Playlist : blog musique

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MakroSoft : votre pire cauchemar en version stéréo (mais aussi mono)

Posté par Maxence le 31.07.07 à 18:43 | tags : rigolo, pop, électro, culte et bizarre, rock
La muzak vous connaissez ? Une musique passe partout, sans saveur et sans heurts, largement diffusée dans les ascenseurs, les supermarchés, les salles d'attente et même certaines boîtes de nuit. A l'origine de cette forme de musique, une société, la Muzak Holdings LLC. Crée en 1934, Muzak se consacrait à l'édition de bandes sonores appelées aussi "musique au mètre", spécialement conçues pour les lieux publics en prétextant le confort auditif des citoyens les plus fragiles, les personnes du troisième âge, les bébés, les femmes enceintes, etc. Devenu terme générique, le mot muzak désigne toutes les formes de musiques insipides que nous consommons aujourd'hui au kilomètre sans nous en apercevoir (de là à en déduire qu'à l'ère du Ipod, toutes les musiques sont de la muzak, merci Apple, mais bref…) Imitation grand orchestre avec cordes au ralenti, cuivres mous du genou, arrangements tellement sirupeux qu'ils vous collent aux cheveux et vous donnent mal au crâne, la muzak est la musique idéale des salles de bals désaffectées, ou pire, des dancings du samedi soir en province. Ce qui est amusant, c'est que pour la génération 70/80/90, la muzak est une vraie torture sonore justement. J'imagine que l'on pourrait facilement faire avouer des partisans d'Al Qaida en les attachant sur une chaise avec un casque audio sur les oreilles et en leur jouant des heures de muzak.

De là à considérer les trois de MakroSoft comme une "bande" de dangereux terroristes, il n'y a pas des kilomètres ! Massacrer les standards indés (ou autre) des années 70/80 et 90, tel est le credo de Stereo Also Playable Mono. Le collectif MakroSoft passe donc à la moulinette de l'horreur visqueuse, "Das Modell" de Kraftwerk en version reggae mollassonne tandis que le "Smells Like Teen Spirit" de Nirvana se transforme en musique de soirée dansante pour maison de retraite, et qu'un vocaliste massacre "The Passenger" d'Iggy Pop (certainement la pire de toute !). MakroSoft se défoule aussi sur "Black Hole Sun" de Soundgarden (déjà de la muzak de toute façon) transformé en vrai morceau d'anthologie guimauve, qui pour le coup fond vraiment, comme dans le clip original, au soleil de nos turpitudes. Atroce ! Suivent le déjà terrifiant "Should I Stay or Should I Go" des Clash (une des meilleures réinterprétations dans le genre exotica pourrie venue du fond des âges et du cerveau défraîchi d'un californien des années 50), le "I Will Survive" (mais à ce rythme là, pas nous !) de Gloria Gaynor et même "Venus in Furs" du Velvet, que l'on croirait chanté par un clone ivre de Nancy Sinatra ou "Losing My Religion" de R.E.M.. Le pire c'est que 5 minutes d'exposition à ces atrocités et on y prend goût ! On se rend compte à quel point finalement de ces morceaux mythiques, nous n'avons en fait retenu que la joliesse des mélodies faciles (vous avez déjà chanté "And I ride and I ride, I ride through the citys backside, I see the stars come out of the sky, I see the bright and hollow sky. And everything looks good tonight. Singin la la la la la-la-la la. La la la la la-la-la la. La la la la la-la-la la la-la", sous la douche ?) Mieux qu'un énième hommage à Burt Bacharach ou Lee Hazlewood dont tout le monde se gargarise ces temps-ci, MakroSoft c'est vraiment "Retour vers le Futur".

 

J'en profite pour vous annoncer que cette chronique ouvre avec bonheur notre feuilleton de l'été sur Fluctuat : Les album cultes des géants du bizarre ! A suivre dés mercredi 1er août.

MakroSoft – Stereo Also Playable Mono (La Baleine)




Youtube de l'été #16 : Stevie Wonder - Superstition (1973)

Posté par LovelyRita le 31.07.07 à 15:02 | tags : funk, live, tubes de l'été, youtube

Que faisiez-vous à 22 ans ? Moi j'usais mes fonds de jean sur les bancs de la fac et puis il y a un type qui à 22 piges a écrit "Superstition". Little Stevie Wonder, plus tard Stevie Wonder tout court, débute sa carrière dans les charts avec ce titre au départ écrit pour un autre ! C'est Jeff Beck qui aurait du hériter de ce tube, mais c'était sans compter sur l'intervention du manager de Wonder qui l'a finalement convaincu d'enregistrer le titre lui-même. Voilà donc Stevie Wonder avec une chanson sur les superstitions en poche : "Thirteen month old baby, broke the lookin' glass, Seven years of bad luck...". Le titre démarre sur un rythme de batterie à la cool qui ne laisse pas préssager de la suite...la suite c'est ce riff à se tapper la tête contre les murs, riff qui n'est en fait pas reproduit par une guitare mais par un clavinet (un piano électrique qui reproduit le son du clavecin et qui a été très utilisé en funk). Ensuite il y a ces cuivres qui vous donnent le tournis. Et le tout c'est une instrumentation si prenante qu'on pourrait presque en oublier le chant de Wonder.

Merci à 2goldfish pour cette suggestion.







Madonna, Morrissey et le manteau en peau de Noir

Posté par Myosotis le 31.07.07 à 10:51 | tags : people, pop
A peine remis d'un sérieux problème de gorge qui lui a imposé un repos forcé et l'annulation de plusieurs concerts de son interminable tournée, Morrissey a profité d'un concert donné au profit de la PETA (Association de Protection des Animaux, dont il est membre bienfaiteur de longue date), à Norfolk en Virginie, pour se payer Madonna et de quelle manière. Quittant la tribune, l'ancien chanteur des Smiths a déclaré à propos de Madge et de son fils adopté il y a quelques mois : "Je ne serais pas étonné si Madonna prenait ce petit Africain qu'elle vient d'adopter pour s'en faire un manteau. Elle le porterait une quinzaine de minutes avant de le balancer à la poubelle." La déclaration, en réponse à une question qui lui demandait son avis sur le grand mouvement d'adoption de jeunes africains par les stars hollywoodiennes en a évidemment ému plus d'un par son ton et sa violence.

Madonna a envoyé aussitôt au front l'un de ses représentants pour lire le message suivant : "En tenant ces propos, Monsieur Morrissey a montré son vrai visage. Quel genre de personne faut-il être pour s'exprimer de cette manière-là, utiliser de telles images immondes et les formuler avec ces mots-là." La guerre est déclarée entre les deux stars et ne fait que commencer.

 

 




Speicher CD3 : Kompakt (toujours) extra !

Posté par Maxence le 30.07.07 à 18:45 | tags : électro, label, myspace, techno
Il y a des moments comme ça où vous subissez une petite baisse de forme, où votre intérêt pour certaines musiques s'émousse, où vous choisissez un son plutôt qu'un autre. J'étais dans cette période-là. Préférant les montées langoureuses du "nu-disco", du baléar-hic (!) et les bizarreries du rock expérimental des dix dernières années (et plus), tandis que je vous concoctais notre feuilleton de l'été : "Les albums cultes des géants du bizarre". Je repoussais donc d'autant l'écoute de ce volume 3 de la collection Speicher présenté par l'excellent label Kompakt. Peu inspiré par le son des Allemands pourtant au top cette année, je décidais de commencer par le milieu, "Wet Summer" de John Dahlbäck, question d'ambiance sans doute (il fait plus de 35° de là où je vous écris, et ce, depuis plus d'une semaine) Et là, la claque ! Imparable dès la première note, comme d'habitude. De vraies retrouvailles ! Comment ai-je pu en douter ? De fait, "Wet Summer" est une tuerie comme on dit, et on s'enfonce avec bonheur dans sa transe si particulière. Un peu comme quand, soudainement subjugué par l'appel du dancefloor, vous vous enfoncez dans une mer de corps en sueur. Et de la sueur il y en a des litres sur ce nouveau volume de Speicher, vous pouvez me croire.

Les habitués le savent, Speicher est la vitrine de Kompakt Extra, la division consacrée au 12" et représentatif de ce que le label fait de mieux en matière de dancefloor, réuni sur un CD mixé par les co-fondateurs de Kompakt eux-mêmes, soit dans ce cas, Michael Mayer et Jorg Bürger. Mais revenons au début, à la piste 01 s'entend, avec le "Na Cha Cah" de DJ Koze, sa ligne de basse énorme et sourdement hypnotique. Immédiatement vous savez : dans votre salon, comme ailleurs, vous allez danser jusqu'à en perdre tout sens de la mesure. "Na Cha Cah" est la parfaite introduction à plus de 78 minutes (oui!) de musique. Suivi du hautement lubrique "Cellophane" de Davidovitch (une sorte de Gainsbourg techno avec baragouin en français autour d'activités stupéfiantes et illicites) et du "Enzian" de Superpitcher, c'est le ticket d'entrée pour un autre monde, celui du trip infini, de la transe au mètre, du déphasage volontaire et sans retour. Du plus mélodique ("Another Moment of Silence" de Stardiver, aka Jorg Bürger) au plus bleepé ("Galaxy" d'Axel Bartsch, "Fruity Loops #2" de Jürgen Paape), jusqu'au tiercé gagnant enchaîné de Misc ("Status Now"), Motiivi/Tuntematon ("I Don't Feel Good") et Davidovitch encore ("Insider" le bien nommé qui vous prend aux tripes), chaque track de Speicher CD3 est savamment posé, dessinant le point-trait, point-trait lumineux du morse Kompakt, avec toujours une unité de ton, si ce n'est de son, dans cette impeccable sélection. Le pic étant le bluffant "Mankind Failed" des décidément passionnants Finlandais de Motiivi/Tuntematon. Une track mutante, véritable rencontre du troisième type de ce mix. Un peu comme si Pan Sonic se mettait à faire de la techno. "Mankind Failed" et son final ENORME entre ambiant et noise, vous laisse à bout de souffle, les oreilles bouchées, littéralement.

Avec une livraison pareille et une année aussi brillante, il est évident que nous n'avons pas de soucis à nous faire pour la "Cologne Connexion". En gros, et comme le répète inlassablement Motiivi/Tuntematon justement, Kompakt "I don't feel good (when you're not around)".

Kompakt – Speicher CD3 (Kompakt/Nocturne, juillet 2007)



Youtube de l'été #15 : America - A Horse With No Name (1972)

Posté par LovelyRita le 30.07.07 à 15:17 | tags : folk, rock, tubes de l'été, youtube
Pour l'année 72, on aurait pu vous proposer "Qui Saura ?" de Mike Brant ou "Kiss Me" de C Jérôme...fnalement on s'est reportés sur "A Horse With No Name" d'America, on a trouvé ça plus estival et puis l'espace de 3 min, nos esprits se sont évadés de la salle de rédac de Flu pour aller errer sur une route déserte aux States. Un titre aux allures de road-trip, qu'on continue encore aujourd'hui à attribuer à Neil Young. "A Horse With No Name" est le premier single du groupe, sorti en 1972 il se hisse à la première place des charts et déloge "Heart of Gold" d'un certain Young. Le chanteur Dewey Bunnell ne s'en cache pas : sa voix et le titre en lui-même sont clairement inspirés de Young. Donc vous l'aurez compris en 1972 on avait également le choix entre America et Neil Young et on a finalement opté pour le plus roublard des deux !!
 



Gravenhurst remet le couvert

Posté par Maxence le 30.07.07 à 10:21 | tags : agenda, new wave, news, pop, rock, youtube
J'ai longtemps boudé la pop indé qui était pourtant le vivier dans lequel j'ai barboté toute ma "jeune jeunesse" (16 - 27 ans). Dès 1992 je me jetais à corps perdu dans les musiques électroniques et me détournais lentement du bouillonnement pop-rock qui me semblait de plus en plus vain et surtout, répétitif au possible. J'avoue également qu'hormis quelques impérissables exceptions comme Yo La Tengo, High Llamas, Pavement, Sonic Youth et autres The Fall, je ne trouvais plus le frisson que m'apportaient auparavant ces musiques. Bien sûr, la curiosité et la nostalgie vous font renouer de temps en temps avec ce que d'autres appelleraient "le bon vieux temps". C'est ainsi que je découvrais Liars, TV On The Radio, le premier album d'Interpol, le premier album des White Stripes, et je dois dire que le temps d'un Formed A Band d'Art Brut, j'ai presque réussi à atteindre le degré d'excitation de mes 20 ans.

Pourtant en 2005, je suis resté scotché à l'écoute du Black Hole in The Sand EP d'un certain Gravenhurst alias Nick Talbot, alors seul compositeur et interprète de cet étrange "groupe". Peut-être dois-je cette découverte et celle de l'album suivant au fait qu'il soit signé chez Warp, pourvoyeur d'electronica fine depuis 92, mais j'en doute, n'écoutant plus les productions du label sauf exception depuis 2001. Non, la musique de Talbot se suffisait à elle-même. L'Anglais savait comme pas un marier les contraires. Sombre mais flamboyant, intense et catatonique, mélancolique mais réconfortant, Fire in Distant Building évoquait pour moi tout ce que je ne trouvais plus dans la pop indé des balbutiantes années 2000. Bonne nouvelle, son dernier et quatrième album, à paraître en septembre, est dans la même lignée. Du folk rock sombre, un poil plus apaisé que les précédents où Talbot semble avoir fait la paix avec ses fantômes et surtout, construit un véritable groupe avec lequel il tourne depuis plus d'un an. Un petit avant goût en forme de clip nous est offert sur youtube depuis quelques semaines, et bien que "Trust" soit moins spectaculaire que les précédents, jetez-y un œil et une oreille, se serait dommage de s'en priver. Une chronique de l'album, elle paraîtra en temps et en heure sur Flu', le mag.




Youtube de l'été #14 : Marvin Gaye - What's Going On (1971)

Posté par LovelyRita le 29.07.07 à 13:28 | tags : soul, tubes de l'été, youtube

Si notre série les Youtube de l'été avait été un top, ce titre de Marvin Gaye aurait sûrement été très bien placé, voire à la première place ex-aequo avec "God Only Knows" des Beach Boys, "Temptation" de New Order et bien d'autres. Au lieu de ça, "What's Going On" se voit vulgairement attribué le n° 14 dans notre décompte chronologique. Co-écrite par Renaldo "Obie" Benson des Four Tops, Al Cleveland et Marvin Gaye lui-même, la chanson ne devait au départ pas sortir en single. Le dirigeant de La Motown jugeait ce titre beaucoup trop engagé sur le plan politique et préssentait un échec commercial qui ne s'est finalement pas du tout fait sentir. Le titre, une fois commercialisé, a été un succès, jamais un titre de la Motown ne s'était vendu aussi rapidement. Merci à Marvin Gaye d'avoir tenu tête à Berry Gordy de la Motown !




Youtube de l'été #13 : The Carpenters - Close To You (1970)

Posté par Kris le 28.07.07 à 11:17 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Karen Carpenter ou l'une de ces hégéries musicales sacrifiées, bouffées jusqu'à la fin par l'angoisse du succès et de la notoriété, où la condition artistique aura pris le pas sur la vie elle-même. Une des plus belles voix de la pop s'est éteinte, en 1983, victime d'une crise cardiaque, à 32 ans, dûe à son anorexie connue publiquement. The Carpenters connaissèrent un succès mondial dans les années 70 avec leur pop douce et acidulée, lisse et mélodiquement pure, presque ingénue. Ce ne fut qu'à la mort de la chanteuse des Carpenters que l'on se pencha rétrospectivement sur la musique incroyablement désespérée et mélancolique du duo, et surtout du chant fin, expressif et alarmant de Karen.

Cette reprise de Burt Bacharach et Hal David, "Close To You" ouvrirent les portes du succès au duo durant l'été 1970. Que cette ouverture est magique, ces trois petits mots dévoilés par cette voix intense et douce "Why do birds...", une plénitude infinie règne et une tristesse évidente transparaît... Au même titre que ces Ian Curtis, Elliott Smith ou autres Jeff Buckley, se faisait trop présent le malaise sous-jacent, le mal-être inhérent, cette inconstence maladive à vivre en harmonie avec les autres et soi-même, (trop) consciente du monde qui l'entoure, l'observe et l'opresse. Angélique icône sacrifiée sur l'autel de la pop music, Karen Carpenter, tranchant avec l'image candide, romantique et glamour de The Carpenters, est morte d'anorexie, mangée à mort par ses démons intérieurs. Un destin tragique comme tant d'autres dans le monde, mais dieu que celui-ci est triste...

 

 




M&CD : Les musiques électroniques résistent

Posté par Maxence le 27.07.07 à 18:36 | tags : à lire, copinage, électro, médias
Une fois encore je souhaiterais vous parler d'un projet dont je suis partie prenante (ainsi que notre collaborateur Laurent Diouf). Il s'agit du magazine (papier) M&CD. Vous connaissez tous ? Non, certainement pas, il s'agit d'un projet encore confidentiel malgré ses (déjà) 4 ans d'existence. Pour faire court, je dirais que M&CD (pour "musiques et cultures digitales") est la revue du réseau d'information "arts, musiques et médias électroniques". Débuté en 2003 sous forme d'une feuille d'infos (18 pages tout de même, le terme "feuille" correspondant à ce qui se fait dans ce domaine très spécialisé) à la maquette succincte et en noir et blanc, l'aventure prend depuis deux ans la forme d'un vrai petit magazine de 28 pages avec sujet central (la une) en couleur. Au programme, interview d'artistes, mais aussi d'organisateurs de festival, de créateurs contemporains, de body artistes, d'écrivains de SF, d'essayistes, de philosophes, etc, ainsi que des articles de fond et des dossiers variés tournant tous autour de la création à l'heure des technologies numériques et leur impact sur notre quotidien. Côté musique, le magazine peut se targuer aujourd'hui d'avoir rencontré une belle palette d'activistes, dont Plaid, Mouse on Mars, Taylor Deupree, Monolake, Vladislav Delay, Deadbeat, Michael Mayer, Jorg Burger, Beat Pharmacy, Marco Haas de T.Raumschmiere, Takagi Masakatsu, DJ Spooky, Jan Jelinek, Pole, Amon Tobin, Prince Charming, le duo Pékinois FM3, Sixtoo et bien d'autres.

Or, surprise ! Au moment où le dernier mag électro proposé en kiosque disparaît, le dernier numéro de M&CD, lui, vient de sortir (le 07 juillet dernier) et tout en couleur ! En plus d'une couverture et d'une interview consacré à Apparat, il propose une interview de Richie Hawtin autour du label Minus qui vient de boucler une très bonne année, une rencontre avec Robin Rimbaud de Scanner, de nombreux compte-rendus/découvertes de festivals (Mal au Pixel, Astropolis, Nuits Sonores, etc.) Les lecteurs pointus trouveront également de nombreuses infos et chroniques (livres, disques, DVD) tournant autour des "arts, musiques et médias électroniques" dans une nouvelle maquette, plus sobre, plus "magazine". Le magazine va encore connaître des développements, puisqu'il annonce la parution très prochaine de leur catalogue des Festivals, indispensable outil au service des organisateurs de spectacles, artistes et associations, ainsi qu'un format augmenté à 38 pages (TBC) très bientôt avec, encore une fois un somptueux sommaire. Les points de distribution auparavant cantonnés aux médiathèques, GRM, IRCAM, INA et autres lieux réservés aux habitués, s'étendent aussi à un réseau dans toute la France (on en trouve même au point "culture" de certain Centre Leclerc !).

A noter qu'ils ont également un site proposant pas mal d'extraits assez longs des papiers et interviews réalisés depuis 4 ans. Allez le voir, même s'il ne correspond pas encore à l'aspect du mag. Ne ratez pas la rubrique Flashback des festivals de René Licata, à elle seule elle vaut la visite du site.



Youtube de l'été #12 : Serge Gainsbourg - Je t'aime moi non plus (1969)

Posté par LovelyRita le 27.07.07 à 14:44 | tags : chanson française, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube
69 Année érotique qu'il chantait. En 1967, Serge Gainsbourg compose "Je t'aime moi non plus", chanson au départ écrite alors qu'il était avec Brigitte Bardot. Après l'avoir chanté pendant deux ans, BB n'assume plus et décide de ne plus jamais chanter cette chanson aux paroles beaucoup trop évocatrices : "tu vas et tu viens entre mes reins". Gainsbourg change de partenaire à la vie et trouve par la même occasion une autre femme pour pousser la chansonnette et gémir de plaisir sur "Je t'aime moi non plus". Séduite par ce titre qu'elle trouve érotique et magnifique, Jane Birkin accepte le duo en 1969.
 



Les Auteurs libres de droits... : foncez

Posté par Myosotis le 27.07.07 à 10:30 | tags : disques de l'été, live, pop, rock, uk

Dans un monde meilleur (et avec un soupçon de voix en plus), Luke Haines aurait été le Morrissey des années 80 ou serait le Pete Doherty des années 2000, un fin analyste de la société britannique et une sorte de monument national, partie non négligeable du patrimoine, en dehors des frontières d'Albion. Au lieu de ça, le leader des Auteurs passe régulièrement pour l'atrabilaire de service, un rockeur hargneux anti-système et fâché, depuis la fin de la Brit Pop et la relative déception de Now I'm A Cowboy, leur deuxième album (1994), avec le succès de masse.

Cela ne doit pas faire oublier que l'auteur de Lenny Valentino est un activisme forcené de la la scène indie rock depuis près de 15 ans maintenant, un fabuleux compositeur de pop rock à qui l'on doit, sous ses diverses incarnations (Black Box Recorder, Baader Meinhof, les Auteurs, Das Capital ou en solo) une bonne cinquantaine (centaine ?) de purs joyaux. Comme l'homme qui n'aime pas l'Angleterre, la Reine, la vie moderne, les cons, la presse rock, les gens, n'aime pas non plus les maisons de disques, comme son dernier album Off My Rocker At the Art School Bop (très bon) n'a recueilli aucune sorte d'écho nulle part et qu'il vous emmerde, Luke Haines propose en ce moment un live en ligne, daté de 1999, gratuit et qu'on peut télécharger en un tour de mains. Le concert en question, donné à la très chic London School of Economics (LSE) de Londres, reprend non pas l'album How I Learned to Love the Bootboys mais une excellente série de titres qui ont précédé et qui font un effet boeuf, qu'il s'agisse des chansons tirées de Baader Meinhof ou du sublime album concept After Murder Park (mon préféré). Le concert se termine évidemment par l'hymne The Future Generation, en acoustique, qui, pour le prix, est d'une valeur inestimable.

http://www.lukehaines.co.uk/shop




People Press Play : La filière germano-scandinave

Posté par Maxence le 26.07.07 à 18:33 | tags : ambient, disques de l'été, électro, pop

Les amateurs d'electronica fine parmi vous se souviennent peut-être de Future 3, le groupe de Anders Remmer, Thomas Knak et Jesper Skaaning, grâce à qui on doit également System (les trois mêmes), Dub Tractor (Anders Remmer), Acustic (Jesper Skaaning) et Opiate (Thomas Knak). Vous l'avez compris nous sommes dans le domaine de l'electronica post-rock de Morr Music et City Center Office. Une musique usant des ficelles de l'électronique millésimée IDM 92-96, pour accoucher de ritournelles un brin nostalgiques, souvent planantes et répétitives, avec plus ou moins de bonheur selon les moments et l'inspiration des artistes en question. Sur "Future 3" l'éponyme et sa pop immatérielle, c'est splendide, sur Dub Tractor, idem, même si parfois un brin ennuyeux, sur System, ça fonctionne parfaitement et sur People Press Play le nouveau projet des trois Scandinaves accompagnés de la chanteuse Sara Savery, et bien, c'est selon.

Car ces artistes ont tous été bercés dans leur jeunesse par les échos de la dream pop de Cocteau Twins et du shoegazing de Slowdive, Whirlpool ou autre My Bloody Valentine. D'ailleurs, c'est bien à My Bloody Valentine, joué au ralenti, auquel on pense en écoutant "Girl", le morceau d'ouverture, mais c'est surtout à un autre groupe, oublié celui-là, de la vague post-shoegaze-post rock qui revient à notre mémoire dès que les basses arrivent. Il s'agit des Américains de Bowery Electric. Même rythme downtempo, mêmes lyrics noyées dans la reverbe, même tendance electro-dubby & glitch. Mais ce portrait de famille serait incomplet sans une petite référence à Seefeel, parrain underground de tout ce que la pop planante d'aujourd'hui compte d'adeptes de la chambre d'écho, des loops et des mélodies. La filiation est particulièrement évidente sur "Before Me", "Everything", "Stop", le tiercé gagnant qui conclut l'album. On y retrouve les mêmes distorsions électroniques apparemment infinies, les mêmes spirales bienheureuses et langoureuses bordées de la voix douce de Savery.

Malgré toute cette sérénité et ce bonheur affiché, on reprochera tout de même à People Press Play, sa facilité à jouer dans le registre facile de la "popounette", vous savez, cette pop gentillette et parfois insipide ("Always Wrong", "Frail") qui évoque encore, à quarante ans passé, les démons et les émotions de l'adolescence, affichant ainsi une fâcheuse tendance à cultiver la persistance du syndrome de Peter Pan dans le milieu pop international (celui dont souffre certainement Stephen Pastel, Stuart Murdoch de Belle and Sebastian et bien des amis à moi). Heureusement des morceaux quasi-instrumentaux comme "Studio", répétitif et Reichien sans pour autant exclure la mélodie, ou encore "These Days", frôlent la perfection en matière de bande son pour journées indolentes. Comme quoi l'ennui peut aussi avoir du bon.

People Press Play - st (Morr Music/La Baleine)




Youtube de l'été #11 : Simon & Garfunkel - Mrs. Robinson (1968)

Posté par Kris le 26.07.07 à 15:09 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

"Tat tadadatata tata tatatadadaaaa...." Et voilà pour vous Mme Robinson, une superbe ballade gitane par le plus mignon des couples ne pouvant plus se supporter, ni totalement se séparer. Simon & Garfunkel, le petit au visage rond Paul Simon et le grand blond bouclé Art Garfunkel, est le duo folk romantique le plus connu de la pop musique. Comme la chanson de U2 "With Or Without You", les deux new-yorkais n'ont plus à prouver leurs qualités artistiques ensemble, ni non plus avons nous à compter les séparations/reformations du duo. Déjà mondialement connus en 1965 avec le célébrissime single "The Sound of Silence" sur l'album Wednesday Morning, 3 A.M., Simon & Garfunkel va encore franchir une étape deux ans plus tard.

En 1967, le réalisateur allemand Mike Nichols est en préparation de son film The Graduate (Le Lauréat) avec Dustin Hoffman pour ce qui sera son premier grand rôle et Anne Bancroft, film qui raconte l'histoire d'un jeune homme vivant une histoire avec une femme plus âgée que lui. Nichols engage alors Simon & Garfunkel pour composer la bande originale du film. Mais dans le temps imparti, et étant en tournée, Paul Simon ne put composer que trois chansons dont une démo, nommée "Mrs. Robinson". La chanson sera la chanson phare du film, Nichols exigeant même que la chanson soit nommée Mrs. Robinson (le personnage du film se nommant ainsi) alors qu'à la base, Simon s'était inspiré de l'histoire de Mrs. Roosevelt et Joe DiMaggio, joueur de base-ball.

La suite de l'histoire, on la connaît. "Mrs. Robinson" rentrera dans le patrimoine culturel de la pop américaine, tandis que Le Lauréat rafle les nominations aux Oscars, Mike Nichols remportant par là même celui du meilleur réalisateur. La chanson sera finalisée, ré-enregistrée et sortie sur l'album Bookends en 1968 et fera le carton escompté. Et dire que ça le faisait chier de composer ces chansons pour le film à Paul Simon, grand bien lui en a pris finalement. On se demande pour le coup combien de chefs-d'oeuvre ont bien pu passer à la trappe par fainéantise, goût de la perfection, éternelle insatisfaction, manque de temps ou bien partisanisme du moindre effort de l'artiste. Les grands génies sont parfois des gens très occupés, ou bien de grands oisifs pour qui la facilité demeure la tare des vertueux.

 




Dans la chaleur du soleil avec les Beach Boys

Posté par Myosotis le 26.07.07 à 10:44 | tags : pop, disques de l'été, rock

Difficile d'envisager un été, même le plus pourri, sans les Beach Boys tant leur musique aura, depuis cinquante ans maintenant, nourri l'imaginaire des amateurs de plage, de soleil, de surf, de filles et de sable fin (soit à peu près tout être humain qui se respecte). 2007 n'échappe pas à la règle avec la sortie d'une énième compilation chez Capitol qui, une fois n'est pas coutume (il y a eu quelques exceptions comme Sunshine Dream ou Ten Years of Harmony qui ne font pas oublier la kyrielle de best-of x,y,z), ne se contente pas d'égréner les tubes historiques mais choisit de s'arrêter sur des titres moins connus. Exit donc les titres des albums phares, Pet Sounds et le ressuscité Smile (ou sa version dégénérée Smile Smiley), très peu représentés ici et bonjour les pépites de fonds de tiroir et autres chansons dont seuls les spécialistes s'échangeaient les repères dans une discographie qui, si elle passa par la case chef d'oeuvre pendant quelques années, a principalement consisté à caviarder de joyaux mélodiques des albums vendus dans les supermarchés américains. The Warmth of the Sun est bâti dans un ordre qui n'est pas vraiment chronologique mais semble répondre à quelques velléités d'ordonnancement thématique : on y retrouve quelques séquences homogènes consacrées aux automobiles ("Little Honda", "409"), au surf (le sublime "Surf's Up", "Hawaï", l'indépassable "Catch A Wave") puis plus loin des séries étranges, sentimentales ("The Little Girl I Once Knew", "Wendy"). C'est dans ces titres isolés et presque inconnus que s'apprécie le génie, tantôt embryonnaire, tantôt mature, de Wilson et sa clique (au passage, la compilation rend un hommage aux accolytes qui ont fait tourné la boutique la majeure partie du temps, Mike Love, Al Jardine, etc). Entre le superbe "Disney Girls" de 1957 et les titres sans Wilson, remarquables entre pop et rock, tels que le simplissime et divin "Forever" (l'un des titres à découvrir de cet album), "Cool Cool Water" et "Feel Flows", la franchise Beach Boys est au mieux de sa forme. "Till I Die" et le titre éponyme ("The Warmth of The Sun") illustrent à eux seuls l'art d'un groupe qui survit sans son leader et répand une musique aérienne, débarrassée de ses ambitions démesurées, libre comme le vent. Les Beach Boys sont à cette époque (les années 70) ce que Fitzgerald aura été des décennies plus tôt en littérature, ce que Chet Baker aura cristallisé dans le jazz : une image quasi parfaite de l'Amérique en marche, insouciante, belle comme le jour, des musiciens d'exception aux dents blanches qui portent le soleil sur eux et savent faire ce qu'il faut pour offrir à leur public de masse un artisanant solide, bien produit, bien chanté, bien exécuté. On sent, presque sur chaque composition, et sur les titres post-Smile, la respiration d'un groupe qui récupère de s'être brûlé les ailes mais apprécie de redescendre en planant loin au dessus des nuages.

The Warmth of the Sun est la bande-son idéale pour les étés moyens, ceux où l'on guette les éclaircies et les coins de ciel bleu, dans la m** ambiante.

The Beach Boys - The Warmth of The Sun (Capitol Records, mai 2007)

 




Dopplereffekt : l'électro à géométrie variable

Posté par Maxence le 25.07.07 à 18:47 | tags : contemporaine, électro, pionnier

Gerald Donald principal activiste de Dopplereffekt est un petit rigolo. Ok, on vous dira qu'il existe d'autres membres de cette étrange, et surtout mystérieuse entité, mais n'en tenez pas compte. De toute façon ne tenez compte de rien concernant Dopplereffekt. Né à Detroit dans le sillage d'autres mythologiques bestioles polymorphes et sans visages comme Drexciya ou le collectif U.R., Dopplereffekt et ses membres respectent à la lettre le dogme techno des origines qui veut que tout producteur, musicien, DJ, garde l'anonymat le plus total. On sait pourtant que sous ce pseudonyme aux consonances scientifiques (l'effet doppler, tout simplement) se cache le plus souvent le fameux Gerald Donald plus haut cité. C'est lui qui répond (ou pas, plus souvent pas) aux interviews, c'est lui (?) que l'on voit dans les clips du "groupe" etc...

Profondément impliqué dans le champ de la recherche et de la hard science contemporaine, aussi bien que dans celui de l'activisme politique et scientifique, Gerald Donald a toujours eu à coeur de traduire dans une musique complètement instrumentale (ou presque) les théories scientifiques les plus ardues et avant-gardiste. Une passion qu'il partage à égale mesure (et ce n'est pas le moindre des paradoxes cultivés par ces artistes afro-américains, voir Kool Keith, Lee Perry, etc...) avec le sexe bizarre et/ou extrême (on se souvient du "I wanna be a porno star" plus que souvent joué par tous les DJ de la planète) ainsi que la science-fiction la plus débridée. On lui doit, entre autre, les théories qui accompagnaient son magnifique projet electro-ambient Arpanet, où il annonçait dans un titre d'ouverture d'anthologie (un mantra electronica vocoderisé captivant) et avec 5 ans d'avance, que les technologies sans fil seraient bientôt le vecteur de diffusion numéro un des technologies de l'information. Dopplereffekt aime également parer ses productions de titres scientifiquement évocateurs comme "Cellular Phone", "Linear Accelerator", "Infophysix", une tendance qu'il mixe avec celle des brûlots politiques les plus revendicatifs (voir Fascist State, carrément, le premier album de Dopplereffekt).

Ainsi un titre comme Calabi Yau Spaces n'est pas gratuit. Pour faire court disons que "l'espace de Calabi Yau" est un terme décrivant une variété mathématique utilisée dans divers domaines, dont la géométrie algébrique et la physique quantique (notamment en physique théorique dans l'élaboration de la théorie des supercordes, soit l'une des voies actuelles, envisagées pour régler une des questions majeures de la physique théorique : "comment fournir une description de la gravité quantique en unifiant la mécanique quantique et de la théorie de la relativité générale ?"). Cette théorie est utile pour calculer, la surface, la longueur, la largeur, bref l'espace, d'un tore à multiple points d'interception. Vous savez, ces formes géométriques repliées sur elles-mêmes, et qui selon nos scientifiques, seraient l'image même de notre univers imbriqué avec d'autres univers parallèles. Vous suivez toujours ? Tout cela donne une petite idée des obsessions du bonhomme. Et la musique dans tout ça me direz-vous ? Et bien justement, elle répond parfaitement à ces théories, du moins par ses ambiances et la structure en tore complexe de ses compositions. De fait, les morceaux de Dopplereffekt sont de parfais petits espaces de Calabi Yau. Ses compositions s'enroulent sur elles-mêmes, cliquetantes et vibrantes, partent dans un sens puis dans un autre en se retournant comme une chaussette, imprévisibles, certainement indansables mais fascinantes. On est loin, loin, de la techno ici. Plus proche de l'electronica d'Arpanet ou des compositions abstraites des pionniers de la musique concrète ou de l'ambient. Le tout se déroule dans une impression d'infinitude quasi magique, nous donnant l'impression d'appréhender le vide inconnaissable du cosmos et les mystères physiques de l'univers. Somptueux.

Dopplereffekt - Calabi Yau Spaces (Rephlex/La Baleine, juillet 2007)




Youtube de l'été #10 : The Beatles - All You Need Is Love (1967)

Posté par LovelyRita le 25.07.07 à 16:09 | tags : pop, tubes de l'été, youtube
Dans un article de juillet de l'International Herald Tribune, on apprend que des fans des Beatles se sont révoltés contre l'utilisation d'un titre du groupe pour un spot TV vantant les bienfaits des couches pour bébés. Si vous cliquez ici, vous verrez effectivement une pub pour les couches Luvs sur fond de reprise de "All You Need Is Love". Ce titre composé par les Beatles en plein "Summer of Love" est vite devenu un hymne parmi les opposants à la Guerre du Vietnam. Une reprise du même titre par Nada Surf avait déjà été utilisée pour une autre pub (pour une carte de crédit) sans soulever le mécontentement de qui que ce soit. Ce qui gêne dans la campagne All You Need Is Luvs, c'est la reprise de cet hymne pacifique pour promouvoir des couches en tant de conflit (avec l'Irak).
 
Que la couche de bébé soit propre ou pas, on fête aujourd'hui les quarante ans (et un mois pile poil) de l'anniversaire de ce titre. Composé à l'arrache pour l'émission Our World, "All You Need Is Love" devait être interprété en ouverture du show, qui a été retransmis dans plus d'une vingtaine de pays. La BBC avait demandé aux quatre garçons d'écrire un titre à portée quasi universelle. L'amour n'a pas de frontières dit-on ? En tout cas, John Lennon y a cru sur le coup puisqu'il a composé cet hyme à l'amour.
 



Nouveau tag : les disques de l'été !

Posté par Maxence le 25.07.07 à 14:53 | tags : disques de l'été, news

"Pop rock de plage, dub des caraïbes, néo-disco solaire, jazz lumineux, ambiant balnéaire, électro étincelante", toute l'équipe musique de Fluctuat se met en quatre pour vous préparer un été agréable et rattraper les aléas d'une météo plutôt maussade en brandissant fièrement sa nouvelle rubrique : "Disques de l'été". Une initiative honteusement pompée sur notre rubrique livres, qui elle, propose les "Lectures de plage". Qu'à cela ne tienne, faute avouée, faute à moitié pardonnée, suivez donc le tag éponyme et préparez-vous à découvrir des albums et des news qui vous éblouiront. A vos lunettes, la boule disco va étinceler comme jamais au soleil de l'été (moui, enfin, s'il se décide à briller hein... mais au moins vous aurez l'ambiance) !




Band Of Horses contre Youtube

Posté par 2goldfish le 25.07.07 à 10:31 | tags : live, rock, youtube

Que ferions-nous, au beau milieu de l'été quand l'actualité musicale n'est plus que dans des festivals où nous ne sommes pas, sans un peu d'internet-drama ? Et en dehors d'un peu de pseudo-pédophilie sur le blog de Deerhunter, quoi de mieux qu'un groupe qui pète un peu les plombs sur scène ? Le groupe au coeur de la polémique cette semaine c'est nos bien aimés Band of Horses dont le chanteur Ben Bridwell a pris à partie une spectatrice qui les filmait pendant leur tube "Funeral". La fille s'est enfuit en courant, outrée, et s'est empressée d'écrire un billet haineux sur son blog, expliquant qu'elle filmait beaucoup de concerts, qu'elle faisait ainsi gratuitement la promotion des groupes filmés et que Band Of Horses aurait du la remercier. Au lieu de ça, à la fin de la chanson Bridwell s'est lancé dans une tirade anti-youtube (disponible, je crois, quelque part sur youtube).

Dans une interview donnée à Pitchfork, Bridwell a présenté ses excuses et donné ses raisons : le public était composé en grande partie de types qui ont causé toute la soirée, ne s'interrompant que pour crier "the funeral", la staff de la salle n'était pas sympa non plus et c'était visiblement un de ces soirs où tout va mal et il avait l'impression qu'on le filmait uniquement pour poster une vidéo humiliante sur youtube. Aussi et surtout, Bridwell lamentait le fait qu'aujourd'hui la moitié du public d'un concert passe son temps à l'enregistrer au lieu de simplement l'apprécier. Nous sommes tous bien contents d'avoir à notre disposition certains enregistrements de concerts particulièrement intéressants mais a-t-on besoin des milliers de bouts de chanson inaudibles enregistrés depuis le balcon avec un téléphone portable qui grouillent sur youtube ? Je suis probablement un vieux grincheux mais quand je lève les yeux vers un artiste, voir la lueur de dizaines d'écrans de téléphones entre moi et lui ça me déprime.

Les explications et les excuses de Bridwell me semblaient régler la question définitivement et je n'aurais pas écrit ce billet si, en voyant l'histoire reprise sur Stereogum, je n'avais découvert un lever de barrage contre Bridwell dans les commentaires sur le mode "bou-ouh, le pauvre bébé il aime pas que les gens filment son concert parce qu'il a un écrit tube". Amusant comment l'enregistrement de concert est passé en quelques années du statut d'activité illégale pour baroudeurs rock expérimentés à un droit inaliénable de tout possesseur d'un mobile. Je soupçonne les commentateurs de Stereogum d'avoir des blogs pleins de vidéos qu'ils vont filmer eux-mêmes tous les week-ends et aussi de n'avoir rien compris à ce qu'ils venaient de lire (un point commun à beaucoup de commentateurs sur le net), mais je me tourne vers vous amis lecteurs : enregistrer tout, tout le temps, vous êtes pour ou contre ?




Kuniyuki Takahashi : Le codex jazz de Takahashi

Posté par Maxence le 24.07.07 à 18:51 | tags : jazz, électro, dub, disques de l'été, ambient, myspace

Avant de commencer cette chronique, j'aimerais préciser combien le jazz électro me sort généralement par les oreilles. Je veux dire, il entre d'un côté et sort de l'autre. Pourtant, impossible de rester indifférent à l'écoute d'un disque comme ce We Are Together de Kuniyuki Takahashi, artiste de l'archipel nippon, dont je l'avoue, j'ignorais totalement l'existence avant novembre dernier (oui, bon ça va, comme dirait 2goldfish, "ça ne vous arrive jamais vous d'avoir du retard ?"). Sous une pochette magnifique se présente donc une musique qui ne l'est pas moins. Je sais je n'ai aucune excuse pour ne pas vous en avoir parlé plus tôt, si ce n'est celle d'une actualité 2007 particulièrement bien fournie en coups d'éclat, coups de foudre et coups commerciaux aussi. Du coup (c'est le cas de le dire) We Are Together n'a été écouté qu'une fois, et rapidement placé sur la pile "à chroniquer" pour se voir non mois rapidement - et inconsciemment - relégué au bas de cette même pile. La faute au hasard des sorties, etc. qui privilégie rarement les albums subtils nécessitant de nombreuses écoutes.

Je ne comprends donc pas pourquoi je n'y suis pas revenu plus tôt. Pourtant, ce n'est pas faute d'être resté scotché dès la première écoute (au casque) sur les morceaux de ce disque hors du temps, des modes et des futilités du quotidien. Car derrière son titre en forme de slogan naïf se cache réellement les plus belles combinaisons de musique électronique, de jazz, de dub et de musique afro que j'ai jamais entendues. Dès "People", "Sleepers", "Moonlight" et "Earth Beats", l'auditeur initié retrouvera les ambiances afro-jazz de pointures comme Ornette Coleman ou Pharoah Sanders (dont je conseille à tous l'écoute du formidable Tauhid, un classique de free jazz psychédélique de 1966 qui inspirera autant les amateurs de Liars ou Sonic Youth - pour les prestations du monstrueux guitariste Sonny Sharrock - que ceux de Coltrane, Davis ou Hancock période Headhunter), ambiances ponctuées des trames répétitives de vagues électroniques planantes et des percussions tribales africaines, convergeant dans un crescendo orgasmique totalement hypnotique. Simplement imparable, surtout si vous avez une bonne sono. A partir de "Precious Hall", Kuniyuki Takahashi nous explique à sa manière, c'est-à-dire avec la même expressivité que Jacqueline Caux dans son immense film sur la techno de Detroit, pourquoi house, techno et Afrique sont intimement liées. Ses tracks, à la fois ambient et bondissants dégagent une telle sérénité, et ont un tel impact aussi, que l'on fait évidemment le lien entre les options orientales de la pochette et la musique de Takahashi. Comme Pharoah Sanders en son temps, le jazz electro du Japonais est forcément (racines obligent) imprégné de zenitude. Une philosophie qui transparaît encore mieux sur l'ambient "The Guitar Song", beau à pleurer, avec sons de cloche et field recordings. L'ensemble se conclut sur une ballade croisant Eno et Prince, "Cascades of Colour". Sans commentaire, c'est beau, c'est tout.

Pour finir, signalons que We Are Together n'est qu'une compilation (et profitons en pour remercier en même temps le label Mule Musiq pour cette découverte), cela donne une idée de l'ensemble de l'œuvre du Japonais. Donc, si vous avez un minimum de sensibilité, vous ferez comme moi, et commencerez à chercher ses albums antérieurs (un tour sur son myspace serait bienvenu). Bonne chasse !

Kuniyuki Takahashi - We Are Together (Mule Musiq/La Baleine)




Youtube de l'été #9 : The Mamas and The Papas - California Dreaming (1966)

Posté par LovelyRita le 24.07.07 à 14:48 | tags : pop, tubes de l'été, usa, youtube
Comment est-il possible d'avoir pu écrire une chanson pareille avec un nom aussi pourri (Les Mamans et les Papas) ? Composé en 1963 à New York par le couple Phillips des Mamas and The Papas, "California Dreaming" a été inspiré par le mal du pays que Michelle Phillips éprouvait pour sa Californie natale : "I'd be safe and warm if I was in L.A". Le titre, s'il n'a pas atteint la place number one des charts, est resté classé pendant 17 semaines.
Petit passage du groupe à Hullabaloo, avec à 1min16 le retour des danseuses déchaînées et sous extas !!!




Prince : Planet Earth, the most beautiful guimauve in the world

Posté par Myosotis le 24.07.07 à 10:13 | tags : rock, funk
Vingt-quatrième album de Prince, Planet Earth a surtout fait parler de lui pour avoir court-circuité en Angleterre les distributeurs du pays au point que les principales franchises (Virgin, Tower Records) ont décidé de ne pas le mettre en rayon. L'homme pourpre avait, en effet, choisi pour marquer une nouvelle fois ses velléités d'indépendance vis-à-vis de l'industrie du disque (rappelez-vous la période où il se faisait appeler Slave, tatouage sur la joue en appui) d'offrir son nouvel album gratuitement avec l'édition du Mail on Sunday. Gratuit, Planet Earth n'en est pas pour autant un album au rabais mais un disque surprenant et qui offre quelques bons moments entre guimauve chic et réminiscences des années Purple Rain. Pour ceux qui en ont assez d'entendre sa majesté enchaîner les titres sucrés et salaces, il faudra néanmoins se détourner de quelques balades sublimement chantées en voix de tête ("All the Midnights in the World", "Somewhere Here on Earth", ou le mièvre "Future Baby Mama"), globalement sans surprise, pour s'intéresser ici aux titres qui font mouche. Entre le single "Planet Earth", au message oecuménique, puissant comme du Michael Jackson de la belle époque, tendu musicalement sur ses guitares entre le psychédélisme des années Love et la dégoulinade électrique des années 80, le sensuel "Mr Goodnight", le très funky et afro "Chelsea Rodgers", qui nous projette avec ses cuivres et ses références Black soul dans un... enterrement à Harlem ou une chorale gospel, ou encore "Lion of Judah", il y a de quoi sustenter n'importe quel fan blasé. Les morceaux de bravoure de ce nouvel opus ne manquent pas et on doit bien sûr mettre en avant le premier single monstrueux tiré de cette Planète Terre, le bien nommé "Guitar Mastered". En 3 minutes et 30 secondes, Prince, partant d'un riff indie qui rappelle le meilleur de... Placebo envoie une sauce électrique glam rock imparable qui rappelle que cet homme peut s'affranchir à tout moment de son registre de prédilection pour explorer n'importe quel territoire. Si les sceptiques diront qu'il a déjà fait ça et que Guitar s'inspire assez nettement de la mélodie de "Girls and Boys", entendre le chanteur s'acharner sur ses guitares de cette façon et se prendre au chant pour une synthèse de Jagger et de Bowie est tout à fait réjouissant. Quand en plus, il fait la leçon aux jeunes, on ne peut que suivre : "I try to warn you / It's hard to be a star / Especially when you're driving someone's else's car." Dans les dents.

Côté paroles, on retiendra quelques jolies formules disséminées ça et là comme ce "it's been so long, i've been somebody" sur "Somewhere Here on Earth", justement, ode à un dieu sensuel chantée à la façon de... Christophe Willem. Sur "Mr Goodnight", impossible d'échapper à une reprise un peu fatigante, façon Sexy Motherf***, du rôle de super-amant glitter, sur fond de déplacement en jet et de mégasex baroque. "All over the world they call me Prince, you can call me Mr Goodnight", chante-t-il à sa moitié lascive. Planet Earth est caractérisé par une recherche (réussie) de la mélodie tape à l'oeil, du groove imparable, par un retour des guitares et une volonté affichée de produire des hits. Prince ne s'embarrasse, à de rares exceptions près, pas de faire avancer l'art musical. On peut trouver que l'artiste est en roue libre, tapant à droite ,à gauche dans sa propre histoire sonore (qui est aussi une histoire presque complète de la musique populaire de ces 30 dernières années), incapable d'inventer quoi que ce soit, mais il faut admettre qu'il est impossible de résister à sa musique et qu'elle s'écoute presque à regret comme la meilleure came aphrodisiaque du marché. Prince crée et recrée du désir, lit et relit chacune de ses belles années sur un album qui sonne tantôt comme un hommage inspiré à son propre génie, tantôt comme une oeuvre caricature. Sur "Lion of Judah", encore, et selon qu'on aime ou qu'on n'aime pas, on sera content ou offusqué de retrouver la ligne mélodique de "Money Don't Matter Tonight", en une variation librement foirée et de prendre ça pour un clin d'oeil ou une autocitation ridicule. C'est toute la difficulté désormais pour le kid de Minneapolis : devenu l'une des plus belles pièces du patrimoine musical mondial, il risque de n'être plus jamais écouté que comme une vieille chose, à l'image de l'un de ses héros Sly, de Sly And The Family Stone, qui fait le tour de la Planet Earth pour des concerts apparition de 20 minutes, comme une curiosité jurassique.

Prince - Planet Earth (Columbia, juillet 2007)

http://www.npgmusicclub.com

 

 




Wighnomy Bros/Robag Wruhme : Pot pas si pourri

Posté par Maxence le 23.07.07 à 18:49 | tags : techno, label, électro

A quoi reconnaît-on un bon producteur ? Au nombre et à la variété d'artistes pour lesquels il a travaillé ou avec lesquels il a collaboré. Robag Wruhme, Wighnomy Brothers en chef (le duo n'étant qu'une entité live et ne produisant pas), doit être un bon producteur puisqu'il collectionne les remixes, collaborations et interventions, que ce soit avec Depeche Mode, Röyksopp, Ellen Allien, Apparat, Underworld, Paul Kalkbrenner ou Nitzer Ebb. Il faut dire que, quoiqu'il touche, Robag Wruhme le transforme en quelque chose d'étrange, d'inusité et d'inexploré. "Wruhme travaille aux côtés de ceux qui peuvent laisser de l'espace pour la poésie dans leur musique" nous dit-on, mais cela ne suffit pas. Le producteur est bel et bien habité d'un univers unique au sein de la galaxie électronique. Que ce soit d'une manière proprement dancefloor (après tout, le nom de son label Freunde Am Tanzen, se traduit littéralement par "les amis dansent") ou de façon plus abstraite, Wruhme s'approprie la trame des morceaux originaux et développe un monde sonore dont la particularité est d'être totalement imprévisible. Un vrai voyage. C'est ce qui plaît déjà, dans les compositions signées Wighnomy Bros. sur Kompakt, ces brusques changements d'humeur et d'ambiances par le biais de tonalités, de break ou d'arrangements imprédictibles.

Son travail sur Remikks Potpourri 2 illustre parfaitement mon propos. Passons sur le dispensable "We Shall Overcome" de Gustav, dont l'original ne devait de toute façon pas valoir trippette, et arrêtons-nous un instant sur des titres comme le fascinant "I Tought" des industrial boys de Nitzer Ebb, méconnaissable, ou le "Play Pig" d'Underworld, magnifique. Ici, des mécanismes d'horlogeries minutieux et secrets se mettent en place, troublant en cliquetant la ligne de conduite prévue par le groupe original et dérangeant l'aménagement du morceau. Tout en traçant de nouvelles voies, Wruhme élague par ici, développe par là, en créant des liaisons, parfois dangereuses, mais toujours aventureuses et passionnantes. Ecouter Wruhme, c'est accepter d'explorer des chemins de traverse vers lesquels nous n'avions pas forcément envie d'aller. Et c'est forcément très excitant. C'est ainsi que sur Remikks Potpourri 2, l'Allemand accouche d'une micro-symphonie (dans le sens de "symphonie pour micro-ordinateur") en triturant le vieux "Lifeforms" de Future Sound of London, ou d'une ballade surréaliste bleepée en réécrivant les arrangements du "Lilian" de Depeche Mode, tandis qu'il laisse intact la partition vocale de David Gahan. Plus proche d'un AFX euphorique que d'un éléphant du dancefloor sur "Beautifull Day Without You" de Röyksopp ou sur "Steinbesser" de Kalkbrenner, Robag Wruhme nous donne parfois l'impression d'être un magicien, ou du moins, un type qui se fout des canons du formatage clubbing comme d'une guigne. Et c'est très bien.

Wighnomy Bros/Robag Wruhme - Remikks Potpourri 2 (Freunde Am Tanzen, juin 2007)




Youtube de l'été #8 : Sonny and Cher - I Got You Babe (1965)

Posté par LovelyRita le 23.07.07 à 16:11 | tags : pop, tubes de l'été, youtube

Quand en 1965, le duo Sonny and Cher cartonne dans les charts avec son "I Got You Babe", le couple ne se connaît que depuis 3 ans. Ils se sont rencontrés en 1962, Cher avait tout juste 16 ans et Sonny Bono, lui 27 ans, bossait avec Phil Spector. Grâce au producteur, la petite pose sa voix sur quelques unes de ses productions, dont le "Be My Baby" des Ronettes dont on parlait ce week-end. Et à 19 ans, c'est le jackpot avec ce "I Got You Babe" classé en 2004 parmi les 500 meilleures chansons du monde (selon le magazine Rolling Stone).

Si cette version guimave vous déplaît, allez visionner sur Youtube la version glam rock de David Bowie et Marianne Faithfull.





Los Campesinos : Toi ! Moi ! Danse !

Posté par 2goldfish le 23.07.07 à 10:30 | tags : disques de l'été, pop, rock, uk, vidéos musicales, youtube

Peu de gens le savent mais la seule et unique source infaillible de bon goût musical anglophone sur le net, ce n'est pas Pitchfork, ce n'est pas Said The Gramophone et ce n'est pas Stylus. Non, cette source méconnue, au débit certes très faible mais jamais prise à défaut (comprendre : je suis toujours d'accord avec elle) c'est John Allison, auteur génial de webcomic de son état et à qui je dois entre autre la découverte des Pipettes (c'est dire s'il s'agit d'un homme de goût).

Quand Mr. Allison lance donc une Best New Band In Britain Alert, je ne peux que foncer écouter Los Campesinos, groupe que j'avais ignoré jusqu'ici malgré l'insistance de mes sources habituelles. Vous me direz, ce n'est pas nécessairement très difficile d'être le meilleur nouveau groupe de Grande-Bretagne et vous n'aurez pas forcément tort. Il n'empêche qu'en sonnant comme des Arctic Monkeys qui auraient écouté Architecture In Helsinki au lieu d'Oasis, Los Campesinos n'empruntent peut-être pas un sentier moins battu (celui de la pop-rock lo-fi ludique infantilisante) mais ils le font avec un talent indéniable. Si comme on dit depuis les Sex Pistols (voire les Beatles) il faut toujours que la musique américaine (ici canadienne, surtout) passe à travers l'Angleterre (Los Campesinos sont écossais, mais arrêtez donc de chipoter !) pour rencontrer le succès des deux côtés de l'Atlantique (et là je suis certain d'avoir bon), si tout ça est vrai, donc, Los Campesinos pourrait bien rendre Islands ou Broken Social Scene très amers, d'autant plus que ces derniers leur ont prété Dave Newfeld pour produire leur EP "Sticking Fingers into Sockets", sur lequel on retrouve "You ! Me ! Dancing !", excellente chanson dotée surtout du meilleur clip que j'ai vu cette année :




Youtube de l'été #7 : The Beach Boys - I Get Around (1964)

Posté par Kris le 22.07.07 à 13:08 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Ah ce Brian ! Quel génie perdu dans sa caboche d'esthète musical, égaré en chemin sur les routes de la quête de perfection, comme un petit garçon à la poursuite d'un rêve que lui seul peut voir. Entre l'épique et acclamé Pet Sounds et le périple de SMiLE, on en oublierait presque les débuts des Beach Boys. Jeune groupe de la côte ouest, les frères Wilson, leur cousin Love et Jardine, commencèrent en 1960 avec un objectif simple et efficace, rentrant parfaitement dans les expectations de cinq jeunes jeunes adultes : plaire populairement en parlant de surf, de filles, de voiture. La vie californienne.

Le public ne s'y trompe d'ailleurs pas en permettant aux Beach Boys d'acquérir une bonne côte de popularité avec des chansons estivales, directes et sans équivoques sur leurs portées "Surfin' USA", "Surfin", "Surfer Girl", "Little Deuce Coupe", "Fun, Fun, Fun", soleil, filles, surf et voitures... Mais 1964 est un double évènement pour les Beach Boys. Alors LE groupe américain de l'époque, les Beach Boys ainsi que le monde entier découvrent une concurrence talentueuse, impétueuse et bien coiffée, quatre jeunes anglais venus répandre leur pop contagieuse. Les Beatles de Lennon et McCartney en mars 1964 classent cinq de leur singles parmi les cinq premières places du hit américain. Concurrencés et admiratifs de leurs congénères anglais, les Beach Boys sortent durant l'été 64 le tube "I Get Around".

"I Get Around" signe donc le second évènement de l'année pour les Beach Boys. Un an plus tôt, Brian Wilson céda le single "Surf City" à leurs amis musiciens Jan & Dean, titre qui devint numéro un des charts. Cela eut pour effet de rendre furieux leur manager de père Murray Wilson, mais surtout révéla à Brian Wilson sa future passion pour la production. Ainsi, "I Get Around" marque non seulement l'évolution du groupe vers un son plus complexe et travaillé, moins immédiat, mais surtout une vocation qui deviendra obsession pour Brian Wilson. Et grand bien lui en a pris, car sinon pas de Pet Sounds, et surtout pas de "God Only Knows" qui doit probablement être l'une des plus belles chansons pop du monde. Que dis-je ? De l'univers.

 




Youtube de l'été #6 : The Ronettes - Be My Baby (1963)

Posté par LovelyRita le 21.07.07 à 12:27 | tags : pop, tubes de l'été, youtube

Merci à la p'tite Eva d'avoir ouvert la marche aux femmes dans notre série Youtubes de l'été avec sa Loco-Motion. Aujourd'hui retour en 1963 en plein boom des girl groups...l'équivalent féminin, classe et écoutable des boys band des années 90 ! Avec leur mélange sucré de pop, rythym'n'blues et de doow wop et leurs paroles naïves, les nombreux girl groups qui ont vu le jour pendant les sixties ont séduit le coeur de toute une génération d'ados rêveuses. Les membres de ces formations étaient bien souvent jeunes et jolis et épaulés d'un producteur, figure aussi importante que les chanteuses du groupe. Parmi les différents producteurs qui ont fait le son des ces groupes essentiellement vocaux, Phil Spector est le personnage incontournable de cette époque. Homme de l'ombre des Crystals, de Darlene Love, il démarrera véritablement sa carrière avec Ronettes.

1963, donc. Trois nanas (deux soeurs et leur cousine) qui déboulent sur la scène et entonne "Be My Baby" (meilleure chanson de tous les temps selon Brian Wilson).Une histoire d'amour bien sûr, comme tout girl group song qui se respecte. Ici, le show est assuré par Veronica Bennett (alias Ronnie Spector), lead singer du groupe et femme de Spector. Elle se pâme de plaisir, a le sourire radieux et feint de tendre le micro au public...un régal, mais gardez aussi un oeil sur l'arrière plan et ses danseuses absolument déchaînées !




Black Devil in Dub : les fantôme du disco club

Posté par Maxence le 20.07.07 à 18:51 | tags : pionnier, myspace, électro, dub

Aujourd'hui plus de mystère, Black Devil Disco Club n'est autre que le Français Bernard Fèvre (parfois accompagné de Jackie Giordano). Cela n'enlève rien au charme de l'œuvre, gentiment kitsch du français, ni au plaisir de redécouvrir 30 ans après ses pitreries hippie-disco (voir l'hilarant mais émouvant aussi, "I Regret the Flower-power"), ses mélodies rythmées par les "tzzzi tzzzi" qu'on imagine tout droit sortis de pistolets laser au design improbable, les "too-doodoo-woop !" des choeurs et des vagues de synthé planantes dignes de la B.O. de Cosmos 1999. Nous ne sommes pas les seuls d'ailleurs puisque Lo Recordings, label anglais spécialisé dans les confrontations de pionniers et d'outsiders de la pop et de l'électro (on annonce un Luke Vibert vs Jean-Jacques Perrey pour bientôt !) sortait en juin dernier les versions dub et club du fameux disco club de Black Devil.

Les amateurs, mais aussi les autres, retrouveront avec plaisir les "tubes" de l'album précédent, revus et corrigés par les gourous du nu-növo-néo-mutant, italo et space disco, In Flagranti, Prins Thomas, Quiet Village, Unit 4 ou Elite Technique. Ceux qui avaient trippé sur les déferlantes synthétiques de VCS-3 Putney, de Roland System 100 et autres Korg ou Moog millésimés, auront les genoux qui tremblent en découvrant ce nouveau joyau surtout qu'il est augmenté de versions dub (forcément, qui dit "version"...). Du coup, Black Devil in Dub sonne un peu comme si Arthur Russell rencontrait King Tubby dans un dancehall fantôme. Sur cet album, l'équation old technology + new technology = future roots, est la parfaite illustration de ce que le dub a toujours eu de moderne dans son archaïsme. D'ailleurs, à une époque over-technologique, il est toujours aussi paradoxal de constater que l'un des courants musicaux parmi le plus dynamique du 21ième siècle soit issu d'une technologie aussi vétuste. Aujourd'hui tout le monde sait que les studios jamaïcains des années 70, tel le mythique Black Ark de Lee Perry par exemple, étaient bricolés de bric et de broc. Ce n'est un mystère pour personne, non plus, que les premiers dub furent le fruit des erreurs des producteurs un brin enfumés, plutôt que de ceux d'un savant travail de studio. Mais cet esprit aventurier au cœur des machines, au sein du studio, est justement ce qui unit le dub et le disco. Sans le savoir, les deux genres partagent de nombreux points communs. L'allongement de la durée, la perte de repère spatial et temporel, la dictature masochiste et jouissive du groove répétitif qui entraîne les danseurs dans la transe... Autant de critères recherchés conjointement par les artistes du disco et du dub jamaïcains. Logiquement (et joliment) ficelé ici dans des morceaux comme "An Other Skin", "Coach Me" ou "On Just Foot", le dub habille, ou plutôt hante, le disco club de Bernard Fèvre de ses échos à la fois lascif et démoniaques, tout en lui offrant un supplément "d'inquiétante étrangeté". Délicieux.

L'album est entièrement proposé à l'écoute sur la page d'acceuil de Lo Recordings.

Black Devil Disco Club - In Dub (Lo Recordings/La Baleine)




Youtube de l'été #5 : Little Eva - The Loco-Motion (1962)

Posté par Kris le 20.07.07 à 16:46 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Première femme dans notre série des Youtubes de l'été, Little Eva entretient toutefois la culture noire qui règne sur l'univers pop (Elvis ne faisant même pas exception à la règle). "The Loco-Motion" fait un tabac et se hisse en haut des ventes aux Etats-Unis, propulsant une jeune artiste de 19 ans, alors inconnue au bataillon, Little Eva. Eva Boyd de son vrai nom connaît un succès immense bien qu'il ne s'agisse que de son premier enregistrement. Derrière ce succès se cache une jolie petite histoire. Boyd, alors engagé comme baby-sitter chez Carole King et Gerry Goffin se voit proposer une chanson écrite pour elle par le couple, enchantés par sa joie intrinsèque, et sa manière de danser. Ils lui proposent même d'enregistrer une démo de la chanson.

Le producteur Don Kirschner, impressionné par la qualité de la chanson et l'entrain d'Eva, décide de sortir "The Loco-Motion" tel quel. Et le succès suivit. En France, il aura fallu attendre Laurent Voulzy et son "Rockcollection" pour faire connaître la chanson au public français, mais pas son interprète originelle. La chanson connaîtra une seconde jeunesse sous les traits de l'Australienne Kylie Minogue. Version que Little Eva vilipendera mais qui lui aura permi de voir sa chanson atteindre de nouveau le haut des charts, et de récupérer des lauriers par procuration.

 

 

Vidéo d'une prestation live de Little Eva, mais bloquée par Youtube, uniquement visionnable : http://www.youtube.com/watch?v=i1mQwXW2MVg




Deerhunter : trop loin, trop tôt, bientôt

Posté par 2goldfish le 20.07.07 à 15:00 | tags : rock, rigolo, myspace

Alors que je faisais mon nettoyage de printemps la semaine dernière (oh, parce que ça ne vous arrive jamais à vous d'être en retard ?) j'ai trouvé caché sous mon ordinateur le CD promo de Deerhunter que, si je me souviens bien, je dois à Maxence. Ce disque soi disant génial dont j'ai tant entendu parlé, je l'avais donc depuis tout ce temps ? Sachez le, attachés de presse, voilà le risque que vous prenez en nous envoyant des CD dans des pochettes en papier au lieu de digipack collector sertis de diamants. Hum, bref, le groupe d'Atlanta, Deerhunter venait de faire parler de lui à nouveau ces jours là en transformant son blog en caca-journal, un bulletin d'information régulier sur l'état des selles de ses membres. Sur le net, mesdames et messieurs, c'est comme ça qu'on fait parler de soi. J'ai quand même écouté le disque.

cryptogramsCryptograms, c'est le nom de l'album, est un objet sombre, expérimental, abstrait et surtout abscons, ce pourquoi il porte très bien son titre. Le rock de Deerhunter n'est ni tout à fait "post" ni vraiment "kraut" quoi que ces deux termes signifient. Selon Wikipédia c'est de "l'ambient-punk", une description un peu juste mais pas très utile. Sur la page myspace du groupe il s'est catégorisé "Live Electronics/Jam Band/Chansons populaires mélodramatiques" et revendique comme influences "Timbaland, White Noise, Xanax". Prenez un peu de tout ça, remplacez Timbaland par Spacemen 3 et vous aurez une idée plus précise de ce qui compose Cryptograms : de longs morceaux avec plein de delay et de réverb' sur des guitares répétitives quand elles ne jouent pas au drone, des instrumentaux pour beaucoup ou tout comme, les paroles étant souvent incompréhensibles. Selon que vous jouiez le jeu ou non ce peut être une oeuvre intense et profonde, qui vous prend aux tripes ou au contraire du tirage de nouille expérimental barbant. Pour ma part j'ai une nette tendance à "jouer le jeu" et à considérer cet album comme un des meilleurs de l'année mais, attention, il m'est arrivé à plusieurs reprises de "sortir" voir de ne pas du tout "rentrer" dans le disque et de m'ennuyer dès lors de pied ferme et j'imagine que beaucoup ne l'entendront jamais que comme ça.

Il faut parler de Bradford Cox, chanteur du groupe et potentielle méga-star indie dans quelques années. C'est que depuis que j'ai retrouvé le disque, Cox a fait parler de lui bien plus encore qu'avec son caca, d'abord en postant sur son blog un "top des fantasmes homo-érotiques" illustré par des photos de jeunes éphèbes que beaucoup ont pris pour des enfants. Le post a été effacé avant que je le vois et remplacé par un message de Cox expliquant que tous les jeunes hommes en question étaient majeurs et qu'il prend la pédophilie très au sérieux puisqu'il en aurait été lui même la victime à l'âge de sept ans. Le déballage ne s'est pas arrêté là puisqu'au terme d'un concert new-yorkais quelques jours après, Cox a pendant vingt minutes confessé tous les détails embarrassants de sa vie à un public apparemment incrédule et plutôt gêné.

fluorescent greySoyons donc un peu cyniques : souffrant du syndrome de Marfan qui a fait de lui un grand type extrêmement maigre comme d'autres malades célèbres que furent Joey Ramone ou Charles de Gaulle et son goût pour une musique plutôt difficile d'accès, Cox paraît un prétendant improbable au titre de nouveau Pete Doherty. Il lui suffirait pourtant d'une chanson un peu plus traditionnelle, sur un album solo peut-être, qui pourrait être sinon son "Smells Like Teen Spirit" au moins son "Hallelujah" (celui de Jeff Buckley, volé à Leonard Cohen via le receleur John Cale). Ca et une mort prématurée peuvent faire de ce type une légende admirée par des générations de lycéennes romantiques dans les années à venir. Je divague, j'espère, mais ce groupe fantastique pour l'instant pourrait vite devenir plus ou moins malgré lui totalement insupportable. Leur excellent nouvel EP "Fluorescent Grey" prend en tout cas déjà une direction plus structurée mais pas moins intense.

Un groupe à surveiller donc, au moins pour pouvoir dire que vous les aviez écouté avant tout le monde même si pour ça vous devrez sans doute mentir de quelque mois (je suggère de parler de début janvier, juste avant la critique sur Pitchfork. Faire semblant d'avoir écouté le premier album paru en 2005 est probablement trop risqué).




Björk sans limites

Posté par Kris le 20.07.07 à 10:18 | tags : dailymotion, live, rigolo

C'est une rigolote la petite Björk. Alors que l'Islandaise passe actuellement sur Nova avec son dernier single, et que je suis plongé dans mes tubes de l'été ringardisants (les années 90 ont fait vendre des pépites par cartons), voici que je tombe sur une vidéo joignant les deux bouts. Les choses s'enchaînent parfois bien. Voici donc Björk reprenant No Limit de 2 Unlimited. Dispensable mais drôle.

 




Youtube de l'été #4 : Ray Charles - Hit The Road Jack (1961)

Posté par Kris le 19.07.07 à 18:35 | tags : soul, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Tandis que JFK prend ses fonctions de Président et inaugure une nouvelle ère démocrate après Eisenhower et que la France de De Gaulle se trouve en pleine guerre d'Algérie, Ray Charles signe l'un de ses plus grands tubes. "Hit The Road Jack" sort en 1961, et est un hommage au roman culte s'il en est Sur La Route de Kerouac sorti en 1957, mais qui ne connaîtra son explosion qu'une décénnie plus tard avec la beat generation.

"Hit The Road Jack", "Georgia On My Mind" ou encore "Unchained My Heart" furent le point culminant de la carrière de Charles durant la période 1959 - 1962, réussissant le tour de force de conjoindre les publics blanc et noir à sa musique, et ne plus être uniquement un artiste noir faisant de la bonne musique noire. Cependant la suite sera plus morose, avec le déclin, la drogue, la prison. Ses belles années sont - déjà - derrière lui... Pas étonnant que ce soit cette partie de sa vie qui ait été relaté dans le biopic Ray avec Jamie Foxx. Misery loves company. Hollywoodien.

En 2004, deux grands personnages importants de l'histoire contemporaine américaine décèdent à quelques jours d'intervalle : Charles et Reagan. Un blanc et un noir. Reagan recevra tous les honneurs malgré son bilan à la Maison Blanche plus que mitigé (vente d'armes à l'Iran notamment), tandis que celui qui aura enchanté des générations entières d'amateurs et amatrices de soul et rythm'n'blues et aidé à rassembler une Amérique encore sujette à la ségrégation raciale, ne fera au mieux que quelques unes de journaux. Le monde est injuste.

 




Kamini vs Mc Solaar : le match (2ème round)

Posté par Myosotis le 19.07.07 à 13:05 | tags : hip hop
A l'applaudimètre et au banc d'essai marketing, Psychostar World enfonce le Chapitre 7 de Mc Solaar dès la première écoute : plus entraînant, plus cool, plus drôle, plus loquace et plus...jeune. L'enfant prodige du net et de Marly-Gomont sort pour sa première excursion discographique le grand jeu et les beats qui font mouche. Evidemment, le son Kamini est tout sauf subtil et son registre général plutôt limité, même s'il ne faut pas confondre Kamini et Fatal Bazooka, mais il fonctionne suffisamment bien pour "mettre la banane" sur les 2/3 des 12 titres qui composent cet album. On passera sur "Marly Gomont", placé opportunément en tête de piste pour appater le client de supermarché, et sur sa réplique/décalque tout aussi démagogique, pourrie et rafraîchissante : "Petits Patelins", où 5 minutes en dernier titre qui vous rappellent que Kamini est votre ami et qu'il aime la France d'en bas tout autant que Frédéric Nihous. Entre ses deux titres jalons, Kamini a posé quelques galets pour séduire le chaland : quelques textes qui se moquent du rap gangsta (message subliminal : Kamini est gentil et cool) sur "Un p'tit coup de Motherfuck", quelques flèches anti-racistes dont le marrant et avenant second single "J'suis Blanc", lequel reprend tout de même une belle série de caricatures (noir = grosse bite, qui sait danser,...) dans un second troisième degré qui redevient, à l'analyse, du premier de beaufitude. "Frustration", sur un thème similaire (le déterminisme social et... génétique) creuse le même sillon mais explose en vol sur un refrain R'n'B foireux et des textes pas à la hauteur du beat introductif. D'autres chansons confirment que les capacités d'analyse et d'écriture de Kamini ne vont pas renouveler le genre : "Le Déni", soutenu par un bon flow slammé, s'enlise dans le moralisme, tandis que l'amusant "Interlude" (bien gamin) enfonce des portes ouvertes avec virtuosité et savoir-faire. Le reste de l'album prend une orientation comique, satirique plutôt pertinente et qui nous donne les meilleurs moments. Ancien infirmier psychiatrique, le chanteur consacre une petite moitié de son premier album à travailler le thème de la normalité et de l'enfermement. Tantôt il joue l'infirmier qui commente ("Psychostar World" qui fait d'un asile le creuset d'une virtuelle émission de téléréalité), tantôt le fou ("Chevalier", sur un mec qui se prend pour un Chevalier du Zodiaque), mais brode toujours sur le même thème : "je suis fou et vous aussi". "Jacques il a tranché sa mère, il l'a jeté dans le marais / Greg, pas le millionnaire ; un fou qui a donné aux chiens ses deux petits frères." Sur ce terrain là, le mélange de happy beat et le flow enjoué de Kamini fonctionne convenablement et font rire aux éclats, mettant en difficulté des tentatives plus sombres mais aussi moins crédibles, comme "Schizophrène". L'efficacité reste ici le mot d'ordre à l'image du potache et régressif "Faisons Quéquette" (car you like it), qu'on retiendra parce qu'il se moque un petit peu de notre ami K-Maro. Kamini livre au final un essai peu homogène, moyennement inspiré mais qui peut se targuer de capitaliser sur son potentiel rafraîchissant, sympathique et hautement consensuel/roublard ("j'suis même pas de la France d'en bas, j'suis de la France d'en dessous.")
Kamini - Psychostar World (Sony BMG, mai 2007)


Verdict :

- TEXTES : MC Solaar 3,5/5 (bons mais courts); Kamini 2,5/5 (cons mais bons)

- FLOW : MC Solaar 3/5 (classieux mais sans surprise); Kamini 3/5 (primaire et inventif)

- BEAT/ SONS : MC Solaar : 2,5/5 (élaboré mais trop chic) ; Kamini 2,5/5 (cheap et provincial !)

- AMBIANCE : Mc Solaar 3,5/5 (pas sûr qu'on gagne à le réécouter 10 fois); Kamini 2,5/5 (l'ambiance potache fatigue au bout de la 3ème chanson)

TOTAL : MC Solaar 12,5/20 vs Kamini 10,5/20

 




Pas de mensonges, Liars revient !!

Posté par Maxence le 19.07.07 à 10:25 | tags : rock, punk, news, myspace, agenda

Grande nouvelle (enfin restons calme quand même hein), Liars, le trio Berlinois d'adoption et adepte de magie noire, revient le 28 août avec un album sobrement intitulé Liars ! Peu de chose à en dire pour l'instant (après à peine deux écoutes inattentives), juste que l'ensemble sonne plus "rentre dedans" que les deux précédents (Drum's Not Dead et surtout They Were Wrong So We Drowned) avec des moments quasi-punk rock comme le morceau d'ouverture "Plaster Casts of Everything" (que l'on trouve déjà un peu partout sur le net), "Clear Island" (idem) ou le psychédélique punk-rock de "Freak Out". Du côté des surprises, le lysergique groove de "Houseclouds", les ballades "Sailing to Byzantium" et "Protection". Que les noise-boys se rassurent, Liars le condensé contient aussi ses moments de bruit blanc et autres dissonances. Une écoute prolongée donnera donc lieu sous peu à une chronique plus une interview et vous saurez si écouter Liars vaut mieux que de se replonger dans les early products de Sonic Youth.

Un petit tour sur leur msypace et vous pourrez écouter "Freak Out","Sailing to Byzantium" et "Protection".

Liars - Liars (Mute/Virgin/Label à paraître le 28 août)




WTF is 5TFU ?

Posté par 2goldfish le 18.07.07 à 18:53 | tags : radio, rigolo, web
Si vous ne parlez ni l'anglais, ni le geek, 5TFU veut dire STFU qui veut dire "Shut The Fuck Up" qui veut dire, à peu près, "ferme ta putain de gueule". C'est le nom choisi par une radio/net label spécialisé dans la musique sans paroles, anonyme et libre (de droits). Pour ce que j'en ai compris 5TFU n'existe que sous la forme de cette page sur laquelle on peut écouter la radio 5TFU.

Cette radio fonctionne selon un principe simple : n'importe qui peut uploader sa musique et l'ajouter à la playlist de 5TFU. La fréquence de rotation de votre titre dépendra du nombre de personnes qui lorsqu'elle est diffusée cliqueront sur 5TFU pour la zapper. En écoutant un morceau jusqu'au bout, vous lui assurerez donc de passer plus souvent.

Après une première écoute succincte je peux vous assurer d'une chose : vous cliquerez souvent sur 5TFU. Pas mal de morceaux semblent l'oeuvre d'étudiants en fac de psycho qui viennent de télécharger une version craquée de Fruity Loops. En plus, un certain nombre de chanteurs et de rappeurs, qui invariablement méritent un 5TFU expéditif, semblent être passés au travers des mailles du filet (5TFU est sensée être entièrement instrumentale, je vous le rappelle). La bonne nouvelle c'est qu'on déduit en les entendant tous, qu'ils sont français et qu'on peut être fiers de cette initiative rigolote (je ne sais pas pourquoi mais il paraît qu'il faut être fier quand un Français fait quelque chose. Faut-il avoir honte quand un étranger fait quelque chose à son tour ?). Certes, je ne sais pas trop si je retournerai souvent écouter 5TFU mais le côté anonyme de la chose est absolument fascinant. Je suis en train d'écouter 17810104.mp3, là, et c'est vraiment pas si mal.

(merci au Docteur C pour le lien)




Glastonfurie

Posté par LovelyRita le 18.07.07 à 17:12 | tags : à lire, news, pop, rock

A la veille du coup d'envoi du FIB (Festival Internacional de Benicàssim) en Espagne, en France il ne se passe pas grand chose côté gros festoche ! On attend doucement la Route du Rock et Rock en Seine fin août. La Route du Rock on l'aime bien pour sa prog qui même si elle n'est pas extraordinaire à chaque édition, permet quand même cette année de voir Sonic Youth, les Smashing Pumpkins, Justice, mais aussi The National, Woven Hand. Ca marque parfois de piquant, mais bon, on compense avec les galettes saucisses, hein ?! Puis Rock en Seine, pas mal du tout, mais il manque ce petit quelque chose qui en ferait un festival sympa...une délocalisation hors de Paris ? Certainement trop carré et ça ne vas pas s'arranger avec le temps. Seules les Eurockéennes de Belfort pourraient remporter le trophée national de bon gros festival français, quoique. Car même si les bonnes tête d'affiches côtoient des artistes que l'on va qualifier de plus confidentiels, les Eurocks, c'est rien d'autre qu'un festival de rock, avec plein de gens qui portent des Converse et un sweat à capuches avec des têtes de mort dessus. Constat évident et attristant, la France a du mal à fournir un bon gros festival mêlant des genres de musique différents. Ce constat m'a sauté aux yeux au moment même où sort au cinéma en France, Glastonbury le documentaire que Julien Temple a réalisé sur ce festival anglais plus que trentenaire. Habitué du festival, car il y est allé pour la première fois en 1971, Temple a fourni là un documentaire à voir à tout prix si vous n'êtes jamais allé à Glaston ! A l'image du festival, le doc ne suit pas de ligne conductrice préétablie ou un semblant de chronologie. Temple résume donc plusieurs décennies de festival à l'aide d'images en tous genres (archives de la BBC, images d'amateurs, extraits de concerts, rencontres insolites..) Un film pour se laisser perdre au milieu des 100 000 personnes qui fréquentent chaque année le site. Get lost ! Petite chronique du film et interview avec Julien Temple à lire dans la rubrique cinéma.

Le film sort le 18 juillet en France. A noter que Temple a aussi réalisé un doc sur Joe Strummer, le chanteur des Clash, Joe Strummer, The Future Is Unwritten est sorti le 11 juillet.

 




Youtube de l'été #3 : Sam Cooke - Wonderful World (1960)

Posté par Kris le 18.07.07 à 14:23 | tags : soul, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Ca, c'était des belles et magnifiques chansons de l'été, des amples ôdes à l'être aimé, des déclarations d'abnégations pour toute la vie. Que c'est beau et utopique. D'un autre temps. Naïf aussi. Sam Cooke chante en cet été 1960 "Wonderful World" (sa meilleure chanson) et cartonne dans les charts américains et anglais. Alors que l'homonyme "What A Wonderful World" de Louis Armstrong, plus connue, sortie en dix-sept ans plus tard faisait l'apologie du monde simple tel qu'on devait le voir, le "Wonderful World" de Cooke est une jolie chanson d'amour, chantée par le précurseur de la soul, influence première Smokey Robinson, Otis Redding ou Marvin Gaye.

Mais tout n'est beau que dans les chansons, et les histoires d'amour finissent mal en général. Malgré son talent énorme, certains ne pouvèrent s'empêcher de dénigrer Cooke et son rôle fondamental dans la soul music, lui reprochant ses velléités entrepreneuriales en créant son propre label dans les années 60. Arriviste pour l'époque. Puis en 1964, Cooke sera retrouvé criblé de trois balles dans le corps, achevé à coups de club de golf par le gérant d'un motel, accusé d'avoir tenté de violer sa compagne d'un soir dans le motel. On parle de complot, on parle de canonisation forcée du martyr black, mais on ne saura jamais l'histoire, la face cachée ou non de Sam Cooke. Mais peu importe quelque part, on aime juste cette superbe chanson. "Don't know much about history / But I do know that I love you / And I know that if you love me too / What a wonderful world this would be". Utopique non ?

 

 

 




Kamini vs Mc Solaar : le match (1er round)

Posté par Myosotis le 18.07.07 à 10:24

Si le Fatal Bazooka de Michael Youn les a tous les deux laissés au tapis commercial en moins de 48h, les deux rappeurs stars Kamini et Mc Solaar pouvaient, il y a quelques semaines encore, espérer décrocher, dans des registres différents, le titre de succès rap de l'été. Psychostar World, le premier album du rappeur des campagnes révélé par son titre "Marly-Gomont", et le Chapitre 7 de l'ancien chouchou de la scène variétrap française, n'ont pourtant presque rien en commun, incarnant à leur manière deux façons opposées d'envisager le rap et la musique. Privilège des anciens : on démarrera par l'auteur de "Caroline". De retour d'une très longue absence, MC Solaar est des deux, celui qui affiche les plus belles et grandes ambitions. La production de Chapitre 7 est autrement plus intéressante que la musique basique qui sert de fond sonore aux élucubrations de Kamini. Mc Solaar fait du rap, matiné de sonorités exotiques, samba sur "Paris Samba", vaguement afro sur "Clic Clic", country sur L'Auberge du Bouleau Blanc ou carrément rock sur "Avec les loups". Ce qui frappe surtout chez Mc Solaar c'est le choix hautement risqué pour un rappeur d'avoir réduit les paroles à leur plus simple expression. Solaar abandonne sur toute la durée de Chapitre 7 la dynamique couplet/refrain pour ne proposer que des séquences répétées en haïkus, soit quelques vers, gorgés d'allitérations, qu'il répète à l'infini sur les 3 ou 4 minutes que dure chaque morceau. Cette technique donne une belle priorité au texte et laisse à l'auditeur le temps de le comprendre, de l'entendre et de l'analyser, mais également d'en apprécier la valeur poétique. Au demeurant, ces petits textes sont pour la plupart très bons, très mélodiques et plutôt signifiants, même si le gimmick use et fatigue lorsque le texte est plus faible ("In God We Trust", "Paris Samba") ou que le temps passe. Vendu au temps de sa gloire comme un poète urbain, Mc Solaar montre avec cet album qu'il n'a rien perdu de ses qualités de plume et se situe, côté textes, une division au dessus d'un type comme Grand Corps Malade. La dimension sociale de certains textes est un plaisir pour les oreilles : "Le mec a la côte, bosse peu / pourtant le mec a les notes / les filles sont subjugées / après l'école il fait le malin" sur "Non Merci", l'un des meilleurs titres de l'album. "Avant avec des francs, je partais acheter des picorettes / Maintenant avec des euros, ce que je demande ce sont des nicorettes. Les rues de Paris sont pleines de scoots / Y' plus de mobylettes." ou plus loin sur "Si on t'demande": "J'voulais changer le monde comme Bono et Yoko Ono / Cela sans faire le bozzo ou le bonobo". Malgré quelques saillies un peu mollasses et quelques sonorités incertaines, l'album de Solaar dégage une belle classe sonore, une douce mélancolie pour le temps qui passe et une esthétique ligne claire qui impressionne. Ses textes sont économes comme ses moyens, illustrant un sens de l'observation intact qui éveille à l'écoute tendresse et complicité. Revers de la médaille, Chapitre 7 et ses textes mantras peuvent être vus comme une forme d'assèchement, trop ambitieux pour regagner le coeur du grand public, mais encore trop consensuel et vieille France pour gagner la reconnaissance des marges.

Mc Solaar - Chapitre 7 (Warner, juin 2007)

 




Youtube de l'été #2 : Elvis Presley - Big Hunk'O Love (1959)

Posté par Kris le 17.07.07 à 17:37 | tags : rock, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Place au King. Place au Johnny américain. Elvis n'aura pas eu la malchance de pourrir autant que son congénère francophone, et est toujours considéré comme une idole, une de ces références immuables et incroyablement commune. "J'aime Elvis" "C'est fou ! Toi aussi ?" "J'aime pas Elvis" "Ringard". Back in 1959, Elvis a 23 piges. Superstar nationale (et oui, The King n'aura jamais pu se prêcher hors de son royaume) multi-disques d'or, l'homme au déhanché légendaire a déjà mis l'Amérique à ses pieds.

Cependant, en 1958, en pleine gloire et alors qu'il vient tout juste de bâtir Graceland à Memphis, il est convoqué par l'Armée Américaine pour effectuer son service militaire. Etonnant, car les Etats-Unis étaient justement en temps de paix, Krouchtchev étant le premier dirigeant soviétique à venir en visite officielle, Castro alors nouveau premier ministre de Cuba tentant de rassurer la Maison Blanche (sans franc succès toutefois). Il se dit que les autorités auraient envoyé le King en Allemagne pour extirper des jeunesses américaines cette icône sexuelle, perverse et subversive. Avant de partir, Elvis enregistre "Big Hunk'O Love" qui ne sortira qu'un an plus tard en juin 1959, et qui ne sera que le douzième numéro 1 des charts de sa carrière, tandis qu'Elvis déchante en Europe.

Car un autre événement survient à la même période, la mère d'Elvis meurt avant son départ, à l'âge de 46 ans. A 23 ans, l'icône de tout un pays perd sa mère, et ce décès joint à son départ pour l'Armée minera à jamais l'esprit de l'encore tout jeune Elvis. A son retour en 1960, il ne sera plus jamais le même. John Lennon : "Elvis est mort le jour où il est entré à l'armée".

Elvis Presley - Big Hunk'O Love en 1972

 




Paul McCartney est mort en 1968

Posté par 2goldfish le 17.07.07 à 14:06 | tags : à lire, rigolo, web

Vous avez entendu parler du concert où Phil Collins a demandé à tous les juifs de quitter la salle ? De comment Marvin Gaye a volontairement sabordé son album Here My Dear parce qu'un juge avait ordonné que les royalties qu'il engendrerait iraient toutes à son ex-femme ? Vous saviez que Debbie Harry avait été prise en stop par le tueur en série Ted Bundy ? Eh bien tout ça est complétement faux, vous vous en doutiez sans doute.

Saviez vous par contre qu'il est au moins en partie vrai qu'Angela XXX (femme de Bowie à l'époque et sujet supposé de la l'"Angie" des Stones) a trouvé Mick Jagger et David Bowie au lit ensemble ? Qu'il s'est bien passé quelque chose entre certains membres de Led Zeppelin, une groupie et un requin ? Que Van Halen demandait effectivement un saladier de M&M's dont on avait retiré tous bonbons marrons ? Saviez-vous quelle est l'origine de toutes ces légendes urbaines ?

La rubrique musique du site de vérification de légends urbaines Snopes.com est une mine de renseignements et une lecture fascinante pour quiconque aime les histoires un peu glauques. La légende de la mort de Mama Cass de The Mamas and Papas, soi disant étouffée par un sandwich, vient par exemple d'une erreur du premier médecin qui a examiné son cadavre, erreur sur laquelle on est très vite revenu mais le mal était fait : "elle était tellement grosse, elle s'est étouffée en mangeant un sandwhich mdr, lol".

La légende selon laquelle "Hotel California" serait une chanson sataniste n'a par contre pas besoin de toutes ces explications pour être infirmé : quiconque a écouté un peu de Black Sabbath sait que le satansime c'est vachement plus fun que ça. Quoiqu'une chanson qui parvient à être meilleure quand elle est reprise par les Gipsy Kings a forcément quelque chose de pas clair quelque part dans ses entrailles.




Spoon joue les chiens battus

Posté par 2goldfish le 17.07.07 à 10:13 | tags : pop, rock, vidéos musicales, youtube

The Underdog, c'est Spoon qui se résume en quelques paroles, avec des cuivres en plus. L'underdog en anglais c'est l'opprimé ou celui qui est donné perdant dans une compétition. C'est le loser dont le groupe cultive l'esthétique depuis des années avec de plus en plus de finesse et de moins en moins de légitimité. C'est vrai dans ce clip en particulier, un unique plan séquence qui veut dire "économie ! minimalisme !" mais qui, on s'en rend bien compte, a du nécessiter un paquet de travail de la part de pas mal de gens et de temps, et d'argent aussi donc. Y'aura eu en plus du boulot en salle de montage montage évidement parce que tout ça est truqué (ami lecteur, sauras-tu retrouver tous les raccords ?).

Il n'empêche qu'on s'en moque pas mal qu'ils fassent semblant. Je n'ai aucune envie de vérifier le compte en banque, la biographie ou le taux d'alcoolémie de tous les artistes que j'écoute, l'important n'est pas qu'ils mentent mais qu'ils sachent le faire brillamment. Sur ce je vous laisse regarder ce clip et je m'en vais dans ma rolls, pimp cup à la main, diamants sur mon grill.




Fatal Bazooka, symptôme d'un rap français malade

Posté par Kris le 16.07.07 à 18:26 | tags : hip hop, rigolo, rnb

"Il est mort le hip-hop" scandait Le Klub Des Loosers. Aujourd'hui, on adule un rap français claudiquant tiraillé entre la street-credibility et le marketing de l'industrie musical. Entre les deux ? Fatal Bazooka. Michael Youn a su s'infiltrer dans la brèche, dans la faille d'un univers où la musique n'est plus l'atout principal d'un artiste...musical. On surfe sur ce qui marche et ce qui plait, adaptant la forme quitte à sacrifier le fond. En parfait thermomètre de cette évolution du rap français, la radio première sur le rap : Skyrock bien sûr. A la fin des années 90, alors que la vague rap IAM/NTM avait posé ses jalons du rap à la française, la relève squattait les ondes et l'on pouvait aussi bien kiffer sur "Sans Rémission" que découvrir Rocca à quatre heures de l'aprèm. Maintenant, le slogan a changé, la radio rap s'est muté en radio hip-hop r'n'b, se résignant à passer en rotation lourde du hip hop et r'n'b ricain au dam du rap français. Car le rap français aujourd'hui ne fait plus vendre, et ce depuis un bon moment.

Michael Youn et son Fatal Bazooka est donc en pleine bourre, parodiant un genre, le rap du haut de l'iceberg, qui n'était de toute manière plus qu'un pastiche de l'ensemble, Diam's et Sinik masquant Medine, La Rumeur et autres Casey. En parodiant un rap spectacle, un rap se crachant dessus mutuellement d'un extrême à l'autre, le public néophyte (et pas forcément musicalement infirme) s'y perd et désavoue ce genre instable. Et comme bien souvent, c'est au sein même du genre que les critiques se font les plus les plus virulentes et parfois justes (qui a dit le Parti Socialiste ?), on ne sera donc pas surpris que les Svinkels soient en ghostwriting sur cet album de Fatal Bazooka. Tout ça pour dire que l'excellent webzine hip-hop Abcdrduson.com publie un dossier sur les réactions de divers figures du rap français (Rocé, Psykick Lyrikah, le co-fondateur de 45 Scientific etc.) quant au succès de Fatal Bazooka. "A une époque où les ventes de disques sont médiocres, notamment dans le hip-hop, une parodie d'album de rap vient d'être certifiée disque d'or en moins d'une semaine, avec quatre singles consécutifs programmés sur les ondes. Qu'est-ce que ça t'inspire et qu'est-ce que ça augure pour la suite ?".

Finalement, Fatal Bazooka et le rap FM se résument à ces dires de Sear, rédac' chef de feu le magazine Get Busy : "Reste le problème de la légitimité de Michael Youn. Là je me demande ce que certains lui reprochent le plus : se moquer du rap ou vendre plus de disques qu'eux ? De même pour Kamini. L'authenticité c'est quoi ? Être soi-même, parler de ce que l'on vit vraiment ? Kamini qui parle de son quotidien de Noir dans un bled à la cambrousse n'est pas moins authentique que tous les mythos qui nous balancent leurs vies imaginaires de dealeurs armés rois de la cité. Et puis parfois seul le résultat compte : si c'est drôle, c'est drôle. Point." Et ouais mec. Tu peux pas test "Pas de soucis, non pas de tiépi ici, pas de chichis, si tu dérapes on te chie dessus".

Il est mort le hip-hop. Pour mieux renaître de ses cendres ?




Youtube de l'été #1 : Chuck Berry - Johnny B. Goode (1958)

Posté par Kris le 16.07.07 à 15:28 | tags : rock, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube
Inaugurons les Youtube de l'été ! Même si le temps joue au yoyo et le soleil à cache-cache, on est tout de même mathématiquement en juillet, conséquemment en été, c'est donc la période des tubes de l'été. Vous savez ces chansons qui rentrent et ne sortent plus de la tête, et que des milliers de pauvres hères comme nous chantonnons avec honte lorsque le clip passe sur MCM ou NRJ.

On commence en 1958 - certes MCM et NRJ n'existaient pas encore (ah la belle époque...) - avec un morceau rock'n'roll de référence. L'été commence tôt lorsque le 31 mars de cette année sort en vynil "Johnny B. Goode" de Chuck Berry. Hymne rock'n'roll immortalisé pour les jeunes générations par Marty McFly dans Retour vers le futur, "Johnny B. Goode" est une tranche de rock'n'roll à l'époque où le rock'n'roll signifiait encore rock'n'roll. Musicien noir dans un univers rock dominé par Elvis et Jerry Lee Lewis, Chuck Berry rend hommage à la contribution de la musique noire au rock. Bien que non politisé, Chuck Berry est avec "Johnny B. Goode" un symbole de la cause noire au sein d'un univers blanc, au même titre que Sidney Poitier qui la même année est le premier noir nommé à l'Oscar du meilleur acteur. L'art au profit de la cause.

 




Family Tree : Nick Drake et ses tubes de l'été ?

Posté par Myosotis le 16.07.07 à 10:34 | tags : rock, pop, folk
Présenté comme une compilation événément, le Family Tree de Nick Drake (à ne pas confondre avec le coffret boxset du même nom devenu introuvable depuis des lustres) n'offre pas grand chose de plus que l'un des bootlegs les plus prisés des collectionneurs : le fameux Tanworth In Arden, collection mal sonorisée (une vieille cassette tirée de la chambre du mort) qui traîne dans les arrières bacs depuis 15 ans. Ceux qui seraient prêts à se laisser tenter par ce nouvel enregistrement du petit poète anglais sont néanmoins priés de passer leur chemin : les 28 titres qui composent ce nouveau CD sont enregistrés (mal) en acoustique et consistent en grande partie en pépites de seconde zone, reprises de standards blues, de Dylan, de Jackson C. Frank, bouts de chansons et versions plus ou moins précoces et inabouties de titres qui figureront plus tard sur le premier album du jeune prodige. La plupart des titres n'apportent pas grand chose à la légende et contribueraient à détourner une oreille profane des albums séminaux de ce jeune homme, mort d'une overdose de médicaments en 1974, après 3 LP sublimes et vendus à une poignée d'exemplaires seulement. Les vrais fans, qui ont toujours Pink Moon à portée de main, ressentiront néanmoins une vraie émotion à écouter ses morceaux sans aucun habillage, nus et chantés par la voix angélique de Drake. Ils frémiront de plaisir à l'écoute de "Rain" (la vraie découverte du CD), d'effroi devant l'ébauche du futur "Way To Blue", de "Day Is Done" ou de peine face à la douceur mélancolique et à la détresse de "If You Leave Me". Les scientifiques verront dans le morceau interprété par la mère du chanteur, et qui clôt le disque, l'une des sources de son art si particulier : des textes dépressifs accompagnés par une guitare qui pleure des accords impossibles à reproduire à la croisée du jazz, du classique et du folk.

Nick Drake est et reste malgré cet album le prince solaire de la pop anglaise, l'un des astres légendaires qui font de la chanson un art pas comme les autres ; pour beaucoup, le John Keats de la pop poetry, infiniment triste dans son expression et sa fin, mais lumineux et presque enjoué dans son jeu et son intemporalité. Si l'on met de côté un séquençage au pas de charge (les titres sont enchaînés sans aucun silence comme s'il s'agissait d'arriver le plus vite possible au bout du disque, sans aucune respiration), la collection offre une occasion de se retrouver seul à seul avec Nick Drake, de sentir et d'entendre sa guitare craquer, les ressorts de son lit se détendre sous son poids, les pas de sa mère dans l'escalier et l'heure du repas (ou du thé) sonner quelque part en arrière plan. C'est cette intimité qu'on vient partager ici, entre la solennité d'une messe et la tendresse retrouvée d'une relation adolescente, on peut s'allonger au pied du jeune homme qui joue, lui caresser les pieds en jouant avec les franges du couvre-lit orange. Family Tree vient démontrer, s'il en était encore besoin, que la pop (et c'est l'une de ses différences avec le rock) est née dans une chambre solitaire, toujours la même, de Manchester, Londres ou Liverpool, avec des posters au mur, quelques mots sur des cahiers, des livres d'image et (dans le meilleur des cas) une vue sur un jardin.

Nick Drake - Family Tree (Island/Universal, juillet 2007)

 




Lucky Soul : un peu de candeur que diable

Posté par Kris le 15.07.07 à 11:16 | tags : pop, myspace, uk, disques de l'été

Et si l’on tenait notre petit disque pop de l’été ? Celui qui fait bouger mais pas trop, celui qui fait pleurer mais pas trop, celui qui s’écoute et beaucoup ? Il n’empêche qu'Outre-Manche, on semble cultiver une certaine culture de la théâtralisation de la mélancolie, de l’idéalisation de l’amour et de la dévotion à une certaine cause utopiste mais difficile. Entre les tribulations adolescentes de Belle And Sebastian et les souffrances élégantes de Morrissey et ses Smiths, le Royaume-Uni a toujours su faire pleurer avec classe. Dans cette lignée, avec la plume légère et inspirée et les guitares charmantes, Lucky Soul vient apposer sa petite contribution à la grande histoire de la pop romantique britonne. Si l’été dernier The Pipettes venait suer sa candy-pop sixties sur nos platines, conviant insouciance et pas de danse chaloupés et maladroits, nous inondant de pois et de bon goût kitsch, Lucky Soul vient raviver la flamme. Car on pense immédiatement Supremes, Ronettes et autres Shirelles, à cause de cette voix cristalline et fine d’Ali Howard invoquant les esprits d’un passé charmeur et charmant, à la manière d’une Nina Persson ou de Shivaree. Ce qui demeure singulier chez Lucky Soul, c’est l’écriture, dont se charge le guitariste Andrew Laidlaw, et d’où émane un situationnisme éperdu et un constat triste : le bonheur ne leur sourit pas/plus.

Empli d’une compassion débordante The Great Unwanted marque aussi l’empreinte du vide sentimental, entre la dure réalité de la solitude, entre la rupture et le manque, ce disque brille par l’absence de l’autre, d’un(e) autre, de l’absence d’un bonheur sempiternellement promis et dû. L’Amour avec un grand A semble chanter la voix belle mais résignée d’Ali Howard, dans l’urgence de la souffrance et l’appréhension du départ, de l’abandon, entre dévotion presque aveugle et clairvoyance d’une situation dont elle n’a plus les clés. Les textes n’ont même pas à parler, tant il suffit de regarder les titres évocateurs des chansons "Baby I’m Broke", "My Darling Anything", "My Brittle Heart". Mais Lucky Soul a baigné dans cette marmite anglo-saxonne, comme teinté d’un optimisme inné, ou bien avec cette capacité désarmante à chanter avec le sourire ses déboires, ses soucis et ses craintes, sans pathos, sans larmes mais avec grande compassion. On exorcise ces choses qui font mal comme on peut et on les accepte. Alors on les chante, on les accueille avec le sourire comme un ami envahissant qui vient squatter à la maison, comme la vieille dame que l’on laisse passer à la caisse avec son caddie tandis que l’on souhaite juste payer son Coca, comme le gosse insupportable qui pleure dans le bus bondé. Lucky Soul c’est ça, c’est le dur constat quotidien de ceux qui ne sont pas heureux, mais qui vivent avec, pris dans les tourments, parfois futiles, qui même au fond de la lame, sourient et chantent quelque part dans un coin de leurs têtes le refrain obsédant et jouissif de "My Lips Are Unhappy Without You". Parce que ce n’est pas parce qu’on est triste que la vie est moins belle.

Lucky Soul - The Great Unwanted (Ruffa Lane, avril 2007)

http://www.myspace.com/luckysoulluckysoul




Souvenirs des Siestes

Posté par éèëê le 15.07.07 à 11:14 | tags : électro, live, pop, siestes électroniques

Déjà 2 semaines que j'ai commencé mon travail saisonnier... C'était si bon le temps des siestes électroniques !
Le temps a passé, tamisant le souvenir, arrondissant les imperfections et exaltant les moments heureux. Pourtant, avec le peu d'objectivité qu'il me reste, je puis dire que la sixième édition des siestes toulousaines fit jeu égal avec les précédentes, mariant une certaine douceur de vivre avec une programmation tour à tour exigeante, reposante ou festive. Bribes de mémoire d'un week-end, vieux déjà de 14 jours...


Joakim : c'était la fin du festival. Il avait plu, l'orage avait même grésillé de façon inquiétante dans les amplis. Je me souviens parfaitement de sa prestation achevée dans le noir des nuages menaçants – heureusement jamais passés à l'acte. Le concert fut brouillon, bruyant et vraiment jouissif ; entouré d'un groupe de rock "basique", Joakim a retravaillé avec bonheur son stock de tubes parus sur l'excellent "Monsters and Silly Songs". Il n'aura joué qu'une poignée de titres, mais ceux-ci furent allongés avec goût d'une touche rock'n'roll sauvage, et accompagnés quelquefois de ce côté approximatif que l'on chérit dans le punk, et qui prenait ici une dimension à la fois amusante et mystérieuse. D'improvisations au Moog (ou au Korg MS20, j'ai la mémoire qui flanche !) jusqu'aux digressions disco-rock soutenues par une batterie déchaînée, Joakim laisse surtout au fond de la tête une envie : le revoir, et vite !

Kammerflimmer Kollektief : une jolie prestation entrecoupé de l'orage sus-cité. Ils avaient l'air un peu triste, les alllemands, d'avoir à quitter la scène seulement 3 minutes après leur arrivée. Après la tempête vient le calme, et le groupe acoustique (contrebasse, guitare, harmonium) le plus intimiste de la session 2007 nous agréablement transporté dans ses longues pièces musicales, décharnées et planantes.

Je me souviens aussi des anglais au nom japonais qui ne veut pas s'imprimer dans ma tête(Fujiya & Miyagi). Bêtement, je n'étais pas vraiment concentré sur ce qui a certainement été la meilleure performance de cette année. Un rock égayé de disco, de funk et de toutes ces choses là qui fon se lever alors que l'herbe de la prairie des filtres s'incruste paisiblement dans les derrières assoupis. J'ai beaucoup, beaucoup pensé aux imparables grooves de l'écurie DFA, accrus d'une maîtrise incroyable et d'une prestation simplissime. Ces gars ont la musique dans la peau, pas besoin d'en faire des tonnes !

Plus violent que Joakim, il y a eu le live de Para One, un tunnel éreintant de musique électronique gavée aux hormones psychédéliques, entamé le samedi soir après 3 heures du matin. Les yeux creusés aperçus le dimanche après-midi semblaient tous me dire ce message, uniquement compréhensible par les siesteux : "Para One M'a Tuer". Stridences à vous faire cogner les deux tympans au milieu du cerveau, beats lourdissimes et mélodies démentes... le disque était déjà violemment scotcheur, sa session live le rend monstrueusement brutal. Une expérience à laquelle j'étais heureux de participer durant au moins 30 minutes, avant de succomber aux alertes de mes fonctions vitales.

Le même soir, il y avait Superpitcher. La techno minimale a toujours été mon fort. C'était puissant.

Je me souviens aussi de cette fillette de 4-5 ans que Todd Terje a invité a scratché le disque qu'il jouait à ce moment-là. Le public s'est montré très peu réceptif aux expérimentations de la gamine... Moi je trouvais ça très cool de la part du DJ, et la situation m'a fait marrer. C'est aussi cette proximité qui fait des Siestes Electroniques un festival privilégié. Il n'est pas rare que les artistes, généralement très affables, se baladent au milieu de la foule et discutent avec les gens rassemblés... a l'année prochaine !

 

 

... Ou même à septembre prochain, puisque les Siestes font escale à LaHaie le 21/09, avec notamment Chris de Luca, Nôze et Mr.Oizo ! Plus d'info ici !




Pour le quatorze juillet : Animal Collective : pétard mouillé

Posté par 2goldfish le 14.07.07 à 11:13 | tags : disques de l'été, folk, pop, vidéos musicales
 
L'à propos avec lequel cette vidéo d'Animal Collective qui apparait sur ce blog le quatorze juillet ne vous aura pas échappé. Pensez bien tous à fêter la nation et prenez un peu de temps pour penser à la fête de la fédération aussi avant d'aller voir un feu d'artifice. En ce jour de fierté nationale, on vous pardonnera de ne pas avoir pigé que cette chanson s'appelle "Fireworks" et que ça veut dire "feu d'artifice". Pour le coup Animal Collective déçoit un peu : pour une chanson qui s'appelle fireworks, celle-ci manque singulièrement d'explosions. OK, y'a de jolie couleur mais où sont les cris, où est la jubilation enfantine/animale qu'on a l'habitude d'attendre de ce groupe ? Ils sonnent pourtant plus comme eux-mêmes que jamais, c'est à dire qu'ils ne surprennent guère. On se prend à attendre le moment où le rythme se cassera pour un "and you'd like to see me often"... C'est vraiment un nouveau morceau ? Bah, les quatorze juillet se ressemblent tous, faut pas trop leur en vouloir. Ca reste toujours mieux que de bosser.



Deadbeat : Jet Lag Dub

Posté par Maxence le 13.07.07 à 18:00 | tags : électro, dub, myspace, disques de l'été

Album après album, le canadien Scott Montheit alias Deadbeat, construit son identité. D'un côté, ses travaux avec Stephen Beaupré pour CrackHause et son amitié avec Stefan Betke aka Pole, du label ~Scape, de l'autre, l'impose comme une figure incontournable de la scène électronique dub mondiale. Le dub est une vraie passion pour Montheit. Une musique qu'il adapte à toutes les formes rythmiques actuelles : techno minimal ou dancefloor sur des titres comme "To Berlin With Love" ou "A Dub For Akufen", pour son premier - et brillant - album Wild Life Documentaries, plus roots sur le second, Something Borrowed, Something Blue, une tendance illustrée par des tracks comme "Steady As A Rock" ou "Fixed Elections", trip-hop et calypso sur son troisième opus New World Observer, et enfin dubstep sur Journeyman's Annual. Avec ce nouvel album, celui qui avoue "avoir éprouvé ses premières émotions musicales en découvrant les variations ambient-dub de The Orb, et plus tard, à la techno emplie d'échos de Basic Channel/Chain Reaction", se livre à l'exercice du carnet de voyage, une tradition soigneusement entretenue par le bonhomme dont les albums sont tous emprunts de conscience globale et de sons du monde depuis Wild Life Documentaries en 2002.

"Deep In Country", "Night Train To Paris", "Melbourne Round Midnight", "Lost Luggage" : sur Journeyman's Annual comme sur beaucoup de ses disques, les titres de Deadbeat évoquent dépaysement, déracinement et surtout égarement, des sentiments qu'éprouve souvent le voyageur au long cours. Conjuguées à un vrombissement de deep-bass continu, à des échos distendus comme des élastiques, à des réverbérations incontrôlables venues d'on ne sait où, ces sensations induisent véritablement un effet de "jet lag dub". Tout est fait pour provoquer la proverbiale "perte de repères" physique et temporelle généralement induite par le dub. Si l'auditeur est rapidement débordé, Monteith, lui contrôle la situation. Au sein du précaire équilibre régnant entre rythmes, textures et mélodies, il est le maître. En bon globe-trotter (il a plusieurs fois fait le tour du monde et sa grand-mère est originaire de Trinidad), Montheit parcours la planète et prêche la bonne parole electro dub depuis plus de cinq ans maintenant. A force de parcourir la planète, il ne pouvait logiquement que s'intéresser au mouvement dubstep qui sévit actuellement dans les quartiers Est de Londres. Ainsi Journeyman's Annual passe progressivement des lentes ondulations rythmiques et cliquetantes d'obédience minimale et ambiant dub, à sa forme accéléré et urbaine, qu'elle soit grime (comme sur "Refund Me", ou "Deep In Country") ou franchement dubstep ("Turbulence", "Gimme A little slack"). De longs titres bardés de basses écrasantes et rebondies, histoire de prouver que, contrairement à son nom, la musique de Deadbeat est bien vivante. Un petit tour sur son profil myspace ne fera que donner plus de poids à mes propos, mais attention, beware of the bass !

Deadbeat - Journeyman's Annual (~Scape/La baleine)




Qui écoute encore la radio ?

Posté par 2goldfish le 13.07.07 à 14:45 | tags : radio, web

J'ai un problème avec les radios ou les sites comme Last FM qui permettent de découvrir plein de nouvelle musique : je n'en ai absolument pas besoin. Je suis déjà assez assailli de nouveautés de toutes parts pour ne pas aller les chercher et pour le reste je lis suffisamment la presse musicale pour savoir ce que j'ai besoin d'aller chercher. Il n'empêche que beaucoup de gens me disent souvent trouver les web-radio et les sites de "recommandations personnalisées" très utiles. Quand ce sont mes amis je me sens un peu frustré parce que la plupart d'entre eux font la sourde oreille à mes recommandations. J'aurais des goûts trop "spéciaux" paraît-il.

Bref, du coup je vais vous recommander tun3r.com, un site vachement bien avec une interface bien pensée pour découvrir plein de stations de radio sur le web. Allez-y, profitez en, moi je reste à bouder de mon côté avec mes piles de CD pas encore écoutés, mes quelques mp3-blogs favoris et mes chroniques de disques par dizaines dans mon lecteur RSS. Je n'aime pas laisser ma playlist aux mains d'un autre de toute façon.




Klaxons - It's Not Over Yet (Youtube)

Posté par LovelyRita le 13.07.07 à 11:41 | tags : rock, vidéos musicales, youtube
Klaxons exploite encore une fois l'esthétique art martial et/ou science-fiction. Après avoir introduit un combat dans les airs avec des suppositoires géants pour "Golden Skans", le groupe se fait, cette fois, attaquer par des pyramides volantes dans "It's Not Over Yet".




Kathy Diamond : La nouvelle créature de Maurice Fulton

Posté par Maxence le 12.07.07 à 18:12 | tags : soul, myspace, funk, électro, disques de l'été

Maurice Fulton aime bien les jeunes filles. Après son projet electro-punk aux côtés de la Japonaise foldingue Mitsumi (par ailleurs sa compagne !) sous le nom de Mu, c'est au tour de l'Anglaise Kathy Diamond de bénéficier des services de l'excentrique producteur. C'est donc sous le patronage de l'électro funk le plus typé, et trippé, que Miss Diamond, qui a déjà participé à quelques sorties dont trois maxis en solo et dispose d'un titre sur le Press Play des Idjut Boys (chez Tirk records, label de Fujiya and Miyagi, et du White Magic de Sorcerer et d'autres allumés néo-disco d'envergure), se voit donc chaperonnée par le pape de la production barrée. A ceux qui ne connaissent pas Fulton, signalons qu'ils ratent véritablement quelque chose. Qu'il s'agisse de Syclops, Eddie & The Eggs, Mu ou ses activités en groupes, Hot Sauce, Moonwalkers, Watershine, etc. sans oublier ses nombreux projets et remixes sous son patronyme, Fulton fait certainement partie des producteurs les plus étranges et inclassables de sa génération. Autant dire que ce type est passionnant. Aussi à l'aise dans l'electro-disco-funk que dans la même en version punk, voir le jazz, la soul ou le dancefloor, Fulton a cependant une particularité assez rigolote : il est incapable de créer un morceau de musique qui respecte les règles du genre qu'il s'était promis d'investir initialement. Cela donne souvent des hybrides ensorcelants, même si ses "modifications" sont parfois peu spectaculaires pour le novice. Mais comme chacun le sait à l'ère des sciences de l'infiniment petit : "The Devil is in The Detail".

Sur Miss Diamond To You, Fulton s'est donc lancé dans la création d'un nouveau personnage : une diva soul et néo-disco blanche, à la voix plutôt moyenne, mais qu'il va transcender pour l'envoyer dans l'espace, grâce à la puissance de son méga-pouvoir spectro-laser millésimé Moroder/Summer 70. De "Between The Lines" à "Another Life/Original", le bonhomme et Diamond balancent une série de pur tracks növo disco barjots, gorgés de soul dans lesquels Fulton laisse libre court à son fétichisme pour les arrangements carrément pervers (voir le plan de clavier des 4 dernières minutes du tueur "All Woman", ou la lente évolution ambient groove du planant "I Need You"), quand ce n'est pas une obsession quasi compulsive pour les instrumentaux cosmic ("I Need You Here Right Now", "Racing Thru Time") et les trips totalement hypnotiques ("Over", "Another Life/Original") évoquant un hybride de "I Feel Love" et de "Tainted Love". Miss Diamond To You est donc une vraie histoire d'amour qui se joue en direct sous vos yeux. D'ailleurs, tandis que monsieur fait des massages à ses machines, palpe ses claviers, pelote ses laptops et fait reluire ses samples, "madame rêve", ou plutôt dérive tranquillement dans les allées ombragées du psychédélisme électronique et soul de cette fin de siècle. Ne rougissez pas, comme le dit le titre, c'est pour vous ! Et puis c'est typiquement un album pour l'été, si tant est que ce genre de chose ait la moindre importance.

Kathy Diamond - Miss Diamond To You (Permanent Vacation/Nocturne, juin 2007)




OKX: A Tribute to OK Computer

Posté par LovelyRita le 12.07.07 à 14:54 | tags : cover, mp3, pop, rock
Il paraît que ça fait 10 ans qu'Ok Computer de Radiohead est sorti. L'album a été acclamé par beaucoup et depuis le groupe a pris une direction complètement différente, Thom Yorke and co sont en effet aujourd'hui bien loin de "Karma Police". Pour fêter les 10 de cet album, le mp3 blog Sterogum a lancé un appel et a demandé à une paire d'artistes de leur faire une reprise d'un titre du dit album. Le résultat c'est OKX : A Tribute to OK Computer, qui reprend piste par piste l'original. Cold War Kids, My Brightest Diamond, The Twilight Sad font partie des présents. Les reprises sont originales et personnalisées, on se décolle le nez de l'original et ça donne : "Airbag" amputé de ses guitares planantes au profit d'un clavier tout doux, un "Let Down" désespéré, un "Lucky" spatial et un "The Tourist" aux allures d'orchestre déglingué. Et le tout est en téléchargement gratuit chez Stereogum.



XX Teens - Darlin' (Youtube)

Posté par LovelyRita le 12.07.07 à 10:49 | tags : myspace, rock, vidéos musicales, youtube

Vous êtes-vous déjà fait agresser par un clip ? C'est terrible, vous allumez la télé, vous tombez nez à nez avec une horreur et puis tout bascule, le bol de Nesquik vous tombe des mains et on vous retrouve 1h après inanimé sur le sol du salon. Voilà donc 5 min de bizarrerie dans un décor de station balnéaire offertes par XX Teens, ex-Xerox Teens. La musique de ce quintet, c'est un mélange loufoque de rock, pop, de basses électro, trompettes de pacotille et de voix dégeulasse. Le pire c'est que ça tient la route, du moins sur le single Darlin'. Le mois d'août vera la sortie d'un EP avec notamment un remix d'Andrew Weatherall. Leur myspace, c'est ici. Et si vous en voulez plus, la version longue du clip est dispo sur Youtube (9 min !!)




Sorcerer : magie disco de l'été

Posté par Maxence le 11.07.07 à 18:53 | tags : myspace, funk, électro, disques de l'été
Vous vous souvenez de "Pong", le jeux idiot composé de deux barres parallèles et d'un pixel turbulent censé nous faire éprouver les joies du tennis sur un écran de télévision ou sur un ordinateur préhistorique (pour les plus geek d'entre nous/vous) ? Et bien c'est à cela que fait penser Sorcerer, le projet solo retro-futuriste de Daniel Judd, un musicien de la baie de San Fransisco, également impliqué dans le groupe Call and Response et compagnon de jeux de l'excellent duo rétro-80, Broker/Dealer. A l'écoute de ce White Magic délicieusement hors de temps, on éprouve la même tendresse un brin embarrassée et la même nostalgie qu'après, disons... avoir visionné de vieux clips de Men At Work ou Alphaville sur Youtube (mange google, mange). Ironiquement, Judd présente d'ailleurs Sorcerer comme du "motorik George Benson", soit le parfait mélange de l'obsession répétitive, électronique et hypnotique de la musique allemande des 70's et du funk cheesy du crooner soul-jazz dont la carrière culmina dans les années 80 avec "Give Me The Night".

Je sais, ça commence mal, mais ne partez pas maintenant parce que contrairement à ce que laisse penser cette introduction plutôt foireuse, dans ses meilleurs moments Sorcerer n'est pas sans rappeler le Schneider TM de Zoomer (son meilleur album, soit dit en passant) pour ses morceaux les plus enjoués et tropicaux. D'ailleurs, de "Surfing At Midnight", "Egyptian Sunset", "Hawaïïan Island", "Surf Wax", "Bamboo Brainwave" ou "Blind Yatchman", tout dans la musique de Sorcerer, comme dans ses titres vous l'avez remarqué, évoque quelque éden artificiel et fantasmé de néons multicolores, de chemises bariolées, de houle parfumée et de farniente dans des criques (je sais, pour beaucoup c'est encore de la science-fiction, mais plaignez vous ! C'est toujours mieux qu'une canicule non ? La chaleur tue les vieux, et au rythme avec lequel je m'enfonce dans le passé, les vieux bientôt, c'est moi, c'est vous ! Mais je m'égare...)

Alors bien sûr, Daniel Judd met la dose en matière de kitscheries coca-néons-airbrush et son electro-pop-funk vintage millésimé 80. Il ne lésine pas sur les cascades de guitares réverbérées et sources chaudes caribéennes où viennent s'abreuver basses nonchalantes et rythmiques mid-tempo fatiguées de nature, tandis que des bourrasques de synthé funk progressifs tentent vainement de rafraîchir l'atmosphère. De la vraie musique de "beach boys" en somme, mais en version peroxydé et habillé de pantalon corsaire et de débardeurs blancs. Une imagerie que ne renierait pas l'auteur de White Magic, d'autant que celui-ci s'adonne quotidiennement aux joies de la planche à voile dans la baie d'Oakland, nous signale-t-on dans sa bio. Un wind surfeur donc, doté d'un solide sens de l'humour mais d'assez de talent pour nous faire voyager au son de ses vignettes néo-baléaric-disco. Je finirais en remarquant qu'il y a d'ailleurs quelque chose à côté duquel passent beaucoup de critiques et d'auditeurs dans le domaine musical (comme sur ce blog) alors que c'est parfaitement autorisé dans le domaine littéraire et plastique, c'est l'humour. Et assurément Daniel Judd et son projet Sorcerer n'en manquent pas pour flirter avec tant d'aisance avec le mauvais goût et l'ironie. Ce qui n'enlève rien aux qualités de cet album tout simplement parfait, de la pochette ultra-référencée au contenu, à ranger à côté du Cosmo Galactic Prism de Prins Thomas chroniqué dans ces pages il y a peu. Evidemment, on peut aller écouter tout ça sur le myspace du bonhomme, ne vous en privez surtout pas !

Sorcerer - White Magic (Tirk/La Baleine, juillet 2007)




iPal : Et ton iPod a un ami !

Posté par LovelyRita le 11.07.07 à 14:40 | tags : ipod, rigolo
L'hymn book cover pour iPod ne vous a pas convaincu, car trop classe, trop discret ? Pareil, je n'y croyais pas beaucoup ! Mais là, on est y, on tient l'accessoire et en plus c'est de saison. Pour prémunir son iPod du froid, rien de mieux que l'iPal. Mais diantre, LovelyRita, qu'est-ce que l'iPal ? C'est juste la peluche dont vous rêviez : douce, mignonne avec une petite poche sur le ventre pour y déposer soigneusement votre iPod. Des yeux qui servent de haut-parleurs, une variété de motifs indécente (zèbre, giraffe, tigre et léopard)...le compagnon de nuit idéal ! 



Smashing Pumpkins vs. My Chemical Romance

Posté par 2goldfish le 11.07.07 à 10:03 | tags : pop, rigolo, rock, us

Le nouvel album des Smashing Pumpkins est une triste et ennuyeuse affaire, embarassante pour ceux qui l'ont enregistrée comme pour ceux qui l'écoutent. Et que dire de ceux qui en parlent ? Plutôt que de m'enfoncer davantage en dissertant comme tout le monde sur l'égo de Billy Corgan, laissez-moi vous entretenir d'un groupe que vous connaissez sûrement déjà si vous êtes plus jeunes que moi mais qui ne me fascine que depuis peu de temps. Ils font presque tout ce que faisaient les Smashing Pumpkins il y a dix ans mais en mieux/pire. Ils se nomment My Chemical Romance !

My Chemical Romance est à la base un petit groupe emo comme beaucoup d'autres. Son leader Gerard Way ressemble depuis toujours comme deux gouttes d'eau à Billy Corgan mais il chante surtout comme le type du fond de la classe qui appliquait soigneusement du marqueur noir sur ses ongles pendant le cour de latin. Il cultive son hystérie adolescente et son esthétique romantique genre "nous nous sommes aimés mais le prozac a manqué puis l'asile nous a séparés". Ouais, allez-y, rigolez mais votre fils/petit frère/vous même y'a dix ans ne rient pas, eux. C'est sérieux : Marylin Manson, pauvre vieux complètement largué comme nous, a écrit une chanson où il accuse My Chemical Romance de lui avoir tout piqué (Alice Cooper est certainement en train de se retourner dans sa tombe).

MCR n'est véritablement devenu un groupe formidable que sur son dernier album The Black Parade, un concept album sur la mort et le monde cruel des adultes (cruel avec ces pauvres adolescents surtout). Avec ce disque Gerard Way fait passer l'American Idiot de Green Day pour une oeuvre légère, sans ambition et incroyablement fade (bon, ce n'était peut-être pas si difficile que ça, OK). Way revendique l'influence de Queen et de Pink Floyd et il faudrait être sourd ou ignorer tout de ces deux monstres du classic rock seventies que sont A Night At The Opera et The Wall pour ne pas entendre les emprunts directs qui leurs sont fait tout au long de The Black Parade.

Regardez simplement l'incroyable clip de la chanson titre sur Youtube : grandiloquence, plagiat, hystérie adolescente sont réunis avec le plus grand sérieux pour composer un irrésistible aimant à ado "à problèmeS". Il m'est impossible de voir ça sans penser au pied monstrueux que j'aurais pris si seulement j'avais quatorze ans à nouveau. Ce mec semble se rendre encore plus au sérieux que Bono. C'est là que sa façade craque pour moi : il est impossible qu'il n'ait pas conscience de l'énorme blague à laquelle il participe, du paradoxe qu'il y a à attiser la colère des foules adolescentes avec la musique de leurs parents, de l'existence du ridicule, du concept d'humour. My Chemical Romance c'est The Darkness en beaucoup plus élaboré, c'est la meilleure blague musicale depuis Spinal Tap au moins.

Peu importe finalement que le groupe en ait conscience ou pas : il est très bon dans ce qu'il fait. Zeitgeist, pour en revenir au naufrage des Smashing Pumpkins, a aussi des allures de blague. Corgan a réendossé son rôle de citrouille avec un mélange de résignation, de plaisir, de mégalomanie et d'humour à froid. Il croit donner au public ce qu'il veut : "du pumpkins vintage" tout en se faisant plaisir à lui même en assumant enfin musicalement être fan de Scorpion et Judas Priest. Ce n'est ni réussi, ni drôle, ni plaisant parce qu''il ne fait même pas semblant d'y croire. C'est pourtant juste ce qu'on lui demandait.




Mikkel Metal : Blossom electro Dub

Posté par Maxence le 10.07.07 à 18:54 | tags : myspace, électro, dub, techno, disques de l'été

Longtemps le dub connut une version electro florissante. Cela commença au début des années 90 avec des artistes comme The Orb, Atom Heart, Banco de Gaia, Nonplace Urban Field, The Mighty Quark et bien sûr les ténors du genre, des labels comme Basic Channel/Chain Reaction et affilié (Burial Mix), Maurizio, Scion, Porter Ricks, Monolake et plus tard Vladislav Delay. Même les labels plus proprement spécialistes de bizarreries électroniques comme Sub Rosa, Mille Plateaux, Force INC, etc, donnaient au moins une fois dans le genre electro-dub. Puis, au début des années 2000, la source du genre semble s'être tarie. Disparue mystérieusement. En fait, elle subsistait, mais passait à la trappe de l'actualité au profit d'un pseudo "retour du rock" (aux alentours de 2003). Des projets comme Blue Train (minimal techno dub), Pitchblack (trance dub), Lena, Deadbeat, Beat Pharmacy, Rhythm and Sound ou Pan American, venant tous d'horizon aussi éloignées que les USA, la Nouvelle Zélande, l'Allemagne, la France, l'Angleterre ou le Quebec, continuaient de faire résonner la planète de l'écho de leur basses massives accompagnées de cliquetis, gargouillis et autres arrangements électroniques plus ou moins vrillés. Le danois Mikkel Metal est de cette école. Ou plutôt, né en 1973, il l'a connu sur le tard. Trop jeune pour réellement y participer, mais déjà nostalgique. Ce qui explique le ton général de ce magnifique Brone and Wait, à côté duquel je suis passé au printemps dernier. Un album aux teintes électro-dub sombre et minimal qui rappelle avec bonheur cette ère Basic Channel/Chain Reaction tant regrettée.

A l'origine de nombreux maxis et quelques albums sur des labels aussi variés que Kompakt, Echochord ou le confidentiel Datamusik, Mikkel, Meldgaard de son vrai nom ("Metal" étant le pseudo qu'il a gagné à la sueur des heures de répétitions passées au sein d'un groupe de noisy-pop rock à la fin des 90's) est de la génération "net label". C'est sur Thinner (certainement l'un des tout meilleurs net label actuel) que le Danois s'est fait remarqué par des pontes comme Michael Mayer ou Jürgen Paape. De retour sur Echochord avec Brone and Wait, il s'en donne à cœur joie et cultive tout ce qui faisait le son dub électronique des années 90 : digital riddim répétitifs, lignes de guitare ou de clavier en décalage constant, basses filtrées mais énormes, rythmes hypnotiques, pulsations minimal techno pour un maximum de distorsion temporelle possible. L'effet "electro-dub" quoi. Le genre de musique que l'on pourrait laisser tourner des heures durant en planant sans discontinuer, et sans ennui. Alors bien sûr, "Sala" et son souffle pulsé comme à travers la caisse de résonance d'un climatiseur, "Dromos" et sa chambre d'écho profonde et bondissante, la minimal techno dub de "Strand Gard" ou les réminiscences roots languissantes de "Krudina", n'ont plus rien de vraiment originales aujourd'hui, mais qu'importe, elles sont simplement parfaites. A la manière de Scott Monteith aka Deadbeat, un autre chantre du dub planétaire dont nous parlerons bientôt, Mikkel Metal habite sa musique avec sincérité et passion. Il offre aux amateurs de dub un grand moment d'extase pour le prix somme toute modique d'une galette de plastique, et ce moment là n'a pas de prix, lui ! En attendant l'achat, si achat il y a, un petit tour sur son profil myspace vous donnera une idée plus juste du talent de ce tout jeune et prometteur producteur qui vous fera éclore des ondes de bonheur club et dub dans la tête. Et C'est de saison non ?

Mikkel Metal - Brone and Wait (Echochord/Nocturne, mai 2007)




Rendez-nous Lauryn Hill !

Posté par Kris le 10.07.07 à 16:14 | tags : hip hop, live, pop, rap féminin

Comme je le disais donc plus tôt, l'attraction majeure du festival de Solidays 2007 était évidemment Lauryn Hill. Pour ma part, les derniers échos que j'avais eu de la diva soul était son apparition avec Wyclef et Pras des Fugees dans le Dave Chappelle's Block Party sorti il y a deux ans. Lauryn Hill était donc sortie de son pétage de plomb artistique et médiatique ("Pendant deux ou trois ans, je me suis écartée de toute interaction sociale"). Pourtant sur cette grande scène de Solidays où le public était là pour elle, sans aucun autre concert simultanément, Lauryn Hill déchante. On avait gardé en mémoire la magnifique voix de Lauryn sur "Doo-Wop", "Ex-Factor" ou "To Zion", on avait vibré face à l'émotivité et la fragilité de la jeune artiste et sa guitare sur le MTV Unplugged 2.0. Pourtant, c'était il y a presque 10 ans de cela qu'est sorti The Miseducation Of Lauryn Hill, et d'ici, on n'avait pas vu les ravages du temps faire son effet, on avait toujours en tête cette jeune et fraîche artiste, figure de proue d'une culture urbaine, certes promulguée par MTV et consorts.

Car sur scène débarque une intruse, une violation de la mémoire collective. Le choc est un peu rude. Sur une annonce surréaliste en anglais puis français, que l'on croirait tout droit sorti de Rocky IV ("Mesdames et messieurs, voici Miiiiss Lauryyyyn Hiiiiiiill !!"), déboule une allumée surexcitée, un mélange de Macy Gray et Yvette Horner en imperméable qu'elle ne quittera plus. Devenue excentrique, sa musique en a également pris un sacré coup. Lauryn Hill ne chante plus, elle rappe, elle gueule, elle jappe, elle ... en fait trop. Métamorphosée en toaster, rappeuse, celle qui se produit devant nous n'est plus celle qui pleurait sur sa guitare, celle dont la voix faisait trembler. En soi le concert n'était pas mauvais, quelques bons moments, mais entendre "To Zion" ou "Doo-Wop" se faire autant massacrer fait mal.

Finalement, après plus d'une heure de set, il faut bien se rendre à l'évidence. Lauryn Hill n'est plus. MC Lauryn Hill est en revanche. Mais on se rend bien compte que la personne a totalement englouti l'artiste qu'était Lauryn Hill. La vingtaine dans les années 90, elle était une jeune adulte en proie à ses craintes, à ses démons, qu'elle exorcisait magnifiquement dans sa musique. La trentaine dans les années 2000, après un break total et surtout l'éducation de ses quatre enfants, elle est devenue une mère craintive, paranoïaque du monde qui l'entoure, protectrice de ses enfants envers le monde malade qui les entoure, pour eux, elle devait être forte et inébranlable. Jeune, elle était fragile et émotionnelle, vulnérable et à fleur de peau ("J'ai dû me confronter à mes peurs et dominer chacune de mes pensées démoniaques à propos de mon inferiorité, de la peur d'être noire, jeune et talentueuse dans une culture occidentale"). Depuis, elle ne l'est plus. Le monde phallocratique qu'elle redoutait tant et sur lequel elle crachait si ardemment a fini par l'engloutir, en la transformant en homme, solide, droit et fier, troquant sa fragilité pour une arrogance et une aggressivité surfaite, rappant et grognant au lieu de chanter, Busta Rhymes avec une perruque quoi.

"Les enfants sont sans passé et c'est tout le mystère de l'innocence magique de leur sourire" a écrit Milan Kundera. Le monde a changé le sourire de Lauryn Hill, et pourtant c'était l'une des meilleures d'entre nous.




I gave my life to Youtube

Posté par LovelyRita le 10.07.07 à 12:53 | tags : rigolo, web, youtube

"Sick Sad World"... A peine réveillé on sort de son lit, on se dirige vers le PC, qui est bien entendu déjà allumé (la machine a tourné toute la nuit pour télécharger les derniers épisodes de Heroes et le dernier live de Queens Of The Stone Age)...la suite en vidéo

Voilà à quoi ressemble la rédac musique de Flu'




Spoon, la musique du pauvre

Posté par 2goldfish le 10.07.07 à 10:30 | tags : pop, rock

Malgré toute la sympathie qu'elles m'inspirent, j'ai bien peur que l'ironie qu'il y a à chanter "tu n'es qu'un loser" quand on revendique une certaine ascendance punk et rock, échappe totalement aux Plasticines, tout comme les implications de ses propres chansons passent complétement au dessus d'Avril Lavigne. N'ont-elles jamais entendu l'expression "perdant magnifique" ? Du "Born To Lose" de Johnny Thunders ? Elles auraient au moins pu regarder la série sur les losers de Tracks l'an dernier.

Etre un loser donc, c'est bien. C'est toujours mieux que d'être un winner en tout cas. Que ce soit par choix ou par résignation Spoon fait partie de la première catégorie depuis longtemps et fait tout pour entretenir son image de bon perdant. Ga Ga Ga Ga, le titre incompréhensible de leur dernier album que je balance maintenant parce que je n'ai, malgré tous mes efforts, réussi à le faire rentrer confortablement dans aucun de mes édifices théoriques, cet album, donc, porte tous les stigmates de la défaite, de la pauvreté et de la déchance : maracas poussièreuses, paranoïa passive-agressive (la chanson "Don't Make Me A Target"), voix enrouée d'un type qui a du dormir dehors, koto, marimba et autres instruments récupérés à l'armée du salut, absence ("The Ghost Of You Lingers", chanson-vide) et une économie de moyen qui révèle une radinerie proche de celle d'un écossais de blague carambar.

La forme sert bien sûr le fond : Ga Ga Ga Ga est un disque de l'absence, de la perte, de sentiments doux-amers et d'une sagesse acquise par la souffrance. Il ne manque qu'une reprise de "You don't miss you water till your well runs dry" des Byrds pour que le tableau soit complet (oui, j'aime imaginer des reprises que je n'entendrais jamais. Cela fait-il de moi un cas désespéré ?).

L'album n'est heureusement pas seulement défini que par ce qu'il n'est pas (riche, frivole, joyeux). Si "The Ghost Of You Lingers" réussi certes à être davantage défini par ce qui lui manque (une batterie, un refrain, etc...), quand il y a "un truc" dans une chanson de Spoon il est mieux mis en valeur que nulle part ailleurs, que ce soit le clin d'oeil à la Motown (sur "Cherry Bomb"), le court falsetto sur de "Don't You Evah" ou, mince, un semblant de sentiment tout gentil doux et sincère qui passe furtivement sur "Black Like Me". Un putain de bon disque, j'vous dit.




Morr Music : We Want Morr !

Posté par Maxence le 09.07.07 à 18:48 | tags : électro, label, myspace, pop

Morr Music est le label de Thomas Morr, un passionné d'electronica pure et atmosphérique et de pop éthérée. En presque seize ans et avec plus d'une vingtaine d'artistes, le Berlinois s'est imposé comme le pourvoyeur d'une musique fine, inventive et mélodieuse, savant hybride de pop romantique et d'electronica soft. Qui d'autre que Morr, pouvait se permettre de sortir deux tributes aussi insensés que le brillant Putting The Morr Back In Morrissey qui voyait une kyrielle d'acteurs de l'électro 90 reprendre l'œuvre des Smiths et de leur flamboyant leader, ou l'étonnant Blue Skied An' Clear qui se posait avec 10 ans d'avance comme précurseur de la mode actuelle du revival shoegazer en rendant hommage à Slowdive ? C'était en 2002. Depuis, la structure a évolué. Son ouverture à la pop place aujourd'hui Morr Music dans la position de découvreur et défricheur de talents pop-rock, mais il faut bien avouer que cela reste encore confidentiel. Quand en 2002 Thomas Morr décide de changer un poil d'orientation et d'ouvrir à la pop acoustique, psychédélique, noisy ou folky de Ms. John Soda, The American Analog Set, Tarwater, Electric President, Masha Qrella ou Contriva, il convainc moins. L'unité de ton qui habitait les productions Morr semble avoir disparu. Cette unité que l'on retrouve toujours dans les visuels enfantins des pochettes, parfois en phase avec la musique faussement naïve et souvent mélancolique des B.Fleischmann, Christian Kleine, Styrofoam, Lali Puna, The Notwist, Múm ou Console, et qui firent tous les grands moments du label, entre 1991 et 2001. Pour beaucoup, et j'en suis, le label de Thomas Morr brille vraiment de tout ses feux quand il tape dans l'expérimental classieux, illustré par Aelita le dernier Tied + Tickled Trio, ou l'electronica intemporelle d'Isan.

Isan que l'on retrouve avec bonheur sur ce Music For Hairy Scary Monsters pour deux morceaux, dont un étonnamment structuré (pour du Isan s'entend), l'étonnant remix hip hop mutant du "Re-Spring My Sing Reverse" de Mùm, suivi de l'electronica pop de "Singing Bowl". Isan "at his best" donc. Voilà pour le côté électro, c'est dire si le label a changé ! Le reste s'inscrit complètement dans la nouvelle esthétique pop-folk-rock du label, avec Benni Hemm Hemm pour deux ballades folk ultra-mélancoliques (sortez les mouchoirs) même si la seconde s'envole soudain pour survoler des paysages un rien plus lumineux. Idem pour Seabear, inconnu au bataillon, nouvelle signature electro-pop folk et qui sonne comme un Panda Bear à qui on aurait confisqué ses acides, gazouillis d'oiseaux, clochettes et arpèges de guitares graciles. De leur côté The Go-Find offre une image non moins compassée avec "Ice Bear" (s'il s'agit d'une reprise du fameux titre synth-wave "Ich Möchte Ein Eicher Sein" alors je ne l'ai pas reconnu ???), passable. On s'arrêtera par contre immédiatement sur l'excellente reprise du "Perfume V" de Pavement, qui, bien que nonchalamment interprété, garde une certaine fougue bizarroïde. Music For Hairy Scary Monsters fini plutôt joliment avec deux titres de Tarwater, dont le nouvel album, Spider Smile, nous avait déjà enchanté. Tout d'abord "Dia", une ballade acoustique instrumentale et un tout autre univers pour le duo Lippock/Jestram, et enfin "The Place", du Tarwarter pur jus où la pop joue au chat et à la souris avec les machines et quelques réminiscences ethniques (sa rythmique fait étrangement penser au chant des pygmées Aka). Tout cela est inédit, bien entendu, mais était-il nécessaire de l'ajouter ? Reste qu'au final cette compilation a un arrière goût de "trop peu", quelques titres de Lali Puna ou The Notwist auraient été les bienvenus (plus de nouvelles de ces deux groupes depuis des lustres !) Définitivement, We Want Morr !!

Music for Hairy Scary Monsters - A Morr Music Compilation (Morr Music/La Baleine, juillet 2007)

Le myspace de Morr Music 




Solidays : un jour, un concert

Posté par Kris le 09.07.07 à 17:19 | tags : électro, hip hop, live, pop, rock

 


Et oui, tous les ans désormais, sous la bannière de la lutte contre le Sida, se tient à l'Hippodrome de Longchamp le festival de Solidays. Si aux débuts de Solidays, la programmation était au second plan de l'engagement et de l'évènement estival festivalier pour parisiens ou jeunes festifs de tous bords, la tendance semble s'être légèrement inversée ces dernières années. Il suffit de voir les noms à l'affiche depuis ces dernières années (Patti Smith, Camille, The Dandy Warhols, The Zutons, Archive, Katerine...) pour s'apercevoir que pour un festival bénévole, la programmation a de quoi tenir la route. Bon, face aux Eurockéennes ou Rock En Seine, ce n'est pas encore ça, mais comparé au festival régional de Gennevilliers se déroulant dans la salle des fêtes, c'est quand même autre chose.

Comme nous l'ont confié les Montluçonnais de Kaolin "Même si on est là aujourd'hui pour supporter la cause, Solidays, c'est un festival comme un autre'". Et cette année, il y avait de quoi faire. Petit name-dropping : Lauryn Hill, Kaiser Chiefs, Editors, Joey Starr, FFF, Lily Allen, Sean Lennon, !!!, Le Peuple De L'Herbe, Abd Al Malik, The Magic Numbers, Oxmo Puccino & The Jazzbastard... et bien d'autres encore, certes dispensables. Il y aura comme toujours des trucs chiants et insipides, des déceptions, mais surtout parfois de très bons concerts. Un jour, un concert.

Vendredi 6 juillet : Editors

La tête d'affiche de ce jour d'ouverture de festival était sans conteste Lauryn Hill. Pourtant celle-ci décevra (j'y reviendrai dans un autre billet) et ce sera finalement Editors qui remportera la Palme de mon goût musical subjectif. Après avoir écouté attentivement le dernier album des Anglais, il me tardait de les voir en concert. Et oui, comme le dit Myosotis dans son billet pré-cité "Interpol qui mettrait la voix caverneuse de Paul Banks au tapis" car si le dernier Interpol ne suis plus la cadence, Editors ont eux en revanche haussé leur niveau de jeu et prend tout son sens sur la scène. Avec sa voix puissante, invocatrice, vecteur d'émotions et de mélancolie sous-jacente, Tom Smith a su drapper d'un voile froid les rythmiques entraînantes des compositions du groupe. Face à un public qui découvrait pour la plupart, Editors a su jouer ses titres et su poser son univers cold-wave sur la grande scène principale de Paris. Ah, cet enchaînement "Munich" - "Smokers Outside The Hospital Doors" (si mes souvenirs sont bons)...

Samedi 7 juillet : !!!

!!! contre Sinclair, quel choix cornélien... Nan ? Sur la scène couverte de Phénix, les New-Yorkais vont déboulonner les rotules des plus rigides. Encore mieux que sur CD ou lors de leur dernier passage au Bataclan, !!! a su dévoiler tout son potentiel festif, dansant et extatique. Omniprésent sur scène, se dandinant toujours comme une andouille, Nic Offer sait drainer toutes les attentions, comme pour décomplexer son public en leur haranguant "regardez, je danse aussi mal que vous, alors lâchez-vous !" C'est demandé si gentiment... Alors on s'est lâché sur le tonitruant "Dear Can", on a branchouillé sur le "All My Heroes Are Weirdos", on a kiffé le tubesque "Heart Of Hearts". Clairement le meilleur groupe à voir sur scène avec Liars et Battles, voir !!! faire danser tout un chapiteau fait plaisir. L'électro-punk-funk des New-Yorkais a éclipsé les performances sympathiques de Lily Allen, Sean Lennon ou l'énergie débordante de DJ Missil en fin de soirée.

Dimanche 8 juillet : Abd Al Malik

Après avoir vu les gentils Magic Numbers, Abd Al Malik retient notre attention. Le prix Constantin (révélation française de l'année) 2007 a importé à Solidays sa sagesse urbaine, son phrasé percutant, péchu mais délicat et réaliste. Véritable figure charismatique en marge d'une scène hip-hop et slam, Abd Al Malik raconte, dévoile, délivre ses messages, sans arrogance ni prétention mais avec passion et compréhension. Inspiré par Brel, dont il reprendra "Ces Gens-Là", Abd Al Malik qui a commencé sous la bannière du rap français avec NAP est désormais un artiste de chanson française, un storyteller talentueux et apprécié. On appréciait beaucoup Gibraltar, désormais on aime Abd Al Malik.

Pour le reste et en quelques mots : Lily Allen, sympa et bourrée ; Lauryn Hill, bof ; Kaiser Chiefs, que l'on m'explique l'intérêt de ce groupe ? ; Sean Lennon, belle voix, mais chiant à mourir ; Joey Starr, ça avait l'air sympa de loin ; Le Peuple de l'Herbe, sympa pour une fin de journée ; DJ Missil, très énergique, très parisien ; Diam's, ah ah ; et le reste, si je ne m'en souviens pas, c'est que ça ne devait pas être mémorable...

Photo Rod | Le-HibOO.com




Allofmp3 laisse un vide

Posté par 2goldfish le 09.07.07 à 14:45 | tags : mp3, music biz, myspace, news, web, youtube

Allofmp3, le site russe de téléchargement "légal" qui posait beaucoup de problèmes aux gouvernements occidentaux vient de fermer définitivement. Le mot "légal" doit ses guillemets au fait que le site occupait une zone de vide ou de flou juridique (ça reste à déterminer). Si le site semble avoir opéré légalement en Russie avec une simple licence de radio, cette licence n'aurait permis à aucun site de vendre de la musique en Europe ou aux USA où on rigole beaucoup moins avec le copyright. D'où le flou : un mp3 russe acheté légalement dans un pays étrangers restait-il légal ailleurs sans passer par la case frontière ? La concurrence qu'Allofmp3 faisait avec ses prix imbattables aux sites occidentaux était donc jugée déloyale et cela faisait déjà un moment que l'UE et l'administration Bush réclamaient la fermeture du site. Ils l'ont obtenue lorsqu'il y a quelques jours le président américain rendait visite à Vladimir Poutine : en gage d'amitié le président russe a tout simplement décidé de fermer Allofmp3. Comme ça, clac, Poutine dit, c'est fait. Il fait comme ça, l'exécutif en Russie : il exécute.

Il aurait bien sûr pu y avoir un procès, une loi, une commission ou je ne sais quoi qui aurait permis de remplir le vide juridique ou de déflouter le flou et de régulariser un peu tout ça. J'imagine que ce n'est pas pour ça que Poutine et Bush ont été élu et je suis certain que ce dernier se félicite du geste de son homologue. Il doit aussi sûrement se féliciter de ne pas avoir les mêmes latitudes qui lui auraient permis d'écraser dans l'oeuf des initiatives à l'illégalité beaucoup moins floue dans son propre pays comme Youtube ou Myspace. C'est que le cadre juridique ne permet pas aujourd'hui de lancer des sites du seul type qui marche depuis plusieurs années : des sites communautaires orientés sur le partage, l'amour et la joie (hum). Le seul moyen est de foncer en fermant les yeux et d'espérer que tout le monde se souvienne que tant que vous n'avez pas d'argent ça ne vaut pas le coup de vous poursuivre puis de vous faire racheter très très cher. Personne ne rachètera Allofmp3.




The Twang vs The Enemy

Posté par Myosotis le 09.07.07 à 10:50 | tags : myspace, pop, rock, uk
Les jeunes groupes qui cartonnent et qui sont les héritiers des Clash, des Smiths, de U2 de Franz Ferdinand et d'Oasis sont si nombreux ces derniers temps en Angleterre qu'il est devenu indispensable de les traiter deux par deux. A l'affiche ces dernières semaines, The Twang (1er album dans les bacs) et The Enemy (1er album sorti le 9 juillet) proposent tous les deux une musique entraînante et pop mais qui, examinée de près, ne vole pas très haut. Les deux groupes, venus de Birmingham pour les premiers, de Conventry pour les seconds, illustrent toutefois l'énorme revival rock intervenu dans les banlieues industrielles ou post-industrielles anglaises, sous la double influence des Libertines (pour le son à vif, l'enthousiasme et l'urgence maladroite des titres) et de Mike Skinner, de The Streets, pour les évocations réalistes de la vie des lads. On peut évidemment considérer que la pop anglaise venue du Nord n'a jamais été que ça avec Mark E. Smith, Morrissey ou Pulp : le récit historique de jeunes mecs sans le sou entre leur boulot de merde, l'agence pour l'emploi et leurs rêves de grandeur. On aurait qu'à moitié raison : il semble bien que le phénomène ait repris une belle et nouvelle ampleur.

Les Twang sont plus expérimentés (et vieux) que les jeunes loustics de The Enemy. Leur premier album baptisé Love It When I Feel Like This, repose sur le double chant de Phil Etheridge et Martin Saunders, mais surtout sur une section rythmique qui donne à l'ensemble des compositions du groupe une sonorité baggy-funk qu'on n'avait pas entendue aussi primale (primitive) depuis les chansons ratées des Mondays. La voix des chanteurs n'étant pas de premier choix (le leader Etheridge joue parfois aussi de la basse), on se retrouve avec des titres qui bougent bien mais qui s'égarent souvent dans des digressions désagréables. Influencés par le reggae, le dub et l'ère Madchester, The Twang (mot qui signifie un bruit bizarre produit par une corde de guitare, par exemple) laisse tout de même quelques beaux titres comme leurs 2 singles "Wide Away" et "Either Way", de jolies chansons descriptives et allumées comme l'inaugural "Ice Cream Sundae", "Two Lovers" ou le final et sentimental "Cloudy Room". Love It When I Feel Like This est un album pressé et mal foutu qui se tient entre deux mondes : celui des clubs et celui de la rue, mais qui ne fait pas son choix musicalement et perd en cohérence. Ni usine à tubes, ni disque de chambre, l'album laisse deviner un groupe qui assure le spectacle sur scène mais ne dispose pas d'une vision artistique suffisamment puissante et développée pour proposer un album écoutable sur toute sa durée. On les laissera ainsi, et pour quelques temps, dans la case bondée des Jeunes Espoirs et Groupes de Festivals.

Dans un registre assez différent, mais tout aussi référencé (on tape cette fois dans l'arrogance des Oasis et Verve triomphants), The Enemy tente un jackpot sur le rock naturaliste et social. Les paroles frisent le zéro pointé tandis que la musique tente difficilement d'accoucher de mélodies qu'on n'aurait pas déjà entendues ailleurs. Le résultat, tout à fait acceptable si on n'est pas trop exigeant en matière d'inspiration, manque tout de même sérieusement de corps et d'ampleur. Cela n'empêche pas The Enemy de proposer un cocktail insurrectionnel émaillé de quelques séquences hautement énergétiques, à l'image du médiocre mais emballant single "AggrO" qui ouvre l'album. "We'll Live and Die In These Streets" (excellent titre ballardien, par ailleurs) raconte le quotidien de jeunes adultes qui en ont plein les c***, rêvent de se casser (I'm so sick sick sick and tired/Of working just to be retired/I don't want to get that far/I don't want your company car sur "Away From Here") et de démarrer une nouvelle vie avec leur girlfriend. Sur l'album, on trouve la chanson hurlée ("Pressure"), la chanson d'amour à la fin ("Happy Birthday Jane"), la belle chanson (le titre éponyme) et une série d'hommages qui sonnent tantôt comme du Cure période Disintegration (guitares comprises) tantôt comme un mélange d'Arctic Monkeys, de Paul Weller, option Inspiral Carpets pour le clavier/orgue. L'aspiration à la rebellion et à l'indépendance omniprésente ici a bizarremment pris un coup de vieux dans la bouche de ces gamins (19 ans de moyenne d'âge).

Au final, le match se solde par un résultat qui ne permet à aucune des deux formations de passer au tour suivant. The Twang est musicalement plus intéressant que The Enemy, mais The Enemy a la vigueur pour lui et l'avantage de vouloir mettre le feu aux poudres. Il va sans dire qu'on se situe, malgré tout, et sur ces deux groupes "moyenne gamme", à des années lumière de la (désastreuse) qualité française.

http://www.myspace.com/thetwang

http://www.myspace.com/theenemycoventry

 




Interpol - Heinrich Maneuver (Youtube)

Posté par LovelyRita le 08.07.07 à 13:05 | tags : rock, vidéos musicales, youtube

Un clip vraiment affreux pour le tout dernier single d'Interpol "Heinrich Maneuver". Un ralenti interminable, des personnages aux expressions terrifiantes...bref, enjoy the video ! En même temps, le groupe n'a jamais été doué côté clip...

 



Génétique & Cure : Robert Smith fusionne avec Jean-Pierre François

Posté par Myosotis le 07.07.07 à 12:23 | tags : cure, elucubration, rock, youtube

Qu'est-il arrivé à Robert Smith, le chanteur le plus séduisant et gras de sa génération ? On savait que Cure était redevenu un trio, mais ce qu'on ne savait pas encore c'est que Robert, lassé de son éternelle coupe de cheveux de gamin décoiffé était devenu BLOND. Démon de midi, quête de respectabilité, volonté de (re)tomber les minettes ou nouvelle stratégie élaborée par sa maison de disques pour conquérir le public américain? Nul ne le sait. Affiché lors de concerts semi-privés donnés en apéritif à une tournée mondiale qui devrait démarrer sous peu, ce look à mi-chemin entre Madonna et Jean-Pierre François laisse dubitatif.

Et que dire du remplacement de Simon Gallup et Jason Cooper par deux asiatiques? Stratégie pour conquérir le marché chinois à la veille des Jeux Olympiques ou volonté de retrouver le contact direct avec un public renouvelé en restant incognito ?

Cela ne doit pas nous empêcher de goûter en avant-première souterraine, l'un des nouveaux titres du prochain album de Cure, prévu pour le début de l'année 2008 et supposément déjà dans la boîte.

Afin de parachever sa métamorphose, Robert Smith aurait, parallèlement, engagé une cure minceur à base de racines de ging-seng et de saumon frais.



DJ Mayonnaise et Manbestfriend : Postrockelectronichop

Posté par Maxence le 06.07.07 à 18:36 | tags : myspace, label, hip hop, électro

Yes ! Deux bonnes sorties Anticon coup sur coup, cela faisait longtemps que ce n'était pas arrivé, avouons-le. D'autant qu'il s'agit ici des albums de deux membres fondateurs du fameux crew de hip hop backpacker d'Oakland, DJ Mayonnaise et Sole.

DJ Mayonnaise est souvent considéré comme une des têtes pensantes du "son" Anticon. En tant que collectif de hip hop blanc, le label a souvent du faire face aux critiques des puristes. Les membres d'Anticon sont d'ailleurs toujours considérés comme des parias. Ce sentiment, c'est certainement à leur ouverture d'esprit qu'ils le doivent. Chez Anticon pas de samples de James Brown, pas forcément de "funky feeling", pas de chaînes en or et pas de "pétasses". C'est d'autant plus évident sur Still Alive le nouvel album de DJ Mayonnaise. Un titre bien choisi tant il était évident pour beaucoup que le DJ avait totalement disparu de la scène. Ritournelle hantée de hautbois sur "May Days", longues plages downtempo electronica sur "Post Reformat" ou "Easily Distracted", hybride de hip hop et de free jazz sur "Dawson's Anthem 2005", psychédélisme trippé sur "Quiet on The Set", electro pop synthétique sur "Munjoy Moments", guitares rock, plaintes de saxophone et harmonica country sur "The Windham Song", DJ Mayo a beau travailler sur des boucles comme beaucoup de ses contemporains hip hopers, la provenance de ceux-ci restera toujours trop anticonformiste pour les yallatolah du rap. De fait, comme tous les artistes Anticon, il fait du hip hop, oui, mais avec les racines folk, pop et rock qui ont bercé son enfance, en plus du funk, de la soul et du hip hop. Hip hop que Mayonnaise honore d'ailleurs largement sur "Strateegery" feat. K-The-I???

Quant à Mansbestfriend, il s'agit du projet instrumental de Sole, fondateur et principal activiste d'Anticon, dont nous n'avions plus de nouvelles depuis un moment. Si les puritains du hip-hop classiques peuvent se sentir déstabilisés par Still Alive de DJ Mayonnaise, que vont-ils penser de cet album ? Moi-même j'hésite. Electronica ? Post-rock ? Post-hop ? Difficile de mettre une étiquette sur ce disque, et on s'en fout comme de l'an quarante avouons-le. Les vignettes composées ici sont toutes assez mystérieuses et délicates pour combler notre soif de mélodies dérangées, même si l'on se demande parfois où leur créateur veut en venir. Toujours est-il que Sole s'exprime sur les 16 morceaux plutôt courts de ce Poly.Sci.187 dans une veine franchement expérimentale et intimiste avec des passages vraiment réussis comme "Allieverwanted", "Party Till We Drop" ou "Stuck In My Head Since I Was 12", inclinant vers les débordements poétiques d'un Boards of Canada au groove brut. L'étonnant "Spins The Humans", donne l'impression d'entendre jouer simultanément un orchestre traditionnel du Maghreb spécialisé dans les mariages et Sole himself dans son garage. Typiquement Anticon dirais-je. Juste une critique, quand-même : on fini par se demander si tout cela ne manque pas un peu de MCing finalement... ? Toujours est-il que si "futur du hip hop" il y a, c'est clairement ici qu'il se trouve. Ça ne vous rappelle rien ?* Allez hip... heuuu, hop, un petit tour sur le profil myspace du label.

DJ Mayonnaise - Still Alive (Anticon/Differ-ant, juin 2007)
Mansbestfriend - Poly.Sci.187 (Anticon/Differ-ant, juillet 2007)

*Une des premières compilations Anticon se nommait "Music for the Advancement of Hip Hop" ; )




Ecoute de la m****, même dans l'espace

Posté par Myosotis le 06.07.07 à 15:03 | tags : elucubration, pop
L'Agence Spatiale Européenne vient de dévoiler les résultats d'un concours étrange où de jeunes européens se sont vus proposer de composer pour les trois astronautes en partance pour la Station Spatiale Internationale (ISS) une playlist chargée de leur remonter le moral. La lauréate de ce concours, qui aurait intéressé une dizaine de milliers de jeunes de toute l'Europe est une ado norvégienne de 14 ans, baptisée Thérèse, laquelle a fourni aux trois malheureux une clé USB comportant les 10 MP3 suivants parmi lesquels :

1. Here Comes the Sun (Beatles)

2. Come Fly with Me (Frank Sinatra)

3. Imagine (John Lennon)

4. What a Feeling (Irène Cara- BO Flashdance)

5. Walk of Life (Dire Straits)

6. Fly (Céline Dion)

7. Rockin All Over The World (Status Quo)

8. I Believe I Can Fly (R Kelly)

Les 2 titres bonus seraient, d'après la rumeur, des titres surprises. On parle d'A La QueuLeuLeu de Bézu et d'un morceau de Can, "Mushroom". On conseille aux trois spationautes de ne pas dépasser le troisième titre, étant entendu qu'ils ne pourront même pas se jeter par la fenêtre de leur vaisseau. Pour la petite histoire, le Major Tom a posé un arrêt maladie durant toute la durée de l'opération.

 




St Vincent, Guitar-Héroïne

Posté par 2goldfish le 06.07.07 à 13:00 | tags : pop, vidéos musicales

Alors que je me prenais la tête il y a quelques jours avec un type qui cherchait à me convaincre que je n'avais pas le droit de critiquer Steve Vai, Yngwie Malmsteem et d'autres guitar-heros imbitables, j'aurais beaucoup aimé avoir cette vidéo sous la main. La guitariste Annie Clark après avoir joué avec Polyphonic Spree (beurk) et Sufjan Stevens (youpi) sort bientôt son premier disque chez Beggars sous le nom de St. Vincent. La version studio de "Paris Is Burning" ne m'a pas réellement convaincu mais dans cette vidéo trouvée sur le Forkcast de Pitchfork on entend un jeu de guitare incroyable, le genre de truc qui justifie les pires qualificatifs : pur, cristallin, génial, "au-delà des mots", etc... Je n'en écris pas plus, j'ai peur de sonner comme un ado qui parle d'Hallelujah chantée par Jeff Buckley.




iPod lithurgique

Posté par LovelyRita le 06.07.07 à 10:26 | tags : geek, ipod
Le iPhone ou Jesus Phone, celui que tout le monde s'arrache aux Etats-Unis, vient tout juste de sortir et son lot de bizarreries aussi. Mais ne perdons pas de vu l'iPod car oui, aujourd'hui tout le monde en a un ou presque, mais est-ce que tout le monde a l'hymn book cover ? Attention, l'hymn book cover ce n'est pas un gadget à la con, sinon on en parlerait pas ici (ce n'est pas notre genre, hein !). Selon Crazyaboutgadgets, acheter cet étui de protection pour iPod, c'est un acte de dévotion. Je protège donc j'aime ou l'inverse, voyez-ça comme vous voulez. Pour 22 euros et des poussières, vous serez l'heureux et béni propriétaire d'un étui, non d'un écrin, tout de velours et de cuir noir orné de lettres d'or. Le site ne manque pas d'éloges à l'égard de cet objet : "ultra cool leather case", "rather nice oldie worldy patterns". Et un hymn book cover pour ton iPod tu achèteras !



Beat Pharmacy : Pleasure from the bass

Posté par Maxence le 05.07.07 à 18:37 | tags : techno, myspace, label, électro, dub

On connaissait le pique-nique sur le bord de l'autoroute, le panorama vu du pare-brise de sa voiture en haut d'une falaise, il fallait que Brendon Moeller aka Beat Pharmacy et "Echologist" (entre autres pseudonymes), invente la séance de bronzette en bordure de voie rapide ! Une idée pas si absurde pour peu que l'on connaisse le Brendon en question. Ce fanatique sud-africain de deep bass bien présurée s'est toujours battu pour la reconnaissance d'une certaine forme de dub urbain mêlant indifféremment et activement, racines ("roots" en V.O.) et modernité. Gérant de Wave, la sous-division deep'house and dub de Deep Space Media, le label de François Kevorkian ("François K" pour les intimes, notre fierté nationale, cocoricoooo !), on passera sous silence ses multiples activités au sein de labels aussi variés que Sm:)e, Astralwerks ou Global Underground Records, et on se concentrera sur son album précédent, le bien nommé Constant Pressure. Album dans lequel Moeller fondait déjà les tics ragga-reggae-dub et l'acid-house en invitant le parrain Mickey Dread, l'homme à l'origine des "punky-reggae party" de 1977 en compagnie des Clash, mais aussi le fameux Tikiman, initialement vocaliste aux côtés de Moritz Von Oswald et Mark Ernestus de Rhythm and Sound. C'est dire si le bonhomme sait de quoi il parle quand il évoque sur la pochette de Steadfast, l'indolence des tropiques en pleine jungle urbaine.

Car c'est l'été, comme certains d'entre vous l'ont peut-être remarqué (enfin, surtout ceux qui vivent dans le sud, pour les autres nous sommes toujours en octobre) et Steadfast ne pouvait pas mieux tomber. Véritable pandémie de rythmes jamaïcains enfumés, réverbérations, écho, delay et phase, voix fantomatiques, rythmes surgissant de manière faussement aléatoire et riffs de guitares décalés ça et là, Beat Pharmacy, construit et déconstruit sa musique à la manière des pionniers jamaïcains originels et embarque sa house au cœur d'un "deep space" mythique. Au cœur de ce continuum de sons errants dans l'hyper-espace, l'auditeur s'arrêtera entre deux coups de reins chaloupés sur "Nature Disco", une track enjolivée des vocalises flottantes de Jeannie Hopper, "Long Beach" et ses douceurs "lounge-itudinales", l'ambiant chaleureux sous influence funky blacksploitation de "Drifter", la tech-house n' dub de "Dub Rocker" et les plans roots revisités d'afro-futurisme de "King's Highway" feat. Judah Fyah, sans oublier l'hypnotique "Mental Universe" feat. Negus Shabaka, un morceau totalement bluffant suivi de "Frozen". L'effet est instantané : l'instant d'avant vous écoutiez un disque, et en l'espace d'un peu moins de 14 minutes, promis, juré, vous avez décollé ! Tout l'album est de cette trempe d'ailleurs et Moeller ne nous épargne aucun des maniérismes du genre ("Love Dub", "Dub Trucky", "Moog Dub") pour notre plus grand bonheur. Et les bass-addict de crier : Encooooooooore ! C'est vrai ? Vous en voulez encore ?! Allez donc faire un tour sur le profil myspace de ce dub trucker...

Beat Pharmacy - Steadfast (Wave/Deep Space Media/Nocturne, juin 2007)




Ne menacez pas Prince

Posté par 2goldfish le 05.07.07 à 15:56 | tags : funk, news, pop, rigolo

Quand il n'est pas dans les strip-clubs à essayer de sauver les danseuses des flammes de l'enfer ou qu'il ne joue pas les parfumeurs, Prince trouve encore parfois le temps d'être une pop star des plus rigolotes. Le nain de Minneapolis a été parmi les premières stars à s'installer sur le net et ça fait longtemps qu'il l'utilise pour trouver des moyens de distribution alternatifs. Tout récemment encore il offrait gratuitement son nouveau single "Guitar", pour peu que vous possédiez un téléphone mobile wi-fi de je ne sais quelle génération et que vous l'agitiez devant votre écran ou quelque chose comme ça (j'ai pas vraiment compris).

Pour son nouvel album Planet Earth il a trouvé une nouvelle voie, pas forcément la meilleure si vous voulez mon avis mais il a le mérite d'essayer : le disque sera offert au Royaume-Uni avec l'édition dominicale du Daily Mail. Le journal avait déjà il y a quelques temps offert à ses lecteurs une copie de Tubular Bells de Mike Oldfield au grand désarroi de l'association des distributeurs du divertissement. Cette association est aujourd'hui furieuse et l'a fait savoir dans un communiqué plein de grands mots sur la valeur de la musique et qui se terminait ainsi : "L'artiste anciennement connu sous le nom de Prince pourrait bien devenir l'artiste anciennement disponible chez les disquaires". L'idée générale était que Prince, super méga star internationale depuis bientôt un quart de siècle, devrait être bien reconnaissant aux disquaires d'avoir daigné accueillir ses galettes dans leurs bacs jusqu'ici.

La menace des distributeurs a apparement été prise en compte par SONY-BMG qui vient d'annoncer que l'album ne serait pas distribué au Royaume-Uni (en dehors du Daily Mail, bien sûr). C'est d'autant plus dommage pour les disquaires quand on sait que la distribution gratuite du disque de Mike Oldfield avait donné un coup de fouet aux ventes de l'album chez eux.




Audio Active : Happy Shopper, dub in japan

Posté par Maxence le 05.07.07 à 12:24 | tags : dub, myspace, reggae, rock, youtube

Dub from Japan ! Absolument aucune actualité sur ce coup là, mais c'est l'été, et puis je suis dans une phase dub. je ne peux donc pas m'empêcher de partager mon enthousiasme pour ce morceau d'Audio Active, "Happy Shopper", une de mes "all time favorite toune" (comme disent les Québécois). Notre collègue Laurent Diouf en a parlé dans son excellent dossier dub, Audio Active est un des groupes pionniers du dub nippon. Egalement à l'origine du projet reggae roots Dry and Heavy, le groupe est aujourd'hui plus profondément investi d'une mission dub-rock à laquelle nous préférions (je sais que Laurent partage mon avis) la version taré sous hypnose ganja précédente. "Happy Shopper" fait clairement figure de modèle dans le genre "dub-rock" mais reste cependant inégalé... Enfin, à vous de voir, "the customer is always right". Tiens, ils sont aussi sur myspace !




Business : Universal quitterait Apple ?

Posté par 2goldfish le 05.07.07 à 10:11 | tags : ipod, music biz, news

Ca bouge un peu dans l'industrie musicale, il est temps que je fasse ma meilleure imitation d'Emmanuel Chain : selon Billboard, Universal vient d'annoncer qu'elle ne signerait pas un nouvel accord de long terme avec Apple pour la distribution de son catalogue sur l'iTunes Music Store. Ce catalogue ne devrait cependant pas disparaitre pour l'instant de la devanture du plus gros distributeur de musique en ligne légal (70% du marché tout de même) : un accord similaire à celui qui est encore en vigueur pour l'instant devrait être renouvelé chaque mois, Universal se réservant ainsi la possibilité de quitter iTunes dès qu'une alternative plus séduisante se présentrait. Universal pense sans doute à Amazon qui est sur le point d'ouvrir son propre service de téléchargement. Avec sa gigantesque clientèle déjà établie un peu partout dans le monde, Amazon apparait comme le premier challenger crédible pour iTunes depuis... son lancement, peut-être bien.

Chez Apple on ne se fait sans doute pas trop de mouron cependant : l'iTunes Music Store n'est qu'un produit dérivé de l'ipod. Plusieurs études ont montré que les acheteurs de la petite poule aux oeufs d'or d'Apple la remplissait principalement avec du contenu obtenu ailleurs, légalement ou pas. Le départ d'Universal de l'iTunes Music Store ferait sans doute beaucoup plus de mal à Universal, qui pourrait en plus passer à côté du boom des ventes en ligne prévu avec le lancement de l'iPhone.

Apple ne reste cependant pas sans rien faire : selon une rumeur insistante et qui gagne d'un coup un certain crédit, Apple serait en pourparler avec Jay Z et Beyoncé, tous deux en fin de contrat avec Def Jam et donc Universal. Le couple pourrait créer un label chez Apple qui, jusqu'à l'accord récent avec les Beatles, ne pouvait pas se lancer dans la production de musique. Mais Apple voudrait vraiment-elle vraiment se lancer dans ce business moribond ou juste faire peur à Universal façon : "Pars si tu veux, je garde les enfants avec moi!" ?

Si cette rumeur devenait réalité, un morceau de ce label acheté sur iTunes et écouté sur un iPod/iPhone ne passerait entre les mains que d'un seul et unique géant de la musique de l'artiste à vos oreilles. Ce serait un peu comme écouter le mix MSN de David Guetta sur un Zune, sauf que ça pourrait réellement arriver à de vrais gens. Je suis à peu près certain qu'il y a des lois anti-trust aux Etats-Unis qu'on pourrait invoquer contre ça et je suis presque aussi certain que ce ne sera pas fait.




Metamatics, Norken et Retina.it : Let it Bleep

Posté par Maxence le 04.07.07 à 18:40 | tags : myspace, label, électro

Les amateurs d'un certain son electronica intemporel, celui des 90's, peuvent se réjouir, deux best of de ce que je nommerais "classic electronica", sortent quasi simultanément ces jours-ci : My Favourite Kind of Irrelevance, réunissant le meilleur de Metamatics et Norken et Semeion des Italiens de Retina.it.

Nous avons déjà tout dit, ou presque, de Lee Norris de Metamatics (et Norken) à Fluctuat. Un "best of" d'un artiste aussi productif semble pourtant étrange et aura de quoi étonner les plus "aware" d'entre vous, mais le travail de l'Anglais étant pléthorique, il est vrai que My Favourite Kind of Irrelevance peut se présenter comme une parfaite introduction. Celui dont les médias disent qu'il incarne "le meilleur d'Aphex Twin quand celui-ci décide de composer des mélodies", est l'auteur de pas moins d'une douzaine d'albums sous différents pseudonymes et le bonhomme n'est pas réputé pour ces "tubes". Ce n'est pas le genre. Difficile donc, de choisir dans cette production ce qui s'imposera comme des morceaux emblématiques aux yeux (aux oreilles ?) de ses auditeurs. Reste que Lee Norris, reste l'un des derniers fers de lance de cette electronica rêveuse et racée que nous encensions au milieu des années 90, à l'époque glorieuse des Plaid, LFO, Bola et autres Isan. Une époque et des sentiments que My Favourite Kind of Irrelevance réveille en nous de manière doucement nostalgique. Il faut dire que Norris n'a pas son pareil pour les ambiances et l'évocation de paysages synthétiques. Quand l'Anglais ne démontre pas sa science du break beat ("Man-Q-Neons"), il déroule un tapis sans fin de mélodies fractales (le grandiose "Here to Go (Days Are Gone)") et échafaude des cathédrales de bulles de savon ("So Many Ways"). Un palais des glaces dans lequel on trouve aussi une relecture très personnelle du "Personnal Jesus" de Depeche Mode, "Free Robots", une collaboration avec le pionnier de la synth-pop John Foxx, fondateur de la première mouture d'Ultravox! (avec le point d'exclamation) ou "Do it", un remix de A1 People. Autres moments forts : les joyaux pulsés aux harmonies plaintives composées sous le nom de Norken ("Motor Breeze", "Ty Canal" et "Southern Soul"), le groove cybernétique de "Motor Breeze" (Norken toujours) et les flirts poussés avec l'ambient ("Blue Water" ou "East"). Une question demeure : Comment Warp a-t-il pu passer à côté de tout cela à l'époque ?

Dans une veine proche des travaux de Norris, Lino Monaco et Nicola Buono, duo italien à l'origine de Retina.it, réunissent avec Semeion une sélection de tracks initialement dispersés sur divers maxis, tous parus chez Hefty Records. Retina.it compose autour d'un son de basse nettement plus monolithique que Metamatics mais cultive le même amour pour le groove abstrait et les mélodies subtiles ("Pick", "Civilta Meccanica"). A la manière du Autechre des débuts, Retina.it parsème ses compositions de références electro funk audibles sur "Violynth" et d'influence hip hop ("Apeiron"), voir booty techno. De cet héritage le duo tire des morceaux hybrides, souvent sombres aux ambiances franchement envoûtantes (voir le prenant "Zucchine Alla Scapece"). Et quand ils s'expriment dans un domaine plus "techno" (comprendre, "à la Pan Sonic"), Monaco et Buono sont carrément saisissants. A l'écoute de "Per Assurdo" ou "Comunicazione Postmoderna", on comprend que le duo soit porté aux nues par des outsiders du dancefloor comme Ricardo Villalobos, Richie Hawtin, ou leur collègues electronica de Funckarma et Autechre.

Metamatics & Norken - My Favourite Kind of Irrelevance (Hydrogen Dukebox/La Baleine, jullet 2007)
Retina.it - Semeion (Hefty/La Baleine, juin 2007 )

Metamatics et Norken sur myspace : http://www.myspace.com/metamaticsnorken
Retina.it sur myspace : http://www.myspace.com/retinait




DVD Délire !

Posté par 2goldfish le 04.07.07 à 15:54 | tags : geek, ipod, music biz, rigolo

On pourrait croire que l'échec de tous les nouveaux formats "physiques" de la musique depuis le CD (le SACD, le DVD Audio, le mini-disc...) et le succès des lecteurs de mp3 n'ont encore rien enseigné aux majors de l'industrie du disque et qu'elles croient toujours qu'un nouveau disque les sauvera. Warner a en effet annoncé la création d'un nouveau format, le MVI ou Music Video Interactive. Dans les faits il s'agit de DVD contenant : un mix 5.1, des mp3, des documentaires vidéos, des clips et un programme qui permet de transformer n'importe quel bout de musique présent sur le disque en sonnerie pour votre mobile. Bref rien de plus qu'un DVD audio et les bénéfices de quelques programmes disponible en freeware sur le net. Wou-ouh !

Le plus beau c'est tout de même l'utilisation du mot "interactive". Vous vous souvenez de l'intéractivité, ce mot qu'on nous jetait à toute les sauces il y a quinze ans pour nous vendre des CDI ou des parties d'Hugo Délire sur FR3 ? Quel rapport avec un DVD audio mal déguisé ? Mis à part le fait que les deux sont totalement dépassés, je ne vois pas.




Beirut au Trabendo : à l'Est de la pop

Posté par LovelyRita le 04.07.07 à 11:49 | tags : en scène, live, myspace, pop

La guitare était de sortie hier soir à Paris : Arctic Monkeys au Zénith, Iggy Pop à Bercy ! Oui, il y avait comme un air de dictature de la six cordes qui planait dans la capitale, seul ilôt de résistance et de refuge : le Trabendo pour un concert très attendu de Beirut.

Beirut, voilà un nom qui en évoquait d'autres : Architecture In Helsinki, I'm From Barcelona...que des groupes usurpateurs de noms de villes et producteurs de happy pop ! On s'est peut-être fait avoir une fois, deux, mais pas trois, alors quand j'a découvert Beirut cette année, je me suis tout de suite imaginé un personnage et je ne sais pas pourquoi j'ai imaginé que ce Beirut était un nordique, allez savoir pourquoi. Finalement damned, Beirut, c'est juste Zach Condon, un Américain qui vient tout juste de dépasser la vingtaine, chemise blanche, cheveux montés en bataille. Sur son fabuleux Gulag Orkestar, c'est lui qui a tout fait, sur scène il en est autrement. Accompagné de 7 musiciens, Zach a orchestré d'une main de maître un concert alléchant et assez bandant...hé oui ! Toutes les perles du premier album y étaient : "Prenzlaurberg", "Mount Wroclai" et un "Postcards From Italy" dont l'intro a provoqué des cris de joie dans l'assemblée. Oui, de la joie il y en avait dans le public, dans les bras levés, dans le souffle des trompettistes et même dans la voie plaintive de Zach. Un chant parfois approximatif, des paroles en anglais dont on n'est pas vraiment sûre qu'elles sont anglaises...là tout est permis, même d'imaginer que Zach chante en bulgare. Après tout, sa musique s'inspire ouvertement des cultures des pays de l'Est (Kusturica and co!) ! Généreux en cuivres et accordéon, mais sans tomber dans la fanfare, le concert exalte la foule, lui donne sa dose de jovialité et de drame. Beirut, ce n'est pas de la musique festive, c'est un alliage entre la marche funèbre des trompettes de "Gulag Orkestar", le mélanolique yukulélé de "Postcards From Italy" et la cadence d'un "Bratislava". Une bonne heure et demie de concert qui avait la saveur d'une courte heure, deux rappels et une nouvelle chanson en début de concert. Dans l'ensemble, une interprétation tout de même assez fidèle aux versions studio et un concert absolument indispensable pour mettre un visage, des visages sur la bonne humeur d'un des meilleurs disques de pop sortis en 2006 !

Beirut au Trabendo (03/07/2007)

Pour tomber sous le charme de Beirut :
- écoutez Gulag Orkestar sur Radio Flu
- son myspace
- lire la chronique de Gulag Orkestar




En attendant Uncle Dysfunktional... (Youtube)

Posté par Myosotis le 04.07.07 à 10:26 | tags : rock, uk, youtube
En attendant une critique digne de ce nom de leur très bon nouvel album Uncle Dysfunktional (ruez-vous sur le titre In The Blood), ceux qui pensent que les Happy Mondays étaient JUSTE une bande de décérébrés carburant aux ecstasy et à la coke ont tout faux. Cette jolie et romantique version de "Lazyitis" en est la preuve : les Mondays étaient de sales décérébrés carburant aux ecstasy et à la coke... avec du coeur et une belle sensibilité. Sur cette version exceptionnelle du dixième et dernier titre de Bummed, leur second album, produit par Martin Hannett (le grand producteur fou responsable entre autres du son de Joy Division), Shaun Ryder, qui a depuis pris puis perdu 200 kilos et 2 millions de neurones, pousse la chansonnette avec l'immense Karl Denver. Karl qui ? Karl Denver, soit la légende de la country...écossaise (ah bon, il y a une country écossaise maintenant ?), l'un des inspirateurs de Aidan Moffat d'Arab Strap et auteur de la plus belle version de... Wimoweh ("le lion est mort ce soir" !) jamais enregistrée. Evidemment, et pour ceux qui ne s'en souviendraient plus, "Lazyitis" est aussi célèbre pour avoir emprunté sa mélodie au "Ticket To Ride" des Beatles. (Vous ne vous plaindrez pas que vous n'avez rien appris avec ce billet)



Travailler moins pour écouter plus

Posté par 2goldfish le 03.07.07 à 18:32 | tags : metal, rigolo

Je croyais jusqu'ici que nous avions l'un des meilleurs système de santé au monde (pas forcément au niveau budgétaire, OK) mais je dois aujourd'hui reconnaitre que les Suédois sont bien mieux protégés que nous. Roger Tullgren, vaisselier plongeur de quarante deux ans dans la charmante ville d'Hasselhoff Hässleholm a en effet obtenu une pension pour compenser les difficultés que lui pose dans le monde du travail son addiction au heavy metal. Roger assiste à trois-cent concerts par an et a besoin d'écouter de la musique très fort plusieurs heures par jour ce qui, explique-t-il, l'a souvent empêché de garder son job. Il était grand temps de reconnaître ce mal dont nous souffrons sûrement tous ici dans une mesure plus ou moins grande (pour ma part si je n'écoute pas au moins trois minutes de girl pop par jour je suis grognon le soir d'après ma maman).

Bien sûr certains médecins suédois, sans nul doute de vieux bougons corporatistes et passéistes, se sont élevés contre cette décision en prétextant que "si quelqu'un est accroc au jeu, on l'envoie pas au champ de course. On essaye de soigner l'addiction". Une logique qui m'échappe complètement et qui, j'espère, ne sera pas celle du docteur que je vais voir tout à l'heure pour lui parler de la carence en fun de mon organisme qui ne saurait être soignée que par un voyage d'urgence aux Bahamas.




Cabaret Remixé, ce soir jusqu'au 13 juillet !

Posté par Kris le 03.07.07 à 15:11 | tags : agenda, électro, jazz, rock
Pour sa septième édition, le Cabaret Sauvage organise son festival d'été avec le Cabaret Remixé. A l'affiche, des artistes pop-rock, des mixs électro, de la pop, du jazz, du tango, du trip-hop, du gros son pour faire danser comme du doux son pour faire lover. On pourra ainsi voir les frères barbus d'Herman Düne, le jouasse Sebastien Tellier, les fulgurants et virevoltants Birdy Nam Nam et Bumcello, les fantasques et colorés Hot Chip, les dansants Digitalism, les lancinants Cirkus avec Neneh Cherry, les prometteurs The Teenagers ou encore les fougueux Gotan Project. Une programmation alléchante qui promet quelques soirées folichonnes sur les planches du Cabaret Sauvage. A défaut de faire beau et chaud dans la capitale, il y aura au moins un endroit à Paris où il risque de faire chaud tous les soirs du 3 au 13 juillet. Ah tiens, ça commence ce soir ?

 

 

 

mardi 3 juillet : Herman Düne, Sebastien Tellier, Das Pop
mercredi 4 juillet : Birdy Nam Nam meets Bumcello, Chin Chin, BNN Sound System
jeudi 5 juillet : Kitsuné Night avec Hot Chip, Gildas & Masaya, The Cazals, Punks Jump Up, Guns'n'Bombs, Digitalism
vendredi 6 juillet : Gotan Project, Francesco Tristano
samedi 7 juillet : Cirkus feat. Neneh Cherry, Anthony Joseph & The Spasm Band, Soul Jazz Records Sound System
jeudi 12 juillet : New Young Pony Club, The Glimmers, Prinzhorn Dance School, The Teenagers, Brodinski, Simian Mobile Disco, Stereo Pleasure
vendredi 13 juillet : Dj Hype & MC Daddy Earl, TC, Mark One, Elisa Do Brasil vs ROM1, MC General Levy, Viktor

Festival Cabaret Remixé
Au Cabaret Sauvage, 59 bd MacDonald Paris 19ème
http://www.cabaretsauvage.com




Nouvelle Vague sans Nouvelle Vague

Posté par 2goldfish le 03.07.07 à 12:38 | tags : new wave, pop, rock

Comme quoi, tout peut arriver : je suis sur le point d'écrire du bien du dernier disque "Nouvelle Vague". Evidemment, Nouvelle Vague ne joue pas dessus. Cette compilation intitulée New Wave regroupe en fait sur deux CD une grosse vingtaine de reprises de classiques pop et rock par des groupes new-wave. Le but étant de démontrer que euh... je sais pas, qu'on peut continuer à vendre des disques autour d'un concept aussi aride pendant encore quelques mois de plus ?

La compil' en elle même est plutôt pas mal, même si les seules véritables perles qui s'y cachent sont plutôt connues : "Walk On By" par les Stranglers, "Satisfaction" par Devo, "I Heard It Through The Grape Vine" par The Slits, le reste étant diversement inspiré mais toujours au moins un peu intéressant. Sauf peut-être les trucs les plus français comme une reprise de "Nationale 7" ou bien "Arnold Layne" chantée par Etienne Daho et ce n'est pas que ma francophobie qui parle. New Wave donne pourtant tout un tas de raisons d'être francophobe mais c'est surtout par la lumière qu'il jette sur les deux premiers disques "Nouvelle Vague" qu'il le fait.

Au cas où on n'aurait pas compris les premières fois, cette compilation montre quels sont les préceptes de base de la new wave et à quel point en n'en respectant pas un seul, le projet Nouvelle Vague est une insulte à l'esprit des chansons et des artistes auxquels il prétend rendre hommage. Toutes les reprises de New Wave approchent leur matériel original dans l'optique de lui apporter des idées nouvelles, de la tension et un nouveau regard. "Satisfaction" par Devo en étant le parfait exemple : l'originale était la plainte d'un animal lubrique prêt à sauter sur tout ce qui passe, la reprise évoque plutôt une tension qui ne trouve jamais d'échappatoire, un priapisme douloureux qui représentait une approche toute nouvelle de la musique rock à l'époque. Sur le premier album du groupe en 1977, "Satisfaction" sonnait comme une déclaration d'intentions. Les versions Bossa de Nouvelle Vague évoquaient tout au plus, elles, un daïquiri dans une piscine d'hotel aux Canaries et sonnaient comme une déclaration d'ennui.

V/A - New Wave (District 6/PIAS, mai 2007)




Manu Chao, le clip réalisé par Emir Kusturica

Posté par LovelyRita le 03.07.07 à 09:59 | tags : dailymotion, vidéos musicales
Son album, Radiolina, n'est pas encore sorti (date de sortie prévue en septembre), mais on a déjà droit à un avant-gout en musique et en image avec le clip du 1er extrait "Rainin In Paradize". Oui, c'est de Manu Chao dont on parle. Manu qui est actuellement en tournée sur le continent nord-américian, cette semaine à Montréal, Québec et Ottawa... Manu n'a pas perdu de sa verve et de sa rage, toujours aussi révolté il s'est associé à Emir Kusturica pour cette vidéo. Une première vidéo avec le dessinateur Wozniak avait été faite pour ce même titre, vous pouvez la voir sur le site de Manu Chao. A noter aussi que Manu Chao a composé la BO du prochain film d'Emir, Maradona...bah ouais les services ça marche dans les deux sens !
 



Tied + Tickled Trio : Galactica in Dub

Posté par Maxence le 02.07.07 à 18:36 | tags : myspace, jazz, électro, dub

Franchement c'est trop facile. J'aurais pu choisir n'importe quoi comme titre pour cette chronique, du moment que cela évoquait l'espace tant Aelita de Tied + Tickled Trio rappelle cette période bénie (allez, laissez-moi mes illusions de vieux con) du post-rock anglais des années 90. Une époque où des groupes comme Moonshake, Laïka, Loop, Spacemen 3 puis Spectrum, etc. hantaient les pages des canards branchés (enfin DU canard branché, il n'en existait qu'un alors, en France du moins). Et puis il y a les titres, magnifiquement évocateurs : "A Rocket Debris Cloud Drifts", "Tamaghis" (qui évoque aussi bien les Cities Of The Red Night extraterrestres de l'écrivain William Burroughs, que l'évocation de planètes disparues, ou inconnues), "Chlebnikov", en hommage à Vladimir Chlebnikov, poète et pilier fondateur du Futurisme Russe, grand amateur de science-fiction, sans oublier tout simplement "Aelita, 1, 2 & 3" qui font référence au premier film de SF russe, un muet nommé Aelita, ou "Queen of Mars".

Vous l'avez compris, tout dans ce nouvel album de Tied + Tickled Trio, un des projets les plus mystérieux de la galaxie The Notwist/Lali Puna/13 & God (entre autre), est prétexte à léviter dans les sphères évanescentes d'un futur fantasmé. Ou plutôt d'un futur tel qu'on le concevait il y a 100 ans, avant la conquête spatiale, son âge d'or et sa décadence actuelle. L'album s'articule autour des trois morceaux mélancoliques qui donnent son titre à l'album. Trois lentes girations en apesanteur, vibraphone, guitare, basse et piano, des ritournelles tristes qui ouvrent et closent le disque. Entre chaque, Tied + Tickled Trio s'offre de longue respiration dans l'espace encore inconquis qui sépare le dub, le jazz et le post-rock. Un peu comme si King Tubby ou Lee Perry avait construit leur studio dans l'espace, ou sur Mars. Autant dire qu'il y a là un océan de possibilités, où tout est encore possible. Et le groupe ne se prive pas de le démontrer sur l'hybride ethno electronica "You said Tomorrow Yesterday", le vacillant "Chlebnikov" ou les très dub "Tamaghis" et "Other Voices Other Rooms", sans oublier le jazz hanté de "A Rocket Debris Cloud Drifts". L'ensemble, totalement organique, à peine relevé d'une pincé de Moog, prend son temps et c'est tant mieux. La plupart des morceaux s'étalent langoureusement sur plus de 8 minutes, soit le temps qu'il faut pour se sentir vraiment azimuté. Les amateurs apprécieront. Avec un disque pareil, plaignez-vous, vous aurez de quoi vous mettre en orbite pour tout l'été ! En passant, sachez qu'une exploration de leur profil myspace n'est pas déconseillée, au contraire.

Tied + Tickled Trio - Aelita (Morr Music/La Baleine, juin 2007)




Moose : les oubliés de la Pop (suite)

Posté par Myosotis le 02.07.07 à 15:09 | tags : myspace, oubliés-de-la-pop, rock, youtube
 
Premier single du groupe Moose, de Russel Yates (chant) et Kevin "Moose" Mc Dillop (guitare), "Jack" est une excellente chanson emblématique de ce qu'était le courant shoegazer (littéralement, les mecs qui regardent le bout de leurs pompes) au début des années 90. Sous l'influence de My Bloody Valentine, des groupes comme Ride, SlowDive ou même les Boo Radleys entamaient leur carrière par des morceaux aux guitares saturées et vocaux très pop, hurlés du haut de leurs 20 ans. Sur leur discographie, on croise, bizarrerie artistique, des collaborations comme avec Dolores O'Riordan (Cranberries) ou Elizabeth Fraser (Cocteau Twins). "Jack" reste, en matière d'entrée en pop, un morceau très réussi, pétaradant et céleste, un morceau qui décolle, emballe et donne une juste idée de ce que peut être ce genre là, exercé au plus haut niveau. Le groupe évoluera ensuite vers plus d'évidence et d'harmonie pop, abandonnant les délires et expériences soniques pour une ligne claire qui rappelle avec un peu d'imagination les Smiths.
 
Les Moose, chouchous d'une partie de la critique française (de Bernard Lenoir aux fondateurs de Magic), auront leur heure de gloire à partir de l'album Honey Bee, paru en 1994 sur le label Play It Again Sam et recentrage très pop de leur musique. Incapables néanmoins de concrétiser leur succès critique en ventes de disques, les Moose attendront 2000 avant de lancer leur dernière bataille : High Ball Me !, assez nettement en retrait par rapport à leurs premiers disques, marquera le début de la fin, malgré le travail de production léché assuré par le comparse de Lawrence sur Denim, Brian O'Shaughnessy. Aux dernières nouvelles, Yates a quitté le business de la musique, et Mc Dillop abandonné la planète terre. O Monde Cruel....
 



Le bébé de Nevermind a 17 ans

Posté par 2goldfish le 02.07.07 à 11:10 | tags : en jpeg, rigolo, rock, usa

J'ai pensé un instant jouer au malin et lire tout un tas de choses dans cette photo (sa casquette ridicule c'est l'influence désastreuse de Nirvana sur la culture adolescente occidentale, ses boutons au menton c'est la production de Butch Vig, etc...) mais j'ai eu peur de sonner comme un vieux schnoque. Il me rend terriblement conscient de mon âge, le p'tiot. Du coup je ne me moquerais pas non plus des acheteurs des Converse Ramones.

De toute façon de nos jours, on voit partout des gamins de cet âge avec des t-shirts au smiley déglingué (derrière Spencer sur la photo). On pense à un vieux pote qui avait pleuré en apprenant le suicide de Kurt quand on entend "Smells Like Teen Spirit" sur Europe 2 et on se dit que ce disque n'est à la fois plus le nôtre et l'est aussi encore plus que jamais. Je n'ai sans doute besoin d'expliquer à personne en quoi Nevermind représente l'ambivalence de tout un tas de choses par rapport à tout un tas d'autres choses (l'art, le rock, le commerce, nous, etc...). Nevermind est la meilleure raison de ne pas se plaindre d'un tas de trucs ou la meilleure de le faire. Ce disque veut (aujourd'hui) tout et rien dire à la fois, probablement exactement ce que le gamin a à dire dans l'interview de la photo.






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