Jacno : Disparition d'un (éternellement) jeune homme chic
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Jacno est mort hier, des suites d'un cancer.
Triste nouvelle, surtout après la mort de Bashung, un artiste avec qui Denis Quilliard (pour l'état civil) partageait de nombreux points communs, obsessions et addictions. Bon vivant à sa façon torturée, Jacno ne faisait pas partie des frileux qui renonçaient à ce qui faisait son personnage et son art. Personnage discret par nécessité, Jacno était de ces artistes avant-gardiste, constamment tiraillé entre les contradictions, résultat d'une vie passé à surfer sur les extrêmes, entre punk rock et pop, synthétiseurs et guitares, Gauloise et pinard, Elli & Jacno.
Jacno était surtout un esthète, de ceux qui font de leur vie, même bancale, une oeuvre d'art. Pionnier de la première vague punk, il fonde les Stinky Toys en 1976, aux côtés d'Elli Medeiros. 1976 ! Rendez-vous compte ! Dans la France de Giscard ! En 1979, il sort Jacno, un mini-album six titres dont on pourrait dire à postériori qu'il est emblématique de toute une époque. Croisement des " Novö Visions " d'Yves Adrien et des sorties de " Nightclubbing " d'Alain Pacadis. Partagé entre la pop autoroutière de Kraftwerk et les comptines électroniques d'un Jean-Jacques Perrey, Jacno, l'album, et surtout " Rectangle " morceau ligne claire par excellence, annonce la new wave avec 2 ans d'avance.
Contrairement à ce que son invisibilité laissait croire, Jacno fut très occupé de la séparation des Stinky Toys à aujourd'hui. Quand son duo avec Elli prend fin, il travail en solo (7 albums au compteur) ou avec de nombreuses figures de la chanson française, en tant que musicien ou producteur. Toujours classieuses, ces collaborations vont de Daho à Lio, en passant par Françoise Hardy, l'égérie 80 Pauline Lafont, Mathématiques Modernes, Daniel Darc, Les Valentins et Jacques Higelin. L'ex miss France, Mareva Galanter fut sa dernière égérie, juste avant que le crabe ne le ronge jusqu'aux os (qu'il avait fins). Son dernier album, Tant de Temps, date de 2006.
Avec la disparition de Jacno, dandy nucléaire, c'est toute la génération novö qui est aujourd'hui en deuil, celle d'Etienne Daho, des Rita Mitsouko, d'Yves Adrien, du Palace et du Rose Bonbon... Le dernier des jeune homme chic, celui pour qui Jean Charles de Castelbajac avait dessiné un costume de scène en 1985, s'en est allé.
Morrissey : la tragicomédie continueMorrissey - Liverpool Arena La tragicomédie Morrissey continue et le suspense demeure quant à la réalité des shows français programmés la semaine prochaine, à Lille et Paris. Après un malaise à Swindon, un retour en fanfare sur la scène fétiche du Royal Albert Hall, Morrissey qu'on disait en petite forme a encore fait parler de lui à Liverpool où il se produisait hier soir. Après une entame de concert incisive ("This Charming Man"), Morrissey a été "frappé", semble-t-il, mollement par le jet d'une canette de bière en provenance des premiers rangs au cours du second titre "Black Cloud". Une main sur le crâne, quelques secondes d'interrogation et le chanteur sanctionne les 9000 personnes présentes d'un "Goodbye" solennel et quitte la scène avec ses musiciens. Il ne reviendra pas. Les forums du site de référence se déchaînent et les plus fidèles supporters commencent à marquer leur agacement. "Morrissey est-il fini ?", "est-ce la tournée de trop ?". A côté des habituelles critiques pointues sur la composition de la setlist, sur les chutes de forme du chanteur, on assiste en ce moment à un débat de fond sur la capacité de l'ancien chanteur des The Smiths à mener à bien cette tournée volontairement maousse et, plus globalement, à donner une suite à sa carrière. Réponse les 11 et 12 novembre dans l'Hexagone, peut-être.... Comme beaucoup de fans historiques, on veut encore croire au miracle. Los Campesinos! jouent les funambulesLe troisième album de Los Campesinos ne sortira que le 1er février 2010, soit quinze mois après le second, We Are Beautiful, We Are Doomed et vingt-trois après le premier Hold On Now Youngster.... Ils ont doublé leur délai inter-album. Sauf qu'ils ont fini d'enregistrer Romance Is Boring en juin dernier, et que le ralentissement n'est qu'une illusion bien pratique pour un groupe pour lequel le plus fort danger est la surexposition.
Si vous détestez déjà Los Campesinos! ça n'y changera bien sûr rien mais les membres du groupe sont visiblement assez malins pour savoir que leur mélange d'indie-pop hyperactive, de paroles ultra détaillées et d'une poignée d'autres éléments qui méritent tout autant de superlatifs à double tranchant pourraient provoquer une overdose chez le plus fervent de leur fans. Le groupe est prudent, donc, et ça s'entend dans "The Sea Is A Good Place To Think About The Future", l'excellent extrait de l'album qu'ils ont révélé en premier : c'est toujours aussi affecté, surtout dans la façon dont le chanteur Gareth Campesino tente de faire rentrer ses paroles trop détaillées dans une mélodie qui a du mal à en supporter autant, mais c'est carrément moins acidulé, puisqu'il est question d'une histoire d'amour mal barrée avec une anorexique et que le refrain en choeur, la signature du groupe, se retrouve réduit au strict minimum pour ne pas gêcher l'atmosphère relativement aride de la chanson.
Le groupe a cependant bien du mal à se retenir, puisqu'il a déjà filmé un deuxième clip pour un autre extrait de l'album, "There Are Listed Buildings". A ce rythme là on aura un clip pour la moitié des chansons de l'album avant sa sortie. Cette deuxième chanson voit le groupe retrouver le son de son premier album : guitare + violon + glockenspiel + choeurs montés sur ressort pendant toute la chanson, comme si le groupe ne s'était jamais rendu compte qu'il avait trop de membres pour qu'ils jouent tous toujours en même temps. Heureusement on reste toujours du bon côté de la frontière qui sépare la musique de la cacophonie, mais si ces deux premiers extraits sont plutôt très bons, on ne peut s'empêcher d'avoir peur pour Los Campesinos! A jouer les funambules sur la limite entre réussite et catastrophe, ils nous tiennent en haleine mais c'est au moins en partie à cause de notre côté voyeur qui n'attend qu'une chose : les voir tomber.
Les prénoms les plus cités dans la musique depuis 1891Des stats au graphisme ! C'est avec cette devise que Dorothy transforme les chiffres en visuels sur son site Very Small Array. Dans sa dernière création, elle a compilé les prénoms régulièrement cités dans les paroles des titres les plus populaires depuis 1891. Le résultat c'est une frise chronologique de plusieurs pixels de long réalisée à partir des données du classement Billboard Pop ME.
La graphiste transforme ainsi tout type de données en dessins (cartes, camemberts, courbes) et ce, dans différents domaines. Pour la musique, si vous voulez connaître les labels les plus représentés dans le top titres de Pitchfork en 2008, c'est possible. Ou l'origine géographique des musiciens qui ont classé un de leurs titres en première position des charts de 1950 à 2007 ?
Si vous voulez connaître le post le plus long de l'histoire de ce blog, voire de Flu ? vous y êtes.
![]() En images : Reformations de groupes, les différents modèlesLes années 2000, années des reformations ? Entre les heureuses, les moins heureuses, les improbables, les inutiles... chaque reformation est pourtant unique et répond à un modèle bien précis. Les différents types de reformations, c'est le diapo consacré aux retrouvailles de nos groupes
Sans prétendre à l'exhaustivité, on a passé en revue les 20 reformations les plus significatives de ces dernières années... chacune répondant à une problémqtique bien précise (The Smiths, Take That, Skunk Anansie...)
Voir aussi nos autres diapo : Mark E Smith nous donne des nouvelles de The Fall![]() crédit photos : Visi.com
Enthousiasmé (une fois de plus !), il y a un an par le dernier opus de The Fall, Imperial Wax Solvent, nous attendons patiemment la suite.
Rien ne devrait pourtant plus nous étonner pour ce qui sera le 27 ou 28ème album officiel du groupe de Mark E. Smith (qui est encore capable de faire le compte ?), lui qui a tout exploré, de la disco (voir la reprise de "Lost in Music" de Sister Sledge sur The Infotainment Scan) au reggae ("Why Are People Grudgefull ?" de Lee Perry sur le même) en passant bien sûr par le garage rock, la country, le punk, la new wave, l'hymne footbalistique ("Sparta FC", énorme !), la ballade mélancolique, le brûlot politique, l'improvisation, la techno (avec les souris allemandes de Mouse on Mars), le grand n'importe quoi quand ce n'est pas tout ça sur le même album (ou dans le même morceau !).
Bref, The Fall fait partie du patrimoine musical depuis plus de trente ans et les choses ne changeront pas de sitôt pour un groupe qui est "toujours pareil, sans cesse renouvelé, toujours différent" comme le disait le regretté John Peel dont c'était le combo favori.
Reste que la suite des aventures de Mr Mark, signée chez Domino, dont le titre de travail est pour l'instant Our Futur - Your Clutter et qui devrait atterrir dans les bacs en janvier 2010, s'annonce plutôt bien : "Je suis très content du résultat", déclarait Mark E. Smith il y a peu dans Mojo. "La rythmique est putain de bonne, les synthés sont vraiment mis en avant. Il y a une sorte de thème sur l'album, un truc municipal, à propos de ce qui arrive en ce moment, genre "votre futur, nos profits", toute cette merde ! Mais ça tourne au surréalisme à un certain point, ce que j'aime par dessus tout. Nous avons passé trois ou quatre mois en studio, nous avons travaillé dur - tous les grands studios sont fermés désormais, tout le monde pense que l'on peut enregistrer un album dans sa chambre, mais je ne suis pas d'accord, The Fall ne peut pas enregistrer séparément. Cela a donc pris du temps par rapport à nos standards. Et deux de nos ingés sons sont devenus fous, ha ha !"
Parions qu'il s'agira encore d'un grand cru !
Quelques titres ont déjà été joués sur scène dont, "I'm Not From Bury", "Hot Cake", "Cowboy George", "Slippy Floor", "Funnel of Love" (une reprise de Wanda Jackson) et "Chino Splashback"... En avant première sur Playlist, "Hot Cake" en live :
La loi Hadopi, du pain béni pour les terroristes ?
La difficulté du jour vient, selon The Register, des services secrets. Ceux-ci sont en effet sur le point d'obtenir le vote d'une autre loi qui leur permettrait de contrôler encore mieux tout ce qui se passe sur le net. Ce qu'ils craignent, cependant, c'est qu'une loi anti-téléchargement pousse les internautes en masse vers les connexions cryptées. Il existe déjà tout un tas de moyens techniques de devenir invisible aux yeux des autorités, mais peu nombreux sont ceux qui les utilisent. Si leur nombre explosait comme le craignent les services secrets de Sa Majesté, la surveillance du réseau deviendrait impossible.
On a plutôt l'habitude d'entendre l'argument spécieux selon lequel le piratage finance on ne sait trop comment le terrorisme international mais, à en croire les experts, la lutte contre le piratage les aiderait beaucoup plus.
Le pire, c'est qu'ils ont raison : une étude vient de montrer qu'en Suède au moins 500 000 internautes masquent déjà leurs activités sur le web, et la moitié de ceux qui ne le font pas encore, se déclare prête à le faire si une loi comme HADOPI venait à être votée. Franchement, on ne peut que se féliciter que la première loi Hadopi soit si mal fichue, sinon les millions de pirates qui auraient eu besoin de crypter leurs allées et venues sur le web auraient mis en danger la sécurité de la nation et on se serait retrouvé avec des attentats en veux-tu en voilà. Merci Christine Albanel. Martin Carr lâche son Brave CaptainCeux qui ont aimé la brit pop mélodique des Boo Radleys se souviennent sûrement de leur artificier en chef, l'inégalable Martin Carr, réfugié depuis la séparation du (grand) groupe derrière le pseudonyme de Brave Captain.
Il n'est sans doute pas besoin de préciser aux mêmes que les Boo Radleys ont fait partie des groupes estampillés brit pop notoirement sous-estimés et que quelques uns de leurs albums méritaient une autre place que celle que l'histoire leur a accordée (un strapotin trois étages sous Oasis, Blur et Pulp). Si les Boo Radleys faisaient de la si bonne musique, c'est parce que celle-ci était issue à 90% du cerveau chevelu de Martin Carr, lequel après avoir frôlé plusieurs fois les dangers de l'auto-édition (sur le net), avoir tenté tout ce qu'il a pu pour sortir son Brave Captain de l'anonymat, s'est décidé enfin à publier des disques sous son propre nom. L'album de Martin Carr vient de sortir, est disponible chez Sonny Boy Records et s'appelle Ye Gods and Little Fishes.
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Ceux qui s'amuseront à écouter les quelques extraits en ligne sauront qu'on parle ici de "pure pop", un art savant pour lequel Carr peut être considéré comme l'un des grands maîtres de son époque, à côté d'un Paddy Mc Aloon (Prefab Sprout) ou d'un Jimmy Webb dont il assure (ce n'est pas un hasard) la première partie sur quelques uns des concerts anglais. Les deux titres livrés, il y a un an, sur scène, figurent tous les deux sur l'album et sont tout à fait représentatifs de l'univers qui fut celui de Carr et de Brave Captain : des guitares mélodiques, quelques larmes et énormément d'émotion. Pour les curieux, il semble bien que la jeune femme qui officie sur le premier morceau soit l'ex-chanteuse d'Echobelly, Sonia Madan. A vérifier tout de même. En attendant, on peut plonger allègrement sa ligne et remonter quelques uns des petits poissons de Carr, pour une friture pop seul ou entre amis.
Martin Carr - Why Are You Gonna Bring Me All This Rain ? Martin Carr - Orpheus Lament Weezer sont-ils des trolls ?Le Snuggie, c'est un "drap avec des manches" qui est vendu aux USA via des infomercials. La cible du snuggie, c'est tout ceux qui aiment leur confort et n'ont pas peur du ridicule. C'est ce qui en a surement fait le produit dérivé idéal dans la tête de Rivers Cuomo, le leader de Weezer. Le résultat, c'est un infomercial totalement ridicule dans lequel les membres de Weezer ont l'air bien à leur place :
Parce que oui, Weezer se ridiculise constamment, ces derniers temps. Passons sur leurs albums précédents et concentrons-nous sur Raditude, celui qui vient de sortir. D'abord, il s'appelle "raditude". C'est déjà beaucoup. Ensuite, sa pochette, c'est ça :
![]() Et puis il y a les collaborations multiples et improbables : Dr Luke (producteur d'Avril Lavigne et Katy Perry), Lil Wayne ("best rapper alive"), Leighton Meester (actrice de la série Gossip Girl), Chamillionaire (auteur du célèbre "Riding") et Kenny G (le pape de la musique d'ascenceur). Weezer surfe habilement entre ridicule et génie. Parce qu'évidemment Rivers Cuomo rit avec nous. Evidemment ? Cette pochette ne peut pas être prise au sérieux. La collaboration avec Kenny G non plus. Le problème, c'est que ces blagues jettent le discrédit sur les bonnes idées comme la collaboration avec Lil Wayne. Ou pas. Surement que Cuomo joue de nos attentes, lançant plus de balles qu'on ne saurait en rattraper. Il essaye de nous perdre, c'est un truc à la Andy Kaufman, c'est ça ? Peut_être. Le vrai problème, en fait, c'est que ce n'est pas vraiment drôle. Non, attendez, le vrai problème, c'est que la musique est mauvaise. Très mauvaise. Au mieux, elle atteint le statut de médiocre sur les singles. Cuomo peut faire diversion autant qu'il veut, au final on se rendra toujours compte au bout d'un moment qu'il n'a pas écrit de bonne chanson depuis... En a-t-il déjà écrit une seule bonne ? Peut-être que la diversion marche un peu, finalement, parce qu'on n'arrive pas à se souvenir. Une pétition pour sortir la vie nocturne parisienne de son sommeilParis, Paris, ville lumière, ville de café et villes musées. Si la capitale continue à attirer des touristes et des événements culturels (concerts, expositions, festivals), nombreux sont ceux qui ne font font plus la fête à Paris, mais à Berlin ou Londres. Pour alerter le public, les autorités et rattraper le retard de Paris sur les autres capitales européennes, une pétition (Paris, quand la nuit meurt en silence) à été mise en ligne.
Si les auteurs de la pétition soulignent les fermetures administratives régulières (Flèche d'Or, le Batofar, la Miroiterie...), ils expliquent aussi cette situation par un contexte sécuritaire général, qui touche tant Paris que d'autres villes en France. Eric Labbé de My Electro Kitchen explique en détails l'impasse actuelle dans laquelle se trouve Paris et les solutions envisagées pour redorer le blason de sa vie nocturne... lire notre interview.
Le buzz Bad Lieutenant est-il mérité ?Avec un large papier dans Libération, des chroniques par wagon et une présentation royale au festival des Inrockuptibles (retransmise en direct chez Lenoir sur France Inter), le buzz Bad Lieutenant bat son plein cette semaine en France comme si Bernard Sumner, son principal animateur, avait passé les dix dernières années dans une cage (de fer ou dorée au choix) et revenait nous prendre par surprise tel un joyau éclatant soudain ressorti de sa gangue (ouah l'image, la honte !). Il se fait étriller un peu partout ailleurs au motif que Sumner tout seul ne fait pas une tête de gondole.
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Le premier album de Bad Lieutenant qui sort cette semaine est à l'image de ce premier single très bien, sorte de prolongement naturel du travail de Sumner avec New Order, ni vraiment mieux ni moins bien, juste très cool à écouter et finalement assez vivifiant. Peter Hook, avec lequel Sumner est sévèrement fâché désormais, a été remplacé par Alex James de Blur qui tient sa place sans plus. La batterie est portée disparue et le(s) titre(s) tout en guitares. "Sink or Swim" est aérien porté par la voix d'un Sumner, qui à force d'être taxée d'impersonnelle et sans cachet, est devenue une vraie signature distinctive. Comment un mec qui n'avait rien ou pas grand chose (un physique à la C. Jérôme, l'air pâlot, une position de 2nd couteau chez Joy Division) en est-il arrivé là ? La question demeure. Qu'est-ce qui a fait que New Order est devenu New Order ? Etait-ce Hook qui faisait la différence ? Etait-ce Sumner qui avait du génie ? Morris ? L'alchimie entre la bande passée la disparition de leur leader ? On pourrait débattre de ces questions pendant des années et ne jamais trouver la réponse. New Order a navigué pendant des décennies sur une ligne fine, entre génie et ridicule parfois. L'électropop du groupe pouvait tutoyer le paradis de l'accessibilité pop ou taquiner l'innommable. La musique de Bad Lieutenant navigue dans les mêmes eaux mais avec bon goût, légère comme l'air et souple comme une liane de bananier. Le buzz autour de Bad Lieutenant est ainsi aussi mérité que les louanges (excessives) pour l'ancien groupe de Sumner (N.O bien sûr, pas le premier qui reste hors catégorie). Le boulot est propre, suffisamment emballant pour se laisser écouter, peut-être un peu morne et manquant de grands titres mais n'est-ce pas ce qu'on a reproché parfois à New Order ? Peut-on bâtir un univers si singulier et sans détacher sans cesse ? "Never Cry Another Tear" porte les textes de Sumner qui sont peu ou prou les mêmes que l'année dernière et l'année d'avant. Il n'a pas faibli (ni pris du poids) en route. Y a-t-il une alchimie qui a disparu avec la dissolution du groupe ? Ce n'est pas sûr. Pas sûr non plus que les réactions de défiance ne viennent pas d'un snobisme mal placé. Bad Lieutenant est vraiment bon.
Bad Lieutenant - Sink or Swim Zevolution : Ze Records Re-Edited![]()
Ze Records, fameux label punk-funk créé à New York par l'anglais Michael Zilkha et le Français Michel Esteban (Z+E = ZE), fête ses trente ans d'existence !
Assurer la pérennité d'une musique aussi dansante que disloquée, telle fut la mission de Zilkha et Esteban, ces deux excentriques label owners, et ce depuis 1981, date de la première parution de ce qui restera comme la marque de fabrique de la structure : les compilations "Mutant Disco". Mais parmi les références proposées, on trouve également les exercices électros primitifs de Suicide, les cabrioles new funk de Kid Creole and The Coconuts, la disco funk de Was (Not Was), les classiques d'Aural Exciters, le pur punk-funk de James Chance (aka James White), le gimmick electro wave de Garçons et les bizarreries ethno punk de la Française Lizzy Mercier Descloux et la pop acidulée de Lio (oui, oui), celles plus rugueuses de son alter ego new yorkais, Cristina, ou encore les premières expériences de Bill Laswell et son groupe Material. Ze faisant en quelque sorte le grand écart entre Mudd Club (haut lieu de la no wave des 80's), Paradise Garage et le Palace parisien. Aujourd'hui, les curieux peuvent se procurer les trois volumes de la fameuse compilation Mutant Disco, vaste panorama qui témoignent de la richesse et de l'ouverture d'esprit d'une époque. C'est sous les highlights de ce label, que se développa le vrai son du New York, celui après lequel court encore aujourd'hui des pointures comme James Murphy ou Morgan Geist.
En écoute :
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Pour plus d'infos, n'hésitez pas à visiter le micro-site Ze-Evolution
Health brise le mur du son au Nouveau CasinoSamedi dernier, c'était Halloween, mais si vous habitiez Paris, il y avait beaucoup plus excitant à faire que de vous badigeonner de faux sang. Le groupe Health était de passage au Nouveau Casino pour la dernière date de leur tournée européenne, et nous y étions pour filmer deux titres. Fatigués les californiens? Ils n'en avaient pas l'air en tout cas. Venus présenter leur deuxième album Get Color, sorti sur l'excellent label Cityslang, les quatre garçons ont livré un show électrique d'un bout à l'autre. Leur son, un mélange de rock noisy, de dance, de shoegaze, est porté pas une voix androgyne qui lui confère une ambiance tout à fait particulière.
Health a l'indéniable qualité (devenue rare) de ne ressembler à aucun groupe, si ce n'est un petit peu à Animal Collective, pour l'aspect tribal de ses percussions. Sur scène, c'est une véritable déflagration, une alternance de bruit pur et de mélodie, portée par des musiciens bondissant, s'agenouillant, transpirant, dans un mouvement perpétuel. 45 minutes de show : ils ne peuvent probablement pas donner beaucoup plus d'eux-mêmes, et ce n'est pas sûr que nos oreilles puissent le faire non plus. Si seulement ils avaient pu éviter de nous souhaiter un "happy halloween", on en aurait presque oublié le jour qu'on était.
Vitalic, moins vital mais tout de même de beaux restes![]()
C'est clair désormais, le trop rare Pascal Arbez, aka Vitalic, ne rééditera pas son exploit de 2001 avec Poney EP. Sa techno dark d'alors, ultra-énergique et tendue, fortement teintée d'electro, n'est plus dans la ligne de mire du Dijonnais. Après près de 15 ans de carrière dans l'électronique, "De l'An-fer to Chicago" comme titrait un de ces CD mix, un passage chez les Munichois de Gigolo et un album remarqué (Ok Cowboy en 2005 chez Different Recordings/Pias), Vitalic se tourne de plus en plus vers les mélodies synthétiques proto-disco et les tracks surcompressés qui font le bonheur d'une certaine french-touch actuelle.
Sur Flashmob, on ne retiendra donc que quelques morceaux, parmi lesquels "Poison Lips", fabuleux moment de mélancolie futuriste comme seule la techno sait nous pondre tous les 2 ans. Vénéneux, comme son titre l'indique ouvertement, "Poison Lips" est certainement le meilleur titre du nouvel album du français. Chanté par Linda Lamb, sa comparse au sein du projet The Silures, le morceau superpose les harmonies vocales psychédéliques langoureuses de l'une et la rythmique disco "moroderesque" de l'autre avec le même bonheur. Un track entêtant, à la fois classe et nostalgique, qui s'inscrit rapidement dans les esprits et risque de devenir aussi emblématique que le fameux "Poney Part.1" qui fit les beaux jours d'International Deejay Gigolo.
Quant à sa vidéo sous influence Millennium Mambo (remember Shu Qi, aah), elle symbolise à elle seule toute la mélancolie inhérente à la techno depuis ses débuts à Detroit, spleen et futurisme glacé, inextricablement mêlé...
Fluctuat arrive sur l'iPhone
Cette application plaira à ceux qui veulent, en un coup d'oeil, avoir un aperçu de l'actu culturelle à chaud : news du blog musique avec les dernières découvertes, les sorties d'albums et encore plus. Musique, mais pas que, puisque vous pourrez aussi retrouver l'actu en ciné, livres et société.
En plus de la saine lecture, Fluctuat propose aussi un zapping télé à ceux qui ne la regardent pas. En deux minutes et à portée d'iPhone, le zapping de Flu, c'est l'outil idéal pour capter ce qui secoue l'écran cathodique et vos collègues à la machine à café. A voir aussi, nos diaporamas : Les personnages des Simpson et leurs petits secrets, Les gestuelles de guitariste les plus drôles, Les cinéastes les plus barrés ou Les tombes de stars.
Enfin, après en avoir eu pour vos yeux, soignez vos oreilles avec nos radios thématiques (Radio Pop Rock, Radio Electro, Radio Reggae...). Derniers arrivages : The Drums, Django Django, Health, Fuck Buttons, Yacht, Antipop Consortium, Julian Casablancas...
Votez pour l'appli de Flu et donner votre sentiment sur I-tunes ou ci-dessous dans les commentaires, nous sommes à votre écoute pour améliorer le service Bob Dylan bien samplé
Naturellement on se méfie de ce genre d'hagiographie d'icônes qui, depuis longtemps, enrichissent plus les vendeurs de t-shirts que nos esprits mais pour le coup, celles-là présentent l'avantage d'être avant tout musicalement irréprochables. Sampler Bob Marley et Fela bien sûr, ça n'a rien d'inédit, mais Dylan a bien plus rarement la faveur des DJ et c'est donc son chapitre qui nous intéresse le plus. J.Period a eu l'intelligence de donner une patine vieillote à ses beats qui se marrient du coup très bien avec le grain des samples de Dylan. K'NAAN n'arrive bien sûr pas à la cheville de son sujet mais s'en sort très bien quand il se cantonne au rôle d'animateur et ne va pas chercher Dylan sur le terrain de la poésie. A notre connaissance, le résultat est le meilleur jamais obtenu par la rencontre de Dylan et du hip hop, mais bien sûr ça n'est pas très difficile.
Pour preuve, jetez une oreille sur ce Don't Think Twice. It's alright.
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