Kalabrese : Minimal Rumple Funk
Son truc à Kalabrese ? Une battucada au ralenti, une salsa alanguie, une bossa épuisée. Le son est organique, les vocaux (particulièrement sur "Oisi Zuekunft feat Da Mezga" qui ouvre l'album) sont toujours là pour hypnotiser, ajouter ce petit "truc en plus" qui vous emmènera, les yeux fermés, collé/serré jusqu'au bout de la nuit. Ici pas de montée tuante, pas de réacteur d'avion, on n'est pas à Ibiza. Avec Kalabrese, tout est affaire de classe et de retenue. Son funk électronique ultra chaleureux est rempli de l'écho des vrais instruments qui composent sa musique : trombone, basse, batterie, trompettes, multiples percussions, claviers et bien sûr, synthétiseurs. Le tout chavire à l'envie dans une symbiose quasi-parfaite d'électronique et d'analogique, sans oublier la deepness indispensable à l'extase. A ce propos le titre dans lequel intervient la diva Kate Wax ("Not The Same") est exemplaire avec son rythme hypnotique ultra-répétitif et le boom boom de la basse doublée de la voix de Guillermo Sohrya "poo poo poo poom poom". Un véritable festival chamanique de sept minutes, pur moment de transe organique. "Let it go, let it flow" dit-elle, et c'est exactement ça. Et tout l'album est de cette trempe. De "Deep" le bien nommé, à la pop éthérée et sensuelle de "Hide Heat", magnifique avec ses riffs de guitare qui se balancent au dessus du vide, ou encore le néo-folk aux sonorités africaines de "Heartbreak Hotel" ("I'm a prisoner in my own heartbreak hotel") sans oublier les pièces minimales étranges comme ce "Hou Anthem" miniature ou les tourbillons sans fin de "Aufm Klo", "Lose My Chair" (porté par une trompette que n'aurait pas renié Miles Davis) et un "Body Tight" perfusé au dub, qui paie royalement son tribu à l'île des Caraïbes. Rumplezirkus n'est pas un disque de techno donc, il s'inscrit plutôt dans une démarche parallèle, à la manière de Kate Wax ou d'Isolée sur son très beau We Are Monster d'il y a deux ans. Comme le dit Da Mezga dans sa parfaite introduction pour cet album ouvert, qui plaira autant aux malades du dancefloor malin qu'aux amateurs de jazz pointu : "Where the Future ? It's not the present, it's not the past, it's the future". Souhaitons-le, en effet, que ce genre disque soit "the future". Kalabrese - Rumplezirkus (Stattmuzik/Nocturne, mai 2007) Commentaires
De dinobuzakkbb, posté le 11.05.07 à 01:11
![]() C'est beau, c'est frais, et ça fait du bien au petit monde la musique de dance dites minimale.... De Maxence, posté le 11.05.07 à 08:04 ![]() Exact... avec tout ça on se demande bien où est le minimal maintenant hein... ? De CF, posté le 11.05.07 à 12:55 ![]() C'est beau, c'est CHAUD surtout....et en effet il n'y a plus riende minimal là-dedans enfin ce que j'en ai écouté sur myspace sauf le premier morceau qui est loin d'être le plus accrocheur. J'aime bien le dub "Oizi zuefunkt", ça donne bien de se frotter à une jolie donzelle légèrement vétue...c'est quand l'été déjà?! De CF, posté le 11.05.07 à 12:58 ![]() L'allemand lorsque c'est bien chanté, on peut difficillement faire plus sexy, je trouve...Si on oublie ramstein of course...;-) De dinobuzakkBB, posté le 11.05.07 à 14:14 ![]() La minimale aujourd'hui ça signifie toute musique de danse qui sonne pas comme ed bangers! Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum musique :
|