Archives > Mars 2007Traum Schallplatten et Platzhirsch : Minimale de saison On ne présente plus le label Traum Schallplatten, maison du vénéré - et vénérable - Richard Riley Reinhold aka Triple R et Trapez, sa sous-division minimale. Journaliste, DJ, producteur, Reinhold est une figure incontournable de la scène allemande basée à Cologne. Son label compte des artistes tels que Dominik Eulberg, Fairmont, Philippe Cam, Gustavo Lamas, et dernièrement les petits Français de Nôze. Annuellement, un peu à la manière de l'autre label de Cologne, Kompakt, Triple R nous offre sa petite sélection personnelle. En gros Trapez 1, 2, 3, puis 4 et 5 (original !) c'est le meilleur de Traum, mixé par le boss himself. Moins pop que Kompakt, mais animé d'un même esprit jusque-boutiste quand il s'agit d'explorer toutes les facettes d'un groove hypnotique à souhait, souvent très deeeep et plutôt dubby. Pour Trapez Selection 5, sa dernière playlist, Riley Reinhold semble avoir opté pour une approche un poil plus funky, comme l'atteste la présence des rigolos de Nôze. Beaucoup d'inconnus tout de même, du moins pour le novice qui n'achète pas les maxis vinyls de Trapez, mais on retrouve également des têtes connues comme SLG, 3 Channels, ainsi que des remixes signés Gabriel Ananda, Dominik Eulberg, Audio Werner et Oliver Hacke. L'intérêt du volume, hormis le fait de présenter un panorama du label, tient à la capacité de Triple R à choisir des morceaux permettant une écoute optimale en soirée, comme sur canapé.
Triple R - Trapez Selection 5 (Traum Schallplatten/Nocturne, février 2007) Les 10 commandements de Dan Le Sac/Scroobius PipPosté par LovelyRita le 30.03.07 à 15:31 | tags : électro, hip hop, rigolo, vidéos musicales, youtube
Maintenant on peut avoir le look du chanteur de Grandaddy et être rappeur. Merci à Dand Le Sac vs Scroobius Pip pour ce message d'espoir à tous les barbus porteurs de chemise de bucherons...tenez bon ! Malgré son débit à la Streets on arrive quand même à voir que ce garçon a la parole humoristique : "Thou shalt not worship pop idols or follow lost prophets", "Thall shalt not stop liking a band just because they’ve become popular", "Thou shalt not read NME". Le reste des paroles : ici Scroobius Pip, si tu passes par là, merci d'envoyer tous les vinyles que tu balances dans ton clip aux affamés de Playlist, ici. The Go Find : Toute petite Musique
Et hop' voilà. "Little Music" : j'ai créé un mouvement de toutes pièces un "mouvement" juste parce qu'il me sera utile pour chroniquer le disque de The Go Find. Quelque part l'inconscient collectif prend des notes et prépare un dossier "We never made it big, the Story of Small Pop ine the nineties". Un ange a perdu ses ailes. Ecrire l'histoire de la musique, c'est largement autant une affaire de créativité que de documentation. Les Belges de The Go Find, donc, font dans la "petite musique", mais il la font en bonne partie avec des machines. A l'origine, The Go Find n'est qu'un seul homme (c'est toujours comme ça dans la petite musique) qui las de jouer tout seul avec ses machines dans sa chambre s'est entouré d'un vrai groupe live pour son second album The Stars On The Wall. Il y a aussi quelque chose de Saint Etienne et aussi de toute la tradition sunshine-pop scandinave, mais l'ambiance ici est plutôt à l'introspection. Un disque à se mettre le dimanche matin, après s'être écouté le dernier Junior Boys la veille en rentrant de boîte. Fuckhead DVD : Une mission, te niquer la tête
C'est évidement cette branche qui intéresse particulièrement Fuckhead. Crée en 1988, le groupe s'oriente tout d'abord vers un rock froid très proche des expériences de Cabaret Voltaire, c'est le premier Ep sobrement (sic) intitulé Fuckhead. Rapidement, le groupe trouve sa voix sur scène. Improvisant autour de sons violemment industriels, Didi Bruckmayr, Siegmar Aigner, Michael Strohmann et Dieter Kern, tous à moitié nus et couverts de tatouages, scarifications, gants en latex, couches pleines d'excréments, explorent le monde des tabous, de l'attentisme et des normes, combattent le contrôle inhérent à nos sociétés, se frottent à la passivité du public et à ses peurs. Fuckhead c'est le théatre de la cruauté version punk hardcore, le body art hystérique, l'electrocution mentale garantie. Une expérience sado-masochiste, souvent douloureuse mais parfois salvatrice. Le DVD Lebensfrishsche présente près de 20 ans de performances, d'images et de sons de Fuckhead. Appliquée au monde des technologies numériques, l'idéologie Fuckhead tente de retransmettre leur art de l'extrême à travers le multimédia et la vidéo. Il faut savoir que depuis 1998, les performances du groupes sont souvent accompagnées de projections. Opéras rock extrêmes, jeux sur les voix masculines tantôt caressantes, tantôt hurlantes, noise music et vidéos ultra-saturées, animations mutantes et difformes en 3D, mais aussi conférences, interviews, retransmissions de live rares, slide shows accompagnés de la discographie complète du groupe en écoute, Lebensfrishsche n'est pas uniquement une expérience insoutenable. C'est une expérience tout court. Un electrochoc qui nous sort temporairement de l'état de stupeur béate dans laquelle la plupart du temps, nous vivons nos vie. Heureusement, il suffit d'éteindre sa télé pour revenir à la "normalité". Enfin normalement. Et comme ce ne sont que des mots, un petit tour sur le profil myspace de ces joyeux dingues vous permettra sans doute de vous faire une idée plus juste de leur art, photos, vidéos et sons. Beware, fuckhead inside ! Fuckhead - Lebensfrishsche (Mosz/La Baleine) Funkybot ! Si l'internet est un bon indicateur, le développement de la robotique grand public dans les années à venir devrait servir d'abord de substitut au sexe puis à tous les autres rapports humains. Pour permettre ça il faudra faire plus que transformer les real-dolls en animatronics, il faudra développer les capacités d'interaction "humaine" des robots. D'après certains psychologues, ça veut dire entre autre comprendre et reproduire les rythmes dans les gestes et la voix de vôtre interlocuteur. C'est là qu'intervient la musique.Ce petit truc jaune que vous voyez là haut est un robot équipé d'un logiciel de reconnaissance rythmique, d'un micro et de deux caméras. Sur cette vidéo on le voit réagir aux gestes et aux sons qui l'entourent et sur celle ci on le voit danser sur "I Turn My Camera On" de Spoon. Il danse beaucoup mieux l'humain que je ne danse le robot. Il s'appelle Keepon et vous pouvez en apprendre un peu plus sur lui en attendant qu'une version grand public finisse par arriver sur les enceintes de tout geek qui se respecte. Et si quelqu'un pouvait adapter la technologie pour le Jackobot... !!! et LCD Soundsystem en long, en large et en travers !Surtout "en travers", vu la puissance scénique des premiers et l'enthousiasme généré par les seconds au cours de leur concert toulousain du 24. Pour fêter la mise en ligne de notre dossier Son(g)s of New York, la rédaction de Flu' est heureuse de vous offrir ces deux clips symptomatiques de ce qui fait le son de la big apple : d'un côté la folie et l'énergie de Nic Offer et sa bande de !!! sur l'envoutant hymne vaudou "Heart of Hearts", de l'autre, la langueur d'un James Murphy "lendemain de cuite" sur "New York I Love You, but You're Bringing Me Down" (un futur classique ?!), plus que jamais leader de LCD Soundsystem et symbole du décloisonnement jouissif et massif de la musique, en ce début de 21ième siècle. Enjoy ! Faut-il blanchir le marché noir ?
Son idée est de faire sauter la limite à 45% et de délivrer des licences de revendeur agréés par l'Etat. La concurrence accrue et la plus grande lisibilité du marché feraient baisser les prix et empêcheraient les arnaques aux faux billets. Sur le papier ça semble plutôt sensé, et les USA ont une longue et glorieuse tradition d'institutionalisation des délits impossibles à interdire (cf. rubriques "prohibition" et "Las Vegas"). Si ça marche, j'espère bien que la pratique s'étendra jusque chez nous, parce que j'ai toujours le souvenir de cette fausse place pour le concert de John Lennon à la salle des fêtes de Bondy en 1998 et des cinq-cent francs qu'elle m'avait coûté, qui me reste en travers de la gorge. Dextro : Music has NO right for children
Avec Dextro, l'écossais récemment compagnon de label d'Holden et Fake (Border Community), développe un univers tout sauf enfantin, et loin d'être sans conséquence comme le laisse deviner son titre. Un paysage sonore nourri de réminiscences pop shoegazer et new wave (Cocteau Twins n'est jamais loin), qu'on imagine au contraire extrêmement complexe malgré l'aspect faussement inoffensif de ses gimmicks. Il faut de la dextérité pour polir de telles mélodies tourbillonnantes hantées de claviers, de guitares échappées, de choeurs fantômes et de cuivres subliminaux. Alors bien sûr, dès "Bladder Wrack", dès ses longues nappes lyriques d'une fluidité toute organique, tout porte à croire que l'on a affaire à un nouveau clone des autres fameux écossais electronica, et puis arrive le rythme, tout sauf régulier et pourtant volontaire. Pas techno, pas rock. Un peu des deux. C'est particulièrement vrai sur "Atman" ou "El Viento". Jamais les tics shoegazer de Ride, Slowdive et consort, ne se sont aussi bien mariés avec l'electro. Ou plutôt si, mais à l'époque lointaine de Seefeel dont nous parlions il y a peu. Et même sur les synthétiques "Destroy The Future Of All Mankind" et "Calcutec", MacKenzie a beau frayer avec une simili-rigueur technoïde pour casio, il reste toujours au bord. Il n'entre jamais de plein pied dans la danse. Ou alors il y bascule par erreur, la tête en arrière, les bras en croix. Et c'est véritablement magnifique ! Alors dans ces conditions, au diable rock, pop, electro, techno ! Oui, mais comment pourrions-nous appeler ça ? Post-techno ? Electro-post-rock ? Il faudrait inventer (ou pas) une "appellation d'origine incontrôlable" pour parler de ces plages étonnamment planantes, faussement enjouées, véritablement enchantées. Une musique "évanouie" ? Un très bel album en tout cas, dont on souhaite qu'il sache trouver son chemin chez certains et qui annonce avec bonheur le From Here We Go To Sublime de The Field (chez Kompakt) dont je vous parlerai bientôt. Un petit tour par le profil myspace d'Ewan MacKenzie s'avère ici nécessaire, pour apprécier toute la virtuosité du bonhomme. Il y propose également une très belle vidéo de son travail. Dextro - Consequence Music (Grönland/Differ-ant) Section Baroudage"A l'arache production" et "La dale studio" riii-présentent : Laissez passer la première minute un peu relou, la suite est aux petits oignons. Des oignons et des cognes, dans les pas du grand MC Georges B. : "Au marché de Briv'-la-Gaillarde Comme dirait Georges, spéciale kassdédi à Easy et aux lascars du un neuf. Ne vendez plus vos vinyls !! Au prix du baril de pétrole, vous auriez meilleur compte de faire rouler votre bagnole avec... Plus sérieusement, la plupart d'entre vous qui n'y ont pas renoncé sont ravis aujourd'hui d'avoir conservé leurs pressages originaux des Stones ou de Dylan. Quand le CD a commencé à se démocratiser ("les standards évoluent, que voulez vous ma bonne dame !!"), les bonnes vieilles galettes se sont raréfiées, puis quasiment éteintes comme des dinosaures de l'ère analogique, peu ou prou avant la bande magnétique. Trop encombrant, trop facile à rayer, un peu désuet, le disque vinyle a disparu de nos platines pour finir bien tristement sa vie dans les greniers, caves, voire déchetteries (!!) ou musées pour les plus chanceux...Malgré l'engouement des DJ pour cet article démodé, la production musicale va laisser tomber ce format, aux ventes trop confidentielles, au grand regret des amateurs (avisés) et des collectionneurs, car le disque vinyle possédait cet intérêt qui se retrouve peu dans son descendant numérique de devoir être manipulé avec attention, nettoyé régulièrement...et s'en suivait comme une relation (ambigüe) entre le disque et son propriétaire. Le format de la pochette, la sonorité particulière en faisaient un objet de collection prisé. Alors si vous êtes éveillés, vous n'aurez peut-être pas manqué de remarquer que le vinyle fait son come back, victime ou bénéficiaire de la vague revival qui sévit depuis quelques années. Du coup, je suis bien content de ne pas avoir foutu les miens à la benne, surtout au prix auxquels ils sont parfois mis en vente sur certains sites de ventes aux enchères ! Essayez de dénicher un pressage original, même français ou allemand de Can à moins de 40€, tentez ne serait-ce qu'une semaine d'affilée de trouver Raw Power des Stooges à moins de 30€... Pour racheter l'ensemble d'une collection acquise entre 1960 et 1980 (grosso merdo) il vous faudrait aujourd'hui décupler votre budget !! (à franc constant, 1 euro valant 6,55957 franc de la vieille époque, vous me suivez les djeuns ?). Alors finalement, si vous êtes de ceux que les galettes noires encombrent ou pour qui elles ne représentent rien, s'il vous plait, ne vendez plus vos vinyles... mais donnez-les moi !! Post signé zgeg
Michael Jackson sera-t-il un Transformer ?
Mais Jacko a des plans pour faire de son passage à Vegas autre chose que l'admission de son statut de ringard : il devrait faire construire dans le désert un robot-Michael de 15 mètres de haut équipé de rayons lasers qu'on pourrait voir depuis l'espace. Non seulement ça, mais la scène du concert ressemblerait à "un jeu vidéo géant que le public pourrait utiliser pour contrôler des cyborgs-humains". Je ne sais pas trop ce que ça veut dire mais je suis tout à fait pour. Je sens que certains d'entre vous ne me prennent pas au sérieux, mais je suis sûr que si c'était les Flaming Lips qui avaient annoncé le même plan, tout le monde piafferait d'impatience. A la place ils se contentent d'une comédie musicale "Yoshimi Versus The Pink Robots" sur Broadway où les robots roses ne seront, j'en suis sûr, même pas géants. Le JackoBot lui devrait selon toute probabilité se révolter et détruire la ville du péché. Ca va être super ! El-P : nouveau roi du hip-hop Depuis la retraite officieuse de RJD2, passé dans le camp des indie rockeurs, El-P est, de fait, devenu le gardien du temple hip-hop. Le moins que l'on puisse dire est qu'avec son album I'll Sleep When You're Dead, il tient bien la boutique. Album communautaire qui accueille les contributions de presque toute la Definitive Jux Community, sa tribu originelle, mais aussi de quelques célébrités transgenres comme Catpower, sublime sur un titre, The Mars Volta ou même Nine Inch Nails, ce I'll Sleep... est une vraie bombe d'intelligent hip-hop, où El-P alterne les titres explosifs et incisifs ("Up All Night" et sa basse funky) et les ambiances mélancoliques et plombées ("Dear Sirs"). Ce qui frappe ici, c'est la maestria avec laquelle El-P mélange les genres (le funk toujours sur l'excellent "No Kings", le rock choral sur "Flyentology", le rap hardcore, le trip-hop, le free-jazz, l'instrumental...) tout en offrant une unité sonore extraordinaire et un sentiment de cohésion créative. Le travail de production est bluffant et dépasse encore en évidence le flow d'un MC réellement métamorphosé ici, depuis sa dernière apparition. El-P qui passait jusqu'ici pour un "producteur ne rappant pas comme un dieu" nous sert des lyrics ciselés sur un ton assuré et percutant dont on apprécie quelques extraits comme "I'm not a depressed man. I'm just a f*** New Yorker" ou "I could have been born tonight, but i woke up too late" ou encore le bien senti et autodépréciatif "You think I'm a genius / I know I'm a whore ... I will pull your hair back / Fuck you on the floor / Pour myself into the act / Pour myself, ooh, I'm bad". Chaque titre apparaît pensé, écrit et composé pour produire exactement l'effet qu'il... produit à l'écoute. "Stepfather Factory" est le meilleur titre hip-hop que j'ai entendu depuis 3 ou 4 ans, une succession de beats lourds et chauds comme le plomb. Sur le subtil "Habeas Corpses", El-P imagine qu'il est gardien dans une sorte de prison intergalactique et chargé de massacrer tout le monde. Amoureux d'une prisonnière identifiée seulement par son matricule, il chante ses états d'âme avant la grande tuerie. Ce morceau plein d'invention et romanesque est à l'image du disque entier : inventif à l'extrême mais bâti sur une structure classique qui lui donne une assise et une force incroyables. Du coup, après le Fantastic Damage de 2002 et le travail avec Company Flow, ce LP est une réussite totale, exigeant, incandescent et à la hauteur des chefs d'oeuvre du genre. El-P - I'll Sleep When You're Dead (Definitive Jux, mars 2007) Iggy contre les Stooges ?
Quand les Stooges se sont reformés, ça aurait pu être la plus mauvaise idée depuis la reformation des Doors. Pourtant au soulagement général ils furent bon, très bons même. Il faut dire qu'Iggy est un showman accompli, tout à fait capable de se remettre dans la peau du jeune homme qu'il était le temps d'un concert, et les frères Asheton avaient l'air d'avoir attendu ça toute leur vie. Les foules en délire et leur répértoire inattaquable aidaient sans doute aussi. Deux choses qu'ils n'ont pas en studio. Les nouveaux morceaux ne sont pas géniaux, certes, mais ce qui les plombe vraiment, c'est l'interprétation. Le groupe avait à l'époque de Fun House quelque chose qu'on n'entend pratiquement plus dans le rock depuis longtemps : le groove. Que ce soit la faute au métal ou à la new wave, les rythmes du rock sont aujourd'hui martiaux et les Stooges semblent avoir voulu se mettre au goût du jour et quand le pauvre saxophoniste Steve MacKay intervient il est bien en peine d'apporter sa folie sur une base aussi sèche. Ou peut-être est-ce la faute d'Iggy, qui se vante partout d'avoir du expliquer à Mike Watt qu'il lui fallait trouver sa "stupidité intérieure" pour pouvoir jouer au stooge. Aurait-il fini par croire les critiques de l'époque ? Les Stooges n'étaient pas stupides, ils étaient simples (et encore, parfois seulement en apparence). C'est peut-être aussi pour ça qu'Iggy chante si mal alors qu'il était plutôt en forme sur ses derniers disques : il se croit capable de redevenir cette créature primitive qui chantait "TV Eye" au lieu de plus prudemment tenter de l'interpréter. Ca nous donne des paroles réellement stupides comme "England and France, these cultures are old/The cheese is stinky and the beer isn't cold". Il est aussi beaucoup trop volubile. Alors qu'à l'époque il se donnait pour règle de ne pas utiliser plus d'une quinzaine de mots différents par morceau pour ne garder que l'essentiel, il semble maintenant ne plus pouvoir se taire. Se peut-il qu'Iggy n'ait jamais compris les Stooges ? A leur première reformation, pour Raw Power, il avait forcé Ron Asheton à se mettre à la basse pour laisser la place au guitariste James Williamson, meilleur techniquement mais beaucoup moins bon dans le contexte de ce groupe. Il avait en fait envie de se débarasser des deux frangins mais n'avait trouvé personne d'autre. Personne ne doute du génie d'Iggy, mais il n'a finalement presque jamais réussi à l'exprimer seul. Personne ne doute, sauf peut-être lui même. Et peut-être que c'est pour ça qu'il est amer. Et peut-être que c'est pour ça que The Weirdness est si mauvais. My Latest Novel : le hurlement glorieux du loup écossais
Sans être l'album du siècle, ni même l'album de l'année, Wolves est l'une des bonnes surprises de ce premier trimestre, un premier album qui place le quintet de Glasgow parmi les têtes chercheuses d'un mouvement qui mêle la pop, les instrumentations classiques (option musiques baltes) et la quête de liberté formelle. Dans le même genre, diront les sceptiques, et en voisins de palier, les méconnus Delgados, anciens compagnons de label d'Arab Strap, ont déjà fait mieux et plus intéressant il y a dix ans. Mais cela ne suffit pas à gâcher le plaisir de la découverte. http://www.myspace.com/mylatestnovel
Body Music : Le corps instrument
En France, l'IRCAM est à la pointe en ce qui concerne ces technologies. Le célèbre institut va même jusqu'à commercialiser son capteur et senseur sonore, l'Eobody, une interface composée de capteurs attachés sur l'interprète et reliés à un ordinateur. Ce système, destiné aux artistes ou au public, est censé faciliter le contrôle gestuel et permet de créer des environnements sonores interactifs. La Française Cécile Babiole a également collaboré avec Atau Tanaka sur Sensor Sonic Sight. Accompagné de Laurent Daillau, ils (le trio) proposent un environnement sonore et visuel, basé sur la gestuelle des artistes. Bardés de capteurs, les intervenants manipulent son et vidéo en temps réel. Comme dans ses précédentes performances, il s'agit pour le Japonais d'insister sur l'intégration des outils numériques et du corps. Une préoccupation digne de la science-fiction, qui intéresse également le chorégraphe et danseur Franck II Louise. Depuis la création de son work in progress, Konnecting Soul : 1st Konnexion, spectacle pour trois danseurs où le corps des exécutants produit les sons sur lesquels ils dansent, le domaine de la danse est particulièrement en phase avec cette thématique. On le voit, l'idée de fusion homme-machine habite plus que jamais le monde de l'art. Pourtant, loin de réduire l'humain au rang de faire valoir, les machines ont plus que jamais besoin de leur créateur pour nous émouvoir. Quelques liens : Fantastique Maître Oiseau
Andrew Bird - Armchair Apocrypha (Fargo, mars 2007) Le charity-business de Bono
On nous explique aussi que bien qu'on ignore complètement le montant des donations faites par Bono, il est bien plus important pour les organisations qu'il les supporte comme porte parole voire homme sandwich, ce dont on se doutait bien. Dans la campagne des produits "RED" qui (ce que l'auteur de cet article semble ignorer) perd beaucoup d'argent, il n'a jamais rien investi d'autre que son temps et son image. Rien de bien méchant que tout ça. L'odeur de souffre, c'est au niveau fiscal qu'il faut la chercher : les comptes compagnies dont Bono et The Edge sont propriétaires ainsi que ceux du "trust" U2 ne sont pas publics et, apparemment, les deux musiciens font tout pour payer le moins d'impôt possible. Dans les années 90, des "directeurs" étaient payés par U2 pour vivre dans des paradis fiscaux. La compagnie qui gère les droits de publication de leur musique était basée en Irlande jusqu'en juin dernier, celle ci a déménagé au Pays Bas quand les royalties des musiciens sont devenus imposables au pays de Bono. Tout ça rappelle un peu le blog d'à côté et aussi, surtout l'affaire Hallyday. Johnny cependant, lui, a l'élégance de ne pas dire au gouvernement quoi faire de l'argent qu'il refuse de leur donner.
Le petit mix du week-end : J.G. Wilkes (Optimo Crew)
1. Svyatoslav Lunyov - Intro 17
Crowdpleaser & St Plomb : Concret Funk
"Part. Detroit, part. Chicago, part. Berlin", comme diraient les Anglo-Saxons, Crowdpleaser & St Plomb a un pied dans la rave, l'autre dans l'electronica, jette un coup d'oeil en direction du bon vieux funk mais garde le visage résolument tourné vers le futur. Comme beaucoup de producteurs de la nouvelle génération (les Pantha du Prince, James Holden, Gui Boratto, Trentemoller, etc.) le duo se moque éperdument de défendre un genre plutôt qu'un autre. House ("Crash on Time"), techno, transe ou minimale electro (le fameux "1, 2, 3") leur musique purement synthétique n'a qu'un but, celui de se faire plaisir et de faire danser. Surtout, c'est toute l'esthétique "electro", dans le sens général du terme, qui est conviée à s'exprimer ici. Nul besoin de respecter une école et une seule en effet, quand on a près de 20 ans de musiques électroniques derrière soit. Des morceaux brillants comme "Zukunft" ou "1er Mai" en disent long sur la culture musicale des deux lascars. Mais Crowdpleaser & St Plomb jouent avec leurs auditeurs et le duo vaut à lui seul tous les pseudos revivals, acid, "bleep" ou "rave" actuels. Sur le scotchant "Last" qui clôt l'album, par exemple, ils semblent vouloir vous emmener au sommet de la transe, torse nu, les bras en l'air, et puis non, le titre retombe dans les bras de Pan Sonic ou d'Apparat. Leur musique restera toujours plus proche des "trips" de James Holden ou de son comparse Nathan Fake, que d'Underworld ou des Chemical Brothers. Pour autant l'album n'est pas sans faiblesse, le très court "Shift" tourne un peu en boucle sans réelle motivation, mais on reste sans voix devant l'intro cristalline de "Early" et surtout, la maîtrise typiquement allemande du groove sur "New Time Roman". Cela dit, la créativité du duo s'exprime tout au long de l'album, comme sur "Mardi Grass" et "18 Years", deux tracks tout en sub-bass réactualisant l'idée d'un funk électronique et sensuel pourtant totalement digital, ou encore sur ce "Today" hypnotique à souhait, où l'electronica la plus abstraite se frotte à la techno la plus hédoniste. Mixé par Thomas Brinkmann(c'est un indice non ?), 2006 s'offre comme un album en forme de mix, où la cohérence des éléments pris séparément n'a d'égal que l'excellence et la diversité de l'ensemble. A ce stade de la chronique, un petit tour sur le profil myspace des intéressés s'impose non ? C'est par là. Crowpleaser & St Plomb - 2006 (Mental Groove/La Baleine) Teaser : Arcade Fire à EmporterBon, bah voilà, tout est dans la vidéo. Les concerts à emporter, c'est déjà très bien d'habitude mais pour Arcade Fire ils ont sorti le tapis rouge. En attendant, vous pouvez toujours passer le week-end de façon élégante là bas avec The National. A lundi ! Edit : nous sommes lundi et la vidéo est là. C'est bien la vie. La Musique après l'Apocalypse
Le rôle de l'archiviste est aujourd'hui de sélectionner les enregistrements suffisamment significatifs par leur qualité et leur historicité pour être inscrit dans un registre auquel les historiens pourraient se référer dans cent ou mille ans. Je veux croire qu'ils prennent suffisament de précautions pour que les civilisations extra-terrestres qui découvriront la planète dévastée dans cinquante ans puissent quand même trouver ces enregistrements en bon état. Il est sans doute plus important de faire une place dans les bunkers pour eux plutôt que pour George W. Bush. La Library Of Congress vient justement d'annoncer la liste des enregistrements sélectionnés pour l'année 2006. Ces enregistrements, pas nécessairement mais principalement musicaux, doivent avoir au moins dix ans et être "culturellement, esthétiquement ou historiquement signifiants" pour être eligibles. Vous pouvez jeter un oeil à la liste des vingt-cinq sélections qui incluent le Velvet Underground, les Ronettes, Cole Porter et que des bonnes choses en général. C'est pour ça que les critiques l'emporteront toujours sur le public : ce sont eux qui écrivent l'histoire. Vous pouvez proposer des nominations pour 2007 par là, mais ne vous trompez pas : Mariah Carey n'y sera jamais. Hug : he can fly, and really can...
Dans la famille Dahlbäck, vous connaissiez Jesper, il faudra maintenant compter avec John donc, qui n'a rien à envier à son aîné. Et ce n'est pas une figure de style ici, puisque Heroes a tout les atouts d'une belle sortie Kompakt. Oh bien sûr, l'album n'est pas comparable au chef-d'œuvre transgenre qu'est le Chromophobia de Boratto, paru quelques semaines après, mais tout de même. Son impeccable rythmique huilée, sa production énorme, sa maîtrise des ambiances, ses envolées bien cadencées, font de Heroes un autre parfait étalon de cette techno efficace, d'obédience germanique, celle qui bouscule continuellement nos habitudes trop bien rodées. Et chez Hug, c'est surtout les mélodies qui étonnent et arrêtent. Comment ne pas fondre pour les harmonies de "Fluteorgie", les voix évanescentes réverbérées de l'énorme "Heroes" (le genre de titre que l'on attend en club), les claviers de "Tons of Tones" ou les nappes de "Tiny Star", par exemple ? Et même les morceaux plus pumpin' et proprement electro, comme "Raido" qui ouvre le bal, ou "Room of Rum", vont jusqu'à s'orner de résonances clignotantes qui recouvrent de strass l'intraitable 4x4 de Hug. Quant aux grands moments de minimalisme comme "Birds", "The Plateform", l'impressionnant "My Dinosaurs" ou encore "Sub" le bien nommé, tout en basses profondes, John Dahlbäck ne peut s'empêcher de les habiller. Un trait de synthé par ci, un flash harmonique subliminal par là. Par delà la rigueur d'une école, le jeune homme bouscule les choix radicaux imposés par les maîtres du jansénisme minimal en quête d'une identité pour s'envoler plus loin, et c'est tout à son honneur. On ne peut que lui souhaiter "bon vent", comme dirait l'ami CF. N'hésitez pas à vous rendre sur le site du label Kompakt où vous pouvez écouter, mais surtout acquérir l'album (et toutes les productions Kompakt et affiliées) en mp3. Hug - Heroes (K2/Kompakt/Nocturne) Belle & Sebastian vs. Megadeth !
Il y a quelque chose de très addictif dans le site Band Madness, quelque part entre l'accident de la route et le loto communal de Broons sur Vilaine. Le principe est simple : 512 groupes ou artistes sont mis en compétition dans un tournoi qu'ils remportent matchs après matchs grâce au vote des internautes. Evidemment, on sait tous que si les sondages ne veulent pas dire grand chose, les votes sur internet veulent dirent encore moins, d'autant plus dans une configuration comme celle ci qui aboutit inévitablement à un paradoxe de Condorcet. Tout ce qu'on peut dire, c'est que le gagnant est celui qui a l'une des communautés internet les plus fanatiques. Sans trop de surprise, donc, Nine Inch Nails a gagné l'an dernier devant Pink Floyd. Un type comme Justin Timberlake aura beau être le plus gros vendeur du moment, il ne peut que rêver pour l'instant du genre de dévotion nécessaire pour remporter ce genre de compétition, et Pavement malgré son statut de groupe "culte" perd à chaque fois très vite, sans doute parce que leur fans sont trop cools pour ce genre de site ou pour se considérer comme "fans", de toute façon. Nous sommes donc bien d'accord que tout ça ne veut rien dire. Pourtant, on peu prendre un certain plaisir à être confronté à des choix difficiles : Chuck Berry contre Nick Cave, Television contre Sleater Kinney ou Bryan Adams contre Blues Traveler... Et il faut parfois avoir l'estomac bien accroché pour ne pas détourner le regard quand on voit T.Rex se faire écraser par Audioslave. Ce que je préfère dans ces questions, c'est quand même celles que jamais je ne me serais posées : Elliott Smith ou Barry White ? Moby ou Lionel Richie ? Vous préfereriez avoir des dents en mousse ou bien être suivi partout par six canards ? The Dix : The Art of Picking Up Women Il m'a fallu un peu de temps pour apprécier à sa juste valeur ce mini-LP des faux The Dix, dernière incarnation en date du facétieux Prince Paul, producteur de jeunesse des De la Soul et figure de proue (déchue) du hip-hop américain. Avec ces 7 titres sortis il y a 6 mois, Prince Paul qu'on avait laissé amer (mais en pleine forme) sur son terrible Politics Of The Business, se paie notre tête en inventant de toutes pièces un groupe noir de la fin des années 50 et la musique qui va avec. Entre le Loveage de Dan The Automator et le Handsome Boy Modelling School des deux mêmes, la musique de The Dix est une tentative assez réussie de Spinal Tap hip-hop qui réunit quelques figures de la côte Est telles que Mr Len (l'ancien de El-P), Mr Dead et l'inévitable Don Newkirk (le troublion des interludes de Three Ft High). Le résultat donne une bande-son assez inégale mais passionnante mariant sonorités soul funk à l'ancienne et production hip-hop. Les textes sont hilarants et singent l'hypersexualisation des soulmen de l'époque tendance Barry White en rut ou la sensualité à fleur de fermeture éclair d'un Marvin Gaye nymphomane. Faire de la musique au second degré n'est pas donné à tout le monde et il faut avouer qu'on se laisse embarquer par les soupirs de la Dirty Girl de "Tears in My Eyes", par le contre-beat généreux de "When I Come Home to You" ou encore par l'emballant et ultracommercial "Here Comes The Dix", meilleur titre de ce mini-album. L'album en soi est trop léger pour qu'on s'extasie dessus mais constitue un bel hommage transgénérationnel aux Pères Fondateurs de la funk, en même temps qu'une bonne introduction à la face claire du hip-hop new-yorkais. On appréciera ici le travail remarquable réalisé par Prince Paul et ses comparses pour donner de la chair à ce groupe fictif : leurs fringues, leur histoire... http://www.okayplayer.com/nowhearthis/nhtdix.htm
Beach Panda
Pour poursuivre la comparaison avec Brian Wilson, la première fois que celui ci à pris du LSD, il est parti en courant se cacher la tête sous un oreiller pour crier "j'ai peur de ma maman, j'ai peur de mon papa", puis il s'est repris et est allé au piano composer "California Girls", de loin sa meilleure chanson à l'époque. Il a aussi commencé à entendre une voix dans sa tête qui allait le hanter pendant des années durant en lui répétant "je vais te tuer". Person Pitch, le troisième album de Panda Bear, se situe à peu près là : entre le sublime et la folie. Je pousse peut-être un peu loin le parallèle wilsonien. Le disque l'invite, certes, mais pas tellement plus que beaucoup de disques du moment et il a aussi et surtout sa propre identité. Là où le Beach Boy composait des morceaux pop concis ou des symphonies bipolaires, le Panda lui, prend son temps. Il prend le temps de poser ses ambiances éthérées par touches de rythmes lancinants, d'harmonies en suspension et de réverb' extrême sur les voix. Si les morceaux sont parfois "modulaires" à la Smile, chacune de leur partie dure plusieurs minutes. Le single "Bros" en passe douze sans changer dans sa version album (et avouons-le c'est sans doute trop). On se rappelle alors certains longs jams tribaux d'Animal Collective, bien qu'ici l'influence des anti-dépresseurs soit revendiquée en lieu et place d'un faux trip primitif (voir à ce sujet l'excellent article pharmaceutical de Pitchfork). Il y a aussi ces arrangements à base de collages sonores et de guitares lointaines et aigrelettes qui montrent que, contrairement à la plupart des aspirants Brian Wilson, Panda Bear vit au 21e siècle. Il n'a pas peur qu'un bout de percussion indus vienne lui gâcher une atmosphère ensoleillée. N'éxagérons rien : on n'a pas là un nouveau Brian, mais il vaut bien un Carl (qui ici se souvient du magnifique Feel Flows ?). Et parce qu'y a plus d'saison, ma p'tite dame, Person Pitch est l'un des meilleurs albums de ce début d'été. Panda Bear - Person Pitch (Paw Tracks, mars 2007) Autechre : les lumières de la villeHistoire de fêter la parution du dossier electronica, voici une très belle vidéo "home made" à partir du morceau "Eutow" d'Autechre, période Tri Repetae (la meilleure pour beaucoup) que je me gardais sous le coude pour l'évènement. A cette époque, le duo Sean Booth et Rob Brown accouchait d'une musique cinématique par excellence, malgré ses racines mécaniques. Autechre et l'electronica en général inspirent souvent ces images urbaines et mélancoliques de la déshumanisation d'une planète que nous avons parfois du mal à reconnaître, mais il y a aussi une belle nostalgie dans ces images et ces sons, qui rassurent et apaisent. Etrange. Nous sommes plus que jamais dans les mains des machines et nous nous laissons bercer par elles. Une idée qui m'inspirait ces lignes, il y a quelques années : "Ce n'était ni la brillance des machines, ni leur efficacité qui émerveillaient, mais leur discrétion. Le chuintement des systèmes, le souffle des vies digitales, refroidies artificiellement par de minuscules ventilateurs. Toute initiative rendue obsolète par le venin mécanique, l'humanité étouffait avec joie sous le poids de l'activité des microprocesseurs et des écrans pixélisés de rêves cryogéniques." Bonne semaine. Trois trucs pour me faire tomberCe papier paru la semaine dernière dans Stylus Magazine me fascine. On pourrait grossièrement traduire son titre par "Top ten des signifiants musicaux (presque) assurés de me faire (donner du plaisir oralement à) un disque", soit une liste de tout ces petits trucs qui font tout de suite aimer un disque à l'auteur Nick Southall. Ce n'est pas tant que sa liste soit particulièrement bien faite, même s'il semble que ce type et moi ayons quelques points communs. Un disque avec de la dynamique comme le dernier Kate Bush ou une instrumentation imaginative façon Architecture In Helsinki marquent immédiatement des points avec moi. Je parie que le dernier Calexico aurait beaucoup plus plu à tout le monde avec juste un peu de trompette mariachi, parce que si tout le monde n'aime pas la trompette de Belle And Sebastian (je pense à toi Myosotis) la trompette mariachi, sur "Ring Of Fire" ou "Alone Again/Or", personne n'y résiste. Non, ce qui m'a séduit dans ce papier, c'est l'idée qu'il y a derrière. On à tous un faible pour certains instruments/arrangements/concepts qui nous empêchent de détester complètement même un très mauvais disque, et en tant que critique on devrait peut-être tous les énumérer publiquement avant d'exercer notre métier, comme une mise en garde pour le lecteur. Voici donc une liste non exhaustive de quelques moyens pour vous de vous assurer mon amour si vous êtes un disque :
Parfois même les groupes les plus aventureux au moment de faire les choeurs se contentent de "ouhs" et de "aah" voire de "chabada-choubidou". C'est bien, mais "Hi-Oh Aaark Krakk", c'est mieux. Kate Bush a toujours excellé à ce petit jeu là, au point que lorsqu'elle a fini par embaucher un trio de choristes bulgares sur The Sensual World on n'y vit que du feu. Devo aussi : la meilleure partie de "Uncontrolable Urge" c'est les "dang-dang" sur le pont. Il y a aussi les Beatles évidemment, qui chantaient "Frère Jacques" au fond de "Paperback Writer" ou le rigolo "tit-tit-tit" sur "Girl". Chantez n'importe quoi dans les choeurs, c'est de l'originalité à peu de frais. Tout le monde devrait le faire.
La plupart du temps, il n'y a rien de pire qu'une "chanson comique". Une règle que j'ai l'impression de devoir rappeler tout le temps autour de moi, au risque d'être pédant, c'est que "drôle" n'est pas le contraire de "sérieux". Ce n'est pas parce qu'on rit parfois en écoutant Berlin, que le disque en est moins bouleversant. Eels est un groupe qui illustre parfaitement ce que je veux dire. J'ai une version de leur chanson "Hospital Food", déjà tragi-comique à l'origine, dans laquelle le batteur Butch se lance dans une série de grognements musicaux sur le pont, avant que le chanteur ne l'interrompe pour un rapide échange : "Butch ?"/"What?"/"I can hear you." et le refrain reprend. Ca n'est pas grand chose sur le papier mais cette petite blague parfaitement intégrée à la chanson me fait rire à chaque fois. Et puis Alice Cooper pouvait faire passer le rock stonien le plus bas du front avec ses blagues de mauvais goût.
J'ai sans doute la chance de n'avoir jamais eu à souffrir des pires horreurs du rock progressif, aussi suis-je tout à fait séduit par l'idée du concept album. Le jour où j'ai pour la première fois lu les mots 69 Love Songs, j'ai su que je devais écouter ça. Le fait que je sois tombé amoureux des Magnetic Fields par la suite n'en est que plus heureux. Que ce soit dans les albums-états de Sufjan Stevens ou A Grand Don't Come For Free des Streets, les morceaux les plus faibles passent toujours mieux quand ils ont une raison d'être là. Même Tommy des Who, bien que fondamentalement ridicule et inférieur aux albums précédents trouve grâce à mes oreilles dans la répétition des thèmes "listenin' to you" et "see me, feel me, hear me". Click, brrz, cric, dzziiit : l’electronica pour les nuls L'electronica "kesako" ?! Une musique abstraite pour laborantins en blouses blanches ? Ou le fruit de savantes recherches ayant pour but de réconcilier musique électronique et intellect ? Nous pencherons plutôt ici, pour la deuxième proposition. Apparue en 1992, l'electronica a quinze ans cette année. Son faire-part de naissance se nommait Artificial Intelligence et fut édité par un label Warp, alors encore inconnu. Aujourd'hui, avec le recul de la scène électronique dans les médias et malgré ses ramifications dans toutes les sphères des musiques actuelles, on parle d'essoufflement. La production semble pourtant inépuisable et connaît de nombreuses mutations, live et improvisées. Panorama de ce vaste courant, aux origines nobles et aux ramifications souterraines toujours très actives, grâce à notre Petite histoire de l'electronica sur Flu', le mag.
Springingut : Magical Mystery Tour
Park & Ride étonne vraiment, surtout si on le compare au premier effort d'Andreas Otto, Posten 90, quasiment autoproduit et donc passé à la trappe de l'histoire, ce qui n'est pas plus mal car le disque, sympathique mais anecdotique, n'atteignait pas des sommets. Sommets que côtoie carrément ce Park & Ride sans communes mesures. Tout en relief, en chemins escarpés et en dénivellations soudaines, Andreas Otto se joue avec bonheur des clichés electronica pour accoucher d'un pur album de pop electronique (est-il utile de le redire, il ne s'agit pas là d'électropop!) éclatant comme un premier jour de printemps et ce, dès les premières notes. Sur "Day Off" Andreas Otto montre qu'il est capable d'aligner ses qualités mélodiques sur le meilleur de Schneider tm, To Rococo Rot ou Tarwater, tout en gardant son caractère intrinsèquement électronica (les petits "couac", "glouglou" et autres bruits "idiots" pour emprunter la terminologie de Mouse On Mars). Si le genre est souvent perçu comme frigide et répétitif, Andreas Otto lui, fait dans l'électronique boisée, sans pour autant oublier les brisures et, oserais-je dire, les copeaux. Et quand son post-rock chaleureux et enjoué ("Cousteau") se pare d'éclats de violoncelle, de guitare et de la voix d'une inconnue ("Precastor"), vous pouvez me croire, c'est franchement du bonheur ! Pour la petite histoire, le titre du disque est bel et bien à prendre au pied de la lettre, puisque comme l'annonce Otto sur sa feuille d'infos, une partie de ce disque a été enregistré dans une maison dans la forêt, située à la périphérie de Cologne et une autre en pleine été à Amsterdam. Les titres les plus introspectifs correspondent donc à "Park" et les plus lumineux et vifs, à "Ride". De fait, l'album n'est pas exempt de recoins sombres propices à la mélancolie ("Damokles"), ni d'abstractions (voir "Whistleblow Biker" et "Everything in Focus", deux morceaux liés par un field recording capturé au cours d'une ballade à vélo dans les rues de la capitale néerlandaise). Pour conclure, ajoutons que s'il use autant des ficelles de la pop dite "classique" (instruments analogiques et compositions savantes) que des références de l'école electronica de Warp, Skam, Kitty Yo et consort, Park & Ride, est avant tout un exemple réussi de technologie mise au service de la poésie. Et par delà ces considérations esthétiques plus ou moins fumeuses, une vraie ballade, un périple magique et lumineux. Un excellent disque quoi. Arrivé à ce point de la promenade, est-il utile d'ajouter qu'une petite visite au profil myspace de Springintgut est vivement conseillée ? Springingut - Park & Ride (City Center Office/La Baleine) En attendant le Seringue Tour (Syringe Tour)
Les Only Ones apparaîtront, si tout va bien, fin avril au festival All Tomorrow's Parties à Minehead et auraient déjà repris les répétitions. La reformation des Only Ones est à bien des égards exceptionnelle, même si elle ne fera jamais qu'une de plus dans cette année chargée, et peut être comparée, dans les milieux indie anglais, et sans éxagération, à la reformation des Pixies. Les Only Ones ont notamment connu un regain d'intérêt ces dernières années autour de la scène garage londonienne. Infos sur le site ATP Festival : http://www.atpfestival.com/events/the-dirty-three/line_up.php?view=820 Pour info encore, le label SkyDog réédite ces derniers jours un album live intitulé The Big Sleep qui est tout à fait digne d'intérêt. La compilation The Immortal Story, qu'on peut trouver assez facilement, constitue par ailleurs une excellente introduction au travail de Peter Perrett. Nostalgie fraichePosté par 2goldfish le 20.03.07 à 12:21 | tags : oubliés-de-la-pop, pop, rock, vidéos musicales, youtube
Comme je n'ai pas trouvé le moindre clip intéressant en ce début de semaine, je vous propose plutôt un petit coup d'oeil en arrière vers un groupe plus ou moins complétement oublié : Madder Rose. Je dis complètement oublié, parce que je n'avais absolument jamais entendu parler d'eux et je vous assure pourtant avoir entendu parler de beaucoup de gens dans ma vie. Ce clip de l'adorable chanson "Swim" sent bon l'indie nineties et fonctionne parfaitement comme madeleine proustienne sans qu'on ne les ait connus à l'époque. Ca aurait presque pu être réalisé aujourd'hui comme un prémice d'un nouveau courant rétro qui ne va pas tarder à venir, avec un biopic des Breeders, un jeune groupe qui prendra le nom d'un personnage joué par Winona Ryder et la reformation de Dinosaur Jr (désolé, je n'ai vraiment pas pu trouver un groupe qui ne s'est pas déjà reformé). Il y a surement déjà pas mal de ça dans l'air avec Broken Social Scene et tous leurs amis. En attendant, Madder Rose vient de rejoindre la liste toujours plus longue des groupes que je dois écouter. Air Wick/Weak Symphony In the Poche Pocket
Mais malheureusement pour nous (et si on persévère), on est vite pris à notre propre piège et rattrapé par l'évidence pop des mélodies de Air. Le single aussi mauvais qu'il soit reste en tête bien après qu'on a coupé la chaîne. Le petit riff de guitare acoustique qui égaie le morceau "Left Bank" est assez subtil pour qu'on le remarque, de même que le final "Night Sight" parvient à poser une ambiance nocturne et hypnotique avec deux bouts de ficelle. "Mer du Japon" rame pour imposer son beat guilleret et continue de faire progresser l'album dans notre subconscient et contre notre gré. Plus loin encore, les Versaillais Air réussissent, en plus de tout ça (cette pernicieuse intrication à notre vie de mauvaise musique !) à ressusciter l'espace d'une chanson le Jarvis Cocker qu'on aimait. "One Hell of A Party" est tout simplement la meilleure chanson de Cocker depuis la fin de Pulp, un titre qui aurait pu figurer sans mal sur This Is Hardcore, glaçant et morbide. "Here in the burnt-out husk of the morning / Strung out with nothing left to say", chante Jarvis changé en Prince Noir dont le cafard fout les boules. Même prodige avec le petit Neil Hannon qui envoie un "Somewhere Between Waking and Sleeping" dans la plus grande tradition des torch songs mélancoliques. Les cordes assurent et le résultat est assez bluffant. Le bilan est donc contrasté. L'album n'est pas assez homogène et dense pour installer un climat continu qui aurait assuré la réussite du projet Pocket Symphony. La création d'une ambiance étant le caractère principal selon lequel on mesure le ratage ou le succès d'un album de Air, on peut considérer que le pari est raté : on ne marche pas sur toute la longueur et on ressort trop souvent la tête de la Poche pour être bouleversé. Ecoutée plage par plage ou par séquences enchaînées, la Symphonie ramenée à de plus justes proportions se change en un albuminet propret mais qui a de bons moments. Ce n'est pas ce qu'on demande ou attend d'un grand groupe, mais c'est ce qu'on obtient désormais des princes de la technovariét. Air, Pocket Symphony (Virgin/EMI) Khan : Electro cowboy solitaire bien loin de sa maison
Après de nombreux disques d'electronica sous ses multiples pseudos à la grande époque du "son de Cologne" (voir notre interview avec Jörg Burger à ce sujet), ses expériences sur le prestigieux label Mille Plateaux et ses collaborations avec Dr Walker ou Jammin' Unit, le bonhomme opère un radical virage rock. Kahn qui ne cache pas ses penchants sexuels sur le fameux "1-900-get-khan", avoue avoir été séduit par la personnalité d'un autre grand apatride amateur de "garçons sauvages" : l'ex-The Cramps, Kid Congo Powers. Le Mexicain et le Finlandais feront d'ailleurs "joujou" ensemble dans le grand "backroom espagnole" electro-rock, que sera No Comprendo, un album comprenant également Julee Cruise, signé sur Matador en 2001. Pas étonnant donc, de le voir signer l'hybride Who Never Rests chez Tomlab, autre label de toutes les expériences. Comme nous l'expliquions plus haut, l'homme qui a collaboré avec Diamanda Galas, Kid Congo Powers, Brigitte Fontaine, Julee Cruise et Françoise Cactus de Stereo Total se fout des loges et autres chapelles, construites et entretenues par les médias. C'est un "entertainer" au sens noble du terme. Un peu house, un peu rock, un peu electro-cabaret, voir jazz, Kahn est l'incarnation d'un artiste qui aime la musique d'une manière globale. Pourtant son implication dans le monde de l'electro le laissait désemparé face au songwriting. Si ses précédents albums sonnaient comme d'amusantes pochades anti-genres, il leur manquait la véritable densité de ce qui aurait du en faire de grands disques de pop. Sur Who Never Rests, Khan délaisse sa timidité et se lance dans l'écriture. Et dès le lancinant "Excommunication", force est de constater que ça fonctionne plutôt bien ! Evidemment, nulle originalité ici, Who Never Rests n'est pas de ces disques qui entretiennent ce genre de prétention, mais impossible d'ignorer son pouvoir de séduction immédiat. Khan enfile en rigolant le costume du crooner (ou l'enlève en l'occurence sur "Strip Down", "Who Never Rests") et s'incarne avec aisance en bluesman urbain ("Golden Down", "On The Run") tout en laissant imaginer ce que ces chansons donneront sur scène. Car Who Never Rests singe à merveille les tics rock tout en gardant la puissance hypnotique de la house la plus hédoniste ("You Like To Party ?"). Pour ceux qui, comme moi, avaient adoré son travail au sein de l'electrosphère et qui n'étaient pas convaincus par ses derniers efforts discographiques, Who Never Rests est une bonne nouvelle. C'est le retour du fils prodigue quoi, et pour une fois, on aimerait bien qu'il reste un peu ! En attendant, allez donc faire un tour sur le profile myspace de ce space-traveller, histoire de cultiver un avis personnel sur son travail (même si les morceaux présentés ne sont pas les meilleurs). Khan - Who Never Rests (Tomlab/Nocturne) Awesome, I Fuckin' Saw That !
En 2004, les New York Dolls se reforment. Greg Whiteley a suivi son bassiste, Arthur Kane, devenu bibliothécaire depuis la fin tragique du groupe en 1975. Le film New York Doll retrace le destin de cet homme, ex-rock star, actuel monsieur tout le monde. Evocations du passé glorieux, extraits de concerts, témoignages d’Iggy Pop ont fait le succès de ce film récompensé à Sundance. Autres figures notoires de la scène new yorkaise, les Beastie Boys déboulent avec leur film participatif et festif, Awesome I Fuckin Shot That. Entre enregistrement vidéo pirate et live officiel, le film repose sur la participation de 50 fans équipés de Hi8. Filmé auX quatre coins du Madison Square Garden, le concert ne se donne plus seulement à voir mais se vit. Les bêtes de scène de Beastie Boys toisent avec talent les enregistrements officiels de live, bien souvent trop proprets et statiques. Flous, images saturées, cadrages incertains…tout est amateurisme et témoigne de l’approche personnelle de l’outil audiovisuel par le trio. Autre déstructuration du live video, celle présentée par Dave Chapelle et Michel Gondry dans Block Party. Cette fois l’objet du film n’est pas tant le concert que sa préparation. Le documentaire suit l’humoriste dans son projet fou d’organiser un concert de hip hop gratuit dans un quartier de Brooklyn. Les prises de vue du concert sont mêlées aux péripéties de Chapelle pour trouver un lieu, distribuer les tickets, préparer le line-up, accueillir les artistes. Dans le public, on en revient pas de voir défiler Erykah Badu, Kanye West, The Roots et les Fugees. Pour les spectateurs du film, Block Party impressionnne dans la mesure où il dépasse le simple live vidéo. Maître de cérémonie du concert, Chapelle déplace habillement le centre d’intérêt du concert vers d’autres thèmes : rencontres avec le public et les artistes hip hop, évocation du quartier de Brooklyn… Pour suivre les autres dates du festival (Nantes, Caen, Metz...), c'est ici A World Of Music, 16 mars, Le Rex (Paris) A la recherche du bonheur : les Honey Smugglers
Ceux qui réécouteront le second single (temporairement disponible là) ne manqueront pas de s'extasier devant la petite merveille pop qu'est le deuxième morceau, Good Afternoon, venu d'un temps où les Stone Roses essayaient de rivaliser avec les Beatles. En 3 minutes et 24 secondes, les Honey Smugglers avaient tenu un instant à portée de guitares le son des dieux, le Grand Secret de la Pop, l'Infini Mystère de la Ligne Mélodique. Mieux que le Wonderwall d'Oasis et panthéiste au possible, Good Afternoon, joyau à la musique angélique, porté par les claviers néopsyché de Steve Cox et la basse de Ged Murphy, n'aurait dépareillé sur aucun album des Fab Four. Foncez avant que ça disparaisse à jamais. Good Afternoon, Trees/ Good Afternoon/ Do not wait fall/ In Your Leaves there is more life than in all of these./ We are all lost ones cryin for the sun/ Good Afternoon Trees/ Good Afternoon. Pas une note de trop sur ce titre là, pas un mot qui ne soit poésie brute ou mélancolie, pas une seconde qu'on ne savoure amoureusement. PS : aucune photo du groupe n'a pu être retrouvée, si ce n'est celle de la pochette du single Listen. Avis aux web-explorateurs... piste encore chaude à partir d'ici. Justus Köhncke : Ce soir, dans votre salon.
Modest Mouse était mort avant même que le bateau ne coule.
Et donc j'ai de la peine, mais il faut que je vous prévienne si vous êtes sur le point de découvrir Modest Mouse que We Were Dead Before The Ship Even Sank porte vraiment très bien son titre de catastrophe. Ce n'est pas que le groupe est plus pop que par le passé : le single Dashboard est sans doute la meilleure chanson du lot. Ce n'est pas non plus Marr qui ruine le disque, bien que son jeu soit sans doute plus adapté à l'autre admirateur d'Oscar Wilde qu'au bukowskien Isaac Brock. D'ailleurs celui ci s'aquitte de sa tâche de parolier avec son brio habituel (c'est terrible de devoir écouter l'horrible "Fire It Up" pour profiter de ses chouettes paroles). C'est n'est probablement pas l'abscence de Galucci qui à détruit la dynamique du groupe : il n'était déja pas là sur The Moon And Antartica, presque leur meilleur album. Par élimination, donc, on en est réduit à cette bonne vieille explication bien pratique : si quand les compos s'énervent elles ne mordent plus, si quand elles se calment elles se trainent au lieu de hanter et si quand elles nous sourient on juge plus poli de feindre de ne pas les voir, ça doit bien être à cause de l'âge et du succès, ces deux vampires qui finissent par avoir tout groupe un peu intéressant. C'est un putain de cliché, c'en est d'autant plus tragique pour un groupe autrefois véritablement original. Plouf. Snif. Ricardo Villalobos ne fume pas que des havanes !
Ces considérations "hautement philosophiques" étant, Fizheuer Zieheuer est aussi, je le disais plus haut, une pièce à danser imparable pour peu que l'on n'ait pas peur d'entrer dans la transe. A sa manière jusqueboutiste, l'album est bel et bien le digne successeur des Studio 1, Khan & Walker, Porter Ricks et autres productions allemandes emblématiques et enfumées qui portaient la marque de la décennie passée. "Fizheuer Zieheuer", l'éponyme premier titre et sa boucle infernale enluminée d'une fanfare sud-américaine ivre, par exemple, est une monstruosité hypnotique répétitive d'accord, mais elle est surtout d'une complexité sous-jacente incroyable. Traité comme un morceau de dub, le titre s'enivre lui-même, tourbillonne en apesanteur. Son ampleur acoustique, la charge de sa puissance rythmique : un riddim primitif bordé d'échos répétés ad nauseam, les flash temporels partageant les différentes séquences du morceau, incarnés par l'irruption de cet orphéon d'un autre temps faisant résonner ces cuivres au milieu des distorsions, accélérations, répétitions, doublages "dub", ralentissments, décalages, etc., en font un ultime voyage au coeur de la transe. Un minimaliste qui n'a plus lieu d'être même si "Fizbeast", la deuxième partie effectue un retour aux sources de la pulsation originelle. Mais n'est-ce pas simplement une manière de pousser encore plus loin la désorientation de l'auditeur et de lui donner à voir, s'il se concentre, un autre monde sonore, lové/caché dans les replis du rythme ? Un voyage sans fin au coeur du beat. Une leçon. Ricardo Villalobos - Fizheuer Zieheuer (Playhouse/Nocturne) Live : Inrocks Indie Club #16
Entre les Français et les Anglais, se sont glissés Maps, nouvelle sensation venue de Northampton. Grandaddy hante le début de leur prestation, ça plane un peu et ça vire peu à peu au mix brouillon électro. Les membres de Maps sont les enfants de My Bloody Valentine et Kraftwerk. Transfuges du rock et de l’électronica et armés de synthés, le quintet préside cette grande messe psychédélique. On adhère au sermon et à leurs rythmiques effrénées qui nous parachutent dans le cosmos. http://www.myspace.com/chezmontgomery http://www.myspace.com/mapsmusic http://www.myspace.com/theearlies Inrocks Indie Club #16 (avec Montgomery, Maps, The Earlies), 14 mars, La Maroquinerie (Paris) Clara Morgane chante avec la bouche La scène RnB reçoit un renfort de choix avec l'arrivée sur le marché de l'ex-star du X Clara Morgane (qui avait déjà lancé quelques sondes musicales sous forme de... sonneries de portable) et de son single J'aime. Disponible en écoute sur le site de la miss, J'aime est un titre efficace qui s'appuie sur deux atouts : un rythme arabisant soutenu par un beat puissant et très lourd ET la présence du très rocailleux Lord Kossity en contrepoint. Si les paroles font sourire comme souvent ("je ne suis pas celle que tu crois" et patati et patata ou encore un très élégant "je veux te caresser jusqu'à l'agonie"), le mélange des deux voix est finalement assez harmonieux dans le genre la Belle et la Bête. Le travail de production est suffisamment roublard pour nous faire croire que Clara Morgane sait chanter et pour donner à Lord Kossity de faux airs de Joey Starr. Si l'on ajoute à ça, le brin de sensualité et de stupre inhérent au recyclage d'une actrice qui est habituée à d'autres contorsions, le single fonctionne aussi bien que les productions américaines équivalentes, tendance dub aux Caraïbes. Lord Kossity, aussi vulgaire qu'il soit et englué dans une imagerie pourrie héritée du gangstarap, représente la seule vraie alternative française aux producteurs des Etats-Unis et de Jamaïque. S'il est encore loin de ses idoles, Dr Dre ou Public Enemy, Lord Kossity a en lui une évolution sonore qui permettrait de précipiter le RnB français dans une autre dimension en lui intégrant des éléments de dub et de soul, hérités de ses origines caribéennes. Quelques cours d'écriture (les paroles restent affligeantes) auraient pu faire de ce J'aime autre chose qu'une merde curieuse et porteuse de promesses. Avec deux minutes de moins au compteur, le titre aurait même pu faire figure de petite bombe et transformer Clara Morgane, chanteuse surimi, en une nouvelle Rihanna.Adieu l'Youtube, on t'aimait bien...
En cherchant sur le blog des vieilleries à vous citer en exemple, j'ai pu constater la triste verité : la plupart des clips vraiment bien ne sont plus là. Ces vidéos sans David Hasselhoff ou un rappeur japonais ont été retirées à la demande des maisons de disque depuis que le site à été racheté par Google. C'est bien sûr leur droit, et les quelques cas où des indépendants ont vu leurs vidéos retirées du site contre leur souhait ne sont que de petites erreurs bien compréhensibles.
Quoi qu'il en soit, il existe deux solutions pour les vidéos en lignes : youtube downloader, un site qui vous permet de sauvegarder les vidéos restantes sur youtube, et vdoogle, un moteur spécialisé dans les vidéos. Il y a aussi le tag vidéos musicales de Playlist, bien sûr. LFO : Pauvres petites filles freakMa génération vieillit, tous mes amis ont des enfants, les inconscients ! Je n'ajouterais rien puisque moi aussi j'ai donné il y a 11 ans et participé au grand cycle de la reproduction des espèces et du capital génétique de la race humaine. Croyez-moi si je vous dis qu'il y a une chose auquel on ne penses pas le jour où bébé arrive, c'est l'après. L'adolescence, les gros caprices, les premières cuites, je-me-la-joue-rebelle, mais-maman-tu-ne-comprends-pas-je-suis-une-femme, les disques de Naast et des Plastiscines (l'horreur !). Les parents parmi vous voient ce que je veux dire, bref... Un éclair de lucidité, conforté par cette vidéo parfaitement flippante de LFO. Clippé par ce fou furieux de Chris Cunningham, "Freak" est l'illustration en 6 minutes et 57 secondes du caractère totalement incontrôlable que peut prendre votre vie à l'arrivée d'un enfant. Enfant qui deviendra peut-être, un jour, ce monstre inconnaissable. Glups... Brett Anderson : le retour d'un mal aimé
Après Jarvis Cocker et son désastreux... Jarvis, c'est au tour de Brett Anderson, leader des inégaux (mais parfois très bons) Suede, de signer un retour en forme (moyenne) d'album éponyme. Prévu pour une sortie mi-mars, le premier album solo du beau ténébreux, après l'éclatement des sous-estimés The Tears, formés avec son ancien complice Bernard Butler, est plutôt une bonne nouvelle mais qui ne tient pas toutes ses promesses musicales. Lancé par un single presque aussi mauvais que le Once Upon A Time de Air, l'album présenté comme personnel et brutal s'avère globalement lisse et mélancolique. Anderson comme Cocker semble en recherche de crédibilité et tente, par des arrangements hasardeux (merci la flûte de pan et les synthétiseurs violons cheapos), de se tailler une place dans la catégorie des crooners mi-lourds qui recycle, depuis le succès de Morrissey, les ex-stars glamours de la pop anglaise. Anderson se débarrasse ainsi de la dimension glam-rock et crâneuse qui avait fait sa réputation de showman à l'époque de Suede. Il évacue par la même occasion une bonne partie de son charme vénéneux et des thèmes qui avaient fait l'excellence de Dog Man Star, en 1994, à savoir le désespoir lié au succès, la renommée, les addictions, la rock n' roll attitude, les accidents de bagnole. Pour ceux qui s'en souviennent, Suede aura été, pendant la vague britpop, le plus américain des groupes anglais, le plus sonore et le plus électrisant. Ici, Brett Anderson est à poil (où sont passées les poses androgynes?) et chante comme il se présente sur la pochette de l'album - imaginée avec Pete Saville : sans fausses notes et en bon père de famille. Sa voix si caractéristique (on sait si on aime ou si on déteste instantanément) reste néanmoins un atout extraordinaire par son grain reconnaissable entre mille et sa capacité de modulation. L'écriture d'Anderson est capable du meilleur, le plus souvent (Song For My Father, The More We Possess The Less We Own of Ourselves), comme du pire (le lénifiant Infinite Kiss et le mouille-culottes Love is Dead). Sur Dust And Rain, le meilleur titre de l'album, on croit retrouver le Brett Anderson des meilleures années, tout comme on le poursuivra dans des paroles d'un niveau au dessus de la moyenne. Orphelin de Butler, Anderson assure en effet un service musical minimum sans perdre tout à fait de sa séduction naturelle. Il réussit quelques très bonnes phrases qui l'exposent en phase avec sa nouvelle musicalité, un rien contrit, solitaire et globalement en manque d'amour. the telephone rings but no one ever thinks to speak to me/ the traffic speeds by but no one's ever stopped here yet/ intelligent friends don't care in the end, believe me, love is dead, love is dead, chante-t-il sur le single. On a encore un peu de mal à le voir disparaître derrière son égo formidable : now my body is sand/ and the wind blows through me/ like the soil on your hand/ i am compost and leaves, mais Brett Anderson se soigne et finit par nous émouvoir par quelques jolies formules. Quelques flèches sur Scorpio Rising, mais rien de grave. En baissant la tête, il parvient à enfin nous regarder dans les yeux et à nous faire partager ses larmes acides. Anderson est charismatique. Il a beau faire, son lyrisme lui colle à la peau. Pas sûr qu'il arrive à mettre son passé (The Wild Ones, Beautiful Ones, Trash, The Drowners, pour ne citer que ces quelques titres) derrière lui avec cet album, mais c'est plutôt bien essayé et tout à fait digne d'intérêt. Meurtres de popstars au Cambodge
Bien que les autorités n'aient encore rien révélé concernant cette dernière affaire, il s'agit vraisemblablement d'un réglement de comptes politique. Des membres du gouvernement et des militaires haut gradés prendraient souvent de jeunes chanteuses pour maitresses, les désignant ainsi comme cible idéale pour leurs ennemis. Pour trouver un équivalent français, c'est un peu comme si on avait détruit le visage de Lorie après une apparition aux côtés de Jean-Pierre Raffarin chez Michel Drucker. Finalement c'est peut-être pas si mal de vivre dans un pays où Doc Gynéco peut écrire un bouquin dans lequel il déclare sa flamme pour Nicolas Sarkozy. En tout cas je ne leur souhaite pas des Vacances Au Cambodge. Bunny Rabbit : Suivez le lapin (pas si) blanc
Musicalement la formule de Bunny est simple, mais fonctionne parfaitement. Sur de grosses sub-basses rebondies ("Dirty Dirt"), la jolie latino décolorée balance ses rimes sexy à tendance mystiques, d'une voix doucereuse de poupée martyrisée et là, déjà, vous fondez. Lovers & Crypts transporte avec lui des parfums du vieux sud. Vous savez la Louisiane, le delta du Mississipi, le vaudou, la décadence, le stupre et la religion, ensemble. Le disque suinte littéralement le sexe malsain dans des endroits pas net ("Lucky Bunny Foot"). En ce sens, Lovers & Crypts aurait pu être un pur disque de hip hop catchy à tendance crunk ("Saddle Up") bling bling-remuez les fesses, si la lolita bitchy ne brouillait pas les pistes en improvisant toute sortes de déviations de son cru. Tantôt new wave et pop (l'éponyme "Lovers & Crypts"), tantôt mélancolique à pleurer ("It Ain't Easy" certainement le plus beau morceau de l'album) ou carrément rock (la fabuleuse monté plombée de l'épique "Rio Grande"), Lovers & Crypts défi toute tentative d'étiquetage et c'est plutôt tant mieux. Si je vous dis que Bunny Rabbit est une compagne de route des foldingues de Cocorosies, pour lesquels Black Cracker, alias Celena Glenn, l'instrumentiste et faiseuse de beat qui l'accompagne sur cet album, comme à la ville, a déjà beaucoup travaillé, vous ne vous étonnez plus ? Vous avez raison. Sur la feuille d'info, on peut lire, en vrac : cathartique, renfermé, pervers, criminel, instinctif, violent. Tout est dit (et dire que je me fatigue à vous écrire tout ça hein !), mais on pourrait tout de même ajouter sensuel, gothique, obscur, précieux. Pas de ces disques qu'on oublie facilement quoi. Plutôt de ceux qui s'installent insidieusement. En attendant le coup de foudre, passez donc dire bonjour à la demoiselle sur son profil myspace, vous pourrez vous faire une opinion par vous-même. Bunny Rabbit - Lovers & Crypts (Voodoo-EROS/La baleine) Bollywood BeatlesQuand Life On Mars ? dégote des covers, ça dépote... Rions un peu avec la RIAA
Plutôt que de s'embêter avec des procès couteux et régulièrement perdus, la RIAA continue à capitaliser sur la peur qu'elle inspire en encourageant les internautes qu'elle accuse de piratage avec plus où moins de preuves à s'arranger en dehors des tribunaux. Pour rendre les choses plus simple, un site vient d'être lancé : P2Plawsuits.com, sur lequel vous pouvez directement régler la somme que vous demande la RIAA par Paypal. Ca ressemble drôlement à un système d'amende privatisé. La prochaine étape est sans doute un employé des maisons de disques avec batte et cagoule qui passe chez les gens pour leur proposer une protection. Dans le même temps, la RIAA a aussi décidé de relever les tarifs appliqués aux webradios : 500 dollars par an pour émettre en tant que station non commerciale. C'est un peu cher, mais pourquoi pas. Là où ça coince, c'est que passé une certaine audience, votre station est automatiquement considérée comme station commerciale et les tarifs augmentent drastiquement. En fait, ils augmentent beaucoup plus vite que ne le feront d'éventuels revenus publicitaires et il devient pratiquement impossible de faire des profits en tant que radio basée aux Etats-Unis. Restez connecté pour un nouvel épisode des : Joyeuses aventures de la RIAA ! RJD2 vire pop et perd le beat Sans savoir si RJD2 a vraiment deux ou trois mains comme le laisse penser le titre de son album, on est certain qu'il n'a pas plus de deux oreilles et qu'un seul cerveau. Si on peut lui donner crédit de chercher sans cesse à repousser ses limites, en ne restant pas cantonné dans le domaine du hip-hop où, disons-le, il excelle, cet album vient démontrer qu'il n'a pas la magic touch intégrale, celle qui permet d'aller d'un genre à un autre sans se vautrer, ni passer pour un horrible prétentieux. Virage pop, où il tente de nous émouvoir en chansons, The Third Hand, sans être un désastre, est un album anecdotique, ennuyeux et qui est desservi par le chant malingre et mal assuré de son auteur.En réalité, on ne sait pas trop ce que RJD2 qu'on connaissait jusqu'ici pour la lourdeur et le caractère hypnotique de ses beats (rappelez vous The Horror, et son surprenant premier album Deadringer) est venu chercher en terre pop mais le moins qu'on puisse dire est qu'il y est venu pour rien et n'y trouve pas sa place. Inspiré par des types comme Dunger, la pop scandinave ou Elliott Smith, ses morceaux sont tous joués profil bas, à la limite de l'atonie et chantonné avec une voix qui menace de s'éteindre sur chaque note, en essayant d'exprimer "sa sensibilité". Même les instrumentaux Get It et Bad Penny semblent plombés par une absence totale de timing, beat raplapla et basse en déroute. Difficile vraiment de mettre en avant autre chose sans s'acharner sur le faiblard Sweet Piece ou le terminal et humaniste Evening Gospel. RJD2 évolue dans les mêmes eaux plates-pop que le dernier Aim mais sans dégager la même mélancolie et la même intensité musicale. Ramble John Khron (son vrai nom) devrait se remettre au proTool et repartir au duel avec les siens : les Dan The Automator, DJ Shadow et autres Prince Paul. Ici, il se bat avec le fantôme d'Elliott Smith et celui de Vangelis, dans un bras de fer tendre qui n'est pas à son avantage. A oublier au plus vite à moins qu'on ne veuille à tout prix faire dans le décalé lounge, le fumeux et le pointu. Il y a mieux que ce Dj qui pose au songwriter à se mettre sous la dent actuellement. Pole : Glace pilée
Une obsession de l'espace que Betke cultive depuis le premier album de Pole en 1999. Cela peu sembler étonnant aujourd'hui, mais CD 1 fut un véritable évènement. Sa synthèse de dub et de musique électronique downtempo à base de craquements, de souffle et de cliquetis, était alors parfaitement originale. Elle préfigurait ce qui allait devenir le grand engouement de la fin des 90's et du début des années 2000, le click'n'cut. A ce propos Betke expliqua qu'il devait le son de cet album à une erreur technique. Comme pour le dub originel. En effet, les sonorités évoquant le crissement de l'électricité statique, portées par une basse profonde, proviennent tout simplement de l'utilisation d'un filtre défectueux de marque D-Pole Waldorf, qui donnera son nom au projet. Si CD 1 flirtait avec les grands espaces, en jouant avec les échos d'un dub urbain parsemé de craquements statiques, le son de Steingarten est plus brut et rêche. Le résultat évoque un croisement entre le dub industriel de Public image Ltd et les répétitions cosmiques ou statiques de Jan Jelinek et To Rococo Rot. La trouvaille de cet album doit beaucoup à l'utilisation d'un synthétiseur couplé à une pédale de distorsion, évoquant parfois le son d'une guitare post-punk trafiquée. Betke accouche ainsi de pièces étranges comme ce cabriolant "Winkelstreben", un "Mädchen" déambulatoire, l'ambiant en suspension de "Pjerd" ou "Düsseldorf", un titre dansant, presque deep house. Une fois encore, Pole est à l'origine d'un "jardin de pierres" insolite, dont je vous recommande tout particulièrement la visite (tout comme celle du profil myspace du bonhomme sur lequel vous pourrez écouter tout l'album en streaming.) Pole - Steingarten (~Scape/La Baleine) Marron Chaud !
Et comme tout ça est un peu lourd à digérer, le mp3blog Music For Robots a pris la peine de tout écouter et de trier pour nous le meilleur. Entre ça et Panda Bear, vraiment, j'ai du mal à trouver l'envie de travailler. Les Victoires de la Musique : Miss Dominulk, Bénabar et Olivia RuizPrésentée par Nagui et Michel Drucker (toujours obsédé par les liens filiaux et qui sans qu'on lui demande quoi que ce soit n'a pu s'empêcher de saluer Charlotte Gainsbourg, pas nommée, et de rappeler à la chanteuse de Superbus que sa maman est Chantal Lauby), la cérémonie des Victoires de la Musique a déroulé son lot de récompenses et déceptions pendant plus de 3 heures. Difficile cette année de repérer quoi que ce soit de valable et de trouver finalement quelqu'un ou quelqu'une à sauver dans ce défilé de mauvais goût. Seuls Philippe Katerine, cabotant son Louxor, j'adore (pompé sur The Fall, rappelons le) et l'impeccable Joey Starr et sa très belle variation sur le Métèque auront réussi à sauver l'honneur. L'événement de la soirée aura été officiellement la remise d'une Victoire d'Ho(rr)nneur à Michel Polnareff qui se trouvait à Bercy, mais qui interrompit quelques instants son spectacle pour massacrer l'un de ses titres fétiches : Love Me, Please Love Me. Le temps de confirmer la règle selon laquelle les voix vieillissent mal dans les aigus, Polnareff a laissé la place à la vraie "surprise" du soir : la prestation de Miss Dominulk, ancienne finaliste de la Nouvelle Star, jadis opposée à Christophe la Tortu(r)e dont on attend l'album. Bénabar nous sauva après ça, en interprétant (pendez le metteur en scène) DEUX fois la même chanson, une histoire de dîner chez des amis où il ne voulait pas aller. Quoi d'autre ? Ah oui, la scène slam obtint (légitimement) son lot de récompenses même si les prestations de Abd al Malik et Grand Corps Malade ne resteront pas dans les annales. Diam's au panier, Miossec expédia vite fait sa Facture d'électricité qu'il n'a visiblement pas encore payée avant qu'on ne retrouve un trio magique Katerine-San Severino-Benabar autour du maestro Vincent Delerm chargé de conclure la soirée. Le rêve quoi. Delerm ressemble de plus en plus à son père et Bénabar à une sorte de C. Jérôme trash. Katerine faisant les choeurs sur Delerm, on pensait avoir tout vu, mais non..... Parmi les autres péripéties, la Victoire en tant qu'"interprète de l'année" d'Olivia Ruiz qui dispose d'un réseau et d'une cote de popularité au plus haut, Drucker rappelant qu'elle s'était faite "renvoyer" de la Star Academy. Non, non, elle a été éliminée parce qu'elle chantait comme une cruche. Ce n'est pas sa ridicule Femme en chocolat qui peut rattraper l'affaire mais il suffit qu'elle soit nommée dans une catégorie pour que la jeune femme décroche le pompon, à l'instar d'un M qui récolte les Victoires à la pelle. Victoire World Music pour Agnès Jaoui qui, manque de bol (pour la World Music, pour le cinéma et pour nous), aurait pu aussi bien mourir d'une crise cardiaque quand un type d'une association contre le cancer interrompit sa prestation (une chanson hispanisante chantée façon bar branché du XIème arrondissement, Olé) en entrant en courant sur la scène. Les pompiers l'emmenèrent lui faire sa fête en coulisses et Nagui parla du respect : "on a fait une spéciale Cancer la semaine dernière. Je ne suis pas allé sur la scène en criant Achetez des disques. Alors, ici, c'est pareil. C'est aussi ça le respect." On frisa la mort avec la prestation d'une Emilie Simon bouffie (trop de viandes de pingouin ?), toujours mise en avant pour ces instruments étranges, lesquels parviennent assez bien à masquer la banalité de sa musique. Son Végétal sonne comme un flan aux oeufs, un peu mou mais rattrapé par son enveloppe Caramel. On peut espérer d'ailleurs qu'elle fasse un jour un truc avec la Femme Chocolat (barbante) dont elle partage d'une certaine façon l'univers rétro-chic. Une belle et bonne soirée donc. Pour ceux qui se demandent : mais pourquoi tu as regardé ducon ? Je n'en sais rien moi-même. N'oubliez pas néanmoins d'aller visiter le site de la Révélation Esthétique de cette année : http://www.missdominique.com/actualite.php Dälek au Nouveau Casino : Le voisinage sort les boules quiès
Les dates en un clin d'oeil : Musicora : classic is not dead Si Bach et Beethov trouvent leurs héritiers les plus glams dans le pop-rock (les Beatles, Pink Floyd), le ou plutôt les courants classiques n'attendent pas après ce legs. Aujourd'hui un John Cage ou un Steve Reich ont plus de poids qu'un Amadeus et que dire de Michael Nyman qui s'est payé le luxe de diriger Damon Albarn. En France, l'Adami présente depuis 10 ans ses révélations, dernière édition ce vendredi 16 mars, 20h30, au Studio-Théâtre de la Comédie Française (99 rue de Rivoli, Paris 1er). L'occasion de plonger également dans le répertoire de 5000 CD exposé durant ce week-end au salon Musicora. De quoi mettre en pratique les quelques connaissances acquises via la petite histoire du classique de Flu...Super Panda BrosPanda Bear, le quart d'Animal Collective, sort bientôt son excellent nouvel album solo. L'ours s'est marié et a emmenagé au Portugal et, à en juger par ce single encore plus directement Beach Boyesque que ne l'était Feels, il est heureux, très heureux. Evidemment, le bonheur pour un membre d'Animal Collective, ça veut dire boire une bière sous la douche et filmer des chats à travers un kalïdoscope. Moi j'ai des plaisirs plus simple et je pense juste à emmener cette chanson avec moi en vacances. GrinderMan : le retour de l'homme des Cave-rnes
Malgré tout, et sans aller rechercher jusqu'aux séminaux The Good Son et Henry's Dream, Grinderman se situe un cran en dessous du Let Love In et de ses titres à vif tels que Red Right Hand ou Do You Love Me. La voix de Cave n'est de toute manière plus tout à fait capable de rivaliser avec les modulations, la puissance et les incantations frénétiques de cette époque. L'album en soi vaut surtout pour son retour à un son plus rock et par la mise en valeur de l'inégalable talent de conteur de Nick Cave, dont les récits et les textes restent parmi les plus intéressants de l'époque. Le chanteur en a conscience, qui déclarait dans une récente interview, et en dépit de la qualité de son...organe, qu'il avait "toujours regretté de manquer du grain de voix qui glace, du grain de voix d'un Kurt Cobain." Sa plume, qu'il se rassure, est bien plus tordue et littéraire que celle de feu Kurt. Grinderman - Grinderman, Labels. BONUS : participez au concours Grinderman et repartez avec 2 places pour All Tomorrow's Parties ! The Modernist : Une histoire de la techno à Cologne
Reanimator : Un pouvoir spécial
"The best Pan(a)sonic album, that Pan(a)sonic didn't make in 2006" c'est ainsi que le critique Philip Sherburne présente Special Powers, le premier album de Reanimator. Dégoûté, l'éminent bonhomme m'a bel et bien piqué l'expression puisque c'est exactement ce que j'ai pensé à la première écoute de ce disque ovni dans le domaine de la dance music ! Enfin "dance", c'est beaucoup dire. Mais si quand même puisque comme le fait également remarquer Sherburne (m'emmerde lui à la fin !), la musique sinueuse de Reanimator va plus loin, et ne se contente pas d'offrir une pale copie du duo Finnois. Non, à la manière tordue d'Excepter (d'autres américains impliqués dans le détournement des schémas classiques de la techno), Reanimator célèbre une certaine jubilation rythmique s'incarnant dans le mouvement tout en en pervertissant les normes. Pour preuve sur le premier morceau, "Click and Drones May...", quasiment un manifeste, le duo originaire de Portland (Oregon) diffuse avec subtilité sa vision d'une musique de transe faite de hoquets et de crissements, ponctuée pour notre plus grande douleur d'infrasons aigus à la limite du supportable. Oui, mais en même temps, l'auditeur se prend à onduler de la tête et, progressivement hypnotisé, se laisse aller à bouger le reste. Pourtant, comme Pan Sonic, Special Powers présente avant tout un travail orienté sur les textures et les tonalités. Cet aspect est illustré par "Eat The magic Toast", tiraillé entre dub industriel et concassage hip hop, ou le très court mais chaotique "Nasty Shower Curtain", qui clôt l'album. Cela n'empêche, malgré le péremptoire "No Dancing", les américains semblent aussi engagés dans une recherche approfondie sur le sens du rythme. Special Powers propose en effet une voie alternative ("une autre danse est possible", comme dirait l'autre) entre arythmie et "polyrythmie minimaliste", qui rappelle les premiers efforts du label Sahkö, ou les oraisons technos funèbres du Consumed de Plastikman. Mais il ne faut pas restez sur cet aspect cérébral et/ou rébarbatif. Un morceau comme "Phase Constellation/Diskombach" présente lui, beaucoup plus de similitude avec la pop désincarnée du Mouse On Mars des débuts, ou d'un Oval versé techno, par exemple. En ce sens, l'intérêt de Reanimator tient justement dans son constant déséquilibre. Ne sachant que choisir entre la tête et les jambes. J'espère que tout cela est assez confus et mystérieux pour vous donner envie d'aller jeter une oreille sur la page que Boomkat consacre à ce curieux projet post-techno. Il le mérite. Reanimator - Special Powers (Community Librairy) Art et antidépresseurs 2Difficile de résister à l'effet www.deviantart.com, le site qui fait claquer les zygomatiques. Après le gros Robert, voici une autre sélection d'images qui déclenchent instantanément le rire. Méthode toujours : fixez attentivement ces portraits et laissez tout bonnement le charme agir. Mais qui cela peut-il bien être ?
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L'ONU réfléchirait actuellement à la mise en place d'une journée anti-crayons de bois. La musique en chiffres
C'est ce que les créateurs de Parsefork semblent avoir compris en créant un site spécialisé dans l'aggrégation de critiques musicales. Par artiste, date, année, site, label et même longueur, vous pouvez classer les critiques, jouer avec, les comparer et même les lire. Ca peut-être vexant pour celui l'auteur de voir son travail réduit à une série de données comme une autre, mais tant que vous n'oubliez pas que ça ne remplacera jamais l'expérience de la chose elle même et que vous faites ça seul dans votre chambre, vous pouvez vous amuser. Et rassurez vous, ça ne rend pas sourd. Princess Superstar : Dance Motherfucker !
Princess Superstar - American Gigolo 3 (International Deejays Gigolo/Nocturne) Les Plastiscines : poupées gonflables ou baudruches ?
De son côté, la grande machine à faire du fric facile incarnée par EMI, se fout bien de monter la tête à quatre innocentes qui disparaîtront dés leur 4000 exemplaires vendus (et encore, 4000 c'est un maximum, le Paris Paris ne contient pas autant de personnes), tout ce qui compte pour le service commercial, c'est d'engranger vite, très vite, avant que tout le monde ne s'aperçoive de la vacuité et du vide intersidéral qui habite ce triste rejeton de la scène rock parisienne. Concrètement, les Plastiscines nous leur donnons un an. Résultat ? En plus d'être des rockeuses à papa, les pauvres filles vont donc finir filles mères, junkies ou "banana split addict" pour sugar daddy quinquagénaire, alors qu'elles se voyaient déjà en rockeuses de diamant. Une bien triste histoire en somme. Mais aussi une parabole. Avant le rock c'était "Live Fast, Die Young", aujourd'hui c'est "Sell fast, disappear quickly". Si vous avez du temps à perdre, vous pouvez toujours jeter une oreille sur le profil myspace des filles en plastique. Notez au passage que la page est sous-titrée : "Problème Psychologique". Un signe ? Personnellement, côté français, je vous conseillerais plutôt Zombie Zombie, Turzi, GOMM ou Steeple Remove, mais vous faites comme vous voulez.... Les Plastiscines - LP1 (Vigin/EMI) La stratégie du gros son
Les résidents de Ludlow Street pourtant n'auraient pas apprecié ce "gros son" dans un quartier résidentiel à trois heures du matin. Ils seraient en fait tellement en colère qu'ils ont crée pas moins de deux sites au contenu identique pour se plaindre (je ne vous donne pas l'URL, c'est inutile). Microsoft aurait-il réveillé le mauvais quartier, celui qui justement était plein d'informaticiens particulièrement irritables, du genre près à enregistrer deux noms de domaines via une tierce partie qui assurerait leur anonymat juste pour se plaindre d'une nuisance sonore ? Si j'étais cynique, je me dirais peut-être que Microsoft essaye d'étendre sa très fine "tactique du gros son" à tout le web. Pour que les gens se disent "Ouah, ce zune, il peut réveiller tout un quartier, c'est quelque chose". Après l'échec du lancement, le service marketing chercherait-il à se positionner sur le marché des fans de tuning ? Fort heureusement je ne suis pas cynique, mais je dirais juste une chose : le zune est vendu sans enceintes. Les gants de four "Joy Division" d'Half Man Half Biscuit Dans la série des choses qui redonnent le sourire, le site SVC nous donne à voir et à entendre l'un des grands titres (récents) du Half Man Half Biscuit, excellent groupe de Birkenhead, souvent desservi par sa capacité à ironiser des hommages impossibles à ses idoles. Apparu sur la scène anglaise au milieu des années 80, le Half Man Half Biscuit (HMHB pour les intimes) est mené par le fûté Nigel Blackwell et rappelle étrangement le son de The Fall, soit un mélange de singularité dans le chant et une rythmique punk imparable. Après un succès fulgurant en 1986, qui les amènera directement sur la grande scène de Glastonbury, Blackwell décidera de se retirer définitivement du monde du rock prétextant qu'"être une rock star l'obligeait à rater beaucoup de ses émissions favorites à la télé !" Soutenu par le DJ John Peel, Blackwell ressuscitera vite son groupe pour sortir durant toute la décennie suivante des albums dont les derniers en date Saucy Halage Ballads en 2003 (miniLP) et Achtung Bono, dont est issu la critique capitaliste du merchandising musical (les fameux gants de four) sont très bons. Le HMHB se spécialise alors dans des titres aux paroles gorgées de références politiques, sociales ou médiatiques. L'écriture de Blackwell est pétrie, comme celle de Smith à laquelle elle a souvent été comparée, d'un microunivers de référence qui la rend rétive aux éxégèses. On raconte dans le milieu que celui qui parviendra à élucider toutes les allusions people des titres de Blackwell n'est pas encore né. Pour ceux que ça intéresse, on conseillera en premier lieu leur premier album Back in the DHSS, parodie du titre des Beatles évidemment mais référence directe au communisme, au chômage massif du début des années 80 et au système social anglais. Le site officiel : http://cobweb.businesscollaborator.com/hmhb/ Plagiat : Pavement vs The Fall
La voleuse de pianos
Après avoir été contacté, le magazine Gramophone a demandé à un spécialiste de comparer les ondes sonores, ce qui a irréfutablement démontré que "l'enregistrement" de Hatto était un faux, tout comme plusieurs autres identifiés entre temps. Pressé de s'expliquer, le veuf de la pianiste, qui publiait les disques de sa femme sur son label, a après plusieurs jours de déni intenables fini par avouer. Selon lui, sa femme ne se doutait de rien. Elle aurait réalisé des enregistrements inexploitables car ponctués par des grognements de douleur. Il aurait utilisé d'autres enregistrements pour recouvrir les passages inexploitables et permettre à sa femme d'accéder à la reconnaissance qu'elle méritait. Elle même pourtant s'en serait moquée, déclarant après avoir lu une critique élogieuse dans Gramophone (toujours) "Il est trop tard pour tout ça". Après ça, on est tous trop occupés à sortir nos mouchoirs pour crier au voleur. C'est plutôt une belle histoire, du genre qui pourrait inspiré un film hollywoodien. On vient d'ailleurs d'annoncer un biopic pour Milli Vanilli. C'est aussi totalement invérifiable, d'autant plus que le mari de Joyce Hatto a détruit son stock de CD et refuse d'expliquer clairement quels enregistrements sont effectivement de sa femme. Il n'y en a peut-être aucun. Il n'a cependant jamais fait fortune avec son "arnaque" et le doute dans lequel il nous laisse promet de longues discussions aux mélomanes. I Love Trax
Mais passons là le cirage de pompes, et abordons le sujet de mon enthousiasme quasi-juvénile (à 38 balais, c'est un comble !) : le numéro 104 du magazine. On y trouve donc James Murphy de LCD Soundsytem et Nic Offer de !!!, en couverture, soit, mais c'est surtout l'occasion de laisser les deux lascars s'exprimer sur plus de 6 pages ! Une rencontre passionnante et drôle ! Cela n'éclipse pas pour autant le reste, les admirateurs de Gui Boratto présents sur ce blog seront heureux de savoir que le monsieur est aussi interviewé dans ces pages, ainsi qu'Amon Tobin, Au Revoir Simone (qui a dit qu'il n'y avait plus rien dans la pop ?) et le quatuor new yorkais Brazilian Girls. Trouvez moi un magazine qui peut se targuer d'une telle affiche ce mois ? Mais le meilleur reste à venir dans un papier analytique destructeur sur la prétendue scène parisienne adolescente. Notre confrère Stéphane Peaucelle y affine ses lames et tranche dans le vif. Je peux vous le dire, ça saigne et ça fait mal. Et c'est bon aussi ! Pour conclure oserais-je signaler que votre serviteur se fend d'un long papier sur le Mutant Disco, se mariant parfaitement avec le sujet de couv' ? Je vais me gêner tiens ! Bon, vous savez ce qu'il vous reste à faire... Art, gothique et anti-dépresseurs Les liens entre gothique et suicide ont certes bénéficié d'études scientifiques très discutées (et dont on s'était fait l'écho) mais il est peu probable que les chercheurs aient pu se payer une tranche de rigolade aussi décisive que celle que peut s'offrir tout un chacun en cherchant son chanteur préféré sur Deviant Art, le site qui accueille les contributions graphiques (dessin, gravure, photos) des fans dédiées à leurs héros. Comme souvent, et parce que morbidité et amour sont intimement liées (on ne vous refait pas le coup d'Eros et Thanatos), les figures du gothisme sont particulièrement bien servies à l'image d'un Robert Smith (Cure) qui peut se féliciter d'avoir été à l'origine de ce qu'il faut bien appeler de... sublimes antidépresseurs. L'art (ou ce qui en tient lieu) démontre encore sa puissance dans le soutien aux malades et aux éclats de rire.La meilleure méthode consiste à fixer les portraits avec sérieux et attention pendant quelques secondes. Il faut alors laisser le charme agir. La position magique de Patrick Wolf : onzième
Magic Position est l'album où il découvre coïncidemment les joies des accords majeurs de l'appui d'une major. Un soutien qui a sûrement aidé à donner au disque sa dimension épique, avec cordes en abondances, des transitions fluides entre les morceaux et un caméo de Marianne Faithfull qui déclame quelque vers en actrice Shakespearienne sur l'outro du single "bluebells". Wolf est parait-il très ami avec Owen Palett de Final Fantasy et partage avec lui son goût pour un certain classicisme, mais là où le canadien lorgne vers la musique de chambre, lui serait plutôt symphonique. Même les incursions électroniques doivent plus au big beat qu'à l'electronica. J'imagine déjà les autocollants "Attention, chef d'oeuvre !" qui orneront le disque dans toutes les bonnes FNAC comme dans les mauvaises, et pour une fois on n'aura pas à blamer le marketing : l'artiste lui même aurait-il déclamé ces mots avant "overture", son ambition n'en aurait pas été plus claire. C'est là que le bas blesse pourtant : en se donnant de tels airs d'importance, Magic Position déçoit plus qu'il ne devrait. Si nous avons à faire à un bon disque, il est plutôt du genre qui terminera l'année à la onzième place d'un top ten, surtout quand 2007 commence si fort avec Deerhoof, Dälek et Of Montreal. Le disque n'est jamais meilleurs que sur ces morceaux les plus simplement pop, comme ce "Get Lost" qui évoque les Magnetic Fields de plus d'une façon. On soupçonne que le chef d'oeuvre de Patrick Wolf n'arrivera que quand son auteur ne s'y attendra pas. Reste à espérer qu'il laisse son ambition au vestiaire avant trop longtemps. Voafose : Muzak Concrete
Or, malgré des filiations évidentes aujourd'hui, il y a un monde entre les pièces radiophoniques et l'électroacoustiques des années 50/60, et les compositions abstraites de l'electronica contemporaine d'Autechre, Arovane, Aphex Twin et consorts. Un "océan de sons" que Jeremy Simmonds aka Voafose explore depuis 20 ans. Pour mémoire, Rephlex réédite ces jours-ci une sélection d'archives sonores de ce maître spirituel de Luke Vibert et d'Aphex Twin. Il s'agit là de plusieurs années de travaux dans lesquels la dimension vibratoire d'une electronica bardée d'ondes électromagnétiques est soumise à l'exigence des expériences de Simmonds. Une architecture sonore donc, composée de courtes pièces délicatement instables, baignées de textures issues de bandes magnétiques de récupération, de boucles de moog modular et de dialogues manipulés, dans une ambiance "psychiatrique", comme aime le souligner le compositeur. Etrangement proche, l'univers de Voafose est totalement intemporel. De la poésie sonore en somme. Proche des travaux acousmatiques de Bernard Parmegiani ou Christian Zanési. De la "Muzak Concrete", selon le terme employé pour désigner la "musique au mètre" des années 70, avec laquelle Voafose ose un malicieux parallèle, et voit une pratique cousine et ancestrale de ce que les technologies du XXe et du XXIe siècles ont rendu possible en matière d'édition musicale. Voafose - s/t (Rephlex/La Baleine) Tercian : les Noir Désir ch'ti ?
Les Ch'tis commencent à se donner le mot et le bouche à oreille est en marche : les Tercian, groupe souterrain venu du bassin minier, vont tout renverser sur leur passage et bientôt dépasser les frontières des Flandres. Leur premier album baptisé assez bêtement La Couleur de nos desseins donne un avant goût de ce que peut être un bon groupe en gestation. Le son est lourd et gorgé d'énergie, les mélodies agressives et les textes engagés. La section rythmique évolue un ton au dessus du chant et des guitares, générant une impression de furia et de tension. Les membres de Tercian échangent sur leur site leurs influences : No One Is Innocent, quelques groupes chevelus et Noir Désir en tête. Si les textes sont encore convenus et parfois maladroits, la fraternité avec les premiers pas des Bordelais est une évidence. On aime ainsi la balourdise gauchiste d'Ernesto Selliera, hymne sandiniste anti-MEDEF qui évoque la Mano des premiers temps. Mademoiselle PornoStar tombe à plat dans un créneau plus délicat : l'évocation de la fascination qu'exerce sur les masses une jolie star du porno. Aminata Muscaria joue sur la séduction romantique et adolescente des champignons hallucinogènes. Plus loin, Sandra et Salem étonnent par leur puissance de feu. Le son des Tercian vaut à ce stade plus par la monstruosité de sa basse que par le chant, mais on sent l'engagement total et une vraie volonté d'exprimer la révolte dans les mots du chanteur compositeur. Les quelques récits de concert qui circulent sur le net (et les photos du site) laissent espérer que le groupe a, en plus de ces bonnes intentions, une présence scénique réelle, un potentiel important qui ne demande qu'à se laisser aller. http://tercian.free.fr/ avec des extraits de l'album à écouter. Pourquoi j'aime la pop
Principalement, le problème se cristallise autour de Justin Timberlake : "My Love" nommée chanson de l'année 2006 par Pitchfork, je suis on ne peut plus d'accord, mais qu'est-ce que je me sens seul parfois. L'écouter lui, ou Beyoncé, c'est forcément prendre une pose, apparement. Il semble inimaginable à certains qu'un type cultivé s'intéresse sincèrement à des gens comme ça. C'est ce que je retire en tout cas de blogs comme sexy results où Ian Cohen explique en long et en large, si ça vous intéresse, l'exact inverse de ce que je pense. Pour faire court, il pense que les critiques qui professent leur amour pour Robyn ou Annie pour ne pas se retrouver dans la position de celui qui dans les années soixante snobait la Motown vont contre leur nature fonciérement élitiste. Ils font semblant. Moi, je veux juste croire qu'on a simplement retenu la leçon de la Motown, et qu'au-delà de l'intérêt clinique de se pencher sur ce qui est populaire pour comprendre un peu mieux notre société, il y a dans la pop contemporaine quelques véritables trucs à aimer sans réserve. Il y a d'abord la production : l'usage de l'espace dans "My Love" ou dans "Me & U" de Cassie, à la fin d'une journée passée à écouter des groupes lo-fi, c'est du caviar pour les oreilles, avec parfois le plaisir pervers de reconnaitre des éléments contre-intuitifs dans une production commerciale, des trucs d'avant-garde que le public avale à son insu (vous voyez, je peux rester élitiste et snob). Au delà des feux d'artifice soniques, cependant, il y a un truc tout simple : si vous vous fermez complètement à la musique pop, que vous refusez de faire la distinction entre la bonne et la mauvaise (car oui, il y en a beaucoup et probablement plus qu'ailleurs), comment pouvez-vous être sûr de votre bon goût ? Comment pouvez vous croire en la sincérité de votre amour pour Deerhoof si vous avez trop peur d'aimer Christina Aguilera pour prendre le risque de l'écouter ? Ou bien êtes vous juste philosophiquement contre les bonbons ? This is not an Exit : Personne ne sortira d'ici vivant !
1. The Liars - The Other Side Of Mt. Heart Attack Le volume 5 est à télécharger ici. Les autres sont là. Ruez-vous sur le premier si vous ne connaissez ni la reprise du "Vegetable Man" de Syd Barrett par JMC, ni Jah Division, le groupe des excellentes reprise dub de Joy Division. Une sélection pareil c'est un coup à faire sortir nos amis Flyer, Myosotis ou 2Goldfish en club, un samedi soir ! Cette fois c'est clair, l'axe New York/Glasgow semble bien décidé à faire la nique à Berlin et sa minimale techno (parfois) roborative. Les amateurs de musiques éclectiques dont je suis (et dont vous êtes, j'en suis certains), ne pourront que s'en réjouir. Pour les autres, il y a Rock'n'folk. (désolé, j'ai pas pu m'en empêcher) Une nouvelle raison de ne pas aimer les chatsDeerhoof est votre amiPour un groupe de post-rock noisy, Deerhoof est exceptionnellement amical. Auraient-ils trop écouté Justice vs Simian ? Leur album s'appelle Friend Opportunity, il s'ouvre sur cet irrésistible "meet me, meet the perfect me" dont le clip, sans doute filmé chez eux, est désarmant de simplicité. Et plutôt que de jouer le jeu un peu abrutissant du playback ils chantent et jouent directement par dessus l'enregistrement studio. Et même en interview ils sont gentils. Ce n'est pas que je n'aime pas les morceaux compliqués ou les explosions bruitistes, mais l'absence de morgue voire d'agressivité chez Deerhoof est d'autant plus bienvenue qu'elle est inhabituelle. Gui Boratto : Minimal sur très grand écran
Ce n'est certainement pas un hasard si Gui Boratto est souvent comparé à James Holden, Trentemoller ou Apparat (liste auquel on pourrait ajouter My My, Repeat Repeat ou Pantha de Prince), soit toute la nouvelle génération de producteurs tech-house à tendance prog-druggy-trancey-electronica. En effet, sur ce Chromophobia psychédélique tout en relief, à l'ampleur rarement atteinte dans le domaine de la techno minimale, ce jeune producteur originaire de Sao Paulo cultive bien des points communs avec ces pairs. Comme eux, Boratto aime la pop, l'ambient, les hymnes à chanter, mais surtout, surtout, comme eux, le brésilien mérite amplement les superlatifs constamment accolés à son nom. Gui Boratto - Chromophobia (kompakt/Nocturne) C'est OK de perdre avec Al Gore
Cette année, après avoir tenté de changer le monde avec un film documentaire (une méthode qui a déja prouvé son inneficacité à maintes reprises par le passé), Al a décidé de prendre modèle sur Bob Geldof en organisant de grands concerts simultanés sur tous les continents façon Live Aid le sept juillet prochain (le 7/7/7). Ca s'appelera Live Earth (Geldof lui fera sans doute un procès) et parmi les artistes annoncés comme participant, il y aura les Black Eyed Peas, les Red Hot Chili Peppers, les Fall Out Boy et Lenny Kravitz et pas grand monde de mieux. Je ne me déplacerais pas pour aller voir un seul de ces types, mais c'est peut-être bien l'effet voulu. Muse, par exemple, aurait bien aimé participer mais donne déja un concert ce jour là en Irlande et se rend bien compte du problème moral qu'il y aurait à se rendre en jet à un concert pour lutter contre le réchauffement de la planète. A partir de là, on commence à s'interroger : le light-show pourra-t-il être assuré par des ampoules à basse consommation ? Les toilettes seront-elles chimiques ? Surtout, sérieusement, tous les spectateurs ne viendront-ils pas à ces grands rassemblements en voiture ? Ne serait-il pas plus intelligent, en particulier avec tant d'artistes, d'organiser des concerts plus nombreux et plus petits ? On a déja annoncé que les places seront gratuites pour ceux qui viendront au volant d'une voiture au moteur hybride. C'est bien, mais pas du tout suffisant. LCD Soundsystem : Born in the United States of American ScumOn vous l'avait promis. Le voilà, le clip de LCD Soundsystem (beaucoup l'ont certainement déjà vu, mais passons..). Si "North American Scum" est bien le "Born in The USA" en mode parano-ironique et autodérision du groupe new yorkais de James Murphy, la vidéo en rajoute une couche dans le genre "regardez, on est partout, même dans l'espace on pose nos marques (DFA). Il faut vraiment qu'on foute la merde à chaque endroit où l'on passe." Mais avant tout, "North American Scum" est un mini-hymne electro-disco-punk jouissif, à reprendre en coeur et à tue-tête pour faire chier le monde, TOUT le monde ! (c'est le cas de la dire) : "We are North American Scum ! Lala lalalalaaaaa !" (falseto de rigueur). Concours : rejoignez Nick Cave @ All Tomorrow's Parties Vous vous considérez comme le 17e bad seed ? Vous déraillez totalement quand Nick Cave susurre les vers obscènes d'Abattoir Blues ? Vous adorerez Grinderman, dernière formation de la voix rauque australienne avec ses petits camarades Warren Ellis, Martyn Casey et Jim Sclavunos. D'autant plus si Fluctuat vous invite royalement à leur line-up au festival londonien All Tomorrow's Parties, pendant le week-end du 27 au 29 avril 2007... transport et hébergement compris !Pour cela, rien de plus simple qu'une question même pas piège (si vous êtes flunaute averti). On se lance ? Alors... Dans quel studio parisien a été enregistré en partie l'album de Grinderman ? a)Studio Davout b)Studio Ephemere c)Studio Misere Pour participer (et répondre à la question), une petite visite sur le site du concours. Et parce qu'on est vraiment trop sympas, la réponse se cache par ici... |
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