Windmill, le dernier souffle de l'air du temps
On en n'est pas tout à fait là cependant. Windmill a beau ressembler au premier coup d'oreille et avoir beaucoup trop écouté Mercury Rev, jusqu'à l'imitation (en plus nasillarde) de la voix de Johnathan Donahue, et ne jamais chercher à nous défaire de cette première impression, son premier album Puddle City Racing Lights reste suffisamment frais et globalement bien intentionné pour qu'on ne s'offusque pas de cette parenté. L'originalité du disque se trouve seulement dans le choix et le dosage de ses ingrédients (beaucoup de piano, des hymnes post-Arcade Fire autour du thème du voyage...) que dans ces ingrédients eux-mêmes. Mais George W. Bush est toujours président, la guerre continue toujours en Irak et Tony Blair lui aussi est encore là (parce que, malgré toutes ces influences américaines, monsieur Windmill est bien britannique. Même Ben Laden court toujours, ou du moins autant qu'il y a cinq ans et tous ces ingrédients gardent leur pertinence : nous sommes de pauvres êtres fragiles pris dans une société déshumanisée menée dans une guerre injuste par des dirigeants qui nous mentent, alors chantons tous ensemble pour faire semblant d'être une famille, ou tout au moins une société. Tout ça est encore très bien pour l'instant, mais combien pariez vous qu'un groupe punk quelque part est en train d'écrire un brûlot qu'ils appeleront Barack Obama ? Windmill - Puddle City Racing Lights (Melodic/La Baleine, avril 2007) Commentaires
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