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Afro Samurai : la voie du RZA

Posté par Myosotis le 30.04.07 à 18:43 | tags : hip hop

Si elle n'a pas la même tenue mélancolique et poétique que celle du Ghost Dog de Jim Jarmusch, composée il y a 8 ans maintenant, la bande originale de la série animée Afro Samurai est l'une des belles réalisations du leader producteur du Wu Tang Clan depuis pas mal d'années. Le projet Afro Samurai est une déclinaison en manga ou dessin animé qui mélange, sur un mode ultraviolent, l'univers de la Blaxploitation (tendance Shaft - c'est d'ailleurs l'icône Samuel L. Jackson qui prête sa voix au héros), les mangas (façon Kill Bill) et le film de sabre traditionnel japonais. Côté musique, RZA offre en bonus sur cette soundtrack, pas si facile à se procurer, un 4-titres apéritif extrait du prochain album de Bobby Digital (son personnage solo - mais les deux ne font qu'un, rappelons le). Sur la BO elle-même, on appréciera le mélange des genres et des interventions : entre le thème principal excellent ("Afro Theme"), lourd de basses et qui rappelle la démarche chancelante de Forest Whitaker, le samouraï noir et blanc, les ambiances très cinématographiques de titres tels que "Afro's Father" ou "Bazooka Fight" (titre puissant et intercalaire de 40 secondes) ou les interventions discrètes de guests prestigieux (Talib Kweli, GZA, autre membre du Wu, ou Big Daddy Kane), on trouve quelques titres nettement plus légers, voire carrément soul funk ("Oh" et "The Walk", sous-merdes princières tout à fait écoutables). Dans cette jolie collection, émergent l'exceptionnel "Who Is The Man ?", mené en sourdine par le rocailleux Révérend William Burk, et le martial "Take The Sword" rappé par Beretta 9. Dans un autre style, la voix féminine de Thea fait un malheur sensuel sur "Fury In My Eyes", titre duo façon la Belle et la Bête, qui évoque un trip-hop à l'anglaise qui aurait (bien) franchi l'Atlantique. En conclusion de la BO, les 4-titres de Bobby Digital ne révolutionnent pas le hip-hop mais bénéficient d'un excellent travail de production et de mise en espace. Le flow est toujours impressionnant non par sa vivacité mais par sa capacité à tomber juste là où il faut et à économiser ses effets. Mention spéciale pour le très enlevé "So Fly" et son histoire de fuite en avant à base de magouille et de persécutions policières. Si l'album ne laissera pas la même trace dans les esprits que Ghost Dog (mais le souvenir du film y est pour beaucoup), cet Afro Samurai est un disque avec qui on coupera avec plaisir quelques têtes. Au sabre de préférence.

The RZA : Afro Samurai (import, 2007)

http://www.myspace.com/rza




He did The Monster Mash

Posté par 2goldfish le 30.04.07 à 14:37 | tags : cimetière, news, rigolo

Bobby Boris Picket est mort, et vous ne connaissiez sûrement même pas. Il était l'auteur de "The Monster Mash" tube d'Halloween américain pas très connu par chez nous. Elvis Presley l'aurait qualifiée de "chanson la plus stupide qu'il ait jamais entendue". J'en avais en vain cherché un mp3 il y a quelque temps à l'époque où j'écoutais les compilations "incredibly strange music", me perdant dans une foultitude de reprises dont aucune n'avait le charme de l'originale, qui réside principalement dans le velouté de la voix de Vincent Price de pacotille de Picket et bien sûr la joyeuse stupidité du tout. Aujourd'hui évidemment il est aisé de trouver ce fichier sur de nombreux blogs.

Ce morceau fait partie de ce que les américains apellent les "novelty hits", terme auquel je ne connais pas d'équivalent français mais qui pourrait s'appliquer chez nous à "La Danse Des Canards", "Crazy Frog", "Boris, Soirée Disco" ou "Merguez Party", des morceaux souvent très connus mais dont personne n'a retenu l'auteur à part Bide & Musique (hormis les rares artistes auteurs de plus d'un tube, commes Les Musclés ou Patrick Sébastien). Une autre particularité de ces morceaux est que bien que tout le monde les connaisse, même parmi ceux qui les supportent (ce qui élimine déjà pas mal de gens) il s'en trouvera bien peu pour avouer les aimer, ou même leur reconnaitre la moindre qualité.

On s'accorde en général à dire que ces tubes sont idiots, qu'ils ne valent pas grand chose. Pourtant leur véritable défaut est la surexposition : les meilleures blagues ne sont pas forcément les plus courtes mais surtout celles qu'on ne nous répète pas tous les jours. Ainsi si Crazy Frog ou, rappelez vous, cet horripilant "truc" qui utilisait le "superfreak" de Rick James comme fond sonore pour une série de "wazzup" vomitoires, si ces trucs donc ne valent effectivement pas la place qu'ils occupent dans notre mémoire, il y a forcément une certaine qualité qui fait qu'on se souvient plus de la merguez party des Musclés qu'on ne se rappellera de leur retour raté avec "Nicolas et Ségolène" ou que "Le Petit Bonhomme En Mousse" de Patrick Sébastien ait plus marqué que son "Pipo le Iench".

Critiquer ces morceaux pour leur manque de subtilité est absurde : leur but est d'atteindre l'universalité en appelant au plus petit dénominateur commun. S'ils ne sont que surface, c'est qu'ils sont faits pour la séduction immédiate et pas pour l'écoute approfondie ou répétée. A ce jeu là, ils enfoncent tous les Stockhausen ou les Scott Walker du monde. Ils ridiculisent surtout les Pascal Obispo qui s'ils parviennent au même but se drappent d'un sérieux tout à fait risible.

Donc, l'auteur du Monster Mash est mort et, sans doute parce que je ne suis pas américain, j'aimais bien ce morceau. Je suis un peu triste.







Electrelane : nouvelles égéries du rock moderne ?

Posté par Kris le 30.04.07 à 10:36 | tags : live, rock

Je me souviens de la première fois que je les ai vues. « Electrelane, un groupe de filles de Brighton » précisait la brochure de Rock En Seine 2004… Sur la pelouse devant la fontaine, les gens s’étaient posés devant la petite scène, pour attendre Sonic Youth. Sur cette petite scène, par ce triste temps nuageux d’août se produisit ces quatre filles dans le vent, timides, mais aux chansons impeccables, intraitables et entraînantes. Peu à l’aise devant un public endormi, Electrelane repartira avec, dans son escarcelle, au moins un fan converti. Moi. Affublé au premier rang, emballé par ces envolées post-rock et amoureux de la beauté froide de la stoïque guitariste Mia Clarke, je savais que même si le festival ne venait que de commencer depuis une heure, j’avais déjà trouvé ce que je cherchais. The White Stripes, Sonic Youth ou The Chemical Brothers n’y feront rien. Electrelane se taillera la part du lion.

 

Elles étaient de retour sur les planches de la Cigale à Paris ce vendredi 27 avril dans le cadre du festival des Femmes S’en Mêlent pour présenter leur dernier album No Shouts, No Calls sorti le 24 avril dernier. Toujours aussi crispées, semblant toujours aussi gênées de se trouver sur scène, les filles d’Electrelane semblent inchangées (sauf les coupes de cheveux), pourtant tout semble différent. Ou pareil. Après trois albums réussis qui se suivent mais ne se ressemblent pas, Electrelane nous avait conditionnés à être surpris à chaque sortie, les assoyant plus que jamais dans son confortable fauteuil d’indie-girls-band-glamour-mais-pas-trop. Puis vient ce No Shouts, No Calls, premier faux pas, même s’il s’agit probablement de l’album le plus cohérent et le plus représentatif de l’œuvre d’Electrelane. Car, même si en soi, l’album est de très bonne facture avec des magnifiques titres comme "In Berlin" ou "Five", il y a cette impression de déjà-entendu, une ambiance et une identité qui n'appartient pas à l'album en lui-même. Les trois précédents albums avaient chacun leur saveur propre et leur univers. Il y avait une rupture entre chaque période, on voyait une réelle évolution, et là pour la première fois, l'impression ressentie est qu'elles stagnent. La batterie d’Emma Gaze se fait martiale mais répétitive jusqu’à l’agacement, la guitare si loquace et si captivante de Mia n’est plus que noyée sous le flot de la mélodie, servant uniquement les compositions plutôt que de les construire.

 

Paradoxalement, même si intrinsèquement en deçà de ses prédécesseurs, No Shouts, No Calls semble accroître leur popularité. Revenons-en au concert de la Cigale. Après des premières parties joviales et ambiancées (Tender Forever et Gomm), Electrelane fait face à un public survolté. Première constatation, le public est en majorité gay-lesbien. Contexte du festival des Femmes S’en Mêlent, ou bien Electrelane, nouvel étendard de la communauté homosexuelle ? Seconde constatation, de nos jours, on danse vraiment sur n’importe quoi. Génération hédoniste, ou bien public parisien inhabituellement désinhibé, l’ambiance folklorique régnant sous une chaleur de plomb ce soir-là à la Cigale était à mille lieux de ce à quoi ressemblait un concert d’Electrelane il y a encore deux ans. Audience somnolente pour la tournée The Power Out, extasiée et médusée lors de la tournée Axes, la voici remuante, pogoteuse et déchaînée pour cette nouvelle session. L’électro-rock a fait des émules, Franz Ferdinand a rendu les guitares sexy, tandis que la scène new-rave morte-née aura permis l’émancipation du déhanché pour certains à défaut de pouvoir s’imposer musicalement. Oui, aujourd’hui on danse vraiment sur n’importe quoi. Etonné de voir un public digne de Klaxons à un concert d’artistes dans la lignée de Mogwai ou d’un My Bloody Valentine désembrumé, serais-je déjà devenu vieux avant l’heure (bien que je ne sois pas sarkozyste) ? Mais, finalement, peu importe, leur prestation était au poil, Mia toujours aussi jolie, et moi toujours dans la fosse. Electrelane reste l'un de ses rares groupes à l'univers en constante expansion, ni trop rapidement, ni trop lentement. Intègres vis-à-vis de leur rapport à la musique, touchantes par des compositions toujours bien senties et mélodiquement imparables, elles sont peut-être le modèle même du groupe rock moderne. S'imposer sans forcer, jouer sans conditions, pour soi, pour l'amour de la musique et composer les choses comme elles le sentent pour ensuite le faire valoir à son public. Comme à la Cigale. Commes les prochaines fois où je serais probablement. Comme le dit si mal Pascal Obispo, c’est ça être fan.

 

Electrelane - No Shouts, No Calls (Too Pure, avril 2007)

 

http://www.myspace.com/electrelane




Björk et sa pub Tahiti douche

Posté par LovelyRita le 27.04.07 à 19:13 | tags : vidéos musicales, news, dailymotion
Après ça pochette-pub pour Orangina, Björk promeut les bienfaits des gels Tahiti douche dans son dernier clip. Pour "Earth Intruders", le premier extrait de Volta, elle a misé sur le trip mystico-ethnique. Danses tribales avec en arrière plan sa tête qui surgit des entrailles de la terre...ça fait un peu rituel vaudou. Et aussi le fond aquatique ! Ah, je crois même qu'à un moment on voit passer l'ULM de Nicolas Hulot...




Neo Classica : la hollande, l'autre pays de la techno

Posté par Maxence le 27.04.07 à 18:05 | tags : techno, myspace, label, électro

Bunker records, Danny Wolfers (aka Legowelt), le slam jack, La Hague comme "monde miroir" de Detroit, on connaît. Preuve que la Hollande aussi, a sa part de mythologie techno, obscure et romantique. En revanche, on connaît moins Steve Rachmad aka Sterac, ami d'Heiko Laux et DJ de renom, dont l'album Neo Classica vient de sortir chez Sino, une sous-division de Technorient Music. Basé dans la riante cité de La Hague justement, ses docks, ses entrepôts, ses tours de verre et de béton et ses sites d'enfouissement de déchets nucléaires, Rachmad ne pouvait donner naissance qu'à une musique mélancolique, fortement tournée vers un futur déjà digéré par l'imaginaire contemporain, à la fois visionnaire et désespéré. Dès son "Prelude" ample, symphonique et lyrique, l'amateur trouve ses repères, il est chez lui dans cette énième, mais tellement jouissive, version retro-futuriste d'un Blade Runner de l'esprit. C'est donc cape (en cuir, forcément) au vent, que Rachmad nous offre un fabuleux flash back musical : le meilleur de la techno, deep et mélodique. Dans l'ordre, "My Tikkie Tik", "A Fabla", l'hypnotique "Ubatuba Blues", l'acid "Atcipitro", l'electro-funk de "West Point", tellement léger qu'on croirait entendre de l'electronica warpienne, ou encore "Arigato", "I am a Machine", "Electronic Afternoon" et tous les petits interludes qui hante ce disque, l'auditeur prend la mesure de ce qui rapprocha un temps l'Intelligent Dance Music du début des 90's et l'early techno de Carl Craig, Juan Atkins, Kevin Saunderson et consort.

 

C'est là que réside la véritable force de cette musique d'ailleurs. Rachmad a su capter son intemporalité, mais aussi sa finesse, sa subtilité, sa nuance. Ici, le pied est léger, il claque, sec et bondissant sans effets de style ostentatoires. Les nappes sont enveloppantes et envoûtantes, elles parlent directement à l'auditeur et lui ouvre l'esprit. D'un côté la tête, de l'autre, les jambes, mais l'une ne va pas sans les autres chez Rachmad. Producteur et remixeur de talent, Steve Rachmad est le maître d'une electro profonde et groovy qui se destine aussi bien au dancefloor qu'au canapé. Ses mélodies évidentes empruntent au funk et à la soul, et c'est un bonheur de simplicité et d'évidence. A la manière d'un compositeur pop, le Hollandais emprunte des sentiers balisés mais parfaitement maîtrisés, en prenant toujours soin de trouver le petit détail qui fait la différence. Ce détail, c'est le talent bien sûr, rien de plus, mais c'est déjà beaucoup. Chasseur de "hype" et d'originalité à tout prix, passe ton chemin, tu ne trouveras pas ton bonheur ici. Les autres, les esthètes de l'extase synthétique et électrique à plusieurs mètres au dessus du sol, vous pouvez vous arrêtez et miser sans hésitez sur ce Neo Classica élémentaire et classieux. As usual, un petit tour sur le profil myspace du bonhomme s'impose, et c'est par là.

 

Steve Rachmad - Neo Classica (Sino/Nocturne)




Apparat, Modeselektor et Das Glow au Rex !

Posté par Maxence le 27.04.07 à 14:55 | tags : agenda, électro

A vos agendas again (c'est la période !) : Soirée Bpitch à l'initiative de Divine qui invite Apparat, Modeselektor et Das Glow à se donner en spectacle demain 28 avril au Rex, à partir de 00h00. Ça va être du propre ! Entre l'electronica cliquetante, tintinnabulante et ébouriffante des uns et le platiniste booty-electro-ghetto-club des autres, il y a de quoi passer une belle soirée. Vous nous raconterez. Le Rex Club - 5 , boulevard Bonne Nouvelle, 75002 Paris. Tel : 01 42 36 10 96




Dog Day, un groupe de radins

Posté par 2goldfish le 27.04.07 à 10:09 | tags : rock

Le groupe Dog Day est (comme tout le monde) canadien mais ô surprise ils ne sont que quatre. Le lecteur de Pitchfork en moi s'étonne : "Où est le joueur de glockenspiel ? Et le clarinettiste ?". Les musiciens du pays des caribous ont des raisons de s'inquiéter : un groupe vient de découvrir un moyen de faire un disque en réduisant de 50% ses effectifs par rapport au minimum syndical. Nul doute que des protestations vont s'élever. Des murmures inquiets s'entendent déjà dans les concerts de The Polyphonic Spree. On raconte même que TF1 pourrait annuler le prochain numéro des 500 choristes. Les vendeurs d'instruments ont aussi des raisons de craindre Dog Day : une guitare, une basse une batterie et de temps en temps un synthé... pas de quoi faire fortune. Sans parler du fait qu'ils aiment leur son un peu crade, leurs guitares légèrement désaccordées.

 

Et les morceaux qui dépassent rarement les trois minutes, ne sont que douze et ne racontent même pas l'histoire d'un chien jaune qui parcourt le japon médiéval ou autre brillant concept : se sont-ils vraiment donné de la peine ? Il n'y a aucun interlude, aucune lente construction "épique", juste des beats rapides et des idées d'arrangements simples qui lorgnent du côté de Yo La Tengo et Sonic Youth ou des groupes "jangly" britons des 80's comme les Vaselines. Comment peut-on savoir que cette musique est intelligente et magnifique si elle ne l'annonce pas à grands renforts de trompettes et de choeurs passionnés ? Le chanteur a à moitié l'air de s'en foutre, comme s'il ne croyait pas que son album allait changer le monde !

 

Au bout d'un moment, ma stupeur a laissé place à la partie froide, analytique de mon cerveau : il faut que je m'astreigne à explorer les concepts nouveaux, étonnants, quand bien même ma réaction initiale serait le dégoût. Ces petits gars sont peut-être bien sur quelque chose, et il ne faudrait pas passer à côté. Peut-être leurs choix sont-ils motivés par autre chose que l'économie. Peut-être que l'économie est pour eux un choix esthétique, un rejet des excès folk universalistes de leurs confrères. Est-ce un mouvement politique ? Quelque chose en lien avec les économies d'énergies ? Raah, non, ça ne tient pas debout : ils sont très énergiques et très électriques... Punaise, mais qu'est-ce que ça peut bien être ?

 

Dog Day - l'album Night Group et le single "Lydia" viennent de paraitre chez Tomlab

 

myspace.com/dogdaytheband




Rosy Parlane et Oren Ambarchi : Drone Music

Posté par Maxence le 26.04.07 à 18:13 | tags : électro, contemporaine, ambient, label

Musique électroacoustique et art du drone (technique musicale visant à tenir la même note pendant à peu près deux heures, ou moins ou plus... cf : John Cale) au programme de ces deux très beaux albums de Rosy Parlane et Oren Ambarchi sur le label expert des musiques d'avant-garde, Touch. Pour la première, on retiendra surtout "Part One - 13:08" très belle suite ambiante pour guitare acoustique, field recording et brouillage (brouillard ?) électronique et "Part Three - 19:06", composition lyrique et symphonique tournant toujours autour des manipulations d'instruments (melodica, accordéon, violon, guitare) et d'objets (micros, radios, pièces métalliques, etc.) qui se conclut dans une grandiose envolée noise ou John Cage rencontre Fennesz. Parlanne oeuvre dans l'hypnose, la drone music pure ; les amateurs apprécieront ses morceaux spacieux et profonds dont les vibrations font immanquablement penser aux travaux de Steve Reich, La Monte Young, Tony Conrad ou Angus Mc Lise. Pour finir, vous pouvez vous infliger l'électrochoc de "Part Two - 16:28" plus pénible, mais qui révèle une artiste funambule, jonglant entre sons aériens et ondes suraiguës abruptes, dans un morceau énervé.

 

L'ambiant est décidément un genre qui prédomine actuellement, que ce soit dans la sphère pop, folk ou expérimentale. Pour preuve, après l'album spatial de Donato Warthon, celui de Lucky Pierre et de Christina Carter, voici le très beau Suspension du guitariste australien Oren Ambarchi. Si Ambarchi est pour vous un parfait inconnu, sachez qu'il oeuvre depuis plusieurs années déjà dans le même registre que Fennesz ou Robert Hampson de Main. C'est à dire dans l'exploration de la guitare, avec ou sans apports électroniques. Certains connaissent peut-être ses travaux post-punk, à tendance freestyle, au sein de Phlegm (chez Tzadik) et Insulation son précédent album sur Touch, livré en 2002, ainsi que Sun (avec Chris Townend) paru en 2004. Avec Suspension, Ambarchi s'enfonce dans l'intériorité de la guitare et propose une suite d'oeuvres purement introspectives, "isolationnistes" diraient les grands-bretons. Ces compositions "en suspension", c'est le cas de le dire, invitent à entrer dans un monde de granulations scintillantes et de micros fréquences répétées à l'infini, elles aussi inspirées par les travaux des minimalistes américains cités plus haut.

 

Attention, "musiques exigeantes", ces deux albums nécessitent de l'auditeur un degré d'attention élevé, mais quel bonheur quand toutes les conditions sont réunies !

 

Rosy Parlane - Jessamine (Touch/La Baleine, décembre 2006)
Oren Ambarchi - Suspension (Touch/La Baleine, janvier 2007)

 

 




Qui n'aime pas les Queens Of The Stone Age ?

Posté par 2goldfish le 26.04.07 à 15:05 | tags : metal, news, rock, vidéos musicales, youtube

Qui n'aime pas les Queens Of The Stone Age ? Je vis peut-être dans un monde un peu fantaisiste où tout le monde sait qui est ce vieux type qui danse sur commande dans la pub SFR, mais même dans ce monde il est rare de rencontrer un groupe qui fasse autant l'unanimité que QOTSA. Les rockeurs les aiment, les métalleux les aiment, les indie-poppeux les aiment et les junkies les adorent. On se demande à ce stade pourquoi ils éprouvent le besoin de faire de la pub pour Era Vulgaris, leur prochain album, et pour "Sick Sick Sick" la chanson avec Julian Casablancas des Strokes (que par contre personne n'est d'accord pour aimer). Sauf que bon, évidemment, la pub est sympa et contient de gros morceaux de musique dedans :

 




Hip hop ou lalalala ?

Posté par 2goldfish le 26.04.07 à 10:39 | tags : à lire, hip hop, news, web

Sur le net, on appellerait ça un troll : un sujet (ou une personne) qui revient régulièrement et met à chaque fois tout le monde en colère. Généralement, le choses dégénèrent jusqu'à ce qu'on atteigne le "point godwin" où tout le monde s'insulte. On en a eu notre part sur Playlist et je suis peut-être sur le point d'en lancer un. Contrairement à ce que certains semblent croire, ce n'est nullement mon objectif, aussi vais-je ici marcher sur des oeufs. Bref, le serpent de mer qui a récemment ressurgi aux Etats-Unis et qui nous concerne aujourd'hui : la misogynie dans le hip hop et sa censure.

Cette fois les choses ont l'air plus sérieuses que jamais, avec Russell Simmons (cofondateur de Def Jam avec Rick Rubin) qui a lancé un appel dans l'émission d'Oprah Winfrey non pas à la censure (ce vilain mot) mais à l'établissement par les radios et les maisons de disque de "lignes de conduite" claires sur le langage qu'elles tolèreront à l'avenir, avec en vue de mettre des bips sur "ho", "bitch" et "nigger" comme sur "shit" et "fuck". Apparement, il a oublié le mot "pimp", sans doute par égard pour MTV.

Le rappeur-poète-visionnaire Saul Williams a répondu dans une lettre ouverte à Oprah de façon très éloquente, éclairée et à peine à moitié à côté de la plaque (c'est un poète) que le problème n'est pas les rappeurs mais la société qui les produit, et qu'on n'y changera rien en se bouchant les oreilles et en chantant lalala.

On peut considérer que Simmons a raison quand il dit que "pute" et "nègre" devraient être traités comme "merde". Sauf que ce n'est pas parce qu'on n'a pas le droit de dire shit à la télé qu'on y trouve moins de merde.




Amon Tobin s'amuse comme un foley

Posté par éèëê le 25.04.07 à 18:38 | tags : live, électro
Grand tritureur de sons samplés devant l’éternel, Amon Tobin nous a livré il y a peu Foley Room, un disque qui rompt avec sa traditionnelle récolte vinylistique. Souhaitant se concentrer sur la prise de son "directe", le Montréalais ne fait pas les choses à moitié, puisqu’il se sert d’intruments de mesure et de salles réputées "sans couleur" (dont on n’entend pas l’empreinte sonore lors d’une prise) : les "foley rooms", ou salles de bruitage.


Très vite, le making of, assez joliment réalisé, révèle la fascination d’Amon Tobin pour la technologie et son corollaire : la gadgetisation. Gros plan de l’enregistreur Nagra, manipulation de bande, le musicien fait corps avec son projet, se muant en support de micro intelligent partout où il se rend. Si cette générosité dans la démarche peut faire sourire le preneur de son traditionnel (les micros sont tenus à pleine main…), elle cache un cruel manque de direction. Pour son premier disque à base de sonorités "live", Amon Tobin enregistre des bruits de robots industriels (qui créent des rythmes naturellement), des moteurs de voitures, la marche des insectes et le feulement des tigres, les ambiances de villes, les trains de marchandises et le Kronos Quartet. Il se disperse dans ses enregistrements, et reste souvent dans le cliché (les trains, les animaux, les percussions préparées). Du coup, son propos ne fait pas le poids devant les tentatives électro-acoustiques voisines de Matthew Herbert, anglais doux dingue et intégralement conceptuel qui enregistre les mauvais traitements à l’encontre de cannettes Coca ou sac papier GAP afin de critiquer la malbouffe et la globalisation, ou encore les intégristes rigolos Matmos, prêts à triturer des utérus de vaches pour parler de leurs idoles féministes.
 

Mais Amon Tobin se défend de vouloir faire de la musique concrète ou d’intellectualiser son approche. En vérité, il s’amuse comme un fou avec cette matière nouvelle, ce qui se répercute de façon très convaincante sur le disque. Et c’est finalement sa musique qui triomphe : reconnaissable entre toutes, au firmament de son raffinement, enrichie des sonorités incroyablement définies des instruments acoustiques. Les rythmiques syncopées sont au rendez-vous, les ambiances épaisses et glauques précèdent les paysages relaxants ; harpe, quatuor à cordes, guitares surf ou orgues puissants, les mélodies sont servies avec élégance et à-propos dans un écrin sonore bizarroïde et passionnant. L’enchaînement judicieux des morceaux ménage de jolies surprises : la pop ensoleillée à la Fourtet de "Always", les errements oniriques de "Horse Fish", sans oublier l’ouverture magistrale, portée par un arrangement intimidant du Kronos (le filmique "Bloodstone"). Au final, un régal pour les oreilles, et peut-être le meilleur album d’Amon Tobin.

 

Amon Tobin - "Foley Room" (Ninja Tune, mars 2007)

 

www.myspace.com/tobinamon




Silver Monks Time : G. Bush, get out, stop war !

Posté par Maxence le 25.04.07 à 18:08 | tags : électro, news, pop, rock
En 1964. une bande GI's américains basés en Allemagne fondaient The Monks, une aberration dans le champ de la pop musique d'alors (l'époque était au maniérisme des Beatles), surtout venant d'un corps de l'armée Us en plein conflit vietnamien. Injustement oubliés dans mon classement des "albums les plus 2007", la compilation hommage Silver Monk Time vient remettre les pendules à l'heure. Accessoirement, elle ne pouvait arriver mieux, alors que plus de 3000 soldats américains ont trouvé la mort depuis le début du conflit irakien. Précurseurs du krautrock en plein pays teuton, les cinq Monks balançaient leurs chansons brûlots comme seul peuvent le faire une bande de mecs désabusés certains que de toute façon, personne ne les écoutera jamais. Tout faux ! 30 ans après, ils sont tous là, de Jon Spencer à The Gossip en passant par Alec Empire, The Fall et Faust, pour leur rendre un chaleureux hommage et remettre au goût du jour leur musique délirante et totalement libre.

Alors bien sûr il y a ceux que l'on attendait, je les ai déjà cités (The Fall, The Gossip, Faust, Jon Spencer ou Empire) mais plus surprenant est le nombre d'artistes electros présents sur cette compilation ! On y trouve en effet Gudrun Gut, boss du label Monika Entr. sur un parfait "Tumbling Monks" qui ne déparerait pas au Pulp, Michaela Melian plus connu pour ses ballades electros adapte "Blaster" même si sa relecture bien qu'agréable ne convainc pas totalement, Mense Reents ou F.S.K. qui construisent un "Minimal Monk" et un "Transatlantic Feedback" plus proches de Pan (A) Sonic que du rock ensauvagé de nos cinq bidasses, Mouse On Mars qui déconstruit/reconstruit à son habitude (et très efficacement) le fameux "Black Monk Time" devenant "Monk No Time", Alan Vega réunit avec les pionniers Silver Apples sur un fabuleusement trippé "Silver Monk Time". On retiendra également la performance à l'arrache d'Alec Empire et Gary Burger sur "Black Monk Time" (décidemment plébiscité) et reprenant cet hymne anti-Vietnam en l'adaptant à la guerre d'Irak. Les vétérans Psychic TV s'en sortent aussi admirablement mêlant répétitions et ritournelle pop sur "Boys Are Girls And Girls Are Boys", jusqu'au technoïde Alexander Hacke qui s'illustre dans un pur morceau de rock'n'roll (le hit screamer "I Hate You") là où on ne l'attendait absolument pas (c'est le cas de le dire). Bref, dans l'ensemble Silver Monk Time est une réussite : surprenante, finaude, drôle, c'est aussi l'occasion de se pencher sur l'œuvre de ces olibrius de génie injustement méconnus réédités en CD par Play Loud ! . Une manière de ne jamais oublier que comme ils le disent dans "Black Monks Time" : "People die, people cry for you ! People kill, people kill for you !"

Stop war !

Silver Monks Time - A Tribute to the Monks (Play Loud !/Differ-ant)




Morrissey en allemand et au ukulele

Posté par Myosotis le 25.04.07 à 16:15 | tags : morrissey
Lâché par les Inrockuptibles qui lui préfèrent désormais Carla Bruni, il n'y a guère qu'en France que Morrissey ne fait plus parler ou vendre de disques. Reconnu à Rome où il est désormais établi avec son mignon ; adoré au Japon, célébré en Amérique du Sud, et toujours controversé sur les Iles Britanniques (malgré le ralliement du NME), Morrissey a également une excellente cote aux Pays Bas et en Allemagne.
 
 
 
La preuve en est cet hommage de bonne qualité rendu par le dénommé Perrecy, chanteur allemand, qui reprend 4 titres de Morrissey dans la "langue de Goethe". La pochette est évidemment plagiée sur le pénultième album du Moz, You Are The Quarry. Quatre titres sont revisités ici : "This Charming Man" devient "Dieser Charmanter Mann", "The First Of The Gang To Die" ("Der Erste Der Jungs Der Starb"), "There is A Light That Never Goes Out" ("Da Ist Ein Licht Das Niemals Erlischt") et bien sûr et surtout la sublime transposition de "Irish Blood, English Heart" en "Preussich Blut, Bayrisch Herz" - soit Sang Prussien, Coeur Bavarois pour les non germanophones.
Le lien poussé par nos amis de Morrissey-solo.com et les 4 pépites ici : myspace.com/perrecy07

 

 




Shitdisco : No-rave

Posté par Maxence le 25.04.07 à 12:47 | tags : à lire, électro, punk, rock

Comme il y a eu la no-wave à New York en réaction à une new wave largement construite et inventée par les médias britanniques - et trop aseptisée pour des artistes comme Lydia Lunch, James Chance, DNA ou Mars -, y aura-t-il une "no-rave" pour s'opposer à la "nu-rave" qui sévit (ou "tente de") outre-manche ? C'est ce que laisse à penser Kingdome Of Fear (titre inspiré du dernier roman, non traduit du gonzo journaliste Hunter S. Thompson) de Shitdisco dont vous pouvez découvrir la chronique et la musique festive, mais surtout sauvage, sur Flu' le mag.




Lucky Pierre et Radical Face nous égarent

Posté par 2goldfish le 25.04.07 à 10:27 | tags : pop, myspace, folk, ambient

Il y a trois façons de se perdre dans un disque, ou plutôt trois raisons. Une bonne et deux mauvaises, les deux premières en incombent le plus souvent à l'artiste qu'à l'auditeur, du moins aime-t-on le penser. Si vous êtes perdus dans un disque d'ambient, tant mieux pour vous, c'est un peu le but et l'artiste n'y verra aucun inconvénient. Dans un disque pop (pris dans le sens large qui recouvre à peu près toutes les musiques rythmées), le plus souvent l'égarement est le signe que quelque chose ne va pas. L'effort d'entretien de l'intérêt devrait être la responsabilité de l'artiste, pas de son public. Dans un troisième cas cependant, plus rare en pop qu'ailleurs, un certain effort d'attention peut-être demandé à l'auditeur qui, en échange de cet effort, espère une gratification plus importante ou du moins d'une nature différente de celle offerte par une musique moins exigeante.

 

L. Pierre, c'est le projet solo d'Aidan Moffat des défunts Arab Strap. A l'image de son ancien groupe, ce nom quelque peu grivois (un "Lucky Pierre" c'est, en langage NotSafeForWork, le "jambon dans un sandwich à la bite") mais ici il n'y a rien de sexuel. Sur son troisième album Dip, Moffat nous perd, donc, dans la musique la plus facile à écouter du monde : l'ambient. Il joue avec les espaces, convoquant des cordes à la Philip Glass, en montant la réverb' à 11 sur les trompettes ou très littéralement en collant quelques cris de mouettes pour qu'on sache à coup sûr où on se trouve (au cas où la pochette ne suffirait pas, on est sur la plage, comme Einstein). Il prend son temps aussi, puisque c'est la seule dimension réelle avec laquelle il peut jouer et nous perdre vraiment.

 

Radical Face est aussi un pseudonyme et aussi une moitié, celui de Ben Cooper et celle d'Electric President, duo d'electro-indie à la Postal Service. Comme le chanceux Aidan Moffat, il évoque dans son Ghost les grands espaces. Je le soupçonne de ne pas être bien loin de la mer sur sa pochette, mais on voit de toute façon suffisamment de ciel pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté. Sauf que Ghost est un disque de folk, et la folk "spacieuse" commence à être un terrain encombré, qu'on ne peut occuper sans rencontrer l'omniprésent Sufjan Stevens. A ce petit jeu, Cooper s'en sort plutôt bien puisqu'il parvient à évoquer Stevens sans vampiriser ses arrangements : pas de choeurs féminins/enfantins, pas de répétition à la Steve Reich et je crois bien même qu'aucun glockenspiel n'a été martelé dans la réalisatation de ce disque. Contrairement à tant de groupes actuels, il n'essaie pas non plus de faire des hymnes, et c'est plutôt reposant. Malheureusement, comme L. Pierre, il nous perd, sauf qu'ici ce n'est pas l'effet recherché et en tant que musique d'ambience Ghost ne fonctionne pas très bien non plus. La faute à un son qui ne change pratiquement jamais, ce qui est d'autant plus dommage qu'on sait grâce à Electric President, que Cooper est capable d'exploiter une palette plus large.

 

L. Pierre - Dip (Melodic/La Baleine, janvier 2007)
Radical Face - Ghost (Morr Music/La Baleine, mars 2007)


www.myspace.com/radicalface

 




Spank Rock : Gare à vos fesses, ça va claquer !

Posté par Maxence le 24.04.07 à 17:58 | tags : électro, hip hop, label, rock

On pourrait voir dans ce 33ième opus de Fabriclive, drivé par Naeem Juwan, le MC et XXXchange, le producteur de Spank Rock, une "enfilade de tubes electro-ghetto-club", mais ce serait passer à côté du principal. Principal qui n'est pas forcément le plus représenté sur ce mix mais qui vient largement en relever la sauce, comme des épices savamment distillées dans un bon gumbo new orleanais. Il s'agit de petites pépites iconoclastes, sournoisement disséminées par nos deux compères, au milieu des désormais classiques de CSS ("Let's Make Love and Listen To Death From Above" - Spank Rock), Daft Punk ("Technologic"), Mylo (l'indémodable "Drop The Pressure"), Para One (l'incontournable "Dudun Dun"), Uffie ("Hot Chick" - Feadz edit) ou Simian Mobile Disco ("Hustler").

En l'occurrence, les meilleurs moments sont justement les transitions inattendues, où Spank Rock glisse l'air de rien un "Owner Of A Lonely Heart" de Yes juste après le "Drop the Pressure" de Mylo, "The Dominatrix Sleep Tonight" de Dominatrix après l'electrocution de "Nazis" (Justice mix) de Mr Oizo ou encore "Love On A Real Train" fantastique morceau des oubliés du krautrock synthétique (kosmische !), Tangerine Dream, qui vient subvertir le déjà sulfureux "Orange Alert - DFA mix" de Metro Area, sans oublier, autre judicieuse sélection, le "Bostich" de Yello, un classique lui aussi et "I'm Ready" formidable morceau d'italo-disco de Kano.

Un éclectisme savant qui n'a rien d'étonnant finalement, quand on connaît la propension à la grande partouze sonore que cultive allègrement ce duo phare du booty hip hop (booty-hop ?), aussi à l'aise dans l'expression d'un post-funk hypnotique à la Parliamente/Funkadelic, que dans celui d'une electro érectile directement importée de Miami ou du punk-funk débridé made in New York (on pense à DFA et LCD Soundsystem, mais aussi aux pionniers du Bronx bien évidemment). De fait, Naeem Juwan et XXXchange n'ont plus rien à prouver, ils avaient déjà fait leurs preuves sur l'excellent YoYoYoYoYo, en usant de toutes les ficelles old school et en les rallongeant d'une sauce épaisse de gimmicks crunck, dub, booty, electronica, voire rock. Bref, si ce Fabriclive 33 aurait pu être un mix banal, si ce n'était la virtuosité de ses enchaînements et l'intelligence de ses choix bien sûr, il se révèle à l'arrivée, plein d'excellentes surprises, et surtout, ouvre le genre "electro-ghetto-club" à un tout autre public, celui des vieux barbons comme moi (ceux qui ont dépassé trente ans quoi) ! D'ailleurs, ceux-ci peuvent renâcler, si véritable nouvelle jeunesse sonique il y a, c'est bien ici qu'elle se trouve. Croyez-moi !

Spank Rock - Fabriclive 33 (Fabric/PIAS, avril 2007)

www.myspace.com/spankrock




Keny Arkana dégaine son droit de réponse

Posté par Kris le 24.04.07 à 17:32 | tags : dailymotion, hip hop, news, politique

Suite au détournement d'un clip de Keny Arkana par un partisan du Front National, comme nous vous en parlions il y a quelques jours, la rappeuse marseillaise a voulu y répondre en profitant de ce week-end électoral pour enregistrer un nouveau titre et un clip "Abat Le Front De La Haine". Répondre vite aux attaques pour faire durer le moins longtemps le malentendu. Certes. Mais tant sur le fond que la forme, ce message adressé au Front National, et plus largement à la classe politique française, est plus que dispensable, "Abat Le Front De La Haine" n'étant qu'une plate bis repetita de ses dires présents sur son premier album. Pour la qualité du morceau, on passera également notre chemin, car il s'agit clairement d'un titre baclé et peu travaillé... On laissera à la jeune Keny Arkana au moins le bénéfice de la démarche, se cantonnant dans son rôle de marginale qui ne lui sied pas si mal, assénant à qui veut bien l'entendre ses pamphlets anti-institutionnels.

Clip de "Abat Le Front De La Haine" sur Dailymotion




Detroit : The Cycles Of The Mental Machine

Posté par Maxence le 24.04.07 à 14:58 | tags : agenda, électro, techno

Le film de Jacqueline Caux The Cycles of The Mental Machine est un voyage à travers le temps dans Detroit, un voyage musical qui va de l'urbanisation du blues aux prêches et au gospel, qui passe par les succès populaires de l'usine à tubes Tamla Motown et se poursuit jusqu'au véritable exorcisme de la crise que constituent aujourd'hui les rythmes machiniques de la musique techno. Un voyage dans une ville au charme tout à la fois puissant et paradoxal avec, pour guides, The Electrifying Mojo, animateur d'émissions radiophoniques restées légendaires, "Mad" Mike Banks qui veille aux destinées de l'association indépendante Underground Resistance, et Carl Craig.

Evènement exceptionnel, The Cycles Of The Mental Machine (57') et Bogotrax (52') seront proposés à la projection dans le cadre des "RENDEZ-VOUS ELECTRONIQUES 2007", le mercredi 25 Avril à partir de 19h à La Galerie Ars Longa - 67 Avenue Parmentier 75011 - Métro Parmentier. A ne pas manquer ! (photo : Detroit et Mad Mike)




Les Stones et le métal

Posté par 2goldfish le 24.04.07 à 12:21 | tags : en jpeg, geek, metal, rigolo

J'arrive un peu après tout le monde pour parler des chaussures de sport Joy Division (je dis chaussures de sport parce que je n'ai aucune idée du terme qu'emploient les jeunes aujourd'hui pour dire "tennis"). Si comme moi vous êtes complétement largués, vous pouvez voir ces étranges créations dans le détail sur cette page. Les jeunes me laisseront toujours perplexe.

 

 

D'un autre côté, au rayon merchandising, rien ne vaut sans doute le détecteur de métal de Bill Wyman. Oui, tout à fait : si George Foreman peut griller des steacks, le bassiste des Rolling Stones peut bien nous vendre un détecteur de métal. Apparement, Billou serait un fan de l'archéologie du dimanche depuis longtemps et aurait été contacté par un fabriquant de détecteurs de métaux pour les aider à créer un super nouvel appareil qui porterait son nom. On veut bien croire qu'il n'est pas là dedans pour l'argent, et en plus ça colle avec sa personnalité d'archiviste compulsif des Stones.

Enfin bon, on vit dans un monde bizarre, vraiment.




Beastie Boys : Deux fois, c'est mieux

Posté par Kris le 24.04.07 à 10:06 | tags : agenda, hip hop, live

Les Beastie Boys se dédoublent, pour le plus grand plaisir des fans. Non contents de remplir un Zénith de Paris le 26 juin 2007, les quadragénaires Mike D, MCA et Adrock ont convié leurs fans par le biais de la newsletter du groupe à une autre date de concert. Où ? Quand ? Comment ? Le 27 juin, au Bataclan pour un "show instrumental exclusif". Et on se rappelle de l'album The In Sound From Way Out, sorti en 1996 contenant les sessions instrumentales de Ill Communication et de Check Your Head, et on se souvient à quel point les Beastie Boys peuvent être polyvalents en écoutant cet album aux sonorités jazz/funk. Généralement là où on ne les attend pas (ou plus), les Beastie reviennent toujours, comme en 1994 avec Ill Communication ou en 2005 avec un To The 5 Burroughs détonnant, alliant succès populaire et succès critique.

Envoyée le 18 avril dans la matinée, la newsletter contenant le lien d'achat pour ce concert exceptionnel, plus aucune place n'est disponible à partir du lendemain. Il y en a certains qui risquent de se faire furieusement plaisir sur deux jours pendant ce mois de juin prochain... Un nouvel album annoncé courant 2007 et une tournée européenne estivale en vue, les vieux de la veille sont toujours là.




Teenage Bad Girl : ça cocotte un peu, mais c'est bon !

Posté par Maxence le 23.04.07 à 18:22 | tags : rock, news, myspace, électro

Je sais c'est à la mode en ce moment, mais revenons tout de même sur l'éternelle opposition rock vs techno. D'une part pour réaffirmer qu'elle n'a plus lieu d'être (mais ça tout le monde l'avait compris) et que d'autre part, elle trouve admirablement son expression aujourd'hui dans d'autres formes que ce que d'aucun ont nommé un temps l'electroclash (putassier) ou le déjà has-been (voir mort-né) phénomène nu-rave. Parce que passés les effets d'annonce de journalistes (majoritairement anglo-saxons il est vrai) désireux de ranimer le cadavre plus très frais de la brit-pop, il existe bel et bien des poches de résistances, des îlots de créativité indépendante, incarnés par de véritables producteurs de la nouvelle génération, aussi bien bercés par Jeff Mills ou Aphex Twin que Owner Of A Lonely Heart de Yes.

 

C'est le cas, vous l'avez compris, des zozos de Teenage Bad Girl et leur Cocotte totalement électrocuté en est le manifeste. Plus que tout autre, Greg Kazubski et Guillaume Manbell semblent avoir compris que la fusion du rock et de l'electro ne passe pas par la hype, mais avant tout par une véritable culture musicale et son corollaire : le plaisir d'en jouer et le plaisir d'en jouir. Pour eux, c'est évident sur des titres comme "USB Dick Plug Me In", Afrika Bambaataa est aussi rock que les Stooges. Chez Teenage Bad Girl, le funk "rock", l'electro balance des riffs hurlants, les guitares (synthétiques) jouent des nappes de solos brûlants et les break sont là pour nous faire headbanger du crâne comme sur du Motorhead. Rarement disque électro aura sonné aussi rock ! Et pas un rock de pacotille, non, de celui qui nous laisse pantelant après un long solo de guitare extatique, joué avec une vieille raquette de tennis devant le miroir de la salle de bain. Tout l'esprit de nos treize ans quoi ! Teenage Bad Girl réussit à nous faire revivre spontanément ces instants d'énergie sauvage purement rock'n'roll, tout en tapant frénétiquement le beat sur un rythme résolument techno disco ! De l'éponyme "Cocotte", pure tuerie de break beat incandescent où Richard D. James rencontre Judas Priest et bouscule Tangerine Dream, à "Hands Of A Stranger" avec son intro où l'on croirait entendre "La Grange" de ZZ Top joué par Daft Punk, en passant par "Fuckin' Frog" (psychédélique !), "Vacuum" (hard rock !), "Tales From The Pigs" (dont je n'ose imaginer l'effet sur scène) ou le magnifiquement 80 "Ghost House", ça sue, ça bout, ça exulte sur le dancefloor. Teenage Bad Girl, avec sa gamine en culotte sur la pochette, son esthétique trash 70 (voir l'artwork du CD, mélange de graphisme Designer Republic et de spirales psychédélico-baba fleurant bon Love, les Doors et le Jefferson Airplane) sent la bière, la sueur, les torses velus et les mèches de cheveux collés au visage, bref ça "cocotte" en effet, et ça fait du bien, croyez-moi. Décidément, avec ce duo, les papys du "retour du rock" ont vraiment du souci à ce faire ! Un petit tour sur leur profil myspace ? C'est par là !

 

Teenage Bad Girl - Cocotte (Citizen/Nocturne, mars 2007)




Les Avant-Seine : Projecteurs sur des jeunes artistes franciliens

Posté par Kris le 23.04.07 à 16:09 | tags : agenda, folk, live, rock

En plus d'organiser le plus gros festival estival parisien, Rock En Seine aide également de jeunes artistes et groupes à se lancer. Depuis sa seconde édition de 2005, les organisateurs font participer ces jeunes pousses prometteuses à leur programmation et lancent ainsi ces novices à se produire devant une scène plus imposante que celle à quoi ils doivent être habitués. Cette année, la formule change en proposant à 11 artistes choisis parmi la grouillante scène francilienne d'investir sur 3 jours la scène du Nouveau Casino dans le cadre désormais officiel du festival des Avant-Seine. Commençant dès ce soir dans la salle de la rue Oberkampf, ce festival tremplin permet à des artistes excitants comme Brooklyn, Hey Hey My My, James Delleck ou Rodeo Massacre de profiter de l'exposition faite par ces Avant-Seine.

Lundi 23 avril : Sammy Decoster, Alexandre Kinn, Brooklyn, Hey Hey My My.

Mardi 24 avril : Naive New Beaters, James Delleck, Housse de Racket.

Mercredi 25 avril : David Carroll, Les Shades, The Love Bandits, Rodeo Massacre.

Festival Avant-Seine, au Nouveau Casino, 109 rue Oberkampf, Paris 11ème. Plus d'infos sur www.rockenseine.com




Björk amorce Volta

Posté par Kris le 23.04.07 à 13:36 | tags : live, myspace, news

La diva islandaise revient faire parler d'elle. Son prochain album Volta, dont nous vous avions parlé, annoncé pour mai, Björk nous donne de quoi (enfin ?) se mettre quelque chose sous la dent en attendant la sortie du successeur de Medulla paru en 2004. Après un passage en live à l'émission américaine Saturday Night Live pour interpréter le titre "Wanderlust", Björk dévoile ses premiers titres extraits de Volta sur son MySpace et montre ainsi la rupture avec ses précédents opus, pour revenir à des sonorités plus proches de ses débuts. "Wanderlust", comme le premier single "Earth Intruders" semble s'être appropriés les instrus de Nine Inch Nails, tandis que "Innocence" laisse entrevoir la patte plus que reconnaissable du producteur Timbaland. Le tout en parvenant à garder cette constante, cette immuable et unique voix de Björk.

Volta est annoncé le 7 mai, et Björk est à l'affiche de Rock En Seine le dimanche 26 août 2007.

http://www.myspace.com/bjork




Bunny Rabbit à la Maroquinerie : Raaah Beat !

Posté par Maxence le 23.04.07 à 10:47 | tags : agenda, électro, hip hop, live

Amateurs de hip hop matiné de crunk bondissant aux lyrics plutôt salés à vos agendas ! Bunny Rabbit sera en concert à La Maroquinerie le 25 avril, dans le cadre du festival Les Femmes S'en Mêlent (avec Yelle et Terry Poison). Et comme certains le signalent avec justesse dans les commentaires de ce post, Bunny Rabbit en live, "ça déchire". Il faut dire qu'en plus de présenter un univers original, dominé par le vaudou (la religion en général) et le sexe, la belle Bunny et ses faux airs d'innocence qu'on adorerait bafouer, a le don pour nous mettre le feu au pantalon, à nous les garçons (malgré son orientation sexuelle strictement féminine). Mais pas touche ! Ce serait offenser Black Cracker, alias Celena Glenn, la faiseuse de beat plutôt virile qui l'accompagne, sur scène comme à la ville. Histoire de vous mettre l'eau à la bouche et pour vous aider à patienter, deux clips live : Bunny en version "chaude lapine" (très très chaude, rarement vu quelqu'un bouger avec autant d'impudeur) et "Bunny mélancolie" (le très beau "It's Ain't Easy").

Même en mode "pleure pas Bunny" c'est encore chaud bouillant...
Bunny Rabbit sera également en tournée en France pour 4 dates supplémentaires :
24.04 GRENOBLE Le Ciel
25.04 PARIS La Maroquinnerie
26.04 EVREUX L'Abordage
27.04 TOURCOING Le Grand Mix
28.04 SAINT LO Le Normandy



Détournement de fond politique...

Posté par Kris le 22.04.07 à 15:16 | tags : hip hop, politique, youtube
Surprise lorsqu'arrive dans ma boîte mail un communiqué de presse provenant de la rappeuse marseillaise Keny Arkana, qui avait sorti en 2006 l'album Entre Ciment Et Belle Etoile, affichant un démenti quant à un détournement effectué à partir de son clip "La Rage" et de sa chanson "Nettoyage Au Kärcher" par... des partisans du Front National. Connue pour son engagement prolétaire, à la jeunesse difficile, Keny Arkana s'engageait sur un terrain moral et social plus que politique sur la société et la démocratie en France sur son premier album. Sauf "Nettoyage Au Kärcher" donc qui tapait allègrement sur les doigts de qui vous savez. Le clip de son précédent single "La Rage" remanié, la vidéo diffusée sur Youtube et relayée par des sites internet partisans du Front National se font l'apologie du candidat frontiste en omettant bien évidemment de préciser le montage effectué. Ils tendent à créer la confusion pour peu que l'on ne connaisse pas Keny Arkana (une rappeuse soutenant l'extrême droite ?!).

Communiqué de presse donc de la jeune artiste : "J'ai appris avec horreur que le Front National a détourné le clip de "La Rage" et le morceau "Nettoyage au Karcher" à des fins électorales. En effet le clip diffusé sur le site du Front National ainsi que sur Youtube est le résultat d'un montage réalisé sans mon accord ainsi que sans celui de ma maison de disques. Défenseuse d'une révolution du bas et anti-institutionnelle, je tiens à rappeler que je ne soutiens aucun candidat, encore moins celui du Front National, et que ce clip est en parfaite contradiction avec les valeurs que j'ai toujours défendues. Je ne reste pas indifférente à ce détournement perfide et scandaleux de ma musique et de mon message, mais cela met en évidence leur stratégie éhontée de propagande qui ne manque pas de porter atteinte à mon oeuvre. Le Combat Continue, Vive La Résistance ! Keny Arkana « la fin est dans les moyens comme l'arbre est dans la graine »"

Le clip original :


 

Le clip détourné :

 




Un étrange bizarrement ordinaire

Posté par 2goldfish le 21.04.07 à 09:04 | tags : dailymotion, folk, rigolo, vidéos musicales

Le site de social networking Grupthink (pour "pensée de groupe") confirme l'oxymore dans son nom avec cette liste plutôt minable des "clips les plus étranges de tous les temps". OK pour Aphex Twin et Bjork en tête, ou bien pour le rigolo Tunak, mais quand on arrive à Soundgarden, UNKLE et même OK Go, on peut vraiment se demander quelle définition ultra-conservatrice du mot "étrange" a pu les ammener là. Même le clip de Venetian Snares pour Szamar Madar qu'ils ont mis est bien sage comparé à ce dont ils sont capables.

En fouillant un peu, on trouve tout de même tout un tas de choses suffisamment bizarre pour se réjouir. On ne trouve pas, par contre, la vidéo de dingue d'Animal Collective pour "Who Could Win A Rabbit", bien plus barrée que celles de "Leaf House" et "Grass" qui squattent le haut de ce classement. Non, vraiment, le problème avec les sites web 2.0 faits par et pour les gens, c'est que c'est les gens. Gens que j'invite à s'enfuir en criant après avoir cliqué sur play :





Les albums les plus 2007

Posté par Maxence le 20.04.07 à 17:54 | tags : électro, funk, punk, rigolo, rock

Lu sur l'hyper-actif forum de Visi.com, le site du fandom de The Fall, cette "réflexxxion" concernant Tromatic Reflexxions, justement, l'album de Von Sudenfed (soit l'incroyable réunion des Allemands de Mouse on Mars et de Mark E. Smith, leader incontesté du fameux groupe mancunien) : le posteur disait que l'album était "Very 2007". Cette petite remarque m'a donné envie d'établir la liste de ces groupes "very 2007", en partant du principe qu'ils ont une forte influence sur la créativité actuelle, toutes tendances, genres, écoles, confondus et surtout qu'ils réunissent (ou réunirent à une époque donnée) assez de symptômes de notre époque trouble : rythme répétitif, nappes de bruit ou nappes planantes, production rêche limite punk (même en électro), lyrics décalés (ou pas de lyrics du tout), tensions, expériences et "danse, danse, danse"... Attention, ces groupes ne sont pas forcément de 2007 et n'aurait pas été les même en 2006. Voici donc mon palmarès perso des albums et des groupes les plus 2007 "du moment" (j'adore ce genre de phrase idiote) :

Can - Tago Mago (1971)
Neu! - Neu! 2 (1973)
Cluster - Zuckerzeit (1974)
Donna Summer - Love To Love You Baby (1975)
Talking Heads - Fear of Music (1979)
PiL - Metal Box (1979)
Throbbing Gristle - 20 Jazz Funk Greats (1979)
Liquid Liquid - Liquid Liquid (1981)
Afrika Bambaataa - Planet Rock (1982)
Psychic TV - Force The Hand Of Chance (1982)
New Order - Power Corruption & lies (1983)
Manuel Göttsching - E2-E4 (1984)
Jesus & Mary Chain - Psychocandy (1985)
Ride - Nowhere (1990)
The Fall - Extricate (1990)
Cocteau Twins - Heaven or Las Vegas (1990)
Primal Scream - Screamadelica (1991)
My Bloody Valentine - Loveless (Novembre 1991)
Pavement - Slanted & Enchanted (1992)
Daft Punk - Homework (1997)
Massive Attack - Mezzanine (1998)
Boards of Canada - Music Has The Right to Children (1998)
Tortoise - TNT (1998)
Playgroup - ST (2001)
Optimo - Psyche Out (2005)
Liars - Drum's Not Dead (2006)
Lindstrøm - It's a Feedelity Affair (2006)
Spektrum - Fun At The Gymkhana Club (2007)
Andrew Weatherall - The Bullet Catcher's Apprentice (2007)
Fujiya & Miyagi - Transparent Things (2007)
LCD Soundsystem - Sound of Silver (2007)
Von Sudenfed - Tromatic Reflexxions (2007)

Ajoutez les vôtres...

 




Le métal et votre cerveau

Posté par 2goldfish le 20.04.07 à 15:11 | tags : metal, news, rigolo, rock

le contre exemple parfaitSi vous me permettez une fois de plus de parler de moi, je voudrais évoquer cette période de ma pré-adolescence où j'étais persuadé d'être un métalleux. Je n'ai jamais adopté le look ni vraiment embrassée l'esthétique, tout au plus ai-je dessiné quelques têtes de mort dans les marges de mes cahiers. Je regardais parfois "best of trash" sur M6 et j'aimais bien Therapy? mais fondamentalement, bien que je l'ignorais encore, j'étais déjà acquis à la pop. J'écoutais surtout des trucs bâtards, avec un peu de grosses guitares et des refrains accrocheurs, ce qui n'était vraiment pas très dur à trouver à l'époque. La raison de cette mascarade, c'est que j'avais envie de faire peur à mon papa, ma maman et tout le collège. Je n'ai pas rencontré un grand succès et je sais aujourd'hui que pour effrayer ma petite ville de province j'aurais mieux fait de me mettre au gangsta rap.

Autre confession : justifiée ou non, j'ai toujours tiré une certaine fierté des capacités de mon cerveau. J'avais des bonnes notes à l'école, j'ai fait le test de Q.I. de M6 et j'ai même passé beaucoup de temps sur le Programme d'Entraînement Cérébral du Dr. Kawashima. Sans que ça ne surprenne personne qui a déjà traversé l'adolescence (ou, vous savez, "lu un article") ces deux phénomènes sont liés : une étude britannique a démontré que les métalleux seraient meilleurs étudiants que les autres.

Etre intelligent, voyez-vous, c'est beaucoup de pression, pas tant au niveau des résultats scolaires que dans les relations avec le commun des mortels, surtout quand les dits mortels sont une bande d'adolescents aux hormones en folie et au savoir vivre douteux. C'est pour évacuer ces pressions que les gamins se mettraient à écouter ces musiques si violentes selon le psychologue qui a mené l'étude. C'est soit ça, soit le headbanging muscle le cerveau. En bref, nous n'apprenons pas grand chose que nous ne sachions déjà. Il serait beaucoup plus intéressant de se voir confirmer quel genre de musique a le plus d'auditeurs stupides, même si on a bien sûr déjà de sérieux soupçons.




The Heights ne décolle pas

Posté par Myosotis le 20.04.07 à 09:58 | tags : uk, rock, myspace
Nouvelle coqueluche de la scène rock anglaise (et du NME en particulier depuis quelques mois), les Heights débarquent prochainement avec un premier album baptisé Toys And Kings, après un passage obligé par une série de singles brûlants destinés à nourrir le buzz. Groupe gallois (un bon point), emmené par un chanteur chevelu dénommé Owain Ginsberg et un classique trio basse-guitare-batterie, les Heights seraient la toute dernière arme du Royaume-Uni, fatale s'il en est, pour dégommer la concurrence américaine et mettre fin à la domination sur le rock couillu de la scène new-yorkaise, The Strokes en tête. Evidemment, vu d'ici, les Strokes n'ont jamais dominé que les magazines de mode, mais ce n'est pas ce que tout le monde croit au Royaume-Uni où on continue à les voir comme le centre d'une scène new-yorkaise riche et variée. Des Heights, après plusieurs écoutes dans des positions variées (attentive, discrète, scrupuleuse, en ambiance) on ne retiendra au final pas grand chose de bon, si ce n'est cette impression de se retrouver une énième fois devant un groupe britannique à impulsion ultradynamique mais, cette fois, fortement attiré par le rock alternatif US. Les morceaux sont tenus à bout de bras par une section rythmique, qui insuffle en même temps qu'une cadence infernale la seule vraie originalité de cette musique : un mélange de punk rock, matiné de ska et de faux rythmes reggae-dub. La voix du chanteur rappelle, en pire, les voix grasses des chanteurs alternatifs américains type Pearl Jam et constitue l'une des principales sources de désagrément ici. Parmi les titres, on retiendra une ouverture désastreuse ("Night Relay") enchaînée sur l'un des titres les plus convaincants du lot : "Jamaica Beer Eyes". Ce démarrage donne le ton d'un album assez inégal et peu discipliné. Les titres lents sont une vraie plaie pour l'amateur de pop ("Sweet Isabelle", "For Real"), alors qu'on peut frétiller sans trop de mal et de honte sur les morceaux enlevés tels que "Morning Rusk" ou "Handlebars".
 

D'une manière générale (à moins qu'on ait raté le sens de cette musique), l'irruption des Heights sur la scène musicale ne devrait donner le vertige à personne. Les Super Furry Animals resteront jusqu'à nouvel ordre, le fleuron musical indie du Pays de Galles. CQFD.

 

www.theheightsmusic.com

www.myspace.com/theheightsuk




The Buoys : Orchestre cinématique

Posté par Maxence le 19.04.07 à 16:51 | tags : électro, label, myspace, pop, rock

Grillo Parlante est typiquement le genre de disque dont on attend rien et qui, dès les premières notes, s'avère... une très belle surprise ! Cela faisait longtemps en effet qu'un album de post-rock electronica ne nous avait pas touché au plus intime, comme c'est le cas dès les premières notes de cet "Absolutely Nothing" qui ouvre le bal. Originaire de la région de Leicester et signé sur le jeune label Bathysphere, The Buoys (quel nom !) est la réunion de Chris Cousin, Stu Smith et Steve Gibbs, tous plus ou moins producteurs de bandes-originales de films, de musique pour installations ou de bandes-sons pour le théâtre; et ce background de professionnels de l'image et du son, s'entend sur Grillo Parlante, croyez moi.

A la fois spatial (l'amplitude des sons) et terrien (une production épurée mais à l'os), ce premier essai s'inscrit dans la droite lignée des early Tortoise ou des moments les plus aériens de, disons... Calexico. L'aspect rythmique cependant, est moins important et surtout moins métronomique que chez les premiers, et les paysages sont plus arides que chez les seconds, mais l'ensemble saute immédiatement aux oreilles, relevé par de discrets petits sons dissonants, des bruits de bulles et des cliquetis d'horlogerie. Orfèvres hors-pairs, Cousin, Smith et Steve travaillent donc leurs mini-symphonies au corps en ne tombant jamais dans la facilité. Mariant electronica et post-rock comme des artistes contemporains, sans ce soucier de sens ou de linéarité. Electronique et minimaliste, mais aussi éloquent, Grillo Parlante se démarque des productions du genre estampillées 12K (le label de Taylor Deupree) à base de drones et de jeux autour du métissage d'analogique et d'électronique. L'ampleur de ces paysages sonores, le jeu de guitare de Chris Cousin par exemple, pourraient presque être s'associés à la musique western (sans la country rassurez-vous, quoique...) et ajoutent un supplément de chaleur aux compositions du trio. La voix magnifique sur "Solar" colore l'ensemble d'une touche de pop rêveuse, tandis que des titres plus cérébraux comme "Ashes", "Balance" ou "Spider" s'enroulent dans des ambiances de films imaginaires. Mais c'est "Wrist" surtout qui nous touche au cœur. Oscillant entre click'n'cut, post-rock noisy et minimalisme, ce titre qui clôt l'album évoque le meilleur de Pan American, avec son battement sourd, traçant un chemin peu usité entre le Berlin de Chain Reaction, le Chicago de Tortoise et la verte campagne de Leicester. Pour peu que vous soyez dans la bonne période, Grillo Parlante peut s'avérer rapidement addictif. Un petit avant goût vous attend d'ailleurs sur leur profil myspace. Allez y jeter une oreille. Signalons également que cette petite merveille n'a pas de distributeur, une honte ! Alors messieurs, vous savez ce qu'il vous reste à faire ?

 

The Buoys - Grillo Parlante (Bathysphere, avril 2007)

 




Amiina : la beauté du Nord

Posté par Kris le 19.04.07 à 13:18 | tags : pop, myspace, électro

Compagnonnes de tournée et de scène de leurs compatriotes islandais Sigur Ros, Amiina sort son premier album Kurr. Après avoir sorti un premier EP Animamina en 2005, et le superbe single "Seoul" en fin d'année 2006, Kurr nous débarque tout juste pour nous emporter dans leurs mirifiques contrées éloignées. Voyage splendide dans un univers cotonneux et volatile, ce Kurr est d'une préciosité et d'une fragilité émouvante. Musicalement riche, même si les structures usitées rejoignent certains lieux communs, la force d'Amiina est de concilier une douce fraîcheur avec une innocence tragique car légère et frivole. Véritable orchestre de chambre, les quatre filles d'Amiina distillent leurs perles aux faveurs d'instruments comme la scie musicale, le clavecin ou tout simplement comme des enfants en passant le doigt mouillé sur un verre en cristal.

 

Plus transcendantes que Au Revoir Simone, plus près du Paradis mais plus loin des nuages que Sigur Ros, Amiina est un marchand de bonheur, de sourires simples et dociles, de ceux qui ne font aucun mal, de ceux que l'on donne et reçoit gratuitement. La beauté simple, candide et sous-jacente d'une musique épurée, aux structures travaillées mais paraissant naturelles et véritables. Authentiques et sincères. Finies les premières parties de Sigur Ros, les filles d'Amiina déploient désormais leurs ailes d'anges pour voler par leurs propres moyens. Et ce Kurr n'est que le premier haricot planté qui monte jusqu'au ciel. Délicieux.

 

Amiina - Kurr (Bláskjár, mars 2007)

 

Amiina en écoute sur leur Myspace




SJ Esau : Cat food ont the floor, And I've been like this before.

Posté par 2goldfish le 19.04.07 à 10:02 | tags : pop, myspace, folk

Anticon fait une exception dans son catalogue habituellement hip-hop ou électro pour accueillir SJ Esau, un pote de Why? parait-il, qui donne dans la *post-folk indietronica* (pour ceux qui n'ont pas le son chez eux, j'ai toussé en disant ça). Pour être plus clair, on entend dans l'album Wrong Faced Cat Feed Collapse un peu de post-rock façon A Silver Mt. Zion, toujours prêt à partir dans une envolée klezmer bordélique où à rameuter des cuivres tout juste sortis du caniveau, et une base folk souvent agrémentée de boucles et d'autres sons trouvés non-identifiables.

 

Vous pouvez tenter de vous faire une idée avec ce que je viens de vous dire, ou de vous inspirer de la pochette (ici à notre droite) qui évoque assez bien l'ambiance du disque, celle d'un folk urbain, bricolo et légèrement barré. Vous pouvez aussi aller écouter "Cat Track : He Has No Balls" sur Myspace.

 

Ce que vous n'entenderez peut-être pas et que vous n'imaginerez pas forcément non plus, c'est que malgré toutes ces idées (une dizaine par morceau, au bas mot) SJ Esau est parfois un peu faible côté songwriting. Il se perd souvent dans ses expérimentations sonores et s'il montre un certain talent mélodique par moment, il peine a l'exploiter et on se perd souvent au milieu de l'album. Si on s'accroche pourtant, on peut entendre quelque chose qui ressemble à un grand potentiel. A surveiller, donc.

 

SJ Esau - Wrong Faced Cat Feed Collapse (Anticon/Differ Ant, mars 2007)




Kate Wax : Electro Diva

Posté par Maxence le 18.04.07 à 18:11 | tags : pop, myspace, électro

Le premier titre sur son précédent album s'appelait "Beetles And Spiders". Je sais c'est facile, mais cela résume assez bien l'univers de Kate Wax. Des bestioles et des araignées, la brune helvético-tibétaine à la voix de soprano en a plein sa musique en effet. D'ailleurs, elle cultive même un petit côté "araignée" elle-même, si vous voyez ce que je veux dire. Pour peu que vous n'y preniez garde, elle vous prend dans ses raies et ne vous lâche plus. C'est du moins l'effet qu'avait produit sur moi l'inattendu Reflections Of The Dark Heat, son premier album paru sur l'excellent label Mental Groove (voir notre chronique de Crowdpleaser & St Plomb) en 2006. Inattendu parce que complètement inconnu à l'époque et doté d'une pochette peu attractive, la belle n'a pas eu de mal à totalement m'envoûter avec une poignée de titres. Là où cela se complique c'est que la miss, en plus d'afficher un éclectisme forcené en matière de production (même si elle reste toujours dans le domaine électronique), semble aimer la difficulté. Pour preuve, la distribution anarchique de ce nouveau projet en forme de triptyque. Résumons rapidement : The Dark Heat Collection II sort en même temps que The Dark Heat Collection I (jusque là c'est logique), mais ce dernier est uniquement disponible en téléchargement. L'opus II (celui dont il est question ici) est trouvable chez tous les bons épiciers en CD, et il existe également un troisième CD, uniquement distribué pendant ses concerts. En bref, acquérir l'intégrale de Kate Wax revient un peu à partir à la chasse, mais on ne lui en veut pas tant son univers vaut le temps perdu à traquer ses productions.

 

Kate Wax a un don unique pour poser ses atmosphères. Naviguant constamment dans les eaux troubles de la production électro actuelle ; à la fois sensuelle et froide, elle est également à l'aise dans une gamme d'expressions étonnamment large.The Dark Heat Collection II, est un peu particulier. Elle y offre une sélection d'inédits et de remixes signés Roman Flügel, Ellen Allien & Apparat, St. Plomb ou Kalabrese, autant dire pas des chochottes. Et l'ensemble met en relief son talent autant qu'il en renouvelle l'intérêt. Sur "Beetles And Spiders" par exemple, Flügel privilégie les brisures et les sauts de rythmes, tout en incluant de petits glouglous et des riffs industriels parfaitement en phase avec les lyrics un brin décadent de Wax. "Cash On Time" remixé par Dave The Hustler la voit développer un flow proche du hip hop pour une track bitchy qui sait rester electronica. Le sommet de l'album est certainement la version minimale électro disco de Kalabrese sur "Scream And Shoot" et l'autre totalement hypnotique tout en nappe et mélodie subliminale d'Allien & Apparat, sur le décidément plébiscité "Beetles And Spiders". Mais la moitié de Suissesse étonne également sur "Killing Your Ghost" un inédit presque gothique électro, "Who Can Tell", une ballade acoustique new wave et "Catch The Buzz" un titre aérien capturé live, totalement expérimental tout en restant profondément mélodique. De la techno minimale, au pseudo hip hop, en passant par l'electronica, le break beat downtempo, les bricolages low-fi, voire franchement pop.

 

Bon, vous l'avez compris, Kate Wax est une valeur sûre et elle le restera. Elle a bien trop de classe, de personnalité et d'intelligence pour déraper comme l'a fait une autre diva électro, j'ai nommé Björk Gudmundsdottir, du moins, on l'espère. Pour vous en assurer, allez jeter une oreille (et un coup d'œil, des clips sont offerts) sur le profil myspace de la demoiselle, elle y propose d'autres titres inédits et de nombreuses surprises, dont l'excellent remix d'Ellen Allien & Apparat.

 

Kate Wax - The Dark Heat Collection II (Mental Groove/La Baleine, mars 2007)




La Rage comme au bon vieux temps

Posté par Kris le 18.04.07 à 14:46 | tags : fusion, news, politique, rock

Après The Police, Genesis, The Jam sans Paul Weller ou encore les Smashing Pumpkins sans James Iha, les reformations ne paient pas forcément de mine en ce moment. Pourtant, une en particulier nous fait presque saliver d'avance (pour les fans) ou bien attisera les curiosités (pour les moins fans), celle de Rage Against The Machine. Perdus dans un projet Audioslave peu convaincant, Tom Morello, Brad Wilk et Timmy C voient le retour de leur comparse et figure emblématique de Rage Against The Machine, Zach de la Rocha en ce début d'année. Annoncés sur l'affiche de la prochaine édition du festival de Coachella (Californie) qui essayait de les convaincre de les faire jouer sur scène depuis un bon moment déjà. Motivés pour des raisons politiques à rejouer ensemble, Rage Against The Machine revient sur le devant d'une scène en enjambant une fois de plus leur cheval d'arçon favori : "Est-ce une coïncidence si, en sept ans d'absence de Rage Against The Machine, le pays ait glissé dans un purgatoire de droite ? Je ne pense pas. Bush dans sa chute, et nous espérons bien mener à bien cette tâche" déclare Morello. Engagé et volontaire, Rage Against The Machine fut l'une des plus grosses bombes sonores de la décénnie passée, politiquement sans équivoque, intègre et musicalement impressionnant. Rage Against The Machine, avant, c'était ça :

 

Know Your Enemy (Mexico, Octobre 1999)

 

Le 16 avril, la première apparition du groupe (ici, juste Morello et De La Rocha) depuis le split en 2000, à Chicago. Surprenant. Fini les dreads, fini le sautillement incessant de la sauterelle en furie, un set acoustique mais non moins intense. On retrouve Morello et surtout Zach De La Rocha. Moins explosif, mais plus corrosif, De La Rocha se veut désormais prêcheur de son message, de son dessein de justice sociale, debout sur scène, accompagné par une simple guitare, Rage Against The Machine is back. Différent. Mais tout redevient comme avant. Ils nous avaient manqués.

Bulls On Parade (Chicago, Avril 2007)



C86, C81, C06 Go !

Posté par 2goldfish le 18.04.07 à 10:07 | tags : mp3, pop, rock, uk, web

Sur Playlist on dit rarement du bien du magazine anglais NME qui vu d'ici, ressemble à un équivalent musical de "Choc" ou "Guts". Régulièrement, le NME invente des "mouvements" et des "nouveaux Beatles" ou pire des "nouveaux Oasis" pour vendre du papier. En ce moment, c'est "new rave", soit la continuation du mouvement dance-punk d'y a deux ans mais avec un autre nom.

Pourtant dans un passé qu'il ne se prive pas de rappeler sans cesse, le magazine anglais a été très bon au moins une fois avec la légendaire cassette C86. J'étais pour ma part bien trop jeune pour connaitre cette période là, mais le NME aurait fait un sacré coup en 1986 en rassemblant sur une cassette offerte avec le magazine toute une génération de groupes britons indépendants et intéressants dont on se souvient encore aujourd'hui (et si vous pensez que les cassettes c'est mignon, dites vous qu'ils n'avaient pas abandonné l'encore plus adorable "flexidisc" depuis longtemps). Ca parait bizarre aujourd'hui, mais avant Myspace, les mp3blogs et tout le reste, une compil' dans un magazine pouvait vraiment changer quelque chose.

Comme moi donc vous avez probablement entendu parler de la chose sans jamais l'avoir entendu, et comme moi vous allez pouvoir y jeter une oreille grâce au blog indie-mp3C81, une tentative de C06...). Pas mal de mythes sont égratignés au passage : si on se souvient tout de même un peu de qui propose l'intégralité de cette cassette en téléchargement, ainsi qu'un tas d'autres artefacts mineurs (la cassette Primal Scream, The Wedding Present et The Pastels, la plupart des autres groupes présents sont depuis longtemps retombés dans l'anonymat et d'autres dont j'aurais juré qu'ils y étaient comme The Jesus and Mary Chain brillent par leur absence. Et puis il n'y a pas grand chose de bien "twee" dans tout ça : la pop anorak ne naîtrait vraiment qu'un peu plus tard.

L'écoute n'en est évidemment que plus instructive, et bien plus intéressante que le nouveau projet du NME, un énième tribute à Sgt Pepper par les groupes les plus pénibles d'Angleterre (Oasis en tête) qui fera suite à "Sgt Pepper knew my father", vieille compil' déjà mauvaise que le magazine veut ressuciter dans son souci constant d'entretenir sa propre légende (ce à quoi nous contribuons évidemment, nous qui sommes par ailleurs tellement irréprochables).




Gabriel Ananda : Coup de bambous

Posté par Maxence le 17.04.07 à 17:45 | tags : électro, myspace

"Attention talent !" comme ils disent à la Fnac (quelle horreur !). Si à la première écoute, la techno de Gabriel Ananda semble plutôt classique, avec un peu de concentration il devient vite évident que l'Allemand recèle des trésors de subtilité, un sens inné de l'hypnose, une deepness toute personnelle et surtout des moments totalement magiques, justement parce que fondu dans un classicisme apparent. Découvert sur le double Trallafitti de Tobias Becker et son label Platzhirsch, ainsi que sur le Trapez 5 de Richard Riley Reinhold (aka Triple R), Ananda fait partie de ces producteurs ambitieux qui se donnent pour modèle des pointures comme Ricardo Villalobos ou Richie Hawtin. Pourquoi viser modeste en effet, quand on peut s'aligner sur l'art des plus grands ? Et sur son Bambusbeats, force est de constater que le bonhomme n'est pas loin de rejoindre ses modèles. Là où Hawtin fait entièrement confiance aux machines et aux samples, là où Villalobos expérimente constamment de nouvelles structures rythmiques, Ananda lui, remet son destin entre les mains des divinités africaines. Moins mélodique que ses précédentes productions, Bambusbeats en effet, est constamment sous-tendu par cette polyrythmie issue du berceau de l'humanité : un groove basé sur des claquements secs et brefs (l'effet "bambou" quoi), avec, en fond, de puissantes basses, qui rendent le tout terriblement organique et vraiment prenant. C'est particulièrement évident sur des titres comme "Bambus", l'étonnant "Take One" presque jazz ou l'hyper trancey (dans le sens "vous ne résisterez pas" et "personne ne sortira d'ici vivant") "Trommelstunde".

D'un autre côté bien sûr, l'album n'est pas dénué de petites faiblesses. La production aurait demandé un peu plus de relief sur "Jojo" ou "Lamakova" pourtant très beaux. "De moindres défauts" direz-vous, et vous avez raison. Après tout c'est un premier album et il en va de ceux-là comme des premiers romans, l'auteur se cherche, tente, expérimente. Parfois Ananda se perd, mais quand il se trouve ça fait mal. Vraiment mal ! Pour preuve écoutez ce "Blauer" aux accents dubby, tout en rythme cassé et en basses énooormes, on jurerait entendre Villalobos sur "Fizheuer Zieheuer" (Ananda reprend d'ailleurs l'idée des cuivres, en y ajoutant un soupçon de rythme latino et surtout en le rendant écoutable/supportable pour le commun des mortels en le concentrant sur 6 minutes). "Offbeat" dans le genre hypnotique se pose là également, avec un feeling directement issu de Detroit sur les 5 dernières minutes. Autre grand moment, "Edge" relevé d'une pointe d'acid incitant au voyage intérieur, "Sweet Decay" tout en accélération et en nappes profondes. Carrément psychédélique ! Et surtout, surtout, "Take Off". Rarement track aura autant mérité son titre, porté par un réacteur d'avion et une avalanche de basses, ce morceau c'est le décollage garanti, remboursé sur facture (c'est bien simple, si ça ne le fait pas, renvoyez le disque à Fluctuat, on vous le rembourse !) Une folie de fin de soirée, juste avant l'évanouissement. Pétage de genou obligatoire, de quoi "claudiquer sur le dancefloor" pour le restant de vos jours, promis ! Allez-y, mais alleeeeez-y, sur le profil myspace du bonhomme ! Il y présente ce monstrueux "Take Off" justement, "Sweat Decay", "Offbeat" et "Lamakova", vous pourrez donc vous faire une idée par vous-même. (Play loud !)

Gabriel Ananda - Bambusbeats (Kamarouge/La Baleine, avril 2007)




En cuisine avec Martin Dosh

Posté par LovelyRita le 17.04.07 à 15:12 | tags : électro, myspace, youtube
Ah, Anticon, après la folk hip hop de Why?, tu nous as bercé avec l'électro soignée de 13 & God, tu nous a aussi envoyé SJ Esau dont on parlera très prochainement ici et Martin Dosh dont on va parler maintenant. Récemment vu sur la scène de la Maroquinerie pour accompagner Andrew Bird, Martin Dosh a non seulement surpris une grande partie du public, plutôt pop qu'électro, mais en a aussi séduit quelques uns avec sa musique de studio mobile. Une musique ludique et multicouche où percussions, boucles hypnotiques et claviers aux accents free jazz font bon ménage. Pour en témoigner, une vidéo en split screens (un peu ludique aussi) où chaque prise de vue correspond à un instrument/machine en particulier. Le titre à écouter en priorité (à mon humble avis) c'est "Circles and Squares", dispo sur son myspace.
 



Ipod vs. Stradivarius

Posté par 2goldfish le 17.04.07 à 10:06 | tags : à lire, classique, ipod

Intéressante expérience menée par le Washington Post : le journal a demandé à Joshua Bell, violoniste virtuose, de jouer de son Stradivarius hors de prix pour ce qui est probablement (avec les rockeurs bordelais) le pire des publics. Bell a en effet donné gracieusement un petit concert aux usagers du métro en route pour le boulot un matin de semaine. Partant de l'idée que des pièces de Bach ou Schubert pouvaient être considérées d'une "beauté objective", le Post a voulu mettre à l'épreuve notre capacité à apprécier la beauté hors de tout contexte. Bien sûr, l'immense majorité du "public" de Joshua Bell l'a simplement ignoré et il n'a pas vraiment été plus populaire que l'accordéoniste alcoolique moyen ne l'est dans nos rues. Les journalistes du Post en tirent un article plutôt intéressant (bien qu'un poil trop long) illustré de plusieurs vidéos, dans lequel ils ruminent sur l'importance de la présentation de l'art et sur la déshumanisation de notre société de robots toujours pressés etc... Vous pouvez allez le lire, je vous attends.

L'article soulève un point tout à fait valable bien qu'un peu éculé, mais passe trop de temps à déplorer la déchéance de l'homme moderne pour voir l'évidence qui leur pend sous le nez. Ils arrêtent un type à la sortie du métro qui est passé devant Bell sans le voir ou l'entendre puisqu'il était en train d'écouter son iPod. Tragédie de la modernité pour le post, tous ces ipod qui nous isolent du monde. Pourtant le type écoutait "Just Like Heaven" de The Cure (coïncidence incroyable qu'ils tombent sur un type qui écoute de la bonne musique !). Evidemment un enregistrement qu'il aurait pu réécouter plus tard ne pèse pas lourd comparé à l'occasion unique qu'il vient de rater. Une occasion unique justement, tout à fait artificielle, qui finalement ne pèse peut-être pas si lourd dans la balance entre une vie de transport en commun autrement parfaitement laide et ces petits moments de beautés qu'un ipod peut mettre quotidiennement dans notre vie. Vaut-il mieux passer à côté d'un seul moment exceptionnel comme celui-ci ou bien garder toute sa vie ses oreilles ouvertes au rugissement du métro juste au cas où un violoniste virtuose passerait par là ?

Ce que le Post refuse de voir, c'est que si nous avons perdu notre capacité à apprécier la beauté, ce n'est pas parce que nous nous activons industrieusement comme des fourmis en permanence mais plutôt par la dévaluation inévitable d'une "beauté" surabondante. Avant même l'avènement de l'interweb, la plupart d'entre nous avait accès à plus de "culture" et de "beauté" qu'aucune génération précédente. Mince, on trouve même des concerts de Joshua Bell au milieu des articles du Post ! Notre véritable problème est peut-être un problème d'information : savoir quoi, où, quand regarder ou écouter dans tout cet art qui envahit notre espace privé. Et savoir quand fermer les yeux et les oreilles. Dans ce contexte, le métro semble le premier endroit où un homme sensé devrait commencer à ignorer le monde qui l'entoure.




Abe Duque : Good shit, friends and whisky

Posté par Maxence le 16.04.07 à 18:10 | tags : ambient, électro, myspace, rigolo

Les gens s'imaginent souvent (à tort) que les musiques électroniques sont soit dédiées à la danse extatique, soit aux recherches prise de choux d'une bande de laborantins faisant joujou au milieu de leurs machines. Tout faux ! Les musiques électroniques c'est aussi du fun, de la déconne, un grand hurlement à la face du ciel une nuit de pleine lune et une bande de fêtards débraillés au milieu d'un champ de blé (je parle de la plante hein. Mais ça le fait aussi quand c'est en papier, bref...) Ça tombe bien parce qu'Abe Duque est de ces personnalités électros foutraques qui chérissent la fête, les amis, les bons moments et le whisky. Et sur The Answer Is Always Yes (un titre affirmatif comme on les aime, synonyme de "biture dans les grandes largeurs") ça se sent fortement ! Mais présentons le projet : The Answer Is Always Yes est le fruit des Rancho Relaxo Allstars, soit la rencontre d'une bande de copains, en l'occurence ceux d'Abe himslef. Désireux de redonner au monde de l'électro le vrai sens de la fête la plus débridée, occasion d'expérimenter sans être chiant et de faire d'une simple soirée un véritable évènement, Abe organise en 1994 les premières "Rancho Relaxo". Ces manifestations se tenaient au Limelight Club de New York, lieu fameux pour ses fiestas dégénérées, mais je m'égare (hic). Là, Abe invitait de nombreuses personnalités de la musique, accompagnées d'une de leur machine, et leur proposait de littéralement, "boeufer ensemble". Le Rancho Relaxo Allstars est donc le fruit de ces réunions mensuelles. Un supergroupe réunissant des personnalités fortes et issues de milieux variés comme Jason Szostek, Jimmy Tenor, Mika Vainio (de Pan (A) Sonic), Dietrich Schoenemana ou John Selway (pour n'en citer que quelques-uns). Une sélection plutôt contrastée, donc. Et The Answer Is Always Yes sonne comme on peut l'attendre d'une telle réunion : exactement comme on ne l'attend pas justement ! Et c'est un vrai bonheur.

Ambiant loufoque, electronica mélancolique, psychédélisme à la The Orb première période (souvenez-vous "Little Fluffy Clouds"), électro country relax sur rythmes downtempo, lounge taré et space-junk, cet album des Rancho Relaxo Allstars est un véritable ovni. Absolument pas un album à danser et ça, c'est aussi une bonne nouvelle. Cela n'empêche pas Abe Duque et ses copains de bien rigoler et nous avec, comme sur ce "BPMF's Stupid Ambient Interlude" ou la reprise spectral des "Feuilles Mortes" de Barbara) qu'on dirait tout droit sorti d'une B.O. de David Lynch pour l'occasion (A noter que plus loin, "Home Of The Range", une ballade de rancher électro chantée au vocoder (si si) pourrait d'ailleurs être interprétée par Julie Cruise, la chanteuse de Twin Peaks). Sur d'autres morceaux comme "I Wanna Be A Cowboy" les Rancho boy's se la jouent dub, pur toast et basses rebondies, tandis que le triptyque "Imaginary Friendster", "Wild Strawberry Fried Rice" et "Contemplative Contention" s'amuse à déjouer les clichés de l'ambiant music, avec spoken words, couinements, gémissements pornographiques, rires idiots et perte complète de repères. "Cowboys" quant à lui s'installe comme une track clairement électro dans une veine oldschool mais brillante, tout comme "Beat On Qaaludes" (quel titre !) dans une veine plus psyché. Bref, tout ce petit monde s'amuse bien et l'auditeur n'est pas en reste. Vraiment le concept du Rancho Relaxo Allstars donne envie. Une leçon de plaisir et de créativité vendue avec du rire en boîte, c'est tellement rare aujourd'hui que cela ne se refuse pas, non ? Allez donc jeter une oreille sur le "Cowboy Remix" nettement plus dancefloor, "I Wanna Be A Cowboy" et "Home Of The Range" sur le myspace de ces rigolos que rien n'arrête.

Abe Duque present : Rancho Relaxo Allstars - The Answer is Always Yes (Abe Duque Records/Nocturne, avril 2007)




Activités musicales dans ma Salle de Bain.

Posté par Maxence le 16.04.07 à 12:34 | tags : agenda, ambient, électro, live

Les amateurs d'expériences sonores, d'ambiant électronica, de paysages électroniques, de laptop music atmosphériques et d'installations avant-gardistes, seront certainement intéressés d'apprendre que La Salle de Bain, un espace dédié à l'art contemporain au coeur du vieux Lyon, reprend la diffusion de ses fameux concerts au casque. Résumons rapidement l'idée pour ceux qui ne connaissent pas : le kiosque à musique de la Salle de Bain est un concept immersif, une nouvelle façon d'aborder l'écoute musicale dans un environnement inédit. Un petit nombre d'auditeurs est invité à écouter une oeuvre électronique ou électroacoustique dans un musée, une galerie passante, un parc ou un lieu excentré sur un festival, tandis que l'artiste, enfermé dans une sorte d'aquarium relié à l'extérieur par des casques audios, interprète sa musique. Parmi les artistes invités ces dernières années, les plus chanceux ont pu apprécier les prestations de Robert Hampson (Main), Sebastien Roux (12K), Greg Davis (qui a inauguré le dispositif), Anne Laplantine, Ultra Milkmaids, Servovalve ou Vincent Epplay. La saison 2007 qui commence du 17 au 28 avril à la Bibliothèque Municipale de Lyon aussi, propose quant à elle : Atone, Bidibop, Dj Elephant Power, Sun OK Papi K.O. (deux projets solos de Scratch Pet Land, Sonig Records), Louïs 2000, Olivia Louvel (mantra electronique), My Name Is Nobody (folk à la Will Oldham), Pokett (folky pop), Thee, Stranded Horse (deux projets folk et mantra country joué à la Kora - instrument africain), Tsé (electro dub à la basic channel). Un très beau programme à ne pas manquer donc, d'autant que c'est entièrement gratuit.

Par le biais de son programmateur Stéphane Fransioli (frz), La Salle de Bain invite aussi le public à découvrir des oeuvres originales en co-production avec des structures culturelles lyonnaises. En ce moment c'est une création sonore de Jean-Louis Prades (Imagho) et frz (Stéphane Fransioli), toujours à la Bibliothèque Municipale de Lyon, du 1er avril au 9 juin. Entrée également gratuite.

Infos et extrait :
http://aspicrecords.com/blog/
http://www.lasalledebains.net/




Windmill, le dernier souffle de l'air du temps

Posté par 2goldfish le 16.04.07 à 10:06 | tags : pop

Le retour de bâton ne devrait plus tarder. On a encore dit beaucoup de bien du dernier Arcade Fire, The Avalanche et le coffret de Noël de Sufjan Stevens ont été jugés avec l'indulgence qui convient à ce genre de détours inconséquents mais on commence à justement se plaindre des horreurs commises dernièrement par les vieux The Flaming Lips, Mercury Rev et Dave Fridman au nom d'un son toujours plus imposant. Il va bientôt être temps de cracher sur tout ça et de trouver autre chose. Quand la musique des artistes qu'on aime commence à s'entendre dans des pubs pour automobiles et chez de jeunes groupes sans une seule idée originale, ce n'est pas désobéir au commandement "Thall shalt not stop liking a band just because they’ve become popular" que de se lasser. C'est juste que hé, les gens changent, les temps changent et tu ferais bien de te mettre à nager ou tu couleras comme une pierre.

On en n'est pas tout à fait là cependant. Windmill a beau ressembler au premier coup d'oreille et avoir beaucoup trop écouté Mercury Rev, jusqu'à l'imitation (en plus nasillarde) de la voix de Johnathan Donahue, et ne jamais chercher à nous défaire de cette première impression, son premier album Puddle City Racing Lights reste suffisamment frais et globalement bien intentionné pour qu'on ne s'offusque pas de cette parenté. L'originalité du disque se trouve seulement dans le choix et le dosage de ses ingrédients (beaucoup de piano, des hymnes post-Arcade Fire autour du thème du voyage...) que dans ces ingrédients eux-mêmes. Mais George W. Bush est toujours président, la guerre continue toujours en Irak et Tony Blair lui aussi est encore là (parce que, malgré toutes ces influences américaines, monsieur Windmill est bien britannique. Même Ben Laden court toujours, ou du moins autant qu'il y a cinq ans et tous ces ingrédients gardent leur pertinence : nous sommes de pauvres êtres fragiles pris dans une société déshumanisée menée dans une guerre injuste par des dirigeants qui nous mentent, alors chantons tous ensemble pour faire semblant d'être une famille, ou tout au moins une société.

Tout ça est encore très bien pour l'instant, mais combien pariez vous qu'un groupe punk quelque part est en train d'écrire un brûlot qu'ils appeleront Barack Obama ?

Windmill - Puddle City Racing Lights (Melodic/La Baleine, avril 2007)

www.myspace.com/windmillband




Le gospel désespéré de Mark Lanegan

Posté par LovelyRita le 14.04.07 à 17:03 | tags : news, rock, vidéos musicales, youtube

Ex-leader des Screaming Trees, chez les Queens Of The Stone Age, compagnon de voix d’Isobel Campbell, Mark Lanegan avait-il besoin de rajouter une nouvelle ligne sur son CV déjà imposant ? Quoiqu’il en soit, Lanegan a été recruté par Soulsavers. Sur le deuxième album de ce duo de producteurs, It's Not How Far You Fall, It's The Way You Land, l'ex-QOTSA assure une majorité des parties vocales. Ouvrez vos cages à miel car le résultat, du moins sur le titre Revival est tout bonnement sublime…

 




Sunkissed : I'am on a norvegian radio

Posté par Maxence le 13.04.07 à 17:19 | tags : disco, électro, funk, psychédélique, radio

En matière de groove déviant, la réputation de la Norvège n'est plus à faire. Après le succès d'estime (voir planétaire pour certains) de Lindstrøm, Prins Thomas, Skatebaard, Todd Terje et consort, il est difficile de faire l'impasse sur la vague de chaleur qui sévit dans la partie nord de l'hémisphère. Certains mettent ça sur le compte des bouleversements climatiques subis par notre planète mais il semblerait en fait qu'une émission de radio animée par les membres du label Smalltown Supersound, basée à Oslo, soit en train de salement réchauffer la température des fjords du coin. Comme l'était le "Mexican Radio" des Californiens de Wall of Voodoo en son temps, Sunkissed l'émission (podcast inside), est devenue un point de repaires incontournable pour les fêtards perdus dans les froides nuits polaires. Managée par une bande de spécialistes en détournements sonores menée par G-HA et Olanski, Sunkissed est un peu à la Norvège ce que Beatinspace est à l'axe Glasgow/New York. Mélangeant allègrement afro-beat, rythmes baleariques, krautrock, néo-disco, soft-rock dégénéré et funk torride, ces trublions font la pluie, et surtout le beau temps, dans le pays où les nuits durent six mois. Et on se dit que si elles durent aussi longtemps, les fêtes doivent forcément, suivrent. Accrochez-vous !

Dès les premières notes d'un "Candlelighted" oscillant entre kosmische (comprendre "krautrock cosmique") et psychédélisme, ce Sunkissed CD mix annonce la couleur : nous sommes face à des extrémistes rendus fous par l'absence de clarté solaire ! Des fanatiques du groove, des malades du rythme, des hystériques de la danse en climat non-tempéré. Sunkissed est une excellente carte de visite de l'émission (et des soirées attenantes) puisqu'on y retrouve tout ce que la Norvège, la Suède et la Finlande font de mieux en matière de musiques rythmées, de Bjørn Torske à Prins Thomas, en passant par Mungolian Jet Set's (quel nom !), Mental Overdrive, Lindstrøm bien sûr et Todd Terje. Mais c'est surtout à partir de la moitié du mix que l'ensemble prend forme et que la transe s'installe. Cavalcade de bongo, pulsations primitives et cow bells sur "Kosmetisk" de Magnus International, basses hypnotiques sur "A Blast of Loser" du pape Lindstrøm (Mungolian Jet Set's remix) mais surtout orgie disco sur "Come out, Come Down, Fade Out, Be Gone" des fabuleux 120 Days (ce que le kraut-funk fait de mieux dans son genre), "Original Material" de Mental Overdrive et "Do Worry" de Telex (Lindstrøm mix). Pas prudent pour un sou, les nordiques mettent carrément le feu à la baraque ("must be the moon") ! Mais on leur a parlé de la fonte des glaces à ces gens ? Terroristes !

www.smalltownsupersound.com
www.myspace.com/smalltownsupersound

Various Artists - Sunkissed (Smalltown Supersound/Differ-Ant, mars 2007)

 

 




Libertines, histoire d'un soir

Posté par Myosotis le 13.04.07 à 14:03 | tags : news, pete doherty, rock, uk
Le mouvement anti-Libs qui officie dans les murs de Fluctuat (et empêche un suivi en temps direct des aventures de Pete Doherty) ne pourra, cette fois, faire l'impasse sur cette nouvelle strictement MUSICALE : les Libertines se sont reformés. Ca s'est passé le 12 avril sur la scène de l'Hackney Empire de Londres, où Doherty donnait son second numéro d'un spectacle baptisé "An Evening with Pete Doherty". Le journaliste du NME raconte l'événement avec des larmes dans ou sur la plume. Les commentaires des heureux veinards qui se trouvaient dans le public ce soir-là sont tout aussi élogieux et ravis. Après une première partie solo, Doherty annonce, sourire aux lèvres, l'arrivée de "Monsieur Carlos Barat", avant de se raviser et toujours plus rigolard de taquiner son public en lançant : "Je déconnais. Qu'est-ce que vous vouliez de plus pour 25 livres ?". Extinction des feux. Rallumage des loupiotes et là, dans un halo doré, entrée en courant de Carl Barat sur scène, sapé d'un élégant costume Dior.

La suite se passe de commentaires (le concert est déjà en ligne sur le net et vaut vraiment le coup d'oreille) : les Libertines reformés jouent 13 titres, ça ne s'invente pas, dont "What A Waster" en ouverture, "Time For Heroes", "What Katie Did", "The Delaneys" en sortie de scène, ainsi qu'une version courte mais pleine d'émotion de leur excellent "Can't Stand Me Now" (la chanson qui met en scène leur désamour), sous les yeux attendris de Kate Moss, bien sûr. Le journaliste du NME note que les deux hommes ont aussi joué le single "Albion", originellement composé pour les Libertines et finalement sorti sur le premier album des Babyshambles après la scission.

Sans qu'on sache si cette reformation (ou réunion) est une histoire d'un soir ou faite pour durer, ni si elle est susceptible de modifier les calendriers respectifs de Doherty et Barat (chacun est en studio ou en passe d'y entrer avec son groupe) pour l'année 2007, le concert du 12 avril est une excellente nouvelle musicale. Qu'on pense ce qu'on veut de l'importance historique des Libertines sur la musique des ces 7 dernières années, l'écoute de ce best-of live 2007 suffit à convaincre les plus rétifs que le duo a laissé derrière, à défaut d'une trace ou d'une oeuvre, un paquet de très très bonnes chansons.




Gudrun Gut, c'est un nom allemand (je crois)

Posté par 2goldfish le 13.04.07 à 10:19 | tags : dailymotion, électro
Notre bien aimé Maxence a eu la générosité de m'envoyer une enveloppe bourrée de CD promo récemment. C'est qu'il en a plus qu'il ne peut en écouter parce que tout le monde l'aime, alors que moi chaque matin ma boîte aux lettres est vide (parce que, vous l'aurez compris, personne ne m'aime). Bref, Maxence est très gentil donc, mais à l'écoute de certains de ces CD, il est évident qu'il y a eu une erreur de casting. J'aime bien l'album I Put A Record On de Gudrun Gut par exemple, mais je manque vraiment de vocabulaire pour parler de cette musique. Je pourrais m'en tirer en invoquant la comparaison avec Ellen Allien que j'ai lue je ne sais plus où, le featuring de Matt Elliott qui en jette sur une reprise de Smog (le magnifique "Rock Bottom Riser"). Oh et puis son passé chez Einstürzende Neubauten le fait plutôt pas mal aussi dans le genre, mais bien vite j'en serais à employer des adjectifs genre "physicalité" ou même à parler d'un "je ne sais quoi" et vous vous rendriez bien vite compte que je ne sais absolument pas de quoi je parle. Fort heureusement pour moi, il y avait sur le CD cette vidéo envoûtante, pleine d'une physicalité reptilienne et d'un sens tout allemand de l'électro semi-abstraite très nineties (là j'improvise vraiment).

Regardez et écoutez donc cette vidéo si vous ne comprenez pas plus que moi ce que j'écris
 
 
Gudrun Gut - I Put A Record On (Monika Entr./La Baleine, avril 2007)



Dominik Eulberg : Drôle d'oiseau

Posté par Maxence le 12.04.07 à 17:57 | tags : électro, myspace, techno

Décidement la musique de Dominik Eulberg met la tête à l'envers. Relisez ce que j'écrivais à son propos il y a six mois, et essayez d'y trouver un sens ? Une dizaine de lignes peut-être, réussissent l'exploit d'être à la fois compréhensibles et en phase avec ce nouvel album de l'Allemand champêtre : "la techno comme sa consoeur psychédélique avant elle, ne participe pas uniquement à exacerber le plaisir physique et l'hédonisme dans la danse. C'est aussi pour beaucoup, l'expression cosmique à échelle humaine du rythme de l'univers. D'un côté, le chaos primordial, de l'autre, le monde nouveau des machines en expansion." L'introduction est idéale, tant il est difficile de séparer l'œuvre de Dominik Eulberg de l'idée primitive de nature en communion avec l'humanité et ses machines. Doctorant en biologie, en géographie et en géologie et ancien garde champêtre, ce jeune DJ/producteur allemand natif du Westerwald (région boisée de l'Allemagne située entre Cologne et Francfort) poursuit depuis quelques années, l'idée d'une techno originelle, celle du rythme primordial. En exploitant les bruits naturels de sa région natale Eulberg est l'artisan d'une vraie techno dans ce qu'elle a de plus rigoureux, mais dont les angles sont adoucis par notre mère nature.

Mais Dominik Eulberg, qu'on imagine tout de même sévèrement allumé, semble également doté d'une sensibilité hors du commun et d'un solide sens de l'humour. Sur son nouvel album Heimische Gefilde ("biotope" en français), il impose son univers sonore totalement original, tout en désamorçant le sérieux de la plupart des concepts albums. L'Allemand y réunit douze de ses meilleurs maxis parus chez Traum à la manière d'un encyclopédiste naturaliste techno : en introduisant chaque titre par un laïus pédagogique autour d'une espèce animale (voir l'inénarrable "Rotbauchunken von Tegernsee", ou "Grenouille rouge du lac Tegernsee" en VF). Malgré les difficultés de compréhension et de mémorisation inhérentes à l'allemand (allez-vous vous souvenir d'une track comme "Klangteppichverleger Wolle" !), les passages parlés font office de sas de décompression. Comme de courtes pauses dans l'hypnose, avec émission de gaz hilarant et sourire à l'avenant. Un interlude qui s'avère nécessaire tant, sur le reste de l'album, la densité des morceaux mérite une concentration maximum. Avec ce Heimische Gefilde, Dominik Eublerg est à la "wild life techno" ce que Richie Hawtin est à la "dark urban minimal". L'Allemand conjugue en effet toutes les qualités du Canadien (rigueur, subtilité des progressions rythmiques, deepness, beat millimétré), avec l'humour et un sens profond de la poésie en plus (il faut écouter les petites ritournelles qu'il amène subtilement, c'est imparable). A noter qu'Eulberg a retravaillé tous ses morceaux, les basses s'imposant ici comme un fil conducteur de l'album. Cet ornithologiste passionné va jusqu'a enregistrer des cris d'oiseaux qu'il utilise ensuite pour construire ses morceaux. A ce propos, prenez le temps d'écouter attentivement "Stelldichein des Westerwälder Vogelchores", un titre entièrement réalisé à partir de chants d'oiseaux, sans effet ajouté. Là, clairement, Dominik Eulberg c'est vraiment "un peu de douceur, dans un monde de brut".

Dominik Eulberg - Heimische Gefilde (Traum/Nocturne, 26 avril 2007)

www.dominik-eulberg.de




L'envers de la pop music, le diable et la petite fille

Posté par LovelyRita le 12.04.07 à 14:29 | tags : pop, rock
Une conférénce (pffff), pas sur le droit européen des contrats, ni sur la diversité des anticorps, mais sur les backward tapes (et là, on dit "yeah!"). L'écrivain et ami Flu, Pacôme Thiellement, anime ce soir une séance au Palais de Tokyo. Ces backward tapes ou bandes magnétiques inversées ont fait parler d'elles dans l'histoire de la pop music. Soupçonnées de relayer des messages subliminaux, sataniques ou fortement incitatifs quand on les écoutait à l'envers, ces bandes ont été "diabolisées". Ne serait-ce pas le moment de les "exorciser" ? D'y voir non pas les forces du mal, mais les forces du bien, voire des fées ? Pour passer de l'autre côté du miroir, suivez Pacôme Thiellement.
 
Jabberwocky, L'envers de la pop music, le diable et la petite fille
Jeudi 12 avril à 19h30
13, avenue du Président Wilson
75016



IAM : une saison 5 en enfer

Posté par Myosotis le 12.04.07 à 10:11 | tags : hip hop

Il y a des tas de façons de faire un mauvais disque de rap mais une seule et unique pour en faire un bon : coupler un bon flow à un bon beat sur une quinzaine de titres. Le reste n'est que littérature. Jugé à cette aune, le Saison 5 d'IAM est tout sauf un grand disque, même si on lui reconnaît volontiers des qualités indéniables de pertinence et d'écriture. Ecrit en partie en réaction à Revoir Un Printemps, leur précédent album, jugé verbeux et un poil trop intello par ses propres auteurs, Saison 5 a pour ambition de revenir à un style hip-hop direct, à des textes qui claquent et à un beat moins sophistiqué. Les Iam sont entrés dans l'histoire et prennent le temps de regarder dans le rétroviseur ("Hip Hop Ville"). Si la dernière partie du pari est remplie (le moins que l'on puisse dire est que le beat est épuré, voire inconsistant sur la plupart des morceaux), il semble toujours que le hip-hop d'Iam se cherche un style depuis le succès de L'Ecole du Micro d'Argent de 1997. Des titres comme "ww" et "Offishall" (un dancehall, quelle horreur) sont clairement hors sujet et à la limite du musicalement désagréable. D'autres fonctionnent moins bien que prévu comme "Coupe Le Cake" (absurde), "Il En Faut Peu" (raté) ou "United" (pas assez riche), comme si Saison 5 manquait d'une ligne directrice et d'une animation susceptible d'apporter une cohérence et une densité aux enchaînements.

Les textes du groupe et d'Akhenaton n'ont globalement jamais été aussi pertinents (sur le fond comme sur la forme, le style Iam en impose et se situe 3 divisions au dessus du peloton des tricards d'Ile-de-France), mais tombent souvent à plat : le flow est trop lent, le beat ramollo ou anodin (malgré quelques scratches marrants) et les paroles entrées au chausse-pieds dans des séquences qui s'en trouvent de fait déséquilibrées. Par ce manque de rythme, l'intrication des flows se fait mal et on a l'impression qu'Akhenaton (pas très bon en voix sur les titres rapides) et Shuriken se marchent sur les pieds et la langue. Paradoxalement pour les inventeurs du Mia, le registre qui fonctionne ici le mieux est celui de la chanson d'ambiance ou d'époque, intimiste, proche finalement des Soldats de Fortune, tentative solo de son leader et MC star. Car, il y a tout de même quelques sublimes morceaux sur cette Saison 5 dont on attendait beaucoup trop, quelques jolies pépites qui sauvent amplement l'album du mainstream et de la débâcle. "Nos heures de gloire", "Rien de Personnel", "Si tu m'aimais", "Ca vient de la rue" et l'excellent "Au Quartier" (mon titre favori) sont de belles réussites mid ou down tempo qui nous plongent dans l'histoire du rap français. Iam y parle d'hier et d'aujourd'hui avec intelligence, décrivant les années galère et le moment socio-historique où les quartiers populaires vont se changer en cités. Sur ces évocations (qui évitent toute forme de moralisme), Akhenaton tutoie le sublime sur le mode confessionnel, évoque son itinéraire personnel et fait souffler sur le rap d'Iam un souffle épique qui ne peut laisser insensible. Ces textes qui représentent quasiment un demi-album sont probablement les plus intimes que le groupe ait jamais livrés. Ils ne sont pas loin d'être les plus beaux et de réussir à transformer notre demi-déception en entière satisfaction.

Ce Saison 5 ne permettra pas aux Marseillais de remporter la Ligue des Champions mais, par sa tenue, sa lucidité, et la qualité de ses lyrics, d'accrocher une place d'honneur en UEFA.

Iam - Saison 5 (Polydor, avril 2007)

 




Von Sudenfed : Fuck, we can't get it !

Posté par Maxence le 11.04.07 à 17:45 | tags : électro, punk, rigolo, rock, the fall, vidéos musicales

J'ai la sensation que tout cela n'est plus important, que ça ne compte plus, à quelle décade vous faites référence ou si c'est vous qui avez le break le plus cool ou le dernier truc en électronique. C'est juste l'énergie qui compte aujourd'hui.

C'est avec ces sages paroles que Jan St Werner de Mouse on Mars présente officiellement Tromatic Reflexxions de Von Sudenfed. Ce projet dont nous vous parlions il y a peu, se présente comme un supergroupe réunissant les deux souris martiennes et le légendaire Mark E. Smith de The Fall. Autant dire qu'à l'écoute des deux morceaux proposés sur leur inévitable myspace, c'est l'ébullition dans le landernau des fans de The Fall (et de Mouse on Mars) ! Reconnaissons que la plupart avaient été déçus par le dernier "effort" de Mark E. Smith et de son groupe de gardien de bétail (voir notre chronique) élevé aux OGM. Même constat parmi ses fans les plus intransigeants, comme on peut le constater sur le forum du fameux Unofficial Fall Website. C'est donc avec une impatience difficilement contenue ("What about us ?!!") que nous attendons ce nouvel album de l'atrabilaire roi des grincheux. Attente que nous trompons en écumant les réseaux P2P, pratiquant chaque matin de complexes exercices d'assouplissement (Myosotis prendrait même des cours de danse !). Une patience partiellement récompensée la semaine dernière puisque Domino nous offre ce vidéo clip totalement déglingué de "Fledermaus Can't Get It" (titre en écoute sur myspace) qui laisse présager du pire... dans le meilleur sens du terme ! La chose devrait être dans les bacs le 21 mai, mais vous pouvez toujours faire comme moi : repassez-vous ce clip en boucle, de préférence le matin à jeun. Réveil de bonne humeur (et accessoirement, séparation si vous êtes en couple) garanti ! Merci qui ?




When The Deal Goes Down

Posté par LovelyRita le 11.04.07 à 15:00 | tags : folk, vidéos musicales
Si c'est pas mignon ce petit clip de Bob Dylan avec Scarlett Johansson dedans ?! C'est très film de vacances et le début de la vidéo fait pas mal penser au clip de Lilicub. Hé oui, Dylan qui s'inspire de la puissance visuelle de la vidéo de Voyage en Italie, ça laisse plein d'ouvertures : Pavement qui reprendrait le clip de Confessions Nocturnes de Diam's et Vitaa...rêvons un peu !





Allô Maman bobo !

Posté par LovelyRita le 11.04.07 à 11:17
Vous vous levez, il fait beau, vous allumez votre ordinateur et vous mourez d'envie d'aller sur Fluctuat. Maintenant, c'est chose faite, vous y êtes enfin, mais Flu le site est quelque peu malade en ce moment : un coup de chaud, une indigestion au chocolat après ce week-end pascal ou une petite gueule de bois ? Pas d'inquiètude, les jours de Flu ne sont pas comptés ! Quelques soucis techniques l'empêchent de fonctionner à plein régime. Vous rencontrerez des problèmes sur les blogs, sur la lecture et l'ajout de commentaires. En attendant que Playlist et les autres blogs de Flu se refassent une santé, vous pouvez allez faire un tour sur la partie magazine du site où vous trouverez moultes lectures. L'Islande ce n'est pas que Bjork et Sigur Ros, vous en doutez ? Allez lire l'interview de Benni Hemm Hemm. Une virée musicale chez la Grosse Pomme ? C'est ici, avec notre dossier Son(g)s Of New York. Un besoin de refaire sa culture musicale ? Allez lire nos petites histoires (dub, rock, electronica...) et bien d'autres choses encore sur Flu, le mag.



Chris Martin : In My Places

Posté par 2goldfish le 11.04.07 à 09:54 | tags : news, people, pop, rigolo

Ce billet contient deux news Coldplay pour le prix d'une. Tout d'abord cette charmante interview donnée par Chris Martin à The Big Issue, journal des SDF anglais, l'équivalent de notre Macadam. On y apprend que Chris est un mec sympa, mais qu'il ne veut pas trop parler de ses nombreux engagements et que justement, tiens, il s'est engagé pour "Make Trade Fair", une organisation qui tente de mettre la pression sur les multinationales pour qu'elles arrêtent de traiter leurs employés des pays du tiers monde différemment des autres et tout ça. C'est bien.

Deuxième news maintenant, dans la même rue où ils possèdaient déjà trois propriétés, celle là même où ils garent leur 4x4, Chris et sa chère Gwyneth viennent d'acheter un second manoir. Cette rue se trouve à Londres, ville qui compte plus de soixante-mille familles sans domicile, parmis lesquelles, n'en doutons pas, bon nombre de vendeurs de The Big Issue, sans doute heureux de savoir que Chris joue au Monopoly et entretient la crise du logement londonien auquel ils doivent leur job.




DJ Food & DK : L'auberge espagnole

Posté par Maxence le 10.04.07 à 18:17 | tags : électro, funk, fusion, hip hop

La grande lessive actuelle, avec toutes ses couleurs qui déteignent (la poussière du rock sur les taches de sueurs du funk, le noir de la new wave sur l'argent de l'electro, le vert vomi du punk sur le rose du disco, le rouge du hip hop sur le blanc de la pop et l'or du r'n'b sur le gris de l'electronica) ne date pas d'hier. L'histoire de la musique populaire regorge d'épisodes et de polémiques concernant le - ou les - moments où genres, styles et modes passagers se sont interpénétrés dans une orgie de méthodes, d'influences et de sons. Si la plupart du temps, l'origine de ce grand mouvement de centrifugeuse reste difficile à cerner, c'est assez clair en ce qui concerne les musiques "à danser". L'épisode le plus marquant dans ce domaine reste certainement ce que le journaliste Jeff Chang nomma dans son livre Can't Stop Won't Stop "Quand le hip hop rencontre les rockers downtown". Entre 1976 et 1979 en effet, le phénomène graffiti sort du Bronx. Des tagueurs comme Fab 5 Freddy, Zephyr et Futura, sont remarqués par Keith Haring, Jean-Michel Basquiat ou la photographe Martha Cooper. Invités à exposer dans les galeries de Soho et Tribeca, les grapheurs convient logiquement leurs amis à animer les vernissages. C'est ainsi que Blondie, Grace Jones ou Alan Vega rencontrèrent Africa Bambaataa, Grandmaster Flash, Jazzy Jay et Rammelzee. L'émulation est telle que McLaren, l'ex-manager des Sex Pistols, ouvrit un club à NYC, le Negril, dédié au mélange des genres. Sur sa piste, rasta, punk, jeunes bohèmes blancs et membres de la Zulu Nation, dansaient de concert, coudes à coudes, hanches contre hanches, unis comme cul et chemise. Ce mouvement disparut aussi rapidement qu'il apparut, mais fut entériné par un album manifeste, le fameux Planet Rock de Bambaataa, dans lequel le pionnier des block party samplait les Allemands de Kraftwerk, des pionniers aussi, mais de la techno cette fois.

En ce sens, DJ Food (PC et Strictly Kev) et DK, et plus généralement toute la clique de Ninja Tune, sont les dignes héritiers de cette époque où l'éclectisme était de mise et où l'ouverture d'esprit régnait sans partage. Et Now Listen Again ! en est la parfaite illustration. Rien d'étonnant puisque PC, Strictly Kev et DK sont des pionniers eux-aussi. Le collectif DJ Food animait déjà les "Solid Steel sessions" sur Kiss FM en compagnie de Coldcut en 1988 (!). Sur ce volume le collectif Dj Food reprend la formule initiée par des outsiders comme Flash et Bambaataa, et mixe allègrement new wave et classique hip hop, metal et funk 70, psychédélisme et trip hop, soul, ragga et r'n'b, le tout avec un enthousiasme et une énergie ultra-communicative. Parmi les meilleurs moments signalons l'union contre-nature (et pourtant féconde) du "Being Boiled" de The Human League avec la version acapella de "I Know You Got Soul" d'Eric B & Rakim, du "Nannou" d'Aphex Twin avec The Irresistible Force, du "The Beach" de New Order et des Freestylers, sans oublier DJ Shadow/Moroder ou Primal Scream/Bomb The Bass. Finalement DJ Food fait avec le hip hop, ses canons et sa batterie de clichés jouissifs (les incantations "Listen to this !", "This is the sound !", scratch, break et cut) ce que les cadors du punk-funk actuel font au disco, avec un petit supplément toutefois. En véritable turntablistes, DJ Food et DK ne se contentent pas de mixer les disques, ou de pratiquer des edits, ils les reconstruisent littéralement à coup de cut et de scratch sauvages. Sous les doigts de ces sorciers des platines, l'ensemble sonne revivifié, revigoré. Manipulations du code source de toutes ces musiques et étalage de virtuosité leur donnent de nouvelles teintes tout en repoussant toujours et encore, les limites du groove et du plaisir. Du grand art !

DJ Food & DK - Now Listen Again ! (Ninja Tune/PIAS, avril 2007)

http://www.myspace.com/strictlykev
http://www.myspace.com/pingpongpromo

 




Je suis une couille est de retour

Posté par LovelyRita le 10.04.07 à 12:57 | tags : pop, oubliés-de-la-pop, folk

On (enfin "Je" les croyais morts). Je m'attendais déjà à lire quelque part qu'on avait retrouvé les trois Mancuniens de I Am Kloot tête dans le caniveau et pinte à la main. Que de médisance, puisque les I Am Kloot sont vivants et en studio actuellement. La preuve avec cette interview realisée par le fanzine anglais Sandman (numéro d'avril, rubrique Features). Même si leur dernier album ne cassait pas des briques (et encore moins, quand on ne l'a même pas ouvert, comme moi !), ça fait plaisir de les savoir en activité. Et puis, dans ce questions et réponses avec le groupe, on peut quand même lire des choses assez drôles...le groupe a toujours sa parole humoristique.

"I got their last album because we met Pete Doherty when he was in the Libertines - but before they were called the Libertines - and we did a gig with them in London. Apparently, at some point I had a drink with him but I don't remember that. And we ended up in a phone box drinking because it was pissing it down outside."

Et ça je ne l'avais pas vu passer non plus (la bande-son de Sunshine de Danny Boyle par le groupe)




Year Zero + Zero = La tête à Reznor

Posté par 2goldfish le 10.04.07 à 10:08 | tags : web, rock

Le gentil Pmloik a conspiré avec tout l'interweb pour nous apprendre que Year Zero, le nouvel album de Nine Inch Nails, est disponible à l'écoute en ligne sur ce site où on trouvera aussi le single "Survivalism" en vidéo et au format Garageband pour ceux qui seraient tentés par un remix. Après une seule écoute, je peux vous annoncer une bonne nouvelle : Survivalism est l'un des titres les plus faibles du disque et Reznor, sans vraiment rien bouleverser, a renouvelé un peu son son pour la première fois depuis une douzaine d'années. Il vous suffira d'un adresse e-mail valide pour accéder au streaming et, si vous êtes un petit malin, des tas de sites expliquent comment récupérer le flux dans vos fichiers temporaires, mais c'est vraiment pas sport.

Il y a peu de guitares et de chansons trop "pop" pour le plus grand plaisir des fans de NIN qui, rappelons-le, mesurent deux mètres et n'ont des cheveux que d'un côté du crâne et parfois un rat sur l'épaule (si possible celle où il n'y a pas de cheveux, évidemment). Ces fans donc apprécieront les ambiances dark, les beats bien industriels et l'abscence générale de forme dans plus de la moitié des morceaux. Moi en tout cas j'aime l'absence de refrains à ponctuer d'un mouvement du poing vite fatiguant pendant tout un concert. Pour le reste, je réserve mon jugement pour plus tard.

PS : le titre est aussi de Pmloik, plaignez vous auprès de lui




Le lapin de Pâques c'est plus ce que c'était

Posté par LovelyRita le 09.04.07 à 15:41 | tags : électro, vidéos musicales, youtube

Adieu au lapin en chocolat, bonjour aux lapins de Groove Armada. Débauchés, cocaïnés, surexcités à la pile Duracell.

 

 




Tu headbang ou break ?

Posté par LovelyRita le 09.04.07 à 12:41 | tags : rock, vidéos musicales, youtube

Les rockeurs complexeraient-ils? En auraient-ils assez de danser les jambes raidies et les Converses collées au sol ? Oui, tout ça manque de souplesse, alors on surfe sur la vague du film Rize et on monte des clips où hip-hopeurs et rockeurs dansent ensemble. Quand, les premiers donnent une leçon de danse aux seconds ça donne entre autre 2 clips. L'un de Fall Out Boy ("Dance Dance") dans une ambiance bal de promo et l'autre des Red Hot Chili Peppers pour leur dernier single "Hump De Bump" (avec une référence au film de Michel Gondry Block Party). Le premier clip est plus que supportable, à voir le second on se demande s'il ne serait pas raisonnable de momifier la bande à Anthony Kiedis pour que l'on soit tranquille une fois pour toutes !!!

 




Jazzanova : Mutant Disco Computer Incarnation

Posté par Maxence le 07.04.07 à 11:10 | tags : disco, électro, pionnier

Un mix "mutant disco" coordonné par Jazzanova, bien sûr, ça ne sonne pas comme la même chose par James Murphy (LCD Soundsystem) ou Trevor Jackson (Playgroup). Moins punk et plus funk, la sélection d'Alex Barck (du collectif Jazzanova) et Gerd Janson (Running Back Records) fait la part belle à cette world music dégénérée des années 1981-1982, celle qui, à peine sortie de la new wave s'acoquinait déjà avec le rythme et la danse par le biais des expériences mondialistes de Brian Eno, de Malcolm Mclaren et du Remain In Light de Talking Heads. Les préférences sonores de Jazzanova amènent tout naturellement Barck et Janson à privilégier une approche mélodique et polyrythmique. Computer Incarnation For World Peace est donc plus proche des envolées mystico-transey d'Arthur Russel et de son violoncelle disco planant, que de l'ethno-punk industriel de Cabaret Voltaire. Si vous préférez, ce mix c'est un peu "Grace Jones contre Nina Hagen". De la new wave, il a la froideur, des balbutiements de la world, il garde l'hédonisme et le groove. La sélection est d'ailleurs sous-titrée "Soulful New Wave et Dubby Rock", ce qui illustre particulièrement bien le propos.

Quant à la feuille d'infos, elle indique qu'Alex Barck et Gerd Janson alignent une série de joyaux pop synthétique qui sonnent autant organique qu'électronique, et c'est bien de cela dont il s'agit. Dès l'intro de Codek, ses percussions tribales à la boite à rythme, sa basse new wave, ses cordes synthétiques, l'auditeur plonge dans ce qui faisait la musique des années 80, âge d'or de la production via les premiers sampleurs et les nouvelles technologies de créations musicales. Une excitation particulièrement palpable dans des morceaux atmosphériques comme le splendide "I Need Someone To Love Tonight" de Sylvester, "Reach the Beach" de The Fixx ou "Heartbeat" de Colored Music. Là, synthétiseurs et instruments (basses, guitares, cuivres, piano free sur "Heartbeat") se répondent à l'unisson ou encore jamment de concert à la manière du jazz fusion et du funk. On comprend mieux alors, la fascination d'Alex Barck de Jazzanova pour cette époque où feeling noir et musique blanche se rejoignaient, lui qui est plus couramment porté sur le groove chaleureux des musiques africaines et sud-américaines. Reste que pour les puristes comme pour les novices, cet album est un vrai bonheur. D'autant que la plupart des protagonistes nous sont totalement inconnus et auraient certainement rejoint les limbes de l'histoire de la musique sans cette excellente petite galette. Rendez-vous le site de Sonar Kollektiv, où vous pourrez écouter l'intégralité de ce mix en streaming. Avis aux amateurs.

Jazzanova - Computer Incarnation For World Peace (Sonar Kollektiv/Nocturne, avril 2007)




Mojuba Records : Detroit in Germany

Posté par Maxence le 06.04.07 à 18:45 | tags : électro, label, myspace, techno

Il y a quelques semaines en fouillant nonchalamment dans le bac nouveautés d'un de mes disquaires favoris, je tombe sur un curieux objet : un maxi one-sided, pochette minimaliste, avec pour unique logo un tampon bleuté et l'inscription "a.r.t. less". Je le mets dans ma sélection et continue... Arrive le moment de l'écoute. Heureuse surprise : un track qu'on croirait tout droit sorti d'une playlist JeffMillsienne, et un autre petit morceau gravé à l'envers (le morceau commence au centre de la galette) plus proche de la boucle qu'autre chose, mais tout aussi efficace ! Il n'en fallait pas plus pour me satisfaire en ce triste jour de février. Deux tracks donc, d'un certain Don Williams - à ne pas confondre avec le non moins excellent Dez Williams, qui sévit sur SCSI en Angleterre - mystérieux personnage qui semble bien venir d'Outre-Rhin et non pas de Detroit comme le laisserait penser sa musique.

Vendredi dernier, RTT oblige, je reprends ma tournée, et me replonge dans les dernières sorties (chez 12", pour ne pas le citer). Ô surprise, je retombe sur deux nouveaux maxis décorés du même artwork, mais cette fois à la place du tampon "a.r.t. less", est délicatement collé un petit morceau de tissu à côté d'un autre nom de label : Mojuba Records. Mojuba qui s'avère en fait être la "maison mère" de l'autre. Ni une, ni deux, je retourne écouter ça, et là, "alléluia !", encore des morceaux imprégnés du son de la Motors City, mais cette fois dans une autre veine. D'abord le maxi de Marko Fürstenberg, encore un long morceau gravé à l'envers, et un son très classieux aux accents Drexciyiens période The Other People Place, avec toujours cette agréable mélancolie qui m'étreint dès que j'entends ces sonorités caractéristiques de Detroit. (Je ne sais pas si c'est la tonalité des nappes, les reliquats de la soul et du blues, mais toujours est-il que je ressens souvent ce sentiment étrange et agréable à l'écoute de productions labellisées Erzazts ou U.R.) Mais revenons à nos teutons et à mon deuxième maxi, justement. Celui-ci est signé Oracy et je me retrouve plongé dans quelque chose de plus sexy, et plus old school aussi. Une house qui ne cache pas sa filiation et dont la paternité ne serait pas reniée par UR et son Knights of The Jaguar...

Après un tel exercice de name-droping, je pense que les amateurs se sont déjà précipités. Pour les autres, je me demande bien ce que vous faites encore ici ! Des morceaux sont à télécharger sur le site du label, et d'autres en écoute sont toujours disponibles sur myspace. Vous savez ce qu'il vous reste à faire ?!

http://www.mojubarecords.com/

www.myspace.com/mojubarecords

Post signé CF




Live : Andrew Bird à la Maroquinerie

Posté par LovelyRita le 06.04.07 à 17:06 | tags : live, pop

D'une Andrew Bird et de deux la Maroquinerie. Le premier avec son accent américain a rebaptisé l'autre "la Maroqueenerie", la seconde s'est vite remplie d'un public venu en masse pour accueillir l'enfant prodige du songwriting. Des retrouvailles musicales et amicales, où Bird a réinterprété à sa manière toute personnelle son répertoire et son dernier album Armchair Apocrypha. Oui, on parle bien de réinterprétation et non d'interprétation, tant Andrew Bird manipule et réarrange ses titres, en compagnie de son nouveau batteur tout droit sorti de l'écurie Anticon (Why?, 13&God). Quelques titres pour Martin Dosh, quelques titres pour une première partie surprenante et efficace. La rencontre entre un bidouilleur de machines électroniques et un violoniste tenait du miracle, la collaboration entre les deux, elle, est enrichissante. Dosh percute, tapote, pianote, sample et resample. Un set tout en ambiances : hypnotiques, enveloppantes, ondulantes. Son électronica séduit le public grâce à son mélange de free jazz, d'expérimentations et de rythmiques cycliques. Après le rappel de Dosh réclamé par le public, Bird prend place.

Andrew et Martin, un couple inattendu, où l'un apporte tant à la musique de l'autre. Bird, adepte de la déconstruction de ses titres a trouvé en Dosh, un démolisseur idéal. Bird défait ses compositions avec plaisir et les recoud de la corde de son violon. L'archet libéré, le sifflement malicieux et les rythmiques de Dosh transforment les compositions maîtrisées de Bird en folk songs ailées. Improvisations et beats électro assumés, mélodies démolies, ellipses... le chanteur brouille les sons et saborde à merveille les intros de ses titres...impossible de reconnaître à sa seule intro une composition de Bird en live. Seulement, la coupe est parfois trop lourde. On regrettera à jamais l'absence du violon sur "Heretics", ce violon enflammé qui fait toute la beauté de ce titre et qui n'a pas été ce soir. Mais Bird est déconcertant, de simplicité, d'humour (sur "Why", "A Nervous Tic Motion Of The Head To The Left"). Des titres de The Mysterious Production Of Eggs, d'Armchair Apocrypha, une reprise de Dylan ("Oh Sister"), une soirée rien que nous deux !

www.myspace.com/andrewbird

www.myspace.com/doshanticon

Merci à Rod du site Le HibOO pour ses photos, voir toutes les autres photos du concert ici

Andrew Bird (avec Martin Dosh), 29 mars, La Maroquinerie (Paris)

 

 




Hey Hey My My

Posté par LovelyRita le 06.04.07 à 15:30 | tags : folk, vidéos musicales, youtube

En attendant la sortie prochaine de l'album éponyme de Hey Hey My My (prévue pour le 23 avril), petite vidéo, de leur single "Too Much Space" (qui tourne depuis un certain temps). Des clônes plutôt sympathiques de La Maison Tellier eux-mêmes clônes de Neil Young, avec une pointe d'Herman Dune.




(Leader) Maximo Park et ses plaisirs terrestres

Posté par Myosotis le 06.04.07 à 10:34 | tags : rock
La pochette de ce deuxième album des Maximo Park a beau rappeler les pires heures de Molko Placebo (même esthétique merdique à base de fantômes ou fantômatiques japonais), Our Earthly Pleasures est un bon disque punk rock, qui surpasse leur survendu A Certain Trigger et les rendrait presque sympathiques. Noyé sous les honneurs, le groupe de Paul Smith, le ludion leader du combo, nous offre avec ces Plaisirs Terrestres un classique 2ème album en forme de "on n'est pas qu'une hype, on est super crédibles" qui convainc plutôt mieux que les tentatives foireuses et équivalentes de leurs anciens rivaux pour le titre de "meilleur groupe du monde du mois de mai 2005", Bloc Party ou les piteux Kaiser Chiefs.

Ici, finalement, on ne change pas une formule qui gagne et on fonce droit vers le but pop rock qu'on s'est donné : bousculer le client, lui faire bouger les fesses et les globules et tenter, si on y arrive, de l'émouvoir un tantinet. Our Earthly Pleasures est une succession de hit singles imparables (qu'on ne cherche pas à éviter) qui rappellent par leur évidence et leur efficacité les meilleurs moments de Wire en 1977 (Pink Flag notamment). La comparaison avec le groupe de Newman et Lewis ne tient pas uniquement à de la coquetterie critique (ça fait classe de comparer un jeune groupe à un truc vieux de 20 ans, hein ?) mais bien à un double rapprochement sonore (on se situe dans un son punk rock dont le balancement rythmique est plus proche de la new wave originelle que de Franz Ferdinand) et vocal (la voix de Paul Smith a un grain "à l'ancienne" et un accent de Newcastle qui évoque le prol rock nordiste des années 79-83). On saluera en passant le travail remarquable de la section rythmique (English à la batterie, Tiku à la basse) qui fait preuve d'une variété de séquences tout à fait surprenante. La seule faiblesse véritable de cet album tient dans cette volonté qu'a eu le groupe (et on la comprend) d'enrichir son registre et son vocabulaire pour paraître plus intelligent qu'il n'est. Du coup, les paroles s'en ressentent, sur des titres, un rien prétentieux (mais bien envoyés) comme "Russian Litterature" ou "Books from Boxes". Maximo Park est au sommet de son art générationnel lorsqu'il déroule à toute berzingue des titres en feu tels que "Our Velocity", "The Unshockable", "Girls Who Play Guitar". Cette quête de densité et de crédibilité nous laisse tout de même de beaux moments de justesse ("A Fortnight's Time", très émouvant, ou "Parisian Skies") qui font de l'album plus qu'une simple confirmation. Il n'est jamais facile de passer du statut de révélation à celui d'outsider du rock. Our Earthly Pleasures offre à ces auteurs un statut qu'on peut comparer à celui de Supergrass en 1997. L'album est leur In It For The Money. Aussi vif et dynamique que leur premier album, mais déjà plus intelligent et menacé par le vieillissement. Comme chacun sait (et on paie pour voir), les grands groupes anglais se font sur l'album n°3. C'est une règle qui ne connaît que peu d'exceptions.

http://www.myspace.com/maximopark

On les retrouvera le 21 avril à Bourges et à partir du 5 juin en tournée française.

Maximo Park - Our Earthly Pleasures (Warp, avril 2007)

 




Patrick Pulsinger : Detroit Dogma

Posté par Maxence le 05.04.07 à 18:01 | tags : électro, label, myspace, techno

Depuis 1994, Patrick Pulsinger s'applique à reproduire à sa façon toute personnelle, l'implacable rotondité rythmique de la techno des origines, particulièrement celle de Detroit. A la manière d'un Lars Von Trier version dogme, Pulsinger adapte les "dix règles contraignantes du vœu de chasteté cinématographique" à sa musique. Ascétisme, académisme, rigidité, effet doppler, montée extatique mais minimalisme de rigueur, hédonisme toujours sévèrement contrôlé, futurisme, austérité mais aussi exigence dans la production, perfectionnisme, sans oublier le respect des canons et des racines du genre. Dix commandements qui feront largement office de fil conducteur aux travaux de ce producteur excentrique, véritable légende viennoise et fondateur du label Cheap Records. Une politique un brin masochiste, donc, mais au final un maximum de sensations.

Dès "Flashback" qui marque l'intro du second volume de ses Dogmatic Frequencies, l'auditeur est plongé au cœur de la mécanique techno. La vraie techno, celle de toutes les Motor City de la planète. L'âme dans la machine, là où tout est statique, là où tout est changeant. Tout morceau de musique est tributaire de l'équilibre "bruit", "silence", "temps", "activité". Dans la techno ou la house, comme chez les initiateurs du minimalisme, c'est le silence entre chaque note (en l'occurrence ici le "beat") qui porte l'auditeur vers la transe. Chez Pulsinger, le silence aussi microscopique soit-il, est toujours là, mais c'est l'épissure au cœur du son qui fait la différence. A la manière d'un Richie Hawtin (Plastikman) sur Consumed, ou de Pan (A) Sonic première période (voir "City Lights pt.1"), Pulsinger "pulse", c'est le cas de le dire. Sa musique bouillonne littéralement. Elle tape aussi. "Agon Drag", "Babylon 17,15", "Construction Tool" s'enroulent autour du rythme. Battement après battement, l'Autrichien construit sa musique pour acharnés, transe androïde, vaudou pour cyborgs. Tandis que "Numb Thrust", "Looq" ou "Rouleur" se parent de contrastes plus funky, annonçant les pauses nichées au cœur de cette musique janséniste. L'auditeur attentif captera en effet dans la musique de Pulsinger, les échos d'un passé plus soul, du jazz par exemple, comme sur "Transforming Language" ou "City Lights (pt. 2)" et son intro en hommage à la B.O. de Blade Runner, sur lequel officie un autre Autrichien de renom, Richard Dorfmeister.

Vous l'avez compris, Dogmatic Frequencies - The series 1994 - 2006, n'est pas vraiment un disque de salon, à moins que votre salon soit un hangar. Mais les plus exigeants d'entre vous trouveront également des espaces sonores où se poser au milieu de ce maelström de rythmes et de sons. Cet album qui se présente comme un document et une rétrospective des travaux de Patrick Pulsinger, est aussi un excellent indicateur de la modernité d'une musique hors du temps, parce que déjà en avance sur son temps à l'époque de sa production. La techno éternelle dans toute sa vigueur. Celle qui continue de se faire coûte que coûte, loin des modes et des courants et qui nous touche toujours autant. Pour les curieux, Patrick Pulsinger sur myspace, c'est par là.

Patrick Pulsinger - Dogmatic Frequencies - The series 1994 - 2006 (Disko B/Nocturne, avril 2007)




Evidence fait le beau temps sur le hip-hop

Posté par Myosotis le 05.04.07 à 14:25 | tags : hip hop

La pochette du Weatherman LP n'invite pas à l'optimisme, mais le premier album solo d'Evidence (membre du collectif Dilated Peoples), producteur rappeur underground de Los Angeles, chasse rapidement les nuages pour nous inonder d'énergie, d'UV B et de rayons X. Associé d'ordinaire à l'efficace Rakaa, son compère de longue date sur les 4 albums du groupe père, et au mixeur fou Babu, Evidence est ici seul aux manettes et s'en tire comme un maître. The Weatherman LP est un album de hip-hop tonitruant et classique dans ses formes. On y retrouve tout ce qu'on aime dans le hip-hop et dans le style Evidence, à savoir des basses qui tapent fort et net, des scratches géniaux et un flow agressif qui débite des paroles brillantes, doublé d'un sens de la narration hors-norme. Le disque démarre en fanfare avec le très soul "I Know", enchaîné sur un interlude glaçant qui donne son nom à l'album : un bulletin météo qui annonce de fortes perturbations sur la Cité des Anges et qui s'achève dans une belle inondation. Sur "Mr Slow Flow", Evidence s'amuse de sa réputation de rappeur maousse et au débit ralenti pour lâcher un beat... plombant et du plus bel effet. La succession des titres s'appuie sur une production impressionnante de beats multicouches (Sid Roams rules) qui donnent à l'album une texture très épaisse et riche. Evidence introduit des sons d'orgue qui ne sonnent pas très catholiques et déroule sur des thèmes et des sonorités gloomy. Composé peu après le décès de sa mère, le LP est habité par la nostalgie tenace des belles années hip-hop et une tendance marquée à l'introspection. On parle des amitiés perdues, du besoin de reconnaissance, du hip-hop qui vire racaille et on entrevoit la lumière sur quelques éclaircies joliment tournées ("Perfect Storm", "Chase the Cloud Away"). Il y a bien ici ou là quelques chutes de rythmes et de rimes (notamment sur l'intervention de Planet Asia) mais The Weatherman n'en reste pas moins un album cohérent, très digne et qui porte haut les valeurs des Dilated Peoples, à savoir un rejet du hip-hop doré, des gling-glings et du gangsta. Evidence dresse, avec ce premier essai solo, un tableau original de Los Angeles, la ville où il pleut parfois, et nous offre également une intéressante revue des producteurs qui comptent dans l'Underworld du business rap. Les passages de Big Pooh, Defari et Joe Scudda alimentent le rappeur en sonorités nouvelles et éclaboussent ce Weatherman de leur talent. The Weatherman LP est, d'une certaine façon, ce qu'on peut appeler (un peu tôt peut-être) un album fondateur, solide, efficace et dense comme une pluie d'automne. Du bel ouvrage en somme.

Extraits ici : http://www.myspace.com/evidence

Evidence - The Weatherman LP (mars 2007)

 




Join the band !

Posté par LovelyRita le 05.04.07 à 09:57 | tags : rigolo, youtube

Après la mamie qui nous file sa recette du mashup, Jay Levi nous apprend à jouer du Casio Keyboard.




Go Commando : New York I Love You

Posté par Maxence le 04.04.07 à 18:14 | tags : disco, électro, funk, label, punk, rock

Décidemment, il semblerait que ce soit bien à New York que cela se passe en ce moment. Après LCD Soundsystem et !!!, l'écoute prolongée de Go Commando with JDH & Dave P, donne indéniablement envie de se précipiter dans le premier aéroport venu et de prendre un aller simple pour la grosse pomme. Le deuxième volume de cette série lancée par le label Defend, coordonné et mixé par JDH & Dave P (aka David Pianka), DJs et promoteurs des soirées "Fixed" (et de "Making Time"), regorge littéralement  de groove dégénéré tous horizons confondus. Qu'il vienne du rock, de l'électro, du disco, de l'italo ou de la pop, c'est bien simple, c'en est presque indécent.

Mutant disco, funky punk, soul trashers, les amis de nos deux pères fêtards se nomment Vitalic, Simian Disco Mobile, Erol Alkan, M.A.N.D.Y., Justice, Soulwax, LCD Soundsystem, Lindstrom, Optimo ou Tim Sweeney, l'animateur de l'émission de radio culte (et son incontournable podcast), Beat In Space. Pas étonnant alors, de retrouver une telle collection de tueries et surtout un tel éclectisme, au menu de ce CD explosif. Une tracklist "trash et paillettes", idéale pour nos soirées d'occidentaux corrompues par le stupre, la coke et les filles faciles. Le genre de fêtes qui ne peuvent avoir lieu qu'à Brooklyn, résidence des soirées "Fixed". Imaginez la scène, quelque part dans une rue sans éclairage, quartier des abattoirs, vous vous dirigez au son. Vous apercevez une porte, devant : l'inévitable queue. VIP, vous passez le physionomiste, descendez les escaliers, écartez les rideaux de lourd velours rouge. Ça y est, vous y êtes ? Un rien ébloui, déjà à moitié sourd, vous le savez, ça va saigner ! Ça commence par notre Joakim national, dont le "Wish You Where Gone" forme la parfaite intro envoûtante et romantique à souhait, dans une ambiance kitsch 80. Suit le "Genital Blue Room" de In Flagranti (qu'on jurerait interprété par un travesti d'1 m 80) qui "féminise" l'esprit de Suicide en y ajoutant une touche de funk bien décadent. Soudain c'est l'incomparable Prins Thomas, compagnon de folie de Linstrom, l'autre barde néo-disco venu du froid, et là, vous plongez dans un océan de basses synthétiques. Vous vous trouvez littéralement pris dans les rouleaux, vous coulez. A peine repêché par Serge Santiago et son hypnotique "Atto D'Amore", vous replongez, emporté par le ressac du fabuleux "Silent Shout" de The Knife. La suite est à l'avenant. Morceaux choisis ? Le "Do Not Break" d'Ellen Allien & Apparat, le puissant "Standing in the Way of Control (Soulwax remix)" de The Gossip, l'imparable "Poney Part 1" de Vitalic ou encore "Like You" de Gui Borratto (Supermayer mix !). C'est bien simple, même "The Sound" de The Rapture sonne comme de l'or fondu au milieu de cette sélection. Je vous laisse imaginer, maintenant, dans quel état on vous retrouve au petit matin, dans un caniveau du Bowery. Bravo, bel exemple pour la jeunesse ! Go Commando, lui, est exemplaire. Allez y, venez me dire le contraire pour voir !

V/A - Go Commando with JDH et Dave P (Defend Music/Nocturne, 02 avril 2007)




Bozhe Moi !

Posté par 2goldfish le 04.04.07 à 10:40 | tags : politique, rock, vidéos musicales

Le groupe s'appelle Κaπntaπ (ou à peu près, j'ai du mal avec le cyrillique), il est je crois russe et j'ai compris les mots "Marx" et "Kapital" dans la chanson, mais je ne saurais vous en dire plus. Il me semble qu'il s'agit d'une chanson anti-communiste primaire, ou secondaire. Ou pro-communiste, j'en sais vraiment rien. Peu importe de toute façon, musicalement ça casse pas une seule patte à un canard, ça donne envie d'aller fouetter des chats, même. Visuellement par contre, je vous laisse regarder, c'est du pur bonbon pour les yeux.




Le papa de Keith Richards est mort. Snif.

Posté par 2goldfish le 04.04.07 à 10:21 | tags : news, people, rigolo, rock, rolling stones
"Le truc le plus bizarre que j'ai essayé de sniffer ? Mon père. J'ai sniffé mon père. Il a été incinéré et je n'ai pu résister à le mélanger à un peu de poudre. Ca n'aurait pas géné mon père..." C'est passé plutôt bien et je suis toujours vivant". Keith Richards, impayable, au NME (impayable aussi). Euh... Rock'n'Roll ? Bon franchement à ce point là, que peut-on dire de plus ? Que ça se passait en 2002, avant qu'il se cogne la tête ? Si Keith a pété les plombs, on sait bien que c'était longtemps avant ça. En tout cas moi si j'étais le papa de Pete Doherty, je prendrais d'ores et déjà mes dispositions pour être sûr qu'on m'enterre. Bien profond, surtout.



MIA : Belles plantes

Posté par Maxence le 03.04.07 à 17:57 | tags : électro, myspace, techno

Il faudrait être sourd pour ignorer la mutation qui est sensiblement à l'oeuvre dans le monde de la techno actuellement. Impossible de l'ignorer après les efforts pop-rock minimalistes de Trentemoller, l'hymne shoegazer de Gui Boratto "Beautifull Life", la "Schaffel pop" de Pantha du Prince ou le psychédélisme progressif de Nathan Fake et James Holden. Cette nouvelle génération de producteurs gavés de pop, de new wave et de musiques électroniques, se sent aussi à l'aise dans un domaine que dans l'autre. En ce sens, Bittersüss, le deuxième album de l'Allemande MIA (à ne pas confondre avec la cingalaise M.I.A.), productrice, DJ et fondatrice du label Sub Static est exemplaire. Aussi minimaliste soit-elle, la techno de MIA reste indéniablement charnelle, imprégnée qu'elle est d'animalité, de sensualité et finalement d'humanité brute. D'ailleurs les treize titres de ce Bittersüsse "doux amer" (sa traduction littéral) s'avère difficile à la première écoute, tant ses structures déconcertent. Toutes les plages de cet album sont hantées de bruits intimes, de fluides souterrains qui grondent, de coeurs qui pompent et du sang qui pulse. Coeur et muscle. Corps en mouvement dans la machine. Ghost in The Shell, toujours et encore. La cause en est de ces vocaux sussurés et ânonnés d'une voix atone, plus que chantés ("Cold City") et des sons organiques qui parsèment ses productions comme autant de grains de sable, granite, gangue, graines, mauvaises herbes, plantes grasses et plantes carnivores qui empêchent la mécanique de tourner rond malgré la rigueur d'un 4x4 intraitable. Des vrilles, trilles (les chants d'oiseaux sur le très beau "Cologne Memories"), qui grippent les rouages, donnent la vie, cannibalisent la rigueur pour recracher des mélodies subtiles et animer, ainsi, le monde pourtant urbain et tout engourdi de MIA (dont la voix doucereuse fait penser à une autre grande prêtresse de la musique électronique dont nous reparlerons bientôt : Kate Wax).

L'auditeur plonge alors dans un bouillon de culture numérique, bubble bath et cornu synthétique, chaudron de sorcière electro, fée Morgane des dancefloor, brassant des ambiances fantômatiques ("Under The Bridge"). Musique nocturne pour grand ensemble sous influence Detroit (l'intro "Self Control"), la techno de MIA dégage des relents d'acide lactique d'après l'effort, suée amoureuse ("Bittersüss") particulièrement efficace sur "Swoon" ou le somptueux "So I Felt". Mais surtout MIA dans ses meilleurs moments fait incontestablement penser à un Richie Hawtin d'essence femelle, Gayïa techno, mi-femme, mi-plante, elle envoûte l'auditeur de ses balancements hypnotiques mais incertains. L'album se clôt d'ailleurs sur un parfait "Fragile" hésitant constamment entre danse et stase, le morceau bascule à la sixième minute dans le cabaret, contrebasse, orgue vintage et clicks, après un instant de silence. Un aveu ? Ou une révérence au folk et au rock vénérable à la manière d'un Trentemoller. Moderne. Intemporelle. Vous l'aurez compris malgré un indéniable sens de l'hypnose et une deepness sans commune mesure, Bittersüsse n'est pas de ces disques qui se dansent les bras en l'air (ou alors dans une sélection adaptée), ce qui ne remet pas en cause son efficacité, ni sa beauté. C'est justement son atout, cette capacité à nous laisser rêver sur le canapé, à nous aider à lâcher prise et à se laisser emporter dans le monde dangereux et moite de MIA. A propos de "monde", un tour sur son myspace vous donnera une idée du talent de la demoiselle.

MIA - Bittersüsse (Sub Static/La Baleine, avril 2007)




Les bonnes recettes de mamie : aujourd'hui, le mashup

Posté par 2goldfish le 03.04.07 à 14:47 | tags : mashup, rigolo, vidéos musicales, youtube
Je veux échanger ma grand mère contre celle là.
(Lien via WFMU)



Le hair-métal dans le flou

Posté par 2goldfish le 03.04.07 à 10:16 | tags : en jpeg, metal, rigolo, web

Qu'est-ce qui ressemble plus à un groupe de hair-métal si ce n'est un autre groupe de hair-métal ? A part une serpillère avec un blouson de cuir, je ne vois pas. Pourtant, tout n'était pas dans les cheveux et c'est ce qui rend ce petit jeu idiot vraiment difficile : saurez vous reconnaitre Van Halen de Motley Crüe avec le visage flouté ? Et puis qu'est-ce qu'il leur est arrivé pour avoir le visage flou comme ça ? Ont-ils oublié leur masque protecteur au moment de mettre la laque ? Sont-ce des métalleux anonymes victimes d'abus sexuels ? Suis-je plus content ou déçu par moi même d'avoir obtenu une majorité de bonne réponses ?

Un petit jeu idiot et terrifiant, idéal pour tuer le temps au bureau entre deux parties de 5 minutes to kill yourself. En bonus, essayez de deviner qui se cache derrière cette photo inédite flouttée par mes soins.




Laudanum : Un joyaux noir, c'est cadeau

Posté par Maxence le 02.04.07 à 17:20 | tags : électro, mp3, myspace, pop

Il y a un an j'écrivais dans feu le magazine Coda combien Your Place & Time Will Be Mine de Laudanum aurait amplement mérité d'être remixé par les plus grands. A l'écoute des ambiances mortifères, à la fois langoureuses et mélancoliques de Matthieu Malon, on imaginait sans peine Superpitcher ou Michael Mayer (et aujourd'hui Pantha du Prince ou Gui Boratto) offrir une nouvelle vie aux ballades électroniques downtempo fiévreuses de Your Place & Time Will Be Mine. Alors forcément, ici, un court résumé des épisodes précédents s'avère nécessaire pour ceux qui ont raté le train.

En mai 2006, un quasi-inconnu, Matthieu Malon aka Laudanum, offrait au monde un album douloureux dans lequel l'artiste, et une tripotée d'invités, se livraient sans retenue. Fragilité de l'amour, petites et grandes trahisons, douces tortures et cruauté mentale, ambiances sombres, électros, mais également proches de la new wave et du post-punk des années 80, Your Place & Time Will Be Mine avait toutes les caractéristiques d'un grand album. Hélas pas de ceux qui font la couv des Inrocks (même s'il a reçu les éloges de pas mal d'autres magazines), ce qui fait qu'il vous a certainement échappé. Et c'est dommage, car des morceaux comme, "Collide", l'excellent "Sailor et Bruno" feat. Christian Quermalet des Married Monk et son phrasé froid et détaché, ou encore l'hymne pour dominatrice "This-80's Car", méritaient plus qu'un oubli prématuré.

Avec Now It's Yours : A Laudanum Christmas Gift, vous avez une chance de vous rattraper, car il est bien là l'album de remix tant attendu. Ok, c'est un peu tard pour Noël et ce n'est pas Superpitcher qui coordonne ces relectures, mais ce serait dommage de l'ignorer pour autant. Surtout que les versions de "On The Fire Side", "Perfect", "Dust" ou des fameux titres cités plus haut méritent vraiment le détour. Entièrement remixées par des inconnus ou presque (on sortira Jérôme Minière du lot), les chansons, car il s'agit bien de cela, revues et corrigées, prennent une dimension supplémentaire. Un brin dancefloor sur "To Leave And Return n°2" par par Oslo Telescopic ou "This 80's Car" par Alexeperimental, shoegaz sur "Left-handed Right Mind" par Lunt, étrangement pop en live, electroacoustiques sur beaucoup d'autres, ces "versions" valent largement le travail de producteurs plus connus et surtout redonnent envie de réécouter l'album original. Et en plus c'est gratuit ! Matthieu Malon offre en effet cet album en téléchargement sur son site. Pas de raison de s'en priver. Vous pouvez également tenter un petit tour sur le profil myspace du bonhomme, ainsi qu'une visite quotidienne, ou hebdomadaire sur son blog pas inintéressant du tout. Vous y trouverez des news sur Nine Inch Nails, DNTEL... De bons conseils quoi.

Now it's yours : A Laudanum Christmas Gift (janvier 2007)
A télécharger ici

Toujours disponible : Laudanum - Your Place & Time Will Be Mine (Monopsone/Differ-Ant, avril 2006)




EMI abandonne les DRM

Posté par 2goldfish le 02.04.07 à 15:40 | tags : ipod, news, politique

Ca ressemble à un poisson d'avril en retard, mais il semble bien qu'EMI ait annoncé aujourd'hui la mise à disposition d'une grosse partie de son catalogue de musique et de vidéo sur iTunes sans DRM et avec une qualité sonore deux fois supérieure à celle proposée actuellement. On savait déjà que Steve Jobs en avait marre de vendre ses fichiers musicaux avec une chaîne et un boulet, il semble maintenant qu'il ait convaincu EMI de libérer sa musique (les Beatles, cependant, ne feraient pas encore partie du deal). Les morceaux du catalogue EMI téléchargés légalement sur iTunes auront cet avantage significatif sur les autres de pouvoir être écoutés partout, tout le temps, ce qui pourrait bien porter un coup à la concurrence. On se prend alors à rêver que les autres majors s'alignent sur EMI et qu'on en finisse enfin de la situation ridicule dans laquelle on se trouve actuellement.

Et puis pour nous autres audiophiles, la qualité des fichiers musicaux est aussi importante. Il n'y a aucune raison aujourd'hui pour qu'iTunes ne vende pas la musique en qualité SACD 5.1, il est grand temps qu'on ait la possibilité de télécharger des produits de qualité. Il est encore un peu tôt pour parler du futur ? Attendons au moins ce soir, quand le site de The Good, The Bad & the Queen devrait proposer son premier titre en téléchargement sans DRM et haute-qualité.




Mais elle m'a mis la fièvre

Posté par LovelyRita le 02.04.07 à 14:31 | tags : hip hop, vidéos musicales, youtube

La p'tite M.I.A. je l'aimais déjà bien avec ses tubes "Galang" et "Bucky Done Gone", avec sa dégaine à mi-chemin entre Mike Skinner et Lady Sovereign ! Je l'aime encore plus quand elle chante la grippe aviaire ("Bird Flu') entourée de poulets et de tambours exotiques !




Dylan chante pour les tout petits

Posté par 2goldfish le 02.04.07 à 10:21 | tags : bob dylan, folk, mp3, rigolo, web

Mon seul regret quant au dossier Bob Dylan que j'ai écrit l'an dernier, c'est de ne pas y avoir trouvé la place pour certaines raretés de son catalogue qui valent bien ses éclats de génie les plus connus. Raretés n'est peut-être plus exactement le terme quand on parle des exhaustifs coffret Bootleg Series, mais la qualité et la quantité des chansons que Dylan mettait de côté dans les années soixante, alors que la plupart des groupes pop raclaient les fonds de tiroir pour sortir leur deux albums par an (le "sophomore slump" y trouverait-il son origine ?).

La véritable rareté, quasi-introuvable jusque récemment, c'est ce mini album de chansons pour enfant. Sans doute Dylan voulait-il une fois de plus marcher dans les traces de Woody Guthrie qui sur la fin de sa carrière jouait à Yves Duteil pour ses gamins, composant des chansons comme "grassy grass grass" et la protest-song "I want my milk (I want it now)". Si on n'a pas peur du n'importe quoi, on pourrait voir dans ce folk enfantin un précurseur d'Animal Collective. Il y a en tout cas quelque chose d'un peu fou et dérangeant dans la façon de se mettre dans la peau d'un tout petit enfant de Guthrie. Il est d'ailleurs devenu effectivement fou un peu plus tard. Dylan, avec ses chansons inspirées par les livres pour enfants du Dr Seuss, était pour une fois loin du génie de son modèle.

 

 






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