Archives > Juin 2007Anton Prize - L'art de la sieste #14Posté par LovelyRita le 30.06.07 à 14:19 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? Une chanson pour vous sortir du lit ? Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? Quel est l'endroit le plus insolite où vous ayez dormi ? Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse
Les Freaks sont chicsToulouse, Jour 3. Palestine Vs. Tellier : sont tous bizarres ces artistes !? Mais ils nous font parfois rêver. Il y en a même qui aurait vu le Steinway décoller légèrement, d’une dizaine de centimètres au dessus de l’estrade. J’ai pas les photos. Installe ses peluches. Jette des foulards à terre et filme la scène. Boit du cognac, versé dans un ballon. Réclame le silence, longtemps, longtemps afin d’interprêter sa "strumming music" au piano. Public, sais-tu tenir ta langue ? Au bout d’une vingtaine de minutes, la réponse est évidemment non. Charlemagne Palestine se lève, redit que sa musique est très fragile, qu’il voulait que ça "flip-flop" entre nous, que ça l’a fait. Un grand flip ? un petit flop ? Quel dommage que les adultes ne puissent se concentrer une heure sur une musique que l’on n’entend pas tous les jours…
Soirée chez les freaks. C’était plus rituel des peluches, homme qui se bat contre l’indiscipline (bataille perdue d’avance) que communion avec le grand piano ; c’était davantage parodie de théâtre contemporain que pop ouvragée et crooning. Pourtant, lorsqu’elle se présente là où on ne l’attend pas, l’émotion frappe encore plus fort. Lawrence : Highlights, from the past and future
Même si cette fois, Lowlights from the past and future est signé chez le japonais Mule, c'est bel et bien dans cette catégorie qu'il faut placer Lawrence, producteur allemand élevé à l'electro pop de New Order, et plus tard, à l'hédonisme des premiers clubs gay de Hambourg, ville pourtant peu réputée pour sa douceur et sa mélancolie (Hambourg, la ville de Digitalism !!) dans lequel il joua ses premiers sets. Malgré sa légendaire discrétion, Lawrence fait partie des producteurs les plus talentueux de sa génération. Un type dont Thomas Fehlmann dit : "Avec Lawrence, vous êtes entre de bonnes mains. Tous les rythmes, les lignes de basse, les chorus sont choisis pour les bonnes raisons, sans ajouts ou colorants intempestifs. Il n'y a rien à jeter dans sa musique, il s'agit juste de pure émotion et celles-ci vous donne un accès direct à la vision du monde de Lawrence." Producteur et trainspotter hyperactif qui se cache sous des airs d'éternel jeune homme, Lawrence développe sous le nom de "Sten" une musique plus précisément tournée vers le dancefloor et sous celui de "Lawrence", des ambiances mi-technoïdes, mi-electronica, parfaitement illustrées par le premier morceau de Lowlights, "Friday's Child", avec son introduction tintinnabulante et frissonnante suivie d'une longue plainte ambiante à peine parcourue des battements de cœur d'une rythmique transie et de vagues de synthé légères comme des bulles de savon. Sur Lowlights from the past and future, Lawrence réunit d'ailleurs ses meilleurs morceaux : le fameux "Spark" que l'on retrouve sur de nombreux mix actuels, le remix trancey-planant de "My Aeroplane Mania" de son ami Turner, ou celui carrément pop du "Happiness" de Superpitcher. Sur ses propres morceaux, Lawrence semble toujours hésiter entre electronica et techno. "If you can't understand" par exemple, c'est un peu Boards of Canada signé chez Kompakt. Ou Metamatics version club. Idem pour le bleepé "Further" ou "Swap", une lente déambulation dans une ville imaginaire. Quant à "Aranda" sa relecture d'Egoexpress, elle s'articule autour d'une ritournelle à la guitare sèche et finie en apothéose "acid minimal house" virtuose. Sans oublier le sublime et tempéré "Untitled" qui mériterait pourtant un titre, une track dans l'esprit de son précédent album l'ultra-mélancolique The night will last forever. Finalement de son goût originel pour l'electro-pop, Lawrence a su garder le meilleur : les envolées lyriques de la première et les mélodies de la seconde, histoire d'arrondir les angles d'un certain minimalisme. Pour caricaturer, on pourrait dire de Lawrence qu'il produit de la techno pour ceux qui n'aiment pas la techno. Mais ce serait manquer de respect au genre. Répétons plutôt qu'il s'agit d'un des tous meilleurs producteurs de sa génération. A ranger aux côtés des Pantha Du Prince, Gui Boratto, Trentemoller et dans la digne lignée de géants comme Thomas Fehlmann ou Maurizio. Lawrence - Lowlights from the past and future (Mule/Nocturne, juin 2007) Charlemagne Palestine - L'art de la sieste #13Posté par LovelyRita le 29.06.07 à 15:34 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Je ne sais pas si cette interview crapuleuse, 13ème du nom et qui plus est, qui tombe un vendredi me porte bonheur ou pas ? Quelque part et dans un sens, je crois que oui, car je tombe de sommeil. Sans raison particulière, j'ai une folle envie de me rappatrier illico presto et incognito sur le canapé blanc qui trône au fond des locaux de Flu'...c'est l'effet Charlemagne Palestine ? Rien contre toi, Charlemagne, mais je pense que tu as sacrément réussi à coacher mon sommeil ! Du coup j'en fait profiter tout le monde et n'oubliez pas que Charlemagne Palestine joue ce soir aux Siestes Electroniques.
Une chanson pour vous sortir du lit ? Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? Quel est l'endroit le plus insolite où vous ayez dormi ? Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse Mange ton dessert et va faire ta sieste !Il planait un doux parfum de régression hier soir à la DRAC de Toulouse. Petits et grands (très grands, puisque la moyenne d’âge était les cheveux gris) ont atteint la jauge maximale de 300 personnes, laissant une foule de désirants sur le pavé… qui n’avaient plus qu’à aller se coucher.
A l’instar de mercredi, l’affiche du jeudi était extrêmement homogène : Pascal Comelade, réputé pour son utilisation des instruments d’enfants (piano jouet, castagnettes de plastiques, clochettes et tambourins fluos) partageait la soirée avec Pierre Bastien, un autre grand n’enfant de cinquante balais utilisant des mécanos pour ses comptines.
Pourtant, les cinq musiciens du Bel Canto Orquestra ont vite pris la tournure d’un groupe de balloche, certes pro et rigolo, mais parfois trop ringard pour une lecture au second degré. Il a fallu chercher au fond d’un verre de bière légère à la noix de coco (très en phase avec l’ambiance enfantine, écoeurante comme un paquet de bonbons) le grisement nécessaire pour ne pas voir l’impasse musique-à-papi dans laquelle le Catalan semble se fourrer, disque après disque. Les mélodies, imprégnées de nostalgie, parviennent à entretenir un certain charme, malheureusement plombé par une section rythmique volontairement pépère. Cohabitent l’absurde des instruments utilisés et le conventionnel un peu rébarbatif d’un tempo valsé ou rocké. Je sais, je pinaille et je pense que mon avis n’a pas été beaucoup partagé ce soir-là par un public conquis d’avance. Comelade est une légende mais j’en attendais plus, plus de débordements, de blues crado au mélodica, de rock and roll joué faux mais avec les tripes, plus de ce bricolage génial qui a fait le succès de l’Argot du Bruit.
Pascal Comelade et Pierre Bastien sont passés par les Interviews Crapuleuses. Surestimation
Nos fidèles lecteurs devraient maintenant s'attendre à la partie "personnelle" de mon billet, aussi appelée "l'enrobage de l'URL". Ici ça devrait être tout trouvé, il me suffirait de parler d'un disque que je pense surestimé. Sauf que, dommage pour moi, j'ai les goûts les plus consensuels du monde. Citez-moi un album encensé par la critique et il y a de très fortes chances que ce soit un album que j'aime. Que ce soit Sergent Pepper, Nevermind The Bollocks, Kind Of Blue, What's Going On et The Wall, malgré quelques grossses réserves je dois avouer que je les aime.
Non, mon problème c'est que je me surestime. Je suis incroyablement snob ! J'écarte sans y penser tous les gens qui estiment U2 ou Oasis. Si je prenais leur jugement en compte, je serais bien obligé de considérer leurs disques favoris comme surestimés. Je devrais aussi alors les écouter pour pouvoir en parler et je m'y refuse catégoriquement. Prins Thomas : Galactic Disco Prince
Pour le reste, sur Cosmo Galactic Prism, ce magnifique objet afro-psychédélico-disco-pop, Prins Thomas laisse de côté sa science des basses et du rythme néo-nu-növo-disco pour accoucher de deux heures de mix mutant à en avoir les oreilles qui saignent. Ça commence plutôt tranquillement avec Joe Meek donc, mais aussi des raretés dont les noms et titres parlent d'eux-mêmes. Des choses comme le Crue-L Grand Orchestra ("Candymoutains In The Rainywoods", wouah !), Glissandro 70 ("Bolan Puppets"), Uusi Fantasia ou tout simplement Musique ("Summer Love Theme"). Du côté des personnalités, on retrouve Holger Czukay de Can pour un morceau "kraut disco" synthétique hilarant "Cool In The Pool", Parliament et leur "Night Of The Thumpasorus Peoples" (quand je vous disais pour les titres !!), le pape néo-disco norvégien Bjorn Torske et même les abominables Finzy Kontiny dans une version instrumentale (ouf !) de leur tube "Cha Cha Cha" ! S'agissant des contemporains, Thomas convie Boards of Canada, Closer Muzik (le fabuleux "Maria") et le nouveau projet de Matias Aguayo ("Radiotaxi"), Recloose, The Honeymoon Killers et bien sûr Lindstrom lui-même. Pas les plus pourris donc. L'ensemble résonne de nappes de synthés vintage, de bongos et percussions diverses, relevés des claquements d'un implacable 4x4 plus ou moins disco et dispense parfois ses envolées de cordes ou ses crescendos de guitare kitch dans l'espace. Mais ne vous y trompez pas, Cosmo Galactic Prism s'écoute irrémédiablement affalé dans un transat en chemise hawaïenne de mauvais goût, les doigts de pied en éventail avec un cocktail décoré d'un petit parasol à la main. Ou encore "cool in the pool" et "hot on the dancing spot", comme le chantonne Holger Czukay sur le morceau éponyme, parfait manifeste de cette sympathique monstruosité. Carrément l'album de l'été, pas moins ! Prins Thomas Presents - Cosmo Galactic Prism (Eskimo Records/La Baleine, juin 2007) Appleblim - L'art de la sieste #12Posté par LovelyRita le 28.06.07 à 15:05 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Laurence Osborne d'Appleblim est passé par l'incontournable Interview Crapuleuse de Flu'. Samedi 30 juin, il sera aux Siestes Electroniques en concert gratuit à la Prairie des Filtres. J'dis ça, j'dis rien, mais pouvoir se rouler dans l'herbe au son du dubstep d'Appleblim, ça ne se rate pas.
Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? Une chanson pour vous sortir du lit ? Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? Mais dis-donc Appleblim, tu n'aurais pas croisé David Best de Fujiya And Miyagi une de ces nuits (cf. la dernière réponse de Best) !? Demain même heure, même endroit, un autre artiste programmé aux Siestes Electroniques répondra à nos questions. Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse
Siestes du soir, EspoirPosté par éèëê le 28.06.07 à 13:51 | tags : ambient, électro, interviews crapuleuses, live, siestes électroniques
Ca y est, le Festival des Siestes Electroniques a commencé ! Supersticieusement muni d’une vingtaine de tubes de crème solaire pour faire venir le soleil dans le Sud, éèëê a enfilé son pass press et son bermuda à fleur pour bien coller à l’indolence de la Ville Rose. Il m’aura fallu réapprendre la conduite. Les jurons automobilistes. Et aussi les rues étroites, les créneaux. A pied, même changement, Toulouse se traverse en moins de trois quarts d’heure. C’est bien la première fois que je suis dépaysé dans ma ville d’adoption ; suis-je devenu un titi parisien ? Argh ! Le festival des Siestes Electroniques aussi a changé. Changé d’endroit, puisqu’il investit cette année le bel Hotel de Cocagne de la DRAC. Mais sa musique, toujours aussi pointue et alléchante, attire un peu les mêmes marioles que les éditions passées (pour ce qui est des concerts payants) : des trentenaires avec ou sans piercing, prêts à passer 2 heures assoupis dans une chaise de jardin inconfortable ou assis en tailleur à même le gravier blanc.
Crânement, les derniers rayons de soleil retiennent encore un peu la tombée de la nuit au moment où Robert Henke, alias Monolake, s’escrime avec l’équipe technique pour faire sortir en six canaux son mix. La partie comique dure bien 10 minutes, et les auditeurs, bons joueurs, applaudissent la performance (Console Yamaha : 1 / Siestes : 0). Disposés en cercle autour du gourou Henke, les deux centaines de personnes présentes s’immergent avec lui dans une longue plage synthétique parsemée de bruissements d’insectes et de bouillonnements aquatiques. Le froid nous gagne progressivement, transformant la méditation apaisée en calvaire monacal ; au moment où les lèvres ont bleuies, le chaman central a sorti de son Mac portable un beat primitif et torturé, emballant par surprise la fin de son set dans une forêt de sons percussifs. Nous, disciples de Techno devant l’éternel, avons apprécié, applaudi, vénéré. Voir notre série Les Interviews Crapuleuses Siestes Electroniques ou comment allier musique et sommeil. Chet Baker : 20 ans après... le silenceEnregistré à Tokyo, il y a tout juste 20 ans, cette version de "My Funny Valentine" est l'une des plus émouvantes livrées par Chet Baker. Le chanteur et trompettiste semblait y célébrer l'anniversaire de sa propre mort qui, coïncidence, aura lieu jour pour jour un an après cette performance, le 13 mai 1988. La technique est peu assurée, la voix...guère plus vaillante mais chaque note manquante est à sa place (absente, coulée). Il y a quelques jours, on a appris que le biopic dont on causait en coulisses depuis quelques années était revenu dans l'agenda des studios hollywoodiens. Leonardo DiCaprio, pressenti pour le rôle depuis dix ans, aurait rendu finalement son tablier, au profit de Josh Hartnett. Bruce Beresford (Miss Daisy et son chauffeur) assurerait la réalisation. Véritable baleine blanche du cinéma musical, ce film devrait être tourné rapidement et sortir sous le titre The Prince of Cool. Le script tournerait autour des débuts du beau Chet et de ses errances en Italie, dans les années 60. En pré-production encore, le film ne serait toutefois pas sur les écrans avant 2008-2009, éternité salutaire pour revoir Let's Get Lost en DVD, le film référence sur le musicien. D'ici là, on aura sûrement eu droit au massacre de la vie de Miles Davis par... Don Cheadle (Hotel Rwanda, Ocean 12...). Dub Pistols : l'écho fantôme des révoltes passées
Avec Speakers And Tweeters, plus qu'une aventure, c'est à une renaissance que l'on assiste. Celle d'un certain esprit 80 déjà, une époque où les genres fusionnaient, en particulier dans le domaine du ska et du punk, quand les Clash, PiL, Gang Of Four ou les Specials justement, faisant danser les gens, noirs ou blancs, au rythme de musiques venues de bien plus loin que les seules îles britanniques. Renaissance pour les Dub Pistols également, dont on sent bien l'énergie renouvelée ainsi que la joie de créer et de jouer ensemble, sans les pressions d'une major. D'ailleurs sur Speakers And Tweeters, il faut voir comme le groupe qui se dit aussi bien influencé par Public Enemy que par Andrew Weatherall (des Two Lone Swordsmen), le pape dub King Tubby ou les Clash, s'approprie le "Rapture" de Blondie (encore un exemple de fusion pionnière puisqu'il s'agit du premier morceau commercial de hip hop "blanc" joué par un groupe punk-new wave), le "Peaches" des Stranglers ou encore, reprend le fameux "Gangsters", l'incontournable hit des Specials. Les échos profonds de la Jamaïque, berceau insulaire du hip hop, résonnent également sur tout l'album et on imagine sans peine des tracks comme "Running fFrom The Thoughts" feat. Rodney P. ou "You'll Never Find", joués dans les rues de Kingston. Il est toujours amusant de voir comment, en naviguant entre racines et modernité, les petits blanc gorgés de musique noire que sont les Dub Pistols réinjectent un peu de la science immémoriale des dub masters originels dans leur musique et propulsent le ska dans le futur, tout en faisant sourire les plus vieux aux fantômes du passé. Et qui a dit, justement, que le dub était une histoire de fantôme ? Dub Pistols - Speakers And Tweeters (Sunday Best/Naïve, avril 2007) http://www.myspace.com/thedubpistols Ecoutez les Dub Pistols sur les Radios de Fluctuat : Radio Flu, Radio Reggae, Radio Dub et Radio Hip Hop. Trax : support the causeComme certains d'entre vous en ont certainement entendu parler, la société Cyber Press Publishing, qui édite le magazine Trax, est actuellement en liquidation judiciaire. Des offres de reprise ont été soumises au tribunal de commerce de Nanterre, qui rendra son jugement jeudi 5 juillet. L'équipe interne de Trax a d'ores et déjà présenté son offre et espère qu'elle aura les faveurs du tribunal. Dans l'attente, Trax et ses journalistes travaillent sur le numéro d'été (parution mi-juillet) et préparent l'avenir. Comme cette liquidation n'a en aucun cas à voir avec le magazine lui-même (le mag se portait plutôt bien) et ne concerne directement que le groupe de presse, l'équipe ne se laisse pas abattre. Pour preuve, le mag participe ce soir à 20h, à la soirée de clôture du Festival Mix Média, "le seul festival où les médias mixent", 65 bd de la villette, Paris 10. Au programme TRAX vs TRACKS (l'émission sur Arte) & ALTERNATIVES (l'émission sur France Inter) ! COME AND SUPPORT THEM !!
L'équipe attend également vos messages de soutiens sur son blog et son profile myspace. Thanks again. Henning Specht - L'art de la sieste #11Posté par LovelyRita le 27.06.07 à 15:14 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Henning Specht meurt d'envie de rejoindre sa peau de bête, alors il fait court pour l'interview crapuleuse du jour ! Et ne manquez pas de faire un tour aux Siestes Electroniques, ça commence aujourd'hui ! Bon festoche !!
Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? Une chanson pour vous sortir du lit ? Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? A demi-nu sur une peau d'ours devant un feu de cheminée... Revenez demain, il y en aura d'autres (pas d'inquiétude, c'est bientôt fini :0) Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse
Marylin Manson : la critique subjective en rébusAprès la critique la plus courte du monde, la plus bête de l'histoire de fluctuat : le nouvel album de Marylin Manson, Eat Me, Drink Me, est un album tout à fait NORMAL (non, ce n'est pas une insulte), un album de guitares indie rock ou si ce n'était la voix caverneuse de l'ancien Prince des Ténèbres (le seul élément qui le rattache à son passé), on se croirait partout ailleurs sur une jolie bande FM. N'ayez plus peur, parents d'Amérique et d'ailleurs. Marylin parle rupture et raconte sa vie comme tous les autres. Enlevez les belles images gothiques qui donnent couleur et texture à l'ouvrage et il ne reste plus que le petit coeur qui vomit au lieu de pleurer, tendre comme de la pop music, électrique comme un très bon rock français. La balade au Marylinland ressemble à une excursion bucolique dans un champ de coquelicots carnivores. Dita, pourquoi m'as-tu abandonné ? Critique rébus en images :
A écouter d'urgence : "If I Was Your Vampire" (qui rappelle le "If I Was Your Girlfriend" de Prince); "Mutilation Is The Most Sincere Form Of Flattery" (on croirait un titre de Morrissey) ; "Just A Car Crash Away" (superbe morceau romantique et ballardien); "Are You The Rabbit ?" (très Alice au Pays des Merveilles). L'album est placé sous le parrainage sonore de Cure, véritable influence cachée du natif de Canton (Ohio). Do the Daft Hands !Il n'y a apparement pas que les fans de Michael Jackson ou un Zidane retraité qui n'aient rien à foutre de ses journées. Une demoiselle habile de ses mains, avec un bon sens du rythme et surtout beaucoup de répétitions illustre la chanson "Harder, Better, Stronger" de Daft Punk. Comme quoi, pas besoin d'engager un célèbre dessinateur pour faire ses clips. On a quand même une pensée pour les probables nombreux ratés avant cette tentative fructueuse, mais le résultat est là, très original, et montre qu'on peut faire beaucoup avec pas grand chose, et surtout nous complexe face à notre propre incapacité à ne serait-ce que suivre le premier mouvement du refrain (on a tous essayé...) "Ok, alors index gauche, paume droite avec le pouce, puis revers de la main... euh non... et merde !" Thomas Fehlmann : Techno Legend
Avec Honigpumpe, son nouvel album, c'est un peu tout ce qui fait la légendaire techno "made in Berlin" qui se rappelle à notre bon souvenir : la profondeur de champ, le rotondité des rythmes, la lourdeur de ses basses jamais loin du dub, ses harmoniques à la fois chuintantes et bondissantes ("Schaum", "T.R.N.T.T.F." ) et ce que j'appelle "l'effet vent glacé sur poussière de sable jamaïcain" parfaitement illustré par le track "Bienenkönigin". En bon "nouveau vieux", Thomas Fehlmann entretien l'héritage d'une techno aussi agréable à écouter dans son salon qu'en club (cosy, le club), à la manière des mythiques Basic Channel et autres Chain Reaction. Si l'on devait décrire plus précisément la musique de ce pape de la techno rêveuse et introspective, il serait indispensable de signaler à quel point elle est fondamentalement éloignée de son homologue des stades (le privilège de la maturité sans doute), même si non dénuée de groove et même parfois franchement club (voir "Little Big Horn" ou "Dusted With Powder" sur Honigpumpe). Sa légèreté, mais aussi sa force en font un irremplaçable point de repère pour toute une génération de producteurs allemands actuels, de Superpitcher à Michael Mayer en passant par Justus Koehncke, Pantha du Prince ou Lawrence. Moins hétérogène que Vision Of Blah, son précédent album, Honigpumpe se présente comme une suite logique de morceaux ambiant-techno classieux et romantiques (voir l'épique "With Oil"), à l'image de la ville qui l'accueille aujourd'hui et de sa mythologie trans-européenne. On pourrait continuer et développer comme ça, track by track, mais il suffirait d'un mot, un seul, pour résumer Honigpumpe : "somptueux". Tout simplement. Et il suffira certainement d'un petit tour sur le profil myspace du bonhomme pour vous en persuader. Thomas Fehlmann - Honigpumpe (Kompakt/Nocturne, juin 2007) Les dix commandements du guitariste selon Captain BeefheartNon non, ne fuyez pas, je ne vais pas vous parler des leçons de guitare d'Yngwie Malmsteem ni de cheat-codes pour guitar hero mais de véritables conseils utiles proposés par quelqu'un qui sait de quoi il parle : Captain Beefheart. Toute une philosophie de la guitare intelligente, drôle et très juste pour jouer comme Gary Lucas ou Marc Ribot et surtout pas comme Steve Vai.
2. Votre guitare n'est pas vraiment une guitare : Votre guitare est une baguette de sourcier. Utilisez-la pour trouver des esprits dans l'autre monde et les ramener. Une guitare est aussi une canne à pêche. Si vous êtes bons, vous en tirerez un gros. 3. Entrainez-vous devant un buisson* : Attendez que la lune se lève puis sortez, mangez un pain aux graines et jouez de votre guitare devant le buisson. Si le buisson ne remue pas, mangez un autre morceau de pain. 4. Marchez avec le diable : Les vieux joueurs de blues du Delta appelaient leur ampli une "boîte du diable". Et ils avaient raison. Vous devez être un employeur qui ne fait pas de discrimination à l'embauche quand vous ramenez quelqu'un de l'autre côté. L'électricité attire les démons et les diables. Les autres instruments attirent d'autres esprits. Une guitare acoustique attire Casper. Une mandoline attire Wendy. Mais une guitare éléctrique attire Belzébuth. 5. Si vous êtes coupable de pensée, vous êtes viré : Si votre cerveau entre dans le processus, vous êtes en train de passer à côté. Vous devriez jouer comme un type qui se noie, luttant pour atteindre la côte. Si vous pouvez piéger ce sentiment alors vous avez un truc à fourure. (?!) 6. Ne pointez jamais votre guitare vers quelqu'un : Votre instrument a plus de pouvoir que la foudre. Jouez juste un gros accord et courez dehors pour l'entendre. Assurez-vous que vous n'êtes pas dans un espace ouvert. 7. Ayez toujours votre décapsuleur : Vous devez avoir votre décapsuleur avec vous et utilisez-le quand on vous le demande. C'est votre part de l'arrangement. Comme One String Sam. C'était un musicien de rue à Détroit qui jouait d'un instrument qu'il avait fabriqué lui-même. Sa chanson "J'ai besoin de cent dollars" c'est du chou à la crême. Un autre porteur de décapsuleur était Hubert Sumlin, le guitariste de Howlin' Wolf. Il se tient juste là debout comme la statue de la liberté, vous donnant envie de regarder sous sa robe pour voir comment il fait. 8. N'essuyez pas la sueur de votre instrument : Vous avez besoin de cette puanteur dessus. Ensuite vous devez mettre cette puanteur dans votre musique. 9. Gardez votre guitare dans un endroit sombre : Quand vous n'en jouez pas, couvrez votre guitare et gardez-la dans un endroit sombre. Si vous n'en jouez pas pendant plus d'une journée soyez sûr de lui laisser une soucoupe d'eau. 10. Vous devez avoir un capot sur votre moteur : Portez un chapeau quand vous jouez et gardez-le sur votre tête. Un chapeau est une cocotte-minute. Si vous avez un toit sur votre maison l'air chaud ne peut pas s'échapper. Même un haricot de Lima doit être enroulé dans une feuille de papier mouillée pour pousser. (via Music Thing, qui propose aussi pour les autres une guitare-épée avec des ailes) * "bush" peut aussi se traduire autrement, vous le savez sans doute. Joakim - L'art de la sieste #10Posté par LovelyRita le 26.06.07 à 14:55 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Joakim est très fatigué aujourd'hui, il a très mal dormi la nuit dernière, d'où le masque ! Que se passe-t-il Joakim ? Tu as fait des cauchemars avec des monstres ? Allez prends des cookies (ils sortent du four), assieds-toi et racontes-nous tout, on t'écoute.
Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? Une chanson pour vous sortir du lit ? Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? Les Siestes Electroniques, le festival qui sieste en musique, commencent demain et Flu continuera à vous délivrer ses interviews crapuleuses en toute impunité. Pour vous tenir en haleine, Charlemagne Palestine, Anton Prize et d'autres sont attendus. Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse
The Teenagers viennent à la maisonRien à voir avec le groupe de doo-wop des années 50, nos Teenagers à nous sont à mi-chemin entre Paris et Londres - tant qu'à faire... - et nous délectent de biens jolis morceaux. Michael Szpiner, Dorian Dumont et Quentin Delafon (loin d'être des teens eux) débutent à peine que la réputation on the web de leur groupe de The Teenagers commencent à enfler sévèrement. Au détour d'un myspace nourri de quatre morceaux, ils s'affirment comme un groupe à suivre. Concept travaillé et assumé, The Teenagers, comme leur nom l'indique, parlent dans leurs chansons de cette période adolescente, cet état d'esprit d'ouverture et d'expérimentations puériles. Entre innocence et déviance, humour frivole et insouciance épicurienne, The Teenagers sonnent justes, posés, comme omniscients, figurants et narrateurs des scènes qu'ils transcrivent. Entre J. D. Salinger et Bret Easton Ellis, entre la B.O. de Virgin Suicides et The Chameleons, nos Teenagers sont des ados d'une autre époque. Ou plutôt des ados occidentaux universels. Le clip vintage de leur premier single Homecoming, drôle et décalé (et Starlett Johansson à écouter sur leur myspace vaut le petit détour) : Telefon Tel Aviv : Computer Pop
Malgré ce premier jet étonnant, le duo n'a malheureusement pas réussi à remettre ça. Leur second essai n'avait ni la maturité, ni la grâce du premier. Pourtant Remixes Compiled remet le couvert et il a beau s'agir d'une série de relecture de travaux d'autres formations, cet album par son tracklisting au choix judicieux s'écoute comme un disque total, une oeuvre unique. Preuve qu'en état de grâce, Eustis et Cooper sont toujours capable d'accoucher de paysages sonores contrastés, mais homogènes, baignant dans une globalité de ton qui transporte l'auditeur sur les cinquante minutes de l'album. Il faut dire que les originaux n'ont rien à se reprocher. Sur Remixes Compiled, le duo s'offre tout ce que le rock indé actuel pond de mieux (le vrai rock indé s'entend, pas les "inrockuptibleries"), d'American Analog Set à Marc Hellner, en passant par Slick, Midwest Product ou John Hughes, sans oublier des outsiders comme Bebel Gilberto ou Nine Inch Nails (il faut voir comment le duo transcende "Even Deeper", déjà un des plus beaux tracks de l'album The Fragile). Peu importe le support, tout ce qu'Eustis et Cooper touchent se transforme en or. Ecoutez le "BBQ Plate" d'Ammoncontact, une track post-rock épique avec son accélération finale et vous comprendrez que je veux parler de magie. Leur recette ? Un savant dosage de rythmes langoureux, de bleep et de mélodies pop, avec une nette préférence pour les morceaux downtempo, qui leur permet une approche lente, mais une accroche immédiate, de l'auditeur. Telefon Tel Aviv ne dénature pas le morceau originel, mais lui donne un nouveau relief. Les fans des groupes remixés retrouvent donc la saveur de l'original, un supplément d'émotion en plus, doublée d'une vision nouvelle de l'œuvre choisie. Au final le duo nous offre l'un des plus beaux albums de pop électronique du moment avec le Walls d'Apparat. Le bonus ? C'est un album qui, comme tout bon disque de remixes, donne à la fois envie de se pencher sur les œuvres originales réinterprétées ici et de réécouter le magnifique Fahrenheit Fair Enough. Telefon Tel Aviv - Remixes Compiled (Hefty Records/La Baleine, avril 2007) http://www.myspace.com/telefontelaviv Marco Passarani - L'art de la sieste #9Posté par LovelyRita le 25.06.07 à 15:04 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Aujourd'hui on ceuille Marco Passarani au réveil. Je sais pas s'il a mal dormi ou s'il nous en veut de l'avoir réveillé à 15h, mais ses yeux disent "chien méchant". On lui laisse 5 minutes pour se brosser les dents et se prendre un café et on y va, nous on a une interview à faire !
C'est une playlist que je suggèrerai pour une positive et bonne sieste, mais j'avoue, si on passe de la bonne musique je serais incapable de dormir. Une chanson pour vous sortir du lit ? Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? Et demain, c'est au tour de qui ? Vous verrez bien, restez éveillé ! Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse
The Go! Team vs. mon imaginationEn entendant "Grip Like A Vice", le premeir extrait du nouvel album de The Go! Team j'avais à l'esprit plein d'images de toutes les couleurs, des gens qui dansent et qui sautent et un clip qui aurait mélangé le gimmick usé jusqu'à la corde du clip de "Subterranean Homesick Blues" de Dylan avec les onomatopées de la série télé Batman des sixties. Ignorant obstensiblement les ondes positives envoyées par mon cerveau et le reste de la blogosphère, les Anglais ont opté pour une esthétique "bronx dans les seventies" qui à mon grand étonnement fonctionne parfaitement. Je n'entend même plus la même chanson maintenant, même quand je ferme les yeux. Le joyeux bordel est toujours là mais avec une pointe de colère même pas cachée mais que je ne soupçonnais pas. Sans doute est-ce parce que le groupe donne toujours l'impression de jouer trois chansons en même temps : j'en entends une de plus maintenant. Mon imagination : 0 ; The Go! Team : 3. Stylus, je t'aime
Ce qui différencie Stylus de la plupart de ses concurrents c'est qu'outre le fait qu'ils ne craignent pas de regarder régulièrement vers le passé, ils traitent toutes les musiques avec le même intérêt. Qu'ils parlent du dernier Slayer, de Ciara ou de Scott Walker, ils ne le font jamais en touristes. Ils approchent chaque style en tenant compte de la tradition dans laquelle il s'inscrit et ne les jugent pas selon des critères étrangers. C'est une démarche que je respecte et à laquelle j'aspire. En plus leur arbitrage a posteriori de l'affaire Blur vs. Oasis était très méchant et très drôle. En conclusion, je dirais juste : restez ici, lisez fluctuat, le meilleur webzine culturel du monde. Pascal Comelade - L'art de la sieste #8Posté par LovelyRita le 22.06.07 à 15:07 | tags : interviews crapuleuses, rock, siestes électroniques
Pascal Comelade, tu réflechis trop...d'ailleurs à quoi tu penses ? A la quiche lorraine que tu as mangé hier, à ce que t'a dis ta voisine quand tu l'a croisé à la boulangerie ou est-ce plus profond, plus cérébral ? Ah ok, je vois, tu essaies de donner le meilleur de toi-même pour le 7ème volet des interviews crapuleuses de Flu' !!
Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? Une chanson pour vous sortir du lit ? Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? Les interviews crapuleuses, c'est pas fini, la suite dans les jours à venir. Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse
White Stripes - Icky Thump - la plus courte chronique du monde !
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Les White Stripes sortent un nouvel album, Icky Thump. Ils jouent de la musique de White Stripes dessus, pas comme sur le précédent. Plutôt bien.
PS : Je l'ai pas encore écouté mais on m'a dit. Apple et The Beatles : la pomme de discorde ?Apple + McCartney + Converse = la dernière pub pour Ipod. L'univers merveilleux dans lequel McCartney évolue (dans la pub) serait-il le signe d'une entente cordiale entre la compagnie et l'ex-Beatles ? Jusqu'à aujourd'hui, le catalogue des Beatles est absent de toutes les plateformes de téléchargement de musique en ligne. Le nouvel album de McCartney "Memory Almost Full", lui est disponible depuis début juin sur Itunes. Dans un communiqué de presse datant de mai, Apple a annoncé la mise à disposition des 25 albums solo du chanteur dans le courant du mois de juin. "Paul McCartney est l'un des plus grands musiciens de tous les temps et nous sommes extrêmement enthousiastes à l'idée de proposer sur iTunes son premier album diffusé au format numérique", a déclaré Steve Jobs. Concernant la disocgraphie des Beatles, un accord est en cours... Fête de la Musique 2007
Place de la Sorbonne A Bastille A la Cité de la Musique Au Point Ephémère
A Marseille (3ème arrdt) A Nîmes A Béziers Aux Sables d'Olonne Si pour vous une bonne Fête de la Musique se mesure au nombre de stars que vous avez vues, apperçues mais pas forcément entendues, voilà de quoi satisfaire vore soif : - Richard Bohringer : Il sera accompagné du groupe Aventures pour un concert au Cabaret Pirate (75013) - Vitaa, Mika, Avril Lavigne, Christophe Willem et d'autres à l'Hippodrome d'Auteuil (75016)...je pense que là vous aurez rempli votre quota de stars - Olivia Ruiz, Les Têtes Raides, Didier Super à l'Hôtel de Sully (75004) - Da Silva, Françoiz Breut au Palais Royal (75001) Fujiya & Miyagi - L'art de la sieste #7Posté par LovelyRita le 21.06.07 à 15:28 | tags : électro, interviews crapuleuses, pop, siestes électroniques, youtube
Ca y est il est 15h30, l'heure de la sieste est finie. Problème : vous avez un peu de mal à émerger et vous avez RDV dans 15 minutes avec votre patron pour négocier votre salaire...15 minutes c'est pas énorme, mais c'est assez pour vous réveiller tout en douceur grâce à Fujiya And Miyagi. Electro, pop, touche seventies et domino attitude dans le clip de "Ankel Injuries". Alors voilà, tout cette intro foireuse et ce clip pour vous introduire l'interview de Fujiya And Miyagi...c'est David Best qui nous répond. Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? Une chanson pour vous sortir du lit ? Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? Demain, la suite de nos interviews crapuleuses (ça ne s'arrêtera donc jamais ?!) Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse Tu fais quoi pour la Fête de la Musique ?Fête de la Musique c'est aujourd'hui et dans le monde entier, petite sélection d'affiches (Berlin, New York et Italie), le reste c'est ici
La Fête de la Musique, quelle jungle, quelle casse-tête pour dénicher les bons plans et éviter les reprises de Nirvana, de Telephone ou les concerts de djumbe. Petit guide de survie par la rédac' de Playlist. LovelyRita vous propose : Rock'n'Docs Au programme : Emission Pop 2 de Claude Ventura, La grande galère du rock français : Le Havre de Michel Vuillermet, You'll Never Walk Alone de Jérôme de Missolz et Evelyne Ragot, Glastonbury de Julian Temple (en avant-première), The Devil and Daniel Johnston de Jeff Feuerzeig, Banlieue Rock : Dernier Pogo à Paris de Michel Vuillermet, D.O.A. de Lech Kowalski et Stop Making Sense de Jonathan Demme Manifestation payante - Plus d'infos ici La fête de la Musiqe à la Fondation Cartier Soirée gratuite mais sur invitations !
Kris vous propose : La fête de la Musique au Batofar Dédiée à la drum'n'bass et au hip-hop, la soirée au Batofar consacrée à la fête de la musique cette année accueillera : Crazy B, de Birdy Nam Nam, pour deux heures derrière les platines ; Dj Aphrodite, fondateur du label Urban Takeover aux cotés de Mickey Finn prendra ensuite la relève pour un dj set exceptionnel en extérieur. Et pour en rajouter, Ed Rush & Optical, fondateurs de Virus Recording et figures emblématiques du mouvement drum'n'bass viendront montrer ce qu'ils savent faire. Soirée gratuite jusqu'à minuit, payante après.
Myosotis vous propose : Two Hats In A Crowd Plus d'infos ici
Alex vous propose de rester chez vous : L'INA fête la chanson française La Fête de la Musique pour les kids Et nouveauté pour l'édition de cette année, le 21 juin se décline aussi pour les enfants. Pour la toute jeune génération, si vous manquez d'inspiration voir la programmation enfants de la Villette et faites-leur lire le dossier consacré à la Fête de la Musique sur le site Momes.net
Bernard Manning chante les SmithsCeux qui en ont marre d'entendre causer ici des qualités (innombrables) des Smiths et de Morrissey pourront toujours me jeter ça à la gueule la prochaine fois : parodie en clip de l'humoriste mancunien Bernard Manning, estampillé "comique préféré de Mark E. Smith" (ça faisait bien 5 jours qu'on en avait pas parlé). Et ça vaut vraiment le coup, même si ce n'est pas VRAI. En attendant, le Moz poursuit sa grande et interminable tournée; Johnny Marr donne une interview au NME ; et les Smiths continuent d'être les seuls (heureusement) à ne pas se reformer. Plus que quelques jours pour... ... Christian Marclay à la Cité de la Musique. Depuis près de 30 ans, Christian Marclay s'évertue à travailler, triturer, profaner le son. Mais il n'est pas musicien, il utilise les divers supports de la musique pour en sortir des sons, jouant sur le symbole et altérant leurs perceptions première. Comment faire le tour de force d'exposer les travaux d'un artiste dont le sujet artistique est le son ? L'Expo Relay ayant lieu en ce moment même à la Cité de la Musique, et ce jusqu'au 24 juin 2007. Flu a testé pour vous... Et ça vaut le coup !Aimer et juste aimer
J'en suis venu à la conclusion vaguement satisfaisante que s'il existe quelqu'un de suffisament passionné par une musique pour la jouer, il s'en trouvera bien d'autres pour être passionnés par son écoute. Reste à savoir s'il en existera beaucoup ou pas, d'où l'intérêt de Popscores, une étude marketing pleine de gros mots comme "marques", "amour" et "ventes". Ces Britanniques en ont interrogé un paquet d'autres pour savoir s'ils aimaient (love) ou s'ils aimaient juste (like) trois cent artistes et s'ils achèteraient leur prochain disque. Il en sort que "juste aimer" quelqu'un ne veut pas dire qu'on va acheter son disque (en moyenne trois personnes sur dix seulement le feront) alors que "l'amour", le vrai, c'est presque comme un contrat. On apprend que les fans de Muse, Michael Jackson et Gorillaz sont les plus fidèles, 80% de leurs fans se déclarant certain d'acheter leur disques. A l'inverse moins de la moitié des "fans" des Stones ou de Clapton achèteront leurs disques. C'est pas vraiment de l'amour ça, m'enfin j'imagine que ces gens ont été échaudés par trop d'albums douteux au fil des ans. Le fan de Michael Jackson, par contre, est véritablement un fanatique et ça n'étonnera personne après tout ce qu'il a traversé sans jamais remettre en cause son amour. C'est beau. Le fan de Gorillaz m'étonne mais c'est peut-être juste un menteur qui sait qu'il ne s'engage à rien en promettant d'acheter un disque qui ne sortira jamais.
Pierre Bastien - L'art de la sieste #6Posté par LovelyRita le 20.06.07 à 15:03 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Interview crapuleuse, 6ème du nom avec Pierre Bastien. Pierre Bastien aime bien les mécanos (oui, à 30 ans, il assume très bien), déjà à 10 ans il s'était construit une guitare à 2 cordes. Un peu plus tard c'est un métronome et une poêle à paella qui lui tombent sous la main...Entre deux rêves de robots, il répond à nos questions.
Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? Une chanson pour vous sortir du lit ? Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Demain, la suite de nos interviews crapuleuses ! Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse Omaha Smack My Bitch UpImaginez une fesse-batterie, une nénette-guitare, une femme-micro... Accordez la guitare avec les doigts de pied, tapez comme un bourrin sur l'arrière-train de jolies demoiselles...laissez-vous aller ! Le groupe toulousain Omaha Bitch ne s'en prive pas dans le clip de "Dancing Cyprine". Sur fond de rock à haute dose de testostérone, ça passe très très bien... Menomena à la cantineVous serez sans doute heureux d'apprendre que j'ai dépassé ma peur de la répétition et que je n'ai aucune honte à poster encore une vidéo de Menomena, cette fois celle du tout nouveau clip de "Rotten Hell" grâce auquel on se souvient que si le cinéma a été inventé, c'est en bonne partie pour les batailles culinaires. J'ai une théorie selon laquelle Menomena est en fait un TV On The Radio échappé d'une dimension parallèle dans laquelle Tunde Adebimbe et ses potes auraient écouté de l'indie-rock canadien plutôt que du doo-wop. Selon cette théorie, Rotten Hell serait leur "Province" et les quelques similarités de leurs vidéos respectives ne font que confirmer mon intuition. Reste encore à déterminer lequel des deux groupes est le double maléfique de l'autre. Angel - L'art de la sieste #5Posté par LovelyRita le 19.06.07 à 15:11 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Bah ouais, Dirk Dresselhaus d'Angel a tout compris à la sieste. Lui, il la fait en bronzant : avec lunettes de protection, mains sur les cuisses...et tout habillé ! Dresselhaus de Schneider TM est à l'affiche des Siestes Electronique avec le projet Angel, qui réunit Ilpo Väisänen de Pan Sonic et Hildur Gudnadottir, violonceliste de Mùm. Au nom d'Angel, c'est Dirk qui a répondu à notre questionnaire "Dis-moi comment tu dors et je te dirais qui tu es !"
Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? Une chanson pour vous sortir du lit ? Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Demain selon l'humeur du jour, interview de Charlemagne Palestine, Pierre Bastien ou d'un autre. Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse
Editors : An End has A Start, album de la confirmation Le second album des Editors, quatuor anglais de Birmingham, était très attendu par ceux qui, comme nous, avaient retenu les belles promesses de The Back Room, leur premier essai, mais aussi considéré que la bande à Tom Smith avait dans les jambes quelque chose de bien meilleur et susceptible de rivaliser avec l'intensité des pères fondateurs de la New Wave ou tout bêtement de leurs héritiers US récents. A paraître dans quelques jours maintenant, An End Has A Start est à deux doigts de relever le défi d'une riposte britannique à Interpol qui mettrait la voix caverneuse de Paul Banks au tapis et ferait rendre raison à la rythmique de Fogarino et Dengler. L'album démarre en fanfare sur l'un de ses meilleurs titres : le single "Smokers Outside The Hospital Doors", titre enlevé, grave, emmené par une imagerie percutante (les lignes de fumeurs autour de l'hôpital, les fumées,....) et un rythme efficace. "An End Has A Start" et "The Weight of The World" lui succèdent avec un certain bonheur, posant les jalons du nouveau son des Editors : des mélodies plus travaillées, une tendance à souffler le chaud et le froid qui n'est pas sans rappeler les débuts (excellents, rappelons-le aux plus jeunes) de Placebo, et une mélancolie portée à bout de cordes vocales par le chanteur Tom Smith, principal compositeur, et plus bel organe baryton du rock depuis Joy Division et, toujours, Interpol. La voix de Smith porte les chansons une à une et les amènent un peu plus haut que ce qu'elles valent en réalité, cachant parfois les petites faiblesses de l'orchestration ou de la composition (le médiocre et emballé "The Racing Rats"). Cette voix en trompe l'oeil fascinante reste le principal atout d'un groupe qui largue ici la clique des exaltés Franz Ferdinand et autres (à venir) The Twang pour se ranger dans le clan des groupes capables de s'arrêter pour laisser parler leur musique. Chris Urbanowicz, à la guitare, Russel Leetch, basse, et Ed Lay, batterie, fournissent un son très Cold Wave, qui a le mérite de ne pas céder au travers de l'épanchement. Les Editors se paient le luxe de placer des solos intéressants et atmosphériques dans des chansons qui, malgré tout, ne franchissent que rarement le cap des 4 minutes (une bénédiction). Le seul défaut du groupe sur ce second album aura été d'abuser quelque peu du synthétiseur (à moins qu'il ne s'agisse d'un problème plus général de production), ce qui amène régulièrement à une invasion de l'espace sonore traditionnel par une nappe d'aigus peu à propos, façon expérimentation de Père Ubu. Ce reproche excepté, les titres de l'album volent assez haut qu'il s'agisse des titres rapides ("When Angers Show", "Escape The Nest") ou de titres plus lents, comme le crépusculaire et terminal "Well Worn Hand", 2 minutes et 56 secondes de délicatesse et de beauté pure. Les paroles sont assez peu prétentieuses dans l'ensemble et suffisamment floues et elliptiques pour donner le sentiment que le groupe a des choses à dire. An End Has A Start sonne bien, finalement, comme la fin du début pour les Editors, entrés avec cet essai, dans le petit monde des groupes qui font du très bon rock indie et qui peuvent espérer un jour succéder à U2 sans avoir à tomber trop tôt la culotte. Pour ceux qui veulent aller vérifier sur pièces, les Editors seront aux Eurockéennes de Belfort le 30 juin et à Solidays le 6 juillet. Les live qui traînent sur la toile ainsi qu'une récente Black Session sur France Inter ont démontré qu'ils étaient une belle machine de concert. Misha, leçon de zen-pop
C'est sans doute ce genre de chose que je dois faire, tenter d'expliquer, d'éclairer la musique à l'aide d'images, d'analogies ou juste de quelques adjectifs bien sentis qui transformeront votre écoute ou du moins vous la feront aborder sous un angle légèrement différent. C'est rare, mais il peut arriver qu'une chronique bouleverse notre approche d'un disque, nous le révèle, nous le fasse comprendre. Dans l'idéal c'est ce que je devrais faire avec ce billet. Manque de pot je n'ai vraiment pas grand chose à dire sur Misha. La pop de Misha est un peu éléctronique mais pas trop. Un peu triste et un peu joyeuse, un peu bricolée et un peu soignée... Elle offre vraiment une surface lisse qui résiste à la critique. Je pourrais certainement élaborer quelque analogie zen, parler d'un miroir dans lequel l'auditeur se reflète ou je ne sais quoi, histoire d'éviter de donner l'impression que ce disque n'est finalement qu'un produit générique, sans forme et sans saveur mais j'aurais l'impression de tricher. S'il y a quelque chose de zen à tirer de cette écoute, c'est sans doute qu'elle pousse au renoncement. Renoncer à classer, renoncer à comprendre et renoncer à expliquer, autant de choses dispensables devant une musique aussi évidente. Je vous remets un lien vers leur Myspace une nouvelle fois et puis je vous laisse en faire ce que vous voudrez. Misha - Teardrop Sweetheart (Tomlab, juin 2007) Xela - L'art de la sieste #4Posté par LovelyRita le 18.06.07 à 15:23 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Cette semaine, Flu continue à vous proposer ses interviews crapuleuses. Chaque jour, un artiste des Siestes Electroniques répond à nos questions autour de la sieste. Aujourd'hui, John Twell de Xela est sorti de son lit et nous expose son art de la sieste.
Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse
Timbaland et The Hives sur un ringQuand les guitares de The Hives cognent sur l'inévitable Timbaland, ça donne un featuring sur l'album de ce dernier. En vidéo "Throw It On Me", ce n'est rien d'autre qu'un Sin City bis. Rien d'époustoufflant dans ce clip et cette chanson, si ce n'est que Timbaland est agaçant à force de grimacer. Allez quand même jusqu'au bout, à la fin vous pourrez voir une nana tenter d'étouffer son adversaire avec son bel-arrière train et tout ça sur un ring au haut d'un gratte-ciel... Diam's, toi même tu le sais Souvent via le formulaire de proposition nous recevons du spam, nous recevons des messages incompréhensibles, parfois des insultes et d'autres fois juste des trucs qui ne collent pas avec l'esprit du blog. Aujourd'hui, Lambdada nous a envoyé ça et je crois que ça mérite une publication entière, inexpurgée et sans commentaire.TU SAIS Diam's J’ai écouté ton album et… tu sais Diam’s Quand tu rencontreras le père de tes enfants, Celui qui te feras croire qu’il est parent /amant Tu le vois, tu te dis il est beau, il est fort, Il va nous protéger, m’aimer jusqu’à ma mort. Mais quand t’auras fini d’être sa boîte à bébés, Il te crachera dessus pour mieux te piétiner ! Quand t’auras plus de place pour ses couteaux dans le dos, Il se trouvera une pétasse en te laissant les marmots ! Heureusement que tu les as car ta seule bouée, C’est de voir dans leurs yeux leur amour te soigner ! Mais la blessure balèse te laissera en malaise, Alors regarde le bien avant qu’il ne te BAISE ! Tu sais Diam’s, Tu craches sur Sarko cet espèce de mytho, Qui fait des lois de France des coups pieds dans le dos, Moi j’avais déjà Pasqua Qui lui coupait les droits ! Ils ont peur d’une violence engendrée par leur haine ! Ils n’ont jamais compris qu’ils en étaient les graines ! Mais toutes les 2 tu vois on a vraiment de la veine, On est pas comme Marine on est seulement humaines ! Et même si on est blanches On mourra tout comme toi, Tout seule et sans revanche La Marine elle croit QUOI ?????? La Couleur de ta peau elle est géographique, Seule la couleur du Sang est bel et bien UNIQUE !!!! Tu sais Diam’s, Avec mes parents j’étais en rébellion, Mes enfants me reprochent de kiffer tes chansons, De gueuler aux manifestations, De hurler la manipulation, De rire quand il ne faut pas, "Maman les autres parents y sont pas comme toi" Mais moi je ne suis pas comme ça formatée par mon père, Des œillères j’en ai pas, on ne me "normera" pas ! Et puis aussi tu sais Diam’s : Si vous allez tous mal ce n’est pas de ma faute, La barre de la galère pour moi est encore haute ! Je t’envoie ma tendresse surtout ne change rien, Quand la gueule est fermée on ressemble à un chien, La vie reste un combat tu peux rien y changer, Mais si ta bouche est close ta mort est annoncée ! Voilà, voilà. Lambdada a ajouté "Merci pour les avis" alors vas-y, lache tes com'. John Peel : This is your life
Tous les nostalgiques de l'époque où l'érudit rock (mais aussi punk, funk, pop et j'en passe) britannique régnait sur les ondes de BBC One seront émus à la vue de ce reportage sur la vie de John Peel dans la fameuse émission "This Is Your Life" de Ralph Edwards et Michael Aspel, diffusée en trois parties de neuf minutes chacune sur youtube. Sont présents pour rendre hommage au grand homme, Mark E. Smith bien sûr (chouchou de Peel), mais aussi Dave Gedge des Wedding Presents. Comme le contributeur n'a pas souhaité que les vidéos soient visibles ailleurs que sur le site, nous vous proposons simplement de suivre ces liens pour visionnez l'ensemble : John Peel "This Is Your Life" part 1, part 2 et part 3. Avec Popnoname, la techno se fait un nom
La pop, c'est justement le rayon de Jens-Uwe Beyer, alias Popnoname, tout comme la techno soyeuse et mélancolique qui fait les riches heures de la ville. Le destin, pourtant, ne destinait pas forcément Beyer à atterrir sur les terres de Michael Mayer et consorts, puisque son C.V. le décrit plutôt comme un globe-trotter, "le Jack Kerouac de la techno" même. C'est ainsi qu'on le surnomme dans le milieu des clubs. Sur White Album, le jeune Allemand laisse entendre tout ce que nous aimons dans cette catégorie : mélodies vocales parfaites (l'hymne club "No Doubt" qui évoque aussi bien New Order que Superpitcher, le rêveur "Still" qui flotte très haut au dessus de nos tristes contingences matérielles, l'hédonisme de "Mother Earth"), thèmes complexes dans lesquels la rythmique qui se met doucement en place autour d'un axe central qui évolue sur la longueur (c'est particulièrement flagrant sur un somptueux "Ferry Sponge" de plus de sept minutes), progressions inattendues, nappes, etc. Tout ce qui fait le charme des productions Italic en général (et ceux qui connaissent Rocket in Dub ou Antonelli Electr. savent de quoi je parle. Globalement, White Album est une vraie réussite, et une bonne surprise (une de plus me direz-vous) puisque nous découvrons ensemble ce nouveau talent. Avant Popnoname il y avait l'electropop, avec White Album on peut dire que Popnoname a réussi une symbiose techno pop quasi-parfaite. Rendez-vous sur son profil myspace, vous pourrez écouter le magnifique "No Doubt" et d'autres tracks. Popnoname - White Album (Italic/Nocturne) Echo - L'art de la sieste #3Posté par LovelyRita le 15.06.07 à 15:01 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Oh la, Echo, tu vas nous faire le plaisir de nous enlever ce t-shirt et d'aller au lit...t'as l'air un peu fatigué, mais avant n'oublies pas de répondre à nos questions ! Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ?"Nothing To Lose" - Claudine Longet "Insensatez" - Joao Gilberto "Le Piano" - Julie Doiron "Birch Beer Forest" - Marumari "River Man" - Nick Drake "Twilight Mushrooms" - Parsley Sounds "Ny Snow Globe"- The Rachel's "Smokey Day" - Colin Blunstone Une chanson pour vous sortir du lit ? "I Gotcha" - Lupe Fiasco Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Moi, quand je m'accorde. Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? Pour les rêves : voir la liste de la première question. Pour les cauchemars : la B.O de Les Chansons d'Amour. Quel est l'endroit le plus insolite où vous ayez dormi ? Sur des clous. Merci Echo, good night. Allez, à demain avec un autre maître du sommeil ! Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse
Daft Punk was here Je comprends un peu mieux maintenant les engouements passéistes, les idôlatries de figures d'un autre temps, la surexcitation face à des groupes et artistes phares comme les Stones ou Lou Reed. Je ne me rends pas réellement compte de la portée et de l'impact de ce genre d'évènements, peut-être une manière différente de voir et sentir une culture musicale que j'ai englouti un peu tout d'un coup, pêle-mêle. Je n'ai pas vécu la Beatlesmania, je n'ai pas été à Woodstock voir Jimi et Sly Stone, je n'ai jamais été au CBGB ni foulé la Hacienda. Je connais tout ça certes, mais académiquement, promptement bien appris via des livres et des CD comme un bon élève avec la raie au milieu, et recevant mes bons points pour bon travail. En revanche, j'ai été gamin en 1997, et vécu la déférlante "Around The World", puis la rotation lourde sur les radios de Stardust ; puis j'ai été ado en 2001, transcendé par la fougue de "One More Time" comme un jeune fan de Bloc Party qui découvrirait l'existence de Gang Of Four. Quelque part, Daft Punk s'est érigé comme l'un des piliers de ma culture musicale personnelle, une référence contemporaine de base comme avatar d'un genre, comme Blur et Oasis, comme Dr Dre, comme Radiohead, à partir desquels tout allait découler plus tard. Daft Punk ou la pointe de l'électro pop, rock, techno, funky, groovy, old school. Daft Punk ou les précurseurs et débroussailleurs du genre face au grand public. Daft Punk à Bercy le 14 juin 2007. Un Bercy bondé pour accueillir Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo. Autant le dire, on n'est pas déçu des 1h40 de show. Même pour ceux qui ont été aux Eurockéennes de l'an passé (comme pas moi) ou ceux qui ont écouté le boot du show de Daft Punk (comme moi), car oui le set était fortement similaire, que ce soit au niveau de la décoration pyramidale ou au niveau du mix. Quasiment inchangée, la setlist était de toute manière optimale, orientée tech, très portée club, dans l'objectif certain de faire bouger les masses, faire danser les foules, et faire trembler la fosse. Au moins, rien n'a manqué. Après une ouverture pop sur "Robot Rock", les Daft Punk commencent alors et ouvrent sur ce qui sera la finesse de leur mix. Un brin retrospective, cette setlist regroupe et recoupe les temps forts de leurs trois albums Homework, Discovery et Human After All, mixant, amalgamant, entrecoupant les chansons et les périodes, les influences et la descendance. Ainsi, l'hommage aux Daft Punk de Busta Rhymes sur "Touch It" sera repris et inséré dans "Technologic". Thomas et Guy-Manuel ont su allier les forces et les qualités de chaque titre pour en faire ressortir des moments monstrueux comme l'interscopage de "One More Time" et "Aerodynamic", les deux bombes de Discovery, ou bien la rencontre sulfureuse et fratricide de "Prime Time Of Your Life" et "Rollin' And Scratchin'". Mais au delà d'un simple mix pêchu et techno qui a dû ravir les fans, Daft Punk a su drainer toutes ses tendances, toutes ses créations farfelues et insaisissables pour en ressortir le meilleur. Même scéniquement, les gros moyens ont été sortis pour permettre aux deux robots d'en mettre pleins les mirettes, mais surtout d'immerger le public dans leur univers technologico-humaniste, avec jeux de lumières clinquantes et perçantes, affichant les messages comme "Human After All" en fond géant. Daft Punk n'a pas seulement assuré un concert face à un public tout acquis à sa cause, mais ils sont surtout parvenus à fabriquer de toutes pièces leur propre monde, synergie d'influences vastes et d'idées fastes, univers dense et large, un monde à leur image. En une décénnie Daft Punk aura su créer son propre mythe, et avec beaucoup de talent, sans contradictions ni concessions. Bercy aura vécu un grand moment, peut-être pas le meilleur, mais un de ceux qui marquent. Et cette fois, je pourrais dire que j'y étais. Quelques vidéos en prime : - Together M.I.A., How many colours there ?M.I.A. comment fais-tu pour porter une salopette rose ou une combi d'inspiration fauve tout en gardant ta crédibilité ? Dans ton dernier clip, tu as fait fort, c'est très moche, bravo ! Malheureusement, les gens de ta maison de disque sont devenus aveugles après l'avoir vu, personne n'a pu témoigner et voilà que le clip se retrouve en toute impunité sur Youtube. Merci pour les crises d'épilepsie, la grippe aviaire c'était pas suffisant ? M.I.A. continues !! Wiley : Fin de partie...
Sur Play Time Is Over, Wiley ne déroge pas à la règle du combat de rue qui veut que plus le type en face de vous est froid, plus l'engagement risque d'être chaud. "Who's Got Lyrics, Who's the boss ? I've Got Lyrics, I'm da boss" chante Wiley au bord de la colère sur "Stars", revendiquant la paternité du grime à son compte et crachant sur les wanabee-grime stars. Ce qui ne l'empêche pas de dédier l'un des plus beau morceaux à son ancien comparse Dizzee Rascal sur le mélancolique "Letter To Dizzee". Une sensibilité à fleur de peau qui transparaît également sur "Baby Girl" dédié à sa fille. Mais l'ensemble fait froid dans le dos, comme sur "Johhny Was A Bad Boy", un track tendu et sombre où le rythme et le son de la basse évoquent la new wave anglaise des années 80, tandis que le synthé entame une oraison funèbre et que l'écho de coups de feu résonne comme dans un terrain vague, évoquant la face la plus violente et glauque de la vie des mauvais garçons de l'East End. Hasard ou ironie, malgré ses regrets et son acrimonie, Wiley signe aussi le très beau "Nothing About Me" qui vaut largement tous les tubes de new-soul et r&b entendu ici ou là et qui, si les gens avaient des oreilles devrait faire un carton. Pour le reste, les amateurs retrouveront tout ce qui fait le grime de Wiley, ses excès parfois, ses accélérations ragga ("Bow E3", "No Qualms", "Gangsters") bien sûr, ses basses compressées à bloc et sa rythmique qui claque. Un bon album pour une sale époque. Profitez-en, allez vite jeter une oreille sur son profil myspace, il paraît que cet album est le dernier pour Wiley... Wiley - Play Time is Over (Big Dada/PIAS, juin 2007) Château Flight - L'art de la sieste #2Posté par LovelyRita le 14.06.07 à 14:59 | tags : électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Hier, c'est Kammerflimmer Kollektief qui a répondu à nos questions et nous a pondu une belle playlist pour dormir. Aujourd'hui, Château Flight se prête au jeu des questions crapuleuses de Flu'. Quand I:Cube et Gilbert, qui forment le duo, se penchent sur l'art du bien dormir, ça donne ceci : ![]() Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? Gilbert Power Spot - John Hassel E2-E4 - Manuel Gottsching Tout Rhythm And Sound Bubble up - Wayne Jarrett I:Cube "Musique For 18 Musicians" du début à la fin - Steve Reich Une chanson pour vous sortir du lit ? Gilbert "La Marseillaise" I:Cube "Only The Strong Will Survive" - Billy Paul Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? Gilbert Le new age I:Cube Le métal lourd Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? Gilbert Curieusement, mes rêves sont instrumentaux. I:Cube "Sonic Seasoning" - Wendy Carlos Quel est l'endroit le plus insolite où vous ayez dormi ? Gilbert Dans la rue I:Cube Sur du gravier Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse Vidéos pour les sourdsJe viens tout juste de découvrir ces très drôles vidéos de misheard lyrics ou paroles mal entendues sur youtube. Le principe est simple et universel, puisqu'il nous est tous arrivé de chanter n'importe quoi en lieu et place des véritables paroles d'une chanson, à plus forte raison quand celles-ci sont dans une langue étrangère. Le réalisateur d'une de ces vidéos doit trouver une interprétation rigolote mais phonétiquement plausible de ce qui est chanté (un certain degré de mauvaise foi étant bien sûr toléré), de l'illustrer de la façon la plus amusante et cheap possible et d'essayer de rester inventif et drôle pendant les passages instrumentaux. Il faut aussi apparemment, bien que je ne sois pas certain que les auteurs en ait conscience, trouver la chanson la plus nulle possible. On trouve donc plein de chansons de Fall Out Boy, de Dream Theater et de choses horribles comme du métal symphonique. Celle que je vous propose aujourd'hui n'est pas si mauvaise puisqu'il s'agit de "Yellow Ledbetter" de Pearl Jam. En fait je dirais même qu'a moins d'avoir été agressé par un chanteur qui en faisait des caisses pendant votre enfance, vous pourriez très bien aimer ce morceau. Rassurez vous, elle est là avant tout parce que c'est la plus drôle, juste devant Wishmaster.
Two Lone Swordsmen & Boom Bip : Sacrilège !Je le disais il y a peu de temps, l'heure est à "l'effacement progressif des repères musicaux". C'est souvent une excellente chose, on le voit régulièrement sur Playlist, mais le résultat peut aussi être bancal, carrément raté ou simplement mitigé. C'est un peu le cas de Boom Bip et des Two Lone Swordsmen qui risquent de provoquer bien des haussements de sourcils agacés et des "Sacrilège !" chez les puristes, de part et d'autre des sphères que beaucoup considèrent comme antinomique, soit le rock et la techno. Ou plutôt, le rock et l'electronica car on ne peut pas vraiment parler de techno en ce qui concerne ces artistes.
Boom Bip - Sacchrilige EP (Lex records/Diffet-ant, juin 2007) Kammerflimmer Kollektief - L'art de la sieste #1Posté par LovelyRita le 13.06.07 à 14:53 | tags : agenda, électro, interviews crapuleuses, siestes électroniques
Ah, ça se voit d'ici, vous avez abusé du buffet à volonté du Pizza Hut ! Le patron est toujours en RDV, c'est le moment de vous relâcher, de vous détendre...vous ne diriez pas non à une petite sieste ? Entre l'imprimante et la secrétaire c'est pas l'idéal. Vous n'arrivez pas à siester en paix alors que certains le font avec un naturel et une classe éblouissante. Ces "certains" ce sont les organisateurs des Siestes Electroniques. Non, ce n'est pas une nouvelle technologie mise au point pour lutter contre l'insomie, c'est juste un concept bête, méchant et très plaisant. Les Siestes Electroniques c'est de l'herbe verte, des pieds nus partout et une programmation de concerts de musique électro. Du 27 juin au 1er juillet, la sieste musicale sera de rigueur dans la région de Toulouse, à la Prairie des Filtres et à la Drac. Pour lézarder pépère et gratuitement l'après-midi : Château Flight, Kammerflimmer Kollektief, Joakim... Pour somnambuler la nuit, les concerts pas chers : Robert Henke de Monolake, Pascal Comelade, Sébastien Tellier... Grands partisans de la sieste musicale à Flu', on n'a pas pu s'empêcher de demander conseil à ceux qui seront pendant cet apaisant week-end les gardiens de notre sommeil ? Chaque jour, un artiste différent répond à nos questions, aujourd'hui l'art de la sieste selon Kammerflimmer Kollektief, ça donne ça : ![]() Quelle serait votre playlist idéale pour une bonne sieste ? "Your Eyes Are Like a Cup of Tea" - Master Musicians Of Jajouka "Drift Study" - La Monte Young "Trance" - Kwaku Baah & Ganoua "Raga Darbari" - Pandit Pran Nath "Untitled With Rain" - John Fahey "Cloud Chamber" - David Byrne "In The Summer" - Terry Riley "Don't These Windows Open?" - Fovea Hex "Upper Egypt & Lower Egypt" - Pharaoh Sanders "The Plateaux Of Mirror" - Brian Eno & Harold Budd "Raam Raaghav" - Shri Narayan (Il s’agit bien sûr d’une longue sieste, c’est pas grave) Une chanson pour vous sortir du lit ? "Sex Beat" - The Gun Club Quel est l'artiste ou la musique qui vous fait bailler d'ennui ? La musique jazz Une musique pour les rêves ou les cauchemars ? Toutes les bandes originales Bela Tarr de Mihaly Vig Quel est l'endroit le plus insolite où vous ayez dormi ? Comme Captain Beefheart je ne dors pas, je ne fais que me reposer toute la journée. Les Siestes Electroniques Du 27 juin au 1er juillet à Toulouse Justice : qui a éteint la lumière ?Posté par Kris le 13.06.07 à 10:11
Déception surprenante. Ceux que l'on présentaient déjà comme les nouveaux rois du dance-floor et grosse machine à faire danser les masses se révèlent finalement moins dansant qu'attendus, piquant moins le son disco et l'imagerie gothique que leurs essences et leurs références. On attendait des hymnes de boîtes de nuit, on récupèrera plutôt une bande originale de fond d'orgie ("Valentine"), de fin de soirée glauque en fond de cale ("Genesis"), de rassemblement de fond de jardin autour de la piscine à 5 heures du mat' ("The Party"). Ce qui surprendra finalement, c'est cette froideur et ce rideau noir qui englobe tout ce disque. Si De Rosnay et Augé jouent avec ce statut messianique qu'on leur a accolé, en adoptant la croix chrétienne comme emblème, cela corrobore finalement assez bien avec une musique sombre d'où s'extirpent quelques lueurs ("Let There Be Light") et quelques échappatoires pop et hédonistes ("D.A.N.C.E."). La Cigale s'était d'ailleurs transformée en contre-soirée de rave-party, le duo parisien assénant gros son et grosses basses, martelant un background funk, hard-rock et house, mixant sans vélléités dansantes, mais avec cohérence d'univers différents. On se retrouve alors dans l'esprit de †, loin de cette French Touch obsolète, plus proche de The Knife que d'Ellen Allien, des beats diffus au sein d'effets distordus, des boucles ankylosées maniérées de touches électro aux fréquences à faire vriller les tympans. On est comme happé et impuissant face à cette masse sonique, ce monolithe brusque, brutale et rentre-dedans ("Stress", "Waters Of Nazareth") où se complaisent vils et grands méchants aux manteaux de cuirs, méchus aux verres carrés et aux jeans tights, jeunes pousses aimant les Strokes, filles à frange et robes à pois. En sortant de ce cliché electro-chic - plaisant toujours toutefois à ce public - pour s'embourber dans un abîme obscur, Justice parvient à en ressortir sur les rotules, les doigts flétris et de la terre sous les ongles, mais avec un album par moments lumineux et incisif, par moments indigent, mais toujours dans la lignée que les deux parisiens s'étaient érigés. † est finalement très écoutable, presque recommandable pour certains titres, et sans prétentions, au contraire de l'image que Justice semble donner. Justice - † (Ed Banger/Because, juin 2007) KTL : L'exorciste 2
De leur côté, Rehberg/O'Malley, le duo atypique désormais bien rodé, continue son exploration du post-doom metal dans une vaine expérimentale, mêlant l'electronica la plus ardue et le rock le plus abstrait. A l'écoute de ces quatre nouveaux titres plombés, on imagine aisément l'ambiance sur scène, entre sado-masochisme orgiaque, meurtre rituel et torture au rasoir, castration, viol à la batte de baseball, "plaisir d'offrir, joie de recevoir" comme dirait l'autre. A ce propos, les titres sont évocateurs : "Game" (le genre de jeu dont on ne veut rien savoir et auquel on joue entre adultes consentants) ou "Abattoir" pourtant le plus psychédélique. A l'instar de l'opus 1, KTL 2 en secouera plus d'un, mais risque bien de s'imposer tant au niveau de l'impact que de l'originalité. Imaginez un jam sludge metal entre My Bloody Valentine et Scorn, sans la lourdeur rythmique du second, mais tout aussi hypnotique. Une suite bourdonnante et oppressante, parcourue de stridences lancinantes, soutenue par une batterie d'effets tarés et un martèlement cadencé qui ne déparerait pas dans les forges de Sauron. Mais ne vous laissez pas impressionner par ses abords difficiles, cette bande son pour cauchemar idéal a beau se mériter, elle n'est pas non plus insurmontable. Et ceux qui s'accrocheront connaîtront l'extase viriloïde, et légèrement masochiste, du club très fermé des dompteurs de bruit. KTL - 2 (Mego Production/La Baleine, mai 2007) Around the pop in a day !
Minus Story ne ment pas
Fruit des croisements de sources aussi diverses que la pop précieuse et progressive de Robert Wyatt, des Beatles, du combo Flaming Lips/Mercury Rev sus-cité ou des Byrds de "Eight Miles High" pour les mélodies vocales et l'architecture de leur compositions savantes (certains diraient progressive, et pourquoi pas ?) la pop rock de Minus Story relève de l'art du paysagisme sonore. Ses mélodies lysergiques qui abolissent le temps et créent un pont entre passé (67/68) et présent (l'indie rock des 90's) illustrent le goût inné de leurs créateurs pour le décalage ("Battles of Your Lives") et le délire puissant qui vous prend littéralement la tête pour vous emmener loin, loin ("The Way Beyond") et vous faire décoller ("Beast At My Side"), ou tout simplement vous faire chanter sous la douche sur de vraies pop songs ("Stitch Me Up"). Mais le groupe sait aussi mener l'auditeur tambour battant sur les territoires ensauvagés du rock ("Aaaron") même si, chez Minus Story, l'évolution d'un morceau vers des contrées inattendues est une constante sur laquelle il est bon d'insister : on sait comment ça commence, mais jamais où ça fini. Et si l'on croit l'adage qui dit que la musique psychédélique est le premier symptôme populaire du besoin d'évasion et d'échappée vers d'autres sphères de la conscience qui habiteront, 30 ans plus tard, les aficionados des musiques électroniques et des hymnes synthétiques, alors vous comprendrez qu'il serait dommage de passer à côté de My Ion Truss, un disque transcendant. Minus Story - My Ion Truss (Jagjaguwar/Differ-ant, juin 2007) Erik Satie est-il un hippie ?
Ce point de vue se défend en tout cas comme un autre et c'était certainement celui des auteurs du disque déterré par les rois de l'artefact incongru de wfmu : The Electronic Spirit of Erik Satie (Music Mystically Inspired). Le disque, apparement réalisé par une bande de hippies défoncés qui ont mis la main sur beaucoup trop de moyens, parmis lesquelles évidemment un studio (c'est déjà trop), un orchestre et un synthétiseur Moog, consiste en une série de réinterprétations à côté de la plaque de trente-neuf pièces courtes de Satie. Les adjectifs cosmique, mystique et stone ont été inventé pour des choses comme celle là. Les mp3 sont en fait beaucoup moins rigolos que les notes de la pochettes reproduites largement par wfmu. On a la preuve de la présence de l'esprit de Satie lors de l'enregistrement dans l'amnésie du joueur de Moog. J'aime les hippies. Eclektik troisième édition, c'est parti !![]() Crée en juin 2005 par l'association rennaise Osmoze, le festival Eclektik prône l'ouverture à tous les styles musicaux et invite le public à découvrir de nombreux genres et de non moins nombreux artistes internationaux. Loin, très loin des sentiers battus, les pieds dans l'herbe et le regard posé sur l'étang du Parc des Gayeulles, le festival Eclektik se présente comme une entité "électro-organik", proposant l'union des musiques électroniques et des autres cultures musicales (rock, hip hop, chanson française, etc.). Faire sortir autant que possible les musiques électroniques hors des lieux dans lesquels elles se produisent traditionnellement et inscrire ces musiques dans des évènements dépassant le cadre musical, font également partie des buts affichés de cette manifestation ambitieuse. Une ambition à la hauteur du programme de cette troisième édition bien évidemment "eclektik" qui se déroulera du 11 au 16 juin 2007 et présentera débats publics et conférences ainsi que des "expositions numeriks" (commencées depuis le 4 et se poursuivant jusqu'au 15 juin). Toutes ces activités ayant lieu sur le campus de Villejean. Auront également lieu des projections vidéos et numériques (Cinématek) dans plusieurs bars rennais, sur le thème des cultures électroniques, les 14 et 15 juin. Des concerts bien sûr, se déroulant sur 2 soirs au MusikHall (au Parc Expo de Rennes, les 14 et 15 juin) et accueillant plus de 30 artistes (DJ's/live, VJ's, performances visuelles) parmi têtes d'affiches et valeurs montantes dans chacun des genres représentés ! Une programmation novatrice mêlant électro, minimale, trip hop, abstract hip hop, techno, break, drum & bass, hardcore, etc, parmis lesquels Plaid, DJ Vadim, Mad Professor, Alexx, Ken Ishii, Manu Le Malin, Empatysm, Ricardo Villalobos, Zip, Q-Bert, DJ Krush, DJ Cam, VJ Laszlo, VJ Haëlle ou le Collectif Yumana... Sans oublier "Les Pelouses Electroniques" qui se dérouleront sur 3 après-midis (les 14, 15 et 16 juin) en centre-ville (Parc du Thabor). A cette occasion, plus de 20 DJ's de toute la Bretagne se produiront et un Tremplin musical de jeunes talents sera organisé. Vous l'avez vu, le programme est plus que copieux (et pluridisciplinaire), je ne vous conseillerais que trop de vous rendre sur les sites d'informations mis à votre disposition : http://www.eclektik.fr/ Stars perdent du temps avec leurs amis
Ce qui nous ammène à nous interroger sur l'opportunité de ce Do You Trust Your Friends, un album de remixes/reprises qui reprend morceau par morceau l'album de Stars d'il y a trois ans. Comme le titre le laisse entendre ce sont principalement des amis du groupe qui, par népotisme, se retrouvent là. Ce qui veut dire, Torquil Campbell et Amy Millan de Stars comptant parmis les membres intermittents du collectif, que toute la bande habituelle de Canadiens hirsutes de Broken Social Scene est là. Kevin Drew, Jason Colett, Apostle Of Hustle mais aussi Final Fantasy et Junior Boys se sont prétés au jeu. Jeu, c'est bien le mot, parce que ce disque est très ludique, comme peut l'être un mp3blog spécialisé dans les reprises ou une compil de Béatrice Ardisson. A l'écoute ça donne : "Oh, Ageless Beauty version swing-jazz, c'est rigolo", "Tiens, Jason Colett fait sonner Reunion comme une chanson de cow boy", "Mince, j'ai oublié de sortir le linge". Oui, ce disque est inconséquent. Doit-on le lui reprocher ? Est-ce réellement mal pour un album de n'être qu'amusant ? Je n'ai plus de temps à ça avant de mourir et je n'ai pas de temps à perdre avec de telles frivolités. En même temps j'ai réécouté un bout de la compil' de girl-pop One Kiss Can Lead To Another aujourd'hui, et je ne crois pas y avoir gagné du temps non plus. Et un album de remixes entre potes, on est bien sensé se douter que ça ne va pas être un chef d'oeuvre. Mais qui sont-ils pour nous imposer ça ? Vraiment, des fois, je suis content de ne pas avoir à trancher dans mes billets. Do You Trust Your Friends est un disque ludique dont l'écoute vous rapprochera de votre mort de 55,6 minutes et que vous ne comprendrez que si vous avez une connaissance minimale de l'album qui l'a inspiré. A vous de voir si vous avez envie de l'écouter, je suis pas votre maman. Stars - Do You Trust Your Friends (Arts & Craft, juin 2007) Pop Art Brut
Là où cependant on rencontre les résultats les plus improbables, les pires et les meilleurs, c'est quand les musiciens doivent commencer à se soucier du visuel : dans leur look, sur leurs affiches et sur les pochettes de leurs disques. Certains la jouent tranquille à la Bob Dylan, adeptes du no-look et de la pochette-photo toute simple, d'autres demandent à un artiste de faire ce qu'il veut, ce qui est pas mal quand on est proche d'Andy Warhol ou que votre frère est aussi talentueux que vous. Il reste pourtant toute une catégorie de gens qui n'ont ni l'humilité ni les relations pour ne pas prendre leur visuel en charge eux-mêmes et produire du véritable Art Brut. Si vous enlevez la musique de Parliament/Funkadelic, il reste un tas de trucs pas forcément aussi géniaux mais tout de même fascinants et qu'à défaut d'un autre terme on appellera de l'art. Bref, tout ça pour vous dire que j'aime les pochettes de disque, et que l'auteur de l'excellent blog LPCoverLover les aime encore plus et nous donne l'occasion d'admirer des perles de sa collection, des choses improbables, incroyables et qui ont la classe de ne pas prendre la triste forme d'un top ou d'une liste des "pires pochettes du monde". The Tuss : Aphex Twin bande encore, ou bien ?Une rumeur enfle sur le net, Richard D. James/Aphex Twin serait de retour sous un nouveau pseudo : The Tuss, soit "érection" pour les habitants de l'île de Cornouailles. Alors, The Tuss, Aphex Twin ou "Karen Tregaskin", voir "Brian Tregaskin" comme le laisse entendre cette page myspace ? Mystère et suspense... ![]()
Presque rien avec M_nus, c'est déjà beaucoup.
Aujourd'hui le minimalisme a le vent en poupe même si beaucoup ne savent pas vraiment de quoi il retourne. Comme disait un intervenant sur ce blog : "La techno minimale, c'est tout ce qui ne sonne pas comme Ed Banger." C'est un peu ça, mais plus encore. Si le terme est employé à toutes les sauces pour désigner une certaine forme de techno/house dancefloor de qualité, en opposition à sa consoeur vulgaire et à la hard-tech des 90's, il est vrai que le terme a presque perdu tout son sens. Sauf chez M_Nus justement ! Et c'est particulièrement vrai à l'écoute de cette somptueuse double compilation Nothing Much accompagné de Something More mixé de mains de maître par le chamane dark tech minimal, Troy Pierce. Sur un premier CD, M_nus fait le bilan d'une année (presque deux) exceptionnelle, où le son du label aura résonné sur les dancefloors du monde entier et particulièrement à Berlin, bastion de la vraie techno minimale depuis l'avènement de basic Channel et Chain Reaction. On retrouve donc l'incontournable "Bay of Figs" de Marc Houle (ceux qui connaissent savent que c'est bel et bien la tuerie de l'année), l'ultra-prenant "Fed On Youth" de l'extra-terrestre Matthew Dear (encore lui !), "48 hour Crack Your Bass" de Magda, le "Baby Kate" halluciné d'Hearttrhob, l'impossible "Tunnel" qui donne des frissons d'Hawtin himself, sans oublier "Decompression" de Mathew Jonson et "25 Bitches" de Troy Pierce, bref, que des classiques réunis sur un seul disque. A chérir et emporter sur une île déserte (et soyez sur qu'avec une telle playlist, elle ne le restera pas longtemps). Certains déclarent parfois que le minimalisme "c'est chiant", qu'ils se détrompent ! Sur Something More, le deuxième CD à la sélection impeccable signée Troy Pierce, ça rock dur sur le "Horse Nation" du bonhomme avec ces "Ouh, yeah yeah" hystériques et saccadés, ça funk grave sur le "Nasty Girl" de Gaiser vs Hearttrhob et en général, d'Ambivalent (que je découvre en même temps que vous) à Berg Nixon et l'ultra minimal JPLS, ça groove sec (tout à fait le terme ça, "un groove sec"). Bref, Something More, c'est la séance de transe assurée, avec headbanging à s'en faire péter les vertèbres (pas que ces rythmes soient violent, mais sur la durée, ouïe, ouïe, ouïe) hypnose garantie sur facture et perte totale des repères familiers qu'ils soient géographiques ou sonores (le son est énorme sur ces deux disques, c'est important). Le pire, c'est qu'on aimerait que ça ne s'arrête jamais. Envoûtant des fois, je vous jure ! Et pour finir, voici trois bonnes raisons d'acheter ce double CD : 1. Le packaging est magnifique, tellement classe qu'on peut le poser sur sa cheminée (ou commode) design pour le regarder pendant qu'il tourne dans votre platine. V/A : Nothing Much + Something More (mixé par Troy Pierce) (M_nus/La Baleine, juin 2007) Rod Stewart ne voit pas le problème
C'est du niveau de ce fameux téléthon où François Feldman (dont on ne se souvient plus que pour ça) a crié "tout le monde debout". Oui, vous savez de quoi je veux parler. Vous aussi, un jour, vous avez forcément regardé les Enfants de la Télé. Même si vous êtiez saoul, ça compte. QOTSA, Franz Ferdinand et tous leurs amisPosté par 2goldfish le 08.06.07 à 10:26 | tags : disques de l'été, métal, new wave, pop, rock, vidéos musicales, youtube
J'ai hésité quand j'ai vu la vidéo de "Sick Sick Sick" des Queens Of The Stone Age, celle où un cuisinier fou cuit des doigts. Elle était pas mal mais j'avais déjà mis ici celle avec Bulby l'ampoule qui fume. Et puis il y a maintenant cet autre clip pour le même morceau, il est réellement fabuleux, puis de toute façon on a établit au billet précédent que si on met à part le schtroumpf grincheux, tout le monde aime QOTSA. Donc re-voilà "Sick Sic Sick", premier single d'Era Vulgaris : L'intégralité de l'album Era Vulgaris est audible en streaming chez Muchmusic. Tant qu'on est dans la redite, j'ai hésité tout pareil sur cette reprise de "All My Friends" par Franz Ferdinand après vous avoir déjà embêté avec l'originale de LCD Sounsystem alors je vous la mets là, en bonus, parce que les images sont belles et parce que les Ecossais permettront aux sourds qui n'auraient pas entendu New Order dans la chanson de James Murphy de comprendre de quoi on parle tous. Oups, j'ai bien mis QOTSA et Franz Ferdinand à la suite ? Désolé, mon prochain billet ne ressemblera pas à la playlist de Oui FM, c'est promis. Matthew Dear contre la gravité A peine avons-nous le temps de nous remettre du dévastateur "Mouth To Mouth" d'Audion, l'incarnation minimal acid, expérimentale et dance-floor de l'américain Matthew Dear, à côté duquel le tsunami indonésien de 2005 faisait figure de gentille et croquignolette vaguelette, que l'intéressé remet le couvert avec Asa Breed, sous son nom propre cette fois. Certains d'entre vous se souviennent certainement (on leur souhaite) de Leave Luck To Heaven, le premier effort de ce Texan d'origine rapidement immigré à Detroit, qui fit figure de révélation et qui proposait déjà un savant mélange de minimal house, de techno "Detroit-like", d'electronica et d'electro pop. Leave Luck To Heaven qui fut d'ailleurs rapidement suivi de Backstrock, album compagnon à mon sens encore plus abouti. Hé bien, c'est dans cette veine que l'hyperactif producteur revient sur Asa Breed. Un album de pop électronique rêveuse qui séduit dès la première écoute et dont la tonalité clairement plus soul que ses prédécesseurs laisse imaginer qu'il fut comme une récréation pour ce petit prince des dancefloor. Un format pop qui se porte décidemment plutôt bien, on ne cesse de le répéter et c'est particulièrement vrai ces dernières semaines. Et Asa Breed ne déroge pas à la règle. De "Neighborhoods" à "Shy" en passant par le bondissant "Pom Pom" ou le poignant "Deserter", sa mélodie fatale et son élégance désinvolte, Asa Breed étale ses grâces synthétiques et décalées tout en ne dépassant que rarement les trois minutes trente de rigueur qui couronne tout bon standard de la pop mondiale. Par ses options funky teintées de soul et la prise de risque de ses vocaux légèrement lubriques, cette nouvelle incarnation de Matthew Dear n'est pas sans évoquer les cabotinages d'un Jamie Liddell (sur "Good to Be Alive") même si Dear est en bien meilleure forme musicalement, ou les envolées psychédéliques d'un autre "Prince", celui de Minneapolis celui-là, période Signe O' The Time. Un festival aérien de mélodies soyeuses et précieuses, dans une veine parfois electronica ("Death to Feelers") ou downtempo dépressif comme sur "Give Me More" ou "Midnight Lovers", avec sa guitare en berne qui joue des accords répétitifs et ses vocaux en falsetto rappellant étrangement TV on The Radio. Sur un mystérieux invisible track, Dear se laisse même entraîner par des motifs qui évoquent les pulsations primitives d'un blues du delta un poil modernisé. Une production atmosphérique et sophistiquée donc, qui ne renie pas pour autant sa vocation à vous faire bouger. Asa Breed n'exclut pas les moments de transe, comme sur "Fleece On Brain", sa rythmique rebondie aux harmonies africaines, l'hypnotique "Don And Sherri" ou le cheesy "Will Gravity Win Tonight ?" Si avec Asa Breed Matthew Dear a voulu effectuer son grand retour par une synthèse de musique vocale et de danse, hé bien c'est particulièrement réussi. Et à la question posée dans le morceau sept : "la gravité gagnera t-elle se soir ?", la réponse est toute trouvée : Certainement pas ! Matthew Dear - Asa Breed (Ghostly Int./PIAS, mai 2007) Steve Mc Queen : l'album définitif des Prefab Sprout Sorti en 1985, le Steve Mc Queen des Anglais Prefab Sprout, réédité ces derniers jours en une Legacy Edition définitive, n'est rien d'autre que l'un des plus beaux albums de pop mélodique depuis le Pet Sounds des Beach Boys. Second album du groupe après le très moyen mais déjà prometteur Swoons, Steve Mc Queen connut un succès critique qui poussa le leader du groupe, Paddy Mc Aloon, à avouer à la presse du bout des lèvres et à regret : "Je suis peut-être le plus grand compositeur vivant, après tout." L'après tout fait toute la différence et définit la modestie du projet des Sprouts : devenir le plus grand groupe inconnu du monde, produire une musique belle et intelligente que pas grand monde ne remarquerait pas mais aurait en permanence entre les oreilles. Les Sprouts enchaîneront après Steve Mc Queen, d'autres albums éblouissants et virtuoses mais qui ne saisiront jamais avec autant d'acuité la légèreté et l'insouciance du moment adolescent, cet instant décisif où la pop fait se téléscoper l'intensité du sentiment amoureux, son arrière-goût mélancolique et une forme de pureté théologique. Catholique fervent, devenu aujourd'hui presque aveugle, Paddy Mc Aloon est resté une sorte de croisement entre Brian Wilson et Syd Barrett, annonçant plusieurs albums concept dans ses tiroirs sur la vie de Michael Jackson ou d'Elvis Presley. La réédition de Steve Mc Queen est augmentée d'un bonus 9 titres où le chanteur recrée les morceaux originaux en version acoustique, les réarrange, les réinvente avec une subtilité inouïe. Si l'on entend toujours d'où vient cet album (les instruments et les sons de 1985 sont reconnaissables entre mille, mais tiennent, chez les Smiths ou d'autres, l'épreuve du temps), il est impossible de ne pas s'extasier devant le quatuor d'ouverture : "Faron Young" (et son gimmick de guitare), "Bonny", "Appetite", "When Love Breaks Down" (la chanson la plus triste du monde mais pas leur meilleure selon moi), tout simplement magique. En relecture 2006, ce sont les deux morceaux outsiders "Desire As" et "When The Angels", chanson de clôture, qui y gagnent le plus. La voix de Mc Aloon est plus grave et frotte les textes comme un vieux vinyl, mais apporte une densité et une profondeur à ces textes de gamins. A l'entendre chanter, on ne croirait pas que l'Anglais a depuis perdu la vue et partage les mêmes ténèbres que Gilbert Montagné. Comme quoi, on peut, sans les yeux, ne pas voir et entendre le même monde. Sergent Pepper m'a tuerIl est amusant de constater que pour le quarantième anniversaire de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band celle qui en a fait le moins a sans doute été la presse musicale. Je ne parle pas du NME, bien sûr, mais des gens qui parlent de musique. On a bien eu droit à tout un tas de papiers du style "le saviez vous ? Les initiales de Lucy In The Sky With Diamond sont LSD" ou le plus, hum, sophistiqué "Révélation ! Les intiales de Lucy In The Sky With Diamond ne sont en fait qu'un hasard !". Depuis que John Waters a finement fait remarquer il y a tout juste vingt ans aujourd'hui que c'était le quarantième anniversaire du Lonely Hearts Club Band qu'on aurait du fêter alors, il semble bien que plus personne n'a rien à dire sur le sujet. Si un sujet a jamais été réellement épuisé, en tout cas, c'est bien celui là. ![]() Si je vous en parle plusieurs jours après, c'est juste que pour une fois j'ai envie d'être dans le terrible camp des anti-Beatles. A cause de tout ce cirque autour d'un de leurs moins bon album et à cause en particulier de cette horreur pondue par le Sun, le pire (et donc quelque part le meilleur) journal du monde : une "réactualisation de la pochette de Sgt Pepper". Ce montage très laid où les Beatles sont remplacés par les Arctic Monkeys, Karlheinz Stockhausen par Moby, Aleister Crowley par L. Ron Hubbard, Fred Astaire par Patrick Swayze (?!) et Shirley Temple par Britney Spears est un bon rappel de l'origine de notre culture et de où elle va, de toute la stupidité et la grossièreté du monde et du fait que nous finirons tous sûrement en enfer sans avoir forcément besoin de mourir avant. Nos amis de Get The Curse étaient aux Nuits Sonores![]() Pas de Nuits Sonores pour Fluctuat cette année. Il faut varier les plaisirs et on ne peut pas renouveler tous les ans les exploits de l'années dernière (soyons égocentrique, ça fait du bien parfois). De plus, 2goldfish nous a déjà offert de forts beaux témoignages (même si contrastés) du Festival Primavera de Barcelone. Ceux qui sont naturellement curieux et qui souhaitent en savoir plus sur les Nuits de Lyon, seront donc heureux de lire ce court mais sympathique live report sur l'excellent blog de nos amis Get The Curse (Clems et les autres, salut !) Profitez en également pour consulter leur rubrique interview, bien achalandée (Gui Boratto, James Murphy, George Issakidis, The Penelope, etc...) ainsi que leurs focus, leurs dossiers/chroniques, leurs "Guest Selektion" (), leurs mix et leurs podcast. Check it, vous ne le regretterez pas ! Nathan Fake au Studio 88, Aix en Provence
Nathan Fake (Border Community/UK), le petit génie du label de James Holden, Border Community, jouera live le vendredi 8 juin au Studio 88 (fameux club electro house-techno situé à 5 min d'Aix en Provence). Un rendez-vous incontournable pour tous ceux qui suivent l'actualité des musiques électroniques sur Flu'. De fait, le son de la communauté bordeline de James Holden s'est répandu à travers toute l'Europe cette année, sa musique électronique mélodieuse et psychédélique contaminant les tonnes de vinyles atterrissant aujourd'hui sur les platines des meilleurs DJ's du moment. Avec seulement un album mais des tracks inoubliables ("The Sky Was Pink" remixé par James Holden ou "Charlie's House" remixé par Apparat), Nathan Fake est devenu LA référence du renouveau progressif tech-house. Avec son nouveau live à la dimension plus "techno", le jeune Anglais se pose au Studio 88 qui l'accueille donc la tête dans les étoiles, aux côtés de Jack Ollins (Coach Records/Magnetic Disorder/Marseille) et de leur DJ Résident : Pika. (16 € avec conso/gratuit pour les groupes de 3 filles avant 1h) Infos : Studio 88. Dartz is... bof : nouveau soufflé du rock british Nouveau trio prodige du rock anglais (sur la base d'un single et d'une tournée échevelée), les Dartz font frissonner les Iles Britanniques et devraient enflammer le continent prochainement. Sortes de nouveaux Franz Ferdinand, les Dartz proposent une musique encore plus sautillante, encore plus énergétique, dans un écrin pop-funk, ponctuée de cris et de chants endiablés et d'emballements de guitares. Alors qu'ils se prétendent inspirés par les textes d'Hemingway et de Dostoievski (hé, oui, mon neveu) mais aussi par la ville de Prague (où certains membres du groupe ont habité), leurs chansons aux textes adofaméliques évoquent de vagues réminiscences d'existences antérieures, de séjours dans des parcs ou de défilés dans des rues hantées. Derrière la justification théorique, ça bouge assez bien sur "Network ! Network !" et ça trépigne de folie sur le single "Trego Triangulos", taillé pour les clubs et soutenu par un efficace beat electro. Dans le même genre, et toujours aussi dansant et emballant, "Teaching Me To Dance" place les Dartz quelque part entre le FF de bal et de vieux groupes comme Futureheads ou les jeunots lurrons d'Athlete, soit assez haut dans la hiérarchie de l'entertainment de samedi soir mais plutôt bas dans la généalogie pop. Même batterie augmentée de joyeuses cymbales, même basse funkisée sur les refrains et même chant de glotte qui permet au chanteur de rebondir d'harmonie en harmonie, The Dartz remplacerait bien Patrick Sébastien dans une boîte branchée un soir de fête de la musique mais sûrement pas les Happy Mondays ou Supergrass au musée du rock. "Cold Holidays" et "Harbour" laissent percevoir une belle qualité de composition, et une certaine intensité, composées qu'elles sont en mode multicouches. Le groupe s'appuie sur deux chanteurs et présente la particularité d'avoir des membres qui s'échangent leurs instruments. Doté d'une belle énergie, This Is My Ship est un beau premier album, "plein de promesses", mais un album qui présente quelques lacunes importantes : les mélodies ("St Petersburg", "Once, Twice, Again", "Laser Eyes") sont rarement inoubliables, le chant est inégal et pas singulier. Ainsi, il n'est pas certain que cette "next big thing" débouche sur une postérité passée l'été prochain. D'ici là, les Dartz, sur la base d'un demi-album convaincant, hanteront nos nuits de festival, nos soirées barbecue alcoolisées et nos rêves d'Angleterre. Un bon début pour ces lads venus du Nord et un bel espoir pour demain, comme on dit, quand on veut laisser la porte du succès ouverte. "Dansons avant que la mort ne nous rattrape." Hemingway ?Dartz - This Is My Ship (Xtra Mile, février 2007) Leur site www.dartzisgood.co.uk Qu'il est con ce David
Ce qui doit être amusant dans toute cette histoire, ça doit être le moment où cette fameuse chanson passe en boîte, et qu'un "tududu" retentira dans les énormes enceintes des lieux, quelques bonnes dizaines de personnes, jeunes, fougueuses et dansantes, s'arrêteront nettes, interpellées par ce son familier, comme un réflexe de Pavlov, interloquées par ce mélange impromptu de deux univers antagonistes - la communication avec MSN et la non-communication dans les boîtes de nuit - et au bout d'une seconde, l'air bête de se dire "Je me suis fait avoir je crois...". Qu'il est con ce David. Pour les courageux qui souhaitent tout de même écouter ce mix, c'est par là. C'est nul ? C'est pas faute de vous avoir prévenu. Strategy oblique vers un Future RockPosté par Maxence le 05.06.07 à 17:57 | tags : disco, disques de l'été, électro, funk, myspace, pop, rock
Kranky, le label post-rock/électronica qui figurait parmi les meilleurs à la fin des 90’s (avec Thrill Jockey), reprend régulièrement du poil de la bête après de longues périodes de somnolence lysergique. Cette fois c'est avec Strategy et son Future Rock totalement allumé, que la structure de Chicago nous surprend. Etrange objet dub porté sur le funk en apesanteur bordé de ritournelles pop au vocoder, Strategy fait dans l'abolition des barrières de genre, d'école et de style. Sur les compositions remarquables de ce projet transgenre, l'Américain Paul Dickow aka Strategy, nous livre ici un passionnant moment de divagations sonores, en dehors du temps et des sentiers battus. Les neuf tracks de Future Rock sont essentiellement bâties autour de longs instrumentaux à base de laptop, basse, guitare, batterie, piano et orgues électriques, synthétiseurs et boucles électroniques, qui s'envolent rapidement vers les contrées de plus en plus explorées, du funk spatial, du dub et d'une forme alanguie de transe urbaine et d'ambiant. Ce qui différencie les travaux de Dickow de "l'armée des clones" généralement proposée par le label de Chicago, c'est cette assise rythmique implacable carrément groovy, qui le rapproche largement de la scène ambient-techno et electronica, plutôt que de l'ambient-molle-du-genou et drones ordinaires. Et puisque Dickow utilise également beaucoup d'enregistrements d'atmosphères capturées live (rues, enfants, hall d'aéroport...) comment ne pas évoquer Brian Eno et ses stratégies obliques, que l'on pourrait facilement rapprocher de la démarche de Strategy. Vous me suivez toujours ? Les "stratégies obliques" font partie d'une sorte de tarot divinatoire destiné à l'artiste contemporain. Inventées par Brian Eno, il s'agit d'un jeu de cent dix cartes comportant une idée par carte, sensée aider le créateur dans son travail, lui glisser de nouvelles idées et l'orienter vers de nouvelles voix, à la manière de l'art divinatoire du Y-King, il a largement influencé et aidé les artistes contemporains. Strategy invente donc humblement un futur pour le rock, qui laisserait de côté la légende trash et glamour, pour insister sur l‘improvisation, le plaisir et l'élan provoqué par sa transe spatiale dans un joyeux foutoir, où le funk de Parliamente, le dub de Lee Perry, le post-punk bordélique du Metal Box de PiL et la techno se rencontrent, pour former une mixture sonore totale. Une vision toute personnelle d'un hypothétique "rock" qui ne se dément pas à l'écoute des hypnotiques "Can't Roll Back", "Future Rock" ou de l'incroyable "I Have To Do This Thing (Planete Sauvage Mix)". En ce sens, on pourrait rapprocher les efforts de Dickow sur Strategy des trips hallucinés de Out Hud, également signé chez Kranky (même si le projet semble être aujourd'hui à court de participant pour cause de !!!-queries) sur leur album S.T.R.E.E.T. D.A.D., avec ses basses dubby qui répondent aux boucles synthétiques, le tout soutenu par une rythmique bancale rappelant les meilleurs moments de Pole ou de Tortoise en plus dynamique. L'ensemble reste tout à fait abordable et on pourrait même dire cinématique, tant son univers sonore est personnel et imagé. Dans le genre transe urbaine et psychédélique, nous devions déjà à Kranky la découverte de Loscil, de Out Hud et de Bird Show, avec Strategy le label récidive dans l'univers des musiques "dansables" déglinguées et c'est un coup de maître. C'est pourquoi je me permettrais de vous conseiller une petite visite sur la page de Dickow/Strategy sur le site de kranky afin de vous en mettre plein les oreilles. Strategy - Future Rock (Kranky/Differ-ant, mai 2007) Sascha Ring alias Apparat se livre sur Flu' le mag
Grails : Doom Generation
Puissante, sans concession, Burning Off Impurities (c'est son titre et quel titre !) relie les expériences néo-doom d'Isis, Boris, KTL et Sunn O))) et les divagations folk-rock spatiales de Om (on pense forcément au Conference Of The Bird) ou du Kammerfliemmer Kollektief dont nous vous parlions la semaine dernière. Vous l'avez compris, il n'est point question d'électronique ici, seulement des mecs et leurs guitares, jammant chez eux par une nuit noire et interprétant le blues de l'homme blanc, le "black snake moan" du white trash. Nul besoin ici de décrire l'album track by track, c'est sensiblement la même chose tout du long et ma chronique depuis le début s'évertue à en donner une idée fidèle. Ajoutons juste que de "Soft Temple" à l'éponyme "Burning Of Impurities", la musique de Grails révèle bien des surprises et même des moments d'extase. Quand le mur de guitares et de drones se fissure, apparaît alors à travers la brèche une lumière éblouissante, quasi-divine, comme une révélation. La purification incandescente. La moindre des choses pour un album se proposant de "laver" ou du moins "d'incinérer" (chez Grails on ne fait pas dans la demi-mesure) nos impuretés. L'épiphanie dans la douleur en quelque sorte, une philosophie tout ce qu'il y a de doom. Amen. Grails - Burning Off Impurities (Temporary Residence/Differ-ant, avril 2007) Sauvez Placebo !Quand on s'appelle Placebo, on est semble-t-il condamné à faire des clips tout pourris. On vous force à jouer sur une espèce d'antenne satellite géante ("The Bitter End") ou pire, si vous êtes Brian Molko, on vous ridiculise en vous rapetissant (et Dieu sait que vous n'êtes déjà pas très grand) et en vous envoyant en mission dans le corps humain façon Il était une fois la vie ("Special K"). Et dans votre malheur, vous embarquez aussi vos fans. Pour sa nouvelle vidéo, Placebo en a eu assez, assez des brimades, alors ils ont craqué et on demandé à leurs fans de les aider. Capitol Music et la plateforme de partage vidéo Montionbox se sont associés pour monter une vaste opération de recrutement pour la future vidéo de "Running Up That Hill". Depuis le mois de mars, les fans du groupe étaient invités à poster une vidéo d'eux interprétant le titre en question, au final le site MotionBox a recueilli pas moins de 900 vidéos et encore bien plus de visteurs ! Le clip partcipatif est là, ci-dessous. On y trouve dans l'ordre un sosie croisement entre Trent Reznor et le chanteur du groupe Ash, un mec avec un chapeau et des lunettes (qui s'est trompé de clip, je crois), un sosie plus beau que l'original d'Asia Argento et un mec qui se prend pour Ariel Wizman. Ca a l'air drôle comme ça, mais en réalité c'est assez glauque...et finalement dur dur d'être un fan de Placebo. Pour voir toutes les contributions, c'est ici Radio Slave : Bête à mische mascher du foin
Non, mon titre faisait juste référence à ces journalistes qui considèrent encore tout haut qu'il y a une "mauvaise" et une "bonne" techno. Une house "bête" et une house intelligente. On se demande bien aujourd'hui, à l'heure des DJ musicologues, allemands, norvégiens et français triomphants, eux qui citent couramment leur krautrock, leur italo, leur post-punk, leur techno de Detroit ou de Chicago et qui connaissent leur concrète sur le bout des doigts, où bordel, se cache donc cette mauvaise techno ?? A la TV ? Sur les compil' de tuning ? Ok mais on s'en fout, elle n'existe pas vraiment, pas vrai ? Où alors ? Certainement pas chez Radio Slave en tout cas, qui mixe pourtant des perles comme Trentemoller, Booka Shade, le dubstep très dark de Shackleton ("Blood on My Hands Ricardo Villalobos Apocalypse New Remix" ! Une tuerie !), Solyent Green ou Canvas, tout en remixant le tout venant de Moby à Jamelia en passant par le très beau "Minimal" des Pet Shop Boys (offert sur un deuxième CD proposant également les remixes de M.A.N.D.Y vs Booka Shade, Cagedbabby, Carl Craig et Xpress2). Alors ? "Pourri" Radio Slave, certainement pas. Au contraire, en plus d'être un excellent producteur, il a le mérite d'être symptomatique de "l'effacement progressif des repères musicaux" qui sévit actuellement dans les musiques actuelles. Ce qui, à mon sens, est une excellente chose. Mais revenons à Misch Masch vol.4 le mix. Radio Slave (également connu sous les pseudo de Matthew E, Quiet Village ou Rekid) succède à Freeform Five, Tiefschwarz et DJ Hell aux manettes de la collection initiée par Fine Records. Son groove à l'os expurgé de toute graisse, décharné mais pourtant imparable, en fait un diamant noir au sein de la clinquante galaxie habituellement strass et paillette de l'electro house. Mélangeant allègrement dubstep, minimal et funk hypnotique Radio Slave transforme ses presque 80 minutes en un pur moment de décadence durant lequel on s'imagine sans mal, tout mouillé les bras en l'air, en train de chercher son souffle dans la moiteur d'un hangar à 3 heures du mat'. Mocky, Roman Flügel, Trentemoller Shackleton donc, mais aussi Deetron, Andomat ou Rufuss sont les invités de cette machine à danser implacable et on en redemande. Et on se demande aussi : jusqu'où va aller le genre electro après une année 2007 à peine entamée mais déjà débordante d'assez de bonnes surprises, de découvertes, de révélations, de confirmations et de mix incontournables, pour les dix ans à venir ? Une loi des séries qui englobe sans peine ce Misch Masch vol.4, ne serait-ce que pour le (j'en remet une couche) "Blood on My Hands - Ricardo Villalobos Apocalypse New Remix", qui fait preuve d'une habilité dans l'art de l'hypnose glauque rarement éprouvée depuis le Consumed de Plastikman. Quasiment démoniaque ! A bon entendeur, ou devrais-je dire, "auditeur"... Radio Slave - Mish Mash vol. 4 (Fine/Nocturne, mai 2007) Desert blues à BranlyPosté par Floriane le 04.06.07 à 16:31 | tags : traditionnelle
Michel Jaffrenou est un petit bonhomme, drôlement bavard, en mots comme en plume. Il écrit et dessine, à longueur de voyage, des carnets, qu'il transforme parfois en spectacles. Plasticien à la base, il s'est frotté très tôt au multimédia qui, à l'époque, se limitait à des projections de diapositives ... Aujourd'hui, les pixels n'ont plus de secrets pour lui, et c'est un mélange coloré et surprenant de musique life et de projections qui forment le cœur de Desert blues, sous-titré « Griots et poètes des sables ». Trois groupes de musiciens maliens, issues d'ethnies différentes (Tamasheks du désert, Songhaïs de la boucle du Niger et Bambaras du pays Mandingue) se retrouvent sur scène pour une sorte de voyage musical illustré. Le film qui documente la genèse du projet, et sera diffusé sur Arte le 16 juin, souligne assez bien l'intérêt de la démarche. Qui d'entre nous en effet, à moins d'un amour particulier, connaît la situation du Mali, les tensions entre les groupes, la géographie radicalement différente du Nord au Sud ? Un joli périple, en textes, en sons et en images, à retrouver sur la scène du théâtre Claude Lévi-Strauss du 14 au 17 juin, en DVD ou en livre (à la librairie du musée). Toutes les infos sur le site du musée du quai Branly, et notre dossier sur la programmation "cultures du monde" au Théâtre Claude Lévi-Strauss. Primavera, une autre nuitMarcher seul la nuit dans Barcelone, ça réveille forcément les ambitions littéraires qui sommeillent parfois dur en nous (je vous rassurre, au moment où j'écris ces lignes elles sont retourné se coucher). En me rendant vers le club Apolo où devait avoir lieu la soirée de clôture du Primavera Sound Festival je méditais avec le plus grand sérieux sur les occasions manquées, sur l'avion que n'avait pas pris l'amie qui aurait du m'accompagner ce soir, sur ce qui ce serait passé si, etc... Dans un club à l'atmosphère encore respirable la soirée commence pour moi avec Apostle Of Hustle, une sorte de Calexico light qui a tout pour séduire sans jamais rééllement y parvenir. Le chanteur est presque charismatique, les chansons sympathiques et à part le son qui est plutôt mauvais le seul véritable problème du concert est indéfinissable. Ca ne marche simplement pas. On se dit qu'un autre soir, peut-être, mais pas celui là. Malajube joue ensuite et avant d'en dire plus mon intégrité de journaliste me pousse à vous avouer que le clavier m'a aidé à couper la queue au bar pour la première bonne bière de mon séjour. Au contraire du suivant ce groupe vient rééllement de Montréal est joue avec l'intensité typique des canadiens : ils jouent tous en même temps, fort et en se vidant les poumons dans les micros pour produire un mur de son très efficace à défaut d'être très clair (ils chantent au moins une partie de leurs chansons en français mais je ne pouvais pas distinguer gramd chose des paroles). Leurs chansons alternent entre une mélancholie un peu nostalgique qui colle bien à mon humeur du soir (à moins que je ne fasse que la projeter moi même) et des morceaux plus enlevés, du genre qui vous rappelent qu'il n'y a pas toujours un autre soir et que carpe diem et tout ces trucs là. On se lasse un peu sur la fin du set d'une recette pas assez variée mais le groupe est encore plutôt jeune et à probablement, finalement, beaucoup d'autres shows devant lui. L'Apolo devient de plus en plus étouffant à l'approche du set d'Of Montreal. Je suis comme visiblement pas mal de monde complètement épuisé par les trois jours de festival précédents et pas vraiment d'humeur à socialiser, alors je garde mes bouchons d'oreilles (le son des concerts est en fait si mauvais qu'on entend mieux avec eux). Le groupe pour lequel je suis venu se fait attendre un peu plus longtemps que prévu et j'envisage de m'en aller. Fort heureusement dès que Kevin Barnes met les pieds sur scène j'oublie tout : ma fatigue, mon ennui, mes pieds douloureux et mes sombres ruminations. Pendant une grosse heure de psychédélisme glam il n'y a plus d'autres soirs, plus de métaphores ou de rapport à une quelconque réalité extérieure, juste des morceaux funky, des costumes eccentriques et des animations géniales sur l'écran derrière le groupe. J'essaie bien dans ma tête pendant le rappel quelques raccourcis pour mon billet du lendemain, des banalités du genre "si David Bowie avait enregistré Aladin Sane avec Funkadelic", une gymnastique réflxe depuis que j'écris pour Playlist, la vérité cependant rside dans l'ultime morceau, une reprise de "Sufragette City". "Wham Bam Thank You Mam" et c'est fini. Bonde Do Role...c'est comme ça qu'on bosse au Brésil ?Le monde de l'entreprise vu par Bonde Do Role ça donne ça. Un clip tout moche, fait de carton-pate, de photocopieuse volantes, de squelettes qui fument dans les toilettes et de striptease. Pff, y a pas à dire, les jeunes d'aujourd'hui ne savent plus faire de clips, plus aucun savoir faire j'vous dis ! Pour réaliser des vidéos de mauvais gôuts alors là ils assurent, mais quand il faut remplir le bac à feuilles de la photocopieuse... Allez on passe l'éponge, le titre "Office Boy" est quand même pas mal ! Quizz poétique : qui chante des poèmes pourris ?Cela fait un bail que nous n'avons pas organisé de quizz musical et cela manquait. Ayant eu l'occasion de réapprécier par hasard, les charmes poétiques des sites, de plus en plus nombreux, qui proposent en appui des lyrics/ paroles originales des possibilités infinies de traduction en anglais, allemand, français, espagnol, etc, le principe du quizz de cette fois était tout trouvé. Il suffira cette fois : 1. d'identifier la source et l'origine des deux extraits repris ci-dessous 2. de citer le nom des chanteurs ou groupes qui les interprètent et leur album d'origine Comme d'habitude, le premier ou la première qui a tout bon recevra un super lot dans sa boîte aux lettres. EXTRAIT 2 - Indice : chanteuse américaine très célèbre Refrain : EXTRAIT 2 - Indice : groupe anglais toujours en activité (la dernière phrase éponyme est enlevée pour des raisons évidentes) Ce n'est pas un cas de faire ce qui est exact En bonus et en dehors du jeu, pour les amateurs surréalistes, la traduction de "River Euphrates" des Pixies, particulièrement savoureuse. Tour, tour, tour... Pour ceux qui veulent s'amuser, l'un des sites qui proposent ce service : www.musicbabylon.com
Primavera : mauvaise organisation, mauvaise bière, bons concertsL'accès internet promis par mon hotel n'étant pas vraiment à la hauteur (il me faut un mélange de chance, de patience et de prise de tête pour pouvoir vous écrire ce billet sur un clavier à demi incompréhensible) les comptes-rendus journaliers du festival Primavera à Barcelone que je voulais vous livrer se trouvent réduit à ça, un billet unique dans lequel je vais tenter de résumer ce qui ne peut pas l'être, un ensemble de concert sans trop de points communs dans un festival qui ne peut pourtant même pas vraiment être qualifié d'écléctique. Commençons par la seule évidence qui s'impose : ces trois jours n'auront pas été tendres avec les vieux. The Fall était tout à fait pénible et Patti Smith m'a fait mal au coeur avec toutes ses reprises téléphonées et ratées de ses nouveaux amis du Rock'n'Roll Hall Of Fame. Les deux ont surtout été l'occasion pour nous de faire la queue pour manger et boire, un des passes-temps les plus prisé des festivaliers. "Sonic Youth Plays Daydream Nation", tout de même, aura été d'un autre niveau. Que voulez vous que je vous dise ? C'était Sonic Youth. Qui jouait Daydream Nation. Comment aurait-ce pu être autre chose que génial ? Les Buzzcocks aussi, en refusant toujours d'être polis, on été plutôt charmants même si on soupçonne que dans un autre contexte qu'une petite demi heure entre Sonic Youth et Wilco ils seraient rapidement devenus lourdingues. Les bientòt vieux justement s'en sortent pas trop mal : Wilco confirme avoir un meilleur line-up aue jamais sur les vieux morceaux et les chansons les plus embarassantes qui soient sur leur dernier album, sur lesquels le talentueux Nels Cline, faisant sûrement ce qu'on lui dit, se tire la nouille à la guitare comme un Allman Brother comme il se montre digne de jouer après Sonic Youth sur "Handshake Drugs". Modest Mouse sera du même tonneau, enchaînant avec une troublante régularité excellentes vieilleries et nouveautés somnifères, avec Johnny Marr en guitar hero plutôt sympa. The Good, The Bad and The Queen prouveront surtout pour leur part ne pas être faits pour ce genre de festival de plein air. The Smashing Pumpkins ont joué un set efficace qui fût surtout pour nous l'occasion de nous rendre compte que le public espagnol est prêt à tout pour un bon pogo, ne laissant pas le fait de mesurer deux têtes de moins que tout le monde, d'être en train de filmer le concert ou de porter un plâtre l'empêcher de se jeter de toutes ses forces contres ses congénères. Dure loi du temps, ce seront les jeunes qui nous emballeront vraiment : Architecture in Helsinki n'a presque joué que des nouveaux morceaux, structurellement moins alambiqués mais beaucoup plus dansants que les anciens et le public, nous compris, a répondu en bougeant follement. Band Of Horses aussi aura séduit malgré quelques gros problèmes de micro (voire un peu grâce à eux). Tous les nouveaux morceaux sont excellent et l'énergie et le charme rugueux qui nous avaient séduits à la Route du Rock sont toujours là, plus irresistibles que jamais. On aura presque pas vu les White Stripes, pourtant apparement en forme, pour aller vérifier un peu le fondement de la hype autour de Justice. Bon, ces soi-disants super héros pop ne vont sûrement pas sauver qui ou quoi que ce soit, ils ne vont sans doute pas non plus nous pernettre de couper à la queue ou transformer le pipi de chat quón nous sert en véritable bière mais, diantre, ils sont franchement pas mauvais. En conclusion, on retiendra donc de ce festival que euh... j'ai du sable entre les orteils et Of Montreal va jouer dans une petite salle ce soir pour moi et les autres festivaliers qui restent. Puis à Barcelone, y'a des Burger King et du Mountain Dew, c'est quand même pas mal. Montag : God Damn' Pop
S'il est facile pour un journaliste de juger un album à ses premiers morceaux, alors Antoine Bédard est un petit malin doublé d'un producteur de talent puisque dès "I Have Sound", "Best Boy Electric", "Mechanical Kids", qui ouvrent tous trois l'album, l'auditeur est immédiatement happé par les harmonies frivoles et les clins d'œil à tout ce que la pop psychédélique des 60's a fait de bon, des Byrds à Love en passant par les Beach Boys. Mais Going Places n'exclut pas non plus ce qui fait le sel de notre époque, soit l'hybridation analogique/électronique et la filiation avec les grands courants de l'avant-garde du 20ième siècle, minimalisme, répétition et expérimentation tonale. Sur "322 Water", "Softness, I Forgot your Names" ou "HI-5 au DJ", Bédard et ses invités explorent la face psychédélique et folk de l'electronica, sous forme de compositions libres et mélodiques où le chant languide rencontre les rythmes up-tempo d'une techno plus proche du krautrock allemand des 70's que de son homologue de Detroit. Mieux, sur l'éponyme "Going Places", il réunit tout son petit monde et compose une impressionnante pièce montée lysergique de presque six minutes, empli de gazouillis électroniques, de rires et de chuchotements. Un hymne pop à la fois envoûtant et innocent qui célèbre un nouveau chapitre d'une histoire qui s'annonce décidemment fructueuse : celle de la pop et des musiques électroniques. Un phénomène dont nous reparlerons très bientôt dans un gros dossier consacré à "l'état de la pop en 2007". A suivre donc... Montag - Going Places (Carpark/Import, juin 2007) Von Südenfed, l'interview et la chronique !
I lost control againOn savait les biopics à la mode, ou comment surfer sur une vague à remous limités, privilégiant histoires déjà bien faites, en lissant les aspérités et en modelant le tout à la sauce hollywoodienne. Ainsi on a vu apparaître avec plus ou moins de succès Ray, Walk The Line ou Dreamgirls retraçant les vies de Ray Charles, Johnny Cash ou The Supremes. Mouais. Et si les tâtonnements cinématographiques de nos idoles avaient désormais suffit et que les prochaines adaptations au grand écran de personnalités du monde de la musique devenaient des chef-d'oeuvres... Pour Control, le biopic sur Ian Curtis, par exemple ce serait bien. Annoncé depuis deux ans pas tout à fait officiellement, sans savoir tout à fait non plus qui serait derrière la caméra, il y avait de quoi laisser légèrement perplexe. La "délivrance" (non c'est faux, ça ne fait pas du tout fan...) se fera en deux temps. Premier mouvement : l'annonce du réalisateur, Anton Corbijn, photographe et clippeur, sera derrière l'objectif. Le Néerlandais avait suivi Joy Division et d'autres groupes et artistes musicaux pour les photographier. Qui de mieux que celui qui a réalisé le clip d'Atmosphere, single posthume rendant un dernier hommage à Ian Curtis, pour mettre en image les dernières années de la vie de ce dernier ? Second mouvement : la bande-annonce disponible depuis peu. Bande-annonce de Control par Anton Corbijn. Parti pris du noir et blanc, scénario basé sur le livre Touching From A Distance de Deborah Curtis, veuve de Ian, Control est plus que prometteur. Bien évidemment, toute la tragédie du monde, le poids de la vie sur les frêles épaules du Mancunien, sa sempiternelle solitude ne saurait être aussi bien commnuniquée que dans les textes d'Ian et les disques de Joy Division. Mais voir se mouvoir un simili-Ian Curtis sur grand écran alors que l'on a passé des nuits à écouter son chant solennel, désespéré et grave, lorsque l'on a passé des heures à regarder ses danses cathartiques lors des rares passages télévisés du groupe, et surtout lorsque l'on est né trop tard pour assister à tout cela, ce film qui semble réussi est une franche aubaine. Récompensé par deux fois à Cannes lors de la Quinzaine des Réalisateurs, Control va être attendu. A la même période où New Order semble avoir définitivement splitté, ce long-métrage semble être un dernier hommage à cette période et est respectueuse d'Ian Curtis, faussement vu comme une idole sacrifié sur l'autel du rock, archétype de l'artiste tourmenté. Septembre c'est loin. The Cribs dans ma têteCa y est il a gagné. Zane Lowe animateur sur BBC Radio 1 a réussi à me pourrir la tête et les oreilles de son single of the week d'il y a quelques semaines ! Riff de guitare énergétique, voix pourrie (paroles tout autant pour ce que j'arrive à comprendre) et re-riff de guitare (je crois que tout se joue là !). Les responsables sont The Cribs, emménés par trois frères (les frères Jarman)...qui sont au passage potes des Kaiser Chiefs. De l'autre côté de la Manche, le groupe sort son troisième album, Men's Needs, Women's Needs, Whatever, produit par Alex Kapranos de Franz Ferdinand. Succès garanti, d'autant plus que le clip de leur single "Men's Needs" a été gentiment censuré. |
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