La guitare était de sortie hier soir à Paris : Arctic Monkeys au Zénith, Iggy Pop à Bercy ! Oui, il y avait comme un air de dictature de la six cordes qui planait dans la capitale, seul ilôt de résistance et de refuge : le Trabendo pour un concert très attendu de Beirut.
Beirut, voilà un nom qui en évoquait d'autres : Architecture In Helsinki, I'm From Barcelona...que des groupes usurpateurs de noms de villes et producteurs de happy pop ! On s'est peut-être fait avoir une fois, deux, mais pas trois, alors quand j'a découvert Beirut cette année, je me suis tout de suite imaginé un personnage et je ne sais pas pourquoi j'ai imaginé que ce Beirut était un nordique, allez savoir pourquoi. Finalement damned, Beirut, c'est juste Zach Condon, un Américain qui vient tout juste de dépasser la vingtaine, chemise blanche, cheveux montés en bataille. Sur son fabuleux Gulag Orkestar, c'est lui qui a tout fait, sur scène il en est autrement. Accompagné de 7 musiciens, Zach a orchestré d'une main de maître un concert alléchant et assez bandant...hé oui ! Toutes les perles du premier album y étaient : "Prenzlaurberg", "Mount Wroclai" et un "Postcards From Italy" dont l'intro a provoqué des cris de joie dans l'assemblée. Oui, de la joie il y en avait dans le public, dans les bras levés, dans le souffle des trompettistes et même dans la voie plaintive de Zach. Un chant parfois approximatif, des paroles en anglais dont on n'est pas vraiment sûre qu'elles sont anglaises...là tout est permis, même d'imaginer que Zach chante en bulgare. Après tout, sa musique s'inspire ouvertement des cultures des pays de l'Est (Kusturica and co!) ! Généreux en cuivres et accordéon, mais sans tomber dans la fanfare, le concert exalte la foule, lui donne sa dose de jovialité et de drame. Beirut, ce n'est pas de la musique festive, c'est un alliage entre la marche funèbre des trompettes de "Gulag Orkestar", le mélanolique yukulélé de "Postcards From Italy" et la cadence d'un "Bratislava". Une bonne heure et demie de concert qui avait la saveur d'une courte heure, deux rappels et une nouvelle chanson en début de concert. Dans l'ensemble, une interprétation tout de même assez fidèle aux versions studio et un concert absolument indispensable pour mettre un visage, des visages sur la bonne humeur d'un des meilleurs disques de pop sortis en 2006 !
Beirut au Trabendo (03/07/2007)
Pour tomber sous le charme de Beirut :
- écoutez Gulag Orkestar sur Radio Flu
- son myspace
- lire la chronique de Gulag Orkestar
De touriste, posté le 04.07.07 à 12:57 
C'était pas au palais des sports les stooges ?
sinon yavait aussi le cabaret sauvage comme lieu de résistance avec l'insupportable sébastien tellier et surtout herman dune...
De mario, posté le 09.07.07 à 23:40 
Chouette résumé pour un plus que chouette concert...