Hurtmold : Le lièvre et la tortue
Au-delà de ces considérations techniques, celui que l'on a déjà surnommé "le plus Chicagoan des groupes de Sao Paulo", ou "la réponse brésilienne à Tortoise", exprime surtout son amour de la syncope, du beat qui balance des hanches dans un format jazz rock à la manière des précurseurs du psychédélisme brésiliens, de Os Mutantes à Tom Zé (une influence particulièrement flagrante sur "Miniotoria" et l'usage qu'ils y font de l'électronique). Pourtant, si l'on écoute bien Mestro, leur dernier album, on ne peut s'empêcher de penser qu'Hurtmold n'est pas si loin de Tortoise ("Amarelo E Vermelho", "Sova"), The Sea and Cake ("Kampala") ou des Anglais de Corker/Conboy ("Chuva Negra", "Amansa Louco"). Même sens du flux rythmique, mêmes oscillations irrésistibles, même dynamisme. Quand il tourne, Hurtmold est un vrai moteur bien huilé au service de compositions millimétrées oscillant entre rock et jazz, dub et pop, et même hardcore punk ("Quase 6 De Misticismo"). Guitares véloces, furieuses cavalcades urbaines, à la lisière d'une drum'n'bass acoustique, groove mécanique, musique répétitive pour post-raveurs, Mestro ne manque pas de substance, bien au contraire. Même s'il reste encore du chemin à parcourir pour accoucher d'une œuvre totalement personnelle et passer du statut de bons élèves à la production sympathique à celui de véritables chamans post-rock, par ses ouvertures, ses origines et sa technique, Hurtmold n'a pas vraiment de soucis à se faire pour l'avenir, il est devant lui c'est certain. Et rien ne sert de courir, c'est bien connu...
Hurtmold - Mestro (Nacopajaz/Discograph) Commentaires
De Stoun, posté le 05.10.07 à 20:54
![]() Marrant, je m'attendais à un truc beaucoup plus complexe au premier abord, en fait cet album est super accessible et très agréable à l'écoute. Apaisant, même... Bref, un bijoux. Ajouter un commentaire |
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