Alors que je faisais mon nettoyage de printemps la semaine dernière (oh, parce que ça ne vous arrive jamais à vous d'être en retard ?) j'ai trouvé caché sous mon ordinateur le CD promo de Deerhunter que, si je me souviens bien, je dois à Maxence. Ce disque soi disant génial dont j'ai tant entendu parlé, je l'avais donc depuis tout ce temps ? Sachez le, attachés de presse, voilà le risque que vous prenez en nous envoyant des CD dans des pochettes en papier au lieu de digipack collector sertis de diamants. Hum, bref, le groupe d'Atlanta, Deerhunter venait de faire parler de lui à nouveau ces jours là en transformant son blog en caca-journal, un bulletin d'information régulier sur l'état des selles de ses membres. Sur le net, mesdames et messieurs, c'est comme ça qu'on fait parler de soi. J'ai quand même écouté le disque.
Cryptograms, c'est le nom de l'album, est un objet sombre, expérimental, abstrait et surtout abscons, ce pourquoi il porte très bien son titre. Le rock de Deerhunter n'est ni tout à fait "post" ni vraiment "kraut" quoi que ces deux termes signifient. Selon Wikipédia c'est de "l'ambient-punk", une description un peu juste mais pas très utile. Sur la page myspace du groupe il s'est catégorisé "Live Electronics/Jam Band/Chansons populaires mélodramatiques" et revendique comme influences "Timbaland, White Noise, Xanax". Prenez un peu de tout ça, remplacez Timbaland par Spacemen 3 et vous aurez une idée plus précise de ce qui compose Cryptograms : de longs morceaux avec plein de delay et de réverb' sur des guitares répétitives quand elles ne jouent pas au drone, des instrumentaux pour beaucoup ou tout comme, les paroles étant souvent incompréhensibles. Selon que vous jouiez le jeu ou non ce peut être une oeuvre intense et profonde, qui vous prend aux tripes ou au contraire du tirage de nouille expérimental barbant. Pour ma part j'ai une nette tendance à "jouer le jeu" et à considérer cet album comme un des meilleurs de l'année mais, attention, il m'est arrivé à plusieurs reprises de "sortir" voir de ne pas du tout "rentrer" dans le disque et de m'ennuyer dès lors de pied ferme et j'imagine que beaucoup ne l'entendront jamais que comme ça.
Il faut parler de Bradford Cox, chanteur du groupe et potentielle méga-star indie dans quelques années. C'est que depuis que j'ai retrouvé le disque, Cox a fait parler de lui bien plus encore qu'avec son caca, d'abord en postant sur son blog un "top des fantasmes homo-érotiques" illustré par des photos de jeunes éphèbes que beaucoup ont pris pour des enfants. Le post a été effacé avant que je le vois et remplacé par un message de Cox expliquant que tous les jeunes hommes en question étaient majeurs et qu'il prend la pédophilie très au sérieux puisqu'il en aurait été lui même la victime à l'âge de sept ans. Le déballage ne s'est pas arrêté là puisqu'au terme d'un concert new-yorkais quelques jours après, Cox a pendant vingt minutes confessé tous les détails embarrassants de sa vie à un public apparemment incrédule et plutôt gêné.
Soyons donc un peu cyniques : souffrant du syndrome de Marfan qui a fait de lui un grand type extrêmement maigre comme d'autres malades célèbres que furent Joey Ramone ou Charles de Gaulle et son goût pour une musique plutôt difficile d'accès, Cox paraît un prétendant improbable au titre de nouveau Pete Doherty. Il lui suffirait pourtant d'une chanson un peu plus traditionnelle, sur un album solo peut-être, qui pourrait être sinon son "Smells Like Teen Spirit" au moins son "Hallelujah" (celui de Jeff Buckley, volé à Leonard Cohen via le receleur John Cale). Ca et une mort prématurée peuvent faire de ce type une légende admirée par des générations de lycéennes romantiques dans les années à venir. Je divague, j'espère, mais ce groupe fantastique pour l'instant pourrait vite devenir plus ou moins malgré lui totalement insupportable. Leur excellent nouvel EP "Fluorescent Grey" prend en tout cas déjà une direction plus structurée mais pas moins intense.
Un groupe à surveiller donc, au moins pour pouvoir dire que vous les aviez écouté avant tout le monde même si pour ça vous devrez sans doute mentir de quelque mois (je suggère de parler de début janvier, juste avant la critique sur Pitchfork. Faire semblant d'avoir écouté le premier album paru en 2005 est probablement trop risqué).
De Judith, posté le 20.07.07 à 16:36 
Vous savez quand même que la musique ne se résume pas forcément à un rapport de force et un moyen de s'affirmer au yeux d'autrui... Vos 4 dernières lignes sont selon moi particulièrement puériles et inutiles.
De 2goldfish, posté le 20.07.07 à 16:59 
Ah bon ?!
De 2goldfish, posté le 20.07.07 à 17:00 
Dingue !
De LovelyRita, posté le 20.07.07 à 17:01 
Je pense qu'il s'agissait surtout d'une pointe d'humour.
Ca m'a fait beaucoup rire.
Et dans le même esprit
http://www.threadless.com/product/917/I_Listen_To_Bands
De flyer, posté le 20.07.07 à 17:15 
2goldfish, vos propos intolérables sont vraiment indignes d'un être humain, surtout votre dernier mot !
De 2goldfish, posté le 20.07.07 à 17:21 
Je fonce me cacher pour mourir.
De Spacemen 3, posté le 20.07.07 à 19:18 
Fuking wheel sucker ! ; )
De flyer, posté le 20.07.07 à 19:21 
Oh, elle était mignonne cette blague, Richard Chamberlain. :)
De vento, posté le 23.07.07 à 17:42 
Té, j'en avais causé dans un commentaire d'une notule de Maxence; il avait répondu qu'il avait mis le disque dans un carton à ton adresse; ça remonte bien à 3-4 mois mi'nant, et entre temps, t'étais en ouacances ?...
C't'album est supa-prometteur -- mon prem' album acheté directement chez le label; 10 dollars, frais de port compris. De quoi te dégoûter à vie de ton disquaire.
De 2goldfish, posté le 23.07.07 à 18:44 
Bah non, je l'avais fait tomber sous mon ordinateur, je te dis !
OK, j'admets, je devrais faire le ménage là dessous plus souvent.