Armchair Apocrypha part avec un sérieux handicap, celui d’être le successeur de l’irréprochable The Mysterious Production Of Eggs. Ce 10e album, c’est un peu le petit dernier d’une famille qui doit faire ses preuves et surpasser l’aîné, qui lui, a tout réussi. Alors le nouvel album d’Andrew Bird sonne indubitablement comme celui sorti en 2005. Moins percutant que son prédécesseur, Armchair Apocrypha ne cesse pourtant de fasciner. On parvient que très facilement à trouver une vertu à chacun des titres : un cisaillement délicat dans l’introduction de "Plasticities", un violon fougueux sur "Herectics".... Armchair Apocrypha impressionne et façonne un espace que seul Bird est capable d’imaginer. Un ciel nocturne, des apparitions sonores, une ménagerie à l’intérieur de laquelle Andrew Bird, l’homme-orchestre, dresse ses instruments. Avec sa silhouette dégingandée, son violon comme fidèle serviteur, Andrew Bird a quelque chose du personnage d’une nouvelle de Roald Dahl. Il a travaillé la plupart des titres de Armchair Apocrypha, seul, en enregistrant des sons dans sa grange de l’Illinois. Alors il n'y a qu'un pas pour rêver de Monsieur Oiseau, un filet à papillons à la main entrain de capturer ces sons d’oiseaux à la volée (sur l’intro de "Spare-Ohs"). Discret et talentueux, on le visualise aussi dans son studio-grenier poussiéreux, entouré d’inventions bizarres : un violon animé, un xylophone-luciole… Les cheveux en pétard, le dos voûté sur son établi, Bird insuffle la vie à ses compositions, à ses créatures musicales. Le disque flotte dans l’entre-deux, coincé entre la pop lumineuse de "Heretics" et la tension dramatique des 60 secondes de "The Supine". A défaut de pouvoir l’écouter dans la campagne illinoise, Armchair Apocrypha s’impose comme la bande-son idéale des nuits d’été...
Andrew Bird - Armchair Apocrypha (Fargo, mars 2007)
De Bishop, posté le 26.03.07 à 17:13 
Sympathique, même bon cd mais il patît véritablement de l'ombre de son ainé.
De LovelyRita, posté le 26.03.07 à 17:40 
Yep, c'est la question que je me suis posée. On est pris entre deux feux : vouloir "descendre" l'album car il ressemble terriblement au précédent et se dire que c'est l'album pris individuellement qui prime. Enfin l'idéal, c'est la pondération !