Dopplereffekt : l'électro à géométrie variable
Profondément impliqué dans le champ de la recherche et de la hard science contemporaine, aussi bien que dans celui de l'activisme politique et scientifique, Gerald Donald a toujours eu à coeur de traduire dans une musique complètement instrumentale (ou presque) les théories scientifiques les plus ardues et avant-gardiste. Une passion qu'il partage à égale mesure (et ce n'est pas le moindre des paradoxes cultivés par ces artistes afro-américains, voir Kool Keith, Lee Perry, etc...) avec le sexe bizarre et/ou extrême (on se souvient du "I wanna be a porno star" plus que souvent joué par tous les DJ de la planète) ainsi que la science-fiction la plus débridée. On lui doit, entre autre, les théories qui accompagnaient son magnifique projet electro-ambient Arpanet, où il annonçait dans un titre d'ouverture d'anthologie (un mantra electronica vocoderisé captivant) et avec 5 ans d'avance, que les technologies sans fil seraient bientôt le vecteur de diffusion numéro un des technologies de l'information. Dopplereffekt aime également parer ses productions de titres scientifiquement évocateurs comme "Cellular Phone", "Linear Accelerator", "Infophysix", une tendance qu'il mixe avec celle des brûlots politiques les plus revendicatifs (voir Fascist State, carrément, le premier album de Dopplereffekt). Ainsi un titre comme Calabi Yau Spaces n'est pas gratuit. Pour faire court disons que "l'espace de Calabi Yau" est un terme décrivant une variété mathématique utilisée dans divers domaines, dont la géométrie algébrique et la physique quantique (notamment en physique théorique dans l'élaboration de la théorie des supercordes, soit l'une des voies actuelles, envisagées pour régler une des questions majeures de la physique théorique : "comment fournir une description de la gravité quantique en unifiant la mécanique quantique et de la théorie de la relativité générale ?"). Cette théorie est utile pour calculer, la surface, la longueur, la largeur, bref l'espace, d'un tore à multiple points d'interception. Vous savez, ces formes géométriques repliées sur elles-mêmes, et qui selon nos scientifiques, seraient l'image même de notre univers imbriqué avec d'autres univers parallèles. Vous suivez toujours ? Tout cela donne une petite idée des obsessions du bonhomme. Et la musique dans tout ça me direz-vous ? Et bien justement, elle répond parfaitement à ces théories, du moins par ses ambiances et la structure en tore complexe de ses compositions. De fait, les morceaux de Dopplereffekt sont de parfais petits espaces de Calabi Yau. Ses compositions s'enroulent sur elles-mêmes, cliquetantes et vibrantes, partent dans un sens puis dans un autre en se retournant comme une chaussette, imprévisibles, certainement indansables mais fascinantes. On est loin, loin, de la techno ici. Plus proche de l'electronica d'Arpanet ou des compositions abstraites des pionniers de la musique concrète ou de l'ambient. Le tout se déroule dans une impression d'infinitude quasi magique, nous donnant l'impression d'appréhender le vide inconnaissable du cosmos et les mystères physiques de l'univers. Somptueux. Dopplereffekt - Calabi Yau Spaces (Rephlex/La Baleine, juillet 2007) Commentaires
De CF, posté le 26.07.07 à 10:02
![]() Drexciya, professeur Maxence... A part ça, oui, fascinant album encore une fois. De Maxence, posté le 26.07.07 à 10:16 ![]() Yes! C'est vrai encore une fois ! Merci CF, que ferais-je sans toi... ? De CF, posté le 26.07.07 à 10:35 ![]() Bah pas grand chose...et n'oublies pas le pain encore une fois ! ;-) De Maxence, posté le 26.07.07 à 10:59 ![]() Aaahh ahaha, "CF m'a tuer" (avè la fôte !) De anonime, posté le 20.11.07 à 12:19 ![]() Tro ennuieu g faille dormire tro CON Ajouter un commentaire |
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