Vladislav Delay : Les multiples vies de l'ectomorphe.
En cela Whistleblower, produit sur son propre label Huume, ne départ pas de ses précédents travaux sur les labels Mille Plateaux et Chain Reaction. Mouvant, en constante évolution, tendant vers des formes de vies imprévisibles et généralement inconnues, l'éponyme "Whistleblower" qui ouvre l'album, comme "Wanted To (Kill)", "I Saw a Polysexual", "Lumi" et les autres morceaux (particulièrement le révélateur "He Live Deeply", comment en effet, mieux représenter le travail de Delay, lui qui vit décidément "dans les profondeurs" ?), les compositions du Finlandais sont des messages venus du fond d'un océan primordial de la création, qui remontent lentement à la surface. Ce faisant ils prennent forme. Le rythme arrive par vague, d'abord aléatoire, en utilisant tout l'espace. L'écho d'un dub ancien affleure doucement dans ce ressac de sons. L'ensemble, sons indéterminés et rythmes, s'associent. Ils deviennent de plus en plus précis et s'accouplant tant bien que mal dans ce chaos évanescent, parviennent finalement à une étrange symbiose. Partagés entre mouvement et immobilisme. L'essence de l'ambiant serait-on tenter de dire. Même si la musique d'avant-garde de Delay, forme de vie mutante par excellence, accepte difficilement ces critères purement terrestres. La musique de Delay développe un étrange pouvoir d'attraction. On aimerait y vivre. On y revient. Mais on sait qu'à l'instar des lointaines planètes inhospitalières ou des abysses, les conditions y sont beaucoup trop étranges pour nous. Pourtant, avec Whistleblower, Delay se fait plus concret. Ses toms et roulements de batteries, ses appels de caisses claires hérités de sa formation initiale de batteur de jazz, ses gargouillis synthétiques teintés d'humeurs électriques, ancrent subtilement sa musique dans la réalité. D'aquatique elle devient chtonienne. Volcanique. De la terre, mais brûlante et liquide. Un peu plus réel peut-être. Avec Whistleblower on dirait bien que Delay se prépare à quitter ses branchies pour regagner la terre ferme. Qui sait si nous ne le regretterons pas. Il était le seul après tout, à encore oser s'aventurer si loin. Vladislav Delay - Whistleblower (Huume/La Baleine, mai 2007) Commentaires
De Bishop, posté le 11.05.07 à 12:50
![]() Bordel de m**** personne pour lacher un commentaire alors que cet album est excellent (enfin pour ce que j'en écoute) De Maxence, posté le 11.05.07 à 14:12 ![]() Bin oui, c'est la dure loi de la vie Bishop... Ajouter un commentaire |
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