilton), le Direct Note Access est capable de prendre n'importe quel accord que vous lui donner, d'isoler les notes qui le composent et de les reconfigurer pour créer n'importe quel accord. Vous pouvez ainsi jouer un sol à la guitare, le passer à travers ce logiciel et reconstituer tout Electric Ladyland en disant à vos amis que c'est vous qui avez jouée chaque note dessus. Vous pouvez aussi, surtout, reprendre une fausse note que vous avez jouée lors d'un onéreux passage en studio et sauver une prise qui autrement aurait été ruinée par votre incompétence criminelle. Vous pouvez faire tout un tas de manipulations microscopiques de votre enregistrement ou le changer du tout au tout, vous pouvez, comme ne manqueront pas de le faire remarquer les rabat joie, enlever toutes les imperfections qui donnent sa personnalité à une performance et obtenir un résultat théoriquement encore pire que Katy Perry ou les Pussycat Dolls. Surtout, vous pouvez bidouiller le logiciel de façon créative (je vais pas imaginer comment, c'est VOUS le musicien), le détourner de son but originel et produire un son totalement dissonant et extra-terrestre. Genre, bon, allez, je vous aide : vous prenez la voix de Michael Jackson et vous le faites chanter une octave plus bas dans une échelle musicale déterminée par le lancer d'un dé à vingt faces piqué dans la boîte de Donjons et Dragons d'un geek qui écoute du filk .Ensuite vous construisez un robot avec des légos et du chewing gum puis vous écrivez les paroles qu'il pourrait chanter. Vous jouez de la mandoline avec les pieds et... VOILA ! Vous êtes créatifs. Ce n'est pas si dur. Si vous bloquez à nouveau, envoyez-moi un mail, je peux être votre Stratégie Oblique personnelle. Je n'ai que ça à faire. Les sondages du NME ont la classe : élisez l'Ultimate Frontman...![]()
Internet a beau être passé par là, le NME reste le magazine de référence rock à travers les âges et permet, avec ses emballements, ses tocades, sa recherche de scoops en tout genre, une référence incontournable pour qui se targue de suivre l'actualité de toutes les musiques à guitares (à quelques exceptions près, on l'admet.) Parmi ses multiples qualités, la moindre n'est pas de proposer des sondages permanents et qui déchaînent les passions. Pour preuve cette semaine (et pour quelques jours encore), deux suggestions tout à fait passionnantes et qui nous mettent en émoi. Un questionnement discret, tout d'abord, qui vise à déterminer le ou les groupes les plus "sadly missed", soit en cette période de reformation à outrance le groupe le plus cher aux yeux et aux oreilles des auditeurs à avoir splitté avec classe. Parmi la liste des nominés, en plus des Smiths, bien sûr, on trouve les regrettés Grandaddy, mais aussi les plus obscurs Mc Lusky ou bien sûr les Libertines. On ajoutera les Stone Roses et les amis écossais d' Arab Strap pour faire bonne mesure.
Le plat de résistance reste la grande affaire du mois : l'élection de l'Ultimate Frontman. En bref, le plus grand leader de groupe de rock du monde et là le NME déploie les grands moyens pour vous faire voter (prévoyez 10 bonnes minutes pour scorer la centaine de chanteurs proposée) et déterminer quel leader est le meilleur, le plus charismatique, le meilleur chanteur, le plus grand parmi les grands. Au dernier pointage (le classement n'a pas varié énormément depuis 4 ou 5 jours), les positions sont les suivantes :
1) Robert Smith des Cure avec une note de 9,13 sur 10 2) Liam Gallagher de Oasis 8,83 3) John Lydon des Sex Pistols 6,71 4) John Lennon des... Beatles avec seulement 6,01/10 5) Jimi Hendrix 6) Kurt Cobain de Nirvana 7) Joe Strummer des Clash 8) Freddie Mercury de Queen 9) Ian Curtis de Joy Division avec une note de 5,5/10 inexplicable 10) Marc Bolan de T.Rex
Morrissey est derrière avec tout juste la moyenne (malgré mes 3 votes quotidiens à 10/10 depuis une semaine) tandis que Iggy Pop est largement distancé et placé sous la moyenne. Il reste évidemment quelques jours pour bousculer la hiérarchie qui se met lentement en place et soutenir vos chouchous. On notera qu'étrangement Thom Yorke est à la ramasse et que personne ne semble considérer que Frank Black ou Michael Stipe valent la peine d'être distingués. Le pire est que tout ce cirque se tient et confirme la règle selon laquelle quelle que soit la question, dans les sondages du NME, c'est toujours Oasis qui gagne à la fin. A vos marques, votez...
PS : Mark E. Smith, à notre grand regret, ne figure même pas dans la liste. Pouah ! Lire notre histoire sur le NME Skatebård : Comique disco![]() Décidemment, les vagues cosmic disco venues du nord (Norvège, Suède, Belgique, Allemagne) menacent de plus en plus de nous submerger, et avouons-le, nous ne résistons pas beaucoup. Mais qu’est-ce qui nous plait tellement dans ces envolées spatiales toujours plus rétros que futuristes ? C’est certainement leur proximité avec une certaine forme de pop d’avant-garde. L’impression aussi que, même puissamment rythmés, nous pouvons chanter ses morceaux sous la douche en tapant du pied sur le carrelage, au lieu de continuellement chercher les harmonies inscrites de façon subliminales dans la transe répétitive induite d’ordinaire par la techno. Soulful et joyeuse, onirique et rigolote, la cosmic disco s’inscrit totalement dans l’air du temps. Musique pour clubbers qui dansent le nez en l’air au bord du gouffre, elle semble faire la nique aux oiseaux de malheur et nous permet d’oublier le temps d’une soirée les aléas de la vie quotidienne. Ceux d’une époque où malheureusement, le dernier slogan est plus que jamais, envers et contre tout, We've Gotta Fight... For our Right... To Partyyy ! A ce titre le norvégien Skatebård est le plus digne représentant de cette disco synthétique décomplexée du slibard. Poétique et fantaisiste, pas sérieux pour un euro et pourtant furieusement hypnotique et dansant, son nouvel album (le troisième à ce jour), sobrement intitulé Cosmos sera-t-il la bande son du crash financier qui secoue la planète ? On s’en fout un peu à vrai dire, l’important aujourd’hui c’est de sauver les meubles et de garder la tête (haute) hors de l’eau. Qui mieux, dans le petit monde souvent guindé des musiques électroniques, que ce compagnon de jeu de Lindstrom et Prins Thomas peut nous dérider à l’heure où tout se barre en sucette ? Personne, car il faut une bonne dose de détermination et d’humour pour cela, et le gros bonhomme n’en manque pas. La preuve en musique et en image, avec ce clip live de "June Nighs South Of Siena", véritable tube en puissance d’un album jouissif plein d’une belle énergie, enjoy :
Skatebård - Cosmos (Digitalo/Modulor)
Jesus c'est leur poteMoi j'ai un pote qui s'appelle Salomon, c'est pas pour ça que je vais écrire une chanson. Enfin, mon pote à moi ne m'a pas touché tout au fond à l'intérieur...
Sonseed serait un groupe de ska chrétien retrouvé par l'auteur du blog Dougsploitation dans cet enregistrement du début des années quatre vingt d'une chaine de "public access" américaine. il y a un peu plus d'un mois. La vidéo a depuis fait trois fois le tour d'internet, suscité des reprises, des rumeurs de hoax pour l'instant fermement démenties... La page Wikipedia du groupe nous apprend que le nouveau succès de Sonseed aurait fait regretter à Dieu d'avoir inventé la musique... C'est dire le sérieux de tout ça. Tout ce que je peux vous dire avec certitude en attendant de prochains développement c'est que moi Sonseed, j'y crois (ne serait-ce que parce que le leader du groupe envoit des lettres d'insultes à ceux qui osent douter). Lyrics Born aime ça ! Nous aussi !On se souvient tous de "I Changed My Mind", le fameux tube laid back et nonchalament groovy de Tom Shimura, alias Lyrics Born, principal allié de DJ Shadow et co-fondateur du collectif et label Solesides au côté de Shadow et du fameux journaliste Jeff Chang. Et bien, le californien d'origine asiatique n'a pas changé contrairement à ce qu'il évoquait dans ce titre et son nouvel album, le troisième à ce jour, est là pour le prouver.
Paru en avril dernier, autrement dit pas tout à fait hier, Everywhere at Once est pourtant un excellent album bourré de pépites hip-funk sur lequel il est bon de revenir car c'est aussi l'occasion de se repasser en boucle le single tuant qu'est , "I Like It, I Love It" et sa vidéo aussi rigolote qu'irrévérencieuse envers les clichés (supposés) communs du hip-hop. Ici, petites pépés et grosses bagnoles ne sont que des jouets, les soldats ne sont pas en Irak mais en plastique à l'échelle 1/72 et les bitches à gros seins viennent seulement vous servir votre goûter. Irrévérencieux, c'est vrai, mais aussi régressif, et alors ? Lyrics Born semble très bien placé pour jouer les "grands petits garçons" immatures bloqués au stade anal, se moquant avec bonheur du syndrome de Peter Pan qui affecte censément tous les hommes de 20 à 40 ans (et tous les rappeurs avides de biens matériels). Comme quoi, au delà de la grosse rigolade et de son refrain addictif, "I Like It, I Love It" a également du sens. Nous n'avions pas eu le temps de profiter de la leçon à Flu', c'est aujourd'hui chose faite.
The Sound of the Smiths : les voies de la réconciliation sont...commerciales![]() La maison Rhino est à la manoeuvre sur cette opération et dans le registre qu'elle connaît le mieux : l'édification des légendes et la mise en mausolée des grands groupes séparés. Morrissey aurait fourni le titre (The Sound of The Smiths, où diable va-t-il chercher tout ça?), son compadre, guitariste et néanmoins ami Johnny Marr, nouveau membre des Cribs, aurait, quant à lui, supervisé la setlist et coordonné la mastérisation de la compilation. Et pour quel résultat ? Une compilation disponible en un ou deux CD, au choix et selon les ressources, disponible à partir du 3 novembre 2008 et qui tient lieu, en attendant mieux, de coffret tant attendu d'un groupe essentiel et qui, jusqu'ici, n'a pas été gâté par les mises en boîte. The Sound of The Smiths succède, en effet, avec l'aval des deux têtes pensantes du groupe mancunien à une série de trois ou quatre compilations de singles et autres non-singles, aux pochettes douteuses et à l'esthétique "à la façon de", condamnées pour n'être que des opérations marketing par les deux compositeurs divorcés. Cette fois-ci donc, ce sont Morrissey et Marr qui s'y collent pour un résultat finalement pas si différent de ce qu'on avait vu jusqu'ici mais sans aucune fausse note (Oscillate Wildly ?). Le premier CD est sans réelle surprise une reprise des singles du groupe, depuis l'inaugural This Charming Man jusqu'au conclusif et superbe Last Night I Dreamt That Somebody Loved Me, soit une revue de quatre années de succès et de compositions qui ont bouleversé la vie des adolescents et jeunes adultes entre 1983 et 1986. Les curiosités apparaissent sur le CD 2 mais ne révolutionneront pas la grande Eglise Morrisséenne pour être connus d'à peu près tout le monde. On trouve ainsi quelques raretés issues des Troy Tate Sessions (le premier album, rappelons le, avait été enregistré une première fois avec un producteur, remplacé par la suite, et dont le travail, au fil des années, a été réévalué par les fans au point de constituer une version plus légitime que celle sortie dans le commerce), quelques titres live plus ou moins rares (London, la reprise What's the world) et des titres un peu moins connus, Jeane bien sûr mais aussi le joli I Keep Mine Hidden, ou l'instrumental Money Changes Everything. Au final, cette compilation s'annonce précieuse mais pas décisive, un bon moyen sûrement de rendre hommage au dynamic duo le plus important depuis les Beatles, de le découvrir et/ou le chérir un peu plus, en attendant un VRAI VRAI coffret de raretés. Ci-dessous la tracklist complète des 2 disques :
The Blueprint 3 de Jay-Z dans les bacs le 2 décembre ?Sur toutes les lèvres depuis la diffusion sur internet du titre "Jockin' Jay-Z (Dope Boy Fresh)", en août dernier, la sortie du 10e album solo du rappeur Jay-Z pourrait arriver plus vite que prévu. Selon le site internet de la chaîne BET, The Blueprint 3 devrait ainsi être en vente à partir du 2 décembre 2008.
![]() Jay-Z a encore fait appel à son compère Kanye West pour la réalisation de son nouvel opus, The Blue Print 3 "Swagger Like Us pt. 2" Après avoir annoncé à diverses reprises la fin de sa carrière, Sean Carter - de son vrai nom - a donc replongé une nouvelle fois. D'après une source citée par le blog Soundoff de bet.com, le troisième volet de la trilogie des Blueprint, initiée en 2001, serait réalisé à 90% par son compère Kanye West, qui a de son côté avancé la sortie de son propre album, 808's & Heartbreak, au mois de novembre. Le "Louis Vuitton Don" était déjà derrière le succès du premier The Blueprint, considéré comme le meilleur disque de Jay-Z depuis son premier effort, le classique Reasonable Doubt (1996). Toujours selon la même source, la rumeur d'une nouvelle version du titre de T.I. "Swagger Like Us", produit par Kanye West et où apparaissait Jay-Z, devrait également figurer sur l'album. Young Jeezy, Nas et André 3000 d'Outkast venant prêter main forte au "Jigga Man" pour l'occasion. The Bluprint 3 marque par ailleurs la fin de la collaboration entre Jay-Z et le mythique label Def Jam, qui n'a pas encore confirmé de date de sortie. Le rappeur originaire de Brooklyn pourra alors débuter sa collaboration avec l'organisateur de concerts Live Nation (Madonna, U2), avec qui il a signé un contrat de 150 millions de dollars et lancera un nouveau label. TV On The Radio au The Nouveau Casino
Peu importe : dès que retentissent les premières notes de "Love Dog", la chanson Tricky-esque et un peu molle du disque devient magnifique, pleine de soul et nous on se trouve à portée de sueur de Tunde Adebimpe. Ca se confirmera encore avec "Stork & Owl" qui sans ses pénibles pizzicatos synthétiques piqués à The Cure sonne ce soir là comme la suite logique de "Province". Live, les morceaux retrouvent l'imprécision de Return To Cookie Mountain : les voix se mêlent, se noient sous les instruments dans un brouillard magnifique entrenu par David Sitek qui passe plus de temps à triturer ses pédales, secouer son carillon (le même que celui de la porte de ma grand mère) et autres joujous qu'à gratter les cordes de sa guitare.
Tunde a un vrai charisme en tant que frontman mais à vrai dire on est plus passionné par Kyp Malone qui, visiblement défoncé, incarne vraiment tout ce qu'on aime dans le groupe : il a le regard dans le vague, il sourit bêtement puis il regarde un peu sa guitare pour vérifier où sont ses doigts et il sort trois notes magnifiques, chante peu mais bien avec une voix sortie de nulle part puis saute partout en produisant un mur de bruit qui noie tout. Pourtant, il a des lunettes et une barbe d'instituteur et une tête de koala qui donne envie de lui pincer les joues. Les autres, on ne les voit pas vraiment dans toute la fumée mais on se contente de les sentir.
Le concert est très bon, donc, si on excepte la chanson "Shout Me Out" que toute la bonne volonté du monde rend encore pire, mais il n'est pas dingue non plus : une heure trente de chansons, presque toutes des singles et pas un brin de folie. Tout le monde est reparti convaincu et heureux mais à vrai dire pour un groupe de cette trempe c'était le service minimum. On est sans doute très exigeant avec eux mais on attend un peu plus pour le Bataclan en décembre. Radiohead, la vidéo de ReckonerAprès avoir fait appel à un procédé technique qui permettait de capter des images sans les filmer via une caméra pour la vidéo de son titre "House of Cards", le groupe Radiohead a mis en place il y a quelques mois un concours pour la réalisation de clips pour des titres de son album In Rainbows. Associé à la chaîne de cartoon, Aniboom, le groupe devait choisir un finaliste et lui accorder 10 000 $ pour l'aider à réaliser son projet final. Thom Yorke et sa bande ont finalement décidé de récompenser pas un, mais quatre candidats de la même somme, après avoir été bluffé par la qualité des vidéos reçues. Thom Yorke a annoncé hier soir, sur le site du groupe, vouloir faire de la vidéo réalisée par Clément Picon (Supinfocom Arles) le clip officiel de "Reckoner". Les Dirty Pretty Things splittent, Pete Doherty poste un nouveau titre
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Le bonheur des uns peut-il entraîner le malheur des autres ? Doit-on voir un lien de cause à effet entre le fait que Pete Doherty ait posté une nouvelle vidéo en début d'aprèm via sa chaîne Youtube et la séparation des Dirty Pretty Things annoncée quelques heures après seulement ? A la veille du concert que Doherty va donner à Londres au Hackney Empire, salle dans laquelle les Libertines s'étaient "reformés" l'année dernière, le musicien a posté une nouvelle vidéo via sa chaîne Youtube. "Gracewasteland/s'", un titre non publié à ce jour interprété à la guitare et à l'harmonica, est en écoute depuis aujourd'hui. Doherty continue parallèlement sa tournée en solo, à Londres et à Manchester, ces deux dernières dates. En ce qui concerne le futur des Libertines, le concert d'avril 2007 (au Hackney Empire) avait relancé les rumeurs de reformations mais depuis, plus grand chose, jusqu'à un soir de mi-septembre 2008. Annoncé le jour même, Pete Doherty avait donné un concert dans un pub londonien accompagné de son comparse Carl Barat, dont la présence avait été tenue secrète. Malgré ces nouvelles retrouvailles, l'entourage des frères ennemis a exclu une reformation ou un retour en studio des Libs et a plutôt évoqué un éventuel nouvel album des Babyshambles (groupe de Doherty). Mais voilà qu'aujourd'hui, c'est le groupe de Carl Barat, les Dirty Pretty Thing qui annonce sa séparation après 3 ans d'activité et 2 albums (Waterloo To Anywhere et Romance At Short Notice ). Pour mettre court (encore une fois) aux rumeurs concernant les Libertines, Barat a tenu à insister que chacun des membres des DPT ferait cavalier seul pour se consacrer à de nouveaux projets musicaux et non aux Libs. L'annonce de la séparation intervient alors que le groupe est en pleine tournée en Grande-Bretagne, mais les DTP maintiendront toutes leurs dates anglaises jusqu'au 18 octobre et la tournée en Irlande.
2008 c'est déjà hier : la techno cherche un nouvel espace-temps
Depuis environ 5 ans, après la lente infiltration de la disco (novö ou néo, sous sa forme cosmic, italo ou balearic) et la montée en force de l'edit, la techno semble se chercher un nouvel espace temps. Musique d'anticipation par excellence, éternellement tournée vers l'avenir, la techno abandonne progressivement ses oripeaux futuristes et urbains pour les rouages visibles des vieilles machines, les rayons laser surannés et la poésie d'une certaine musique électronique expérimentale des années 70, de Brian Eno à Kraftwerk, en passant par l'école krautrock et kosmishe allemande et même parfois, le rock progressif et le psychédélisme. De fait, de Lindstrom à Skatebard, des productions du label belge Eskimo à celle de DC Recordings, en passant par les œuvres de producteurs comme Popnoname, Pantha du Prince, Radio Slave, Isolée, Nathan Fake et James Holden ou encore Fairmont, jamais la techno n'a sonné aussi retro-moderniste (comme on pouvait dire "moderne" dans les années 60 et 70). Ni vraiment disco, ni vraiment krautrock, ni rock qui danse, ni réellement electro pop, ni tout à fait techno non plus, mais un peu tout ça à la fois, la musique reine des dancefloor explore son passé en effectuant d'incessants allers et retours, nous donnant l'impression qu'elle a véritablement inventé une machine à groover dans le temps. C'est particulièrement évident à l'écoute de l'excellente compilation SuperSoul Recordings présentée par DFA (voir notre chronique) ou de Surrounded By Wheater, le nouvel album de Jens-Uwe Beyer, alias Popnoname (voir notre chronique également). Le label berlinois, drivé par Xaver Naudascher, bien connu pour ses habillages d'évènements culturels et même publicitaires, s'inscrit en effet totalement dans cette démarche et produit certainement les meilleurs tracks electro du moment, tous genres (et sous-genres) confondus. Quand à l'allemand Popnoname, il nous offre un album confondant de pureté, qui doit autant à la pop avant-gardiste de Robert Wyatt qu'au expériences vernaculaires de Brian Eno.
On ne peut que se féliciter de cette évolution. Le genre en effet, n'est plus tout jeune, et les quadras aux manettes trouvent d'autant plus de plaisir à partager avec les nouveaux arrivants. Au final, après une vague d'abstraction minimale sans précédent, il est plutôt positif de voir la techno reprendre du poids, retourner aux machines et unir ses efforts en s'inscrivant ainsi, humblement, dans le cadre des musiques populaires.
Quelques pistes : Cosmic Balearic Beats vol.1 (Eskimo/La Baleine) Deerhoof, c'est toujours bien mais des fois c'est mieux
Pour le clip de "Fresh Born", Deerhoof a encore une fois tout bon : qui a besoin d'un scénario quand il a un groupe japonais qui chante "Bunny Jump", un gorille en peluche qui joue de la batterie et des pieds ? Satomi Matsuzaki babille de façon incompréhensible, ce qui est sans doute approprié au vu du titre mais qui est aussi de toute façon ce qu'elle fait une chanson sur deux. Greg Saunier tape sur le dessus de sa grosse caisse parce qu'avec un kit aussi minimal il est bien obligé de trouver de nouveaux endroits sur lesquels taper et il s'avère meilleur que le gorille (les gorilles sont pourtant d'excellents batteurs). John Dieterich et Ed Rodriguez se font moins remarquer, peut-être parce qu'on ne sait pas vraiment lequel est lequel. Pour rappel, Deerhoof avait d'abord proposé ce premier single pour son futur album Offend Maggie sous la forme d'une partition et invité les internautes à l'enregistrer avant d'entendre leur version à eux. Je l'avoue tout de suite, je n'ai pas écoutées toutes les versions mises en ligne : c'est vraiment épuisant, j'ai laissé tomber il y a quelques semaines en ayant acquis l'intime conviction que personne ne pouvait prendre Deerhoof sur son propre terrain. C'en est même amusant de constater qu'avec son instrumentation rock classique Deerhoof reste bien plus original que la plupart de ceux qui ont tenté une approche post-bit, zouk(?) ou dieu sait quoi. On se remettrait resque à croire au rock. Dig Out Your Soul d'Oasis en pré-écoute sur Myspace![]() Oasis s'apprête à sortir son septième et nouvel album, Dig Out Your Soul le 6 octobre prochain. A moins d'une semaine de la sortie attendue de cet opus et alors que les onze titres circulent déjà sur les différents réseaux de peer-to-peer, le groupe a décidé de mettre en pré-écoute son album sur Myspace. Cette décision peut suprendre suite à la prise de position de son leader Noel Gallagher quant à la sortie du dernier album de Radiohead. Le guitariste avait déclaré en juillet 2008 sur la radio anglaise BBC 6 qu'Oasis ne metterait pas son album en vente uniquement sur le net et "qu'il n'avait pas passé un an dans le studio le plus couteux de Grande-Bretagne, avec le producteur le plus cher des USA, engagé le graphiste le plus cher de Londres pour le donner". Dès le mercredi 1er octobre (en milieu de journée), les internautes pourront pourtant écouter les 11 titres du groupe mancunien. Une écoute en streaming et en toute légalité, qui intervient seulement à quelques jours de la sortie mondiale et qui apporte une dernière pierre au plan marketing ficélé depuis des semaines (voire des mois) par le groupe et son managment. Depuis son entrée dans les studios en octobre 2007, la confirmation de la sortie de ce 7ème opus faite en mai 2008, le processus s'est accéléré et les quatre membres du groupe ont annoncé le titre de l'album, puis diffusé sa pochette et son tracklitsing cet été avant de balancer le premier single "The Shock of The Lightning" en exclu sur la radio Xfm et le clip dans la foulée. Mi-septembre, le management US organisait dans le métro new-yorkais des pré-écoutes de quelques titres de Dig Out Your Soul, interprêtées par des musiciens amateurs triés sur le volet. Ajoutez à cela, les frasques, déclarations en tous genres des frères Gallagher et l'agression récente lors d'un concert à Toronto de Noel et vous obtenez une montée en puisssance médiatique qui dépasse finalement la musique du groupe en elle-même. La pré-écoute de l'album dans son intégralité le 1er octobre (et jusqu'à la fin de cette semaine) devrait être la dernière étape jusqu'à la date de sortie. Lundi 6 octobre, le groupe et son managment auront les yeux rivés sur les ventes de disques et digitales et pourront récolter ou non les fruits d'un plan promo étalé sur plusieurs mois. Pour info, le concert parisien d'Oasis (au Bataclan) initialement prévu pour le 30 septembre a été décalé au 10 novembre. Myspace Music, l'union sacrée contre iTunes
Sur le plateau "contre" de la balance, il y a la situation des labels indépendants, grands "oubliés" de l'union sacré des ennemis de Steve Jobs. Et puis il y a le fait que tout ça a été mis en place dans l'urgence, il y a de gros trous dans le catalogue au lancement et semble-t-il des trous aussi dans le personnel : Myspace Music n'a toujours pas trouvé de PDG, personne de suffisamment expérimenté dans le domaine ne semble se battre pour ce poste, ce n'est pas vraiment bon signe.
Le vrai problème de Myspace Music, c'est que Myspace en tant que réseau social est en grosse perte de vitesse. L'interface est vieillote et sa customisation trop compliquée (on attend avec fatalisme les complaintes de tous ceux dont cette nouvelle update de Myspace aura foutu en l'air la page qu'ils avaient mis si longtemps à mettre en place). De nombreux artistes ont effacé leur page Myspace à cause des gros trous laissés béants dans l'interface de base et dont profitent de nombreux hackers... Moi ça ne me donne pas vraiment envie d'entrer mon numéro de carte de crédit. Ladyhawke, c'est ouf' ?
Ladyhawke a sorti un premier album d'électro-pop un brin hystérique et pas dégueu du tout et elle s'habille comme il faut, c'est à dire n'importe comment. On se rend peut-être compte en l'écoutant du mauvais goût et surtout de l'inexactitude des termes médicaux qu'on emploie pour décrire la musique des autres. Moi le premier, on dit souvent d'un artiste ou d'un disque qu'il est "fou", "paranoïaque", "autiste", "hystérique"... A vrai dire, quand on écoute sa chanson "Paris Is Burning" on n'est pas plus tenté de qualifier son interprète d'un terme clinique quelconque que lorsqu'on écoute ce morceau de Pnau sur lequel elle apparait alors que, pour autant que l'on sache, ce monsieur Pnau est aussi sain d'esprit que vous ou moi.
On pourrait tout aussi bien qualifier la musique de Ladyhawke par son côté "purement néo-zélandais" ou trouver je ne sais quel autre angle. Le fait est que quelques années dans sa carrière aujourd'hui heureusement oubliée, il a été révéle que le leader de The Vines souffre aussi du syndrôme d'Asperger et que personne n'avait pensé à qualifier le morne plagiat de Nirvana que produisait son groupe de "musique de fou". Certains l'accusaient même d'en rajouter sur scène et d'être complétement "faux" quand il s'agitait dans tous les sens.
Le fait est qu'on a souvent une fascination pas forcément très saine pour des artistes qu'on perçoit à juste titre ou non comme dérangés : Syd Barrett, Daniel Johnston... Les artistes eux même participent de cette romantisation de la maladie mentale : ça fait bien dix ans qu'il est hyper tendance dans le milieu indie rock de citer la marque de son anti-dépresseur comme on cite celle de son whiskey dans le hip hop. Ce n'est pas quelque chose de grave, c'est sans doute naturel mais il ne faut juste jamais oublié que tout ça n'a pas grand chose à voir avec la maladie mentale dans la vie réelle. Ce n'est que du show business.
Le cercle des reprises improbables #1 : Rockafeller SkankLorsque "Rockafeller skank" sort en 1998, beaucoup de novices se demandent si c'est le gros bonhomme obèse de la pochette qui est l'auteur du plus grand tube de big beat de la planète. Raté, c'est le DJ cowboy du clip. Les plus attentifs reconnaissent là la patte du grand Norman Cook, alias Quentin Leo Cook, ancien taulier des Housemartins, groupe pop à voix dont la courte existence (1985-1988) laissa quelques traces nostalgiques chez les jeunes amateurs de douceurs de l'époque, recyclé en DJ star depuis son retour à Brighton. La chanson tirée de l'album You've come a long way baby, est portée par une intro imparable en forme de dialogue (voir ci-dessous) et par un sample vocal décisif de Lord Finesse, le rappeur d'un collectif new-yorkais du nom de Diggin in the Crates Crew. C'est ce sample qui fait décoller la chanson associé à un beat monumental dont la répétition sans fin confère au morceau de Fatboy Slim une pulsation proche d'un afflux de sang chaud dans le cortex d'un raver en pleine montée d'hormones. Pour ceux que ça intéresse Lord Finesse est l'un des secrets les mieux gardés de la scène hip-hop, un joyau dont les sorties sont rares et qui s'est très peu montré depuis l'excellent The Awakening en 1996, à l'exception de Rockafeller bien sûr et d'une apparition sur le White People de Handsome Boy Modelling. Le titre a fait le tour de la planète, bien sûr, et a servi de bande-son à une bonne demie-douzaine de films dont le populaire Bruce Tout Puissant avec Jim Carey. Repris sur le ton de la gaudriole par l'ami Richard Cheese et son Orchestre Lounge, le hit de FatBoy Slim a trouvé un interprète zélé en la personne surprenante de Frank Black qui en a donné une version incroyable et assez éloignée de l'original tout au long de sa tournée 2007. Le leader des [people_restricf]Pixies[/people_restrictif], avec son génie et son audace habituels, se roule par terre, électrise le beat et hurle le leitmotiv du titre comme une vache qu'on égorge. Pour le reste, tout ceci est mystère. Pourquoi lui ? Pourquoi ça ? Et de quoi parle la chanson d'ailleurs ? "Rockafeller" renvoie au Rockafeller Center probablement, l'un des grands centres d'affaire de New York, skank au choix à un clochard à l'hygiène douteuse ou, plus sûrement, à une sorte de dance effrénée entre le ska et le punk hardcore : clin d'oeil sûrement de Cook à son passé de rockeur. En version originale ou en reprise, tout n'est ici que perfection, efficacité et énergie pure. DJ: WBCN who's this? Brad: Hey this is Brad (this is Brad this is) DJ: Now uh who's your favorite artist, who do you want to hear? Brad: Well m my favorite artist right now is Fatboy Slim, that guy kicks ass. DJ: How tremendous is Fatboy Slim? Brad: The band of the 90's, if you want to call it a band because it's a one man name. DJ: Wow...fatboy, and you want to hear that new fatboy song? Brad: Absolutely. DJ: Which one? Brad: The um funk soul brother check it out. DJ: Sing it, I don't know which one. Brad: Right about now, the funk soul brother check it out now, the funk soul brother. |
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