I lost control againOn savait les biopics à la mode, ou comment surfer sur une vague à remous limités, privilégiant histoires déjà bien faites, en lissant les aspérités et en modelant le tout à la sauce hollywoodienne. Ainsi on a vu apparaître avec plus ou moins de succès Ray, Walk The Line ou Dreamgirls retraçant les vies de Ray Charles, Johnny Cash ou The Supremes. Mouais. Et si les tâtonnements cinématographiques de nos idoles avaient désormais suffit et que les prochaines adaptations au grand écran de personnalités du monde de la musique devenaient des chef-d'oeuvres... Pour Control, le biopic sur Ian Curtis, par exemple ce serait bien. Annoncé depuis deux ans pas tout à fait officiellement, sans savoir tout à fait non plus qui serait derrière la caméra, il y avait de quoi laisser légèrement perplexe. La "délivrance" (non c'est faux, ça ne fait pas du tout fan...) se fera en deux temps. Premier mouvement : l'annonce du réalisateur, Anton Corbijn, photographe et clippeur, sera derrière l'objectif. Le Néerlandais avait suivi Joy Division et d'autres groupes et artistes musicaux pour les photographier. Qui de mieux que celui qui a réalisé le clip d'Atmosphere, single posthume rendant un dernier hommage à Ian Curtis, pour mettre en image les dernières années de la vie de ce dernier ? Second mouvement : la bande-annonce disponible depuis peu. Bande-annonce de Control par Anton Corbijn. Parti pris du noir et blanc, scénario basé sur le livre Touching From A Distance de Deborah Curtis, veuve de Ian, Control est plus que prometteur. Bien évidemment, toute la tragédie du monde, le poids de la vie sur les frêles épaules du Mancunien, sa sempiternelle solitude ne saurait être aussi bien commnuniquée que dans les textes d'Ian et les disques de Joy Division. Mais voir se mouvoir un simili-Ian Curtis sur grand écran alors que l'on a passé des nuits à écouter son chant solennel, désespéré et grave, lorsque l'on a passé des heures à regarder ses danses cathartiques lors des rares passages télévisés du groupe, et surtout lorsque l'on est né trop tard pour assister à tout cela, ce film qui semble réussi est une franche aubaine. Récompensé par deux fois à Cannes lors de la Quinzaine des Réalisateurs, Control va être attendu. A la même période où New Order semble avoir définitivement splitté, ce long-métrage semble être un dernier hommage à cette période et est respectueuse d'Ian Curtis, faussement vu comme une idole sacrifié sur l'autel du rock, archétype de l'artiste tourmenté. Septembre c'est loin. Commentaires
De Bishop, posté le 01.06.07 à 16:02
![]() Je devrai pas, c'est mal....mais j'ai salement hâte de le voir....Tient demain soir :D De Kris, posté le 01.06.07 à 16:08 ![]() Vilain Bishop, ça suffit le narguage... ![]() De Bishop, posté le 02.06.07 à 23:15 ![]() Hihi vu! Bon je comprends par contre le dédain des journalistes de Chronicart. L'image est très belle, la manière d'aborder sa vie assez juste et pudique mais cela manque clairement de profondeur. On voit bien que le réalisateur vient de la photo car on a le sentiment que tout ne fait passer que d'une pose à une autre sans notion du mouvement. Loin d'être mauvais donc, cela contentera les fans -dont moi- mais pas suffisant pour décrocher mieux qu'un "pas mal". De François, posté le 03.06.07 à 16:29 ![]() Effectivement, c'était "pas mal", sans plus. Le bon côté : ce n'est pas un film pour les corbeaux cold wave, ça ne joue pas sur la nostalgie ou la légendre, le réalisateur a préféré raconter l'histoire le plus simplement possible (ça fait du bien de voir enfin Ian Curtis comme un être humain, un gamin perdu, plutôt que comme une figure christique ou un poète maudit). Le mauvais côté : c'est long... Plusieurs fois, je me suis dit en voyant le héros s'approcher de sa cuisine : "Allez, cette fois-ci, c'est bon, qu'il se pende et qu'on en finisse". Je sais, c'est pas bien... Je me demande surtout ce qu'en penserait quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de Ian Curtis ou qui n'a jamais écouté Joy Division. C'est bourré de références qui ne peuvent que faire plaisir aux amateurs (ce con de Hook qui se moque des Buzzcocks, ce con de manager qui se moque de Mark E. Smith, Martin Hannet taré comme il se doit, John Cooper Clarke qui récite ses poèmes, etc.). Mais pour les autres spectateurs ? A part la photo, superbe, et les acteurs, très bons, que reste-t-il ? Ajouter un commentaire |
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