L'excellent label City Center Office semble s'être fixé pour mission sacrée de rééditer l'intégrale de l'oeuvre de David Moufang, grand pionnier de l'ambient electronic et de l'IDM des origines ("lntelligent Dance Music", comme on disait au début des années 90). Personnage clé de l'ambiant et de l'ambiant electronica David Moufang est aussi connu pour ses nombreux prorets réalisés sous divers pseudonymes comme Deep Space Network, Earth to Infinity, Reagenz, Koolfang et bien sûr, ceux qui nous occupent ici, Conjoint et Move D. Influencé par l'early électro de Kraftwerk ou le psychédélisme de Pink Floyd, Moufang officie sur plusieurs label (il est même co-fondateur d'au moins la moitié) tels FAX, Instinct, Reflective, Source, Rising High, Beyond, Elektrolux, Astralwerks ou Warp. Malgré sa discrétion, ce personnage incontournable est à l'origine de plus de 24 albums sous divers pseudos, d'une centaine de E.P. et d'autant de remixes.
De 1993 à aujourd'hui, il inscrit son oeuvre dans le mouvement Chill out des 90's, mais explore également l'ambiant techno, le jazz électronique, l'electronica downtempo. Dans cette perspective, ces rééditions sont à la fois une bonne initiative et l'occasion de constater à quel point tout cela à (parfois)
bien vieillit.
En effet, lorsqu'il s'agit du click'n'jazz ambiant de Conjoint où il s'accompagne de Karl Berger, Jamie Hodge et Ghunter Ruit Kraus, on se dit qu'il s'agit là d'une vraie réussite. Le genre d'album intemporelle, flirtant aussi bien avec l'avant-garde du jazz symbolisé par Ornette Coleman, Don Cherry ou Lee Konitz, que répondant aux expérimentations minimales actuelles de Richie Hawtin, Pole ou Vladislav Delay. A Few Empty Chair et sa production à la fois électronique et organique est une véritable source de jouvence, particulièrement en matière de jazz et montre ce que ce genre peut devenir quand il sort de son carcan de clichés empesés.
Pour ce qui est de Kunststoff, qu'il signe sous le pseudonyme Move D, la pertinence est moins certaine. Bien sûr, il y a les envolés électronica qui parsème l'album. Des moments magiques comme sur "Soap Bubbles" ou l'électro gentillette sous influence Detroit s'emballe soudain et vire à l'electronica façon Plaid ou Aphex Twin, mais dans l'ensemble, les sons comme les compositions sonnent irrémédiablement datées.
Alors on se dit, "Ok, tout cela fait parti de l'histoire des musiques électroniques et le temps de la maturité est venue", mais tout de même, à choisir entre les deux, je vous conseille sans hésiter le Conjoint, une perle. Quant à Kunststoff, les curieux et les archivistes peuvent toujours jeter une oreille sur le profile myspace du bonhomme, il parle de futur, mais d'un futur vu il y a 10 ans...
Conjoint - A Few Empty Chair (Büro/City Center Office/La Baleine)
Move D - Kunststoff (City Center Office/La Baleine)
De Bishop, posté le 15.12.06 à 19:43 
Moi je dis...stop! laisse le temps à tes lecteurs de rebondir et de suivre Maxence!
De Maxence, posté le 16.12.06 à 14:21 
Hé bin comme ça vous vivez au rythme de l'actualité (enfin même pas en fait... il y a tellement de trucs !)