Musique électroacoustique et art du drone (technique musicale visant à tenir la même note pendant à peu près deux heures, ou moins ou plus... cf : John Cale) au programme de ces deux très beaux albums de Rosy Parlane et Oren Ambarchi sur le label expert des musiques d'avant-garde, Touch. Pour la première, on retiendra surtout "Part One - 13:08" très belle suite ambiante pour guitare acoustique, field recording et brouillage (brouillard ?) électronique et "Part Three - 19:06", composition lyrique et symphonique tournant toujours autour des manipulations d'instruments (melodica, accordéon, violon, guitare) et d'objets (micros, radios, pièces métalliques, etc.) qui se conclut dans une grandiose envolée noise ou John Cage rencontre Fennesz. Parlanne oeuvre dans l'hypnose, la drone music pure ; les amateurs apprécieront ses morceaux spacieux et profonds dont les vibrations font immanquablement penser aux travaux de Steve Reich, La Monte Young, Tony Conrad ou Angus Mc Lise. Pour finir, vous pouvez vous infliger l'électrochoc de "Part Two - 16:28" plus pénible, mais qui révèle une artiste funambule, jonglant entre sons aériens et ondes suraiguës abruptes, dans un morceau énervé.
L'ambiant est décidément un genre qui prédomine actuellement, que ce soit dans la sphère pop, folk ou expérimentale. Pour preuve, après l'album spatial de Donato Warthon, celui de Lucky Pierre et de Christina Carter, voici le très beau Suspension du guitariste australien Oren Ambarchi. Si Ambarchi est pour vous un parfait inconnu, sachez qu'il oeuvre depuis plusieurs années déjà dans le même registre que Fennesz ou Robert Hampson de Main. C'est à dire dans l'exploration de la guitare, avec ou sans apports électroniques. Certains connaissent peut-être ses travaux post-punk, à tendance freestyle, au sein de Phlegm (chez Tzadik) et Insulation son précédent album sur Touch, livré en 2002, ainsi que Sun (avec Chris Townend) paru en 2004. Avec Suspension, Ambarchi s'enfonce dans l'intériorité de la guitare et propose une suite d'oeuvres purement introspectives, "isolationnistes" diraient les grands-bretons. Ces compositions "en suspension", c'est le cas de le dire, invitent à entrer dans un monde de granulations scintillantes et de micros fréquences répétées à l'infini, elles aussi inspirées par les travaux des minimalistes américains cités plus haut.
Attention, "musiques exigeantes", ces deux albums nécessitent de l'auditeur un degré d'attention élevé, mais quel bonheur quand toutes les conditions sont réunies !
Rosy Parlane - Jessamine (Touch/La Baleine, décembre 2006)
Oren Ambarchi - Suspension (Touch/La Baleine, janvier 2007)
De jEAN eUDES, posté le 27.04.07 à 18:49 
En apparté : Comptez- vous parler du concert événement de Nurse with Wound à Paris au mois de Juin ?
De Maxence, posté le 28.04.07 à 10:34 
Et bien maintenant que tu nous en parles... oui ! ; )