False : Nous sommes en 2007, Matthew Dear réinvente la minimale
Des images rémanentes peut-être dues aux derniers morceaux bluesy du précédent album du bonhomme. Et si "Indy 3000", le morceau d'introduction n'a rien à voir avec la musique primitive du delta, il nous plonge bel et bien dans le monde flou des frayeurs anciennes. 2007, s'ouvre en effet sur un souffle sourd, rappelant le vent dans la forêt mystérieuse de Twin Peaks, une émanation méphitique au sein de laquelle s'installe un rythme hypnotique, à la fois colonne vertébrale et prétexte à développer des thèmes discrets, qui sont eux, les véritables habitants du disque. Ecouter 2007 la nuit, seul, est une expérience. Sans effets pyrotechniques à la petite semaine, Dear impose ses craquements et ses cliquetis, comme autant de bruissements nocturnes, pérégrinations discrètes d'insectes et de petits animaux digitaux s'agitant au bord de notre champ de vision (et en l'occurrence ici, d'audition). Fascinant album donc que ce 2007 pour ceux qui prendront le temps de vraiment l'écouter. L'ensemble n'est pas pour autant dénué de groove. "Meat Me in the Market" et son funk discret par exemple, sonnerait très bien sur le dancefloor entre un Villalobos et un Hawtin, tout comme "Warm Co.", "Timing" et ceux qui suivent. D'ailleurs, le disque est mixé et les morceaux évoluent tous en plein milieu, pas en fin de timing comme c'est l'usage. La brisure arrive avec "Alright Liar", moment où des vibrations métalliques s'évertuent à désorienter l'auditeur, en attendant "Plus Plus", où le rythme s'alourdit. Mais une fois encore Matthew Dear déroute. Pas de "big beat" ici. Là l'Américain balance des sonorités de boite à musique mélancolique ("Face the Rain"), ici, un boogie cybernétique ("Dollar Down"), là encore, le chuintement et les vibrations profondes d'une usine à Cleveland la nuit ("Disease/George Washington", certainement le meilleur morceau de l'album) et la suite "Act Like Children/Excalibur", "In The Heather" et bien sûr la tuerie "Fed on Youth", jusqu'à boucler sa boucle hypnotique en danse de l'ouroboros techno, dans un magma sonore environnemental et déroutant ("Stomachs/Ankle Biter", "Forgetting"). Du grand art ! False - 2007 (Minus/La Baleine, août 2007) Commentaires
De Bishop, posté le 09.08.07 à 19:14
![]() Il arrête pas le bonhomme (un peu comme Maxence avec les notules en ce moment) De Maxence, posté le 09.08.07 à 19:16 ![]() ; ) C'est écrit avec deux ou trois jours d'avance, ça me laisse deux ou trois jours pour glander, héhéhé De Aimé, posté le 10.08.07 à 00:12 ![]() Et hop dans ma playlist du mois d'aôut !
De Maxence, posté le 10.08.07 à 14:54 ![]() Tu fais bien Aimé, d'autant que les disques d'août passent souvent à la trappe, dommage... De Trakse, posté le 13.08.07 à 13:12 ![]() J'ai été relativement déçu par son dernier album, "Asa Breed". Mais bon, c'est M_nus, et je l'achèterai les yeux fermés ;) De Maxence, posté le 13.08.07 à 20:01 ![]() Ah ça ! C'est du pur M_Nus ! De Maxence, posté le 07.09.07 à 11:02 ![]() Et celui là CF, tu l'avais raté cet été ? De CF, posté le 07.09.07 à 12:15 ![]() Il est dans ma béquane mais je ne me suis pas encore penché sur son cas !! Comme Traske, j'ai été déçu par "Asa Breed" mais celui-là je ne peux pas me prononcer... Ajouter un commentaire |
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