Chroniques frénétiques : Portrait d'une génération amnésique![]()
L'histoire du rock est toujours intime. Parce que c'est une histoire individuelle, faite de découvertes, d'échanges, de parrainages (des plus vieux ou des plus sages) et de coups de foudre jalousement gardés et jamais partagés. C'est en individu que l'on découvre, le, ou les groupes, qui nous plongeront dans les méandres de la musique notre vie durant.
Aussi, quand un livre sous titré "Une histoire intime du rock" atterrit dans la boite aux lettres, on ne peut que se sentir immédiatement en phase avec son auteur. En l'occurrence, Chroniques Frénétiques, une histoire intime du rock vient de loin. D'un passé provincial toujours présent, même si en réalité à des années lumières de celui que je suis devenu aujourd'hui. Ce petit livre, à l'histoire chaotique (et frénétique) a pourtant failli ne jamais voir le jour alors qu'il fut lauréat du concours manuscrit Technikart en 2006 ! Son auteur, Patrick Bénard, un ami perdu de vue, fut également un mentor. De ces aînés que nous regardions bouche bée et dont nous envions la vie, indépendante, riche, pleine de sons nouveaux et d'évènements musicaux, alors que nous en avions 18 et lui... 30 et des poussières.
Dans ce roman, à la fois une somme de chroniques musicales et un journal intime partagé entre fiction et biographie, Bénard se fait le témoin d'une génération de jeunes français pour qui la musique comptait (et compte encore, malgré les années) plus que tout. Des gamins de province, qui devinrent adultes sous Giscard et Mitterrand, pour qui la musique des années 70/80 ne se résumait pas à Vanessa Paradis, Telephone et Lavilliers, mais emprunte les chemins tortueux du rock progressif et psychédélique (le early Genesis, Pink Floyd), la pop (les incunables Beatles, David Bowie), le rock (Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Rory Gallagher, Neil Young, Bruce Springsteen) pour finalement se retrouver cul par dessus tête, tous les repères chamboulés par l'explosion punk et l'arrivée de la new wave (The Stranglers, The Clash, The Sound, Joy Division, Magazine, Opposition, Siouxies & The Banshees et bien sûr, le groupe ultime, The Cure !)
Chroniques Frénétiques, une histoire intime du rock c'est donc l'histoire d'un petit Français des années 80 qui voit plus loin que le petit bout de Bourgogne dans lequel il marine (Auxerre, l'Yonne, c'est dire la distance...avec Londres et Berlin, même si Paris n'est pas si loin). Hadrien, le jeune homme timide double de l'auteur, chroniqueur à ses heures, deviendra au fil des pages et des découvertes musicales, un homme, un salarié, un amant, puis un "autre homme", représentant forcément schizophrène d'un petit morceau de l'histoire vue de la province, pris dans la tourmente d'évènement plus grands (l'élection de Mitterrand, la chute du mur, etc.). Ce livre, c'est l'histoire d'une génération amnésique, celle de la new wave, qu'on décrivait alors comme grise même si elle était pourtant bien trop créative (et bien vivace à l'heure où vous lisez ces lignes) pour seulement correspondre à ce cliché éculé. Une histoire, intime donc, dans laquelle de nombreux lecteurs désormais quadra et toujours en province (ou pas) se reconnaitront certainement.
Patrick Bénard - Chroniques Frénétiques, une histoire intime du rock chez The BookEdition Animal Collective, la vidéo d'In The Flowers et un nouvel EP !
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S'il est bien des rejetons déjetés du psychédélisme en 2009, 30 ans après son explosion originelle, c'est certainement Animal Collective.
On a beau s'être battu bec et ongles pour leur trouver tous les défauts, penser que tout avait été dis depuis le Oar de Skipe Spence (voir notre billet à propos de sa reprise par Beck), les délires de Syd Barrett, ceux de Captain Beefheart, du early Pink Floyd, des Seeds, de Love, du 13th Floor Elevators, des premiers Mercury Rev et de Sebadoh, de Julian Cope, des Flaming Lips et avant eux de l'Odessey And Oracle de The Zombies ou du Present Tense de Sagitarius, j'en passe et j'en oublie (volontairement, la liste serait trop longue). C'est une évidence, on ne peut vivre éternellement dans le passé et force est de constater que malgré une légère tendance à surestimer les capacités du groupe new yorkais, plus Animal Collective vieillit et plus leurs productions nous enchantent.
Le psychédélisme n'est pas mort, est osons le dire, c'est en partie (je précise "en partie", eu égards aux yalatolas du genre !) grâce à des groupes comme celui d'Avey Tar et Panda Bear, eux qui surent si bien mixer sur leur derniers albums, technologie électronique et tribalisme, répétitions et mélodies, évanescence et dérèglement des sens, bref, qui atteignent régulièrement la transcendance avec un naturel déconcertant.
C'est encore une fois le cas sur "In The Flowers", ouverture de l'album Merriweather Post Pavilion, pure perle pop enchantée qu'accompagne une vidéo hypnotique et sévèrement barrée que ne renierait pas David Lynch. Une manière sans doute pour le collectif de Baltimore de clore le chapitre de ce dernier album et d'ouvrir celui de la suite, avec entre autre l'annonce de la sortie imminente du prochain EP Fall Be Kind dont nous profitons pour vous dévoiler ici le tracklisting et le premier titre : "Graze" (en attendant le "film" de cette équipe de fous furieux).
Le clip de "In The Flowers" est réalisé par Abigail Portner, sœur de Dave Portner, aka "Avey Tare".
Tracklist de Fall Be Kind : Parution le 14 décembre 2009 Myspace Charts, le top anti-hype ?
Enfin hype pour les utilisateurs de Myspace, qui en 2009 sont qui, exactement ? Des vieux pervers, des spambots et quelques musiciens ringards. Pas vraiment l'élite des influenceurs : pour ça, on se tournera plutôt vers The Hype Machine et Twitter.
Y-a-t-il tout de même quelque chose à apprendre des charts de Myspace ? En ce moment, le top ressemble à ça :
Selah Sue Joyce Johnathan
Deux chanteuses à guitare acoustiques taillées pour cartonner à Taratata, deux groupes branchés, un ex de la Nouvelle Star. Bref, ça ne ressemble pas vraiment au top des ventes. Ca ne ressemble même à rien du tout. Clairement, ça montre surtout quels artistes ont réussi à fédérer un public dévoué, que ce soit à travers les blogs (Grizzly Bear ou The XX), les réseaux sociaux (Joyce Johnathan est une "native" de Myspace et Youtube) ou cette bonne vieille télévision (Thierry Amiel a tout de même réussi un petit exploit en retenant l'attention d'un public à la mémoire pourtant particulièrement courte. On n'a du mal à expliquer qui peut avoir envie d'écouter Selah Sue).
Bref, pour le coup, Myspace est à la hauteur de sa réputation démocratique : c'est la passion des fans qui fait s'élever les groupes sur les plus hautes marches de ce podium. Peu importe que vous ayez été "découvert sur Myspace", ce classement donne une bonne idée de la communauté qui vous soutient. Si vous êtes en haut, ça veut probablement dire que vous avez un vrai public et pas seulement une hype médiatique qui va retomber comme un soufflet dans un mois. Skip Spence repris par Beck, Wilco, Feist et Jamie LiddellBeck poursuit son travail d'hommage au sein du Record Club en décidant de reprendre l'immense – et malheureusement oublié – Alexander Spence, plus connu sous le pseudonyme de "Skip", auteur du vénéneux Oar, un album de folk à la noirceur incandescente (si c'est possible !). Un sommet du genre enregistré en 1969.
Eels s'enfonce
Maintenant nous avons à nous mettre sous la dent un premier extrait du prochain album offert contre une adresse e-mail (mais que font-ils de nos adresses e-mail, tous ces artistes qui nous offrent leurs mp3 ?) : "Little Bird" est une ballade fragile chantée par un homme blessé qui kiffe s'apitoyer sur son sort. Bref, c'est à peu près la même chanson que toutes les autres chansons d'Eels et, encore une fois, on s'en doutait au titre, qui est le troisième de la discographie du groupe avec "bird" dans le titre.
Il arrive toujours un moment dans la carrière d'un artiste ou on a envie de lui dire d'arrêter de se plaindre, qu'il a de la chance de pouvoir vivre de son art et qu'il est trop vieux pour chanter des complaintes d'ado émo. Ca, pour Eels, malheureusement, c'était il y a un ou deux albums. Aujourd'hui, on a à nouveau envie de plaindre Mark Oliver Everett, mais surtout parce qu'on n'a plus envie de l'écouter. Flairs, graphisme 8 bit et humour de camionneur![]()
Il y a deux clips que l'on attend avec impatience à Flu'. Le premier est celui de DJ Hell (feat. Bryan Ferry) pour "U Can Dance", qui tarde à venir (janvier 2010 tout de même !) même si son teaser est visible un peu partout sur le net. Le second, et non des moindres, c'est celui annoncé de longue date, du "Truckers Delight" de Flairs !
Oui, Flairs, le "mighty Flairs", celui qui joue de la basse MIEUX que Prince, qui fait MIEUX l'amour que le nain de Minneapolis, qui chante MIEUX et mange PLUS de trucs que lui (!). Celui aussi, qui "se balade à L.A. dans sa bagnole en cherchant à se faire des amis un flingue à la main". Celui, pour finir, qui aime triturer de bonnes grosses "hairy balls", bref, notre pote le camionneur de l'electro routière, Flairs quoi ! Et ce clip, "Truckers Delight", un morceau instrumental qui a fait le tour des blogs dès sa parution, face B de "Better Than Prince", repris et playlisté par de nombreux DJ (Soulwax, Justice, Pete Tong), est désormais visible - et même déjà censuré par youtube (mais pas sur Playlist) !
Il faut dire que le gars et son équipe de graphiste n'y vont pas de main morte. S'inspirant sans vergogne du Duel de Steven Spielberg en le mélangeant avec Faster Pussycat Kill Kill de Russ Meyer, Les Fous du Volant (souvenez-vous, Satanas et Diabolo, hihihihohoho !!), y ajoutant les outrances d'un pervers otaku fan de manga Hentai et les délires les plus machistes d'un amateur de porno allemand sous viagra, le tout rendu dans un trip graphique de vidéo game typé 8 bits pour platines Sega, "Truckers Delight" fera hurler de rire les plus décomplexés d'entre vous, autant qu'il dérangera par son jusqu'au-boutisme (si si, vous verrez vous aussi à la fin), et bien... les plus décomplexés d'entre vous !
Reste que ce morceau est un tour de force. D'abord, c'est celui qui lança Flairs et son personnage, bien avant le single "Better Than Prince", ensuite c'est le seul entièrement instrumental de l'excellent album Sweat Symphony dont nous célébrions les mérites il y a quelques mois. Pour être anecdotique sur le dit album, il retrouve ici une seconde vie grâce à l'imagination débordante d'une équipe de graphiste fous furieux et d'une paire de remixeurs... hors pairs ! En l'occurrence, Alex Gopher et Alixander III en vacances de son duo Azari & III, réinterprétant tous les deux, cet hymne pour camioneur en manque d'amour.
Chapeau Flairs, tu as encore frappé, et pour un coup, c'est un coup bas ! ;)
Charlotte Gainsbourg et Beck ont un bon clip pour ''Heaven Can Wait''L'album de Charlotte Gainsbourg et Beck qui sort le 7 décembre s'appellera IRM, ce qui n'est pas très logique puisque l'album est en anglais et qu'en anglais, on dit "MRI". Ce n'est pas très grave, de toute façon, parce que ça s'annonce plutôt mauvais : le premier extrait, qui s'appellait lui aussi "IRM" était sans intéret, le nouveau, "Heaven Can Wait", imite passablement Feist qui imite Spoon. Il ne fallait pas en attendre plus de la collaboration entre un type qui sort d'une décennie léthargique et d'une actrice française, condamnée dès le départ par sa condition.
A ce tarif, on doit plutôt être reconnaissant de tirer de tout ça UNE très bonne chose : un clip réalisé par un certain Keith Schofield, auteur du clip du remix de Let Love Rule par Justice, qui s'amuse ici à accumuler les plans absurdes rigolos. Bien sûr on peut y voir un plagiat du travail de Spike Jonze dans les années 1990 mais il y a un moment où il faut arrêter d'être critique et jouir un peu du peu que le monde a à nous donner.
''Cousins'', le premier clip du nouvel album de Vampire WeekendLes Vampire Weekend nous prouvent une fois de plus qu’ils savent maintenir leurs fans en haleine avant la sortie de leur 2ème album, Contra, le 12 janvier prochain. Après avoir diffusé sur leur site internet un compte à rebours qui annonçait la mise en ligne de leur premier single, l’excellent "Horchata", les New Yorkais preppy viennent de sortir un clip réalisé pour leur deuxième single, "Cousins". Derrière la caméra, on retrouve le jeune réalisateur anglais Garth Jennings, à qui l’on doit notamment le clip de "Coffee & TV" de Blur (vous savez, le périple de la brique de lait à la recherche d’un Graham Coxon porté disparu). Devant la caméra, les 4 garçons s’en donnent à cœur joie tandis qu’ils sont filmés d’avant en arrière dans une rue étroite par des mouvements de caméra rapides qui collent parfaitement à l’énergie punk du morceau. Vivement la suite.
Bob Dylan fait son clip de NoëlCela faisait une dizaine d'années que Bob Dylan n'était pas apparu dans l'un de ses clips, voire qu'il ne faisait pas de clips du tout. C'est chose faite pour ce mini-non-événement de saison : Dylan tient le premier rôle dans cette vidéo de Must Be Santa, l'un des morceaux et le "single" de son album de Noël. Il s'habille presque en Père Noël (un chapeau) et déambule dans une fiesta en bois massif. Le résultat est évidemment assez surprenant, tant sur le plan cinématographique (réalisation Nash Edgerton) que sur le plan musical où la chanson mélange les traditions de Noël et festives des cultures nordiques, saxonnes avec un brin de culture juive. Pour ceux qui aiment les détails, Nash Edgerton est le frère du réalisateur plus connu Joel Edgerton. Nash, auteur d'un unique film, faisait office de doublure d' Ewan Mc Gregor dans son interprétation d'Obi WanKenobi sur la saga Star Wars : Episode 1 - La Menace fantôme prequel. Ca alors ! Cela vous permettra de poser à vos amis fans de Dylan (ou de la Guerre des Etoiles) une belle colle :
- Quel est le rapport entre Dylan et la Guerre des Etoiles ? - Nash Edgerton. (autre réponse plus satirique : ils ont tourné la fin avant le début).
L'album lui-même est tout aussi étonnant. Christmas in the heart regroupe quelques classiques du genre pour un ensemble qu'on peut qualifier, en étant gentil, d'assez... horrible. Pas sûr du moins que les gamins aient intérêt à écouter ces versions de standard par un Dylan nasillard au possible et visiblement artistiquement bourré sur ce coup-là. La meilleure nouvelle, c'est qu'on tient un nouvel ensemble de chansons à fourrer dans nos tops marronniers de fin d'année. Sinon, la pochette est chouette...
Bob Dylan - Must Be Santa
Vladimir Poutine kiffe grave le hip hopOn peut dire ce qu'on veut sur Vladimir Poutine : qu'il n'aime pas trop les journalistes, les Tchétchènes ou les écologistes, mais on ne peut pas dire qu'il n'aime pas le hip hop, pour lequel il a tenu à professer son amour lors de l'emission télévisée russe "Battle For Respect". Il kiffe le "réalisme social" des rappeurs, il trouve que le graffiti ça gère et il admire les break dancers straight edge. Bien sûr, tout ce bel amour n'est pas à sens unique puisque le rappeur invité de l'emmission kiffe Poutine, "une icône, un modèle". Total respect. C'est beau et authentique comme une track de Pierre Sarkozy pour Doc Gyneco.
Dan Treacy a la forme et c'est une bonne nouvelleLa chose ne saute peut-être pas aux yeux pour qui n'a pas suivi la (longue) carrière des Television Personalities mais il y a entre ces deux vidéos, l'enregistrement live à Londres fin septembre du toujours fringant "Three Wishes" (si j'avais trois souhaits/j'en voudrais trois de plus...) et le premier volet d'un remarquable documentaire sur Dan Treacy en 4 parties, un peu plus d'une année et surtout une excellente nouvelle : le retour en bonne forme de Dan Treacy, l'un des songwriters les plus doués et remarquables de ces 30 dernières années.
Depuis son retour officiel en 2006 (l'album My Dark Places), avec son collègue Ed Ball d'abord puis sans, Dan Treacy a alterné les bonnes et les mauvaises phases, comme c'est plus ou moins le cas depuis ses débuts. L'homme souffre depuis toujours de "désordres mentaux" qui l'ont fait disparaître pendant près de 10 ans, perdu dans une addiction au krach redoutable, des séjours en institution et un emprisonnement de 6 mois sur une prison-péniche, en bout de course (pour des vols et agressions) qui lui aurait sauvé la vie.
Aujourd'hui, Treacy joue à nouveau. On l'avait vu bourré en 2006-2007 et en assez piteux état vocal. Il était venu récemment en France pour un concert assez moyen (et brouillon) en janvier 2009 à la Flèche d'or. Il a enchaîné plusieurs dates dans des salles miteuses de Londres (3 ou 4 livres l'entrée dans des pubs, des mini-boîtes, des fish'n'chips presque) et s'apprête à faire un petit tour d'Espagne qui devrait l'amener dans les derniers jours de décembre, à Toulouse, où on ne peut que recommander aux fans et aux autres de se presser. Treacy est en voix, tient debout et chante plutôt juste. Ses textes sont toujours incroyablement bons, truffés de références pop ou littéraires, faisant de lui la dernière merveille souterraine de la pop music, une sorte de chaînon manquant entre The Fall (pour la déglingue, l'origine populaire, la gouaille), The Smiths (pour la qualité des textes, les références, la classe british) et Daniel Johnston (pour la légèreté, le caractère naïf et fragile des chansons). Au top 50 des chanteurs les plus fous, Treacy gagne à tous les coups, mais il figure aussi en très haute position sur la liste des types qui savent que composer une pop song est un boulot à temps plein.
Savoir que ce type là est revenu à son meilleur niveau (comme on dit en sport) et pourrait tout aussi bien mourir demain, fais partie des excellentes nouvelles de cette fin d'année. La meilleure peut-être.
Television Personalities - Three Wishes (Live London 30 septembre 2009) Television Personalities - Documentary (Part 1)
Washed Out : Îles flottantes
Alors que le genre néo baléaric semble souffler toujours un peu plus son air tiède sur l'hiver, gageons d'entrée de jeu que nous allons bientôt entendre parler un peu partout de Washed Out (si si, tapez ce nom dans Google !), projet d'Ernest Greene, un jeune américain originaire de Caroline du Sud et vivant actuellement à Macon en Georgie (patrie de l'excellent écrivain Harry Crew).
A l'écoute de son premier EP, Life of Leisure, et des vidéos qui l'accompagnent, il semblerait qu'Ernest ait trouvé là le paradis sur terre. Sa musique, mélange de pop shoegazeuse et de disco lo-fi, s'inscrit irrémédiablement dans le genre néo baléaric, mais cela ne semble pas être une volonté affirmée de la part de son créateur.
La recette du son Washed Out c'est en constant décalage. Des morceaux qui semblent tous composés de couches dépareillées et mal calées, donnant à l'ensemble l'impression d'écouter Cocteau Twins jouant une samba impromptue à la radio ou d'entendre My Bloody Valentine céder à l'hédonisme disco (les saturations en moins) la tête sous l'eau. Solaire, lumineuse, mais aussi brumeuse à cause de la proximité de l'océan, Greene fabrique une pure musique sudiste, et Life of Leisure est un petit bonheur languide que l'on ne veut pas voir s'arrêter et qui nous donne envie d'en écouter plus !
Alors, à quand l'album ??
Pourquoi tout le monde parle du SOS de Diams ?La sortie du nouvel album de Diam's est un événement médiatique autant que musical. Un retour réussi, pour la rappeuse, expliqué en 5 points.
1. Parce que c'est une femme et qu'une femme qui rappe, en France, c'est inhabituel On peut aligner les noms et tester ça autour de soi. Il est à parier que Diams est la seule rappeuse française connue du grand public. Qui connaît Princess Anies, Bam's, Casey, Sté ou Lady Laistee ? Si on parle de Diam's, c'est parce que "les gens" et les jeunes en particulier préfèrent généralement les chanteuses aux chanteurs (voir la Star Ac et autres nouvelles stars) et que Diams est la seule chanteuse du genre sortie du néant des musiques urbaines.
2. Parce que ça change de Joey Starr : aussi Dans un univers de blanchettes où le rap reste associé aux bad boys, aux blacks à chaîne, aux bagouzes, et aux cités, l'assez peu féminin de Diams offre une alternative séduisante qui officie quelque part entre Grand Corps Malade (une telle fille ne peut pas faire de mal) et Mc Solaar (le côté délicat). Diams, et cela devrait s'amplifier, présente une image morale du rap qui gagne pas à pas du terrain avec les années. La face émergée du mouvement avec le glissement progressif du NTM via Kool Shen vers des positions plus responsables est désormais sous dominante daisy age, relatif, mais daisy age tout de même.
3. Parce qu'elle a soi-disant viré islam radical
4. Parce qu'elle ne parle pas On n'y revient pas. Le refus de s'exprimer reste dans notre société le moyen le plus sûr de faire causer de soi. On dit : bien joué. Le discours : "je ne parle plus aux médias parce que j'ai trop donné et souffert avant, je cherche à me protéger" rappelle évidemment la rhétorique sarkozyste. C'est assez amusant, paradoxal et évident. Les victimes sont des victimes parce qu'elles sont les meilleures coupables.
5. Parce que son album est bon
L'album lui-même embarque plusieurs chansons impeccables comme le "Mélanie" d'ouverture où Diams dialogue avec son inspiration (très bon), l'introspectif "I Am Somebody" (bien mieux que le single au demeurant). "Dans le noir" ou "Coeur de bombe" font également mouche dans des registres différents. D'une manière générale, Diams se donne ici à "coeur ouvert" comme on dit, revenant sur une période difficile de sa vie, faite de déceptions, de doutes et de souffrances. Ces moments là font généralement de bons disques : ce qui est le cas ici. On pourra évidemment épingler ces sempiternels mêmes défauts du rap français : des titres sans épaisseur ou aux textes lourdement démonstratifs comme "L'honneur d'un peuple" ou "Rose de bitume". L'un dans l'autre, Diams confirme qu'elle est une artiste majeure de cette scène-là. Elle a des choses à dire et les crache plutôt bien. Si nous vivions dans un monde parfait, on ne retiendrait évidemment que ça.
Diams - X Factor - les Enfants du désert
Joss Stone fait n'importe quoiOn avait, avouons-le, totalement oublié l'existence de Joss Stone. Au début de la décennie, autant dire il y a une éternité, elle était la première des chanteuses anglaises rétro à voix, longtemps avant qu'Amy Winehouse ne débarque dans le jeu avec sa stratégie de la terre brûlée.
Joss Stone, donc, son truc c'était la soul américaine. Elle se prenait pour Aretha. Et elle n'a pas arrêté. Il lui faut du R.E.S.P.E.C.T. parce que contrairement à toutes les Duffy et Adele du royaume, elle c'est une "authentique". Elle a donc enregistré en 2008 un album intitulé Colour Me Free, un album plus "libre" que les précédents, enregistré live en une semaine avec de vieux pros du funk de studio. Le résultat, sans être si dingue que ça, n'est pas désagréable à l'oreille, mais EMI n'avait pas envie de vendre Stone comme ça et a trainé des pieds pour sortir l'album. Pendant plus d'un an, Stone a lutté, allant jusqu'à offrir publiquement deux millions de livres pour racheter son contrat et pouvoir sortir l'album. Finalement celui-ci est bien sorti chez EMI il y a un mois, se vendant pas trop mal, mais Joss Stone a toujours autant envie de regagner sa liberté. Ce qui explique surement ce nouveau clip terroriste rigolo qui nous plaît beaucoup :
Gossip a explosé le public du Bataclan... les vidéos...façon pop corn ! Le groupe de Beth Ditto était en concert dimanche soir au Bataclan et remet ça les 16 et 17 novembre. On y était et on vous a ramené des vidéos.
Passage en revue efficace, et on pourrait dire sans surprise (connaissez-vous quelqu'un qui a pu vous dire du mal de ce groupe en live ?) des deux albums de Gossip : Standing In The Way Of Control et le petit dernier Music For Men. Beth Ditto, toujours plus en forme que jamais, endosse tour à tour les rôles de diva, secouriste (quand elle distribue des bouteilles d'eau) avant de se mettre à l'aise en sous-vêtements. Extravagante au possible, c'est surtout une grande entertaineuse, dont la présence éclipse souvent celle des trois autres musiciens. En avant-goût de ces prochains concerts au Bataclan, 3 titres tournés lors du premier soir : "Dimestore Diamond", "Pop Goes The World" et "2012". On ne vous dévoile pas tout, mais hier pour le dernier morceau... Ditto a tout donné.
Deezer se prend pour SpotifyDeezer vient de lancer une offre "premium" et plutôt que de vous expliquer longuement en quoi elle consiste, on vous reproduit le tableau explicatif de Deezer, puisqu'ils ont payé quelqu'un pour faire ça très bien : ![]()
Bref, avec cette offre Deezer ne parvient pas vraiment à rattraper son retard sur Spotify (qui propose d'ailleurs toujours un catalogue de musique plus étendu) mais la différence entre les deux offres s'est amoindrie, et Deezer peut toujours compter comme atout ses fonctions sociales et, en France du moins, sur une plus grande notoriété. Reste à voir si ça suffira dans un domaine qui est de plus en plus compétitf : après le finalement timide Google Audio, c'est au tour de Niklas Zennstrom et Janus Friis, les créateurs de Skype et de Kazaa, d'annoncer leur service de streaming gratuit. "Rdio" devrait être lancé l'an prochain, et mis à part le fait qu'il ne proposerait aucune offre gratuite, on ignore encore en quoi il se distinguera mais avec le CV de ces types, on peut s'attendre à quelques bonnes surprises. |
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