Angels Of Light : début par la fin
J'essaye d'écouter un minimum le passé de mes sujets en général mais là, avec plusieurs groupes et vingt-cinq ans de carrière, Gira est juste trop intimidant. Du point de vue du nouveau venu, donc, je peux vous dire que cet homme est le patron du label Young God, la maison de tout un tas d'artistes freak-folk parmi lesquels Akron/Family, qui a servi de backing band à Gira pour la base du disque avant que tout le monde et sa soeur vienne jouer les guest-star sur les bandes. Diriger un label et avoir vingt-cinq ans de carrière ont sans doute permis à Gira d'avoir un grand nombre de numéros de téléphone. On en arrive à la musique : un rock parfois méchant et insistant dans ses drones mais finalement assez classique, avec un parfum folk et différentes déclinaisons country, pop ou gospel. Pas de quoi s'extasier mais c'est tout à fait correct et le parfum "singer-sonwriter" du tout laisse supposer que là n'est pas l'essentiel. L'essentiel, c'est Gira qui chante d'une voix grave un peu étranglée, avec des capacités assez limitées et une arrogance très new-yorkaise et l'essentiel c'est surtout Gira qui écrit des paroles souvent un peu abstraites, des ruminations introspectives généralement sombres. C'est là que je touche aux limites de mon exercice : l'album est certes plutôt pas mal mais je ne peux que présumer qu'il serait beaucoup plus intéressant en tant que suite d'une histoire qui dure depuis plus d'un quart de siècle. C'est un peu comme de tomber sur un épisode de la dernière saison des Sopranos sans avoir vu les précédentes : on passera peut-être un bon moment mais on ne saisira pas les subtilités qui font prendre son pied au fan de la première heure.
Angels of Light - We Are Him (Young God/Differ-Ant, août 2007) Commentaires
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