Archives > Février 2007B.Fleischmann : Melancholia
B.Fleischmann - Melancholie (Morr Music/La Baleine) Live : Explosions In The Sky à Paris
Explosions In The Sky, 27 février, La Maroquinerie (Paris) Sister Vanilla : JAMC pour les Nuls
L'album de Sister Vanilla porte en réalité bien son titre Little Pop Rock et offre un joli compromis entre le rock exigeant des frangins et une version pop plus accessible au commun des mortels. Les titres évoquent aussi bien les derniers Jesus que les travaux réalisés avec Hope Sandoval. On se situe ici clairement dans la face claire et joyeuse du JAMC. Sister Vanilla rapelle les meilleurs moments de Lush ou des Breeders par l'urgence et la nervosité de certains titres, le mélange plutôt réussi mais un peu convenu de mélodies travaillées et de nappages de guitares. Comme souvent avec les frères Reid, les chansons sont vite jouées, vite emballées et ne sont jamais alourdies par autre chose que du son blanc. Qu'on tienne ça pour une version féminine du JAMC ou non, une version light ou une déclinaison sous influence tout à fait honorable, Sister Vanilla s'appuie sur des vocaux bien placés, énergiques et sensuels et sur une solide base musicale qui évolue, au fil des titres, entre la pop la plus classique (Pastel Blue, K to Be Lost) et des morceaux plus bruitistes, tendance shoegaze, guitares débridées, électricité crépitante et effets de manche furieux sur Slacker, ou l'excellent Two of Us qui termine l'album. En 11 titres de rock acidulé dont un single en puissance le joli K To Be Lost, la famille Reid revisite d'une manière originale ses fondamentaux, se payant l'audace d'un Can't Stop The Rock qui reprend les affaires là où les I Hate/Love Rock n' Roll les avaient laissées, il y a quelques années. Rappelons pour ceux qui n'ont pas suivi l'actualité des reformations que Jesus and Mary Chain a confirmé fin janvier sa présence au prochain festival Coachella, sans s'engager sur la sortie ou non d'un nouvel album. On regrettera presque cette réunion qui vient saborder les velléités de Jim de composer un nouveau supergroupe avec Phil King de Felt Mush et Loz Colbert, l'ancien batteur de Ride. En attendant, on se barbouillera les oreilles avec plaisir de cette soeur vanillée. Extraits à écouter ici ou depuis le site de Chemikal Underground, le label écossais qui évidemment les abrite pour l'occasion. Amours et critique
C'est pour ça que je n'ai jamais approché Feist qu'à reculons, que j'ai attendu que la flamme dans mon coeur s'apaise un peu avant de décider de ne pas vous parler de Lettie et que je n'écoute Amy Millan qu'en la virile compagnie de Stars et Broken Social Scene. En ce moment je vous recommande de vous méfier de la dernière imitatrice de Kate Bush en date qui opère sous le nom de Bat For Lashes et qui tient déja Thom Yorke sous sa coupe ainsi que de de Jena Malone, l'actrice de Donnie Darko qui se lance dans la musique avec trop de réussite pour être honnête. Heureusement, je pense que nous sommes collectivement suffisamment endurcis pour accueillir le prochain disque de Scarlett Johansson les bras croisés et la tête haute. De temps en temps, pourtant, il arrive une artiste au talent trop évident pour être ignorée. Tout à l'heure sur la Blogothèque, Chryde faisait passer la nouvelle que Music For Robots avait trouvé une chanson parfaite : Cheer Me Up Thank You de New Buffalo. Je fais passer le lien, comme sans doute beaucoup d'autres vont le faire, parce que je suis moi aussi d'accord : c'est parfait. Peut-être un peu trop, je devrais sans doute me méfier mais, à vrai dire, pour l'instant je m'en fous complétement. Dälek : Much More into Darkness, much more into love
N'y allons pas par quatre chemins (on va pas faire nos Inrocks), le dernier album de Dälek est monstrueux, ambitieux, fort, en un mot indispensable ! Dälek - Abandoned Language (Ipecac/Differt-Ant) Toute la pop dans une seule pièceSamedi , les amateurs pop en pleine phase régressive (dont nous sommes) ont trouvé matière à nourrir leur plaisir honteux quelque part au fin fond de la Wallonie. Poni Hoax et The Only Room se partageaient l'affiche de la Soundstation, lieu de transhumance favori des 300 personnes qui font la nuit liégeoise.
J'ai acheté un poil pubique de Britney Spears
Après avoir bataillé comme un dingue sur ebay en espérant décrocher la natte complète de Britney Spears, sectionnée à la barbare par ses soins alors qu'elle entrait et sortait de sa cure de désintoxication, j'ai dû me rabattre faute de moyens (je n'ai pas pu vendre ma maison assez vite pour m'aligner sur les enchères qui ont atteint les 70 000 dollars) sur un site annexe qui proposait à la vente, un bien plus estimable et précieux encore : un authentique poil pubique de Britney Spears. (A real and authentic Britney's pubic hair from mysterious Doctor Benway) Le poil en question, dont voici ci-dessous une photographie prise avec mon microsope électronique, m'a été livré avec un certificat d'authenticité signé par un certain Docteur Benway (que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam - était-ce le pédiatre de Britney avant qu'elle devienne une star?) dans une petite enveloppe plastifiée à liseret rouge qui contient ordinairement de la cocaïne. Il en restait quelques granules au fond du sachet que j'ai pris soin d'enlever. A l'examen, il semble que je ne me suis pas fait arnaquer comme les gogos qui continuent de visiter le site http://www.buybritneyshair.com/ et que le poil pubique soit bien authentique. Il est brun avec des reflets roux. Pour 653 euros, c'est une sacrée bonne affaire. J'ai eu le sentiment qu'il ondulait lorsque j'ai passé du Michael Jackson et qu'il se dilatait légèrement lorsqu'on en approchait un verre de Jack Daniels un peu trop près. Je ne sais pas s'il est possible, dans la mesure où je n'ai qu'un poil, de faire procéder à des tests ADN pour terminer ce processus d'authentification. En attendant, le cheveu de Britney Spears et moi sommes devenus les meilleurs amis du monde. Nous ne nous quittons plus.
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Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark
Ce que signifiait cette victoire, c'était surtout la mort de l'Eurovision. Pas une mauvaise chose, remarquez : on achève bien les chevaux. Celui là était malade depuis longtemps. Ce qu'on va avoir à la place de l'Eurovision cette année, c'est un festival d'artistes ridicules et de costumes extravagants. Oui, ce sera comme d'habitude, sauf que là, "attention les amis *clin d'oeil* c'est fait exprès !". Pour la France, les candidats seront selon toute vraisemblance les Wampas, qui bien sûr ne gagneront pas puisqu'ils ne seront jamais qu'une blague franco-française. Pour les autres pays, ce sera de l'excentricité mesurée, socialement acceptable comme le premier candidat déclaré, cette drag queen du Danemark façon "tonton roger a mis le maillot de bain de sa femme au mariage de la p'tite cousine" et des chansons un peu kitsch mais qu'on essaye de faire bien quand même. Les clins d'oeil, ça passe, mais là on s'avance vers des coups de coudes insistants, des écrasements de pied et sans doute même des boules de papiers baveuses. On ferait mieux d'envoyer Patrick Sebastien directement. Erik Friedlander and Teho Teardo : Ambiances Magnétiques
Mais revenons à Giorni Rubati, l'album de Friedlander et Teardo, une collaboration transatlantique inspirée de poèmes de Pier Paolo Pasolini, incarnée par un échange d'idées et de musiques accompagné d'un remix systématique des travaux respectifs des deux artistes. Cette association est à l'origine d'un espace acoustique oscillatoire et clapotant ("Munifried"), tantôt bruitiste ("Lacrime"), tantôt post-rock ("To The Red Flag") mêlant plus qu'habilement organique et électronique, qui s'impose à l'auditeur dés les premières minutes, ce qui est rare dans ce domaine musical. Oublieux des gimmicks tendances, les deux artistes développent leur univers sonore en toutes liberté, tout en prolongeant les travaux d'autres passeurs de frontières exemplaires comme le guitariste Oren Ambarchi ou les pianistes Kenneth Kirschner et Ryuichi Sakamoto (concernant ce dernier, on pense bien évidemment à sa collaboration avec Alva Noto). Giorni Rubati est de ces albums puissants qui illustrent combien, aussi éloignés soient-ils, deux individus peuvent parfaitement former un macrocosme créatif. A l'image des âpres saillies d'archer qui remplacent les riffs de synthé du "Warm Leatherette" mentionné plus haut, Friedlander et Teardo sont à l'origine d'une musique charnelle et magnétique dédiée aux explorateurs de sons et aux curieux impénitents.
Naast : dans l'antichambre du succès
Bah alors les Naast, vous en pensez quoi ? Puisqu'il faut faire le boulot, on en pense pas grand chose. Tout a été dit sur eux : le buzz orchestré par Rock n'Folk, sur le fondement de gènes (bien) partagés et quelques récits de concerts auxquels auraient assisté des légions d'adolescentes et des néogarçons à mèches. Et l'album ? Antichambre, ça s'appelle. De la mort évidemment ou alors antichambre d'une vieille bourgeoise qui, dans son cabinet de Joinville-le-Pont, reçoit de vieilles légendes du rock comme Iggy Pop ou les Clash, et attend que Docteur Doherty vienne lui administrer une dernière injection d'eau sucrée. Antichambre est un album de garage français, joué à toute berzingue et dont on aura la charité de ne pas commenter les textes. En 10 titres, les jeunes Naast (ne comptez pas sur moi pour faire la blague : "Naast - Nazes, pas si bête") envoient quelques mélodies plutôt bien torchées et exécutent leur partition en bon groupe clone des Strokes. Coeur de glace est une bonne chanson. La fille que j'aime évoque un Johnny des belles années ou un Dutronc des mauvaises. Mauvais Garçon pourrait sans honte figurer sur un vieil album de Daniel Darc. La voix du chanteur Gustave (à moins qu'on l'écrive Gustaav ou Gustav pour faire style) est à la limite du supportable, fragile et mal stabilisée, malgré un travail de production important. Possible qu'il n'y ait rien à en tirer. La section instrumentale maintient le tout à un niveau honorable (entre Les Chaussettes Noires et les Kinks, on se rend compte que l'écart rockab est mince) et masque une naïveté qui fait soit pitié, soit amène un peu de fraîcheur dans le rock français. Au choix. Le nôtre est fait : passées 3 écoutes attentives et professionnelles, le répertoire honteusement téléchargé est allé à la corbeille. Plus jamais ça. Il faut dire que ma dernière surprise-partie remonte à une vingtaine d'années maintenant. Une chanson de Doherty, composée après 3 nuits d'orgie, et jouée à la guitare sèche, vaut sans doute mieux que l'album entier de ce cover band des Stooges, option John Spencer Kinks Implosion. A part ça, les Naast s'écoutent et se regardent comme une curiosité sociologique (le rock en héritage ? l'éternel retour ?). Passionnant. En écoutant les Naast, j'ai pris instantanément 10 ans. PS : pas compris pour la photo de pochette à l'envers. Pas compris. Pas cool. Mais dieu qu'ils sont laids. Le peer-to-peer n'influerait plus les ventes de disque
Quand on y réfléchit un peu, la baisse du chiffre d'affaire des maisons de disques ne peut plus raisonnablement s'expliquer par le téléchargement : le peer to peer n'est plus une nouvelle technologie aujourd'hui et parmi les personnes qui n'y ont pas accès, les revenus faibles sont sûrement largement représentés. Or si vous n'avez pas l'argent pour internet, vous ne l'avez sans doute pas non plus pour les CD. Les plus gros acheteurs de CD ou de musique en ligne peuvent télécharger illégalement depuis un moment, et lorsqu'ils achètent, c'est par choix. Si le nombre de disque vendus est en baisse, c'est notamment parce qu'on regarde le nombre de disque envoyés aux magasins et pas le nombre que ceux ci vendent réellement. Le fait que les choses soient effectivement plus difficiles pour les disquaires fait qu'ils stockent moins et qu'ils sont plus frileux à commander dix caisses de Paris Hilton quand ils se doutent qu'ils n'en vendront pas la moitié d'une. Turzi/Zombie Zombie : French Connection
Même si la musique de Romain Turzi doit beaucoup à la musique allemande des années 70, la cohérence de sa démarche, son côté monomaniaque, sa retenue mérite bien en effet, le terme "disciplinaire". Disciplinaire ? Oui, car malgré les cavalcades de guitares hypnotiques, les vagues de synthés sidérales et l'aspect profondément psychédélique du projet, c'est bien d'anti-folie qu'il s'agit ici. Tout en Turzi est histoire de concentration, de cohésion et de métronomie. A la manière du fameux son "Motorik" allemand, oui, mais le plus rigoureux. Celui, mathématique, de Can par exemple. En ce sens, A est un pur produit de la contrainte assumée d'un individu dans l'hypnose, juste avant l'explosion libératrice. Du coup, la petite phrase surmontant la feuille d'info qui dit "La musique de Turzi provoque un bonheur fou" s'avère trompeuse. Si la musique totalement libre de Romain Turzi comporte quelque chose de fou, c'est justement qu'elle ne permet pas la folie ! L'hypnose, l'épiphanie, l'éblouissement, oui ! Mais pas la folie incontrôlée car chez Turzi tout est question de On pourrait d'ailleurs faire un amusant parallèle entre Zombie Zombie/Turzi et cette scène parisienne adolescente qui ne sait que pratiquer l'exutoire en reproduisant les gimmicks sur trois cordes d'un rock plus que trentenaire. Dans leur volonté affichée (et pince sans rire) de rigueur européenne, Turzi et Zombie Zombie puisent ailleurs les sources d'une musique magnétique parce que retenue et donc forcément plus profonde. La domination sadomasochiste du rythme, la négation d'une pseudo-rébellion du rock, l'hypnose dans la répétition... Toutes ces valeurs ont souvent été à l'origine de mouvements beaucoup plus durables parce que basés sur une véritable démarche, que ceux, jetables de la pop culture contemporaine. Pas convaincu par cette fumeuse théorie ? Il reste toujours la musique ! Allez donc visitez les profils myspace de ces deux groupes : Turzi, c'est ici et Zombie Zombie, c'est par là. Turzi - A (Record Makers/Discograph) Threebutes
Pour suivre l’évolution des tributes : www.myspace.com/cinnamongirltribute En Suède il fait chaudJe ne sais pas vous, mais moi j'en ai un peu marre de tous ces groupes scandinaves genre I Am From Barcelona qui jouent une pop ensoleillée alors que, vraisemblablement, ils ne savent même pas vraiment ce qu'est le soleil et que, surtout, j'ai le nez qui goutte et les pieds gelés mais même pas de neige pour skier. Et puis Sufjan Stevens qui laisse entendre que son prochain album-état sera la Californie, alors que si sa musique convient à quelque chose, c'est aux paysages enneigés et aux soirées d'hiver au coin du feu, pas au désert, à la sécheresse et aux plages ensoleillées où courrent des naïades en plastiques vieillissantes. Bref, ma bonne dame, y'a plus de climat. C'est pour ça que j'aime ce clip du suédois Loney, Dear tout en noirceur et en froideur (le vidéaste est le même que celui de The Knife) qui met bien en avant l'amertume sous-jacente d'une chanson quand même bien sucrée. (merci à la Superette) Jesse Sykes : la femme tranquille
Jesse Sykes & The Sweet Hereafter - Like Love Lust & The Open Halls Of The Soul (Fargo) Quarante ans de cirqueAu premier coup d'oeil on dirait l'un de ces jeux/outil de marketing viral où on doit deviner que les deux filles à tête de ciseaux représentent les Scissor Sisters et que dieu sait quoi représente Olivia Tremor Control. On peut effectivement jouer à ce petit jeu : une banane, des bottes de cuir brillantes brillantes, un violoniste... Mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Ca pourrait bien être André Rieu, mais c'est en fait de la pochette du triple CD de John Cale qu'il s'agit. Si vous cliquez dessus, vous aurez droit à une explication par le menu de son auteur Dave McKean, qui nous instruit, entre autres, sur la différence entre Pablo Picasso et Andy Warhol, et si vous préférez ne pas l'écouter lui, vous pouvez aussi écouter quelques extraits de la compilation en streaming. La carrière solo de John Cale est beaucoup moins connue que celle de son comparse Lou Reed mais elle est bien plus intéressante. Si Lou a bien faits une poignée d'excellents disques tout seul dans les années soixante-dix, sa discographie est globalement plutot ennuyeuse. Cale lui a toujours oscillé entre ses origines avant-gardistes et ses vélléités pop et cette dualité à donné à ses créations une dynamique inépuisable, ou en tout cas jusqu'ici inépuisée. Il a été le producteur de quelques-uns des meilleurs albums des seventies (Patti Smith, les Modern Lovers, Squeeze ...) et a été un parrain du punk et de la new wave bien plus discret mais au moins aussi important qu'Iggy et Lou. Enregistré ces deux dernières années sur la route, Circus Live est à la fois un regard en arrière sur quarante ans de carrière et une réinvention intelligente des morceaux d'un homme qui n'a jamais cessé de chercher. Invisible ?, la dissolution des Bérurier noir
Considérant que l'aventure bérurière entre 1983 et 1989 est restée dans le cœur de tous comme une époque héroïque, empreinte d'amitié et de solidarité, et que nous devons la préserver ; considérant également que le retour du groupe entre 2003 et 2006 fut provisoire et qu'il ne s'agissait pas d'une reformation classique, le groupe Bérurier Noir décide de s'auto-dissoudre en mai 2006. Il sortira dans quelques mois un nouvel album intitulé "dérive mongole" pour signifier la fin de cette aventure collective, généreuse et combative, une façon de rendre hommage au mouvement de la jeunesse qui a soutenu le groupe depuis plus de vingt ans. Salutations bérurières." Les Bérus auront été pour beaucoup les Clash français, rockeurs la nuit et ouvriers spécialisés le jour (l'un était animateur dans un club pour enfants, l'autre manutentionnaire, si je me souviens), puis têtes de pont de l'anarchisme et des libertaires de tous bords : engagés avec ce qu'on appelait pas encore le mouvement social, en lutte contre le tout sécuritaire, pour l'écologie et la joie de vivre. Plombés par un attentat étrange en 1988 contre la chambre des notaires et une sale campagne les rendant responsables d'une montée de violence venue d'extrême-gauche, leur dissolution était autant une affaire privée (les Bérus refusaient de gagner de l'argent et continuaient de bosser, ce qui n'était pas propice à l'épanouissement de leur art !) que politique. L'écoute d'Invisible (2006 donc, soit 17 ans après la fin du groupe) m'a bizarremment donné un coup de fouet (un rien nostalgique) tant l'album s'inscrit dans la continuité de mon souvenir d'ado. Incisifs mais modernisés par l'ajout de sonorités dub ou électro, les Béruriers Noirs continuent d'évoluer sur leurs thèmes et sons traditionnels : groupe de guitares sans batterie, riffs assassins, chant hurlé par François, paroles anti-tout ce que si présente. On y trouve donc des hilarantes chansons écolos (Le cerf, le druide et le loup ou la pluie), des références aux banlieues et à la société (Coup d'état de la jeunesse, On en a marre), des délires orientaux (Love in Laos), des trucs antiaméricains (Empire State Bulldog) et des hymnes nostalgiques (Liberté, Quelque part). Invisible est comme un vieux morceau de lave en fusion, qui aurait été conservé dans du journal millésimé 1983 (l'année de la mort du socialisme ?) et qu'on récupère aujourd'hui. La surface est encroûtée et refroidie, mais le coeur est encore chaud bouillant, et peut encore cramer deux trois voitures ou nous mettre en boule. Bien sûr, on peut s'amuser avec le temps qui passe à trouver les insurrections des Bérurier Noir prévisibles, bas du front et infantiles. On peut... mais on est pas obligés. Nine Inch Nails retourne vers le futur
L'album s'appellera Year Zero et Reznor a laissé entendre qu'il s'agissait d'un disque beaucoup moins "commercial" que le précédent, pas mal critiqué par les fans du groupe parce qu'il était trop orienté "chanson". D'autant plus appétissant pour les dits fans, il y a apparement un concept derrière l'album, une histoire de science fiction révélée petit à petit par une campagne de marketing viral : tout d'abord le T-Shirt vendu lors de récent concerts dissimulait l'URL du site Iamtryingtobelieve.com, qui lui même donnait des indices pour découvrir d'autres sites contenant d'autres informations sur le futur de Year Zero et de nouveaux indices, etc... Si vous souhaitez suivre un peu la chose, vous trouverez un récapitulatif sur ce forum de fans. Si vous avez la flemme, pour faire court, ces sites parlent d'un futur où les Etats Unis sont devenus une sorte de dictature néo-conservatrice qui contrôle la population grâce à une drogue appelée Parepin. Bon, on sait déjà que les paroles ne sont pas vraiment le fort de Reznor, et toute ce concept cyberpunk générique ne semble pas indiquer qu'il soit enfin sorti de l'adolescence. J'imagine pourtant bien un opéra-rock à la The Wall, malheureusement les premiers extraits de l'album (dont un a été trouvé sur une clé USB dans les toilettes d'une salle de concert) sonnent très exactement comme toujours le même vieux NIN. Suis-je le seul à voir une contradiction dans un artiste "indus" qui peaufine toujours la même recette comme un artisan ? Economisons tous 100 000 dollars avec le Velvet Underground Vous vous souvenez de cet album inédit du Velvet Underground sur ebay ? Si comme moi, vous regrettez de ne même pas avoir tenté de convaincre votre banquier de vous faire un prêt sur cinquante ans pour l'acheter, vous trouverez une petite consolation dans le téléchargement de cet enregistrement (pas un véritable album inédit, mais plus un brouillon du premier album). Le son n'est pas génial et la différence avec les enregistrements disponibles dans le commerce est souvent minime. Bref, seuls les fétichistes de l'album à la banane devraient être intéressés. Heureusement, tout lecteur de Playlist qui se respecte fait partie de ces gens-là (au moins dans mon imagination). Il serait sans doute inutile de rappeler le génie de cet album. Même les gimmick usés jusqu'à la corde des critiques ("ils n'en ont peut-être pas vendus beaucoup, mais chaque acheteur a formé son groupe") ne parviennent pas à en altérer la fraicheur ou même à générer un retour de bâton. D'ailleurs, vous trouverez toujours un petit malin pour remettre en cause les Beatles, le Velvet, lui, est intouchable. Allez, qui pour clamer son dégoût pour les violons électriques et les top-models qui chantent faux ? Pantha du Prince : Sur la piste, enfumé comme un renard
Les connaisseurs décèleront une constante sur tout l'album : l'usage massif du fameux Schaffel beat (littéralement "shuffle" en anglais), soit une rythme syncopé passant rapidement du classique 4/4 au 6/8, 3/4, voir 12/8. Des variations rythmiques qui créent un constant décalage et qui donnent immanquablement envie de secouer la tête (et le reste) comme un dingue. Sensuel, mélodique, mais aussi mélancolique, Pantha du Prince n'est pas signé pour rien sur le label de Lawrence, autre grand innovateur à l'origine du l'idée de "romantisme digital", ce disque est avant tout un fabuleux exemple de techno intoxiquée (et fière de l'être !), si habitée qu'on la croirait directement reliée à ce que la planète comporte de stimulants et de stupéfiants. Ce sera d'ailleurs le mot de la fin : Stupéfiant ! A part ça, ne vous fiez pas à la pochette gothique, rarement disque aura aussi bien porté son nom, this really blissssssssssss. Allez donc jetez une oreille sur le profil myspace du bonhomme, vous pourrez profitez des leçons d'hypnose de "Moonstruck", rêvasser sur "Walden" et pleurez comme des madeleines sur "Saturn Strob" (ok, j'exagère un peu). Pantha du Prince - This Bliss (Dial/Nocturne) Fini Arab Strap, bonjour Malcolm Middleton
Sean Lennon, maître de conf' à la SorbonneDans les rails de sa prochaine tournée Friendly Fire, Sean Lennon investit les bancs de la Sorbonne mardi 20 février à partir de 20h45. Prof d'un soir, il animera une conférence-débat sur l'inspiration et la création artistique, le tout illustré par une sélection de courts métrages (de son cru) et d'un set acoustique. Pour les quelques 50 millions de non-parisiens qui ne pourraient en être, le rendez-vous sera retransmis sur le blog de Lennon Jr dans les jours suivants. Où l'on apprend déjà que l'auteur-compositeur est on ne peut plus inspiré par les crêpes... Réservation obligatoire soit par téléphone au 01 46 40 33 72, soit par mail : agenda-culturel@paris-sorbonne.fr Les conseils gastronomiques de Sean, c'est sur http://musique.fluctuat.net/sean-lennon/ We are the (cheap) Robots
La scène 8-bit s'est développée avec l'Internet et ce qu'on a appelé plus tard la vidéonostalgie où nostalgie des premiers gamers pour les jeux vidéos des débuts : Atari, GamE Boy, Amstrad,... Elle a depuis connu une progression constante et servi de plateforme de réinvention pour la plupart des genres musicaux, accouchant notamment d'un nouveau sous-genre électronique, sorte d'équivalent low-fi dérisoire des musiques électroniques et creuset d'une créativité que cette compilation ne démentira pas. Ce Tribute à Kraftwerk regroupe en effet (on s'est documenté) la plupart des stars du genre, regroupées ici sous le libellé d'8-bit operators, et cela s'entend. Des Roboter de Bacalao à la ligne de bass acide et au groove affolant, jusque l'imparable Antenna de Bitschifter (le Mozart du 8-bit), en passant par une déconstruction plus qu'habile de Trans Europe Express par les Receptors, on navigue ici de l'excellent au très bon. La technologie 8-bits,loin d'handicaper les musiciens, leur permet de manière surprenante de mettre en avant dans chaque morceau du groupe allemand une lecture évidente (qu'elle fut pop pour le Computer Love de Covox ou technopop sur Radioactivity de David E. Sugar, reprise contestable du hit n°1 de Kraftwerk) et tout à fait lisible. Cela évite, technologie oblige, de tomber dans les travers habituels des disques de reprise ou tribute, à savoir copier (mal)honnêtement l'original pour en faire quelque chose de ressemblant et moins bon, OU le saccager pour jouer au plus malin. Ici, les 8-bit operators se montrent à la fois fidèles aux auteurs de Spacelab et très créatifs dans leurs relectures. Une vraie bonne surprise avec une fin en apothéose : reprise drum n' bass mâtinée de sons live de Die Mensch Maschine par un dénommé gWen and counter reset qui mérite à elle seule le détour. Ca s'écoute ici : http://www.myspace.com/8bitoperators
Ne vous faîtes pas tatouer
Je conviens bien sûr que je suis à 100% pas du tout rock'n'roll, et qu'après tout si dans vingt ans on me demandait qui c'est ce type poilu sur ma fesse gauche, ça me ferait un très bon pretexte pour expliquer qui est Kyp Malone et parler de ma passion pour TV On The Radio. Avant de foncer vous faire tatouer, cependant, jetez un oeil à ces photos de tatouages rassemblées par notre bloggueur favor Jésus. J'ai beau toujours aimer Neutral Milk Hotel ou Elvis Costello, faut bien le dire : en tatouage ils ne rendent vraiment pas terrible, et je ne vous parle même pas de choix plus douteux comme la tête de Billy Joe Armstrong. Toujours pas convaincu ? Le blog Yuppie Punk en a plein d'autres. Dossier ambient : vous êtes dans le flou ? Lisez Flu ! L’ambient, vous connaissez ? On sait tous plus ou moins ce que c’est ou à quoi ça ressemble, mais je mets au défi n’importe qui de définir précisément ce genre musical !!! Plutôt que de rester dans l’à peu près, l’équipe de Flu vous propose un nouveau dossier thématique, consacré à l’ambient. L’histoire de ce mouvement, ses sous catégories, ses artistes phares, on vous explique quasi tout. Voilà de quoi sortir l’ambient de l’obscurité.Go-go gadgeto guitare!
LCD Soundsystem : Tribulation d'un nord américain en europe
Motor : Mechanische AngstBasic, brutal, bête mais efficace. Une pure expérience de psychédélisme noir, entre Plastikman, Suicide et Pan Sonic. Ce que le rock est à la techno est incarné par MOTOR. J'adore ce morceau, même si le clip n'est pas convaincant. Fermer les yeux, poussez le volume à fond, c'est parti ! Et bon week-end ! The Fall par delà le miroir : The Twilight World of Mark E. Smith
Golden Skans la vidéoAprès ces agressions visuelles :
Adieu les univers claustrophobes et fluos de leurs deux premiers clips et bienvenue à la beauté, la poésie et à la légèreté suggérées par la vidéo de leur dernier single "Golden Skans" (un tube, soit dit en passant). C’est à mi-chemin entre Tigres et Dragons et les épreuves de ruban à la GRS. Ah ces rubans, ces corps nus... Concours LCD Soundsystem en concert à LondresPosté par LovelyRita le 16.02.07 à 15:30 | tags : électro
Quel était le nom du premier groupe de James Murphy ? Pour participer (et répondre à la question), visitez le site du concours. Pour trouver la réponse et en savoir plus sur LCD Soundsystem, c’est ici. Emperor Machine & Padded Cell : Electro Circus
The Emperor Machine - Vertical Tones and Horizontal Noise 5 & 6 - 2X12 " (DC Recordings/La Baleine) The Cook, The Bad & The QueenLa vidéo de "Kingdom Of Doom" de The Good, The Bad & The Queen est disponible. Tourné en noir et blanc, le clip est tout simplement une sorte de clip-docu-tranche de vie qui se transforme en leçon de cuisine faite par Damon Albarn. Tous les membres du groupe sont installés dans la petite cuisine dans laquelle Albarn prépare un english breakfast comme il se doit. Il sait chanter, écrire des chansons, couper des oignons et faire des oeufs aux plats ! What else ? Pour voir la leçon filmée c'est ici : Let's Make A VideoAvant de pouvoir visionner le prochain clip des CSS, les fans de l’électro-rock à la brésilienne devront mettre la main à la pâte. Pour leur prochain single, "Alcohol" le groupe a décidé de confier la réalisation de la vidéo à l’un de ses fans, mais lequel ? Le groupe propose ce concours jusqu’au 15 avril. Petite contrainte : la vidéo doit obligatoirement mettre en scène le groupe en reprenant des séquences mises en ligne sur un site italien, QOOB. Et petite récompense : un pactole de 2 000 euros. Des infos, ici Et si vous manquez d’inspiration : L'éternel été de Christian Fennesz
Fennesz - Endless Summer (Mego/La Baleine) Du nouveau pour Elliott Smith Le label Kill Rock Stars a annoncé la sortie prochaine de New Moon, compilation de titres du défunt songwriter Elliott Smith, édité sur CD et vinyle. Kill Rock Stars et Elliot Smith dans la même phrase ??? Ça fait tout bizarre, soit dit en passant. Prévu pour début mai, le double volume réunit des compositions enregistrées par Smith entre 1995 et 1997. On y retrouvera entre autre des versions démos de titres déjà publiés sur ses albums ("Miss Misery", "Pretty Mary K")Le tracklisting : CD 1 : 1. "Angel in the Snow" 2. "Talking to Mary" 3. "High Times" 4. "New Monkey" 5. "Looking Over My Shoulder" 6. "Going Nowhere" 7. "Riot Coming" 8. "All Cleaned Out" 9. "First Timer" 10. "Go By" 11. "Miss Misery" (Early Version) 12. "Thirteen" CD 2 : 1. "Georgia Georgia" 2. "Whatever" (Folk Song in C) 3. "Big Decision" 4. "Placeholder" 5. "New Disaster" 6. "Seen How Things Are Hard" 7. "Fear City" 8. "Either/Or" 9. "Pretty Mary K" (Other Version) 10. "Almost Over" 11. "See You Later" 12. "Half Right" Dernière précision : une partie des bénéfices ira à l’association de Portland, Outside In, qui œuvre pour les jeunes sans-abris. Scratch Massive : Le poison dans la tête
Scratch Massive - Time (Chateau Rouge/Nocturne/Kompakt) Le Jeu des Seconds Couteaux
Petit jeu rock pour me faire pardonner l'extrême facilité de l'autre fois (pas sûr que ce soit mieux cette semaine - le record reste de 50 minutes pour l'année 2007, 28 minutes, en 2006), dédié aux Seconds Couteaux de l'Histoire du Rock, ces personnages essentiels qui vivent dans l'ombre des idoles et que personne ne reconnaît vingt ans après. Parmi ceux qui vous sont présentés ici, certains ont effectivement une portée anecdotique, d'autres sont réellement importants. 1. Identifier les 6 personnes photographiés ci-dessus et indiquer brièvement comment et pourquoi ils sont connus ? 2. L'une de ces 6 personnes est un intrus. Trouver ce qui le différencie des autres. 3. L'un(e) des 6 aurait pu être autrement plus célèbre qu'il ne l'est aujourd'hui en raison de ses antécédents familiaux et de son parcours de jeunesse. Lequel et pourquoi ? Le premier qui a tout bon, comme d'habitude, reçoit un superlot (parfois minable, à vrai dire, selon ce qu'on m'en dit), constitué d'au moins 2 CD mystère.
Solenoid : ADN Music part.2
Solenoid - Supernature (Orac/Nocturne) Steve Jobs contre les DRM
Parce que oui, la musique qu'il vend sur Itunes est pleine de DRM, et alors que l'Europe l'embête de plus en plus avec ces histoires d'interopérabilité, il s'est dit qu'il était temps de contre attaquer : toutes ces protections, il n'en veut pas vraiment, lui, ce sont les grandes maisons de disques européennes qui l'ont obligé à les mettre là, et c'est la nécessité de garder secret la recette du "Fair Play" (le nom du système de DRM d'Apple) qui l'empêche de le licencier à d'autres acteurs du marché pour permettre l'interopérabilité. Alors, Steve, il est vraiment cool ou juste faux-jeton. Eh bien ni l'un ni l'autre : il explique lui même que les ventes sur l'Itunes music store ne sont rien comparées à celles de l'Ipod, et qu'il n'a pas grand chose à perdre en se débarassant des DRM (il y aurait peut-être même à gagner). Alors laissez-le un peu tranquille à propos des DRM et de l'intéropérabilité et allez plutôt vous plaindre auprès des vrais responsables : Sony-BMG, Universal et EMI. C'est marant comment on retombe toujours sur ces trois là dès qu'on parle des problèmes du monde de la musique. Je suis toujours pas plus fan de Steve Jobs que de Bill Gates mais, pour le coup, accordons lui d'avoir à peu près complétement raison. Votez pour Morrissey ! Le fan de Morrissey est une espèce particulière. Il ne mange pas comme nous, il fait pousser des glaïeuls (fleurs préférées du chanteur) et il est surtout très coriace. On connaît son acharnement et sa motivation pour perpétuer la légende du Moz. Lorsque les fans du chanteur du feu The Smiths ne se rassemblent pas en foule pour les concerts, ils entrent en campagne. Depuis janvier 2007, ils ont lancé "Download Morrissey into the UK Singles Charts", projet qui vise à faire entrer un titre de Morrissey dans les charts anglais. Le site internet de campagne Get Moz In The Charts explique qu’il est maintenant possible de faire rentrer dans le top 40 n’importe quel titre téléchargé que ce soit une nouveauté ou une vieillerie, un single ou pas. L’apparition de cette nouvelle règle a donné des idées à deux animateurs de la radio anglaise Radio 4. Ils ont lancé une expérience et demandé à leurs auditeurs de télécharger en masse pendant une semaine le titre "Blame It On The Boogie" de The Jacksons pour le voir rentrer dans le top 40. Et maintenant c’est au tour de Get Moz In The Charts ! Après discussions, assemblées générales et vote en ligne pour choisir le titre qui représente le mieux l’esprit du Moz, les partisans se sont arrêtés sur "Life Is A Pigsty". Tous les fans du Moz se sont donnés rendez-vous cette semaine (du 12 au 18 février) pour acheter le titre sur toutes les plates-formes de téléchargement en ligne. Aimez-vous l'homophobie ?
Pourquoi, donc, exactement, tous les blogs relayent donc ce lien vers un site dont le succès va visiblement grandissant ? La liste des groupes s'allonge chaque jour, sans doute avec l'aide des internautes sincères ou pas (j'ai moi même suggeré le nom d'un groupe fictionnel pour préparer cet article, mais sans succès). Au-delà de la necessité de remplir son billet quotidien, je m'interroge vraiment sur l'intérêt qu'il peut y avoir à vous renvoyer vers un site ni drôle ni véritablement choquant (bien qu'évidemment détestable). Est-ce pour nous sentir tellement supérieur, nous, les gens tolérants ? Bon, allez, si vous êtes plusieurs à le réclamer dans les commentaires, je vous le donnerais ce lien. Simon Reynolds "déchire tout" (comme disent les jeunes)
Simon Reynolds - Rip it Up and Start Again (Allia) Gruff Rhys, voici venu le temps des rires et du chanvre
En écoute ici : http://www.myspace.com/candylionmusic Un nouveau chantierPosté par LovelyRita le 12.02.07 à 12:40
« Parce que la musique va mal et qu’il faut la sauver » Police se reforme !Voilà, j'ai fini par le faire ce billet sur la reformation la plus regrettable de l'année. Certes, les Eagles et Van Halen se reforment aussi, parait-il, mais je parie qu'on en entendra beaucoup moins parler. Plutôt que de parler de mauvaises nouvelles, continuons à nous interroger sur ce qui a bien pu pousser certaines personnes à penser que les années quatre vingt étaient nulles. Dog Police, le groupe, chante "Dog Police", la chanson extraite de leur album Dog Police. On dirait des Residents qui ne feraient pas exprès d'être irritants. C'est toujours mieux que le clip d'"Every Breath You Take".
Si vous n'en avez pas eu assez, j'ai piqué ça dans ce classement des pires vidéos de l'histoire. Pouvez vous seulement imaginer que Dog Police était seulement second ? Techno des origines, pt.10 : Sylvester, disco make me feel...... mighty real ! Culture et expression de la communauté gay noire américaine de New York au début des années 70, le disco n'est pas cette musique mercantile, dénué d'âme et de sens que beaucoup ont voulu voir. Effrayés par un genre qui leur volait la vedette (rappelons que le rock d'alors était dominé par les dinosaures, le punk n'était même pas né) les critiques rocks ont souvent voulu résumer le disco à un hédonisme creux, en opposition à un rock radicalement engagé dans la société de l'époque et ses conflits (guerre du Vietnam, revendication des droits civiques des afros-américains, lutte pour le féminisme, etc.) C'est oublier que la communauté qui a vu naître cette musique a elle aussi supporté sa part de discrimination et de violence. Le disco est né à New York, c'est certain, mais il est surtout le vecteur d'expression alors underground de la communauté gay. De fait, quand Sylvester, figure emblématique du mouvement, chante "You Make Me Feel Mighty Real", c'est bien d'un accomplissement qu'il s'agit. D'une célébration du fait de pouvoir enfin être soi-même, de se revendiquer comme gay ou transgenre, en toute liberté. Une énergie positive, même si celle-ci cachait beaucoup de souffrance. On oublie souvent aujourd'hui, époque où la lutte pour la reconnaissance des droits des homosexuels est considéré comme normal, qu'il fut un temps où, être homo et sortir dehors, signifiait au mieux un bon cassage de gueule, au pire la mort. Rien que pour cela, la célébration de la joie disco qui donna ensuite naissance à une partie de la techno avec le garage et la house, doit être prise au sérieux et reconnue comme une part entière de l'histoire des musiques populaires, au même titre que le rock, la pop et le punk. James Holden : Pas idiot pour un anglais
James Holden- The Idiots are Winning (Bordercommunity/Acoustic Music/Socadis Distribution) L'Angleterre, l'autre pays du rock
Il ne faut pas souhaiter la mort des gens
Le chansonnier André Bézu nous a quitté mercredi. Pour beaucoup, cette disparition ne veut pas dire grand chose et n'arrachera pas autre chose qu'un sourire narquois, une grimace de mépris et de condescendance. André Bézu, disparu à 63 ans seulement, était évidemment le chanteur qu'on connaît : auteur d'un hit à jamais éternel, "A la queuleuleu", que 95% des français ont non seulement entendu mais aussi dansé, de gré ou de force, lors d'un banquet, un mariage, un réveillon, entraînés par Tonton Polo et le cousin Didier, venu de Bretagne exprès pour l'occasion. Des milliers sont aussi tombés amoureux (ou ont tiré un coup d'un soir) lorsqu'ils ont embrassé, sur une serviette de table, une fille de passage encerclés par la fameuse chenille, dont la queue leu leu de Bézu empruntait parfois la chorégraphie. Combien de coups de foudre et de mains divinement baladeuses sur une queue leu leu ? Bézu avait été avant ça, ce qui est moins connu, la doublure de Louis de Funès, et son assistant, sur la plupart de ces grands succès. Ainsi, il pouvait se targuer d'avoir été au générique de La Grande Vadrouille (hé, oui) ou de L'Aile ou la Cuisse. Si les qualités musicales de Bézu ne sautent pas aux yeux, ses animations de repas pour seniors étaient extrêmement appréciées des personnes âgées. Bézu y alternait les anecdotes, les chansons (dans un répertoire très large) et les blagues sur un rythme d'enfer. On ne sait pas s'il a pris la Grande Faucheuse par la taille au moment de partir et lui a pincé les roubignolles. R.I.P Bézu Arcade Fire : Pub sur YoutubeHistoire de faire monter la sauce à l’arrivée de leur prochain album, le groupe Arcade Fire a posté sur Youtube une petite vidéo de présentation. Derrière son masque à la Scream, Richard Reed Parry guitariste chez Arcade Fire fait office de porte parole et nous vente les vertus de l’album : « I feel confident that these contemporary classics are going to blown you way ! ». En attendant de pouvoir juger par nous même de l’excellence ou de la médiocrité de cet album, on se contentera du 1er single "Keep The Car Running". Radicalfashion : Electronica impressionniste
Radicalfashion - Odori (Hefty Records/La Baleine) Gnarls Barkley : le nouveau clipLe duo Gnarls Barkley vient de balancer le nouveau clip pour son single "Smiley Faces". Tourné à la façon d’un documentaire avec images d’archives, le clip débute sur des interventions de Dennis Hopper et Dean Stockwell, qui jouent le rôle d’un historien de la musique et d’un directeur artistique de label. Selon eux, Gnarls Barkley aurait voyagé dans le temps, aurait été là aux débuts du hip hop et impliqué dans la musique Motown…rien que ça ? Enfin tout cela est prétexte à une vidéo où l’on voit le groupe traverser les diverses périodes musicales. Neil Young, Devo,vos oreilles et vos yeuxMa maman m'avait toujours dit de rester loin des films de Neil Young et, après avoir regardé le stupide Human Highway, je dois bien reconnaitre qu'elle avait raison. Le film, au slogan au moins a demi lucide ("C'est si mauvais que ça va être énorme"), ne vaut que pour les quelques apparitions qu'y fait Devo, groupe dont Young était fan. On retiendra surtout cette scène où le personnage de Young reçoit un coup sur la tête dont il avait visiblement besoin et se met à rêver qu'il jamme avec les apôtres de la dévolution sur "Hey Hey, My My". Attention, ça fait encore plus mal aux yeux et aux oreilles que The Gossip. Célébrons l'ignorance : Quand les Inrocks recyclent leur soupe
(J'attends bien sûr, les commentaires du genre : "Oui, mais c'est bien sympa quand même de trouver ce genre de réédition pour les plus jeunes, gna gna gan". C'est vrai qu'avec le nombre de bouquins sortis sur le sujet ces temps-ci, il fallait bien que les Inrocks en remettent une couche. Pure mauvais foi vous dites ? Vous avez raison...) Les classiques en purée
Histoire de se détendre les oreilles et de faire voler en éclats les références auditives habituelles, un petit tour sur les incontournables encyclopédies du mash-up ne fait pas de mal. Ah, ces classiques qu'on connaît si bien qu'on n'a pas besoin de les écouter pour les entendre : le site Puritan Blister (référence à une pratique qui se pratique seul et en toute discrétion) en recense des versions compactées, fusionnées, fracassées ou mêlées qui font se mélanger les Destiny's Child et Coldplay, les Beach Boys et New Order. Tout n'est évidemment pas du meilleur goût mais certaines versions valent qu'on y prête attention. En plus (pourquoi donc ?), il y a même un titre de Dick Rivers (qui est une star au Japon). BRMC prend la route du studio
1. Took Out a Loan Cet album devrait sonner comme un retour à l’électricité…feront-ils mieux que leur premier et sublime 1er album ? Parmi les nouveaux titres, certains datent des sessions d’enregistrement de Howl, notamment « Took Out a Loan » et « 666 Conducer », le groupe y a même inclus un titre que Peter Hayes a écrit étant adolescent, « Am I Only ». « Weapon of Choice » a été choisi comme single, d’ici là, on attend la date de sortie européenne et dans la foulée une possible tournée (peut-être française). Getatchew Mekuria & The Ex : Jazz éthiopique
Getatchew Mekuria & The Ex - Moa Anbessa (Terp Records/www.wallboomers.com) Jésus vs. Jimmy Page
C'est en tout cas comme ça que ce site présente les choses. S'appuyant sur des données objectives (l'âge et la cause de la mort de 321 rock-stars), le site établit en effet clairement et scientifiquement que les membres de groupes de rock mort prématurément ont une espérance de vie inférieure à celle de l'américain moyen ! Parce que bon, dans cette liste, il y a bien sûr Elvis, mais pas Johnny Cash, ni évidemment Jerry Lee Lewis et Little Richard. Et donc en bas de page, il vous est demandé de choisir entre la vie ou la mort. Bien évidemment, comme j'ai plutôt peur pour mon âme, j'ai cliqué sur la mort. Là on a essayé de me faire culpabiliser d'avoir rejeté Jésus, après tout ce qu'il a fait pour moi. Je trouve ça très impoli de me mettre la pression comme ça alors que personnellement, je ne lui ai jamais rien demandé. J'ai donc à nouveau rejeté Jésus, et là je me suis retrouvé sur une page qui m'expliquait que l'enfer (l'endroit où je vais, apparement) est un endroit très désagréable, et qui en plus existe, puisque la bible le dit. D'ailleurs, un plan de coupe de la terre montre que son noyau est effectivement très chaud. Et il ya encore un tas d'autres preuves tout aussi scientifiques. Je commence à douter. Est-ce si mal d'écouter les Beach Boys ? Mini-Jeu Rock de février
Petit jeu sans prétention et pas très difficile pour démarrer ce mois de février. Pour une fois, il ne s'agit pas de deviner qui est qui mais de réfléchir à une caractéristique de certaines chansons rock ou pop. Comme toujours le jeu est en 3 temps et avec un superlot à gagner cette fois : 1. Associer les bonnes chansons aux groupes correspondants : 2. Trouver le point commun entre ses associations groupes-chansons, sachant que, sur ce créneau, les Pixies s'imposent clairement comme les plus zélés. 3. Trouver la chanson-groupe qui ne répond pas au point 2. et constitue donc l'intrus de ce quizz. Le premier ou la première qui a tout bon emporte la mise. Dearly Beloved : Prince au superbowlLes shows de la mi-temps du super bowl sont célèbres pour deux choses : être nuls et puis, vous en avez peut-être entendu parler, une petite histoire de sein avec Janet Jackson. Le choix de Prince pour assurer le show cette année a causé quelques moqueries auprès de certains commentateurs, persuadé que le fan de foot américain moyen accepterait mal un type en talon haut et bas résille. Ces types ne connaissaient sans doute ni le Prince moderne, désormais témoin de Jéhovah bien rangé, ni ses concerts, moments de folie parfaitement orchestrée et, quand tel est le souhait du nain pourpre, totalement accessibles. Si vous n'avez rien contre les feux d'artifices et la mégalomanie, c'était un grand moment : Malheureusement, tout n'est pas rose au pays de Prince, qui a eu la mauvaise idée de mettre en ligne un nouveau single pour l'occasion, le très moyen "guitar", que vous pouvez écouter sur le blog Obscure Sound. SunnO))), Boris et KTL : Power ambiant electronic
Boris/SunnO))) - Altar (Southern Lord/Differ-ant) KTL - st (Mego/La Baleine) Dis Myoso, c'est quoi le rock ? Bredouiller le terme «rock» en plein milieu du dîner, vous ne toucherez jamais au Paris-Brest de la ménagère, autrement qu'étalé sur votre fute Diesel. Sujet casse-gueule par excellence, vous vous prenez les tirs croisés d'un pro-Doherty rhétoricien et d'un anti trans-rock au volume capillaire hypertrophié. Dîtes ouf : Myosotis, notre médiateur avisé, met fin à l'eudelinisation des vendredis soirs en nous contant la véritable histoire du rock, du couffin au cercueil. Qui du King, de Paul McCartney ou des Pistols en est le père biologique ? Bowie touche-t-il des royalties à chaque fois qu'on parle d'«esthétique rock» ? Les années 80, c'est une blague ? Elmer Food Beat dirige-t-il l'industrie du rock français ? Les groupies, c'était mieux avant ? Et si oui, fallait-il laisser tomber les bollocks ? Autant de controverses qui trouvent désormais réponse(s) dans Flu, le mag, à même le plantureux dossier rock de Sire M. Cette fois, c'est sûr, vous reprendrez du café...Minute-Mix
Nos lecteurs cultivés auront reconnu le principe du Commercial Album des Residents, qui était composé de quarante morceaux d'une minute pour éviter les répétitions couplet/refrain et pouvait ainsi servir de bande son pour publicité (ce qui, bien évidemment, n'est jamais arrivé). Comme avec les Residents, d'ailleurs, le concept est parfois plus intéressant que l'exécution. M'enfin c'est toujours bien plus écoutable que mon idée de remixes de soixantes minutes de chansons des Pixies. Pete Burns : Dead or Alive ?
Comme d'autres vous avez peut-être aimé sans le savoir, dans un lointain passé, le chant et l'androgynie de Pete Burns, chanteur et frontman des Dead Or Alive, groupe new wave de Liverpool, qui a sévi principalement entre 1984 et 1988. Parmi leurs hits, on retiendra le célèbre You Spin Me Round (Like A record) mais aussi Something in My House ou l'encore meilleur Lover Come Back To Me, petit bijou de pop mélancolique et de glamour. Eclipsé sur la scène populaire par son concurrent direct Boy George et son Culture Club, véritable machine à hits sur la même période, Pete Burns n'aura jamais bénéficié d'une reconnaissance digne de son talent. Alors que Boy George était, à cette époque, encore présentable, Pete Burns, qui est l'un des meilleurs amis depuis 30 ans de Morrissey, aura toujours affiché un grain de folie supplémentaire, une androgynie beaucoup plus troublante, voire détraquée et effrayante que celle de KarmaChameleon. Les albums de Dead or Alive sont très inégaux et sont plombés par le vieillissement des productions de ces groupes dits à l'époque New Romantics, mais contiennent de vrais beaux moments d'émotion. Le chant de Burns ressemble parfois à la plainte déchirante d'un Klaus Nomi, alors que les musiques de Percy et Lever (les principaux compositeurs des chansons) résonnent d'une belle évidence pop qui ramène aux Pet Shop Boys, et indirectement, aux Smiths. Le hic, c'est que Pete Burns qui a vécu pendant 25 ans avec la même femme a divorcé il y a quelques temps pour se lancer à corps perdu dans la transformation chirurgicale de son corps. Ces précédentes opérations ont fait de lui une femme ou un homme plutôt réussi dans son genre, avant un incident majeur qui le ramène sur le devant de l'actualité ces jours-ci. Pete Burns après 8 ou 9 opérations s'est détruit (ou fait détruire) les lèvres et poursuit son chirurgien. Il ne pourra vraisemblablement plus chanter. Ce désastre ramène vers les légendes noires du rock, ces histoires glauques qu'on ne pensait trouver que dans les romans de Burroughs, d'Ellis ou de Palahniuk. Ces horreurs existent. Parce que le rock existe. Dead or Alive ? Black Devil Disco Club en concert au Bataclan samedi
Toutes les infos : ici Route du Rock Hiver, la prog La Route du Rock Collection d’Hiver vient d’arrêter sa programmation. L’édition 2006 se tiendra du 16 au 18 février et toujours dans la cité malouine. Au programme, pas mal de beaux noms. Les américains de Low seront de la partie pour promouvoir leur 8ème album Drums and Guns, à paraître en mars. De l’électro allemande avec Saroos, le nouveau projet des membres de Lali Puna et de Notwist. Mais aussi The Blood Arm, Paula Frazer, Shannon Wright, Clinic, l'Islandais Johann Johannsson et encore quelques artistes à confirmer. La prog détaillée Les années quatre-vingt n'étaient pas nulles. Juste Bowie.
L'une des principales raisons pour lesquelles on a longtemps dit que les années quatre-vingt étaient nulles, c'est que Bowie y était nul. Et les Stones et Paul Mccartney et tout les autres vieux. Qu'avait-on pour les remplacer dans les coeurs des jeunes ? Madonna et Mickael Jackson. Oh, on sait tous aujourd'hui qu'il suffisait de regarder ailleurs pour trouver, mais pendant presque toute la décennie suivante, on en a eu bien honte de ses années là. Un peu comme aujourd'hui on a honte d'avoir eu quinze ans et d'avoir aimé Nine Inch Nails, les Smashing Pumpkins et Pearl Jam. Mais on ne jette plus le bébé avec l'eau du bain, on se souvient de Pavement, des Flaming Lips et de Neutral Milk Hotel. Et puis ces groupes grunges n'étaient pas si mauvais. Bowie, c'est vrai, ne tenait toujours pas la grande forme et nous n'évoquerons même pas les Stones. Seulement tout le monde s'en fout. Qu'est-ce qui a changé, donc, pour qu'on ne crache pas sur les nineties comme les eighties le faisaient sur les seventies ? Est-ce que c'est parce que nous n'avons pas de nom ? Est-ce que plus personne n'a envie de tuer ses parents ? Pour le meilleur et pour le pire, il semble que cet idéal Rock'n'roll soit passé à la trappe. Les futuristes comme TV On The Radio semblent s'en foutre complétement, et les clown comme Pete Doherty sont complétement rétros et le revendiquent. C'est papa qui a payé leur première guitare. Les musiciens d'aujourd'hui sont-ils plus matures ou plus conservateurs ? On est peut-être bien sortis d'un cycle. Temporairement sans doute, mais tant que nous y sommes, gardons les yeux ouverts, il pourrait bien se passer quelque chose. Techno des origines : La ligue des machines humainesAu début des années 80, la pop virait électronique sous l'influence conjuguée du disco, des rythmes robotiques du rock allemand (Kraftwerk, Can...) et de la musique industrielle. Naissait alors une nouvelle scène, composée de personnalitées ne connaissant rien à la musique, mais désireuses d'en faire. A la différence du punk, celles-ci ne voulait pas rejouer les fameux "3 accords pour faire un groupe", non, elles préféraient faire confiance aux machines. La scène de Sheffield, sur un mode synthétique, avec Human League (auparavant baptisé "The Future" et réédité sous le titre The Golden Hour of The Future), Cabaret Voltaire, Clock DVA ou ABC et Heaven 17, fut l'une des plus passionnante de l'after-punk. L'influence des deux premiers est toujours particulièrement évidente dans les musiques électroniques actuelles. Human League première période était loin des standarts synth-pop qui s'imposèrent par la suite avec le situationnisme outrancier d'ABC ou l'héroïsme fade d'Alphaville. Leur musique sombre, joué au clavier "avec un doigt", n'avait qu'une raison d'être : démolir les clichés du rock d'alors (ainsi que ceux du punk). On retrouve d'ailleurs ce rigorisme chez l'Orchestral Manoeuvre in The Dark des débuts et l'Ultravox de John Foxx. Le synthé étant l'instrument de tous les instruments, la représentation anti-rock par excellence (ou alors celle du prog-rock, à une différence près : les musiciens de Yes et Emerson Lake and Palmer jouaient généralement de ces instruments de manière classique, comme des organistes). "Being Boiled", superbe titre noir et sévère comme un jour dans le nord de l'angleterre de 78, fut pour beaucoup dans la naissance de Cybotron, le premier projet de Juan Atkins, fondateur de la techno au côté de Kevin Sauderson et Derrick May. A son écoute, on se dit que depuis l'arrivée de l'electro des Dopplereffekt, Bangkok Impact, Ectomorph, GD Luxxe, Solvent et consort, ce premier jet de la ligue des humains (et de leurs machines) n'a pas trop mal vieilli, au contraire. Mal aux oreilles, mal aux yeux !Ecoutez-moi ce riff tapageur, cette basse martelante et cette voix de tigresse ! « Standing in the way of control », c’est le genre de morceau qu’on écoute tout haut pour se réveiller comme une brute le matin. The Gossip, auteur de ce mini tube, est un groupe emmené par une chanteuse furieuse à la voix de black. Pour le troisième album, la formation a opté pour un mélange de disco, punk-rock et soul. Histoire de vous aveugler en musique, le clip du single. Un mélange entre les animations de Yellow Submarine et les vidéos des Klaxons ! Paris est trop chère
Un exemple particulièrement parlant de pourquoi les maisons de disques auraient peut-être du commencer par là, l'épouvantail Paris Hilton aurait eu, pour l'accompagner dans sa tournée promo, quatorze personnes, dont trois gardes du corps, deux "tour manager" (bien qu'il n'y ait pas eu de tournée) et trois attachés de presse. Rien que leur séjour d'une semaine à l'hôtel Metropolitan de Londres a coûté 160 000 livres à Warner. Paris ayant vendu en tout et pour tout treize mille exemplaires de son regretté album, rien que cette semaine-là à coûté douze livres par album vendu. La bonne nouvelle, c'est que Paris n'est pas près de remettre les pieds dans un studio. |
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