Graduation est le plus fort
L'intérêt du personnage Kanye West a toujours été dans son inconfort. Il célèbre le mode de vie hédoniste de tout rappeur qui vend ses disques par millions et il n'a de cesse de répéter qu'il est le meilleur mais il ressent toujours le besoin de se justifier. Il sort son troisième album sur sa décision de laisser tomber ses études et continue de s'expliquer à ce sujet. C'est d'ailleurs là qu'il pêche : son égocentrisme était charmant mais au bout de cinq ans on a l'impression d'avoir fait le tour d'un sujet qui le fascine lui toujours autant. Pour le style, l'équilibre "flow moyen/traits d'esprits rigolos" habituel n'a pas changé.
Le reste est partagé entre des morceaux à base de vieux samples soul faciles mais efficaces qui sont la marque de fabrique de West et une obsession toute nouvelle pour des synthés (cf. le magnifique "Flashing Lights") qui promettent un avenir intéressant à West, surtout s'il se tient au concept originel et élargit enfin ses horizons au delà de l'université sur son prochain disque. Ce disque est bon mais peut-être un peu plus faible que les précédents. Il est en tout cas bien meilleur que celui de 50 Cent dont j'avoue n'avoir pas pu écouter un morceau en entier. Malgré l'abscence d'un single aussi évident que "Through The Wire" ou "Gold Digger", Graduation a tout pour gagner face à Curtis. Commentaires
De Captain Hurst, posté le 11.09.07 à 13:45
![]() Excuse-moi mais on se moque pas mal de qui à gagner. ...je retourne écouter le dernier Aesop Rock -> De 2goldfish, posté le 11.09.07 à 13:52 ![]() Aesop Rock, c'est plus c'que c'était... De Adrien, posté le 11.09.07 à 16:40 ![]() Pour ma part, Aesop Rock c'est mieux. Sinon, le Kanye est effectivement mieux que le Curtis mais bon, c'est pas franchement un exploit. De Joris-Karl, posté le 25.10.07 à 21:31 ![]() Deux choses : La première est évidente, et elle tient au fait que Kanye West est devenu en l'espace de deux albums une mégastar mondiale habituée à la une des magazines les plus peoples (Voici, Voilà, GQ et Purple, People, Variety). On a rien contre le succès, mais bon là, ça frôle l'indigestion. Le plus embétant dans tous ça, ce n'est pas vraiment sa gloire, c'est plutôt la manière dont il "organise" celle-ci. Mr West est mégalo, narcissique, vantard et n'a pas la moindre idée de la signification du mot "humilité". Franchement, c'est très ennuyeux et au final on est lassé de devoir supporter ses frasques en tout genres. L'homme à de la ressource pour ce qui est de pavaner devant les caméras mais beaucoup moins de panache dès qu'il attrape un micro. Ce qui nous amène à la deuxième chose. Kanye West n'est pas ce qu'on pourrait appeler un "vrai" rappeur qui manie les mots avec habileté et utilise son flow pour vous faire bouger la tête comme jamais. Il se contente de peu de choses et c'est finalement ça le plus embêtant. D'autres avant lui ont su capter notre attention et surtout la retenir (Slim Thug, Three Six Mafia, Jurassic 5, et même Eminem pour ne citer qu'eux). L'homme le plus "stylé" du monde (comme son pote Pharrell Williams) ne brille donc hélas, que par ses diamants mis comme à chaque fois bien en évidence autour de son cou. Kanye West à du talent, mais l'exploite assez mal. C'est d'ailleurs en tant que producteur qu'il a plus ou moins débuté dans le milieu au côté de Jermaine Dupri notamment (l'album Jermaine Dupri Presents : Life in 1472), avant d'intégrer la grande famille "Jay-Z iienne" du hip-hop (Rocafella Records). Ce qui est sur, c'est que ce rôle dans l'ombre ne lui plaît pas, Kanye préférant être reconnu et adulé (au nom de quoi ?) par des foules déchaînées rien qu'a sa vue. Pour autant, et j'en viens à l'album lui-même, Graduation n'est pas entièrement mauvais. C'est étonnant mais bien réel. Indiscutablement en dessous du Late registration sorti en 2005, ce nouvel opus comporte certains titres franchement trippant. Champion, Stronger, Good Life et Barry Bonds sont vraiment entrainants et même si ils tirent sur un côté FM évident, permettent au rappeur de nous faire profiter de samples connus ("Harder, better, faster, stronger" des Daft Punk) ou moins connus ("Kid Charlemagne" par Steely Dan). Encore une fois, et le reproche est récurrent, le son est bon, la production léchée, mais les paroles sont complètement ridicules voire franchement barbantes ("My Head is so large you can't stand behind me"). L'homme se perd dans sa propre mégalomanie avec un flow pourri et un charisme inexistant. A ce titre, il est d'ailleurs largement distancé par ses plus proches acolytes (Lil' Wayne ou Common en tête). Comment ne pas rire (ou être atterré à vous de voir) devant des titres comme le piteux Homecoming (feat Chris Martin aka leader de Coldplay) ou le minable The Glory où West nous rabache sans cesse les mêmes phrasés sur sa toute puissante gloire etc..etc. Ces titres sont mauvais parce qu'ils sonnent creux, et qu'ils ne sont que le reflet d'un homme immature en constante masturbation de lui-même. Graduation est chic mais vulgaire, un peu à l'image de cette pochette rose, tendance mais criarde. Plus rien n'a de sens et les références historiques se mélangent aux produits de consommation sans retenue, sans but, sans intérêt (Malcom X et les jeans GAP) je vous laisse trouver le rapport... Au final, les pauvres et uniques connaissances qu'il pense utiliser à bonne escient tombent inévitablement à plat. Alors, comment apprécier ce Graduation ? Dites vous que le choix n'appartient qu'a vous et que tout le monde comprendra si vous passez à côté de cet album médiatisé inutilement à outrance tant la qualité laisse à désirer. Faites votre choix, zapper ce qui vous gène (bon je sais il reste que trois titres mais bon) et silvouplait ne rentrer pas dans son jeu de rappeur "authentique" plus pathétique que véritablement excitant. A bien des égards, Kanye West sait jouer sur nos envies de phrases faciles et d'accroches dénuées de sens. Ce principe fonctionne seulement par à coup et ne permet pas d'affirmer le "Monsieur" comme un artiste hip/hop incontournable. La seule chose qui restera incontournable, c'est son énorme tête décidément pas prête de se dégonfler. De Joris-Karl, posté le 25.10.07 à 21:33 ![]() Pour lire la suite des chroniques, rendez-vous sur www.troiscentsoixante.blogspot.com Ajouter un commentaire |
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