Feist : the beauty inside... Trois ans après le très réussi Let it die, revoilà la jolie canadienne Leslie Feist pour son troisième album, The Reminder. The Reminder ? Peut-être que la chanteuse veut nous rappeler qu’elle est bourrée de talent et dotée d’une voix splendide ? Ou bien pour nous remémorer pourquoi l’on a tant aimé Joni Mitchell ou Chan Marshall ? The Reminder ou bien tout simplement pour remettre sur la table une certaine idée du folk, un folk reconstruit à partir de ses bases, une musique simple étoffée et mis au goût du jour, loin des expérimentations freak-folk, plus proche de Billie Holiday que de Devendra Banhart. Dans la lignée de Let It Die, Feist déroule et fait ce qu’elle sait faire de mieux. Formule magique lui permettant d’invoquer les plus pures émotions sans jamais tomber dans le pathos ni dans le misérabilisme facile, la Canadienne s’affirme sur ce nouvel album. Les titres rythmés et catchy à la Belle And Sebastian ("I Feel It All", "My Moon, My Man") font leur effet pour à la fois attirer l’oreille et faire s’insinuer cette nuance mélancolique, ce petit grain de recul et d’auto-appréciation. Car à cela s’ajoutent des ballades, plus langoureuses, plus intimistes, comme le titre d’ouverture "So Sorry" qui invoque les œuvres de Cat Power ou bien comme sur "The Water" où l’émotion pure prend le dessus, sans déchet, sans habillage superflu. Ainsi, "The Park" remporte la palme, frêle, imposante et affreusement belle à pleurer. De l’écriture fine à son accompagnement lo-fi, ce bijou laisse à Feist la possibilité de pousser la voix pour mieux nous atteindre. Feist était accompagnée à la production par ses comparses Renaud Létang, Gonzales, Jamie Lidell et Mocky, l’enregistrement s’est voulu épuré et naturel presque dans des conditions de live. De touches gospel teintées d’une sensibilité et d’une justesse de circonstance, comme sur "Sea Lion Woman" ou "Brandy Alexander", Feist parvient à injecter diverses influences, créer une œuvre cohérente et à la fois évolutive empêchant l’ennui ou la monotonie, ou pire, la répétition inhérente parfois au lo-fi. Feist enrichit son The Reminder de ces vivaces hymnes élégiaques, aux contours tendres et souffreteuses, mais presque toujours rempli d’une empathie et d’un optimisme vital. Simple et modeste, mais à la portée universelle de par l’humilité de Feist, l’album est néanmoins marqué par sa présence inamovible. Une force douce qu’est cette Leslie, comme pour faire passer les vérités du monde au travers de sa musique, comme si elle s’adressait aux grands enfants que nous sommes tous, les sentiments universels dont nous avons tous conscience mais qu’il est bon de nous remémorer quelques fois. « One, two, three, four / Tell me that you love me more » C’est aussi simple que ça. Feist - The Reminder (Polydor/Universal, avril 2007) Commentaires
De Juan, posté le 21.05.07 à 15:35
![]() Merci pour la chronique, très bien vue :) et je suis entièrement d'accord avec toi sur la dimension incroyablement humaine de l'album ! De Bishop, posté le 21.05.07 à 16:08 ![]() Cela ne casse pas non plus trois pattes à un canard, je dois dire qu'hormis Sean Lion Woman cela ne m'intéresse guère comme album...(malgré une bien jolie pochette ceci dit) Ajouter un commentaire |
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