Playlist : blog musique

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B.Fleischmann : Melancholia

Posté par Maxence le 28.02.07 à 18:53 | tags : contemporaine, électro, myspace

Attention electronica pointue ! En février 2006, le label electronica Morr Music était invité par le fameux magazine allemand De:Bug (l'équivalent germanique de The Wire) à élaborer l'environnement sonore de l'exposition "Melancholie - Genie und Wahnsinn in der Kunst" ("Melancholie - génie et démence dans l'art") à la Neue Nationalgalerie de Berlin, autour, entre autres, de l'œuvre du poète Rainer Maria Rilke. L'opportunité était ainsi donnée à Morr Music d'impliquer B.Fleischmann, un de leurs plus talentueux poulains dans le domaine du sound design et des musiques pour installations (d'art contemporain).

Pour l'occasion Fleischmann créa "Melancholie", une pièce électronique longue d'environ 50 minutes, accompagnée d'un violoncelle et d'un bandonéon, animée par le spoken word (en d'autres termes, une lecture) de Zeno Kujawa autour de textes mythiques comme 'L'anatomie de la mélancolie" de Robert Burton et "Herbsttag" de Rilke. Comme son titre l'indique, "Melancholie" ne porte pas à l'extase les bras en l'air. L'auditeur évolue plutôt dans le domaine de la ballade électronique. Un périple remémoré ou réel, dans l'univers flou de la mémoire, du temps et de l'histoire. Le romantisme viennois (la ville d'origine de Fleischmann) dans tous ses états. Les mélodies cliquetantes et virevoltantes de Fleischmann, alliées aux contrepoints des instruments affectés par excellence que sont le violoncelle et le bandonéon, forment un ensemble cohérent dans lequel les fans de Lali Puna ou The Notwist se reconnaîtront aisément.

"Melancholie" étant un double CD, B.Fleischmann et Morr Music y présentent également une autre installation : "Sendestraße". De la même durée que la première, "Sendestraße" propose aussi une promenade virtuelle mais dans un lieu géographique cette fois, puisqu'il s'agit de la découverte du quartier de Bisamberg, un coin boisée et pittoresque de Vienne, aux rues bordées de vignes et de petits bars à vin. Toujours dans un esprit mélancolique, B.Fleischmann sample des fragments de piano de Schubert pour composer l'excursion. La pièce fut originalement commandée en 2003 par la Kunstradio Ö1, pour accompagner une visite complétée d'un pique-nique à Bisamberg.
Ces pièces sont trop longues pour être présentées sur myspace mais rien ne vous empêche de découvrir le travail de ce jeune producteur et compositeur allemand en vous rendant sur son profil.

B.Fleischmann - Melancholie (Morr Music/La Baleine)




Live : Explosions In The Sky à Paris

Posté par LovelyRita le 28.02.07 à 17:18 | tags : live, rock

Initialement prévu à la Maroquinerie, le concert d’Explosions In The Sky a été déplacé à la dernière minute au Trabendo. On se souvient de leurs premiers concerts parisiens à la Guinguette Pirate. Le groupe était parqué au fond de la cale, le public aussi et le tout tanguait au rythme de la Seine et des compositions d’EITS. Hier, retour sur la terre ferme pour un concert honorable et contractuel des Texans.

 

Le groupe a passé en revue sa remarquable discographie entre guitares furieuses, arpèges rebondissants et batterie galopante. Le post rock d’EITS ne cesse de fasciner, de captiver et d’éblouir, sauf hier soir où il a parfois manqué d’intensité. Comme s’il y avait un défaut dans la machine, comme s’il avait manqué un ingrédient magique, le concert n’a jamais vraiment décollé. Les compositions de leur dernier opus, All Of A Sudden I Miss Everyone, peinent à nous emporter. On ne peut rien reprocher aux anciens titres finement composés mais joués presque linéairement. "Greet death" et la violence de son intro parviennent à peine à nous faire vaciller. Pendant "Six Days At The Bottom Of The Ocean", on y est presque, au centre de la terre ou aux milieu des airs. On s’oublie momentanément, satisfait de s’être laissé hypnotisé. Au bout d’une heure et demie, "The Only Moment We Were Alone" et son déluge de guitares sonnent la fin du concert, qui est passé bien vite. Un concert pas mémorable avec quelques ratés techniques ; moins bien que ceux de la Guinguette, mais juste agréable.

Explosions In The Sky, 27 février, La Maroquinerie (Paris)







Sister Vanilla : JAMC pour les Nuls

Posté par Myosotis le 28.02.07 à 12:51 | tags : oubliés-de-la-pop, pop, rock

En attendant la vraie réunion du Jesus and Mary Chain, les frères Reid nous donnent un nouvel aperçu de leur talent (intact) avec ce premier album d'un sous-groupe baptisé Sister Vanilla, enregistré, comme le nom l'indique, avec leur jeune soeur Linda et composé sur une période de 10 ans. Trop jeune (une trentaine d'années) pour avoir participé aux aventures de ses frangins, la jeune femme avait été créditée de plusieurs chorus sur les albums du duo (sur Munki notamment en 1998), d'un travail, pas vérifié, sur les pochettes et globalement connue pour avoir accompagné le groupe sur quelques tournées mémorables.

L'album de Sister Vanilla porte en réalité bien son titre Little Pop Rock et offre un joli compromis entre le rock exigeant des frangins et une version pop plus accessible au commun des mortels. Les titres évoquent aussi bien les derniers Jesus que les travaux réalisés avec Hope Sandoval. On se situe ici clairement dans la face claire et joyeuse du JAMC. Sister Vanilla rapelle les meilleurs moments de Lush ou des Breeders par l'urgence et la nervosité de certains titres, le mélange plutôt réussi mais un peu convenu de mélodies travaillées et de nappages de guitares. Comme souvent avec les frères Reid, les chansons sont vite jouées, vite emballées et ne sont jamais alourdies par autre chose que du son blanc. Qu'on tienne ça pour une version féminine du JAMC ou non, une version light ou une déclinaison sous influence tout à fait honorable, Sister Vanilla s'appuie sur des vocaux bien placés, énergiques et sensuels et sur une solide base musicale qui évolue, au fil des titres, entre la pop la plus classique (Pastel Blue, K to Be Lost) et des morceaux plus bruitistes, tendance shoegaze, guitares débridées, électricité crépitante et effets de manche furieux sur Slacker, ou l'excellent Two of Us qui termine l'album. En 11 titres de rock acidulé dont un single en puissance le joli K To Be Lost, la famille Reid revisite d'une manière originale ses fondamentaux, se payant l'audace d'un Can't Stop The Rock qui reprend les affaires là où les I Hate/Love Rock n' Roll les avaient laissées, il y a quelques années.

Rappelons pour ceux qui n'ont pas suivi l'actualité des reformations que Jesus and Mary Chain a confirmé fin janvier sa présence au prochain festival Coachella, sans s'engager sur la sortie ou non d'un nouvel album. On regrettera presque cette réunion qui vient saborder les velléités de Jim de composer un nouveau supergroupe avec Phil King de Felt Mush et Loz Colbert, l'ancien batteur de Ride. En attendant, on se barbouillera les oreilles avec plaisir de cette soeur vanillée.

Extraits à écouter ici ou depuis le site de Chemikal Underground, le label écossais qui évidemment les abrite pour l'occasion.




Amours et critique

Posté par 2goldfish le 28.02.07 à 10:52 | tags : mp3, myspace, pop, rigolo

En tant que critiques et que mâles hétérosexuels sensibles, nous avons certaines responsabilités, la première étant peut-être de nous méfier des coups de foudre. Combien d'entre nous se sont-ils extasiés publiquement sur les vertus d'une chanteuse à la voix fluette et aux yeux de biche, pour se réveiller quelques mois plus tard avec un goût de carton dans la bouche et des feuillets parfumés à la violette couverts d'articles élogieux sur Sophie Zelmani ou Emilie Simon ?

C'est pour ça que je n'ai jamais approché Feist qu'à reculons, que j'ai attendu que la flamme dans mon coeur s'apaise un peu avant de décider de ne pas vous parler de Lettie et que je n'écoute Amy Millan qu'en la virile compagnie de Stars et Broken Social Scene. En ce moment je vous recommande de vous méfier de la dernière imitatrice de Kate Bush en date qui opère sous le nom de Bat For Lashes et qui tient déja Thom Yorke sous sa coupe ainsi que de de Jena Malone, l'actrice de Donnie Darko qui se lance dans la musique avec trop de réussite pour être honnête. Heureusement, je pense que nous sommes collectivement suffisamment endurcis pour accueillir le prochain disque de Scarlett Johansson les bras croisés et la tête haute.

De temps en temps, pourtant, il arrive une artiste au talent trop évident pour être ignorée. Tout à l'heure sur la Blogothèque, Chryde faisait passer la nouvelle que Music For Robots avait trouvé une chanson parfaite : Cheer Me Up Thank You de New Buffalo. Je fais passer le lien, comme sans doute beaucoup d'autres vont le faire, parce que je suis moi aussi d'accord : c'est parfait. Peut-être un peu trop, je devrais sans doute me méfier mais, à vrai dire, pour l'instant je m'en fous complétement.




Dälek : Much More into Darkness, much more into love

Posté par Maxence le 27.02.07 à 18:12 | tags : électro, hip hop, myspace

N'y allons pas par quatre chemins (on va pas faire nos Inrocks), le dernier album de Dälek est monstrueux, ambitieux, fort, en un mot indispensable !
Dälek est le projet hybride du MC et producteur américain du même nom. Artiste atypique, mêlant hip hop, electronica et rock dans une veine expérimentale, Dälek est loin d'être un nouveau venu même s'il reste encore peu connu dans nos contrées. On avait déjà pu apprécier le style du bonhomme sur Derbe Respect, Alder. Une battle d'anthologie qui l'opposait à Faust, le mythique groupe allemand free rock des 70's. Après Absence, claque frontale bruitiste d'une rare violence, de la trempe d'un Black Sabbath jammant avec sunnO))) (ou "Public Enemy contre Slayer"), Dälek revient avec ce qui semble être son manifeste, Abandoned Language, toujours sur Ipecac, l'iconoclaste label du furibard Mike Patton. Tout comme son prédécesseur, en plus subtil, Abandoned Language va en secouer plus d'un. Imaginez les mélodies nappées de verre pilé de My Bloody Valentine soutenues par la lourde rythmique industrielle de Scorn, le psychédélisme en plus, le tout survolé par le flow d'un MC au phrasé ultra-tendu. Voilà, c'est Abandoned Language. Une suite de tracks bourdonnants et puissants, parcourus de stridences lancinantes belles à en pleurer (non, vraiment à en pleurer. Ecoutez l'éponyme premier morceau "Abandoned Language"...). Scratchs plombés et flow cadencés. Structures ultra-complexes sur débit monolithique ("Paragraphs Relentless"). Puissant et doux ("Bricks Crumble"). Inquiétant et séduisant (le shoegaz hip hop de "Stagnant waters", "Starved for the Truth" et son saxo à la Ornette Coleman). Etrange bien sûr, mais aussi accueillant comme le cœur luxuriant d'une plante carnivore bardée de pointes empoisonnées (tout l'album). Abandoned Language est un piège magnifiquement enjôleur dans lequel on se laisse enfermer avec volupté. Abandoned Language est un album vraiment barré et pourtant totalement accessible. Abandoned Language est une ŒUVRE, une vraie ! Un manifeste hip hop dédié aux forces de l'ombre en célébrant l'abandon légèrement masochiste. Les vieux fans de My Bloody Valentine peuvent remballer leur nostalgie, le futur de la pop noisy et mélodique est dans le hip hop, il s'appel Dälek ! Comptez sur moi pour me faire le prosélyte de cet album ! Envie d'être violenté ? Allez visiter le profil myspace du bonhomme, et découvrez deux titres d'Abandoned Language, un d'Absence et un inédit de 2006.

Dälek - Abandoned Language (Ipecac/Differt-Ant)




Toute la pop dans une seule pièce

Posté par Easywriter le 27.02.07 à 18:03 | tags : live, pop

Samedi , les amateurs pop en pleine phase régressive (dont nous sommes) ont trouvé matière à nourrir leur plaisir honteux quelque part au fin fond de la Wallonie. Poni Hoax et The Only Room se partageaient l'affiche de la Soundstation, lieu de transhumance favori des 300 personnes qui font la nuit liégeoise.

Les cinq français de Poni Hoax déroulent un mélange electro rock bourré de gimmicks mais souvent inspiré. Approximatif Dandy en costard élimé, le chanteur Nicolas ressemble à un pote,qui fait comme un rat, ne pourrait s'empêcher d'imiter Ian Curtis – à moins que ce ne soit un fake de Jarvis Coker, j'étais bourré aussi. Musicalement irréprochable, le groupe de l'écurie Tiger Sushi évoque Pulp , Roxy Music (élucubration musicale + pose crooner) ou Taxi Girl (pour la trompeuse fragilité) . Meilleurs – en tout cas sur scène - dans leurs délires pop que dans les chansons (plus) funèbres et (plus) chiantes. Le buzz dont bénéficie le groupe est mérité mais relativisé par son leader : " Ca ira beaucoup mieux quand je serais plus au RMI". Erm...

Il est possible que j'ai les mêmes goûts musicaux que les membres de The Only Room mais ce n'est pas si évident. S'il n'a rien inventé sur le front de la pop music – pas plus que ses prédécesseurs du jour – le quatuor liégeois excelle dans le recyclage inspiré de la noisy pop. Si bien qu'on ne sait plus à la fin à qui il emprunte. A personne ? Emmené par la délicieuse Natalie Heinen (illus), le tout jeune groupe a un sens inouï de la mélodie aussi banale que séduisante et triture à l'occasion plutôt habilement le format couplet/refrain.
En écoutant leur EP on reconnait tantôt un riff du Wedding Present, tantôt un son de Sonic Youth. Ils caressent plus souvent encore le genre indie-poppy -rock d'enfants un brin gâtés (i'm a punk star radio) et font ça mieux que ces gros nuls de Superbus. This honey fights pourrait d'ailleurs faire un petit tube indé tout à fait honorable. Le groupe -dont l'enthousiasme sur scène est communicatif - cherche des dates en France (son myspace, son site) et rappelez vous que je suis le premier journaliste français à avoir écrit dessus.




J'ai acheté un poil pubique de Britney Spears

Posté par Myosotis le 27.02.07 à 12:50 | tags : people, rigolo, web

Après avoir bataillé comme un dingue sur ebay en espérant décrocher la natte complète de Britney Spears, sectionnée à la barbare par ses soins alors qu'elle entrait et sortait de sa cure de désintoxication, j'ai dû me rabattre faute de moyens (je n'ai pas pu vendre ma maison assez vite pour m'aligner sur les enchères qui ont atteint les 70 000 dollars) sur un site annexe qui proposait à la vente, un bien plus estimable et précieux encore : un authentique poil pubique de Britney Spears. (A real and authentic Britney's pubic hair from mysterious Doctor Benway)

Le poil en question, dont voici ci-dessous une photographie prise avec mon microsope électronique, m'a été livré avec un certificat d'authenticité signé par un certain Docteur Benway (que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam - était-ce le pédiatre de Britney avant qu'elle devienne une star?) dans une petite enveloppe plastifiée à liseret rouge qui contient ordinairement de la cocaïne. Il en restait quelques granules au fond du sachet que j'ai pris soin d'enlever. A l'examen, il semble que je ne me suis pas fait arnaquer comme les gogos qui continuent de visiter le site http://www.buybritneyshair.com/ et que le poil pubique soit bien authentique. Il est brun avec des reflets roux. Pour 653 euros, c'est une sacrée bonne affaire. J'ai eu le sentiment qu'il ondulait lorsque j'ai passé du Michael Jackson et qu'il se dilatait légèrement lorsqu'on en approchait un verre de Jack Daniels un peu trop près. Je ne sais pas s'il est possible, dans la mesure où je n'ai qu'un poil, de faire procéder à des tests ADN pour terminer ce processus d'authentification. En attendant, le cheveu de Britney Spears et moi sommes devenus les meilleurs amis du monde. Nous ne nous quittons plus.

 

 




Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark

Posté par 2goldfish le 27.02.07 à 10:28 | tags : eurovision, news, rigolo

Pour autant sympathique qu'elle fut, la victoire à l'Eurovision des finlandais de Lordi n'était pas, contrairement à ce qu'espérait tout un tas de gamins de douze ans avec des bracelets de force et des vestes en jean sans manches, la fin de l'ostracisme d'un genre musical injustement conspué et des boules de papier baveuses dans les cheveux longs et gras pendant le cours de maths. Nous leur sommes reconnaissants d'avoir fait exploser l'audience de ce blog pendant quelques jours, mais voilà la triste verité : vous avez une tête de mort sur votre T-shirt parce qu'on vous rejette, pas l'inverse, et Lordi à gagné grâce à l'indignation de Michel Drucker et non malgré elle.

Ce que signifiait cette victoire, c'était surtout la mort de l'Eurovision. Pas une mauvaise chose, remarquez : on achève bien les chevaux. Celui là était malade depuis longtemps. Ce qu'on va avoir à la place de l'Eurovision cette année, c'est un festival d'artistes ridicules et de costumes extravagants. Oui, ce sera comme d'habitude, sauf que là, "attention les amis *clin d'oeil* c'est fait exprès !". Pour la France, les candidats seront selon toute vraisemblance les Wampas, qui bien sûr ne gagneront pas puisqu'ils ne seront jamais qu'une blague franco-française. Pour les autres pays, ce sera de l'excentricité mesurée, socialement acceptable comme le premier candidat déclaré, cette drag queen du Danemark façon "tonton roger a mis le maillot de bain de sa femme au mariage de la p'tite cousine" et des chansons un peu kitsch mais qu'on essaye de faire bien quand même. Les clins d'oeil, ça passe, mais là on s'avance vers des coups de coudes insistants, des écrasements de pied et sans doute même des boules de papiers baveuses. On ferait mieux d'envoyer Patrick Sebastien directement.




Erik Friedlander and Teho Teardo : Ambiances Magnétiques

Posté par Maxence le 26.02.07 à 18:01 | tags : contemporaine, électro, myspace

Curieux comme les années post-punk (78-84) hantent la musique de notre temps. Qui s'attendait par exemple à un invisible tracks reprenant le "Warm Leatherette" de Daniel Miller alias The Normal (1978), sur cet album d'Erik Friedlander et Teho Teardo, deux personnalités globalement plus impliquées dans le domaine des musiques électroniques savantes, improvisées ou électroacoustiques ? Pourtant, ceux qui connaissent le parcours de Friedlander, fameux violoncelliste new yorkais habitué aux performances de John Zorn ou Laurie Anderson, ne verront qu'une encoche de plus sur "la tête" (c'est ainsi que l'on appelle le haut du manche du violoncelle) de son instrument. Toujours est-il que, de l'electroclash aux formations iconoclastes comme Zombie Zombie, il semblerait que nous soyons appelés à croiser ce morceau culte du post-punk tout au long des années 2000.

Mais revenons à Giorni Rubati, l'album de Friedlander et Teardo, une collaboration transatlantique inspirée de poèmes de Pier Paolo Pasolini, incarnée par un échange d'idées et de musiques accompagné d'un remix systématique des travaux respectifs des deux artistes. Cette association est à l'origine d'un espace acoustique oscillatoire et clapotant ("Munifried"), tantôt bruitiste ("Lacrime"), tantôt post-rock ("To The Red Flag") mêlant plus qu'habilement organique et électronique, qui s'impose à l'auditeur dés les premières minutes, ce qui est rare dans ce domaine musical. Oublieux des gimmicks tendances, les deux artistes développent leur univers sonore en toutes liberté, tout en prolongeant les travaux d'autres passeurs de frontières exemplaires comme le guitariste Oren Ambarchi ou les pianistes Kenneth Kirschner et Ryuichi Sakamoto (concernant ce dernier, on pense bien évidemment à sa collaboration avec Alva Noto).

Giorni Rubati est de ces albums puissants qui illustrent combien, aussi éloignés soient-ils, deux individus peuvent parfaitement former un macrocosme créatif. A l'image des âpres saillies d'archer qui remplacent les riffs de synthé du "Warm Leatherette" mentionné plus haut, Friedlander et Teardo sont à l'origine d'une musique charnelle et magnétique dédiée aux explorateurs de sons et aux curieux impénitents.
N'hésitez pas à vous rendre sur le profil myspace d'Erik Friedlander pour écouter une sélection de morceaux de Giorni Rubati, ainsi que sur celui du label marseillais Bip_hop qui propose l'étonnante reprise en question.

Erik Friedlander and Teho Teardo - Giorni Rubati (Bip_Hop/La Baleine)

 




Naast : dans l'antichambre du succès

Posté par Myosotis le 26.02.07 à 13:00 | tags : rock

Bah alors les Naast, vous en pensez quoi ? Puisqu'il faut faire le boulot, on en pense pas grand chose. Tout a été dit sur eux : le buzz orchestré par Rock n'Folk, sur le fondement de gènes (bien) partagés et quelques récits de concerts auxquels auraient assisté des légions d'adolescentes et des néogarçons à mèches. Et l'album ? Antichambre, ça s'appelle. De la mort évidemment ou alors antichambre d'une vieille bourgeoise qui, dans son cabinet de Joinville-le-Pont, reçoit de vieilles légendes du rock comme Iggy Pop ou les Clash, et attend que Docteur Doherty vienne lui administrer une dernière injection d'eau sucrée. Antichambre est un album de garage français, joué à toute berzingue et dont on aura la charité de ne pas commenter les textes. En 10 titres, les jeunes Naast (ne comptez pas sur moi pour faire la blague : "Naast - Nazes, pas si bête") envoient quelques mélodies plutôt bien torchées et exécutent leur partition en bon groupe clone des Strokes. Coeur de glace est une bonne chanson. La fille que j'aime évoque un Johnny des belles années ou un Dutronc des mauvaises. Mauvais Garçon pourrait sans honte figurer sur un vieil album de Daniel Darc. La voix du chanteur Gustave (à moins qu'on l'écrive Gustaav ou Gustav pour faire style) est à la limite du supportable, fragile et mal stabilisée, malgré un travail de production important. Possible qu'il n'y ait rien à en tirer. La section instrumentale maintient le tout à un niveau honorable (entre Les Chaussettes Noires et les Kinks, on se rend compte que l'écart rockab est mince) et masque une naïveté qui fait soit pitié, soit amène un peu de fraîcheur dans le rock français. Au choix. Le nôtre est fait : passées 3 écoutes attentives et professionnelles, le répertoire honteusement téléchargé est allé à la corbeille. Plus jamais ça. Il faut dire que ma dernière surprise-partie remonte à une vingtaine d'années maintenant. Une chanson de Doherty, composée après 3 nuits d'orgie, et jouée à la guitare sèche, vaut sans doute mieux que l'album entier de ce cover band des Stooges, option John Spencer Kinks Implosion. A part ça, les Naast s'écoutent et se regardent comme une curiosité sociologique (le rock en héritage ? l'éternel retour ?). Passionnant. En écoutant les Naast, j'ai pris instantanément 10 ans.

PS : pas compris pour la photo de pochette à l'envers. Pas compris. Pas cool. Mais dieu qu'ils sont laids.




Le peer-to-peer n'influerait plus les ventes de disque

Posté par 2goldfish le 26.02.07 à 10:28 | tags : mp3, web

l'oiseau soulseek ne ferait pas de mal à une moucheParfois les acrobaties que font certains esprits pour parvenir à rationaliser un comportement égoïste sont dignes du cirque de Pékin. Certains arguments des défenseurs les plus ardents du téléchargement, par exemple, relèvent de la même gymnastique que celle qui laisse des séquelles permanentes aux petites contorsionnistes chinoises. Ils feraient bien mieux de devenir objectivistes et d'admettre leur égoïsme plutôt que de tenter de faire rentrer "respect de l'artiste" dans "vol systématique de l'oeuvre". Il y a cependant de temps en temps quelques arguments irréfutables contre la guerre au piratage des majors, comme cette étude allemande sur l'effet du téléchargement sur les ventes de disques. Leur conclusion : cet effet n'existe pas. Les ventes de disques sont totalement indépendantes des téléchargements.

Quand on y réfléchit un peu, la baisse du chiffre d'affaire des maisons de disques ne peut plus raisonnablement s'expliquer par le téléchargement : le peer to peer n'est plus une nouvelle technologie aujourd'hui et parmi les personnes qui n'y ont pas accès, les revenus faibles sont sûrement largement représentés. Or si vous n'avez pas l'argent pour internet, vous ne l'avez sans doute pas non plus pour les CD. Les plus gros acheteurs de CD ou de musique en ligne peuvent télécharger illégalement depuis un moment, et lorsqu'ils achètent, c'est par choix.

Si le nombre de disque vendus est en baisse, c'est notamment parce qu'on regarde le nombre de disque envoyés aux magasins et pas le nombre que ceux ci vendent réellement. Le fait que les choses soient effectivement plus difficiles pour les disquaires fait qu'ils stockent moins et qu'ils sont plus frileux à commander dix caisses de Paris Hilton quand ils se doutent qu'ils n'en vendront pas la moitié d'une.




Turzi/Zombie Zombie : French Connection

Posté par Maxence le 23.02.07 à 18:12 | tags : ambient, électro, myspace, rock

Ça y est ! Il est sorti l'album de Turzi ! Sobrement intitulé A (mais pouvait-il en être autrement pour une artiste s'exprimant dans le domaine du rock "disciplinaire" ?), ce CD fait suite à l'excellent mini-lp Made Under Authority, soit 6 tracks de rock planant et métronomique, où Turzi faisait pour le krautrock ce que LCD Soundsystem fait au post-punk de la fin des 70's et du début des 80's. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, Zombie Zombie, le projet d'Etienne Jaumet et CosmicNeman (aka Neman de Herman Düne) qui s'inscrit lui aussi dans la pure tradition cosmic et kraut, sort son premier EP chez Versatile, le même mois ! Joie !

Même si la musique de Romain Turzi doit beaucoup à la musique allemande des années 70, la cohérence de sa démarche, son côté monomaniaque, sa retenue mérite bien en effet, le terme "disciplinaire". Disciplinaire ? Oui, car malgré les cavalcades de guitares hypnotiques, les vagues de synthés sidérales et l'aspect profondément psychédélique du projet, c'est bien d'anti-folie qu'il s'agit ici. Tout en Turzi est histoire de concentration, de cohésion et de métronomie. A la manière du fameux son "Motorik" allemand, oui, mais le plus rigoureux. Celui, mathématique, de Can par exemple. En ce sens, A est un pur produit de la contrainte assumée d'un individu dans l'hypnose, juste avant l'explosion libératrice. Du coup, la petite phrase surmontant la feuille d'info qui dit "La musique de Turzi provoque un bonheur fou" s'avère trompeuse. Si la musique totalement libre de Romain Turzi comporte quelque chose de fou, c'est justement qu'elle ne permet pas la folie ! L'hypnose, l'épiphanie, l'éblouissement, oui ! Mais pas la folie incontrôlée car chez Turzi tout est question de contrôle. La musique de Turzi est un rapt. Dans le même esprit, Zombie Zombie et sa kosmische musik robotique, éprouve l'auditeur en lui offrant de grands espaces à base de synthétiseurs de science-fiction, mais le grain même du son vintage du duo Jaumet/Neman tout de tension et d'électricité palpable semble plus proche de la convulsion épileptique que de l'abandon extatique. Pour preuve, leur premier maxi avec ses ballades spatiales et ses envolée vibratoires lancinantes, retombe dans la rudesse post-punk d'une reprise impeccable du "Warm Leatherette" de The Normal. Cette dualité pleine de tension : sensualité/rudesse, space-rock/monorythmie, fait la force du duo, comme celle de Turzi.

On pourrait d'ailleurs faire un amusant parallèle entre Zombie Zombie/Turzi et cette scène parisienne adolescente qui ne sait que pratiquer l'exutoire en reproduisant les gimmicks sur trois cordes d'un rock plus que trentenaire. Dans leur volonté affichée (et pince sans rire) de rigueur européenne, Turzi et Zombie Zombie puisent ailleurs les sources d'une musique magnétique parce que retenue et donc forcément plus profonde. La domination sadomasochiste du rythme, la négation d'une pseudo-rébellion du rock, l'hypnose dans la répétition... Toutes ces valeurs ont souvent été à l'origine de mouvements beaucoup plus durables parce que basés sur une véritable démarche, que ceux, jetables de la pop culture contemporaine.

Pas convaincu par cette fumeuse théorie ? Il reste toujours la musique ! Allez donc visitez les profils myspace de ces deux groupes : Turzi, c'est ici et Zombie Zombie, c'est par là.

Turzi - A (Record Makers/Discograph)
Zombie Zombie - s/t (Boom Boom Tchak/Versatile)




Threebutes

Posté par LovelyRita le 23.02.07 à 13:18 | tags : folk, myspace, news, rock

Amercian Laundromat Records n’a pas peur de paraître trop ambitieux. Le label de rock indé, basé dans le Connecticut, a décidé de lancer pas un, ni deux, mais trois albums tribute pour la fin 2007. En plus de la quantité, la qualité devrait être au rendez-vous, du moins si l’on juge des tracklisting provisoires. Tribute, oui, mais à qui ? Le premier à sortir est prévu pour octobre et sera consacré à Neil Young. Les reprises de ces titres ne manquent pas, les albums hommage non plus, mais on en remet une couche. Maintenant c’est à Kristin Hersh (Throwing Muses), Britta Phillips (Luna) et à d’autres de s’attaquer au répertoire de Neil Young. Le label a prévu de sortir ce double album Cinnamon Girl – Women Artists Cover Neil Young et de reverser les bénéfices à une association soutenant les femmes atteintes d'un cancer du sein. La tracklist sera évidemment 100% féminine. L’autre album de reprises, Gigantic, sera dédié à Kim Deal (Pixies, The Breeders) et on n’en sait pas plus pour le moment. Enfin, on verra aussi Dinosaur Jr, Mogwai ou They Might Be Giants réunis pour Dig For Fire, un tribute aux Pixies.

Pour suivre l’évolution des tributes :

www.myspace.com/cinnamongirltribute

www.myspace.com/kimdealtribute

www.myspace.com/pixiestribute




En Suède il fait chaud

Posté par 2goldfish le 23.02.07 à 10:45 | tags : pop, vidéos musicales, youtube

Je ne sais pas vous, mais moi j'en ai un peu marre de tous ces groupes scandinaves genre I Am From Barcelona qui jouent une pop ensoleillée alors que, vraisemblablement, ils ne savent même pas vraiment ce qu'est le soleil et que, surtout, j'ai le nez qui goutte et les pieds gelés mais même pas de neige pour skier. Et puis Sufjan Stevens qui laisse entendre que son prochain album-état sera la Californie, alors que si sa musique convient à quelque chose, c'est aux paysages enneigés et aux soirées d'hiver au coin du feu, pas au désert, à la sécheresse et aux plages ensoleillées où courrent des naïades en plastiques vieillissantes. Bref, ma bonne dame, y'a plus de climat. C'est pour ça que j'aime ce clip du suédois Loney, Dear tout en noirceur et en froideur (le vidéaste est le même que celui de The Knife) qui met bien en avant l'amertume sous-jacente d'une chanson quand même bien sucrée.

(merci à la Superette)



Jesse Sykes : la femme tranquille

Posté par LovelyRita le 22.02.07 à 18:27 | tags : pop, rock

Un filet d’accordéon, des arpèges à la guitare et une voix au timbre particulier pour une jeune femme. Voilà comment Jesse Sykes, accompagnée de The Sweet Hereafter ouvre la porte de ce troisième album. Pas de doute, avec Live Love Lust & The Open Halls Of The Soul on s’immerge entièrement dans l’alternative country. Solos de guitares, riffs hérités du blues et voix à la Janis Joplin. Avec son backing band, The Sweet Hereafter, elle revisite la musique des années 70 et pas que le rock. Avec ce superbe "The Air Is Thin", ballade tranquille et fragile, Sykes lorgne du côté de la soul en utilisant cuivres et chorale. Le morceau débute sur le souffle de Sykes pour s’achever sur une envolée généreuse mais pas pompeuse. La pop fait aussi quelques apparitions sous la forme de chœurs rappelant la musique psychédélique, comme dans l’introduction de "Spectral Beings" ou "I Like The Sound". Si la plupart des morceaux accompagne parfaitement une petite sieste dans un rockin’ chair, d’autres collent mieux à une ambiance on the road again. La Sykes si tranquille de "Eisenhower Moon" se fait alors plus furieuse, plus Patti Smithienne sur "You Might Walk Away", "I Like The Sound". Jesse Sykes, dont la voix est intemporelle (il est difficile de lui donner un âge) s’exprime dans cet album avec tranquillité et force à la fois.

Jesse Sykes & The Sweet Hereafter - Like Love Lust & The Open Halls Of The Soul (Fargo)




Quarante ans de cirque

Posté par 2goldfish le 22.02.07 à 12:58 | tags : en jpeg, pop

Au premier coup d'oeil on dirait l'un de ces jeux/outil de marketing viral où on doit deviner que les deux filles à tête de ciseaux représentent les Scissor Sisters et que dieu sait quoi représente Olivia Tremor Control. On peut effectivement jouer à ce petit jeu : une banane, des bottes de cuir brillantes brillantes, un violoniste... Mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Ca pourrait bien être André Rieu, mais c'est en fait de la pochette du triple CD de John Cale qu'il s'agit. Si vous cliquez dessus, vous aurez droit à une explication par le menu de son auteur Dave McKean, qui nous instruit, entre autres, sur la différence entre Pablo Picasso et Andy Warhol, et si vous préférez ne pas l'écouter lui, vous pouvez aussi écouter quelques extraits de la compilation en streaming.

La carrière solo de John Cale est beaucoup moins connue que celle de son comparse Lou Reed mais elle est bien plus intéressante. Si Lou a bien faits une poignée d'excellents disques tout seul dans les années soixante-dix, sa discographie est globalement plutot ennuyeuse. Cale lui a toujours oscillé entre ses origines avant-gardistes et ses vélléités pop et cette dualité à donné à ses créations une dynamique inépuisable, ou en tout cas jusqu'ici inépuisée. Il a été le producteur de quelques-uns des meilleurs albums des seventies (Patti Smith, les Modern Lovers, Squeeze ...) et a été un parrain du punk et de la new wave bien plus discret mais au moins aussi important qu'Iggy et Lou. Enregistré ces deux dernières années sur la route, Circus Live est à la fois un regard en arrière sur quarante ans de carrière et une réinvention intelligente des morceaux d'un homme qui n'a jamais cessé de chercher.




Invisible ?, la dissolution des Bérurier noir

Posté par Myosotis le 22.02.07 à 10:37 | tags : rock

Je ne sais pas trop ce qui m'a pris, mais l'autre jour, j'ai été saisi d'une envie de ré-écouter les Bérurier Noir. Après un petit rebalayage de Lobotomie, Concerto pour Détraqués et surtout de l'excellent Souvent fauchés, toujours marteaux, je me suis naturellement retrouvé à écouter le dernier album Invisible, sorti en toute fin de l'année 2006. J'avoue que cet album m'avait complètement échappé, alors que je me souvenais très bien de la belle déclaration de mai 2006 ayant scellé définitivement, semble-t-il, la mort du combo de François Guillermot, Loran et Dédé (le roi de la boîte à rythmes - absent sur l'album), ressuscité entre 2003 et 2006.

Considérant que l'aventure bérurière entre 1983 et 1989 est restée dans le cœur de tous comme une époque héroïque, empreinte d'amitié et de solidarité, et que nous devons la préserver ; considérant également que le retour du groupe entre 2003 et 2006 fut provisoire et qu'il ne s'agissait pas d'une reformation classique, le groupe Bérurier Noir décide de s'auto-dissoudre en mai 2006. Il sortira dans quelques mois un nouvel album intitulé "dérive mongole" pour signifier la fin de cette aventure collective, généreuse et combative, une façon de rendre hommage au mouvement de la jeunesse qui a soutenu le groupe depuis plus de vingt ans. Salutations bérurières."

Les Bérus auront été pour beaucoup les Clash français, rockeurs la nuit et ouvriers spécialisés le jour (l'un était animateur dans un club pour enfants, l'autre manutentionnaire, si je me souviens), puis têtes de pont de l'anarchisme et des libertaires de tous bords : engagés avec ce qu'on appelait pas encore le mouvement social, en lutte contre le tout sécuritaire, pour l'écologie et la joie de vivre. Plombés par un attentat étrange en 1988 contre la chambre des notaires et une sale campagne les rendant responsables d'une montée de violence venue d'extrême-gauche, leur dissolution était autant une affaire privée (les Bérus refusaient de gagner de l'argent et continuaient de bosser, ce qui n'était pas propice à l'épanouissement de leur art !) que politique. L'écoute d'Invisible (2006 donc, soit 17 ans après la fin du groupe) m'a bizarremment donné un coup de fouet (un rien nostalgique) tant l'album s'inscrit dans la continuité de mon souvenir d'ado. Incisifs mais modernisés par l'ajout de sonorités dub ou électro, les Béruriers Noirs continuent d'évoluer sur leurs thèmes et sons traditionnels : groupe de guitares sans batterie, riffs assassins, chant hurlé par François, paroles anti-tout ce que si présente. On y trouve donc des hilarantes chansons écolos (Le cerf, le druide et le loup ou la pluie), des références aux banlieues et à la société (Coup d'état de la jeunesse, On en a marre), des délires orientaux (Love in Laos), des trucs antiaméricains (Empire State Bulldog) et des hymnes nostalgiques (Liberté, Quelque part). Invisible est comme un vieux morceau de lave en fusion, qui aurait été conservé dans du journal millésimé 1983 (l'année de la mort du socialisme ?) et qu'on récupère aujourd'hui. La surface est encroûtée et refroidie, mais le coeur est encore chaud bouillant, et peut encore cramer deux trois voitures ou nous mettre en boule. Bien sûr, on peut s'amuser avec le temps qui passe à trouver les insurrections des Bérurier Noir prévisibles, bas du front et infantiles. On peut... mais on est pas obligés.




Nine Inch Nails retourne vers le futur

Posté par 2goldfish le 21.02.07 à 18:22 | tags : news, rock

J'avoue que je n'y croyais pas vraiment, mais il semble bien que Trent Reznor va effectivement sortir un disque cette année, à peine deux ans après With Teeth. Deux ans, c'est à peu près trois fois moins longtemps que d'habitude : apparemment, Trent n'a pour une fois pas pris le temps de resombrer dans les drogues, l'alcool et la dépression avant de reprendre le travail. Ou bien il a juste sauté la case désintox. L'un comme l'autre promettent un disque intéressant.

L'album s'appellera Year Zero et Reznor a laissé entendre qu'il s'agissait d'un disque beaucoup moins "commercial" que le précédent, pas mal critiqué par les fans du groupe parce qu'il était trop orienté "chanson". D'autant plus appétissant pour les dits fans, il y a apparement un concept derrière l'album, une histoire de science fiction révélée petit à petit par une campagne de marketing viral : tout d'abord le T-Shirt vendu lors de récent concerts dissimulait l'URL du site Iamtryingtobelieve.com, qui lui même donnait des indices pour découvrir d'autres sites contenant d'autres informations sur le futur de Year Zero et de nouveaux indices, etc... Si vous souhaitez suivre un peu la chose, vous trouverez un récapitulatif sur ce forum de fans. Si vous avez la flemme, pour faire court, ces sites parlent d'un futur où les Etats Unis sont devenus une sorte de dictature néo-conservatrice qui contrôle la population grâce à une drogue appelée Parepin.

Bon, on sait déjà que les paroles ne sont pas vraiment le fort de Reznor, et toute ce concept cyberpunk générique ne semble pas indiquer qu'il soit enfin sorti de l'adolescence. J'imagine pourtant bien un opéra-rock à la The Wall, malheureusement les premiers extraits de l'album (dont un a été trouvé sur une clé USB dans les toilettes d'une salle de concert) sonnent très exactement comme toujours le même vieux NIN. Suis-je le seul à voir une contradiction dans un artiste "indus" qui peaufine toujours la même recette comme un artisan ?




Economisons tous 100 000 dollars avec le Velvet Underground

Posté par 2goldfish le 21.02.07 à 12:41 | tags : mp3, rock, web

ouais, youpi la vie !

Vous vous souvenez de cet album inédit du Velvet Underground sur ebay ? Si comme moi, vous regrettez de ne même pas avoir tenté de convaincre votre banquier de vous faire un prêt sur cinquante ans pour l'acheter, vous trouverez une petite consolation dans le téléchargement de cet enregistrement (pas un véritable album inédit, mais plus un brouillon du premier album). Le son n'est pas génial et la différence avec les enregistrements disponibles dans le commerce est souvent minime. Bref, seuls les fétichistes de l'album à la banane devraient être intéressés. Heureusement, tout lecteur de Playlist qui se respecte fait partie de ces gens-là (au moins dans mon imagination).

Il serait sans doute inutile de rappeler le génie de cet album. Même les gimmick usés jusqu'à la corde des critiques ("ils n'en ont peut-être pas vendus beaucoup, mais chaque acheteur a formé son groupe") ne parviennent pas à en altérer la fraicheur ou même à générer un retour de bâton. D'ailleurs, vous trouverez toujours un petit malin pour remettre en cause les Beatles, le Velvet, lui, est intouchable. Allez, qui pour clamer son dégoût pour les violons électriques et les top-models qui chantent faux ?




Pantha du Prince : Sur la piste, enfumé comme un renard

Posté par Maxence le 21.02.07 à 10:31 | tags : électro, myspace, techno

Elle est là, clairement, cette techno psychédélique, enfumée et éthérée dont on nous cause à longueur d'année dans les magazines spécialisés ! Signé sur l'excellent label Dial, Hendrick Weber aka Pantha du Prince, aka Glüchen 4 - DJ, producteur et compositeur (bassiste, entre autres, du groupe Stella) - décroche la timbale du trip druggy du mois avec son album This Bliss. Tout ici, fleure l'évasion sous stupéfiants, la fuite par la grande porte, "celle" de la perception bien sûr (bien parti, on en rate quelques-unes forcément) ! "Asha" et ses pulsations souterraines, l'ultra deep "Moonstruck" (aah, la rondeur des basses et ce constant "bowwow" qui fait remuer le sol sous nos pieds !), "Urlichten", un track hypnotique saupoudré de clochettes en contrepoint, le punchy "White Out" avec son final totalement trippé qui va s'accélérant et s'accélérant pour finir par déformer le son au point qu'on croirait reconnaître un claquement de castagnettes, et surtout "Saturn Strobe", royal (normal pour un "prince") et lancinant avec ces violons samplés.

Les connaisseurs décèleront une constante sur tout l'album : l'usage massif du fameux Schaffel beat (littéralement "shuffle" en anglais), soit une rythme syncopé passant rapidement du classique 4/4 au 6/8, 3/4, voir 12/8. Des variations rythmiques qui créent un constant décalage et qui donnent immanquablement envie de secouer la tête (et le reste) comme un dingue. Sensuel, mélodique, mais aussi mélancolique, Pantha du Prince n'est pas signé pour rien sur le label de Lawrence, autre grand innovateur à l'origine du l'idée de "romantisme digital", ce disque est avant tout un fabuleux exemple de techno intoxiquée (et fière de l'être !), si habitée qu'on la croirait directement reliée à ce que la planète comporte de stimulants et de stupéfiants.

Ce sera d'ailleurs le mot de la fin : Stupéfiant ! A part ça, ne vous fiez pas à la pochette gothique, rarement disque aura aussi bien porté son nom, this really blissssssssssss. Allez donc jetez une oreille sur le profil myspace du bonhomme, vous pourrez profitez des leçons d'hypnose de "Moonstruck", rêvasser sur "Walden" et pleurez comme des madeleines sur "Saturn Strob" (ok, j'exagère un peu).

Pantha du Prince - This Bliss (Dial/Nocturne)




Fini Arab Strap, bonjour Malcolm Middleton

Posté par LovelyRita le 20.02.07 à 18:27 | tags : live, news, pop, rock

Maintenant que le groupe Arab Strap s’est dissout, Malcolm Middleton peut se consacrer à 100% à sa carrière solo qu’il a entamé en 2003 avec son premier album. Son nouvel opus, A Brighter Beat sort courant mars 2007, des extraits sont dispo en écoute sur son site. Pour les amateurs de pop dépressive au goût de houblon, notez que Middleton sera en showcase le mercredi 21 février au Truskel (à Paris, dans le 2ème arrondissement) à partir de 23h15. L’Ecossais reviendra en France fin mars pour un concert au Café de la Danse en première partie de Bright Eyes.




Sean Lennon, maître de conf' à la Sorbonne

Posté par Daveinthehay le 20.02.07 à 15:20 | tags : agenda, pop

Dans les rails de sa prochaine tournée Friendly Fire, Sean Lennon investit les bancs de la Sorbonne mardi 20 février à partir de 20h45. Prof d'un soir, il animera une conférence-débat sur l'inspiration et la création artistique, le tout illustré par une sélection de courts métrages (de son cru) et d'un set acoustique. Pour les quelques 50 millions de non-parisiens qui ne pourraient en être, le rendez-vous sera retransmis sur le blog de Lennon Jr dans les jours suivants. Où l'on apprend déjà que l'auteur-compositeur est on ne peut plus inspiré par les crêpes...

Réservation obligatoire soit par téléphone au 01 46 40 33 72, soit par mail : agenda-culturel@paris-sorbonne.fr

 
Les conseils gastronomiques de Sean, c'est sur http://musique.fluctuat.net/sean-lennon/



We are the (cheap) Robots

Posté par Myosotis le 20.02.07 à 12:22 | tags : électro

La scène 8-bit s'est développée avec l'Internet et ce qu'on a appelé plus tard la vidéonostalgie où nostalgie des premiers gamers pour les jeux vidéos des débuts : Atari, GamE Boy, Amstrad,... Elle a depuis connu une progression constante et servi de plateforme de réinvention pour la plupart des genres musicaux, accouchant notamment d'un nouveau sous-genre électronique, sorte d'équivalent low-fi dérisoire des musiques électroniques et creuset d'une créativité que cette compilation ne démentira pas. Ce Tribute à Kraftwerk regroupe en effet (on s'est documenté) la plupart des stars du genre, regroupées ici sous le libellé d'8-bit operators, et cela s'entend. Des Roboter de Bacalao à la ligne de bass acide et au groove affolant, jusque l'imparable Antenna de Bitschifter (le Mozart du 8-bit), en passant par une déconstruction plus qu'habile de Trans Europe Express par les Receptors, on navigue ici de l'excellent au très bon. La technologie 8-bits,loin d'handicaper les musiciens, leur permet de manière surprenante de mettre en avant dans chaque morceau du groupe allemand une lecture évidente (qu'elle fut pop pour le Computer Love de Covox ou technopop sur Radioactivity de David E. Sugar, reprise contestable du hit n°1 de Kraftwerk) et tout à fait lisible. Cela évite, technologie oblige, de tomber dans les travers habituels des disques de reprise ou tribute, à savoir copier (mal)honnêtement l'original pour en faire quelque chose de ressemblant et moins bon, OU le saccager pour jouer au plus malin. Ici, les 8-bit operators se montrent à la fois fidèles aux auteurs de Spacelab et très créatifs dans leurs relectures. Une vraie bonne surprise avec une fin en apothéose : reprise drum n' bass mâtinée de sons live de Die Mensch Maschine par un dénommé gWen and counter reset qui mérite à elle seule le détour.

Ca s'écoute ici : http://www.myspace.com/8bitoperators

 




Ne vous faîtes pas tatouer

Posté par 2goldfish le 20.02.07 à 10:25 | tags : en jpeg, rigolo, rock

c'est flippant l'homoérotisme dans cette imageLe premier groupe que j'ai vraiment aimé passionément, c'était les Guns'N'Roses (oui, je sais, mais j'avais dix ans). Puis il y a eu les Smashing Pumpkins dans mon adolescence. A un moment pas si lointain, j'ai beaucoup aimé Ryan Adams. Je suis à peu près certain que je serais à un moment ou un autre dans le futur très embarassé d'avoir pu aimer certains artistes que je ne remets absolument pas en question aujourd'hui. C'est pour ça que jamais je ne me ferais faire de tatouage.

Je conviens bien sûr que je suis à 100% pas du tout rock'n'roll, et qu'après tout si dans vingt ans on me demandait qui c'est ce type poilu sur ma fesse gauche, ça me ferait un très bon pretexte pour expliquer qui est Kyp Malone et parler de ma passion pour TV On The Radio. Avant de foncer vous faire tatouer, cependant, jetez un oeil à ces photos de tatouages rassemblées par notre bloggueur favor Jésus. J'ai beau toujours aimer Neutral Milk Hotel ou Elvis Costello, faut bien le dire : en tatouage ils ne rendent vraiment pas terrible, et je ne vous parle même pas de choix plus douteux comme la tête de Billy Joe Armstrong. Toujours pas convaincu ? Le blog Yuppie Punk en a plein d'autres.




Dossier ambient : vous êtes dans le flou ? Lisez Flu !

Posté par LovelyRita le 19.02.07 à 18:56 | tags : ambient, flu
L’ambient, vous connaissez ? On sait tous plus ou moins ce que c’est ou à quoi ça ressemble, mais je mets au défi n’importe qui de définir précisément ce genre musical !!! Plutôt que de rester dans l’à peu près, l’équipe de Flu vous propose un nouveau dossier thématique, consacré à l’ambient. L’histoire de ce mouvement, ses sous catégories, ses artistes phares, on vous explique quasi tout. Voilà de quoi sortir l’ambient de l’obscurité.



Go-go gadgeto guitare!

Posté par 2goldfish le 19.02.07 à 17:23 | tags : rigolo, web

The Darkness serait très intéresséChaque année, la NAMM, l'association des professionnels du matériel musical américain, tient comme tout le monde son propre salon. L'occasion pour nous de découvrir un tas d'objets improbables. Il y a évidemment de nombreuses guitares tunées, avec souvent toute l'élégance qu'évoque le terme tuning (j'aime personnellement beaucoup la double-guitare en forme de dragon). Il y a aussi les objets pratiques, comme le saxo de poche, les gants pour batteurs avec des sangles pour tenir les baguettes ou le support de guitare qui s'attache sur un fauteuil roulant. Et puis d'autres trucs plus ou moins compréhensibles, comme la batterie avec écran plat intégré, un instrument dont on joue en ouvrant et fermant sa main, les amplis motorisés... De quoi satisfaire tout le monde de Spinal Tap à Brian Eno.




LCD Soundsystem : Tribulation d'un nord américain en europe

Posté par Maxence le 19.02.07 à 10:32 | tags : électro, en jpeg, news

Ça y est ! Ils annoncent la sortie du single "North American Scum" de LCD Soundsystem pour le 05 mars prochain. Bon vous savez maintenant que Fluctuat est partenaire avec EMI (et DFA) sur ce coup là. Et pour une fois, on ne s'en plaindra pas. La parution du single sera d'ailleurs l'occasion d'évaluer si ce futur hit signé James Murphy vaut le tapage qui se profil déjà à l'horizon. Personnellement, ici à Flu', cette hilarante tirade paranoïaque sur l'anti-américanisme primaire, doublée d'un hymne hédoniste, mi-Mark E. Smith (The Fall), mi-Cabaret Voltaire période disco, emporte toute notre adhésion (enfin, c'est mon avis et je le partage !). Hormis les habituels remixes, le single comporte un inédit, "Hippie Priest Bum-Out", qui rien qu'au titre doit valoir son pesant de The Fall aussi. Souvenez-vous, "Hip Priest" sur Hex Enduction Hour. En attendant le clip (que vous aurez bientôt l'occasion de déguster ici même) vous pouvez également écouter tout l'album Sound Of Silver en streaming sur le site de LCD Soundsystem. Ou lire ce petit comics, The Adventures of LCD Soundsystem's James Murphy. Enjoy !




Motor : Mechanische Angst

Posté par Maxence le 17.02.07 à 13:20 | tags : myspace, vidéos musicales, youtube

Basic, brutal, bête mais efficace. Une pure expérience de psychédélisme noir, entre Plastikman, Suicide et Pan Sonic. Ce que le rock est à la techno est incarné par MOTOR. J'adore ce morceau, même si le clip n'est pas convaincant. Fermer les yeux, poussez le volume à fond, c'est parti ! Et bon week-end !




The Fall par delà le miroir : The Twilight World of Mark E. Smith

Posté par Maxence le 17.02.07 à 11:58 | tags : à lire, punk, rock, the fall

Beaucoup l'ignore, mais au début des années 80, Mark E. Smith, leader incontesté de The Fall, développe dans ses chansons, une mythologie post-industrielle à base de gnomes, trolls, spectres, gobelins et autres créatures magiques de l'obsurité. A Manchester la grisouille (encore pire à l'époque, que sa cousine Sheffield paraît-il) il n'y a pas que la fumée qui sourd lentement des cheminées des usines. Mark E. Smith voit dans ces images d'une industrie en pleine déliquescence, l'ombre de Yog Sothoth et autres monstruosités Lovecraftiennes (Lovecraft dont M.E.S est un grand lecteur) et les friches à l'abandon qui entourent la ville, sont pour lui une constante source d'inspiration.
Des obsessions pour ce que l'on appellerait aujourd'hui la "fantasy urbaine" (courant littéraire incarné entre autre par Neil Gaiman, Robert Holdstock ou Eoin Colfer) qui commencent avec Dragnet ("Psychic Dancehall") en 1979 et culminèrent avec The Grotesque (After The Gramme), un parfait pendant post-punk au White Light White Heat du Velvet Underground avec qui The Fall partage un goût prononcé pour les amphétamines, et Hex Enduction Hour, un album étrangement lumineux malgré son fatras de dissonances (les amateurs de Liars feraient bien de se précipiter sur ce disque immense), enregistré en parti aux pays des fées, des elfes et des lutins, la finlande.
Cette réalité de l'œuvre Smithienne du début des 80's, est merveilleusement décrite dans un essai en trois parties de Mark Fisher, Memorex of the Krakens: The Fall's Pulp Modernism, disponible gratuitement sur l'excellent site K-Punk. Memorex of the Krakens: The Fall's Pulp Modernism Part 1, Part 2 & Part 3.




Golden Skans la vidéo

Posté par LovelyRita le 16.02.07 à 18:49 | tags : rock, vidéos musicales

Après ces agressions visuelles :


Les Klaxons reviennent en vidéo avec ça.

Adieu les univers claustrophobes et fluos de leurs deux premiers clips et bienvenue à la beauté, la poésie et à la légèreté suggérées par la vidéo de leur dernier single "Golden Skans" (un tube, soit dit en passant). C’est à mi-chemin entre Tigres et Dragons et les épreuves de ruban à la GRS. Ah ces rubans, ces corps nus...




Concours LCD Soundsystem en concert à Londres

Posté par LovelyRita le 16.02.07 à 15:30 | tags : électro

Une envie soudaine de passer de l’autre côté de la Manche pour faire le plein de bonnes vibrations musicales ? Fluctuat vous donne les moyens d’assouvir votre folie en vous offrant un voyage pour deux à Londres pour assister à un concert privé de LCD Soundsystem. Si vous répondez correctement à notre question (ci-dessous), vous remporterez peut-être un aller-retour à Londres, l’hébergement sur place et des entrées pour le concert qui a lieu le 5 mars et le tout pour deux personnes !

 

Quel était le nom du premier groupe de James Murphy ?
A. Lightning Bolt
B. Speedking
C. June Of 44

Pour participer (et répondre à la question), visitez le site du concours.

Pour trouver la réponse et en savoir plus sur LCD Soundsystem, c’est ici.




Emperor Machine & Padded Cell : Electro Circus

Posté par Maxence le 16.02.07 à 12:57 | tags : disco, électro, myspace, news

C'est toujours un plaisir de retrouver le petit cirque électro cosmique de DC Recordings et sa ménagerie de freaks (Mutant Squirrels, funky robots, électro zombies, psychopompes & autres monsters). Nous l'avions déjà écrit il y a six mois, DC Recordings est le label qui illustre mieux que tout autre l'effervescence mutante disco qui sévie actuellement dans les musiques électroniques. Démonstration en trois étapes avec la parution de deux nouveaux EP de The Emperor Machine constituant la fameuse saga Vertical Tones and Horizontal Noise, d'une part et celui de Padded Cell, de l'autre. Sur Vertical Tones and Horizontal Noise 5 & 6, Andy Meecham (également Big Two Hundred, Chicken Lips et ex-Bizarre Inc) exprime une fois de plus son amour des sons bleepés et des nappes de vieux synthés 70's. Le son vintage, Andy, c'est son truc et on ne lui reprochera pas tant cette fusion inusitée de krautrock, de spacerock, de funk et de bidouillages électros (globalement Can, Spacemen 3, James Brown et les BO de John Carpenter partouzant de concert) est purement jouissive. Vertical Tones and Horizontal Noise 5 propose "Labocatocs", un titre inédit en hommage aux travaux retro-futuristes du graphiste de DC Recordings et un remixe de "Rimramram" par Ava. L'opus 6, lui, revisite "Who You" et "Monkey Overbite" (tous deux présents sur l'album de The Emperor Machine) tandis que Vincent Markowski remixe "Labocatocs". Avec The Emperor Machine, c'est clair, P-Funk veut dire Psyché-funk ! Allez donc faire un tour sur son myspace, vous n'en reviendrez pas.

Autres grands allumés de l'écurie DC, Richard Sen and Neil Beatnik de Padded Cell, attaquent très fort avec Moon Menace, dernier né du duo. Le titre éponyme est une évocation science-fictionnesque de plus de 7 minutes, surfant sur l'ambiance electro-kitsch des BO de Cosmos 1999 ou Planète Interdite. "Faces of The Forest", lui, rend hommage à la no wave et au punk rock américain de la fin des 70's, samplant une basse purement stoogienne et un riff de sax obsessionnel digne de James Chance & The Contortions. Explosif ! Là aussi, une visite du profil myspace du duo est fortement conseillée. Attention, ces disques sont uniquement édités en vinyl ! (DJ allowed.)

The Emperor Machine - Vertical Tones and Horizontal Noise 5 & 6 - 2X12 " (DC Recordings/La Baleine)
Padded Cell - Moon Menace 12" (DC Recordings/La Baleine)




The Cook, The Bad & The Queen

Posté par LovelyRita le 16.02.07 à 10:05 | tags : pop, rock, vidéos musicales
La vidéo de "Kingdom Of Doom" de The Good, The Bad & The Queen est disponible. Tourné en noir et blanc, le clip est tout simplement une sorte de clip-docu-tranche de vie qui se transforme en leçon de cuisine faite par Damon Albarn. Tous les membres du groupe sont installés dans la petite cuisine dans laquelle Albarn prépare un english breakfast comme il se doit. Il sait chanter, écrire des chansons, couper des oignons et faire des oeufs aux plats ! What else ?
 
Pour voir la leçon filmée c'est ici :
 



Let's Make A Video

Posté par LovelyRita le 15.02.07 à 16:37 | tags : rock, vidéos musicales

Avant de pouvoir visionner le prochain clip des CSS, les fans de l’électro-rock à la brésilienne devront mettre la main à la pâte. Pour leur prochain single, "Alcohol" le groupe a décidé de confier la réalisation de la vidéo à l’un de ses fans, mais lequel ? Le groupe propose ce concours jusqu’au 15 avril. Petite contrainte : la vidéo doit obligatoirement mettre en scène le groupe en reprenant des séquences mises en ligne sur un site italien, QOOB. Et petite récompense : un pactole de 2 000 euros.

Des infos, ici 

Et si vous manquez d’inspiration :




L'éternel été de Christian Fennesz

Posté par Maxence le 15.02.07 à 11:58 | tags : ambient, électro, label, myspace

Excellente initiative du label autrichien Mego (dont les activités reprennent après une interruption d'un an, sous le nom d'Editions Mego) que cette réédition du mythique Endless Summer de Fennesz originalement paru en 2001.
"Où va le rock ?" se demandait le rock critique Lester Bangs en 1975 dans un article de Creem sur Kraftwerk. "Il est en cours de capture par les Allemands et les machines" répondait-il quelques lignes plus loin. On ne peut que constater aujourd'hui, à l'heure d'un revival krautrock galopant et d'une techno majoritairement teutonne, combien il avait raison. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne cet éternel été Fenneszien, et cela, même si son auteur est en fait autrichien.
Fennesz, guitariste de formation a débuté sa carrière au sein d'un groupe nommé Maische. Sous influence Sonic Youth et My Bloody Valentine, Maische joui d'un succès local mais ne donne pas libre court à toute l'inventivité de Fennesz, qui entame une carrière solo en 1990. Il se fait remarquer en 1997 avec Hotel Paral.lel, un coup de maître mariant machines et guitares dans un festival de saturation et de bleep évoquant parfois la balade au cœur des machines de Pan Sonic (alors Panasonic) ou Jim O'Rourke dans ses travaux les plus abstraits. Après de nombreuses collaborations, dont le fameux Fenn O'Berg avec le même O'Rourke, Fennesz accouche de son chef d'œuvre : Endless Summer. Inspiré par la pop des Beach Boys (dont il reprend le titre d'un fameux documentaire) mais également placé sous l'égide des techniques développées par le musicien depuis Hotel Paral.lel, Endless Summer est à l'electronica ce que Sergent Peppers fut à la pop ou Loveless au shoegazer, l'album de la consécration. Cette union de laptop et de guitare filtrée est particulièrement réussie sur l'éponyme "Endless Summer" et ses arpèges pop se développant après une hésitation de hoquets et de drones. Un morceau que n'aurait pas renié Brian Wilson s'il avait été équipé d'un home studio dernier cri. Sur "A year In A Minute" et "Happy Audio" Fennesz nous rappelle aux bons souvenirs d'un Kevin Shields au sommet de sa forme, tandis que "Made In Hong Kong" ou "Caecillia" explore le domaine post-rock en repoussant encore plus loin ses propositions. Mélodies et abstractions dans un parfait équilibre, c'est l'alchimie idéale qui fait d'Endless Summer l'album culte qui ouvrira la voie à la scène laptop et guitare que nous connaissons aujourd'hui, de Donato Warthon à Leo Abrahams, en passant par Ashis Mahapatra ou Robert Hampson. Notez que cette édition a été entièrement remastérisée par Fennesz lui-même et qu'il bénéficie de deux magnifiques inédits : "Badminton Girl" et "Endless". Les curieux ne manqueront pas de se rendre sur le profil myspace du bonhomme pour y découvrir "A year in a Minute" et "Endless Summer", deux parfaits exemples de ce que peut offrir l'union guitare/machines portée à son paroxysme par le talent d'un artiste comme Fennesz.

Fennesz - Endless Summer (Mego/La Baleine)




Du nouveau pour Elliott Smith

Posté par LovelyRita le 14.02.07 à 18:52 | tags : news, pop, rock
Le label Kill Rock Stars a annoncé la sortie prochaine de New Moon, compilation de titres du défunt songwriter Elliott Smith, édité sur CD et vinyle. Kill Rock Stars et Elliot Smith dans la même phrase ??? Ça fait tout bizarre, soit dit en passant. Prévu pour début mai, le double volume réunit des compositions enregistrées par Smith entre 1995 et 1997. On y retrouvera entre autre des versions démos de titres déjà publiés sur ses albums ("Miss Misery", "Pretty Mary K")

Le tracklisting :

CD 1 :
1. "Angel in the Snow"
2. "Talking to Mary"
3. "High Times"
4. "New Monkey"
5. "Looking Over My Shoulder"
6. "Going Nowhere"
7. "Riot Coming"
8. "All Cleaned Out"
9. "First Timer"
10. "Go By"
11. "Miss Misery" (Early Version)
12. "Thirteen"

CD 2 :
1. "Georgia Georgia"
2. "Whatever" (Folk Song in C)
3. "Big Decision"
4. "Placeholder"
5. "New Disaster"
6. "Seen How Things Are Hard"
7. "Fear City"
8. "Either/Or"
9. "Pretty Mary K" (Other Version)
10. "Almost Over"
11. "See You Later"
12. "Half Right"

Dernière précision : une partie des bénéfices ira à l’association de Portland, Outside In, qui œuvre pour les jeunes sans-abris.



Scratch Massive : Le poison dans la tête

Posté par Maxence le 14.02.07 à 16:44 | tags : électro, news

Certains se souviennent peut-être du "Naked" de Scratch Massive, un mix kaléidoscopique enregistré live au Pulp, mêlant habilement électro old school, minimalisme et énergie rock ? Et bien c'est dans cet esprit que vous devrez aborder Time, le nouvel album du duo français, tout en vous attendant à un supplément de sensations. Time bénéficie en effet des bons et loyaux services d'un producteur de renom en la personne de Moritz Von Oswald (moitié du duo Maurizio, excusez du peu) ! Un gage d'efficacité et l'assurance d'une production tranchante pour un album qui aurait pu s'appeler Naked, justement, au vu de son éloquente pochette. Facile me direz vous ? C'est vrai, même si une fois de plus Maud Geffray et Sébastien Chenut semblent avoir choisi la sensualité comme fil conducteur. Et de la sensualité le duo en a à revendre, une lascivité malade même, toujours au bord de l'explosion ("SM" ça vous dis quelque chose ?) Dans ces conditions, les plus pervers d'entre vous trouveront certainement l'occasion de se contorsionner sur "Dance" ("I hate you sucker" murmure la belle), le hit porno chic de l'album. Mais cet état d'esprit ne doit pas faire oublier les subtilités qui habitent ce disque troublant. Le dub electro torturé de "Shining in My Vein", par exemple, son rythme lent qui prend son temps pour se développer avant d'emporter l'auditeur dans un déluge de guitares new wave. "Girls On Top", déjà remarqué sur Naked, mais ici totalement déstructuré et remanié, ou le titre minimal imparable, "Like You Said" (prévoir une forêt de bras en l'air en live). Time, comme son titre le laisse entendre n'est pas non plus exempt d'états d'âme. Ainsi une sourde mélancolie vient se mêler aux saveurs electros pop de "Soleil Noir" et de l'introspectif "Shadows", même si la rédemption n'est jamais loin (Scratch Massive entretien toujours le petit filet de lumière au bout du tunnel). Reste, qu'il fallait un certain cran pour affronter ces démons. Tout comme il en fallait pour reprendre l'intouchable "Three Imaginary Boys" de The Cure (j'en vois déjà qui défaillent). Globalement, Time n'accède pas immédiatement au statut d'incontournable, il infuse comme un poison dans la tête et s'installe discrètement en vous. Souhaitons à ces auteurs que ce soit pour longtemps. En attendant, n'hésitez pas à vous faire un petit shoot quotidien, en vous rendant sur le profil myspace du duo. Vous pourrez y découvrir les excellents "Shining in My Vein", "Dance", "Girls on Top" et surtout "Three Imaginary Boys" !

Scratch Massive - Time (Chateau Rouge/Nocturne/Kompakt)




Le Jeu des Seconds Couteaux

Posté par Myosotis le 14.02.07 à 12:21 | tags : people, rigolo, rock

Petit jeu rock pour me faire pardonner l'extrême facilité de l'autre fois (pas sûr que ce soit mieux cette semaine - le record reste de 50 minutes pour l'année 2007, 28 minutes, en 2006), dédié aux Seconds Couteaux de l'Histoire du Rock, ces personnages essentiels qui vivent dans l'ombre des idoles et que personne ne reconnaît vingt ans après. Parmi ceux qui vous sont présentés ici, certains ont effectivement une portée anecdotique, d'autres sont réellement importants.

1. Identifier les 6 personnes photographiés ci-dessus et indiquer brièvement comment et pourquoi ils sont connus ?

2. L'une de ces 6 personnes est un intrus. Trouver ce qui le différencie des autres.

3. L'un(e) des 6 aurait pu être autrement plus célèbre qu'il ne l'est aujourd'hui en raison de ses antécédents familiaux et de son parcours de jeunesse. Lequel et pourquoi ?

Le premier qui a tout bon, comme d'habitude, reçoit un superlot (parfois minable, à vrai dire, selon ce qu'on m'en dit), constitué d'au moins 2 CD mystère.

 




Solenoid : ADN Music part.2

Posté par Maxence le 13.02.07 à 19:29 | tags : électro, mp3, news

Nous vous parlions il y a un an de cela, des recherches menées conjointement par l'artiste John Dunn et la biologiste Mary Ann Clark à propos de ce qu'ils nomment la "sonification" des protéines. Avec Supernature, l'album de Solenoid, sorti il y a quelques mois déjà, David Chandler nous prouve qu'il n'est nul besoin d'être titulaire d'un doctorat en biotechnologie, ni de s'y connaître en séquençage du génome humain, pour accoucher d'une œuvre vivante et frétillante.
Et frétillante, la musique de David Chandler l'est bel et bien ! Pétillante même ! Normal pour un album concept d'acid house ("acide" comme dans "acide désoxyribonucléique" ou ADN, vous saisissez ?) Et l'avantage en temps qu'artiste, c'est qu'autant la science est largement tributaire des progrès technologiques dans le domaine de la recherche, autant celui de la création musical peut amplement se passer de la gamme de technologies high-tech proposé sur le marché de l'édition musical. Un paradoxe qui ferait bien rigoler David Chandler, a.k.a Solenoid, puisque justement, le propos de Supernature est de dépeindre les technologies de la biologie du futur et les combats de demain avec le minimum technologique requis. C'est donc à un festival de vieilles TB 303 et de boite à rythme Roland TR606 que l'on doit cet album inspiré par les nanotechnologies, la recherche génétique, les rivalités souterraines entre puissantes firmes biotechs et partisans de l'alter-mondialisme. Musicalement, Solenoid est bien connu des aficionados pour ses productions electronica sur les labels Emanate ou Outward Music. Sur Supernature, Chandler est clairement partagé entre cet amour originel, l'electronica vintage ("July's War Butterflies", "ThighHigh"), les ritournelles mélancoliques ("Sponge Bath", "Protein/Lemuria") et son intérêt pour le rythme hypnotique de la house robotique originaire de Chicago ("Drack Soul", Blowatcher"). Une bonne chose puisqu'au final, Supernature marie visions futuristes, émotions, purs moments de transe et mélodies. Un vrai disque de science-fiction. A écouter en mp3 sur le site d'Orac, July's War Butterflies.

Solenoid - Supernature (Orac/Nocturne)




Steve Jobs contre les DRM

Posté par 2goldfish le 13.02.07 à 15:27 | tags : à lire, ipod, news

Steve Jobs, c'est un peu le tonton cool du geek, tellement plus décontracté que papa Bill Gates. Il fait des ordinateurs sympas et colorés sans vous prendre la tête, et puis il bosse dans la musique aussi, il est pas du tout square comme papa avec sa cravate qui lui donne l'air constipé. Tenez, alors que Bill Gates embête tout le monde avec son Windows Vista bourré d'espions et de verrous, Steve lui vient de se déclarer contre les DRM sur son blog.

Parce que oui, la musique qu'il vend sur Itunes est pleine de DRM, et alors que l'Europe l'embête de plus en plus avec ces histoires d'interopérabilité, il s'est dit qu'il était temps de contre attaquer : toutes ces protections, il n'en veut pas vraiment, lui, ce sont les grandes maisons de disques européennes qui l'ont obligé à les mettre là, et c'est la nécessité de garder secret la recette du "Fair Play" (le nom du système de DRM d'Apple) qui l'empêche de le licencier à d'autres acteurs du marché pour permettre l'interopérabilité.

Alors, Steve, il est vraiment cool ou juste faux-jeton. Eh bien ni l'un ni l'autre : il explique lui même que les ventes sur l'Itunes music store ne sont rien comparées à celles de l'Ipod, et qu'il n'a pas grand chose à perdre en se débarassant des DRM (il y aurait peut-être même à gagner). Alors laissez-le un peu tranquille à propos des DRM et de l'intéropérabilité et allez plutôt vous plaindre auprès des vrais responsables : Sony-BMG, Universal et EMI. C'est marant comment on retombe toujours sur ces trois là dès qu'on parle des problèmes du monde de la musique. Je suis toujours pas plus fan de Steve Jobs que de Bill Gates mais, pour le coup, accordons lui d'avoir à peu près complétement raison.




Votez pour Morrissey !

Posté par LovelyRita le 13.02.07 à 12:10 | tags : pop, rock
Le fan de Morrissey est une espèce particulière. Il ne mange pas comme nous, il fait pousser des glaïeuls (fleurs préférées du chanteur) et il est surtout très coriace. On connaît son acharnement et sa motivation pour perpétuer la légende du Moz. Lorsque les fans du chanteur du feu The Smiths ne se rassemblent pas en foule pour les concerts, ils entrent en campagne. Depuis janvier 2007, ils ont lancé "Download Morrissey into the UK Singles Charts", projet qui vise à faire entrer un titre de Morrissey dans les charts anglais. Le site internet de campagne Get Moz In The Charts explique qu’il est maintenant possible de faire rentrer dans le top 40 n’importe quel titre téléchargé que ce soit une nouveauté ou une vieillerie, un single ou pas. L’apparition de cette nouvelle règle a donné des idées à deux animateurs de la radio anglaise Radio 4. Ils ont lancé une expérience et demandé à leurs auditeurs de télécharger en masse pendant une semaine le titre "Blame It On The Boogie" de The Jacksons pour le voir rentrer dans le top 40. Et maintenant c’est au tour de Get Moz In The Charts ! Après discussions, assemblées générales et vote en ligne pour choisir le titre qui représente le mieux l’esprit du Moz, les partisans se sont arrêtés sur "Life Is A Pigsty". Tous les fans du Moz se sont donnés rendez-vous cette semaine (du 12 au 18 février) pour acheter le titre sur toutes les plates-formes de téléchargement en ligne.



Aimez-vous l'homophobie ?

Posté par 2goldfish le 13.02.07 à 10:02 | tags : rock, web

lolPour continuer dans le thème de Dieu contre le rock, il y a ce lien qui circule en ce moment de blog en blog, et j'ai pas mal hésité à vous en faire part. Vous voyez peut-être de quoi je veux parler : il s'agit d'un site qui présente une liste de groupes et d'artistes "gay friendly" qu'il faut empêcher vos enfants d'écouter si vous ne voulez pas qu'ils deviennent homosexuels et d'artistes "sûrs" qui aideront votre enfant à rester dans le droit chemin de Dieu. J'ai d'abord hésité parce que j'ai cru qu'il s'agissait d'un gros hoax tellement les erreurs dans chaque liste sont grosses (les Dresden Dolls seraient "sûrs" et Ted Nugent serait gay). Le problème, c'est que ce n'était pas drôle, vrai ou pas. Bon, OK, la vidéo du type qui chante "God hates fags" en imitant Ryan Adams était un peu rigolote, mais pas de quoi mourir de rire non plus.

Pourquoi, donc, exactement, tous les blogs relayent donc ce lien vers un site dont le succès va visiblement grandissant ? La liste des groupes s'allonge chaque jour, sans doute avec l'aide des internautes sincères ou pas (j'ai moi même suggeré le nom d'un groupe fictionnel pour préparer cet article, mais sans succès). Au-delà de la necessité de remplir son billet quotidien, je m'interroge vraiment sur l'intérêt qu'il peut y avoir à vous renvoyer vers un site ni drôle ni véritablement choquant (bien qu'évidemment détestable). Est-ce pour nous sentir tellement supérieur, nous, les gens tolérants ? Bon, allez, si vous êtes plusieurs à le réclamer dans les commentaires, je vous le donnerais ce lien.




Simon Reynolds "déchire tout" (comme disent les jeunes)

Posté par Maxence le 12.02.07 à 19:15 | tags : à lire, électro, pionnier, punk

Si la certitude d'un futur inexistant dominé par un chômage endémique, la frustration et l'ennui poussait le punk à tout détruire comme l'affirmait le slogan "no future", le post-punk lui, souhaitait reconstruire sur de nouvelles bases. C'est en substance le message de Simon Reynolds dans son livre Rip it Up and Start Again ("Déchire tout et recommence", emprunté au groupe écossais Joseph K). Il faut certainement chercher dans ce besoin d'émancipation, les raisons de l'attachement profond des formations de cette époque pour l'improvisation, la technologie et le bruit. Un besoin de sortir du carcan du rock'n'roll, qu'il soit rapide et mal joué (le punk) ou pompier (le rock progressif), qui explique, selon Reynolds, les constantes innovations dont firent preuve ces années 1978-1984 explorés par le critique anglais. Alors que le punk rock ne proposait qu'une version accéléré et garage du rock'n'roll, revenant ainsi à ces origines, les formations post-punk n'avaient pas peur d'utiliser les technologies naissantes misent à leur disposition, synthétiseurs, matériel d'enregistrement enfin abordable et premiers micro-ordinateurs. C'est à ce titre que Reynolds prend l'exemple de l'emblématique scène de Sheffield qui ne comptait, selon Phil Oakey, leader de Human League, "pas un seul punk". Les groupes de Sheffield, comme une majorité de formations post-punk, préféraient faire confiance aux machines, même s'ils en usaient d'une façon extrêmement primitive. Human League première période était loin du situationnisme outrancier ou de l'héroïsme fade de ce qui allait devenir la synth-pop des 80's. Leur musique sombre, joué au clavier "avec un doigt", influencée par la science-fiction glaciale de J. G. Ballard et par les transgressions de William Burroughs, n'avait qu'une raison d'être : démolir les clichés du rock d'alors (ainsi que ceux du punk). Reynolds signale par ailleurs ce radicalisme quasi-puritain chez de nombreux groupes de l'époque, de Throbbing Gristle à Coil, en passant par PiL, Devo, DAF, Suicide, Gary Numan, OMD, Ultravox, John Foxx et bien sûr toute la scène mutante disco, les labels ZE et 99 Records. Un âge d'or que Reynolds passe en revue de manière exhaustive dans un pavé de plus de 600 pages dont la traduction était plus qu'attendue. Rip it Up présente l'occasion inespérée de (re)plonger dans une époque où, synth-pop, funk mutant, disco-punk, punk-dub, new wave et industriel cheminaient de concert, accouchant des projets les plus fous dans une diversité de son et d'idées rarement égalée, si ce n'est justement, par le foisonnement des formes et des arts issus des musiques électroniques et du multimédia, dont les artistes post-punk furent sans aucun doute les annonciateurs. On sait maintenant, combien l'influence de cette scène à l'esthétique pré-industrielle, mêlé au rythme disco, fut importante dans la fondation des musiques électroniques actuelles. Elle le fut en tout cas dans la naissance de Cybotron, le premier projet de Juan Atkins, fondateur de la techno de Detroit, aux côtés de Kevin Sauderson et Derrick May. Avec cette véritable bible post-punk Simon Reynolds établit un vaste panorama de la création musicale de 1978 à 1984. Une époque où de nouvelles règles fleurissaient sur les cendres du punk, tandis que l'influence conjuguée du disco, des rythmes robotiques du rock allemand et de la musique industrielle préfigurait la techno. Indispensable !

Simon Reynolds - Rip it Up and Start Again (Allia)




Gruff Rhys, voici venu le temps des rires et du chanvre

Posté par Myosotis le 12.02.07 à 17:45 | tags : myspace, rock

On se méfie toujours des albums solo venus de groupes qui n'ont pas encore explosé. Depuis les escapades des Beatles jusqu'aux récentes aventures de Thom Yorke, cela ne donne le plus souvent que matière à déception. Echappé pour une deuxième livraison (la première était chantée exclusivement en gallois), Gruff Rhys, leader du speed-combo gallois Super Furry Animals, nous propose pourtant un beau brin d'album, composé principalement en acoustique et, dit-on, des titres pop écartés du bouillonnant (et explosif) prochain album des SFA. Candylion, qui fait référence à une très ancienne et oubliée série de personnages jeunesse, est en effet une belle réussite : un disque apaisé, onirique et complètement psychédélique où le leader des SFA s'en remet au monde de l'enfance, de la nostalgie et (on le suppose) de la marie-jeanne. Candylion, composé avec de petits moyens, sonne en effet comme les merveilles que sont le premier Pink Floyd ou les expérimentations puériles des Flaming Lips : c'est un album cristallin où les chansons miniatures folk sont arrangées à grand renfort d'instruments jouets, de xylophones, et de claviers primals. En ralentissant le tempo et en jouant délibérément la carte de l'émerveillement, Rhys réussit à contourner les 2 principaux défauts de son groupe souche : son humour décalé (qui souvent ruine les effets de très belles chansons) et sa difficulté à s'attacher sur un titre à une même structure mélodique. Que ce soit sur le sublime "Cycle of Violence" (ma chanson préférée) ou le très long (14 minutes) "Skylon", Rhys réussit à tenir la boutique enfantine en place. "Con Carino", chanté dans un dialecte hispanisant, est envoûtant et "Beacon in the Darkness" une vraie belle réussite pop. Si les Super Furry Animals ont produit ces derniers années de grands albums (Rings Around the World en 2001 et Phantom Power notamment), la tenue et l'homogénéité de ce Candylion curieux et anachronique pourrait permettre à leur chanteur de gagner quelques places dans le classement des songwriters de l'époque. Comme les Boo Radleys de Martin Carr en leur temps, les SFA de Gruff Rhys, bien que connaissant un succès réel Outre-Manche, sont étrangement snobés depuis toujours par le public français qui leur préfère des rockeurs plus mâtures et plus à même d'incarner les légendes (noires) du genre. Les longs cheveux de Grufff et son air de pâtre gallois n'arrangent rien à l'affaire. C'est un tort.

En écoute ici : http://www.myspace.com/candylionmusic




Un nouveau chantier

Posté par LovelyRita le 12.02.07 à 12:40

Le label Travaux Publics lance un tout nouveau projet en 2007. Rien à voir avec ses appels d’offres pour ses compilations thématiques, cette fois il s’attaque à une salle de concert ou plutôt tente de se l’approprier. Le label souhaite tout simplement obtenir la gestion de la nouvelle salle de concerts qui va prochainement ouvrir à Tours et cherche à recueillir des soutiens sur le net. Pour les aider, rien de plus simple, un petit formulaire à remplir en ligne et c’est dans l’urne. Parallèlement, le label continue son activité principale de défricheur de musique. Onze chantiers au total. A chaque fois c’est le même principe. Le label choisit une thématique, fait son appel d’offres. Le comité de sélection doit alors faire face à une avalanche de projets des quatre coins de la France…Un peu comme à la Star Ac’, les candidats défilent et les heureux élus sont peu nombreux. Chantier punk garage, musique d’ascenseur ou hip hop acoustique, ces compilations sont des petits trésors où une sublime reprise de « Girls and Boys » de Blur peut côtoyer une version à la flute à bec de « I Do It For You » de Bryan Adams.

« Parce que la musique va mal et qu’il faut la sauver »




Police se reforme !

Posté par 2goldfish le 12.02.07 à 10:24 | tags : rigolo, youtube
Voilà, j'ai fini par le faire ce billet sur la reformation la plus regrettable de l'année. Certes, les Eagles et Van Halen se reforment aussi, parait-il, mais je parie qu'on en entendra beaucoup moins parler. Plutôt que de parler de mauvaises nouvelles, continuons à nous interroger sur ce qui a bien pu pousser certaines personnes à penser que les années quatre vingt étaient nulles. Dog Police, le groupe, chante "Dog Police", la chanson extraite de leur album Dog Police. On dirait des Residents qui ne feraient pas exprès d'être irritants. C'est toujours mieux que le clip d'"Every Breath You Take".
Si vous n'en avez pas eu assez, j'ai piqué ça dans ce classement des pires vidéos de l'histoire. Pouvez vous seulement imaginer que Dog Police était seulement second ?



Techno des origines, pt.10 : Sylvester, disco make me feel...

Posté par Maxence le 10.02.07 à 05:07 | tags : disco, électro, pionnier

... mighty real ! Culture et expression de la communauté gay noire américaine de New York au début des années 70, le disco n'est pas cette musique mercantile, dénué d'âme et de sens que beaucoup ont voulu voir. Effrayés par un genre qui leur volait la vedette (rappelons que le rock d'alors était dominé par les dinosaures, le punk n'était même pas né) les critiques rocks ont souvent voulu résumer le disco à un hédonisme creux, en opposition à un rock radicalement engagé dans la société de l'époque et ses conflits (guerre du Vietnam, revendication des droits civiques des afros-américains, lutte pour le féminisme, etc.) C'est oublier que la communauté qui a vu naître cette musique a elle aussi supporté sa part de discrimination et de violence. Le disco est né à New York, c'est certain, mais il est surtout le vecteur d'expression alors underground de la communauté gay. De fait, quand Sylvester, figure emblématique du mouvement, chante "You Make Me Feel Mighty Real", c'est bien d'un accomplissement qu'il s'agit. D'une célébration du fait de pouvoir enfin être soi-même, de se revendiquer comme gay ou transgenre, en toute liberté. Une énergie positive, même si celle-ci cachait beaucoup de souffrance. On oublie souvent aujourd'hui, époque où la lutte pour la reconnaissance des droits des homosexuels est considéré comme normal, qu'il fut un temps où, être homo et sortir dehors, signifiait au mieux un bon cassage de gueule, au pire la mort. Rien que pour cela, la célébration de la joie disco qui donna ensuite naissance à une partie de la techno avec le garage et la house, doit être prise au sérieux et reconnue comme une part entière de l'histoire des musiques populaires, au même titre que le rock, la pop et le punk.




James Holden : Pas idiot pour un anglais

Posté par Maxence le 09.02.07 à 16:43 | tags : ambient, électro, myspace, techno

Après un double mix magique qu'on aurait put appeler "les mains pleines" (At The Control) et qui oscillait déjà entre electronica, techno druggy et krautrock, James Holden revient avec un album psyché électro très deep, décoré d'une pochette nous rappelant aux bons souvenirs acidulés des Stones Roses. Pas de doutes, le jeune producteur est en train de s'affirmer comme le petit maître d'un renouveau psychédélique de l'âge des machines. Vaporeux, gazeux même, envapé de bout en bout malgré son utilisation massive de bleep, scouic et autres clicks, The Idiots Are Winning envoûte, déroute, intrigue, agace aussi parfois, mais reste toujours extrêmement troublant. A l'écoute de titres comme "Corduroy" ou "Idiot", on pense à un Plastikman sous champignons, tandis que "10101" évoque plutôt un Pan Sonic organique en plein overdose d'air pure. "Lump" fait immanquablement penser à un My Bloody Valentine qui aurait complètement perdu le fil (Pléonasme me direz-vous ? D'accord, mais c'est pas très gentil). D'ailleurs le goût de l'anglais pour la grande Kosmische Musik (Cluster, Harmonia, Popol Vuh et consort) et les élucubrations electronica à la Aphex Twin / Boards of Canada transparait aussi drôlement sur "Lump" (toujours) et sa séquelle ambient, "Lumpette", une ritournelle hantée de rires bêtas et de chants enfantins distordues. Pas étonnant de voir le producteur s'extasier devant le blind test de notre confrère Franck Bedos, dans le numéro de décembre du magazine Trax. Au programme, Faust, E2-E4 de l'ex-Ashra Temple, Manuel Göttsching, A Hawk and An Hackshaw et Jan Jelinek. Non vraiment, James la techno pure et dure, c'est pas son truc. Allez y jeter une oreille sur son profil nommé avec humour "I am The real James Holden". Psychédélique, on vous disait !

James Holden- The Idiots are Winning (Bordercommunity/Acoustic Music/Socadis Distribution)




L'Angleterre, l'autre pays du rock

Posté par 2goldfish le 09.02.07 à 15:41 | tags : rigolo, rock, web

vous aussi vous lisez J'ai beau être en complet désaccord avec Myoso quand à la nature anglaise du rock qu'il fantasmait dans son excellente histoire du rock, je veux bien reconnaitre que ce pays occupe une place à part dans l'histoire du genre, même s'il est complétement largué depuis quinze ans au moins. Un aspect du royaume dont le bureau du tourisme local est bien conscient, puisqu'il vient de mettre en ligne ce guide du touriste rock en Albion. Si vous préparez un voyage au pays d'Elizabeth II et de la marmite, vous serez sans doute ravi de trouver sur une même carte : le cimetière où est enterré Nick Drake, la dernière route empruntée par Marc Bolan ou la maison où est mort Syd Barrett (vous voyez, quand je dis que le rock anglais est mort, je n'invente pas). Il y a aussi un tas de salles de concerts qui ont accueilli de grands artistes il y a longtemps, d'autres sites à l'intérêt plus questionnable comme une plage où Oasis a été pris en photo et bien sûr une foultitude d'endroits où les Beatles ont mis les pieds. Je me moque, mais on à même pas moitié autant d'endroits intéressants chez nous. J'ai vraiment pas envie d'aller visiter le square où Eudeline s'est fait son premier shoot, pour ma part.




Il ne faut pas souhaiter la mort des gens

Posté par Myosotis le 09.02.07 à 13:03 | tags : chanson française, news

Le chansonnier André Bézu nous a quitté mercredi. Pour beaucoup, cette disparition ne veut pas dire grand chose et n'arrachera pas autre chose qu'un sourire narquois, une grimace de mépris et de condescendance. André Bézu, disparu à 63 ans seulement, était évidemment le chanteur qu'on connaît : auteur d'un hit à jamais éternel, "A la queuleuleu", que 95% des français ont non seulement entendu mais aussi dansé, de gré ou de force, lors d'un banquet, un mariage, un réveillon, entraînés par Tonton Polo et le cousin Didier, venu de Bretagne exprès pour l'occasion. Des milliers sont aussi tombés amoureux (ou ont tiré un coup d'un soir) lorsqu'ils ont embrassé, sur une serviette de table, une fille de passage encerclés par la fameuse chenille, dont la queue leu leu de Bézu empruntait parfois la chorégraphie. Combien de coups de foudre et de mains divinement baladeuses sur une queue leu leu ?

Bézu avait été avant ça, ce qui est moins connu, la doublure de Louis de Funès, et son assistant, sur la plupart de ces grands succès. Ainsi, il pouvait se targuer d'avoir été au générique de La Grande Vadrouille (hé, oui) ou de L'Aile ou la Cuisse.

Si les qualités musicales de Bézu ne sautent pas aux yeux, ses animations de repas pour seniors étaient extrêmement appréciées des personnes âgées. Bézu y alternait les anecdotes, les chansons (dans un répertoire très large) et les blagues sur un rythme d'enfer. On ne sait pas s'il a pris la Grande Faucheuse par la taille au moment de partir et lui a pincé les roubignolles.

R.I.P Bézu




Arcade Fire : Pub sur Youtube

Posté par LovelyRita le 09.02.07 à 10:18 | tags : news, rock

Histoire de faire monter la sauce à l’arrivée de leur prochain album, le groupe Arcade Fire a posté sur Youtube une petite vidéo de présentation. Derrière son masque à la Scream, Richard Reed Parry guitariste chez Arcade Fire fait office de porte parole et nous vente les vertus de l’album : « I feel confident that these contemporary classics are going to blown you way ! ». En attendant de pouvoir juger par nous même de l’excellence ou de la médiocrité de cet album, on se contentera du 1er single "Keep The Car Running".




Radicalfashion : Electronica impressionniste

Posté par Maxence le 08.02.07 à 18:01 | tags : classique, électro, label, myspace

Hefty Records est vraiment un label étonnant. Peu de structures peuvent se targuer d'une telle ouverture d'esprit. De l'electronica pastorale de Solo Andata, l'electro d'obédience Chicago/Detroit de Plus Device, les balades grésillantes de Telefon Tel Aviv ou le pointillisme de Radicalfashion, le moins que l'on puisse dire est que ce discret label de Chicago cultive un éclectisme de (très) bon goût. Preuve en est une nouvelle fois avec ce Radicalfashion, un projet du japonais Hirohito Ihara. De fait, Ihara n'aurait pas pu trouver un nom qui lui sied plus mal. Ni "radiclal", ni "fashion", ce japonais de formation classique  - comme beaucoup de ses compatriotes - est plutôt un fan avoué de Ravel, et certainement aussi à l'écoute de ce très beau Odori, de l'oeuvre d'Erik Satie. Sur Odori, Hirohito Ihara développe des climats électroacoustiques apaisés, nimbés de mélodies iridescentes et légères comme des bulles de savon. Accompagné du prestigieux compositeur Carl Stone, le japonais réactualise également le minimalisme serein de l'école française qu'il mêle au travail sur les rythmiques obsédantes d'un Steve Reich ou d'un Terry Riley. Si la filiation évidente avec Satie et Ravel prédomine, on doit aussi ce sentiment à la subtile dislocation mélodique et à l'impressionnisme de ses compositions. Sur "Suna", Ihara s'approche des travaux d'un Ryuichi Sakamoto jammant avec Nobukazu Takemura. "Ballet", illustre la rencontre inattendue de Satie et des dernières technologies en matière d'édition musicale, tandis que le bruitisme d'"Usunibi", évoque un paysage fauve uniquement composé de pixels en mouvement. Aussi technique soit-elle, l'electronica de Radicalfashion n'est pas dénué de sensibilité, au contraire. Sa musique elliptique jouant sur l'espace et le vide est même emprunt d'un certain mysticisme. Essayez le, malgré son classicisme, ce disque est unique ! Pour vous en convaincre, n'hésitez pas à vous rendre sur le profil myspace du bonhomme.

Radicalfashion - Odori (Hefty Records/La Baleine)




Gnarls Barkley : le nouveau clip

Posté par LovelyRita le 08.02.07 à 12:45 | tags : pop, vidéos musicales

Le duo Gnarls Barkley vient de balancer le nouveau clip pour son single "Smiley Faces". Tourné à la façon d’un documentaire avec images d’archives, le clip débute sur des interventions de Dennis Hopper et Dean Stockwell, qui jouent le rôle d’un historien de la musique et d’un directeur artistique de label. Selon eux, Gnarls Barkley aurait voyagé dans le temps, aurait été là aux débuts du hip hop et impliqué dans la musique Motown…rien que ça ? Enfin tout cela est prétexte à une vidéo où l’on voit le groupe traverser les diverses périodes musicales.




Neil Young, Devo,vos oreilles et vos yeux

Posté par 2goldfish le 08.02.07 à 10:53 | tags : neil young, rock, youtube

Ma maman m'avait toujours dit de rester loin des films de Neil Young et, après avoir regardé le stupide Human Highway, je dois bien reconnaitre qu'elle avait raison. Le film, au slogan au moins a demi lucide ("C'est si mauvais que ça va être énorme"), ne vaut que pour les quelques apparitions qu'y fait Devo, groupe dont Young était fan. On retiendra surtout cette scène où le personnage de Young reçoit un coup sur la tête dont il avait visiblement besoin et se met à rêver qu'il jamme avec les apôtres de la dévolution sur "Hey Hey, My My". Attention, ça fait encore plus mal aux yeux et aux oreilles que The Gossip.




Célébrons l'ignorance : Quand les Inrocks recyclent leur soupe

Posté par Maxence le 07.02.07 à 18:49 | tags : rigolo, rock

Il ne fait pas bon avoir vingt ans aujourd'hui. Surtout quand la plupart des magazines culturels vous prennent pour des billes. Prenez les Inrocks par exemple. Grand lecteur de la première mouture, la bimensuelle, format A5 en 1987, jusqu'au passage au format quotidien (ou presque, j'ai du rater quelques numéros entre 1993 et 1995), j'avoue cultiver une certaine nostalgie (normal, je suis un vieux con maintenant) envers l'époque où un canard indépendant cultivait une autre vision du rock que les couillus hypocrites ("Live fast, die young", ok mais tu as 50 balais Philippe maintenant...) de Rock'n'folk. Pourtant, difficile aujourd'hui de reconnaître ce classieux journal qui mettait XTC, les Smiths, les Pixies ou les Sonic Youth en couv' et lardait ses pages de critiques de cinéma pointues, de bonnes feuilles sur la littérature contemporaine, etc. De fait, je reste sans voix devant l'engouement chafoin-bobo de JDB (oui, car hormis lui, qui reste de l'ancienne rédaction ?) pour un Ségolénisme bon teint, et surtout, je rejette totalement cette manière de s'aplatir devant les resucées d'une scène brit pop à deux balles, quand ce n'est pas la pitoyable scène parisienne, ou encore les manières de fossoyeurs qui leur font célébrer de manière cyclique, les vieilles icônes de la contre-culture d'un pseudo âge d'or qui n'a jamais eu lieu (et oui, c'est ça qu'on apprend quand on grandi, les enfants), surtout qu'ils en oublient la moitié, mais passons...
A propos d'icônes contre-culturelles justement, quelle ne fut pas ma surprise de voir ce matin en kiosque une refonte plus ou moins réussie du fameux numéro sur Andy Warhol et le Velvet Underground daté de 1990 !! Accompagné de son CD en plus ! Le même, ou presque qu'il n'y a pas moins 17 ans. Le "A à Z de Warhol", compilé et reproposé, sans trop se casser la tête, à nos chères têtes blondes. Facile en effet, de gagner un peu d'argent sur le dos de ceux qui n'ont pas connu l'époque ou les Inrocks étaient un "magazine". Notons, qu'il s'agit d'une recette éprouvée, puisqu'ils l'ont déjà appliquée à d'autres Hors Séries (celui sur David Lynch, par exemple, une compilation de vieilles interviews et d'anciennes chroniques de Kaganski). Evidemment, le plupart d'entre vous doivent ce dire : "Mais il nous veut quoi le vieux avec son billet d'humeur à la con ?" C'est vrai qu'à une époque où seul l'économie importe, on s'en fout d'être pris pour des cons, c'est comme ça tous les jours de toute façon. Et puis, un petit "Warhol de A à Z", ça permet toujours de faire un peu de name dropping et de briller en société. O tempora ! ô mores !

(J'attends bien sûr, les commentaires du genre : "Oui, mais c'est bien sympa quand même de trouver ce genre de réédition pour les plus jeunes, gna gna gan". C'est vrai qu'avec le nombre de bouquins sortis sur le sujet ces temps-ci, il fallait bien que les Inrocks en remettent une couche. Pure mauvais foi vous dites ? Vous avez raison...)




Les classiques en purée

Posté par Myosotis le 07.02.07 à 13:04 | tags : mashup, rock

Histoire de se détendre les oreilles et de faire voler en éclats les références auditives habituelles, un petit tour sur les incontournables encyclopédies du mash-up ne fait pas de mal. Ah, ces classiques qu'on connaît si bien qu'on n'a pas besoin de les écouter pour les entendre : le site Puritan Blister (référence à une pratique qui se pratique seul et en toute discrétion) en recense des versions compactées, fusionnées, fracassées ou mêlées qui font se mélanger les Destiny's Child et Coldplay, les Beach Boys et New Order. Tout n'est évidemment pas du meilleur goût mais certaines versions valent qu'on y prête attention. En plus (pourquoi donc ?), il y a même un titre de Dick Rivers (qui est une star au Japon).




BRMC prend la route du studio

Posté par LovelyRita le 07.02.07 à 10:30 | tags : news, rock

Leur dernier album Howl n’avait pas de quoi casser trois pattes à un canard, on attend donc les Black Rebel Motorcycle Club au tournant pour le prochain album qui devrait sortir au printemps 2007. Ils ont annoncé au journal américain, Billboard, qu’ils étaient retournés en studio pour enregistrer les titres de Baby81, leur nouvel opus. Pour la petite et triste histoire, le titre est une référence à un enfant délaissé pendant le tsunami qui a touché l’Asie du Sud-Est. On a déjà la date de sortie américaine (1er mai) et le tracklisting :

1. Took Out a Loan
2. Berlin
3. Weapon of Choice
4. Window
5. Cold Wind
6. Not What You Wanted
7. 666 Conducer
8. All You Do Is Talk
9. Lien on Your Dreams
10. Need Some Air
11. Killing the Light
12. American X
13. Am I Only

Cet album devrait sonner comme un retour à l’électricité…feront-ils mieux que leur premier et sublime 1er album ? Parmi les nouveaux titres, certains datent des sessions d’enregistrement de Howl, notamment « Took Out a Loan » et « 666 Conducer », le groupe y a même inclus un titre que Peter Hayes a écrit étant adolescent, « Am I Only ». « Weapon of Choice » a été choisi comme single, d’ici là, on attend la date de sortie européenne et dans la foulée une possible tournée (peut-être française).




Getatchew Mekuria & The Ex : Jazz éthiopique

Posté par Maxence le 06.02.07 à 18:45 | tags : jazz, punk

Depuis Broken Flowers, le dernier film de Jim Jarmusch avec sa bande son faisant la part belle à la musique éthiopienne, on ne peut nier l'engouement actuel pour la scène musicale de ce mystérieux pays (du moins pour nous, lointains occidentaux). Du barde aveugle Mohammad Jimmy Mohammad, à la discographie du mythique chanteur Mahmoud Ahmed, en passant par les travaux visionnaires du légendaire saxophoniste Getatchew Mekuria, chaque mois ou presque nous apporte son lot de nouveautés en provenance direct du pays du Négus, patrie d'origine de la foi rastafari. Fameux saxophoniste éthiopien, Getatchew Mekuria est à l'origine d'un style musical d'avant-garde nommé Shellele. Il s'agit en fait d'une déviation toute personnelle d'un chant guerrier traditionnel, zébré de riffs de sax sauvage, proche du free-jazz afro-américain du début des 70's. L'originalité, vient du fait qu'en 1947, époque où Mekuria s'initiait au saxophone et lançait ce genre au sein de différents orchestres d'Addis Abeba, le free-jazz n'existait pas ! Accompagné par le collectif free-jazz punk et avant-impro ethno Néerlandais, The Ex, rencontré lors d'une de leurs nombreuses tournées en ethiopie, Getatchew Mekuria mêle son style rythmique si particulier, aux bouffées de folie de la bande des Ex. Pour avoir une idée du vibrato émouvant, allant du fragile au tonitruant, développé par Getatchew, il suffit d'écouter le solo de la troisième minute d'un morceau comme "Eywat Setenafegagn", où de prêter l'oreille aux accélérations incroyables du saxophoniste qui s'emballe et porte littéralement tout le groupe (plus de 12 personnes, quand même !) sur "Ethiopia Agere". Le décollement de tympan, induit par les poussées hystériques de ce bonhomme de 70 ans, finit par induire une véritable transe épileptique. Précurseurs de tous les Sonny Rollins et Ornette Coleman de la terre, Getatchew est aussi à l'origine d'une forme d'énergie très punk. La furie d'un titre comme "Aymotche Terabu" et les trépidations de "Ayanamayé Nesh", sont là pour en attester. Par delà les modes, par essence passagère, la musique de Getatchew Mekuria est à découvrir. Qu'on se le dise.

Getatchew Mekuria & The Ex - Moa Anbessa (Terp Records/www.wallboomers.com)




Jésus vs. Jimmy Page

Posté par 2goldfish le 06.02.07 à 13:07 | tags : rigolo, rock, web

Un des clichés qui m'énerve le plus sur le rock, c'est "Mais vous savez, on est pas des satanistes, faut pas croire, on est des gars biens et tout". Et Sympathy For The Devil alors, c'était pour de rire ? Et Jimmy Page, il va à l'église le dimanche, peut-être ? Dans la vie, il arrive inévitablement un moment où vous devez choisir : le rock ou Jésus ? La vie ou la mort ? Fromage ou dessert ?

C'est en tout cas comme ça que ce site présente les choses. S'appuyant sur des données objectives (l'âge et la cause de la mort de 321 rock-stars), le site établit en effet clairement et scientifiquement que les membres de groupes de rock mort prématurément ont une espérance de vie inférieure à celle de l'américain moyen ! Parce que bon, dans cette liste, il y a bien sûr Elvis, mais pas Johnny Cash, ni évidemment Jerry Lee Lewis et Little Richard.

Et donc en bas de page, il vous est demandé de choisir entre la vie ou la mort. Bien évidemment, comme j'ai plutôt peur pour mon âme, j'ai cliqué sur la mort. Là on a essayé de me faire culpabiliser d'avoir rejeté Jésus, après tout ce qu'il a fait pour moi. Je trouve ça très impoli de me mettre la pression comme ça alors que personnellement, je ne lui ai jamais rien demandé. J'ai donc à nouveau rejeté Jésus, et là je me suis retrouvé sur une page qui m'expliquait que l'enfer (l'endroit où je vais, apparement) est un endroit très désagréable, et qui en plus existe, puisque la bible le dit. D'ailleurs, un plan de coupe de la terre montre que son noyau est effectivement très chaud. Et il ya encore un tas d'autres preuves tout aussi scientifiques. Je commence à douter. Est-ce si mal d'écouter les Beach Boys ?




Mini-Jeu Rock de février

Posté par Myosotis le 06.02.07 à 11:00 | tags : people, rigolo, rock

Petit jeu sans prétention et pas très difficile pour démarrer ce mois de février. Pour une fois, il ne s'agit pas de deviner qui est qui mais de réfléchir à une caractéristique de certaines chansons rock ou pop. Comme toujours le jeu est en 3 temps et avec un superlot à gagner cette fois :

1. Associer les bonnes chansons aux groupes correspondants :
a. Pixies b. Prince c. Pulp d. Alizée e. Radiohead f. The Fall
A. Feeling Called Love B. Lolita C. Creep D. CREEP E. Lovesexy F. Velouria, Ed is Dead (il y a 2 fois Creep mais c'est fait exprès).

2. Trouver le point commun entre ses associations groupes-chansons, sachant que, sur ce créneau, les Pixies s'imposent clairement comme les plus zélés.

3. Trouver la chanson-groupe qui ne répond pas au point 2. et constitue donc l'intrus de ce quizz.

Le premier ou la première qui a tout bon emporte la mise.




Dearly Beloved : Prince au superbowl

Posté par 2goldfish le 05.02.07 à 17:29 | tags : funk, google video zic, rock

Les shows de la mi-temps du super bowl sont célèbres pour deux choses : être nuls et puis, vous en avez peut-être entendu parler, une petite histoire de sein avec Janet Jackson. Le choix de Prince pour assurer le show cette année a causé quelques moqueries auprès de certains commentateurs, persuadé que le fan de foot américain moyen accepterait mal un type en talon haut et bas résille. Ces types ne connaissaient sans doute ni le Prince moderne, désormais témoin de Jéhovah bien rangé, ni ses concerts, moments de folie parfaitement orchestrée et, quand tel est le souhait du nain pourpre, totalement accessibles. Si vous n'avez rien contre les feux d'artifices et la mégalomanie, c'était un grand moment : 


Malheureusement, tout n'est pas rose au pays de Prince, qui a eu la mauvaise idée de mettre en ligne un nouveau single pour l'occasion, le très moyen "guitar", que vous pouvez écouter sur le blog Obscure Sound.



SunnO))), Boris et KTL : Power ambiant electronic

Posté par Maxence le 05.02.07 à 17:22 | tags : électro, label, metal

Avec Altar, dernière collaboration en date du power combo japonais Boris et de SunnO))), on pensait avoir atteint la limite de l'avant-doom ou du power ambiant (comme l'appelle avec "humour", le "SunnO))) en chef", Stephen O'Malley). Même quand il était traversé de moments de génie comme l'énorme "Akuma No Kuma" (un track doom metal chanté au vocoder !), cet album de stoner au ralenti, lardé d'éclairs de fureur et soutenu par l'assaut infini de drones assassines, semblait devoir s'arrêter un jour, faute de carburant. Erreur ! La fusion du metal le plus dark a tendance sludge avec les musiques électroniques les plus pointues accouche d'un nouveau monstre : KTL ! Signé sur Editions Mego, la nouvelle incarnation du label autrichien dédié aux expérimentations électroniques extrêmes (Merzbow, Fuckhead, Hecker, pour ne citer qu'eux), KTL est composé de Pita (aka Peter Rehberg) et Stephen O'Malley (SunnO))), Khanate). Si nous signalions il y a peu, avec le cas d'Isis, l'union de ces deux genres auparavant diamétralement opposés (l'électro cérébrale d'un côté, le metal barbare de l'autre), force est de constater qu'aujourd'hui, les choses ne sont plus aussi claires. Peter Rehberg et O'Malley, en monstres sacrés de la noise music, ont pris un malin plaisir à balader l'auditeur. Composé de six longues pièces instrumentales d'ambiant-metal très (très) dark, KTL est originalement destiné à illustrer une pièce de théâtre co-signée par Gisèle Vienne et par l'écrivain transgressif Dennis Cooper (sorte de William Burroughs du 21ième siècle, version sang, sueur et sperme de jeunes garçons). Présenté comme un combat entre la lumière et les ténèbres, l'album tient ses promesses dés "Estranged", un premier titre épique de plus de 23 minutes. Morceau spatiale à l'introduction étonnaments lumineuses, "Estranged" s'assombrit peu à peu, découpé par les traits de guitare désordonnés et acéré de O'Malley. Des brèches au rasoir d'où suinte soudain l'obscurité. Suivent 4 pièces de pures saturations oscillant entre 7 et 13 minutes. Un festival écrasant de sons saturés plus ou moins brutaux, que nos deux heavy droners poursuivent manifestement sans états d'âmes pour l'auditeur. On retiendra surtout "Forestfloor 4" et sa longue agonie. Un exercice de haut vol, où la guitare de O'Malley semble tourbilonner comme un faux au dessus d'une plaine désolé, soutenue par le sourd grognement électronique de Pita. L'album se referme (c'est le mot) sur "Soom", un exercice d'ambiant malsain, mais dont la tonalité linéaire est presque reposante après les assauts frontaux précédents. Entre drones convulsifs, bourdonnements et saturation ultime, KTL ravira ceux qui ont pris leur pied à l'écoute d'"Etna", ou de "Blood Swamp" (morceau culte de la collaboration Boris/SunnO))) dans lequel Kim Thayil de Soundgarden vient se défouler de quelques névroses pas très saine). Enorme pièce de pur noise rock passif, KTL est à déconseillé aux dépressifs et aux hamsters.

Boris/SunnO))) - Altar (Southern Lord/Differ-ant)

KTL - st (Mego/La Baleine)




Dis Myoso, c'est quoi le rock ?

Posté par Daveinthehay le 05.02.07 à 16:04 | tags : flu, rock
Bredouiller le terme «rock» en plein milieu du dîner, vous ne toucherez jamais au Paris-Brest de la ménagère, autrement qu'étalé sur votre fute Diesel. Sujet casse-gueule par excellence, vous vous prenez les tirs croisés d'un pro-Doherty rhétoricien et d'un anti trans-rock au volume capillaire hypertrophié. Dîtes ouf : Myosotis, notre médiateur avisé, met fin à l'eudelinisation des vendredis soirs en nous contant la véritable histoire du rock, du couffin au cercueil. Qui du King, de Paul McCartney ou des Pistols en est le père biologique ? Bowie touche-t-il des royalties à chaque fois qu'on parle d'«esthétique rock» ? Les années 80, c'est une blague ? Elmer Food Beat dirige-t-il l'industrie du rock français ? Les groupies, c'était mieux avant ? Et si oui, fallait-il laisser tomber les bollocks ? Autant de controverses qui trouvent désormais réponse(s) dans Flu, le mag, à même le plantureux dossier rock de Sire M. Cette fois, c'est sûr, vous reprendrez du café...



Minute-Mix

Posté par 2goldfish le 05.02.07 à 10:40 | tags : concours, rigolo, web

mes talents de photoshoppeurs s'améliorent de jour en jourDans ce monde moderne, plein de nouvelles technologies, de cafféine et de trouble déficitaire de l'attention, il devient de plus en plus difficile de trouver le temps d'écouter un triple album de prog rock. Flute, qui trouve même encore le temps d'écouter Hey Jude ? Les bloggueurs de WFMU, jamais fatigués d'avoir de bonnes idées, ont lancé un concours de remixes en 60 secondes. Les règles sont simples : la chanson doit être "connue", le remix doit faire exactement soixante secondes et si vous avez un bonus de sympathie si la chanson originale est longue. C'est vrai, d'ailleurs, que In A Gadda Da Vida est bien mieux sans ses seize minutes superflues.

Nos lecteurs cultivés auront reconnu le principe du Commercial Album des Residents, qui était composé de quarante morceaux d'une minute pour éviter les répétitions couplet/refrain et pouvait ainsi servir de bande son pour publicité (ce qui, bien évidemment, n'est jamais arrivé). Comme avec les Residents, d'ailleurs, le concept est parfois plus intéressant que l'exécution. M'enfin c'est toujours bien plus écoutable que mon idée de remixes de soixantes minutes de chansons des Pixies.




Pete Burns : Dead or Alive ?

Posté par Myosotis le 02.02.07 à 18:36 | tags : rock

Comme d'autres vous avez peut-être aimé sans le savoir, dans un lointain passé, le chant et l'androgynie de Pete Burns, chanteur et frontman des Dead Or Alive, groupe new wave de Liverpool, qui a sévi principalement entre 1984 et 1988. Parmi leurs hits, on retiendra le célèbre You Spin Me Round (Like A record) mais aussi Something in My House ou l'encore meilleur Lover Come Back To Me, petit bijou de pop mélancolique et de glamour. Eclipsé sur la scène populaire par son concurrent direct Boy George et son Culture Club, véritable machine à hits sur la même période, Pete Burns n'aura jamais bénéficié d'une reconnaissance digne de son talent. Alors que Boy George était, à cette époque, encore présentable, Pete Burns, qui est l'un des meilleurs amis depuis 30 ans de Morrissey, aura toujours affiché un grain de folie supplémentaire, une androgynie beaucoup plus troublante, voire détraquée et effrayante que celle de KarmaChameleon. Les albums de Dead or Alive sont très inégaux et sont plombés par le vieillissement des productions de ces groupes dits à l'époque New Romantics, mais contiennent de vrais beaux moments d'émotion. Le chant de Burns ressemble parfois à la plainte déchirante d'un Klaus Nomi, alors que les musiques de Percy et Lever (les principaux compositeurs des chansons) résonnent d'une belle évidence pop qui ramène aux Pet Shop Boys, et indirectement, aux Smiths.

Le hic, c'est que Pete Burns qui a vécu pendant 25 ans avec la même femme a divorcé il y a quelques temps pour se lancer à corps perdu dans la transformation chirurgicale de son corps. Ces précédentes opérations ont fait de lui une femme ou un homme plutôt réussi dans son genre, avant un incident majeur qui le ramène sur le devant de l'actualité ces jours-ci. Pete Burns après 8 ou 9 opérations s'est détruit (ou fait détruire) les lèvres et poursuit son chirurgien. Il ne pourra vraisemblablement plus chanter.

Ce désastre ramène vers les légendes noires du rock, ces histoires glauques qu'on ne pensait trouver que dans les romans de Burroughs, d'Ellis ou de Palahniuk. Ces horreurs existent. Parce que le rock existe. Dead or Alive ?




Black Devil Disco Club en concert au Bataclan samedi

Posté par Maxence le 02.02.07 à 15:32 | tags : disco, électro, live, news

Nous parlions il y a quelques semaines de 28 After, le nouveau disque de Bernard Fevre, alias Black Devil Disco Club. Une oeuvre de mutant-disco vibrionnante et pulsatile (ça se dit tout ça ?) passionnante de bout en bout. Un son intemporel, une ambiance dingue, bref, un évènement à apprécier sur scène (les bras en l'air, l'air bête, j'en suis sûr). Et là, miracle, Phunk nous annonce justement le passage de Bernard Fevre, accompagné de Luke Vibert (wouééé !) et de Jérôme Pacman (bof) au Bataclan, samedi 3 février à minuit ! Les nostalgiques des années Palace, et les autres, ceux qui ne jurent que par la "scène rock" parisienne (heurk, excusez moi je m'étouffe) sont invité à venir célèbrer le passage de ce grand bonhomme et de ses comparses dans la capitale. Vous me raconterez.

Toutes les infos : ici




Route du Rock Hiver, la prog

Posté par LovelyRita le 02.02.07 à 12:54 | tags : électro, live, rock, route du rock
La Route du Rock Collection d’Hiver vient d’arrêter sa programmation. L’édition 2006 se tiendra du 16 au 18 février et toujours dans la cité malouine. Au programme, pas mal de beaux noms. Les américains de Low seront de la partie pour promouvoir leur 8ème album Drums and Guns, à paraître en mars. De l’électro allemande avec Saroos, le nouveau projet des membres de Lali Puna et de Notwist. Mais aussi The Blood Arm, Paula Frazer, Shannon Wright, Clinic, l'Islandais Johann Johannsson et encore quelques artistes à confirmer.

La prog détaillée



Les années quatre-vingt n'étaient pas nulles. Juste Bowie.

Posté par 2goldfish le 02.02.07 à 11:19 | tags : news, pop, rigolo

Dans Labyrinth, Bowie avait l'air plus faux que les muppetsCa ressemble à une bonne blague : David Bowie sort un best of. Encore ? Oui, mais celui là s'appelle "1980/87". Ouille. La séléction a du être difficile. Bon, Ashes To Ashes, forcément. Et Modern Love. et à part ça ? Dancing In The Street avec Mick Jagger ? Absolute Begginers ?

L'une des principales raisons pour lesquelles on a longtemps dit que les années quatre-vingt étaient nulles, c'est que Bowie y était nul. Et les Stones et Paul Mccartney et tout les autres vieux. Qu'avait-on pour les remplacer dans les coeurs des jeunes ? Madonna et Mickael Jackson. Oh, on sait tous aujourd'hui qu'il suffisait de regarder ailleurs pour trouver, mais pendant presque toute la décennie suivante, on en a eu bien honte de ses années là. Un peu comme aujourd'hui on a honte d'avoir eu quinze ans et d'avoir aimé Nine Inch Nails, les Smashing Pumpkins et Pearl Jam. Mais on ne jette plus le bébé avec l'eau du bain, on se souvient de Pavement, des Flaming Lips et de Neutral Milk Hotel. Et puis ces groupes grunges n'étaient pas si mauvais. Bowie, c'est vrai, ne tenait toujours pas la grande forme et nous n'évoquerons même pas les Stones. Seulement tout le monde s'en fout.

Qu'est-ce qui a changé, donc, pour qu'on ne crache pas sur les nineties comme les eighties le faisaient sur les seventies ? Est-ce que c'est parce que nous n'avons pas de nom ? Est-ce que plus personne n'a envie de tuer ses parents ? Pour le meilleur et pour le pire, il semble que cet idéal Rock'n'roll soit passé à la trappe. Les futuristes comme TV On The Radio semblent s'en foutre complétement, et les clown comme Pete Doherty sont complétement rétros et le revendiquent. C'est papa qui a payé leur première guitare. Les musiciens d'aujourd'hui sont-ils plus matures ou plus conservateurs ? On est peut-être bien sortis d'un cycle. Temporairement sans doute, mais tant que nous y sommes, gardons les yeux ouverts, il pourrait bien se passer quelque chose.




Techno des origines : La ligue des machines humaines

Posté par Maxence le 01.02.07 à 21:31 | tags : électro, pionnier, youtube

Au début des années 80, la pop virait électronique sous l'influence conjuguée du disco, des rythmes robotiques du rock allemand (Kraftwerk, Can...) et de la musique industrielle. Naissait alors une nouvelle scène, composée de personnalitées ne connaissant rien à la musique, mais désireuses d'en faire. A la différence du punk, celles-ci ne voulait pas rejouer les fameux "3 accords pour faire un groupe", non, elles préféraient faire confiance aux machines. La scène de Sheffield, sur un mode synthétique, avec Human League (auparavant baptisé "The Future" et réédité sous le titre The Golden Hour of The Future), Cabaret Voltaire, Clock DVA ou ABC et Heaven 17, fut l'une des plus passionnante de l'after-punk. L'influence des deux premiers est toujours particulièrement évidente dans les musiques électroniques actuelles. Human League première période était loin des standarts synth-pop qui s'imposèrent par la suite avec le situationnisme outrancier d'ABC ou l'héroïsme fade d'Alphaville. Leur musique sombre, joué au clavier "avec un doigt", n'avait qu'une raison d'être : démolir les clichés du rock d'alors (ainsi que ceux du punk). On retrouve d'ailleurs ce rigorisme chez l'Orchestral Manoeuvre in The Dark des débuts et l'Ultravox de John Foxx. Le synthé étant l'instrument de tous les instruments, la représentation anti-rock par excellence (ou alors celle du prog-rock, à une différence près : les musiciens de Yes et Emerson Lake and Palmer jouaient généralement de ces instruments de manière classique, comme des organistes). "Being Boiled", superbe titre noir et sévère comme un jour dans le nord de l'angleterre de 78, fut pour beaucoup dans la naissance de Cybotron, le premier projet de Juan Atkins, fondateur de la techno au côté de Kevin Sauderson et Derrick May. A son écoute, on se dit que depuis l'arrivée de l'electro des Dopplereffekt, Bangkok Impact, Ectomorph, GD Luxxe, Solvent et consort, ce premier jet de la ligue des humains (et de leurs machines) n'a pas trop mal vieilli, au contraire.




Mal aux oreilles, mal aux yeux !

Posté par LovelyRita le 01.02.07 à 11:28 | tags : pop, rock, vidéos musicales

Ecoutez-moi ce riff tapageur, cette basse martelante et cette voix de tigresse ! « Standing in the way of control », c’est le genre de morceau qu’on écoute tout haut pour se réveiller comme une brute le matin. The Gossip, auteur de ce mini tube, est un groupe emmené par une chanteuse furieuse à la voix de black. Pour le troisième album, la formation a opté pour un mélange de disco, punk-rock et soul.

Histoire de vous aveugler en musique, le clip du single. Un mélange entre les animations de Yellow Submarine et les vidéos des Klaxons !




Paris est trop chère

Posté par 2goldfish le 01.02.07 à 10:25 | tags : news, people, rigolo

montage photo fait par moi, merciAvec la crise que connait l'industrie du disque et, maintenant qu'on s'est débarassé des plus petits vendeurs, il était inévitable que les majors finissent par se tourner vers un des postes les plus inutilements dispendieux : les divas. Ainsi le Daily Express nous apprend-t-il qu'EMI, qui a connu une très rude année et n'a pas pu compter sur Robbie Williams pour se rattraper (son dernier album, parait-il, était "un geste anti commercial" sic et re-sic), a décidé de ne plus faire venir ses stars et leur entourage au Royaume-Uni en jet privé. Même chose chez Sony BMG qui a renoncé à laisser Christina Aguilera et Jessica Simpson venir promouvoir leur album en Europe.

Un exemple particulièrement parlant de pourquoi les maisons de disques auraient peut-être du commencer par là, l'épouvantail Paris Hilton aurait eu, pour l'accompagner dans sa tournée promo, quatorze personnes, dont trois gardes du corps, deux "tour manager" (bien qu'il n'y ait pas eu de tournée) et trois attachés de presse. Rien que leur séjour d'une semaine à l'hôtel Metropolitan de Londres a coûté 160 000 livres à Warner. Paris ayant vendu en tout et pour tout treize mille exemplaires de son regretté album, rien que cette semaine-là à coûté douze livres par album vendu. La bonne nouvelle, c'est que Paris n'est pas près de remettre les pieds dans un studio.






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