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Air Wick/Weak Symphony In the Poche Pocket

Posté par Myosotis le 20.03.07 à 10:12 | tags : électro

Etriller ce quatrième album studio du duo versaillais est tâche aisée tant cet album prête facilement le flan à la critique : minimaliste musical, vocaux maison assez insupportables (à l'image du single "Once Upon A Time"), ambition symphonique qui, même de poche, est assez risible, refus des effets faciles et utilisation de vieux instruments japonais en vitrine, à côté de quelques chanteurs amis de la famille. Lorsqu'on sait que l'album a été composé parallèlement au travail des Air sur l'album de Charlotte Gainsbourg, on a tout dit. A la première écoute, la symphonie de poche est ennuyeuse, tendance horripilante : "Once Upon A Time" est indigeste, "Space Maker" endort , "RedHead Girl" guère meilleur. Le tout qui entend capter "l'essence de Air", dixit Godin, capte en réalité une sorte de belle bulle d'air chic, entre ambient et musique de chambre, qui, privée du glamour chic de Sofia Coppola et de ses images planantes perd un peu de son sens. Air porte bien son nom et s'enferre dans un son lisse, tendu entre la musique d'ascenseur japonaise et le minimalisme d'un Glass de supermarchés. Voilà pour la 1ère impression.

Mais malheureusement pour nous (et si on persévère), on est vite pris à notre propre piège et rattrapé par l'évidence pop des mélodies de Air. Le single aussi mauvais qu'il soit reste en tête bien après qu'on a coupé la chaîne. Le petit riff de guitare acoustique qui égaie le morceau "Left Bank" est assez subtil pour qu'on le remarque, de même que le final "Night Sight" parvient à poser une ambiance nocturne et hypnotique avec deux bouts de ficelle. "Mer du Japon" rame pour imposer son beat guilleret et continue de faire progresser l'album dans notre subconscient et contre notre gré. Plus loin encore, les Versaillais Air réussissent, en plus de tout ça (cette pernicieuse intrication à notre vie de mauvaise musique !) à ressusciter l'espace d'une chanson le Jarvis Cocker qu'on aimait. "One Hell of A Party" est tout simplement la meilleure chanson de Cocker depuis la fin de Pulp, un titre qui aurait pu figurer sans mal sur This Is Hardcore, glaçant et morbide. "Here in the burnt-out husk of the morning / Strung out with nothing left to say", chante Jarvis changé en Prince Noir dont le cafard fout les boules. Même prodige avec le petit Neil Hannon qui envoie un "Somewhere Between Waking and Sleeping" dans la plus grande tradition des torch songs mélancoliques. Les cordes assurent et le résultat est assez bluffant. Le bilan est donc contrasté. L'album n'est pas assez homogène et dense pour installer un climat continu qui aurait assuré la réussite du projet Pocket Symphony. La création d'une ambiance étant le caractère principal selon lequel on mesure le ratage ou le succès d'un album de Air, on peut considérer que le pari est raté : on ne marche pas sur toute la longueur et on ressort trop souvent la tête de la Poche pour être bouleversé. Ecoutée plage par plage ou par séquences enchaînées, la Symphonie ramenée à de plus justes proportions se change en un albuminet propret mais qui a de bons moments. Ce n'est pas ce qu'on demande ou attend d'un grand groupe, mais c'est ce qu'on obtient désormais des princes de la technovariét.

Air, Pocket Symphony (Virgin/EMI)





Commentaires

De Bishop, posté le 20.03.07 à 13:09 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je l'ai écouté qu'une fois et cela m'a suffit, pas remis depuis....et franchement pas l'envie.

De Ska, posté le 22.03.07 à 17:13 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Oui, je serais moi aussi moins indulgent tant les morceaux Space Maker ou Mer du Japon m'insupportent (pour le dernier, on est pas loin du générique de San Ku Kai, enfin le souvenir que j'en ai en tout cas...).
Dommage. Comme si depuis Talkie Walkie, la place accrue des voix et des chansons (qui plus est chantées par Jean-Benoît dont le projet darkel ne m'avait pas beaucoup plu non plus) venaient aseptiser la musique de Air. Le duo, je le préférais bien sûr sur ces deux premiers albums - 10000 Hz Legend, un sommet - ou sur un projet hybride, tel celui, fascinant, avec Barricco. Ici, plus rien n'opère. Le premier morceau fait illusion avec sa basse si reconnaissable. Mais, au final, rien de neuf.
L'album de Charlotte Gainsbourg au moins comportait une part  involontairement (?) mortifère - le fantôme d'un S.G. fantasmé par le duo et l'utilisation de sa fille comme icone - qui en faisait tout le prix. Ici, il n'y a même pas ce trouble. C'est désespérément lisse, terriblement décevant.

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