Youtube de l'été #20 : The Bee Gees - Stayin' Alive (1977)Hier on défendait l'étendard de la pop mélodieuse avec ABBA. Aujourd'hui la tâche risque d'être plus ardue avec les Bee Gees... Episode 2 / 2 : les Bee Gees. Ces frères Gibb qui auront fait danser des générations entières de simili-Travolta, ces chansons typées seventies qui ouvraient immanquablement les compils disco fêtes suivies des Village People puis de Boney M. Que sont pour vous les Bee Gees, pourrait-on demander à quelconque gens dans la rue ? "Pattes d'éph, paillettes, barbes, voix de castrats, Ha ha ha Stayin Aliiiiiiiiiive". Vrai ? Faux. Faux ? Hmmm... Vrai quand même. Car oui les Bee Gees sont ce monolithe blanc au bas moulant et à la hanche hasardeuse, oui les Bee Gees ont su faire danser pendant la vague disco tout ceux qui n'avaient pas plongé dans le punk. 1977 marquera une scission évidente du monde musical occidental comme peu souvent dans l'Histoire, chacun choisissant plus ou moins son camp. D'un côté le nihilisme du raz-de-marée punk avec les Sex Pistols sortant leur incontournable Never Mind The Bollocks, et de l'autre, l'avènement des trois frères avec la bande originale du film Saturday Night Fever, et la chanson phare "Stayin' Alive". A la fois la meilleure chose qui leur soit arrivée et leur pomme empoisonnée, ce succès mondial plombera une bonne fois pour toutes les Bee Gees pré-disco. Encagés dans leur prison dorée, les Gibb savent que l'on ne retiendra d'eux, dans la mémoire collective, que ça : "Pattes d'éph, paillettes, barbes, voix de castrats, Ha ha ha Stayin Aliiiiiiiiiive". Et pourtant, il y a bien eu d'autres Bee Gees, ceux que l'on a occulté, ceux qui se sont fait ensevelir sous la vague, virés sans remerciements. Et pourtant... A une époque, les Bee Gees étaient ces virtuoses compositeurs, à la plume fine et à la mélodie volubile. A cette époque, les Bee Gees n'avaient presque rien à envier aux Beatles, aux Beach Boys ou à Love. A cette époque les Gibb chantaient des chefs-d'oeuvres comme "Massachussets", "To Love Somebody" ou "I Started A Joke". A l'époque, les Gibb n'avaient ni barbe, ni pantalons blancs, ils avaient le cheveu long et non brushé, ils n'étaient pas très beaux, portaient des badges sur leurs vestes en jeans, et Robin Gibb, chanteur principal d'alors, ressemblait à Joey Ramone. A cette époque, on pouvait dire sans une pointe de culpabilité qu'on aimait les Bee Gees et que "I Started A Joke" pouvait être une chanson d'une vie. Cette époque, c'était les Bee Gees d'avant 1976, avant "You Should Be Dancing", avant les vélléités de titiller les sommets des charts américains. Alors certes, pour ceux qui ont écouté First, leur premier album de 1967, ils opineront du chef quant au talent des Anglais (oui les Bee Gees sont anglais). Mais pour les autres qui ne voient toujours en ces trois frères que "Ha ha ha Stayin Aliiiiiiiiiiive", il est compréhensible que de voir affirmer que les Bee Gees furent à un moment l'équivalent des Beach Boys. On n'en aura jamais assez fini de tenter de réhabiliter les Bee Gees, mais on peut tout de même prendre le risque. On ne sait jamais, sur un malentendu.
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