Springingut : Magical Mystery Tour
Park & Ride étonne vraiment, surtout si on le compare au premier effort d'Andreas Otto, Posten 90, quasiment autoproduit et donc passé à la trappe de l'histoire, ce qui n'est pas plus mal car le disque, sympathique mais anecdotique, n'atteignait pas des sommets. Sommets que côtoie carrément ce Park & Ride sans communes mesures. Tout en relief, en chemins escarpés et en dénivellations soudaines, Andreas Otto se joue avec bonheur des clichés electronica pour accoucher d'un pur album de pop electronique (est-il utile de le redire, il ne s'agit pas là d'électropop!) éclatant comme un premier jour de printemps et ce, dès les premières notes. Sur "Day Off" Andreas Otto montre qu'il est capable d'aligner ses qualités mélodiques sur le meilleur de Schneider TM, To Rococo Rot ou Tarwater, tout en gardant son caractère intrinsèquement électronica (les petits "couac", "glouglou" et autres bruits "idiots" pour emprunter la terminologie de Mouse On Mars). Si le genre est souvent perçu comme frigide et répétitif, Andreas Otto lui, fait dans l'électronique boisée, sans pour autant oublier les brisures et, oserais-je dire, les copeaux. Et quand son post-rock chaleureux et enjoué ("Cousteau") se pare d'éclats de violoncelle, de guitare et de la voix d'une inconnue ("Precastor"), vous pouvez me croire, c'est franchement du bonheur ! Pour la petite histoire, le titre du disque est bel et bien à prendre au pied de la lettre, puisque comme l'annonce Otto sur sa feuille d'infos, une partie de ce disque a été enregistré dans une maison dans la forêt, située à la périphérie de Cologne et une autre en pleine été à Amsterdam. Les titres les plus introspectifs correspondent donc à "Park" et les plus lumineux et vifs, à "Ride". De fait, l'album n'est pas exempt de recoins sombres propices à la mélancolie ("Damokles"), ni d'abstractions (voir "Whistleblow Biker" et "Everything in Focus", deux morceaux liés par un field recording capturé au cours d'une ballade à vélo dans les rues de la capitale néerlandaise). Pour conclure, ajoutons que s'il use autant des ficelles de la pop dite "classique" (instruments analogiques et compositions savantes) que des références de l'école electronica de Warp, Skam, Kitty Yo et consort, Park & Ride, est avant tout un exemple réussi de technologie mise au service de la poésie. Et par delà ces considérations esthétiques plus ou moins fumeuses, une vraie ballade, un périple magique et lumineux. Un excellent disque quoi. Arrivé à ce point de la promenade, est-il utile d'ajouter qu'une petite visite au profil myspace de Springintgut est vivement conseillée ? Springingut - Park & Ride (City Center Office/La Baleine) Commentaires
De personne, posté le 02.05.07 à 11:39
![]() Oui le pseudo est trop bizarre mais quandmeme il est SpringinTgut n'est-ce pas... j'adore ca Ajouter un commentaire |
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