Playlist : blog musique

Archives > Août 2007

Japan dream pop over the Rainbow

Posté par Maxence le 31.08.07 à 18:31 | tags : ambient, électro, label, pop

En cette fin d'été maussade, il me semblait raisonnable de réunir chez nous pour qui il ne s'est jamais levé, Gutevolk et Piana, deux archétypes de divas electronica du pays du soleil levant. Attendez, ne partez pas ! Je sais ce que vous vous dites, "diva electronica, au secours !" Hé bien non, pas forcément ! Si Eternal Castle de Piana est parfois aussi chargé qu'une haleine de diabétique, Tiny People Swinging over The Rainbow, de Gutvolk, est juste un magnifique album de pop-folk ambient électronique, idéal pour petits matins apaisés.

 

Penchons-nous donc tout d'abord sur le cas Gutevolk, aka Hirono Nishiyama, une demoiselle que nous avions croisée il y a quelques temps sur Happy, le label que Taylor Deupree dédie à la pop japonaise contemporaine. Son électronique luxuriante et rêveuse réunit avec bonheur ritournelles pop, complaintes folk, electronica gracile, bossa languide ou jazz mélancolique, tout en donnant à l'ensemble un moelleux inégalable que l'on doit, comme souvent dans les productions de l'archipel, à la perfection de la production. Heureusement pour Gutevolk, c'est le compositeur et producteur Kazumasa Hashimoto qui a chapeauté l'enregistrement de cet album hors du temps, et a veillé à ce que l'ensemble trouve son équilibre entre électronique et acoustique sans sonner trop "évaporé". Sur Tiny People Swinging over The Rainbow les comptines laptop succèdent aux hymnes légers comme des bulles de savon et c'est bon. Hirono Nishiyama, semble s'inspirer des petits bonheurs simples : un rayon de soleil au milieu d'un jardin d'enfants, quelques souvenirs privilégiés, une atmosphère d'intimité partagée. Mais ne vous y trompez pas, sous cette fausse candeur on retrouve également le plaisir de l'exploration ludique et la complexité qui caractérisent souvent l'exercice du folk, et surtout de l'electronica cérébrale.

 

De son côté, Naoko Sasaki, alias Piana, échafaude avec Eternal Castle un monument de sucre candi qui succède à Snow Bird, lui aussi paru chez Happy en 2003. Là encore, la voix et l'instrumentation redoublent de fragilité et de légèreté. A l'image de Gutevolk, sa compagne de label, Piana ne se contente pas des quelques notes de piano timides qui soutenaient son précédent "oiseau des neiges". La Japonaise invite violoncelle, guitare, violon et machines à collaborer pour élaborer ses comptines ambiant electronica. Avec timidité et sensibilité, elle lance ces trilles vers le ciel à la manière d'une toute petite Björk essoufflée (ce qui nous va plutôt bien), sans pour autant manquer de coffre. Pour autant ne nous voilons pas la face, si l'on reproche souvent à cette école de la dream pop japonaise d'être trop maniérée, c'est certainement à ce type d'album qu'on le doit. En effet, quand Piana pose sa douce voix sur les arrangements ultra sophistiqués et souvent affectés d'Eternal Castle, elle menace carrément son album d'obésité. Cela n'empêche rien à la qualité de compositeur de la jeune femme, mais l'ensemble sonne tout de même un poil trop douceureux et on lui préfèrera l'équilibre quasi-parfait des productions de Gutevolk.

Piana - Eternal Castle

Gutevolk - Tiny People Swinging over The Rainbow
(Tous les deux chez Noble/La Baleine)




Youtube de l'été #46 : OutKast - Hey Ya! (2003)

Posté par LovelyRita le 31.08.07 à 17:22 | tags : hip hop, pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

En 2003 sort Speakerboxxx/The Love Below, double album d'Outkast. Double-album, car chacun des membres qui constitue l'entité Outkast a en composé un seul volet. Tandis que Speakerboxxx est l'oeuvre de Big Boi, André 3000, lui, a fourni The Love Below. Alors que Big Boi s'attache à rester dans la pure lignée du style Outkast, le projet "solo" d'André s'en éloigne un peu, allant flirter du côté de la funk, ou de la pop comme en témoigne le premier single extrait de The Love Below, "Hey Ya!".







Sonic Youth ne se reformera pas !

Posté par 2goldfish le 31.08.07 à 12:00 | tags : news, people, rigolo, rock

La rumeur d'un retour très lucratif de My Bloody Valentine fait à nouveau surface et, promis, même si cette fois elle semble plus fondée que jamais, on ne mordra pas à l'hameçon avant d'avoir une vraie confirmation de tous les membres du groupe et un mot de leurs parents ou à défaut, quand n'aura vraiment rien d'autre à raconter (je ne peux pas promettre que je ne céderais pas à la tentation pendant la trêve des confiseurs). De la Route Du Rock, tout le monde ne semble avoir retenu que les caprices de Billy Corgan des Smashing Pumpkins ("Je veux des toilettes privées ! ", "Envoyez quelqu'un me chercher de l'eau de glacier norvégien en voie d'extinction ! ", "J'organise une after dans mon hélico et vous n'êtes pas invités !" ).

Sonic Youth, par contre, tourne encore et toujours et malgré quelques tapes dans le dos bien méritées à l'occasion de la tournée "Daydream Nation", tout le monde s'en fout un peu. Sonic Youth, alors qu'ils sont bien meilleurs qu'à peu près tous les groupes qui se reforment en ce moment (et je ne parle même pas de Police), on les prend pour acquis, on n'imagine pas qu'ils pourraient nous quitter et on les néglige.

Du coup, même s'il plaisante, Thurston Moore l'a un peu mauvaise : "La reformation des Pixies a été un vrai succès et Dinosaur Jr semble cartonner aussi et ces deux groupes jouent aussi bien que jamais. Mission Of Burma m'a estourbillé quand ils sont revenus mais un groupe comme nous ne s'est jamais séparé, ce qui a été à notre propre détriment. Que ce serait-il passé si on s'était séparés après Daydream Nation ou même après Dirty et que nous soyons reformés il y a deux ans ? Vous seriez en train de m'interviewer au Château Marmont alors que j'attendrais ma Limousine. Nous aurions probablement gagné tellement d'argent. Ca aura été le plus gros faux-pas de notre carrière, ne pas nous séparer".

La séparation, c'est la clé du succès. Personne ne s'en souvient mais même les Rolling Stones se sont séparés à une époque. Au lieu de remplir les stades, Sonic Youth est resté un groupe vivant et intéressant même quand il joue ses vieux morceaux et, à défaut d'être pauvres, ils ne sont sans doute pas particulièrement riches.




Albums cultes des géants du bizarre #13 : Joy Division - Unknown Pleasures

Posté par Maxence le 30.08.07 à 18:07 | tags : punk, électro, culte et bizarre, new wave

Plus qu'un album culte de Joy Division, Unknown Pleasures est surtout l'œuvre d'un véritable géant du bizarre : le producteur Martin Hannett. Celui-là même dont Tony Wilson le boss de Factory (R.I.P) disait qu'il pouvait "voir le son, lui donner forme, le reconstruire". Or, il est vrai que si quelqu'un avait "vu" le son de Joy Division, c'était bien Hannett. Ce producteur génial à qui l'on doit également la réalisation de sommets du post-punk et du rock underground comme le fameux "Boredom" des Buzzcocks, la mythique relecture du "All Tomorrow's Parties" de Nico ou l'album Bummed de Happy Mondays (entre autre), avait parfaitement visualisé les béances qui habitaient la musique de Joy Division. Cette musique pleine de trous et d'une froideur inouïe, c'est véritablement à Martin Hannett que nous la devons. Mieux qu'aucun autre ce producteur de génie a réussi à comprendre ce groupe exceptionnel si vite disparu.

 

A partir des singles "Digital" et "Atmosphere", puis sur Unknown Pleasures, Martin Hannett mettra subtilement en relief l'aspect mélodique du jeu de basse de Peter Hook et les riffs alcalins de la guitare de Bernard Sumner inlassablement soutenue par la batterie métronomique de Stephen Morris. Il exploitera à fond les tons d'aluminium froissé de cette musique tandis qu'au fond, tout au fond, comme enfermée dans une pièce poussiéreuse s'élève la voix caverneuse de leur chanteur, le tristement célèbre Ian Curtis. En studio, celui que l'on nommait "le psychopathe du son" pousse véritablement le groupe dans ses retranchements. Bourré de dope jusqu'aux yeux, Hannett n'hésite pas à déstabiliser une formation déjà fragilisée par un chanteur constamment au bord du gouffre, en imposant points de vue et idées excentriques (comme de pousser la climatisation à fond durant tout l'enregistrement d'Unknown Pleasures). C'est donc dans la douleur, et un froid polaire, que naquit le son inoubliable d'un groupe qui traversa le ciel du post-punk à la vitesse d'une comète en laissant derrière lui les agrégats ionisés d'un mythe en devenir. Mythe qui formera plus tard les fondements de ce que l'on nommera la cold wave. Ignorant les canons du punk rock qui voulaient que la production d'un album se fasse dans les mêmes conditions qu'un enregistrement live, ou presque, Hannett a travaillé sur le premier album des quatre de Salford comme sur un disque de rock psychédélique. Compartimentant chaque musicien, Hannett ira jusqu'à obliger Stephen Morris à démonter entièrement son kit de batterie pour lui faire jouer de chaque éléments séparément. Faisant feu de tout bois on raconte qu'il alla même jusqu'à construire un dôme de plâtre au dessus du batteur pour donner à son instrument cet écho mat que l'on entend sur les sommets du groupe comme "She's Lost Control", "Disorder", "Insight" ou "Wilderness". Fan de dub, Hannett use du studio comme les pionniers du genre. Dispensant sa science de la manipulation des machines, l'intéressé use et abuse d'effets électroniques, du delay AMS, du Marshall Time Modulator (qui étouffe le son de la guitare) et de la chambre d'écho, sur des titres comme "Candidate", "She's Lost Control" ou "New Fades Down". Pionnier, Hannett l'est aussi dans l'utilisation de samples dont le producteur s'est confectionné une impressionnante base de données (aujourd'hui disponible sur le net) pour les besoins de la session. C'est lui qui imposera le son d'une porte d'ascenseur métallique sur "Insight" et celui d'un verre qui se brise sur le titre de clôture "I Remember Nothing".

 

Paradoxalement, et malgré les manipulations extrêmes expérimentées sur Unknown Pleasures, Closer, l'album suivant, sonnera encore plus déstructuré et expérimental. Toujours produit par Hannett, ce deuxième opus devra son atmosphère à la fois plus éthérée et plus sombre, à l'utilisation récurrente de synthétiseurs que le producteur avait déjà testé sur Unknown Pleasures. Mais c'est clairement ce dernier qui restera dans les annales de l'histoire du post-punk comme l'un des albums les plus aboutis du genre. Une pièce, à la fois totalement originale et parfaitement révolutionnaire, tout en restant relativement accessible. Essentielle.

 

Joy Division - Unknown Pleasures(Factory, 1979)




Youtube de l'été #45 : Electric Six - Danger ! High Voltage (2002)

Posté par LovelyRita le 30.08.07 à 16:14 | tags : rock, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube
Oui, danger ! Ce titre d'Electric Six est une petite tuerie. Guitare funk, paroles sans équivoque ("Danger! Danger! High Voltage!, When we touch, When we kiss"), un featuring de Jack White. Un single dédié à la tension sexuelle, au magnétisme des corps et un clip fendard. "Danger ! High Voltage", tout simplement très excitant !

 




Tiny Vipers, garmonbozia musical

Posté par 2goldfish le 30.08.07 à 10:34 | tags : myspace, folk

Tiny Vipers, c'est le nom qu'a choisi une certaine Jesy Fortino pour signer son disque "Hands Across The Void". Ce n'est pas tout à fait nouveau mais c'est en ce moment très à la mode de choisir un pseudonyme qui vous fait passer pour un groupe quand vous n'êtes qu'un artiste solo. Pour le coup, quand on lit "tiny vipers (sub pop)", on s'imagine un groupe de grunge attardé. Sauf que Sub Pop a pas mal élargi sa palette depuis quelques années et connaît une seconde vie très sympa grâce à Iron & Wine entre autres.

Tiny Vipers, c'est donc une fille seule avec une guitare qui joue un folk minimaliste et dépressif. Son chant tout en roucoulements étranglés évoque immanquablement une Joanna Newsom qui ferait moins de manières. Si elle est d'ailleurs capable de laisser ses chansons errer pendant près de dix minutes, elle est par bien des côtés à l'exact opposé de la harpiste. Quand les morceaux de Newsom semblent toujours complexes et surchargés même sans les orchestrations baroques de Van Dyke Parks, Fortino elle, est de l'école minimaliste : drones et répétitions. On ne qualifiera pas Tiny Vipers de projet expérimental, mais elle a certainement pas mal écouté John Fahey.

"Hands Across The Void" ne compte donc au total que sept titres, une voix un peu limitée, une petite poignée d'accords de guitare et quelques rares synthés torturés et dissonants tout au fond. Avant même qu'on se penche sur les mots, pourtant, le disque est fascinant. il a une capacité à s'insinuer dans l'esprit le lus distrait. Quand on fait plus attention (ce que, donc, je n'avais pas vraiment fait au début), les paroles sont pas mal non plus : des histoires tristes, des mauvais choix, des responsabilités difficiles à assumer... je ne cesserais jamais de m'étonner du point auquel on peut comprendre de quoi parle une chanson avant d'en avoir compris un mot.

Bref, vous ne détestez pas ces chroniques au bout desquelles vous vous rendez compte qu'on ne vous a pas dit si le disque était bien ou non ? Surtout quand elle est suivie de trois/quatre étoiles qui n'engagent à rien ? Moi si, alors je vais être clair : celui là est très bien. Il devrait nous permettre de passer l'automne et ses matinées de gueule de bois où on se réveille dans une cabane en forêt avec du sang sur les draps qui n'est pas le votre et aucun souvenir de la soirée passée et juste une envie de s'autobercer et de se dire que tout est la faute de Bob. Quatre poissons d'or et une demi sardine d'argent.

 

Tiny Vipers - Hands Across The Void(Sub Pop/PIAS, juillet 2007)

http://www.myspace.com/tinyvipersss




Albums cultes des géants du bizarre #12 : cLOUDDEAD – st

Posté par Maxence le 29.08.07 à 19:00 | tags : électro, culte et bizarre, ambient, hip hop

S'il existe de nombreux disques cultes dans le domaine du hip hop underground, il en existe peu en revanche aussi bizarre que ce premier LP de cLOUDDEAD. Signalons qu'il s'agit d'une compilation plutôt que d'un véritable album d'ailleurs, puisque cette galette réunit en fait six EP's, tous cultes bien sûr (et quasiment introuvables aujourd'hui) produits sur une période allant de 1999 à 2001. Au-delà de ces considérations techniques, insolites et au moins triplement cultes, ce disque l'est pour maintes raisons que je m'en vais vous expliquer.

Tout d'abord, malgré sa parution chez Big Dada, cet album de cLOUDDEAD fut certainement l'occasion pour beaucoup, de ce côté de l'Atlantique, de découvrir la clique du label Anticon, leurs pléthoriques productions et la tripotée d'artistes qui la compose, soit Why?, Dose One, Odd Nosdam, les fondateurs de cLOUDDEAD justement, mais aussi Alias, Sole, Pedestrian, Jel, Martin Dosh et bien d'autres. D'autre part, ce disque est aussi pour beaucoup dans l'avènement de ce que l'on nommera par la suite, les "hip hop backpackers", une congrégation de vrais fans de hip hop, souvent blancs, portant barbes, bonnets et chemises de bûcherons, plus au fait des sorties de labels obscurs comme Mush, Lex, Definitive Jux ou Anticon, et de celles de figures officieuses comme Sage Francis, Buck 65 et Sixtoo, que des dernières bouffonneries d'Eminem, Jay-Z ou Puff Daddy. Pour finir, et comme tout bon disque culte à sa sortie, cet album de cLOUDDEAD réussit à la fois à passer totalement inaperçu du grand public et à être largement célébré par une critique enthousiaste.

 

Honnêtement, à moins d'être un incurable snob, on excusera la perplexité dans laquelle fut plongé tout auditeur hip hop à l'écoute de cet ovni sonore. Perplexité certainement partagée par le plus grand nombre sans que cela ne démente pour autant les qualités de ce drôle d'album. On pense parfois à Boards of Canada à l'écoute de "apt.A (1)", le morceau d'ouverture, mais si vous vous laissez entraîner par cette impression trop facile vous allez vite redescendre de votre nuage. Usant des ficelles du hip hop, bien sûr, avec ses batteries de samples, scratchs, beat lourds, etc. mais aussi du psychédélisme, de l'ambient, du post-rock et de l'electronica, les trois lascars de cLOUDDEAD développent une vision entièrement nouvelle du genre. Très logiquement, ils en utilisent toutes les ressources techniques et artistiques, très vastes il est vrai, abandonnant dans le même temps tous les clichés qui lui pèsent avec une telle liberté que c'en est un vrai bonheur. Il faut dire que cLOUDDEAD est le fruit de trois artistes emblématiques du hip hop alternatif de ce début de 21ième siècle. D'un côté, Odd Nosdam (David Madson), le producteur à l'origine du travail de studio proprement dit, de l'autre les deux MC's cabriolants, Why? (aka Yoni Wolf) et Doseone (alias Adam Drucker). Ce dernier est l'attraction numéro un au sein de cLOUDDEAD. Sa voix si particulière évoluant entre le strident, le nasal et le canard garrotté (selon les goûts et les appréciations de chacun) rivalise de maestria dans le domaine du MCing tandis que son compagnon, Yoni Wolf, pousse la chansonnette en contrepoint et fait les chœurs. Les textes totalement surréalistes de Dose et Why? sont incompréhensibles, qu'à cela ne tienne, Odd Nosdam nous concocte une foule de paysage évanescents se déroulant au ralenti sur une cascade de beat déroutants. L'ensemble est tout simplement magique et très enfumé !

Evidemment, sur pas moins de 74 minutes, cet album de cLOUDDEAD doit s'envisager comme un voyage. Ce qu'il est. Un voyage désorienté dans la psyché hip hop de trois petits gars blancs de la baie de San Fransisco, l'année des fameux évènements du 11 septembre. Une époque où, clairement, plus rien ne pouvait plus être comme avant.

cLOUDDEAD - Clouddead(Big Dada/Pias, 2001)




Youtube de l'été #44 : Kylie Minogue - Can't Get You Out Of My Head (2001)

Posté par LovelyRita le 29.08.07 à 14:08 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Au départ, c'était Sophie Ellis Bextor qui aurait du fredonner ce "la la la" dans "Can't Get You Out Of My Head". Le titre, composé par Cathy Dennis et Rob Davis, lui avait été originellement proposé, on pourrait même dire offert. La chanteuse anglaise a refusé ce beau cadeau, et c'est Kylie Minogue qui en a hérité. Publiée en 2001, la chanson a été un succès mondial, atteignant la 1ère place des charts dans une quarantaine de pays. Autre signe de sa popularité, le titre a été repris plusieurs fois (par les Flaming Lips, Garbage, Coldplay, Tori Amos...) et remixé/mashupé par Soulwax avec le titre de New Order, "Blue Monday". Après une diffusion réussie en club et à la radio de "Cant' Get Blue Monday Out Of My Head", Minogue, a elle-même, interprété cette version lors de la cérémonie des Brit Awards en 2002.

 




Delivery : pas de rentrée sans Doherty

Posté par Myosotis le 29.08.07 à 10:20 | tags : news, rock, uk, vidéos musicales, youtube
 
Il n'y a pas de rentrée sans Pete Doherty, pas plus qu'il n'y a d'hiver, d'automne ou de printemps d'ailleurs sans une arrestation du rockeur préféré des mannequins pour possession ou consommation de stupéfiants. Si sur la scène judiciaire on s'attend à des développements sérieux le 4 septembre, jour de la comparution du chanteur pour quelques délits mineurs commis ces derniers mois devant son juge d'application des peines (la tournée des Babyshambles a de fortes chances d'être annulée et Doherty de se retrouver derrière les barreaux - cote 3 contre 1 chez les bookmakers), l'avenir de l'ancien leader des Libertines a repris ces dernières semaines un tour musical avec la présentation du premier single tiré du deuxième album des Babyshambles.
 
"Delivery", clippé à l'ancienne et en noir et blanc, n'est clairement pas la meilleure chanson de Doherty mais semble suffisant pour faire patienter les foules, rencontrant même, à ce qu'il paraît, un certain succès. Le titre très Mods (Doherty y fait référence à une année 1969 infiniment prolongée) repose sur un gimmick de guitare plutôt accrocheur et sur des paroles habiles : "What use am I to anyone?/Forlorn, frozen, Beneath the summer / Don't sing along/Or you'll get what I've got, oh/Here comes a delivery/Straight from the heart of my misery/ So, comes a delivery/Straight from the heart, to you". L'heure est, vous l'aurez compris, à la sincérité du côté du couple star. Rappelons que l'album des Babyshambles sortira le 1er octobre, s'appelle Shotter's Nation et comprendra plusieurs titres co-composés par Kate Moss.
En attendant, une rumeur enfle tout de même pour dénoncer sur "Delivery" un emprunt au groupe Count Five et à son titre "Peace of Mind". A l'écoute, la chose ne semble pas évidente, évidente, mais jugez par vous-même. Count Five est, pour ceux qui l'ignoreraient, un groupe de garage rock californien qui n'a pas franchi le seuil des années 70 mais a donné son nom au célèbre ouvrage de Lester Bangs, Psychotic Reactions.
 



Fennesz – Sakamoto : Les cendres du temps

Posté par Maxence le 28.08.07 à 18:43 | tags : électro, contemporaine, ambient

Ce qu'il y a de bien avec un projet comme ce Cendre célébrant une nouvelle fois la rencontre de Ryuichi Sakamoto et Christian Fennesz, c'est que l'on peut s'attendre à tout. Un album conceptuel et totalement ennuyeux, ou un chef-d'œuvre indépassable en passe de devenir aussi culte que Hotel Paral.lel ou Endless Summer de l'un, ou le Discord de l'autre (où le Japonais était déjà accompagné de DJ Spooky). D'un côté leur premier essai commun, le EP Sala Santa Cecilia aussi majestueux soit-il, ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable, de l'autre ce Cendre lumineux et apaisé se présente d'office comme la collaboration que l'on attendait entre ces deux génies de la musique contemporaine (au sens large). Bonne pioche donc !

Si l'on peut généralement faire confiance à Fennesz pour nous ravir, on remarque également combien les goûts de Sakamoto s'affinent et perdent de leur clinquant avec l'âge. Ses multiples collaborations incarnées depuis plus de 10 ans par la production de fabuleux albums en compagnie de DJ Spooky, Amon Tobin, David Sylvian, Christian Fennesz, culminant avec Insen, album difficile mais passionnant réalisé avec Alva Noto dont on parle beaucoup, ont-ils eu une telle influence sur le compositeur japonais ? Il faut le croire et c'est plutôt une bonne nouvelle. Le fait est que ce Cendre ne mérite que des superlatifs. De "Oto" qui ouvre l'album, à "Abyss" qui le clôt (avec mention spéciale au psychédélique "Kokoro" où les distorsions hendrixiennes sous tranxene de l'Autrichien se nappent lentement d'un glacis de piano givré), tout n'est que calme, luxe et volupté. On a peine à croire que pareil album a réellement pu être réalisé par correspondance à des kilomètre de distance, tant les deux musiciens s'accordent parfaitement. Fennesz et Sakamoto se passent mutuellement la main, s'accompagnent ou jouent les contrepoints selon l'inspiration. Quand le guitariste dilue sa poussière de guitare aux effets sablés et moirés, les notes du Japonais quant à elles, semblent apparaître, ça et là, comme des trous de lumière à travers les nuages. C'est cliché de le dire, mais avec un tel album, on se prend à rêver à un Eric Satie de retour parmi les vivants. Le petit homme jouissant enfin de la reconnaissance de ses pairs et des plaisirs de cette terre dans de périlleux exercices de somnambulisme sonore, ou encore d'un Arold Budd débarrassé de ses oripeaux ambient new age, et rien, vraiment, ne vient gâcher notre bonheur, si ce n'est l'inévitable retour à la réalité en fin d'album bien sûr.

Cendre s'avère donc un parfait exercice de combustion artistique. Un moment intense pendant lequel deux musiciens s'embrasent et incinèrent littéralement leurs ego au seul profit de la musique. Il s'avère aussi l'album idéal pour en finir avec cet été maussade au goût de cendres justement (on pense à nos voisins Grecs). "Incontournable", comme on dit.

Fennesz - Sakamoto - Cendre (Touch/La Baleine, juin 2007)




Tool vs Björk à Rock en Seine

Posté par LovelyRita le 28.08.07 à 16:29 | tags : live, metal, rock en seine
Après Arcade Fire, très belle tête d'affiche de vendredi à Rock en Seine, Tool et Björk ont eux aussi tenté de remplir cette mission. Samedi pendant la journée, quelques porteurs de t-shirts Tool ou A Perfect Circle parsemaient ici et là le Domaine National de St Cloud. L'effet grande scène d'un festival oblige, le public était déjà assez nombreux avant le début du concert ; certes rien à voir avec celui venu en masse pour les Canadiens la veille...je me demandais alors combien on serait à la fin du concert, voire dans une demi-heure. Chez Tool, il n'y a presque rien à voir, ou du moins ce n'est pas vraiment sur scène que ça se passe. Le groupe propose une sorte de concert virtuel, une sorte car les membres de Tool sont quand même bien présents. Ils sont quatre, et Maynard James Keenan, le chanteur, se place à l'arrière de la scène sur une estrade. En ombre chinoise, Keenan entretient le culte que les fans vouent à sa voix si particulière dans le domaine du rock métal/progressif. Une voix étonnamment douce et apaisante à certains moments et d'autres fois carrément plus rageuse. Les autres membres se cachent derrière leurs instruments ou leur cheveux. Le spectacle n'est à pas à proprement dit sur la scène, mais plutôt sur l'ensemble du dispositif qui comprend deux écrans disposés aux cotés de la scène. Deux écrans qui diffusent continuellement les clips et autres créations visuelles apparentées au groupe. Certaines images sont assez vilaines et relèvent au mieux des animations du lecteur Windows Media, tandis que le reste frôle étrangement le très beau. Etrangement oui, car l'univers de Tool est sans lumière et habité de corps désarticulés et malades. Difficile de ne pas se laisser happer par ce concert, par cette chape de plomb sonore qui s'abat, par ces images en boucles... L'aspect visuel prend parfois beaucoup trop le dessus sur le concert en lui-même. Pendant la première partie du set le groupe plante son ambiance pesante et atmosphérique. Côté setlist, j'ai retenu "Stinkfist" et son riff en intro qui ravit à chaque fois comme un coup de massue, et "Vicarious" extrait du dernier album. A une bonne moitié du concert, le temps se fait pourtant long, il se fait tard et avouons-le, même si le succès du groupe n'est plus à prouver, leur programmation en tant que tête d'affiche d'un festival assez grand public comme Rock en Seine m'interpelle.
 
Le lendemain, la présence de Björk en tant que tête d'affiche n'étonnera personne, son statut n'est plus à prouver. Tout concorde à faire de son concert, un moment d'exception : sa présence vocale, la section de cuivres qui l'accompagne, la qualité des chansons, sa capacité à réinterpréter ses compositions...Et Björk en elle-même, petit bout de femme aux pieds nus et empapillotée dans une robe-couverture de survie. "Yoga", "Pagan Poetry", "Earth Intruders", "Declare Independance", "Army of Me", "Hidden Place" interprétés avec savoir-faire par Björk et ses musiciens. Le concert alternera moments calmes et passages techno sur la fin. Tout est savamment mis en oeuvre pour magnifier ce concert. La scène a été redécorée à l'aide d'étendards (à l'éffigie d'animaux), certains musiciens/choristes ont le front maquillé et le bouquet final c'est cette explosion de cotillons dorés. Tout était donc là pour en faire un concert parfait. Etait-ce trop ? Trop préparé, trop parfait ? Björk a-t-elle encore les moyens de nous suprendre en live ?



Youtube de l'été #43 : The Avalanches - Since I Left You (2000)

Posté par LovelyRita le 28.08.07 à 12:53 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

En 2000, les Australiens de Avalanches sortent leur seul et unique album à ce jour, Since I Left You. Cet album qui s'est très bien vendu en Australie et dans le reste du monde a été en grande partie, pour ne pas dire entièrement, composé à base de samples. On lit un peu partout que le nombre de samples utilisés varie de 900 à 3500. Sorti en single en Anglettere, le single "Since I Left You", se classe parmi les 20 premiers dans les charts. "Since I Left You" n'est pas le genre de titre que l'on danse, mais plutôt le genre de chanson qui ensoleille une journée. Pour voir la liste des samples utilisés sur l'album, c'est ici.




Ça va jazzer à la Villette du 29 août au 9 septembre

Posté par Maxence le 28.08.07 à 09:43 | tags : agenda, électro, jazz, news

"3 univers singuliers, 3 générations d'artistes, 3 cartes blanches", c'est le programme proposé par la Villette et son édition 2007 du festival Jazz à la Villette qui se tiendra cette année du 29 août au 9 septembre. Les amateurs pourront se régaler des prestations d'une pléthore d'artistes invités. La soirée d'ouverture du 29 août à 20h (grande salle de la Villette) verra intervenir Sonic Youth accompagné de Mats Gustafsson, Jean Marc Montera et Michel Doneda. La première partie étant confiée à Caspar Brötzmann & Hann Bennink en duo.

De son côté, Julien Lourau, invite Fred Wesley, Eric Legnini Trio, le Vincent Courtois Quartet, Maxime Delpierre, et surtout Tom Jenkinson a.k.a. Squarepusher, Anthony Joseph & The Spasm Band (avec Tikiman, le fameux MC's des berlinois électros de Rhythm & Sound).

Steve Coleman propose quant à lui d'explorer les différentes facettes de ses travaux : Coleman et Ravi Coltrane, The Pro-verb Trio, Steve Coleman & Five Elements, etc. Mais Coleman lance aussi des collaborations étonnantes comme cette rencontre de Doug Hammond, batteur de Mingus face aux Français Joakim et Discipline de Tigersushi, ou Aka Moon, où se rencontreront Magic Malik, Baba Sissoko, Sivaraman, etc.

Pour finir, Wayne Shorter sera aussi à l'honneur avec l'hommage rendu par le Thomas Savy "Ugetsu" sextet, le rencontre du Wayne Shorter Quartet et de l'Orchestre National d'Ile-de-France et le Gretchen Parlato Quintet & Wayne Shorter.

Les plus curieux profiteront également de la Nuit Electro avec Jeff Sharel, DJ Oil (Troublemakers), Charles Webters et Simbad. De nombreux films seront également proposés à la projection, dont Do The Right Things de Spike Lee, Mad Dogs de Larry Bishop, Les aventures du baron de Münchausen de Terry Gilliam, Blue Velvet de David Lynch et La Planète Sauvage de René Laloux, ainsi que des débats, master class et rencontres.

Toutes les informations et de plus amples détails sont présents sur le site Jazz à la Villette.




Albums cultes des géants du bizarre #11 : Captain Beefheart - Trout Mask Replica

Posté par Maxence le 27.08.07 à 19:00 | tags : culte et bizarre, blues, rock, psychédélique

Allez, un album facile pour continuer cette série. Enfin quand je dis "facile", je parle bien sûr du choix évident de cet album culte, cela ne concerne pas sa musique. Car s'il existe des albums cultes et bizarres relativement faciles, le Trout Mask Replica de Captain Beefheart n'en fait assurément pas parti ! C'est le genre de disque dont on lit qu'il est "souvent cité, jamais écouté" (ce n'est pas complètement faux). On le trouve également souvent parmi les Les 1001 disques à avoir pour se la péter grave (j'adore la formule !) mais avant tout c'est un vrai album culte et un sommet du bizarre.

Sur Trout Mask Replica Don Van Vliet, alias Captain Beefheart envoi bouler 50 ans d'histoire du blues et une décennie de rock'n'roll d'un ample mouvement rageur. Dégoûté par la production de son précédent album Safe As Milk et de la censure par A&M de ce qui deviendra Strictly Personnal, il recrute une bande de musiciens amateurs pour s'attaquer frontalement aux canons, selon lui éculés, du rock classique. Pas fou, le "capitaine coeur de boeuf" reprend tout de même Jeff Coton à la guitare et John French à la batterie, deux musiciens qui furent pour beaucoup dans l'élaboration du son du Magic Band, qu'il rebaptise, comme le reste du groupe, des noms d'Antennae Jimmy Semens (Jeff Coton) et Drumbo (John French). Les autres seront The Mascara Snake (basse, clarinette et chant), Rockette Morton (basse et "narration ?") et Zoot Horn Rollo (guitar, flute, "glass finger" ??) Tout au long des sessions à venir, Beefheart n'aura de cesse de prouver qu'il est capable de démanteler la musique. Trout Mask Replica comporte pas moins de 28 titres dont beaucoup ne dépassent pas les 2 minutes. Un collage bruitiste et dadaïste qui doit autant au blues du delta, qu'au free jazz d'Ornette Coleman, d'Albert Ayler et de Cecil Taylor. Beefheart y laisse aller sa voix gutturale à la Howlin' Wolf et ses syllabes explosives sur des morceaux comme "Frownland", "Moonlight on Vermont", "Sweet Sweet Bulbs" ou "Hobo Chang Ba" et exploite à fond l'inventivité débordante de ses textes d'inspiration surréaliste. Même si les lyrics sont souvent obscurs, le son même des mots, leur résonance, leur puissance d'évocation ("Pachuco Cadaver", "She's Too Much For My Mirror") et leur rythme, font tout l'art de Captain Beefheart. Concernant la musique c'est bien simple, chaque instrumentiste se comporte comme un soliste. La basse, la guitare et la batterie jouent souvent plusieurs mélodies en même temps accompagnant tant bien que mal les mélopées de leur leader, qui, il faut le signaler, n'a jamais su écrire la musique et dicte ses décisions en donnant des indications sonores souvent vagues et difficilement compréhensibles. Cela donnera une "cacophonie cohérente", où traînent les fantômes déchiquetés du jazz, du blues, du folk et du hilly billy, barbotant dans une soupe psychédélique bouillonnante et épicée ("Hair Pie: Bake 1", "Bills Corpse", "My Human Gets Me Blues", "Pena", "Wild Life"). Plus qu'un disque, Trout Mask Replica s'avère être un "gumbo" musical, à l'image du plat cajun dans lequel baignent écrevisses, crabes, poissons divers, poulet et parfois même d'autres choses dont il ne vaut mieux pas connaître l'origine.

De fait, l'album a été enregistré sous l'influence de tellement de substances psychoactives différentes que la question n'est pas de savoir s'il est bon où non, mais plutôt "quelqu'un a t'il été blessé durant sa production ?" Blague à part, l'album EST bon ! Ne serait-ce que pour ses morceaux de poésie lo-fi étrange et poignante comme "The Dust Blows Forward 'N The Dust Blows Back", où l'on peut entendre les gémissements du désert en arrière plan, ou encore "Dachau Blues", le blues de "China Pig", "Ant man Bee", le boogie frappadingue de "Veteran's Day Poppy" et bien d'autres encore, cités plus haut. Précurseur des déconstructions post-punk (avant le punk), inspirateur de la scène krautrock allemande, mais aussi de Pere Ubu, de The Fall et même de PiL, on retrouve aussi du Trout Mask Replica dans le fameux III de Sebadoh ou le Skellington de Julian Cope, bref, dans tout ce que la musique a produit de culte et bizarre.

Captain Beefheart & his Magic Band - Trout Mask Replica (Straight, 1969)




Youtube de l'été #42 : Beck - Mixed Business (1999)

Posté par LovelyRita le 27.08.07 à 17:12 | tags : funk, pop, tubes de l'été, youtube

Derrière sa pochette toute suintante avec ce fond vert et cet affreux pantalon moulant en latex, Midnite Vultures de Beck, dissumule bien ses tubes de l'été, oui ses, car en plus de "Mixed Business", "Sexx Laws" avait aussi toutes ses chances. "Mixed Business" et son potentiel funk évident...malheureusement pas de clip officiel, alors je vous ai balancé une vidéo amateur.




Rock en Seine sous une arcade en feu

Posté par LovelyRita le 27.08.07 à 15:32 | tags : live, rock, rock en seine

Un titre poétique pour un concert au lyrisme assumé. Un concert oui, mais aussi un spectacle, une mise en scène. L'arrivée du groupe est précédée par une vidéo pour le moins étrange : une bonne femme aux allures de prédicatrices parlant dans une langue indéterminée. Il fait noir sur le Domaine de St Cloud et Arcade Fire arrive devant un public plein d'attentes et sur une scène transformée en choeur d'église. Un orgue trône à l'arrière de la scène tandis que des grands livres ouverts, pour ne pas dire des bibles, en néon illuminent le décor. On ne les compte pas, les Arcade Fire sont assez nombreux sur scène mais chacun d'entre eux y trouve sa place. Un violon pour souligner la finesse de leurs compositions, une section de cuivres pour magnifier le tout et des choeurs sur scène et dans le public pour la communion.
 
Pour sa setlist, pas de fausses notes : équilibre parfait entre leurs deux albums Arcade Fire et le dernier en date Neon Bible. Expérience mystico-spirituel quand Régine Chassagne se place derrière l'orgue pour jouer les premières notes de "Intervention". Petit temps mort au moment du titre "Neon Bible" puis le concert reprend de ses forces grâce à l'enchaînement parfait des titres suivants (de mémoire) : "Ocean of Noise", "Neighborhood 1 (Tunnels)", "Power Out" et "Wake Up". Un final, avant un rappel, époustouflant et magnifique. Comme si les gens n'attendaient que ça, comme si le public pressentait la fin du set et ses derniers moments d'émotions, tout le monde chante et gueule sur "Wake Up", comme s'il ne restait plus que ça à faire. Oui, Wim Butler a des allures de prêtre, oui, on l'a vu faire le signe de croix à la fin d'une des chansons et oui, l'image est facile mais flagrante. Ce concert avait tout d'une messe, d'une communion exceptionnelle entre le groupe et son public, le plaisir était sur scène et en dehors. Voir et entendre des milliers de personnes chanter derrière un groupe reste une des plus belles images de ce concert, qui a été le plus réussi de ce festival.
 
Crédit photo : Nicolas Joubard



Pour cent balles t'as plus rien

Posté par 2goldfish le 27.08.07 à 10:58 | tags : myspace, news, soul, web

Ou juste un quarante cinq tours. Le premier single du chanteur de soul canadien The Thurston Revival sera vendu au prix de cent livres sterling par le nouveau label britannique Victorious Kiam. Monsieur The Thurston Revival nous explique : "Ce prix élevé est un commentaire sur la valeur de la musique en général. La valeur de la musique est subjective. Combien vous aimez une chanson n'a rien à voir avec combien vous l'avez payée. Somewhere There's An Angel (c'est le nom de la chanson) est sur ma page Myspace et n'importe qui peut l'écouter gratuitement. Cela veut-il dire que la chanson n'a aucune valeur ? Bien sûr que non. Pourtant c'est ce qu'on nous dit constamment." Hmm... C'est pas complètement con ce qu'il dit.

Il y a un petit problème cependant : ne seront produits que cent exemplaires du disque avec dix pochettes différentes réalisées pour l'occasion par dix jeunes artistes britanniques qui montent. Les cent livres sont justifiées par autre chose que la musique, du coup : ce n'est pas la chanson que vous payez, c'est l'objet. Si vous n'êtes qu'un cynique calculateur ce ne sera peut-être pour vous qu'un investissement spéculatif à risque.

Peu importe en fait, on ne va pas reprocher à un jeune artiste de se faire de la pub d'une façon un peu maline. Peu importe aussi que la chanson soit un peu nulle, ça arrive. L'arrangement de cordes est pas mal. C'est un peu dommage d'apprendre qu'il a passé deux ans dessus mais que voulez vous y faire ? Il est moche aussi, ce jeune homme, le pauvre.

Au fait, ce billet était le premier billet à cent euros de Playlist. Envoyez votre réglement à 2goldfish@fluctuat.net via paypal, merci.




Youtube de l'été #41 : Fatboy Slim - The Rockafeller Skank (1998)

Posté par LovelyRita le 25.08.07 à 17:31 | tags : électro, pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

On aurait du rebaptiser l'année 98, l'année Norman Cooke, tellement le Brightonien d'adoption a court-circuité les charts, les ondes radios et bon nombre de soirées. Son album You've Come a Long Way, Baby peut se vanter d'avoir au moins trois candidats pour le tube de l'été de cette année. "Right Here, Right Now" et son clip retracant l'évolution de l'homme, "Gangster Trippin" et ce "Rockafeller Skank". 1998 a donc été l'année où on a le plus entendu ce "Right about now, the funk soul brother. Check it out now, the funk soul brother"... Flu en remet une couche.




Le magic de Les Hives

Posté par LovelyRita le 25.08.07 à 14:11 | tags : live, rock, rock en seine

Ce Pelle Almqvist a tout de l'empereur mégalo : grand, ego surdimensionné, toujours au devant de la scène, toujours en train de blablater, de se croire sur la scène d'une tragédie romaine. Le concert de The Hives ce n'était finalemrnt pas qu'une pièce de théâtre, mais juste un pur moment de bonheur à base de "j'ai des crampes dans ma jambe droite", "j'ai la hanche qui me démange"...mais qu'est-ce qui m'arrive ? Derrière leurs costards bicolores, les Hives ont quelque chose de coincé, mais au contact de leur instruments les cinq Suédois sont fantastiques ! Ce n'est pas le chanteur du groupe qui vous dira le contraire. Le jeune homme s'était fixé comme mission de nous faire passer un bon moment et pour s'en assurer chaque titre était précédé de son petit show. Dans le rôle du Suédois qui parle anglais avec l'accent français, Almqvist interpelle donc la foule à base de "Hmm, les Hives c'est bon", "c'est fantastique", "alors les french people"...et ce "c'est le magic de Les Hives". Quand il ne discourt pas, le leader des Hives chante également et s'agite comme un pantin.
 
Le concert en lui-même a été fort en décibels, en riffs claquant sur les fesses, en cris sauvages. Le temps d'une setlist où presque aucun tube du groupe n'a manqué, le public de la Grande Scène s'est vite transformé en une armée de poings levés...des manifestants prêts à suivre au pied de la lettre, les instructions de leur leader bien-aimé....Walk Idiot, Walk !!! Moi, c'est tout vu, demain je m'achète une paire de chaussures blanches et je fais le grand écart...comme Pelle. Ce qui transparait déjà à l'écoute de leurs cds, éclate ici au grand jour. Le constat est simple et sans appel : si The Hives c'est bien sur CD, en concert c'est juste magique et on ne peut que constater les dégâts ! The Hives ou l'art de rendre au live rock ses lettres de noblesse.
 
Crédit photo : Miller



Extraits de Rock en Seine

Posté par LovelyRita le 25.08.07 à 12:20 | tags : live, rock en seine

Rock en Seine et ses trois pôles : la Grande Scène, la Scène de la Cascade et la Scène de l'Industrie. L'espace ne manque pas au Domaine National de Saint Cloud, alors on passe plus de temps au téléphone et à faire des aller-retours telles des fourmis travailleuses entre chaque scène. Conclusion de la première journée et là je ne vous apprends rien : il est assez difficile de voir un concert en entier, si ce n'est le tout premier de la journée, celui de Dizzee Rascal. Oui, le festival en question s'appelle ROCK en Seine et inaugure sa 5ème édition avec le plus connu des représentants de la scène grime. Et voilà comment on se retrouve à 15h30 à écouter le phrasé percutant et le son froid de ses compositions. Il était certes tôt, et on aurait plus vu, Dylan Mills se produire en soirée, dans la nuit noire, mais tout de même, il était là, accompagné d'un autre MC et d'un Dj. Equipement minimal donc : "2 MCs and one Dj !!", mais à eux trois ils ont réussi à éveiller l'attention du public massé devant la Grande Scène. Le titre "Temptation" en duo avec Alex Turner des Arctic Monkeys (présent sur la platine, pas sur scène !), son "Fix Up, Look Sharp", Dj Semtex (lointain sosie de Shaun Ryder des Happy Mondays) qui "mixe" avec son nez et le tour est joué, Rock en Seine a commencé, sans riffs de guitare et sur un très bon concert.
 
Pour les bouts de concerts : M.I.A., vu de loin, ça ressemblait à une petite poupée en legging doré et en veste de sécurité routière orange. Un son qui crachait un peu, elle qui chante faux, la sauce n'a pas vraiment pris...enfin sur 3 titres mon jugement n'est pas défintif. Côté extraits, les 2 Many Dj's sont des experts en la matière. Impossible de se poser sur un seul titre pour danser et profiter de l'instant présent...un remix de Gossip qui commence et hop on vous coupe l'herbe sous les pieds, agaçant sur la fin. La première journée, prendra fin, sur le final du concert de Unkle, que je croyais presque mort. Arrivée au moment de "Rabbit In Your Headlights"/"An Eye for An Eye", je me demande alors s'ils ont joué des titres plus récents.



Albums cultes des géants du bizarre #10 : Excepter - Alternation

Posté par Maxence le 24.08.07 à 15:14 | tags : punk, myspace, électro, culte et bizarre

Géants du bizarre, les quatre new yorkais d'Excepter le sont certainement. Quant à devenir culte, gageons que cela ne saurait tarder. Excepter est le projet de John Fell Ryan, ex-membre de The No-Neck Blues Band, énigmatique formation affiliée à la scène improvisée de Brooklyn représentée par Black Dice, Liars, Gang Gang Dance, Sunburned Hand of A Man et bien sur Animal Collective. Excepter fait figure d'exception dans ce petit monde de freaks hypno-folk et de néo-chamanes urbains,  aussi nommée "néo-tribalisme", puisque ce quatuor est quasiment le seul à s'être lancé dans le tout électronique, rendant ainsi sa musique (presque) assimilable aux formes contemporaines de la house ou de la techno (quoique sa configuration noise-techno-rock-breaks'n'dub et lo-fi, se révèle suffisamment libre et tordue pour affoler tout amateur de 4x4 savamment huilé). Excepter revendique cependant l'utilisation des derniers outils technologiques pour produire une musique électronique de manière libre et non formatée, tout en restant orienté dancefloor.

Avec Excepter, J.F Ryan aspire à la création live direct d'une "dance music" débarrassée de ses clichés et de son mercantilisme. "Créer une musique que votre frère de huit ans serait capable de faire sur un Casio bon marché, développée par un groupe d'adultes sur un équipement cher et sophistiqué", tel est donc le credo dadaïste affiché par le quatuor sur Alternation, leur dernier album en date. Connu pour ses live sets sauvage désordonnés et quatre E.P. réellement inouïs (au sens propre de "jamais entendu"), Excepter est à l'origine d'une musique inclassable, un croisement déjanté de Suicide sous tranquillisants et de transcendantalisme occidental parfaitement azimuté. Sur Alternation, le groupe tente de réconcilier l'exaltation de leurs prestations scéniques hallucinées ("If I Where You", "Back Me Up") avec des productions plus calibrées singeant la techno sans vraiment y parvenir ("Ice Cream Van", "Knock Knock"). Imaginez les deux moines de Pan Sonic sous acide, vous y êtes ! Electro pour dancefloor éthylique, la musique d'Excepter est de celle qui se titube plutôt qu'elle ne se danse, ou alors, "en claudiquant sur le dancefloor". Hésitant constamment entre post-punk, musique improvisée, techno et krautrock contemporain, Excepter réussi même à signer un hymne à la déglingue à faire pâlir d'envie LCD Soundsystem, "The Rock Stepper". Enorme !

Excepter - Alternation (5 Rue Christine/Import, 2006)

(merci à Stoun pour m'y avoir fait penser)




Youtube de l'été #40 : Chemical Brothers - Block Rockin Beats (1997)

Posté par LovelyRita le 24.08.07 à 10:29 | tags : électro, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube
Au moment où j'écris ces lignes, je suis encore en train d'hésiter, hésitation au sujet du Tube de l'été de 1997 entre le "No Money, No Problems" de Notorious BIG, le "Da Funk" de Daft Punk et ce titre des Chemical Brothers. Même après avoir réduit aux Chemical Brothers, je me demande si je n'aurais pas du choisir un autre de leurs singles ("Hey Boy, Hey Girl" en 1990 ou "Galvanize" en 2005). Après tout, il suffit des quelques secondes de l'intro de ce morceau et de cette ligne de basse pour faire voler en éclats toute hésitation. Avec "Block Rockin Beats" et leur précédent single, "Setting Sun", le duo s'impose comme le premier groupe britannique de musique électronique à percer dans les charts américains, et dans le reste du monde la place numéro 1 leur est réservée.
 



Albums cultes des géants du bizarre #9 : James Chance & The Contortions - Buy

Posté par Maxence le 23.08.07 à 18:38 | tags : rock, punk, funk, culte et bizarre

En 1978 James Chance déclenche un tollé au sein de la scène no-wave new yorkaise, cet épiphénomène bruitiste qui ne dura que trois courtes années (juste le temps de tout réduire en cendre) en sortant Buy, son album "disco", sur le label de Michael Zika et Michel Esteban, ZE records. A l'origine, la passion première de James Chance est le funk hystérique de James Brown dans "Super Bad, part. 1 & 2", "Sex Machine" et "I Got Ants In My Pants". "J'ai des fourmis dans le pantalon", la métaphore est parfaite concernant la musique que Chance développera durant toute sa carrière. Avant de débarquer à NYC, ce saxophoniste maigrichon originaire du Wisconsin était à la tête d'un groupe inspiré par les Stooges, Death, mais son goût pour le free jazz le plus sauvage, et particulièrement Ornette Coleman, Albert Ayler et Sun Ra, le projeta rapidement d'une ville où il s'ennuyait à la scène du Mudd Club new yorkais.

La première mouture de son groupe se nommait Flaming Youth et les "contorsions" de son saxophoniste inspirèrent un critique pour finir par en devenir le nom. C'est donc James Chance & The Contortions qui apparaît aux côtés de D.N.A., Mars et Teenage Jesus & The Jerk (conduit par Lydia Lunch) sur No New York, la mythique compilation réunie par Brian Eno en 1978. La musique des Contortions est violente, chaotique et totalement frénétique. C'est un funk tout droit sorti des entrailles du Lower East Side de la fin des 70's, le dernier cri d'agonie du jazz. Le lyrics ne sont pas en reste. Au programme, violence conjugale, bondage, addiction aux drogues et obsessions morbides en tout genre. C'est pourquoi James Chance choqua tout le monde en sortant Buy. A l'époque, le disco était une musique indigne pour les punks. Comme l'écrit Simon Reynolds dans Rip it Up and Start Again (éditions Allia) : "Les punks ignorant pour la plupart que le disco était né dans l'underground gay, ne voyaient en elle que la bande son d'une vie de fuite et de complaisance, une musique d'ascenseur à laquelle on avait ajouté un beat et qui ne s'adressait qu'aux esclaves des apparences et autres nantis du New York uptown. Il y avait la culture disco du Studio 54 et il y avait eux." Comprenez, le disco allait jusqu'à dominer les ondes des radios new wave, et pour un punk virer disco était une abomination. C'est pourquoi à la sortie de Buy, personne ne comprit le choix de Chance et de sa troupe.

Pour le musicien, l'idée était avant tout une provocation qu'il entérina par ces propos : "J'ai toujours été intéressé par le disco. D'accord cette musique a quelque chose de dégueulasse, mais il y a aussi quelque chose qui m'a toujours intéressé : c'est sa monotonie. C'est une sorte de jungle music qu'on aurait blanchie et pervertie". Et "perverti", le disco allait l'être encore plus avec cet album. Présenté tout d'abord sous le nom de "Contortions" sous une pochette représentant Terry Sellers en maillot de bain arty, futur auteure d'un livre sur la domination sexuelle, Buy contient des perles de barjerie comme "Design to Kill", "I Don't want to be happy", l'hymne SM "Bedroom Athlete" et bien sûr l'incontournable "Contort Yourself", morceau manifeste de la "James Chance Attitude" récemment remixé par le duo écossais Optimo pour Tigersushi. Sur "I Don't Want To Be Happy", Chance declare : "I prefer the ridiculous to the sublime". Tout est dit ! Mais par delà la provocation ("My Infatuation"), Buy est avant tout un fabuleux album de punk funk. Tout à fait plaisant, il est bourré de trouvailles et de clins d'oeil ("Throw Me Away", "Twice Removed"). Enthousiaste, Buy célèbre en quelque sorte la rencontre (rêvée) de Sonic Youth et de James Brown ("Roving Eyes", "Contort Yourself"). A conseiller à ceux qui n'ont jamais pu écouter un album de funk de leur vie.

James Chance & The Contortions - Buy (ZE/Discograph, 1979)




Youtube de l'été #39 : Dj Shadow - Organ Donor (1996)

Posté par LovelyRita le 23.08.07 à 15:35 | tags : électro, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Si on aime Dj Shadow, c'est pour plein de choses et surtout pour son "Organ Donor", qui, à chaque fois qu'il le joue en live, nous donne des secousses sismiques. Ce titre présent sur le premier album studio de Shadow, Endtroducing, repose essentiellement sur un morceau original de Moroder, "Tears". Sur cet album reconnu par le Guinness Book of Records comme le premier à avoir été entièrement composé avec des samples, DJ Shadow réussit à transformer l'orgue spectral de Moroder en orgue "dancable".




Rock en Seine, le grand départ

Posté par LovelyRita le 23.08.07 à 11:19 | tags : agenda, live, rock en seine

La vie est belle pour les rédacteurs de Playlist : tandis que certains sont envoyés en Bretagne à la Route du Rock, d'autres sont expatriés à la Porte de Saint-Cloud à Rock en Seine...mouais, pas très équitable tout ça. Donc pas de galette-saucisse, pas de Fort de St-Père, pas de navette, a priori pas de bottes Aigle chopées au Décathlon du coin, non, juste son ticket de métro et un courage absolu pour affronter la ligne 10 du métro parisien et atteindre Rock en Seine. Donc 3 jours à arpenter le Domaine National de St Cloud à la recherche du ou des concerts ultimes parmi tout ça :
 
VENDREDI 24 AOÛT
Dizzee Rascal, Mogwaï, The Hives, Arcade Fire, Dinosaur JR, The Shins, M.I.A., Emilie Simon, 2 Many DJ’s, Rodeo Massacre, Rock & Roll, Hey Hey My My, Biffy Clyro, Noisettes, Unkle
 
SAMEDI 25 AOÛT
 
DIMANCHE 26 AOÛT
 
Verdict à suivre à partir de demain !



Youtube de l'été #38 : Supergrass - Alright (1995)

Posté par LovelyRita le 22.08.07 à 18:45 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube
Gaz Coombes, tu avais quoi, 18/19 ans quand tu chantais "We are young, We run green", maintenant tu en as plus de 30. "Alright" a été le succès, le tube, le morceau culte de Supergrass et l'est encore, puisqu'il n'est pas rare de l'entendre encore régulièrement sur les radios anglaises. De son piano guilleret en intro, à ses paroles naïves et propices à la déconne, en passant par le clip vidéo, ce morceau vente les mérites du bien-être, de la fête, de la vitalité de la jeune génération, mais aussi de ses dérapages et de ses capacités à se remettre sur pied en un rien de temps ("Lost control, hit a wall, But we're alright"). Même si on voit mal les trentenaires de Supergrass interpréter cette chanson aujourd'hui, le titre lui, est une vrai cure de jouvence.
 



Total 8 : Kompakt nous refait la totale !

Posté par Maxence le 22.08.07 à 15:31 | tags : techno, label, électro

Je sais, je sais, le titre de cette chronique est nul, facile, tout ce que vous voulez, et vous vous dites : "ça commence mal". Mais bon, pour ce qui est de l'humour, on voit bien que vous n'avez pas lu la feuille d'info, hein ! Parce que les mecs de Kompakt sont des rigolos eux aussi. Par exemple ils écrivent : "Tout ceux qui ont été de près ou de loin amené à s'intéresser à Kompakt ont connaissance de la sortie, à cette période de l'année, de notre collection Total, et étant maintenant à la 8ième édition il est apparu approprié de l'appeler Total 8". Aaah, les marrants ! En fait, cela aurait pu être vraiment drôle si je n'avais pas autant galéré sur cette nouvelle livraison du label de Cologne. D'être bloqué à ce point sur une chronique, cela faisait longtemps que cela ne m'était pas arrivé. Pas que cette livraison soit mauvaise, mais allez savoir pourquoi, ça ne fonctionne pas.

Bon, tout le monde le sait maintenant, la série des Total est l'occasion de réunir sur un double CD ce qui fait l'esprit Kompakt. Ce que d'aucun nomme encore la minimale allemande, tout en n'étant pas vraiment sûr de ce dont ils parlent puisque le son du label l'est de moins en moins, minimal, mais passons. D'abord, il y a de bonnes surprises sur ce Total 8, c'est vrai. Ça commence même plutôt bien puisqu'on y retrouve Burger/Voigt que les connaisseurs ont déjà eu la chance d'écouter sous le nom Burger/Ink sur Las Vegas, un magnifique album paru chez Matador en 1998 (à l'époque les labels pop/rock indés signaient de l'électro). Il s'agissait alors bel et bien de minimal, dans la lignée Chain Reaction/Basic Channel. Et même si on retrouve sur "Man Lebt Nur Zweimal" les échos de ce qui fit la grandeur du duo : intro vaporeuse, rythme au ralenti et lointains arpèges de guitare western, on se rend compte à quel point aujourd'hui leur style a évolué et n'a plus rien de minimaliste. Ceci dit, pas de problème, le titre est très bon et rappelle les meilleurs moments du dernier album d'Isolée pour faire une bonne comparaison. Autre "vétéran" de retour, Jürgen Paape , qui nous étonne avec une track vocale, "We Love", poussée par un gros pied, c'est la parfaite pop song électro pour soirée autour de la piscine, un doux rêve d'été romantique quoi. C'est après que ça se gâte. En fait, hormis ces deux premiers morceaux, rien n'accroche vraiment sur le CD 1. "Rainy Night in Georgia" de Superpitcher est très bien, mental et tout, mais ne vaut pas le "Enzian" présent sur Speicher 3. Partial Arts (alias Ewan Pearson et Al Usher) sont bof, Rex The Dog, Steadycam, Nightcats (Jonas Bering et Thierry Mbaye), idem... Même le remix de Gui Boratto ("Mr Decay") par Robert Babicz et l'habituellement impeccable Justus Köhncke ne cassent pas des briques. Ah tiens, le Thomas/Mayer est joli, vraiment joli, spatial et mélodique, rien à redire. Jörg Burger en solo revient à ses racines, basses filtrées et échos dubby très Berlin 90. Supermayer, hé bien, espérons que l'album sera meilleur. The Rice Twins est "gentil". Mais je vais pas vous faire les deux albums comme ça...

Donc, de ce double volume de Total 8, exception faite de Burger/Voigt, "We Love" de Paape et la pop spatiale de Thomas/Mayer ("Überwiesen"), on retiendra plutôt sur le CD 2, le "Polyform 1" de Burger solo, le très fin "The Closer" Hervé AK digne d'un Plastikman c'est dire, et très minimal pour le coup, le "Mariposa" de DJ Koze, un poil trancey comme on aime en ce moment, le très dark "Nord" de Jürgen Paape (CD 2), l'inclassable "Cold Wind" de Schaeben & Voss (des habitués de FirmRecords) avec sa basse slappée et ses vocaux funky et ce sera tout ma bonne dame ! Bon, ce n'est déjà pas mal, bien qu'il s'agisse d'un double CD. Comprenons-nous bien, en vinyle 12", sur un dancefloor, je ne doute pas que ces morceaux soient imparables, sympas et tout, mais là, tous réunis d'un seul bloc, bon c'est indigeste je crois. Kompakt nous avait habitué à plus de finesse dans la construction de ses compilations. Rappelons-nous de Total 7 l'an dernier, incroyable ! Ou du volume 6, énorme ! Bref, cela ne remet en rien en cause la qualité des productions du label, mais révèle bien à quel point à une grande année avec de grands albums (Gui Boratto, Micheal Mayer, The Field) il est difficile de faire succéder une simple compilation fut-elle double, et ça, c'est plutôt bon comme bilan annuel non ?

Kompakt - Total 8 (Kompakt/Nocturne, août 2007)




Le funk dans l'ère quadra

Posté par LovelyRita le 22.08.07 à 11:42 | tags : agenda, anniversaire, funk

Le funk est né il y a 40, ce serait James Brown qui lui aurait donné naissance en composant "Cold Sweat", morceau considéré comme le 1er titre funk de l'histoire. La plupart des pères fondateurs de ce courant musical sont aujourd'hui morts et pour célébrer l'anniversaire d'un genre encore ignoré des grandes institutions, 2007 a été décrété année funk. A cette occasion le site bien nommé, 40 ans de funk, associé à d'autres acteurs médiatiques (Fonkadelica, Wegofunk, Muziq...), propose une série d'événements et de contenus en ligne pour témoigner de la vivacité du funk et de son patrimoine. Dans la rubrique A la découverte du funk, plein de topos sur le funk (sa définition, les sous-genres du funk, une bibliographie...). Côté événements : concerts de Maceo Parker, Little Barrie, Amp Fiddler... Une programmation, tout de même assez pauvre, qui aurait mérité d'être agrémentée de quelques conférences histoire de fêter comme il se doit "un style fait pour ceux qui veulent danser et s'amuser, un style permettant de lever d'emblée toute inhibition."



50 Cent vs. Kanye West : la catastrophe du 11 Septembre ?

Posté par 2goldfish le 21.08.07 à 18:50 | tags : hip hop, news, people, rigolo

Et voilà, il suffit que je parte en vacances quelques jours pour que le joyeux monde de la musique perde son habituelle ambiance amicale pour s'approcher dangereusement de la guerre ouverte. Après toute une série de changements de calendrier de part et d'autres, les deux vendeurs de hip hop en gros 50 Cent et Kanye West ont arrêté une date de sortie définitive pour leur album respectif et, flûte, il s'avère que c'est la même.

Ce qui ne pourrait être qu'un malencontreux incident industriel s'est cependant vite transformé en drame personnel pour Curtis "demi dollar" Jackson III qui a d'abord invité Kanye à une rencontre télévisée style "débat présidentiel" pour déterminer quel disque était le meilleur. La réponse de Kanye : "je pense que c'est le truc le plus stupide que j'ai entendu". Un point pour Kanye, même si j'aurais aimé qu'il dise ça en acceptant l'invitation, pas en la refusant.

50 Cent, au lieu d'être refroidi par l'indifférence de son adversaire, a alors décidé de tout mettre en jeu : si le 11 septembre il se vend plus de Graduation Day (l'album de West) que du sien (Curtis), il abandonnera sa carrière solo pour devenir un homme de l'ombre, un sous-traitant pour d'autres artistes non marqués par la honte. S'il ne prend sur le papier pas trop de risque, Kanye étant un très bon vendeur mais fifty jouant dans la catégorie Super Size XXL Multi Platinum et grande frite, il ne faut pas négliger l'impact que pourrait avoir sa déclaration : n'avez-vous pas comme moi envie d'acheter Graduation Day le 11 septembre juste histoire de voir si 50 Cent comprend mieux le concept de "retraite" que Jay-Z ?

Oh, et puis il y a la musique : si les premiers extraits de l'album de Kanye ne nous ont pas emballé plus que ça, ceux de l'album de 50 Cent sont catastrophiques. Certes, il a prouvé par le passé qu'il savait vendre du "catastrophique" mais aux dernières nouvelles, Ayo Technology n'a pas vraiment fait bouger les foules, qui peut-être en ont marre comme tout le monde de voir Timbaland et Timberlake partout et je n'ai même pas retrouvé le titre de cet autre morceau, un peu jazzy, dont la vidéo semble avoir disparu (désolé mais la pop comme ça ne devrait demander aucun effort)

Malheureusement, malgré le passé soi disant plein de flingues de 50 Cent et les dons de casse cou automobile de Kanye West, les deux ont en fait construit leur personnage comme victimes plutôt qu'assaillants et je doute que cette petite guerre que 50 Cent se fait pour l'instant tout seul n'aboutisse à autre chose qu'une fausse réconciliation aux MTV Video Awards avec peut-être un baiser façon Britney/Madonna.




Youtube de l'été #37 : Blur - Girls and Boys (1994)

Posté par LovelyRita le 21.08.07 à 15:06 | tags : pop, tubes de l'été, uk, youtube

Cette année-là, où nous avions tous fatalement 13 ans de moins qu'aujourd'hui, était une année décisive où il fallait faire un choix, ou du moins c'était comme ça qu'on nous présentait la chose. La Brit Pop que les médias nous vendaient à l'époque, était tout sauf un mouvement de réunification. En quelle année ça a commencé, quel en est l'album fondateur (Parklife de Blur, Definitely Maybe d'Oasis, I Should Coco de Supergrass...? Tout comme ma mère me demandait de choisir la cassette que j'aurais pour Noël (I Should Coco ou Definitely Maybe), on nous demandait de choisir entre Blur et Oasis, entre les riches et les pauvres, entre le sud et le nord de l'Angleterre. Encore toute petiote à l'époque, j'ai donc opté pour les frères Gallagher. En 1994, Oasis sort "Supersonic" et voilà qu'aujourd'hui je lui substitue "Girls and Boys". Je me suis réconciliée avec moi-même, vous me direz ? Oui, non, enfin c'est surtout que "Girls and Boys" hante toujours les playlist de soirée tandis que "Supersonic" n'y a pas sa place.

Sa basse est une invitation à la danse, son refrain est fédérateur, et pourtant, "Girls and Boys", ce titre à l'apparence culture club détient son lot de sarcasmes sur la culture de la fête, justement. "Following the herd, Down to Greece, on holiday" chantait Damon Albarn, pour dénoncer les bandes de gamins en vacances, dont le seul but était dans l'ordre de boire, danser et baiser. Critiquer la culture de la sur-fête avec un titre aussi festif, c'était un pari, qui n'a pas été remporté à 100%, puisque le single a été plébiscité en 94 par bon nombre de boîtes de nuit estivales. Titre évocateur du Blur, première mouture, jeune et affilié à la Brit Pop, "Girls and Boys" nous ramène à une certaine époque, tant pour nous que pour le groupe, parti quant à lui explorer d'autres horizons depuis. Et c'est là, que je vous conseille d'aller faire un tour sur le site de Travaux Publics, qui propose à la vente une série de compilations dont une spéciale reprise...compilation sur laquelle vous trouverez une sublime version indian-like de "Girls and Boys".





Joue-le maintenant

Posté par 2goldfish le 21.08.07 à 10:15 | tags : web
De ma seule expérience avec l'apprentissage d'un instrument je n'ai que de vagues souvenirs épars : une flûte à bec, "j'ai du bon tabac", une prof dépressive et une décision rapide de consacrer cette heure de ma semaine pour les quatre prochaines années à discuter de sujets plus intéressants tels que Dragon Ball Z ou la Super Nintendo que j'aurais à Noël. Peut-être que si j'avais eu un professeur cool, qui n'aurait pas éclaté en sanglots pour un rien et qui n'aurait pas essayé de me faire chanter du Céline Dion, peut-être que si mon prof avait été Gaz Coombes de Supergrass, peut-être alors jouerais-je d'autre chose que du stylet de ma DS.

Si je dis ça, ce n'est pas pour que vous pleuriez sur mon sort (vous pouvez le faire, cependant, j'adore ça) mais parce que le site Now Play It va permettre aux jeunes générations de vivre ce que moi je n'ai pas vécu. Il est certes trop tard pour moi mais je vous communique le lien comme ça, sans amertume, bande de connards. Bref, donc, ce site propose des vidéos d'une poignée d'artistes anglais qui vous explique en long et en large comment jouer leurs chansons. Il y a pour l'instant des membres de Blur, Supergrass, KT Tunstall et tout un tas d'autres artistes anglais mineurs. Le site n'en est qu'à ses débuts et devrait voir son line up s'agrandir considérablement (nous promet-on). Bien sûr, les vidéos sont payantes mais vous n'allez pas vous plaindre tout de même : j'ai gâché ma vie, moi.




Albums cultes des géants du bizarre #8 : Ui - Sidelong

Posté par Maxence le 20.08.07 à 18:44 | tags : label, funk, culte et bizarre, rock

Si Ui fait assurément partie des groupes post-rock cultes du début des 90's (même de manière extrêmement confidentielle et dans des milieux "bien informés", comme dirait l'autre), c'est surtout à cause de leur leader Sasha Frere-Jones, toujours très actif au sein de la scène improvisée et noise actuelle. Concernant Ui, il n'a pas été facile de choisir un album parmi la passionnante discographie de ce groupe défiant toutes normes. Las, j'ai finalement choisi leur premier album Sidelong, pour sa capacité à représenter à la fois le versant le plus expérimental du post-rock et à faire assez de concessions à l'histoire de la musique populaire (rock, funk, krautrock) pour intriguer l'auditeur lambda. Sidelong a aussi l'avantage de comporter nombre de morceaux faciles et même assez dansants, ce qui ne gâche rien. C'est aussi la dernière tentative d'intelligibilité du groupe avant que celui-ci ne sombre dans l'abstraction la plus totale. Et l'abstraction, ces new yorkais connaissent bien, puisqu'ils orbitent autour de la scène improvisée de la Knitting Factory (entre autre), depuis le tout début.

Ceci étant, il a fallu un certain temps au groupe de Sasha Frere-Jones pour s'extirper du carcan rock et devenir l'ovni sonore expérimental que l'on sait. Créé au début des années 90 dans la grande vague post-rock, le groupe sort une tripoté de maxis étonnants et méchamment barrés, avant de signer un véritable premier album. Après ce Sidelong paru en 1996, sortiront donc Lifelike en 98, The Iron Apple en 99 et enfin Answers en 2003. Au même titre que, disons, Tortoise, Ui explore le vaste champs des musiques populaires, country, folk, rock, en y ajoutant là une pincé de dub, là une référence krautrock, une pointe de jazz. Pourtant, on se demande si le groupe a réellement "pensé" sa musique de cette manière, si les effets dub ne sont pas simplement là par hasard, si l'étiquette "krautrock" ne leur a pas été collée de force. La musique d'Ui semble trop naturelle pour être inscrite au sein d'une quelconque filiation. C'est particulièrement évident sur Sidelong, où le groupe est à l'origine d'une musique à la fois profondément marquée par le folklore américain, tout en étant totalement avant-gardiste. Pourtant, le terme "arty" leur va très mal. Alors comment décrire leur americana-krautrock ? Leur dub post-rock ? Leur country funk ? Sur des morceaux envoûtants comme "Golden Child", on jurerait entendre le batteur de Can, Jaki Liebezeit. Sur "Panted Hill", le groupe oscille entre jazz et free rock contemplatif pour finir en ballade de cowboys avinés. Et que dire du dub urbain de "Butterfly Who" et du funk invertébré mais pourtant entraînant de "The Piano" ? Quant à "Johnny", le morceau qui clôt si superbement cet étrange album, on le jurerait extrait d'une session improvisée extirpée des répétitions du Unknown Pleasure de Joy Division, tout en basses (Ui en comptait deux!), motifs rythmiques répétitifs et guitares rappeuses. La folie d'Ui, sa totale liberté, ses montées psychédéliques en font toujours, 4 ans après leur explosion, un groupe unique. Comment, après ça, voulez-vous écouter sereinement Animal Collective ?

En attendant de trouver la réponse à cette question, vous pouvez vous rendre sur la courte page officiel de Ui sur le site de Southern Records et regarder des extraits du documentaire que leur a consacré Christopher Wilcha juste avant leur séparation.

Ui - Sidelong (Southern, 1996)




L'art du bruit, du 20 au 24 août sur France Culture

Posté par Maxence le 20.08.07 à 16:23 | tags : à lire, agenda, électro, radio

Attention, rendez-vous à ne pas manquer à partir de ce soir sur France Culture ! Alexandre Laumonier, directeur et éditeur des éditions Kargo à qui l'on doit feu la revue Nomad's Land et nombre de traductions de passionnants bouquins sur la, ou plutôt, "les", musique(s) (DJ Culture d'Ulf Poschardt, The New Beats de S.H. Fernando Jr., Ocean Of Sound de David Toop, le fameux Krautrocksampler de Julian Cope et Raisin Cain, le Blackface de Jim Crow à Michael Jackson, pour n'en citer que quelques-uns), Alexandre Laumonier donc, lance une série de 5 émissions sur France Culture du 20 au 24 août de 23h10 à 23h50.

Make Some Noise, c'est le titre de cette série en 5 volets, traitera de manière extrêmement vivante et avisée de l'histoire du son dans les musiques populaires du XXe siècle, du phonographe au son surround 5.1, en passant par le hip-hop, le rock, la pop', la techno, les musiques électroniques, l'ambient, etc. L'emission s'attachera donc à expliquer et décrypter "comment la technique crée des mondes sonores". Avec les voix de David Toop, Brian Eno, DJ Shadow, Juan Atkins, Michel Geiss, (ingénieur du son, spécialiste de l'enregistrement sonore) Richie Hawtin, Bruno Heuzé, (journaliste, spécialiste averti des mondes sonores) et Tony Herrington, (directeur du magazine The Wire) ! Inutile de vous dire qu'il ne faut pas rater ça. Playlistien, à vos agendas !

Émission 1. Lundi 20 août.
Le son au XXe siècle avec des musiques de Alexis Korner, The Outcasts, Nine Inch Nails, Johnny Cash...

Émission 2. Mardi 21 août.
La production sonore avec des musiques de Phil Spector/Tina Turner, The Beatles/St. Peppers, David Bowie/Brian Eno...

Émission 3. Mercredi 22 août.
Techniques & ingénieries sonores avec des musiques de DJ Premier, Dr Dre & ice Cube, Maxime Dangles, Maurizio...

Émission 4. Jeudi 23 août.
Communautés, mondes imaginaires, fictions soniques
avec des musiques de Reverend Kelsey, DJ Shadow, Red Planet, Dokaka, The Chi-Lites...

Émission 5. Vendredi 24 août.
Le pouvoir de la machine avec des musiques de Mike Patton, Aphex Twin, Autechre, Richie Hawtin, Plastikman...

Pour plus d'infos sur le programme, les sujets traités et ses invités, rendez-vous également sur le profile myspace de l'émission.




Youtube de l'été #36 : Snoop Doggy Dogg - Who Am I (Wha'ts My Name) ? (1993)

Posté par LovelyRita le 20.08.07 à 14:48 | tags : hip hop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

En 1993, Calvin 'Cordozar' Broadus sort son premier effort solo sous le nom de Snoop Doggy Dogg. A sa sortie, Doggystyle, se hisse directement à la première place des charts grâce à ses singles bien sentis ("Ain't No Fun", "Gin & Juice" et "Who Am I (What's My Name) ?"). Après quelques collaborations dont la récente avec Dr Dre sur son album The Chronic, Snoop réussit avec succès le passage du 1er album.




Morrissey, so addictive

Posté par Kris le 20.08.07 à 10:14 | tags : morrissey, pop

Un film va bientôt sortir. Le thème ? Morrissey. Enfin non, les fans de Morrissey. Mieux, la relation qu'ont les fans avec leur passion pour Morrissey. C'est Jean-Philippe mais en vrai en gros. Alors qu'Awesome, I Fuckin' Shot That semble ravir les Beastie fans et que Daft Punk va faire de même en sortant un montage de leur concert à Brooklyn filmé par 250 fans, Passions Just Like Mine va s'intéresser à la fanatisation une fois accomplie, au syndrôme de culte voué à l'artiste, à l'idole, qui se manifeste par la présence omniprésente de Morrissey. Entre la mythique banane ou bien les tatouages Morrissey semblant être écrit avec le gros orteil sur les avants-bras, les fans s'en donnent à coeur joie de montrer à quel point Morrissey est beau, irremplaçable, majestueux et combien il comble leur vie.

L'idôlatrie est une connerie (j'ai presque l'impression de dire un gros mot). On en a notre dose de fans hystériques et décérébrés sur Playlist, et pourtant ceux de Passions Just Like Mine semblent bien atteints. J'essaie de me rappeller et de fouiller mentalement tous les artistes que j'apprécie et qui se rapprocherait du statut d'idole pour moi... Ian Curtis... épileptique, raciste sur les bords, mort pendu... Bob Dylan... born again christian.... et c'est tout, et encore ces deux-là ont juste eu le luxe de m'initier au rock. Je n'ai pas d'idoles, ni même quelquonque artiste pouvant remplacer l'image d'un quelquonque Dieu auquel je pourrais croire. L'idolâtrie artistique est en soi un magnifique oxymore, car l'idôlatrie tue toute nuance, toute tentative d'objectivité, l'idôlatrie ou le fanatisme anéantit l'art en tant que moyen d'expression si le message est biaisé au départ pour ne finir que dans une seule et unique expression. L'art est constructif, et meurt dès lors que ses référentiels sont altérés par l'irrationalité du fanatisme, et s'éteint lorsqu'il est substitué du contenu par le contenant. M'enfin, porter la banane pour un fan de Momo passerait encore, imaginez les fans de Michael Jackson qui souhaiterait ressembler à leur idole. Brrr. Chacun sa merde.




Youtube de l'été #35 : House of Pain - Jump Around (1992)

Posté par LovelyRita le 19.08.07 à 14:33 | tags : hip hop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

House Of Pain fait partie des rares artistes blancs à avoir cartonné dans le milieu du rap, encore n'ont-ils pas eu le succès des Beastie Boys ou d'Eminem. Fondé par Erik Schrody, dit Everlast, House of Pain sort son tout premier album en 1992, album sur lequel on trouve le single "Jump Around". Ce titre a permis au groupe de quitter son Irlande natale pour partir en tournée aux USA. Le groupe a rencontré avec "Jump Around" un succès commercial auquel il ne s'attendait pas et qu'il n'a pas réussi à réitérer par la suite. Trois albums et des soucis avec la justice pour port illégal d'armes ont eu raison du groupe. De House of Pain, il ne reste aujourd'hui qu'Everlast et sa carrière solo et ce "Jump Around" bondissant.




Putain de Sonic Youth

Posté par Flyer le 18.08.07 à 21:44 | tags : live, rock, route du rock, sonic youth

"Trop long ?!!"

Cette phrase (à prononcer dans un étranglement), je l'ai répété quelques douzaines de fois après le concert aux gens qui me donnaient leur impression générale du set. Dix neuf ans après sa sortie dans le commerce, Sonic Youth joue Daydream Nation, ce monolithe, dans l'ordre et en live. Ces 70 minutes d'indie fondateur, passées à la moulinette des années, renaissent en live avec une fureur et une arrogance bienfaitrice.

Tout a déjà été dit sur ce disque bien avant que je ne le découvre, et avec un groupe en aussi bonne forme, il paraît naturel que le live ait été aussi énorme. Les fans de Sonic Youth auront vu passer la performance comme un rêve, électrique et cotonneux à la fois, expérimental, rentre-dedans, frappant de bâtardise et de grâce. Les autres auront été destabilisés par les parties expérimentales du disque/set, et les violences que Thurston Moore inflige régulièrement aux cordes de sa guitare, pour en tirer de très diverses conclusions sur la qualité du concert.

"Les vieux groupes qui marchent encore, c'est ceux qui ne se sont jamais arrêtés."

Un addage récupéré dans le public des convaincus, alors que le groupe quitte la scène et que le public crie tout de même sa joie en masse. Les minutes s'écoulent, durant lesquelles certains descendent du nuage. Juste à temps pour voir revenir la bande et un nouveau venu, introduit par Moore avec cette phrase : "Back to the 21th century ! My boy is gonna play some songs with us." Et voilà le fiston de Thurston fraîchement débarqué, guitare en main, qui accompagne le groupe sur six titres de Rather Ripped. Parce que jouer Daydream Nation tout seul et se casser était vraiment trop chiant et opportuniste pour eux. Côté public, c'est la cerise sur le gâteau ou la goutte de trop.

La vérité, que bien évidemment je suis le seul et unique à détenir, c'est que les deux heures durant lesquelles Sonic Youth a brûlé la scène, les amplis et les tympans font partie, avec LCD Soundsystem, des meilleurs moments de tout le festival. C'est pourtant pas si compliqué, le rock est question d'audace, de son et lei fameux "esprit rock" n'est qu'un synonyme d'"intégrité artistique".

"I ripped your heart out from your chest, replaced it with a grenade blast."

Comment ça "trop long" ?




LCD Sounsystem, I Love You

Posté par 2goldfish le 18.08.07 à 19:50 | tags : électro, live, pop, rock, route du rock

C'est vraiment cool d'attendre le concert de LCD Soundsystem sans avoir à penser hype, surestimation, retour de bâton etc... Il y a probablement eu un moment depuis 2005 et la sortie de leur premier album où des gens crachaient sur ce nom, James Murphy aimant trop jouer les petits malins pour ne pas en énerver certains. Aujourd'hui, même si les détracteurs existent forcément toujours quelque part, on s'accorde tous pour chanter les louanges de Sound Of Silver et du songwriting de Murphy, comme si on devait encore s'étonner qu'un type qui fait de la musique un peu électronique sache écrire de "vraies chansons" ou qu'il arrive même aux clowns de pleurer. Sniff.

En bref, LCD Soundsystem est juste un des meilleurs groupes actuels et, comme leur set de la Route du Rock l'a démontré, il n'y a pas à s'en étonner. Quand tout fonctionne parfaitement et quand le batteur joue très vite et très bien et quand le chanteur tire le maximum de ses capacités relativement limitées et que la basse fait bouger des milliers de fesses à l'unisson et que le set compte deux prétendants à la chanson de l'année avec "All My Friends" et "New York, I Love You" (manquait juste "Someone Great", donc) tout ça semble le plus naturel du monde. Bien sûr, c'est juste ça que tous les autres groupes auraient du faire ! Pourquoi n'y ont-ils pas pensé alors que ça parait si facile, si évident ?

Ca ne l'est sans doute pas tant que ça mais qui a envie de savoir comment les saucisses sont faites ? Dans la fosse on oublie vite le côté "petit malin" du James Murphy studio qui empile les clins d'oeil comme des boîtes de conserve au supermarché. On retient juste un set ultra efficace, joué à fond et sans temps morts.

Au moment de se dire au revoir, on s'est partagé les tâches avec Flyer. Je voulais Sonic Youth et lui aussi. "Je ne me souviens absolument pas de LCD Soundsystem" m'avoue-t-il en usant du ton de petit garçon grâce auquel il m'a déjà refilé les Smashing Pumpkins. Je comprends pourtant parce que j'ai moi-même plus de souvenir dans mon corps que dans ma tête. Outre la ferveur du public (qui pour cet ultime concert était, reconnaissons-le, dans un état qui facilitait grandement la tâche au groupe), ce dont je me souviens c'est de notre amie paralytique dont le stoïcisme n'avait pas été perturbé une seule fois du festival. Dansant comme un fou derrière elle, je lui jetais régulièrement un oeil et je l'ai bien vue, je vous promets, elle a remué doucement la tête.




Youtube de l'été #34 : REM - Shiny Happy People (1991)

Posté par LovelyRita le 18.08.07 à 15:16 | tags : pop, tubes de l'été, usa, vidéos musicales, youtube

Qui aurait cru retrouver un titre de R.E.M. dans un classement des tubes de l'été ? Certainement pas moi et encore moins Michael Stipe au moment où il décide de consacrer sa carrière au groupe d'Athens au début des années 80. Huit ans après un premier, beau et triste album, Murmur, REM publie Out Of Time, opus incontournable dans la carrière du groupe car il contient deux titres, deux hits qui les exposeront à la face du monde. Après la complainte de "Losing My Religion" qui les fait passer du statut de groupe fétiche des "college radios" à celui de gros fournisseur mondial de pop-rock, le groupe sort en single le pire titre qu'un meilleur groupe du monde ait pu écrire ! "Shiny Happy People", un titre "anti-REMesque" au possible, une erreur de parcours, un moment de faiblesse vestimentaire (oui, Michael Stipe, le jaune Amora ne va pas à tout le monde !)...mais un vrai tube de l'été. Un titre que l'on fredonne inconsciemment, qui se glisse en nous sans qu'on ait rien demandé. Un titre qu'on ne devrait pas trop aimer, car REM c'est tout sauf ça, mais "Shiny Happy People" est à prendre tel qu'il est, avec son riff de mandoline entrainant, sa mélodie généreuse, le duo entre Kate Pearson des B-52's et Stipe. Bien qu'il s'agisse de l'un des titres les plus connus de REM, Michael Stipe l'a exclu du tracklisting du best-of sorti en 2003 et le magazine Q l'a classé dans les "10 pires titres de grands groupes" (qu'est-ce que je disais plus haut ?).




Youtube de l'été #33 : Deee Lite - Groove Is In The Heart (1990)

Posté par LovelyRita le 18.08.07 à 11:16 | tags : funk, gro, pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Après les Beatles qui nous assènent que "All You Need Is Love", voilà que Lady Miss Kier se donne corps et âme pour nous faire comprendre que "Groove Is In The Heart". Lady Miss Kier, c'est la voix de Deee-Lite et la crevette rousse qui ondulait si psychédéliquement dans le clip de "Groove Is In The Heart". Deee-Lite fait partie de ces groupes one shot (un tube sinon rien !), bien qu'ils aient sorti 2-3 albums, on les associera ad vitam eternam à ce seul et unique titre. La recette de ce succès ne tient pas seulement à la présence de Bootsy Collins et de Q-Tip de A Tribe Called Quest mais aussi à ce mélange jouissif de funk, disco et groove, de fun et merci à ce refrain aux paroles facilement mémorisables et chantables à 4h du matin, bourré !




Electrelane, stoner romantique

Posté par Flyer le 17.08.07 à 22:13 | tags : electrelane, live, rock, route du rock

Il n'y a pas grand chose de générique chez Electrelane si ce n'est leur propre musique. En quelques albums et à force de concerts implacables, les quatres Anglaises se sont imposées dans la liste fermée des chouchous de festivals, attendues avec délice et entendues avec ravissement sans coup férir.

Une fois n'est pas coutume, leur noyau dur de fans, qui s'étend de plusieurs rangs chaque année, se déhanchait à s'en déboîter les os, tandis que la foule, au début clairsemée, gagnait en densité avec les troupeaux de curieux séduits par leur son. Ces nanas font du stoner, alignent les riffs, carrées et régulières comme des trains, et maltraitent la masculinité du genre par leurs voix, leurs paroles et leurs nappes mélodiques. Flottantes et suaves, elles insufflent une véritable romance dans leur tempête de rock à chaud.

Mais ? Oui, un tout petit "mais". Même si leur set paraît (comme à chaque fois) très court, la vague qu'elle jette sur le public a toujours la même saveur. C'est exquis, certes, mais comme sur album, Electrelane n'est pas tant un groupe qui surprend qu'un groupe qui emporte. En tout cas, ces filles-là ont des tonnes de choses à apprendre à énormément de groupes de mecs en cuir ou en Armani qui jouent les rock stars du pauvre.

Et oui, les crevards à guitare : la révolte est une affaire d'émotion.




Route du Rock en JPEG, les têtes d'affiches

Posté par Flyer le 17.08.07 à 20:00 | tags : en jpeg, live, route du rock

Jesus Christ

Justice

The Smashing Pumpkins

Pictured by Ben




Route du Rock en JPEG, les amuseurs

Posté par Flyer le 17.08.07 à 19:00 | tags : en jpeg, live, route du rock

Art Brut

The Go! Team

Pictured by Ben




La Route du Rock en JPEG

Posté par Flyer le 17.08.07 à 18:00 | tags : en jpeg, live, route du rock

On a loupé l'accréditation photo cette année pour vous ramener de beaux clichés du devant de scène, alors on fait avec les moyens du bord pour vous donner quelques idées de ce qui s'y passe.

Pictured by 2goldfish




The Smashing Pumpkins : Heavy Metal Circus

Posté par 2goldfish le 17.08.07 à 16:36 | tags : live, rock, route du rock

Les Smashing Pumpkins, j'ai du mal à m'en défaire. J'ai été les voir par pure nostalgie au Grand Rex en mai, je les ai croisé par hasard à Barcelone en juin et là ils viennent dans MA Route du Rock comme si je n'avais pas assez entendu "Today" et "Zero" cette année. Une bonne chose donc, que le groupe se soit radicalement transformé en quelque mois. Exit les tenues de super héros et les robes de mariée, bonjour le look euh.. clodo-chic ? La setlist, si elle fait toujours la part belle aux vieux tubes (on est dans un festival après tout) laisse heureusement peu de place aux extraits du nouvel album qui sont cependant tout à fait corrects une fois défaits des artifices de production de Zeitgeist. Des vieilleries totalement réarrangées et d'autres raretés asurent le contentement de tous, du fan (venu en masse. en grosse, grosse masse) et du passant improbable, peut-être venu pour le concert annulé de Peter Bjorn & John.

Même si les sentiments exprimés par Billy Corgan semblent aujourd'hui loin de nous, lui à quarante ans assume totalement ses paroles de goth de quatorze piges et des solos de guitare à la Van Halen entre quelques roulements de batteries spectaculaires de l'excellent batteur Jimmy Chamberlin. Avec l'âge, ils semblent avoir abandonné toute fausse modestie et se lancent dans des jams parfois prétentieux, souvent trop longs mais aussi terriblement satisfaisants par moments. Corgan et son nouveau guitariste Jeff Schroeder se lancent dans des duels de solos avec la jubilation d'un joueur débutant de guitar hero. La foule est devenue une masse compacte violemment secouée par le métal et unie par les hymnes universalistes pré-émo comme "Tonight, Tonight" ou "Disarm". Ces citrouilles sont peut-être le groupe le moins dansant de tout le festival mais qui pourrait danser, de toute façon, quand il se bat amicalement avec son voisin pour assurer son espace vital ?

Situé un cran au dessus de toute considération esthétique, ce bon gros show rock a emporté le public et nous avec, nous vidant de toute notre énergie. On est vraiment désolé pour CSS, d'autant plus que le bruit court que Lovefoxx a terminé le show vêtue uniquement de paillettes. Un type bourré et nu me l'a dit, en tout cas.




Italians Do It Better : C'est ce qu'on va voir !

Posté par Maxence le 17.08.07 à 16:01 | tags : culte et bizarre, disco, disques de l'été, électro, label

Je ne sais pas vous, mais moi je ne lis plus Pitchfork. Du moins plus comme avant. Et plus pareil. Je jette un œil, je parcours quelques rubriques et basta. De fait, le site "star" du journalisme musical indépendant (qui ne l'est plus tant que ça) ne m'a jamais vraiment fasciné. Ce n'est pas du snobisme, exception faite de quelques chroniqueurs je n'ai simplement jamais eu rien à foutre de leurs avis et je ne me retrouve pas trop dans cet amas de références pop-rock indés, produites au kilomètre. Déjà vu, déjà lu, avant, ailleurs. C'est pourtant à Pitchfork que je dois la découverte de cette compilation d'Italians Do It Better records, et pour cause, le label est tout jeune et pas distribué de ce côté de l'Atlantique. Rendons donc à César ce qui lui appartient, cette chronique, pour une fois, n'existerait pas sans le flair des renards de Pitchfork.

Concernant After Dark soyons clair, il s'agit encore de disco. D'italo pour être précis, et c'est important ici car il faut bien séparer les choses. Au milieu du vaste continent disco qui n'en finit plus de remonter à la surface comme un Atlantide inespéré de la musique électronique, d'un côté nous avons l'italo et de l'autre le cosmic (ou space) disco. Le tout faisant actuellement un grand retour comme vous le savez si vous lisez régulièrement le fil disco de ce blog, au sein de la nébuleuse nu-disco. Cousin germain du cosmic, l'italo disco est plus porté sur les machines et leurs effets (rétro)futuristes. Alors que le cosmic disco aime les percussions tribales, les rythmes alanguis du balearic, les ambiances exotiques, le funk et la soul, l'italo aime la synth pop, les hymnes 80, la pose "camp" et le kitsch un rien ébouriffé de la new wave de garçons coiffeurs d'Heaven 17 ou d'Ultravoxx (celui avec John Foxx, notez les deux X). Faire l'historique du genre prendrait trop de place ici, mais on peut déjà dire que le genre refait surface en 1997, quand le DJ hollandais I-F sort son fameux dj mix, Mixed Up in the Hague, Vol. 1. Citons également Unclassics par Morgan Geist, qui fait aujourd'hui figure d'incontournable compilation de raretés.

Ainsi After Dark ne pourrait être qu'une compilation italo de plus si ce n'était véritablement celle du nouvel étalon italo. Réunissant une pelleté de morceaux uniquement trouvable sur des 12" et de nombreux inédits des poulains du label Italians do it Better, Glass Candy, Chromatics, Mirage, Professor Genius et Farah, After Dark s'impose comme une vision nouvelle du genre, plus 80 que jamais. Mirage propose par exemple un remix du fameux "Last Night a DJ Save My Life" de Indeep, tout en nappes de synthé spatial et en basses compressées, et quand Glass Candy reprend le "Computer Love" de Kraftwerk c'est pour le faire sonner comme un morceau de Blondie sous tranxene. L'obsession des artistes d'Italians do it Better pour les années 80 se traduit aussi par les adaptations de Dark Day, obscur groupe post-no wave de l'ex-DNA Robin Crutchfield (que l'on retrouve sur le volume 3 des mythiques compilations New York Noise), dont Chromatics reprend le "Hands in the Dark" et Glass Candy "The Chameleon". La mélancolie urbaine et l'expression du növo spleen de cette décennie réactionnaire placée sous le signe du fric facile, de la magouille politique et de l'absence de scrupule sont également omniprésentes dans des ballades mélancoliques comme "In The City", ou le futur morceau culte de Farah, "Law of Life". Originaire du Texas, Farah est à l'origine d'une descente aux enfers vraiment unique dans l'histoire de l'italo. Sur une base rythmique monotone et hypnotique proche du "I Feel Love" de Summer/Moroder, la chanteuse pose sa voix spectrale dans un spoken word mêlant l'anglais et une mystérieuse langue orientale, tandis que les synthés serpentent et que l'auditeur se laisse embarquer sur les pentes savonneuses de la transe la plus noire. Mais After Dark regorge aussi de perles électros vintages digne des B.O. de John Carpenter ("La Grotta" de Professor Genius), de space disco envoûté ("Miss Brodway" de Glass Candy), de cosmic sound dilaté ("Lake Of Dreams" et "Lady Operator" de Mirage), le tout animé des infinies pulsations du funk synthétique tridimensionnel de la fin des 70's. Clairement, After Dark oscille entre hommage et pastiche ("Pegaso" de Professor Genius), tendresse et distance post-moderne, qui font de lui un excellent prétendant au double titre d'album "culte et bizarre" et de "disque de l'été" à ranger aux côtés de Kathy Diamond, du Cosmo Galactic Prism de Prins Thomas ou du White Magic de Sorcerer.

Du coup, il faut relativiser. "Oui, c'est peut-être les Italiens qui le faisaient le mieux, dans les années 80". Aujourd'hui, force est de constater que les Américains se débrouillent plutôt bien aussi.

VA After Dark - Italians Do it Better (Italians Do it Better/Import)




Universal rachète V2

Posté par Kris le 17.08.07 à 10:25 | tags : music biz, news

Pascal Nègre et Universal viennent de faire leurs amplettes. Entre deux déclarations anti-téléchargement, le PDG de la filiale française voit sa société s'offrir un joli petit cadeau de Noël quelques mois en avance. Le groupe Universal Music vient de racheter pour près de 10 millions d'euros V2 Music Group. Que penser de cela ? On peut craindre pas mal. Car on connaît tout le mal que se donne notre gentil Pascal pour faire respecter la créativité des artistes (ahem...) et ainsi donc couper court à tout les moyens de téléchargement illégaux, supportant la loi Davdsi, mais surtout faire fructifier le chiffre d'affaire d'Universal. Racheter V2 permet à Universal de mettre la main sur un important catalogue d'artistes : Architecture In Helsinki, Bloc Party, Broken Social Scene, Calexico, Clap Your Hands Say Yeah, dEUS, Etienne De Crecy, Grandaddy, Jean-Louis Murat, Malajube, Mercury Rev, Paul Weller, Stereophonics, The Go! Team, The Knife, The Pipettes etc.

Lorsqu'on se souvient de la vision de Nègre sur la musique "Si Jim Morrison ou Jacques Brel entraient aujourd'hui dans mon bureau... et bien je ne signerais pas avec eux !" on peut effectivement prendre peur quant à la lignée artistique que s'était fixée V2. Avec un catalogue hétéroclite et comprenant de belles grosses cylindrées mais ne vendant pas forcément autant que - piochons au hasard - Anais, Isabelle Boulay ou Henri Salvador, on sait d'avance ce qui adviendra des équivalents de petits vendeurs mais talentueux Blood Red Shoes, Absentee, Simian Mobile Disco ou autre Black Keys au niveau national... Universal 1 ; Musique : 0.




Fujiya & Miyagi résistent à tout

Posté par 2goldfish le 16.08.07 à 20:22 | tags : électro, live, pop, route du rock

Ca ne devrait vraiment, vraiment pas marcher. Le set spartiate de Fujiya And Miyagi a eu lieu en début de soirée, face au soleil couchant, les spectateurs arrivent sans trop savoir à quoi s'attendre et s'en foutent complétement, moi et Flyer écoutons, une galette-saucisse à la main (je me fais un devoir de l'initier à un minimum de traditions bretonnes). Ca ne devrait pas marcher non plus quand on s'éloigne de la scène pour profiter de nos relations haut placées dans la distribution de houblon pour profiter de pintes gratuites. Cette musique limite glaciale, sans fioriture, sans effet de manche, se montre pourtant insensible aux pires manques de respects.

Certains pissent entre copains contre la barrière pendant les instrumentaux kraftwerk-iens, mais recommencent à danser avant d'avoir refermé leur braguette. D'autres s'asseoient pendant les chansons funky/new-wave et ils ne peuvent pourtant s'empêcher de remuer la tête en rythme. Même quand je perçois avec étonnement une ressemblance avec INXS (c'est donc pour ça que Maxence les aime tant ?) je me dois de reconnaître que ça reste très bon. INXS est pourtant à ma connaissance toujours resté loin de l'esprit de tous les réhabilitateurs de la pop. Qu'y-a-t-il de si mal dans un peu de guitare funk à la javel ? Oui, Fujiya & Miyagi sont bons comme ça : j'ai presque envie d'écouter Suicide Blonde. Je n'en ferais rien, rassurez-vous.




The Go! Team : Should I Stay or...

Posté par 2goldfish le 16.08.07 à 18:36 | tags : live, rock, route du rock

The Go! Team, j'aimerais vraiment plus les aimer. J'aime leurs ingrédients : une rappeuse old school qui danse comme dans une cour de récré, des samples de cuivres sixties-seventies, une choriste asiatique à la voix de petite fille, des arrangements un peu bordéliques et une énergie de collégiens sous amphés. J'aime leur image, leur son, leur état d'esprit mais, entre tout ça et mes oreilles, il se passe quelque chose, ou alors il manque quelque chose et je finis par tout juste sourire, battant peut-être du pied mais sans vraiment avoir envie de me lâcher et de danser comme on m'y exhorte.

Sur disque comme sur scène, ils souffrent de toujours sonner pareil et surtout d'un songwriting faiblard qui n'est jamais caché qu'un temps par l'agitation qui l'entoure. Parfois pourtant, tous ces éléments que j'aime tant chez eux s'unissent en un tout consistant, la sauce prend - un peu par hasard semble-t-il - et le concert devient merveilleux. Ils s'échangent leurs instruments en courant, la rappeuse Ninja danse n'importe comment, le guitariste devient deuxième batteur, la choriste prend le devant de la scène et je me fends d'un de mes célèbres mouvements de danse tueurs, qui suscitent l'admiration de tous autour de moi. En tout cas l'ambiance est suffisamment enjouée pour que j'imagine cette admiration dans le regard des autres et ça me suffit amplement.

Au final on reste sur une impression en demi teinte, hésitante, le concert était tour à tour moins bon et meilleur que je ne l'aurais cru, l'enthousiasme de toute l'équipe et les déclarations bancales entre les chansons de la part ailleurs charmante Ninja peuvent basculer de l'insupportable à l'irrésistible à la vitesse du vent qui fait flotter l'écran géant comme une bannière animée du futur. A la fin, l'écran aura disparu, peut-être s'est-il envolé et a-t-il pris aux pièges les VIP en dessous, peut-être a-t-il juste été décroché par l'organisation. Ainsi s'achève ce moment d'ambiguïté.




Caribou : L'animal sort du bois

Posté par Maxence le 16.08.07 à 18:26 | tags : psychédélique, pop, myspace, électro

Nous sommes ici en terrain connu. Qu'il s'agisse de son incarnation electronica, sous son premier pseudo, Manitoba, ou de Caribou, projet lancé après un trip au LSD dans la forêt canadienne (et accessoirement une menace de procès de Richard Manitoba, rocker américain et ex-roadies des Dictators) tout chez Dan Snaith est affaire de psychédélisme. Déjà à l'époque de Start Breaking My Heart, le Canadien avouait son amour immodéré pour les Byrds, Beach Boys, Left Banke et autres Montage, bref une foi aveugle en tout ce que la Californie des late 60's a produit de plus mélodieux et juvénile. Pas étonnant donc, qu'à l'image de ses glorieux aînés Andorra monte en vrille, parte en fusée et finisse par exploser dans une spirale ascendante de mélodies luxuriantes et exubérantes.

Donc oui, Caribou sort du bois et Dan Snaith semble avoir bel et bien tourné la page des machines chantantes. En effet, si son précédent sublime avatar de pop électronique, The Milk of Human Kindness, résonnait encore des sons très kitsch de la beatbox et fourmillait de samples malins, Andorra lui, se conçoit entièrement comme un album de psyché pop "classique" (si tant est qu'un tel mot ait un sens dans le contexte psychédélique qui nous occupe). Hormis la très discrète rythmique d'"Irene" et son electronica cliquetante ou la transe engourdie de "Niobe" façon "Chain Reaction rencontre The Beta Band", Andorra n'est qu'arpèges, clochettis, retour de manivelle shoegazer ("After Hours"), fond de distorsions et de dilatations accompagnant les couplets et refrains de "She's The One", ou accords bluesy déstructurés au ralenti (le très beau "Eli"). Alors bien sûr, même si justement les Byrds, les Beach Boys, les Zombies et The Left Banke ont déjà tout dit, on apprécie l'ensemble mélodique fait de lignes répétitives et joyeuses précieusement bâtit par Snaith ("Sundialing"). On regrette juste un peu que le Canadien n'ait pas osé expérimenter d'avantage et on se dit que, finalement il n'aurait peut-être pas du laisser tomber les machines. Ceci étant, Andorra n'aurait pas détonné dans notre sélection de pop 2007 et constitue certainement un parfait disque d'accompagnement pour cet été en demi-teinte. Allez hop, un petit tour sur myspace ne fait jamais de mal et vous donnera sûrement une idée plus juste que ce fatras d'adjectifs déguisés en avis personnel.

Caribou - Andorra (City Slang/Merge/V2, août 2007)




Justice, c'est surfait de dire que c'est surfait

Posté par Flyer le 16.08.07 à 17:38 | tags : électro, live, route du rock

Technikart, les Inrocks, la hype, la contre-hype, les journaleux aigris, les lecteurs de bonne foi, les boulets de mauvaise, les blogueurs imbus de leur diahrée intellectuelle, et les autres... tout ce petit monde s'est agité, a hurlé à l'illumination ou à l'humiliation autour de Justice. "Alors tu l'as écouté ? Et en live ? Oh la la, en live, ça doit vraiment être mieux." Oui ? Non ? On s'en fout ?

"C'est un album d'une modernité affolante, au tempo souvent lent, à la croisée du métal et de la techno, qui ravit autant les amateurs de house filtrée que les indie kids. Justice pour tous..." dit le Dossier De Presse.

Menteur. Justice réanime la flamme Daft Punk avec une recette à peine mise à jour. On repassera pour la modernité. Mais est-ce que c'est mal ? Non. Est-ce que c'est pas mal ? Euh oui. Les filtres sont bidouillés, le mix balancé à la Route du Rock ressemble aux mix servis dans toute l'Europe, à un sample des Klaxons près. Pas d'avant-garde électro là-dedans. De toutes façons, ce n'est pas ce que quiconque y cherche.

Tubesque, épique, grandiloquent. Défonce-moi le tempo et je danserai jusqu'à la mort. Et ça fonctionne très bien, les gens lèvent les mains, bougent leur corps. Quel est le boulot du critique de concert quand les gens s'y amusent ? C'est facile de démonter un concert de The National où tout le monde s'emmerde. C'est autre chose que de baver sur Justice quand le peuple a attendu leur descente de croix dans la pluie jusqu'à 2h30 du mat'.

Non, c'est pas nul, c'est très bien fait. Non, c'est pas bien non plus, leurs ficelles musicales ont des gueules de câbles pour paquebot. En une heure, on a le temps de danser, de sauter et de s'emmerder. Sans surprise (on est pas chez Fatboy Slim) mais avec conviction. On trouvera surtout chez Justice ce qu'on veut y trouver, du génie ou de l'escroquerie, parce qu'au fond ces mecs ne sont que des marchands de fun. Comme dans une montagne russe, tout l'intérêt réside dans la première fois.




Youtube de l'été #32 : Pixies - Here Comes Your Man (1989)

Posté par Kris le 16.08.07 à 15:56 | tags : rock, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Grands papes de la culture indie et pop, les Pixies ont su drainer malgré eux un large public et sans réelles vélléités de descendance artistique. Les Pixies, c'est un peu la force tranquille, l'effet papillon du rock, l'intensité pure de la pop-rock, sans fards ni anicroches. Un an après leur premier album Surfer Rosa, qui ne connut pas un réel succès commercial, les Pixies sortent leur second album Doolittle sur lequel figure "Here Comes Your Man", second single de l'album. Plus pop que leurs chansons habituelles, "Here Comes Your Man" fut le seul single à rencontrer le public populaire avec "Monkey Gone To Heaven". Ecrite par un Blake Francis adolescent et non retenu par Steve Albini pour Surfer Rosa, "Here Comes Your Man" parle de tremblements de terre. On ne dirait pas, hein ?

Et pourtant, malgré des textes toujours abscons et parfois incompréhensibles, les Pixies ont su implacablement faire sonner aux oreilles du monde des chansons rock, parfois pop, mais toujours indie, soit à mi-chemin entre les tendances. Idoles non cachées de Kurt Cobain ou de Thom Yorke, soit une grande partie de la culture musicale nineties, les Pixies sont ce groupe qu'on aimerait dire inconnu pour se la raconter, mais que finalement tout le monde aime sans concessions. "Here Comes Your Man" réunit ces grandes lignes des valeurs des Pixies, entre musique accessible et compositions rigoureuses, valant son pesant de cacahouètes pour son intro malicieuse et son coda épique à bout de tout. Here Come The Pixies !




Elvis, pas si mort que ça !

Posté par LovelyRita le 16.08.07 à 12:42 | tags : anniversaire, rock, télévision, usa
Père du rock parmi d'autres, Elvis Presley s'est éteint il y a tout juste 30 ans, victime d'une crise cardiaque. Alors que les festivités s'étalent sur une semaine à Graceland, les télés françaises y vont de leur petit hommage. Arte propose ce soir un théma "Elvis Forever" à partir de 20h40. Au programme, GI Blues de Norman Taurog. Le King avait commencé une carrière au cinéma dès 1956, on se souvient de Love Me Tender qui avait remporté un succès inatendu, puis les apparations d'Elvis au grand écran se font de plus en plus nombreuses. Le film GI Blues met en scène Elvis au retour de son service militaire effectué en Allemagne. Après le King devant la caméra, la chaîne balancera Elvis-O-Rama, une émission spéciale de Hannes Rossacher. Interviews, extraits de concerts, images d'archives pour témoigner et illustrer l'importance capitale d'Elvis sur la musique. Cine Cinéma Premier programmera ce soir à 20h45 un téléfilm en deux parties avec Jonathan Rhys Meyers dans le rôle du chanteur. La musique, rien que la musique sur Paris Première qui diffuse à 16h30 Elvis Presley en concert privé, enregistrement vidéo d'un concert en studio du King.



The Coral : Somewhere beyond the sea

Posté par Kris le 16.08.07 à 10:24 | tags : rock, pop, folk, disques de l'été, uk
Je n’ai jamais été réellement accroc à The Coral, musique toujours appréciable certes, mais jamais épris, jamais emmené au-delà de leurs classieuses compositions, jamais transcendé à l’écoute de l’un de leur trois albums. Mais ça fait toujours bien d’aimer The Coral, surtout si on aime les La’s, si on aime Oasis, si on aime The Divine Comedy, car les Liverpuldiens sont les BCBG du rock, comme les Strokes un peu. Toujours posés et aux influences respectables et variées, aimer The Coral est « in ». Pas de chance, leurs albums m’ont toujours paru bancals, un peu trop et en même temps pas assez. Trop fouilli parfois et allant trop n’importe où pour n’arriver véritablement nulle part. Pas assez de conviction souvent, c’est joli, c’est mignon mais pas assez vigoureux pour que l’on y croit réellement, exceptions faites de "Dreaming Of You" et "In The Morning" (ou comment ne pas se mouiller). En revanche, ce qui fait la force des Anglais, c’est bien la finesse et l’incroyable présence de leurs textes accompagnés de compositions aux mélodies amples et bien construites. Le chant de Skelly, jamais résigné, jamais dépréciateur, mais toujours expressif joue également beaucoup à la plus-value sans pareil de la plume lyriciste de The Coral. Cette qualité n’était – superbement – entrevue que par moments sur les opus précédents, mais de quelle manière "When I’m dreaming of you, oh what can I do ? / I still need you but I don’t want you now" sur "Dreaming Of You", "Don’t put your hands in careless hands / Those careless hands they don’t understand" sur "Careless Hands".

Alors on n’attendait que modérément ce Roots & Echoes. Et même s’il ne nous fera pas profondément changer d’avis sur The Coral, c’est probablement l'album qui résume le mieux leur œuvre. Forcément, il ne sera pas parfait. Forcément, j’entends déjà les bâillements. Il n’empêche que comme toute la discographie du groupe, Roots & Echoes a ses grands moments comme ses moins bons moments. Lyriquement, c’est encore du tout bon, même s’ils sont encore loin d’un Neil Hannon ou d'un Jarvis Cocker, et le plus étonnant c’est que les compositions tiennent bien la route. Plus cohérent sur la longueur que ses prédécesseurs, Roots & Echoes est surtout mieux construit. On reprochera cependant à The Coral cette sempiternelle inconstance à ne pouvoir délivrer à chaque fois la chanson parfaite, celle dont on se souviendra dans des décennies, malgré leurs capacités évidentes et les lueurs apparentes. Il suffit de prendre "Put The Sun Back" avec son premier couplet fracassant de vérité, d'innocence et d’empathie, tandis que le refrain massacre tout par la convenance de son rythme et de ses mots. Mais plus on écoute l’album, plus des choses se révèlent, et plus The Coral semblent en savoir plus qu’il n’en paraît. Chaque chanson est une expérience, une tranche de vie à vif, prise sur le moment, en flagrant délit d’omniscience. Chaque titre respire une certaine spiritualité, prenant compte de tous les éléments alentour pour en créer un condensé, un pot-pourri d’émotions. Alors Roots & Echoes sonne mieux qu’on ne pouvait s’y attendre amalgamant le bon et le mauvais, pour n’en retirer que l’essentiel et le véritable, la vie et ses travers, ses sentiments qui gravitent et nous échappent constamment. En cela "Who’s Gonna Find Me" est triste et "Jacqueline" est belle, "Rebecca You" est lyrique et "Cobwebs" est sublime. Ainsi The Coral s’écoute et puis s’oublie avant de peut-être se voir redécouvert dans cinquante ans comme relique d'un passé intemporel, témoin anachronique d'une époque inconnue au côté de ses contemporains des Shins et de Neutral Milk Hotel.

The Coral, Roots And Echoes (Deltasonic/Sony BMG, juillet 2007)




Art Brut, concert éthylique

Posté par 2goldfish le 16.08.07 à 00:46 | tags : live, rock, route du rock

Art Brut, c'est les Smiths bourrés ou, vraiment, n'importe quel groupe de rock anglais de ces cinq dernières années... bourré. Eddie Argos chante - ainsi que me le glisse très justement Totom - comme Robert Smith parle (bourré, ajouterais-je). Il a une présence dingue et irrésistible. Ce concert restera forcément comme le plus drôle du festival. On se marre constamment tant qu'on comprend ce qu'Eddie raconte (je l'ai perdu sur deux ou trois morceaux, malheureusement, où sa diction devenait pateuse).

Le groupe derrière joue un rock assez bateau, parfois avec les mêmes tics rythmiques que The National et toute l'Angleterre mais avec un flottement et une classe qui évoquent la technique de l'homme saoul de Jackie Chan. Tout semble joué à côté, tenir a peine debout et pourtant le groupe ne tombe jamais, il ne trébuche même pas. Il faut dire qu'il a le temps de retrouver son équilibre pendant les diatribes d'Argos qui nous raconte sa rencontre imaginaire avec Jay Z ou qui s'amuse à citer Morissey ou les Undertones. Je ne saurais dire s'il avait vraiment bu, ça fait longtemps que je sais que l'ivresse est la chose la plus facile à feindre, mais peu importe : il s'agissait d'un grand numéro de music hall. The Go! Team aura du mal à faire mieux.




The National, de la boue jusque dans les oreilles

Posté par Flyer le 15.08.07 à 23:25 | tags : live, rock, route du rock

Ce qu'en dit le dossier de presse.

"The National n'en finit plus de nous émerveiller : après un Alligator mordant, c'est au tour d'un Boxer racé de nous mettre KO. Avec une classe affolante, les New-Yorkais enchaînent les chansons d'une beauté fièvreuse, mélanges de spleen et d'espoir, aux éclats dramatiques."

New York, New York... Il y a déjà trop d'adjectifs bidons dans ce dossier de presse pour être sincère. Je le sais, j'en écris aussi. Allez, je vous l'avoue, je n'ai jamais aimé The National. Deux albums qui ont la grâce d'un pet et trois concerts avec celui qui vient de s'achever à la Route du Rock : trois grandes plages d'ennui qui m'ont donné l'impression de gâcher mon temps, ma vie et mes oreilles.

Qui aime The National ?
Les fans de U2, les mecs qui disent aimer Joy Division sans jamais l'écouter, les gens qui ont un faible pour les costards sur scène. 2goldfish et Totom chantaient "With or Without You" sur la musique sans que ça détonne, le batteur est une blague, le chanteur aimerait ne pas en être une, le trombonniste prenait des faux départs. Une heure et des brouettes de peine, dans la pluie fine et traitresse de cette salope de contrée bretonne grise et triste comme le talent de ce groupe honoré pour tant de mauvaises raisons.

Que faut-il faire pour aider The National à mieux jouer ?
Leur couper les deux mains à tous.




Route du Rock : Départ humide

Posté par 2goldfish le 15.08.07 à 21:59 | tags : live, rock, route du rock

Je suis toujours d'un optimisme bon enfant quand ces choses là commencent. Bien sûr nous verrons les premiers concerts au palais du grand large Sony Ericsson. Evidemment ce ne seront pas les seuls concerts qu'on verra au sec. Trempé jusqu'aux os, les pieds glissants dans la boue quand je tente de monter vers les hauteurs de l'espace presse pour vous écrire ce petit billet après avoir seulement assisté au concert d'Herman Dune, je ris de ma propre innocence. Pourquoi a-t-on choisi de faire l'expérience jusqu'au bout et de camper cette année, déjà ? J'entends déjà les djembés dans ma tête, avant de les entendre sans doute toute cette nuit sous ma tente, si jamais le battement de la pluie sur la toile laisse leur son me parvenir.

Herman Dune, il n'y a pas grand chose à en dire : c'est gentil, parfois dansant, vaguement ennuyeux, un peu mignon. Leur ambition semble être de sonner comme la bande son d'un film de Tarantino. Ce qui veut dire un peu rétro, cuivré et (tant qu'ils n'apparaitront pas sur cette bande originale de film) totalement oublié. Objectif atteint.




Youtube de l'été #31 : The La's - There She Goes (1988)

Posté par Kris le 15.08.07 à 19:06 | tags : pop, rock, tubes de l'été, uk, vidéos musicales, youtube

En 1988, la musique commence à voir se profiler une lame de fond, notamment en Amérique où Sonic Youth sort son chef d'oeuvre Daydream Nation, et où du côté de Seattle la scène grunge commence à bouillonner sévèrement avec le premier album de Mudhoney où figure le single "Touch Me I'm Sick", tandis que Nirvana sort son tout premier single "Love Buzz/Big Cheese". Certes Jackson et Kylie Minogue sont prédominants sur la scène pop internationale, mais sous cette facade se forgent les premières grosses émergeances issues de groupes alors peu connus, mais on ne peut plus importants, comme Sonic Youth ou The Melvins aux States, ou bien les Smiths en Angleterre.

Et justement, en Angleterre, du côté de Liverpool, un petit groupe du nom de The La's, formé autour de Lee Mavers et John Power s'insurge musicalement contre l'envahissante et remuante scène de Madchester. Alors que les Stone Roses ou les Happy Mondays exultent sur scène menant large sur l'éclectisme de leur musique, les La's annoncent une soft revolution, marquée par un retour aux sources, puisant dans le folk des sixties pour revenir à l'essentiel. Les Liverpudliens, soutenus par Morrissey, sortent leur second single en 1988, "There She Goes" qui paraît en catimini, mais promettant un bel avenir aux La's. Le single ressortira en 1990 pour une réédition triomphante pour la sortie du premier et unique album du groupe, simplement appelé The La's.

Hymne pop à l'ancienne alors que l'époque vénère les sons hybrides, les expérimentations et autres facéties musicales, "There She Goes" assène un revival pop-rock à une Angleterre ne berçant alors qu'au rythme de Madchester et ses dérivés. On voit bien d'ailleurs sur cette vidéo du passage des La's à la télévision anglaise leur anachronisme musical et social, avec son public dansant et extatique dans un décor psychédélique alors que "There She Goes", chanson d'amour et folk est chantée par des anti-sex symbols, statiques et scéniquement stoïques. The La's annonceront la future scène britpop (au moins sur le versant Oasis, Supergrass, The Verve) qui sévira dans les années 90, bien plus que les Stone Roses, tant dans l'attitude que dans la musique.




Echauffement du Rock 2007

Posté par Flyer le 15.08.07 à 17:30 | tags : live, rock, route du rock

Il n'y a que du journaleux qui hante le Fort de Saint Père pour l'instant. Les roadies s'amusent avec les instruments en faisant semblant de travailler, Goldfish et moi traînons nos guêtres dans l'espace presse encore désert et mangeons des bonbons France Inter qui rendent cultivé en espérant que Coca Cola nous installera une machine à soda comme l'année dernière. Qui a dit "parasite" ?!! A part ça, il fait beau, la tente est bien montée. C'est la fête et il n'y a pas de tempête prévue. A bientôt pour la suite des aventures.




Shake Your Baby Maker !

Posté par 2goldfish le 15.08.07 à 17:00 | tags : hip hop, rigolo, vidéos musicales, youtube
Qu'est-ce qu'il y a de mieux dans ce clip de Plastic Little ? Les bébés, le beat façon hollertronix, le slogan "shake your baby maker" ou le fait qu'il fasse partie d'un DVD à venir "She's Mature - The Musical" ? Peu importe, tant que vous ne regardez pas cette vidéo au travail, c'est du tout bon. Plastic Little fait dans le mauvais humour, celui auquel on devrait avoir honte de rire. Moi je m'en fous je mets le tag rigolo et je secoue mon baby maker.
 



Albums cultes des géants du bizarre 7 : Plastikman - Consumed

Posté par Maxence le 15.08.07 à 13:29 | tags : électro, culte et bizarre, techno

Etoile noire au sein de la galaxie techno des 90's, le Consumed de Plastikman (aka Richie Hawtin) mérite largement de se trouver aux côtés des géants du bizarre et de ses albums cultes, malgré son caractère purement électronique. Sur ce disque imposant, le quatrième sous son pseudo d'homme caoutchouc, le Canadien diffuse un souffle rauque et diffus d'asthmatique, qui doit beaucoup à la dark house dubby des allemands de Basic Channel/Chain Reaction et surtout au M Series de Maurizio. Tout au long de ses 74 minutes, Consumed est dominé par une basse ronflante et lointaine qui vaporise littéralement la rythmique sur tout l'album, berçant l'auditeur dans un ronron robotique. Mais attention ! La musique de Richie Hawtin, est loin d'être soporifique, simplement elle ne ressemble à aucune autre. L'ensemble vaut pour son caractère de fascination et la rigueur monomaniaque de ses compositions. De fait Consumed dégage une puissance contenue et une profondeur pleine d'écho, de sons métalliques et de réverbérations, un peu à la manière du dub, mais en version digital. Toute faite pour l'écoute à l'horizontale, au casque de préférence, cette musique est à des années lumières du dancefloor.

A l'époque, le canadien vit encore à Windsor, une ville située, et ce n'est pas un hasard, à quelques encablures de Detroit, et il est déjà l'un des grands visionnaires techno. Mais c'est véritablement à partir de la trilogie entamée par Sheet One, poursuivit par Musik et close par ce Consumed d'anthologie, que le jeune homme s'impose comme un véritable zélateur du minimalisme. Il prêche alors pour un rythme nu et hypnotique, sans concession. Adepte du perfectionnisme, il compose avec brio une techno sobre et percutante évoquant des paysages sonores narcotiques et inquiétants mais non dénués de mélodies. Celles-ci sont principalement présentent sous forme de nappes éthérées au caractère science-fictionnesque (on pense parfois au Vangelis de Blade Runner sur des intertitres comme "Passage (in)"). Consumed, marquera une nouvelle étape dans la carrière d'Hawtin. Plus confinée, sa musique gagne paradoxalement en ampleur et en émotions, même s'il s'agit là de bien sombres impressions : isolement, perte de repères, asthénie... Mieux maîtrisée sur Consumed que sur ses précédentes productions, la musique de Plastikman envoûte littéralement son auditeur et Hawtin réalise une véritable mise en abîme électronique. Beaucoup y virent le signe prophétique de la fin de la techno. Etrangement, c'est justement au court des années qui suivirent qu'elle se révéla plus vivace que jamais. Il faut croire que le son janséniste et austère du Canadien aura recentré le propos. Après des années de house trop commerciale et de techno trop rapide et trop forte, Consumed préfigurait avec brio et une décennie d'avance, le retour à une musique électronique de qualité et la vague minimale triomphante actuelle. Une ligne de conduite qu'Hawtin n'aura de cesse de défendre tout au long de sa carrière et qu'il respecte encore. Assurément culte !

Plastikman - Consumed(Novamute/Labels 1998)




Route Du Rock 2007 : Homerpalooza !

Posté par 2goldfish le 14.08.07 à 16:59 | tags : live, rock, route du rock

Comme chaque année maintenant, Playlist sera à la Route Du Rock ces trois prochains jours pour vous raconter ce que vous n'avez pas entendu, pauvres vous qui êtes chez vous, et pour gâcher le plaisir de ceux qui y seront en sur-analysant des moments magiques jusqu'à vider vos têtes des étoiles que la musique y aura mis.

J'ai cherché vainement un thème à la programmation de cette année : un retour au rock, peut-être, avec Sonic Youth, The Smashing Pumpkins, Electrelane et Art Brut, ou bien un retour des gros noms (les deux premiers de la liste précédente), sauf qu'il y a aussi pas mal d'éléctro branchée avec Justice, LCD Soundsystem, Fujiya And Miyagi. On mettra CSS quelque part entre les deux et on devra trouver où caser Final Fantasy, Woven Hand, The National, The Besnard Lakes et un cuisinier (un vrai, qui va faire un show culinaire mais je vais sans doute arriver trop tard pour découvrir en quoi ça consiste).

Il aura fallu, à ma grande honte, que j'aille faire un tour sur le site non officiel de la route du rock (l'officiel et par là, tant qu'on y est) pour réaliser que le thème de cette année, c'est Homerpalooza, le mythique épisode des Simpsons qui réunissait entre autres Sonic Youth et The Smashing Pumpkins. La situation justifie d'imiter avec enthousiasme la voix d'Homer pour quelques "wou-ouh", "D'Oh" et "Wi-ti-ti". Allez y personne ne vous entendra.




Youtube de l'été #30 : Beastie Boys - (You Gotta) Fight for Your Right (to Party!) (1987)

Posté par Kris le 14.08.07 à 12:43 | tags : hip hop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Coup du sort, incompréhension du message, malentendu couronné de succès, comme "Born In The USA" de Springsteen sorti deux ans auparavant, "(You Gotta) Fight For Your Rights (To Party!)" connaitra un énorme succès aux Etats-Unis sur un message qui n'est pas le sien, basé sur une fausse métonymie, un faux-semblant où nombreux se sont engouffrés pensant trouver un fort slogan à grand renfort de crédibilité artistique. Les Beastie Boys sont de grands clowns, créatifs et fulgurants, mais à l'époque de leur premier album Licensed To Ill sorti en 1986, on ne le savait pas encore réellement.

Ainsi, sur un riff de Deep Purple, les Beastie Boys chantent cette parodie de chanson contestataire, rappant sur un thème alors récurrent des jeunes des blocks, bien que la ségrégation des noirs se soit quelque peu résorbée, et que les Beastie trouvent parfois poussif. Aux paroles triviales et teen-friendly ("You wake up late for school, man you don't wanna go" / "You ask you mom, "Please?", but she still says, "No!"") et au refrain en figure de cri de guerre contre la société répréssionnaire, il n'en faut pas plus pour faire de "(You Gotta) Fight For Your Rights (To Party!)" un succès et lancer les Beastie Boys sur les routes de la notoriété.

Prise à contre-sens par la grande majorité du public alors que les paroles demeurent tout de même explicitement dépréciatives et infantilisantes, cette chanson est un cadeau empoisonné au début de la carrière des New-Yorkais. Les Beastie Boys n'assument d'ailleurs pas tout à fait ce premier succès (ils n'ont plus joué "(You Gotta) Fight For Your Rights (To Party!)" en live depuis 1987) "La seule chose qui m'embête est que cette chanson ait pu renforcer des valeurs chez notre public alors que les nôtres sont totalement différentes" déclare Mike D. Si le message ne sera pas bien passé, la musique des petits protégés de Rick Rubin en revanche fera date en popularisant un genre qui ne fera que s'émanciper de plus en plus...

 




Albums cultes des géants du bizarre 6 : Pere Ubu - Dub Housing

Posté par Maxence le 14.08.07 à 10:47 | tags : punk, new wave, culte et bizarre, rock

Concernant Pere Ubu, il est difficile de tirer un album et un seul dans une discographie essentiellement dédiée au bizarre. Cependant, si l'on devait isoler un album culte ET bizarre, alors Dub Housing s'impose d'emblée. D'aucun auraient certainement préféré The Modern Dance, assurément culte, mais beaucoup moins étrange. Le premier véritable album de Pere Ubu était surtout une subtile variation post-punk à l'américaine, alors que derrière sa sombre pochette représentant une vue nocturne de l'appartement de Cleveland dans lequel les membres du groupe vivait en communauté, ce deuxième effort surpasse carrément toutes tentatives de classification. Sur Dub Housing, point de dub contrairement à ce que laisse entendre son titre. Dés les premières notes trémulantes de "Navyy", sorte de pop song mutante bousculée par la voix stridente, il faut bien le dire, du leader David Thomas, l'auditeur sait qu'il est ailleurs. On est proche ici des pitreries dadaïstes d'un Captain Beefheart et du Magic Band ("On The Surface", l'éponyme "Dub Housing"), mais aussi du Rock Bottom de Robert Wyatt (le magnifique "Codex"). Nous sommes en 1978, et ce qui est surtout évident ici, c'est la manière dont le groupe invente la new wave facilement deux ans avant que les journalistes, eux, n'inventent l'étiquette ! Il n'y a qu'à écouter la guitare de Tom Herman sur "Dub Housing" le morceau, ou "Caligari's Mirror" pour s'en convaincre.

Du côté des instruments, c'est orgue, hautbois, clarinette, saxophone, synthétiseurs primitifs et surtout l'organe si particulier de Thomas, qui participent à un sabbat de sorciers ivres au parfum underground et arty. Des morceaux comme "Thriller !" sont, de fait, totalement inintelligibles pour le rock, et même le punk, de l'époque : bruitages sinistres, voix ralenties, absence totale de mélodie, guitare atonale, extrait de dialogue capté sur une vieille télévision, Pere Ubu s'invente ici, un univers sonore unique à base de sons proprement inouïes dont les oscillations électroniques de l'instrumental "Blow daddy-O" forment la colonne vertébrale. L'album n'est pas pour autant dénué de brûlot garage punk surréaliste ("l Will Wait"), d'improbable reggae bancal ("Drinking Wine Spodyody" un morceau dont je ne voix que "The Sad Skinhead" sur Faust IV pour rivaliser d'étrangeté), de "dance music" néo-pop proto-new wave ("Ubu Dance Party") ou de ballade neurasthénique absolument inoubliable (j'insisterais encore une fois sur "Codex" le morceau de cloture, si vous ne pleurez pas sur ce titre, ou si vous n'avez pas de frissons, laissez tomber la musique.) En conclusion, aussi culte et bizarre qu'il puisse être, Dub Housing fait parti de ces albums étranges et parfois agaçants à la première écoute, mais qui deviennent vite addictifs puis indispensables. Un classique précurseur, un disque incontournable.

Pere Ubu - Dub Housing (Chrysalis 1978, réédité par Cooking Vinyl en 1999)




Compost présente Elaste Vol. 1 : Cosmic Discoteca

Posté par Maxence le 13.08.07 à 19:30 | tags : à lire, disco, disques de l'été, électro, label

Cosmic again ! Cette fois c'est d'un vrai polaroïd historique qu'il s'agit. Un cliché pris sur le vif de l'ambiance qui régnait dans le club qui a vu la naissance du "cosmic sound" entre 1977 et 1979 : la Discoteca Cosmic. Comme nous l'expliquions il y a une semaine, le cosmic disco est une congruence de styles parfois disparates, mixés de façon extrêmement créative par un fameux DJ italien, Daniele Baldelli. Le club lui-même devait son nom à sa décoration futuriste inspiré de la science-fiction des années 70. La cabine du DJ était par exemple incrustée dans une structure de type casque de spationaute, etc. C'est cette atmosphère que veux nous faire revivre le label Compost et DJ Mooner avec cette fabuleuse compilation Elaste Vol.1. Sous-titré "Slow Motion Disco", ce premier volume d'Elaste propose des classiques instantanés joués par Baldelli et les DJ du Cosmic Club, comme The Rah Band, Clive Steven's & Brainchild, Love International, Logic System, Chris & Cosey ou Peru. Comme l'indique son sous-titre, cette version "cosmic" du disco d'origine était fortement lymphatique, plus baignée de psychédélisme qu'investit de beat, même si celui-ci comme dans toute musique de "dance" constituait bien sûr la structure de base autour duquel tournaient percussions tribales, effets synthétiques et bruitages étranges. 95 et 100 bpm était alors un maximum.

Cette prédisposition à l'évasion et à la transcendance, son côté cérébral et "trippé" devait bien entendu attirer les freaks et les dealers de tout poil. Le cosmic sound a rapidement gagné la réputation de musique "de drogués", qui en fit un peu la bête noir de la musique électronique de l'époque (ça, et la tendance affichée par les médias, pratiquant l'amalgame entre "disco des origines" avec ses excès, tant artistiques que commerciaux et sa version cosmic plus underground). Evidemment, l'usage de stupéfiants et en particulier d'héroïne joua donc un grand rôle dans la saga cosmic mais c'est malheureusement aussi ce qui causa la perte du club et provoqua sa fermeture en 1984. Cette musique et ses DJ emblématiques n'eurent pas le temps de s'exporter et l'art du "cosmic mix" tomba dans l'oubli... jusqu'à aujourd'hui, puisque, comme vous le savez si vous lisez régulièrement Playlist et sa rubrique "Disco", ainsi que la bonne presse musicale ou les blogs avertis (ici, ici ou ici), cette école fait de nouveau la une. En Allemagne (Compost), en Norvege (Lindstrom & Prins Thomas, Rune Lindbæk, Todd Terje, etc.), en Angleterre (DC Recordings) en Belgique (Eskimo records, le mail order Flexx) et en France (Dirty Crew, Tigersushi, Black Devil Disco Club, etc.), on ne compte plus les labels et artistes rééditant perles cosmic, mais aussi Italo, un proche parent plus kitsch 80, et "mutant disco", encore une variation plus rock, parfois même punk venant de New York. Même Robert Wyatt s'y met (merci David F), en compagnie de Bertrand Burgalat de Tricatel avec le single "This summer night" (en écoute sur la page d'accueil du label). Gageons que cette musique n'a pas fini de nous passionner.

Nous parlerons d'ailleurs prochainement de l'excellente compilation du tout jeune label américain Italian do it Better, qui réactive le genre italo en nous offrant une nouvelle compilation digne de I-F Mixed Up In The Hague Vol. 1 ou du Unclassic de Morgan Geist, et qui nous viens cette fois du New Jersey ! En attendant n'hésitez pas à vous rendre sur le profil myspace d'Elaste où pour une fois, vous trouverez du contenu avec toute l'histoire du Cosmic Club. Idem pour le fameux magazine Discopia proposant interviews et chroniques des cadors de la constellation nu-disco et des autres, et last but not least, checkez cette page en italien proposant des photos unique des abords et l'intérieur de la Discoteca Cosmic. Pour finir ruez vous également sur ce très bon mix de Trakse, ambiance space disco garantie, qui s'accordera très bien avec les images (merci à lui) !

Compost présente Elaste Vol. 1 - Slow Motion Disco (Compost/Nocturne)




Youtube de l'été #29 : New Order - Bizarre Love Triangle (1986)

Posté par Kris le 13.08.07 à 17:58 | tags : new wave, tubes de l'été, uk, vidéos musicales, youtube

Qui l'aurait cru ? En quelques années, après la mort tragique de leur leader et chanteur Ian Curtis, les musiciens de Joy Division dès lors New Order deviennent l'un des piliers de la new wave et de la musique synthétique. En 1980, alors que l'Angleterre résonne à la léthargique et sombre cold-wave, Joy Division groupe emblématique de cette période perd son chanteur, trouvé pendu dans sa cuisine. Le reste du groupe, Peter Hook, Bernard Sumner et Stephen Morris, à qui l'ont promettait de ne plus pouvoir se relever après un évènement comme celui-ci, firent totalement l'inverse et fondèrent New Order, créant une rupture nette entre le post-punk de Joy Division et leur nouvelle orientation, synthétique, hybride et clairement plus lumineuse.

En 1986 paraît le quatrième album de New Order, Brotherhood, époque où le groupe est noyé dans sa quête d'expérimentations électroniques et synthétiques. Le single phare "Bizarre Love Triangle" est un succès et bastonne les charts américains, et n'atteint étonnamment pas le même succès au Royaume Uni. Totalement imprégné du son eighties avec ses synthés à tout va et ses séquenceurs à gogo, "Bizarre Love Triangle" brille par l'absence de la guitare qui était encore présente dans les albums précedents, qui ne refera sa réapparition notable qu'avec l'album Get Ready en 2001. New Order est alors un groupe de la culture club, composant des hymnes populaires comme ce "Bizarre Love Triangle" ou "Blue Monday". On aurait donné peu cher de leur peau après le suicide de Curtis, et les voici pourtant dans les années 80 sur les chemins tracés par Kraftwerk et Moroder. Et si Doherty était mort en 2003, vous auriez vu Barat et les Libertines se reconvertir dans le grime ? Aujourd'hui, Hook et Sumner ont annoncé le split de New Order... pour combien de temps ?




Stars : des gentils

Posté par 2goldfish le 13.08.07 à 14:58 | tags : pop

Il y a un très facile et surtout très mauvais procès à faire aux Canadiens de Stars dans lequel on les accuserait d'être tièdes, timides dans leurs "expérimentations" et désengagés dans leurs chansons. D'être, en bref, "bourgeois" selon la terminologie employée par ce gros connard de l'accusation que je suis en train d'imaginer (il porte un bouc et une édition deluxe anniversaire collector trois CD de Never Mind The Bollocks). Ahem. Excusez moi, je divague.

La raison pour laquelle ce procès serait le mauvais, c'est que Stars n'aurait qu'à plaider coupable et s'en retourner chanter le romantisme des relations stables et le monde vu à travers la fenêtre d'un douillet nid d'amoureux dans le centre de Toronto. On peut protester tant qu'on veut, il y a bien des gens dont c'est la vie et ils ont droit aussi à leur musique. Il y a peut-être même un courage chez qui vit et écoute la musique de Stars que n'a pas le cadre trentenaire qui écoute Slayer dans son monospace en allant au boulot après avoir déposé ses gamins dans une école privée. En tant que simple spectateur je me garderais bien de tout jugement.

Dans ce contexte, le fait même d'être relativement conservateur musicalement (sans être non plus un groupe rétro) fait partie de l'idéal esthétique de Stars. On pourrait même dire que parce qu'il ne contient pas un titre à la hauteur de leurs "sommets" passés ni aucun de leurs plus mauvais morceaux non plus, leur nouvel album In Our Bedroom After The War est leur plus réussi. Si ce n'est pour quelques aventures de temps en temps dans le club échangiste qu'est Broken Social Scene, le couple formé par les chanteurs Torquil Campbell et Amy Millan ne serait que le plus mignon et le plus lisse de tous. Le plus étonnant étant qu'ils parviennent à transformer cette expérience en quelque chose de toujours au moins un peu intéressant au lieu d'être un simple groupe pour bobos de plus.

Le bon procès qu'on pourrait leur faire, d'un autre côté, serait celui de se prendre pour un groupe "littéraire" dans la lignée des Smiths. Qu'ils chantent sur ceux qui font la révolution sur "Barricade" et "Take Me To The Riot" au lieu de chanter la révolution, ou chanter sur la révolution, on ne peut pas leur reprocher, mais ils le font trop souvent de façon peu habile et très convenu. Ils n'ont pas le talent pour ça de Morrissey ou même de Ray Davies, ni non plus l'humour de Steely Dan dont ils imitent ici parfois quelques tics. Ils restent cependant dans leur catégorie parmi les plus intéressants et pourraient bien n'être qu'à une chanson de la starification starbuck.

L'album de Stars, In Our Bedroom After The War, est disponible sur l'iTunes Music Store, le CD sortira le 25 Septembre




Does It Offend You Yeah ? - Weird Science (youtube)

Posté par LovelyRita le 13.08.07 à 11:04 | tags : électro, rock, vidéos musicales, youtube
Does It Offend You Yeah ?, c'est le tout nouveau groupe qui pompe Justice qui ont eux-mêmes pompé Daft Punk. Does It Offend You Yeah ? (Est-ce que ça vous blesse, choque, dérange ?") semble miser sur son potentiel provoc' et dérangeant. Duo, comme qui vous savez, DIOYY, débarque d'outre-manche et s'est fait connaître via son myspace et a d'ailleurs remixé "Around The World" (bon, comme ça la boucle est définitvement bouclée). Voilà dès lundi matin, Playlist vous balance sa vidéo glauque de la semaine, oui, c'est cadeau !
 



Youtube de l'été #28 : Madonna - Into The Groove (1985)

Posté par Kris le 12.08.07 à 11:28 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Cyndi Lauper ouvrant la voie aux femmes dans la pop, Madonna va prendre le relais avec son second album Like A Virgin, qui sort en fin d'année 1984. Après avoir galeré de nombreuses années, la Madonne, forte d'un premier album Madonna vendu à 10 millions d'exemplaires, veut frapper un grand coup, un énorme. Like A Virgin se vend à 25 millions d'exemplaires et devient l'équivalent féminin de Michael Jackson. Chanteuse, danseuse, icône glamour et sex-symbol, frivole, pétillante, charismatique, Madonna n'aura jamais été autant à sa place que dans les années 80. Nettement plus que dans les années 2000 en tout cas...

"Into The Groove" est une des grandes chansons de Madonna, symboliquement et musicalement, elle atteint à cette période la meilleure formule de son style rythmé, faussement candide, réellement allumeur et à l'identité pop flamboyante. Empruntant à la disco, au funk et au R&B, Madonna donne une vivacité à ses prestations et à ses chansons taillées sur mesure pour elle. "Into The Groove" faillit ne jamais se faire remarquer, ne faisant même pas partie initiallement de l'album Like A Virgin, mais de la bande originale de Recherche Susan Désespérement dans lequel Madonna joue. Le single sera intégré à Like A Virgin en 1985 lors de sa sortie en Europe, et fera un carton partout sauf aux Etats-Unis, qui a privilégié (à tort) le single "Angel".

Figure du rêve américain, impétueuse et provocatrice, la Madone des années 80 reste encore l'une des références d'une génération allant de Philippe Manoeuvre (sic) à Sally Shapiro, en passant par Sonic Youth dont l'un des side-project s'appelera d'ailleurs Ciccone Youth en hommage à la chanteuse, et en reprenant "Into The Groove". Certes la Madonna d'aujourd'hui semble complètement à la ramasse, il n'empêche que comme Michael Jackson, il y a vingt ans, la demoiselle était un monument de la pop, de la musique, et dancing queen des années 80. Ca me parait déjà pas mal.





Youtube de l'été #27 : Cyndi Lauper - Girls Just Want To Have Fun (1984)

Posté par Kris le 11.08.07 à 16:46 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Les synthés cheap nous avaient manqués. Les années 80 commencent à s'imprégner de plus en plus, prédominant et trouvant ses marques au sein de la société. Cyndi Lauper, chanteuse américaine, fait partie de ces figures institutionnelles de la pop sucrée et colorée de l'époque. Excentrique, éxubérante et marginale, Cyndi Lauper sera la première figure musicale populaire féminine à s'imposer de manière aussi significative, et surtout indépendante. Son succès avec son premier album She's So Unusual marquera l'ouverture à la fois à l'extravagance assumée, mais également aux femmes, sous les spotlights de la notoriété. Elle ouvrira ainsi le bal aux futures starlettes de la pop comme Madonna ou Kylie Minogue.

Grande chanson kitsch, tant par les allures de déjantées de Lauper que par ce son typiquement eighties, "Girls Just Want To Have Fun" est un appel à la joie, à la libération de soi et à l'insouciance, entre la tendresse d'un claquot sur les fesses, la sophistication précieuse des Cramps et la finesse d'un clip de Wham. En cela, cette chanson s'est vue réapproriée par les féministes, enchantées de voir un message tel que celui-ci entendu à travers le monde, véhiculé à grande échelle par la future toute puissante chaîne MTV. Le clip termine d'ailleurs meilleur clip de l'année sur la chaîne, et la chanson, comme l'album sur lequel il figure, font de Cyndi Lauper l'hégérie (presque) malgré elle d'une époque où presque tout était permis.




Tony Wilson est mort

Posté par Kris le 11.08.07 à 10:09 | tags : cimetière, joy division, new wave, news, youtube

Il avait eu un film à son hommage, 24 Hour Party People, sur son oeuvre son activisme sur la scène musicale mancunienne et par extension sur la scène musicale anglaise, il a porté les valeurs de la culture anglaise au travers des groupes qu'il soutenait et promulguait, Tony Wilson a succombé à une crise cardiaque hier 10 août 2007 à l'âge de 57 ans. Diagnostiqué d'un cancer depuis l'an dernier, Tony Wilson est donc parti. Après la vague de décès de cet été dans le milieu du cinéma, la mort de Lee Hazlewood il y a quelques jours, l'hécatombe continue avec la mort de l'un des plus importants activistes culturels Outre-Manche.

Lançant sa Factory Records permettant à Joy Division puis New Order, aux Happy Mondays, à A Certain Ratio, aux Durutti Column d'éditer leurs oeuvres, Tony Wilson fut aussi l'un des hommes de la révolution "Madchester" grâce à sa boîte de nuit la Haçienda, lieu mythique de mutation culturelle, qui vit l'arrivée de la house en Europe avant d'être une des scènes incontournables de la scène rave.

Quel triste été.

Interview de Tony Wilson en 1988

 




Youtube de l'été #26 : Michael Jackson - Beat It (1983)

Posté par Kris le 10.08.07 à 18:59 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

On aura sûrement tout dit sur Michael Jackson : sa précocité, son talent, son succès, sa descente aux enfers, ses enfants, des enfants, son nez... Il est l'un des plus grands mystères de la musique, tant son numéro de grand huit (succès, chute) aura été vertigineux, dangereux et triste, sa faramineuse popularité aura atteint des sommets rarement vus dans le domaine musical. Thriller sort en décembre 1982 est, et est toujours, l'album le plus vendu de l'histoire avec plus de 100 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Les superlatifs pullulent, les éloges pleuvent pour celui qui aura réussi à remettre sur le devant de la scène une culture noire, un peu en retrait des spotlights depuis les années 70. Thriller place sept de ses neuf titres dans le haut des charts, restant 37 semaines en tête des ventes, mais surtout permet à un public de revenir vers le marché de la musique et ainsi relancer l'industrie musicale.

Pourtant, comme bien souvent, le point culminant d'une carrière marque aussi le signe d'une difficile descente de pente. Et celle de Michael Jackson après Thriller sera spectaculaire, sans précédent et forcément sur-médiatisée. Sans aucun doute, Michael Jackson restera la figure numéro 1 des années 80, mêlant tous les éléments nécéssaires pour créer une culture populaire, ralliant tous et toutes à une nouvelle culture, sa culture. Thriller est une petite merveille, avec Quincy Jones aux commandes, qui rend Michael Jackson de 1982 à 1985 indépassable et sera à l'époque la figure artistique la plus importante du monde. Malgré tout, malgré le statut iconique de la star, la personnalité de Jackson prendra les devants. Rétrospectivement (oui, c'est facile), l'image que donnait déjà the King Of Pop à l'époque laissait paraître certaines idées directrices, certaines visions de la société qui causeront la perte de Michael Jackson.

Notamment, sur la chanson et le clip de "Beat It", puis un message similaire relayé plus tard avec "Bad", où Michael Jackson révèle sa vision d'une société non seulement décadente mais surtout violente. Sur les thèmes de la confrontation, du clivage et de l'affrontement, les chansons de Michael varient de la soul-disco et R&B de Off The Wall à une pop plus rock sur Thriller. Le choix d'inclure le rock est significatif, rendant la teinte musicale plus rude, plus hargneuse et combative. Bien que clichés et un poil kitsch (scènes de combat sur fond de chorégraphie), les clips de "Beat It" ou "Thriller" montrent la manière dont Jackson voit le monde, en constante opposition, en constant affrontement les uns des autres, un monde où la réponse que peut apporter Jackson est son art, sa musique fédératrice, ses pas de danse frénétiques, comme lorsqu'il illumine la vie d'un SDF dans "Billie Jean". En soi, cela explique que Michael Jackson ait été l'un des plus généreux donateurs à des oeuvres humanitaires avec 300 millions de dollars de dons. Mais aussi, cela est révélateur du futur renfermement que va connaître Bambi, en proie à une maladive insécurité, un mal-être intérieur qui le ronge et le dévorera. Alors il chantera, dansera, jusqu'à ce que la mort à petit feu qu'on lui connaît et qu'il va connaître s'en suive. Un éventuel retour laisse dubitatif, même si une improbable surprise en solo ou avec un hypothétique come-back des Jackson 5 comme annoncé par Jermaine Jackson, pourrait encore faire revenir MJ. On a envie d'y croire même si pour nous, Jackson est tombé malade il y a vingt ans, devenant de plus en plus pâle le pauvre garçon, avant de sombrer lentement mais sûrement...

Le Roi de la Pop est mort. Vive le Roi !

 




Albums cultes des géants du bizarre #5 : Spacemen 3 - Playing With Fire

Posté par Maxence le 10.08.07 à 15:06 | tags : rock, pop, électro, culte et bizarre, youtube

"Jouer avec le feu", rarement titre fut mieux trouvé pour un album qui fraie autant avec les forces occultes. Avec Playing With Fire, Spacemen 3 pratique l'invocation, convoquant le plus souvent les forces obscures, mais aussi celles plus lumineuses, qui de tout temps (du blues au metal) habitent le rock. Seulement, eux le font à leur manière. Jason Pierce (futur Spiritualized), Peter Kember (aka Sonic Boom) et Will Carruthers réinventent le blues en l'asséchant jusqu'à l'os. Les leaders, Kember et Pierce sont férus de musique minimaliste et répétitive américaine, et plus particulièrement des travaux de La Monte Young (ce qui, à une époque - 1989 - où la pop indé semble se résumer aux Smiths est assez rare pour être noté). C'est donc uniquement armés d'effets électroniques vintage dont un orgue Vox Super Continental et un boîtier d'effet modulateur Vox Starstreamer pour la voix (sans oublier bien sûr les classiques guitares, basses, batteries) que le trio monte au front, avec l'intention d'offrir au monde leur vision du rock à 360°. Car il s'agit bien de "space rock" ici même si ce trio de Rugby n'est pas composé de hippies, l'album stoogien mais déjà envapé Sound of Confusion est là pour le rappeler. Ils tâteraient plutôt de l'héroïne (entre autre) et à très hautes doses.

Playing With Fire serait d'ailleurs un parfait rêve sous morphine, s'il n'était, oh, à peine, assaisonné de feedback et de fuzz, histoire que le bonhomme ne sombre pas dans la létargie la plus complète. L'album s'avère finalement une prière ambigüe, où les mélodies divines des Beach Boys ("So Hot (Wash Away All Of My Tears)") télescopent le gospel au ralenti de "Come Down Slowly To My Soul" et du poignant "Lord Can You Hear Me", pour finir par s'enliser dans une drone infinie inspirée de Tony Conrad et La Monte Young ("Honey", "Let Me Down Gently", "I Believe It"). Car, s'ils essaient du mieux qu'ils peuvent d'entrer en contact avec le divin à l'aide de toutes les substances illicites possible, les Spacemen 3 n'obtiendront jamais de réponse. Frustrés et devenus enragés, ils décident alors de corrompre leurs hymnes et balancent en plein milieu du disque le démoniaque "Revolution", pur morceau d'ultra-violence de 6 minutes, rappelant autant la fièvre d'un Johnny Cash sous amphés (encore un grand mystique contrarié) que les anathèmes les plus sulfureux des Stooges période Fun House. Pour finir, ceux qui en ont tâté le savent, dans le domaine des drogues dures la descente est souvent difficile. C'est sans doute pourquoi Kember et Pierce clôturent leur album avec "Suicide", autant un hommage au duo new yorkais du même nom que ces deux-là vénèrent, qu'une leçon de furie électrique, véritable manifeste de colère auto-destructice jetée à la face de dieu. Ainsi Spacemen 3 rappel à sa manière, que la Famille Manson aussi (celle de Charles, pas de l'autre épouvantail à moineaux gogothiques) usèrent et abusèrent de ces substances dont on disait qu'elles apaisaient l'âme et rendaient la vie plus douce, avant de pratiquer les pires horreurs. Brrrr.

Une vidéo de "Revolution" est d'ailleurs visible sur youtube, ainsi que de nombreuses autres, donnant une bonne idée de l'univers de ce groupe culte et bizarre.

Spacemen 3 - Playing With Fire (Fire Records 1989, puis réédité par Space Age Recordings en 2003)




String Quartet Tribute : culte ou hérésie ?

Posté par Myosotis le 10.08.07 à 11:06 | tags : classique, élucubration, rock
 
Au rayon curiosités, l'activisme du String Quartet Tribute, formation majoritairement américaine à géométrie variable dont les oeuvres sont encadrées, produites et distribuées par le label Vitamine Records, reste l'une des grandes énigmes de l'histoire des musiques contemporaines. Le groupe (composé de vrais musiciens classiques, parfois venus des plus grands orchestres de la planète) n'a pas d'existence réelle, ni pignon sur rue, donne quelques concerts mais ne vise pas le succès. Tout juste est-il possible d'identifier la prévalence d'un homme appelé Todd Mark Rubbenstein ( www.tmrpro.com) qui semble apparaître sur la plupart des titres et fait office de coordonnateur secret et sans visage de cette obscure franchise.
Les String Quartet Tribute ont un fond de commerce qui consiste à reprendre en formation classique (cordes, orchestre, quartet,...) les plus grands titres populaires, qu'ils fussent rock, rap, soul, reggae, new wave, hardcore, en consacrant 1 album par artiste, à l'image de cet extrait de Nirvana tiré du très bon String Quartet Tribute to... Nirvana évidemment.
La question qu'on se pose souvent à écouter et à collectionner ces disques (le String Tribute to Morrissey vient de sortir, mais je vous conseille aussi vivement le ST to Joy Division, le ST to The Cure, à pleurer de rire, le ST to The Doors, bien meilleur que l'original, etc) est simple : POURQUOI ? AH QUOI BON ?
 
Les deux attitudes se valent alors même s'il faut bien avouer qu'il est souvent (toujours) extrêmement difficile de ré-écouter plus de 2 ou 3 fois un String Quartet Tribute sans avoir l'air ridicule :
- soit la reprise classique de titres pop, rock, rap (le ST to 2 Pac, est un must-have) permet de mesurer les réelles qualités d'écriture ou de composition d'une chanson. Argument débile s'il en est puisque les instrumentalistes du Quartet s'amusent aussi à jouer avec les mélodies vocales par dessus, ce qui brouille clairement le spectre musical stricto sensu:
- soit cette tentative de reprises est purement absurde, ridicule, misant sur le snobisme des fans ou leur mauvais côté completist;
- 3ème option : chacun fait ce qu'il veut après tout.
Rappelons toutefois quel plaisir on peut tirer de découvrir un nouveau disque ou une nouvelle variation des morceaux de son chanteur ou groupe favori, même s'ils sont mauvais ou inécoutables. L'offre du String Quartet (résumée ici) est infinie : peu importe la raison quand il y a le plaisir.
 



False : Nous sommes en 2007, Matthew Dear réinvente la minimale

Posté par Maxence le 09.08.07 à 17:52 | tags : techno, électro

Sous cette étrange et sinistre pochette se cache un disque plus étrange encore. Un album de "techno minimale". "Un de plus", diront les mauvais coucheurs, mais ils auront évidemment tout faux, car 2007 est avant tout un Objet Sonore Non Identifié. Tout d'abord Matthew Dear, et ça tout le monde le sait aujourd'hui, a assez de talent pour transcender tout ce qu'il touche, il n'y a qu'a écouter Asa Breed, son dernier effort "electro pop" (ici aussi les guillemets sont de mise) pour s'en convaincre. Mais surtout, ce Texan exilé à Detroit semble avoir ramené un peu de sable du désert de sa région natale, et de sa folie aussi, dans ses bagages. A l'instar du travail effectué par un David Lynch sur l'histoire du cinéma, l'Américain a le don pour subvertir la musique qu'il produit. En détournant l'axe habituellement rythmique de cette musique, Dear en déplace le centre de gravité et impose des ambiances menaçantes encore peu entendues dans ce domaine. Ce qu'on remarque immédiatement sur 2007 avant même de l'écouter (et pour cause) c'est sa pochette. Inquiétante d'une manière subliminale elle n'est pas sans rappeler les croix en feu d'un temps heureusement révolu, celui où l'on voyait pendre de bien étranges "fruits" aux branches des arbres du sud des Etats-Unis. On pense aussi aux "enfants du maïs" et autres histoires angoissantes venues des contrées reculées de la fameuse "corn belt". Bref, 2007 évoque d'entrée des images peu communes dans l'univers plutôt ascétique de la techno dite "minimale".

Des images rémanentes peut-être dues aux derniers morceaux bluesy du précédent album du bonhomme. Et si "Indy 3000", le morceau d'introduction n'a rien à voir avec la musique primitive du delta, il nous plonge bel et bien dans le monde flou des frayeurs anciennes. 2007, s'ouvre en effet sur un souffle sourd, rappelant le vent dans la forêt mystérieuse de Twin Peaks, une émanation méphitique au sein de laquelle s'installe un rythme hypnotique, à la fois colonne vertébrale et prétexte à développer des thèmes discrets, qui sont eux, les véritables habitants du disque. Ecouter 2007 la nuit, seul, est une expérience. Sans effets pyrotechniques à la petite semaine, Dear impose ses craquements et ses cliquetis, comme autant de bruissements nocturnes, pérégrinations discrètes d'insectes et de petits animaux digitaux s'agitant au bord de notre champ de vision (et en l'occurrence ici, d'audition). Fascinant album donc que ce 2007 pour ceux qui prendront le temps de vraiment l'écouter. L'ensemble n'est pas pour autant dénué de groove. "Meat Me in the Market" et son funk discret par exemple, sonnerait très bien sur le dancefloor entre un Villalobos et un Hawtin, tout comme "Warm Co.", "Timing" et ceux qui suivent. D'ailleurs, le disque est mixé et les morceaux évoluent tous en plein milieu, pas en fin de timing comme c'est l'usage. La brisure arrive avec "Alright Liar", moment où des vibrations métalliques s'évertuent à désorienter l'auditeur, en attendant "Plus Plus", où le rythme s'alourdit. Mais une fois encore Matthew Dear déroute. Pas de "big beat" ici. Là l'Américain balance des sonorités de boite à musique mélancolique ("Face the Rain"), ici, un boogie cybernétique ("Dollar Down"), là encore, le chuintement et les vibrations profondes d'une usine à Cleveland la nuit ("Disease/George Washington", certainement le meilleur morceau de l'album) et la suite "Act Like Children/Excalibur", "In The Heather" et bien sûr la tuerie "Fed on Youth", jusqu'à boucler sa boucle hypnotique en danse de l'ouroboros techno, dans un magma sonore environnemental et déroutant ("Stomachs/Ankle Biter", "Forgetting"). Du grand art !

False - 2007 (Minus/La Baleine, août 2007)




Youtube de l'été #25 : Dexys Midnight Runners - Come On Eileen (1982)

Posté par Kris le 09.08.07 à 16:49 | tags : pop, tubes de l'été, uk, vidéos musicales, youtube

Le monde de la musique réserve parfois (heureusement !) quelques bonnes et inattendues surprises, des exceptions marquantes, qui font date. 1982 est une année assez faste pour la musique, de la musique synthétique et des évolutions de la new-wave. Tandis que se profile la révolution rap avec les premières rencontres notables de la funk et des synthés ("The Message" de Grandmaster Flash ou encore "Atomic Dog" de George Clinton, qui seront des chansons parmi les plus samplées de l'histoire du hip hop), la pop kitsch fait fureur ("Dancing In The Street" et "Under Pressure" d'un Bowie aux collaborations douteuses avec Jagger et Queen) et côtoie le rock qui se façonne un nouveau visage plus mainstream ("Rock The Casbah" et "Should I Stay Or Should I Go" pour les Clash, "A Town Called Malice" pour les Jam). Les différentes nouvelles vagues musicales se dessinent de plus en plus nettement et leurs formes se font de plus en plus ressentir sur la culture populaire.

Etonnamment le grand succès de cette année 1982, n'appartiendra finalement à aucune de ces vagues. Aucun artifice électronique, chanson pas réellement rock, en dehors de toute tendance cette ballade pop enjouée fera pourtant chavirer les charts anglais et américains. "Come On Eileen", one-hit wonder des Dexys Midnight Runners et de son torturé et difficile Kevin Rowland, sera le single le plus vendu de 1982 au royaume de la Reine. Alors oui, la pop peut nous révéler de belles surprises, en dehors de tout contexte, de toute conjecture, elle peut surgir de nulle part et prendre n'importe quelle forme. Bien que le groupe n'égalera jamais le succès de "Come On Eileen" et que le single a bien failli ne jamais voir le jour, voici pourtant l'un des titres des années 80, drôle et fédérateur, marginal et pourtant unanime. Rien ne prédestinait "Come On Eileen" à être l'un des titres les plus mémorables de cette décennie, avec ses violons dodelinants, ses hommes en salopette, sa vigueur celtique, et pourtant... La musique, c'est simple. C'est bon ou mauvais. Là, c'est très bon. Que demander de plus ?

 




Les plus meilleurs disques trop pas cools

Posté par 2goldfish le 09.08.07 à 15:26 | tags : à lire, pop, rigolo

A l'exact inverse de la liste du Guardian dont je vous parlais l'autre jour, Blender vient d'ajouter à son incroyablement imposant amas de listes débiles une liste qui n'est pas si stupide que ça, à y regarder de plus près : les mauvais albums préférés de leurs artistes préférés. Si on veut bien passer outre le fait que beaucoup des artistes en question ne sont sûrement pas les artistes préférés de qui que ce soit (le Guardian avait un casting bien plus impressionant) et qu'ils ne parlent pas d'albums qu'eux considèrent mauvais, juste le reste du monde. Ca donne des membres de The Hold Steady, The Narrator ou Justice qui défendent les Carpenters, le Self Portrait de Dylan ou la B.O. de Staying Alive.

Il se trouve que je suis en vacances, ce qui veut dire que je n'aurais pas à craindre vos regards soucieux, attérrés ou carrément hostiles quand je vous ferais l'aveu de l'horrible disque que moi même j'aime. Pourtant ce courage qui me manque je vous invite à le trouver pour avouer vous aussi dans les commentaires quel disque terriblement pas cool vous chérissez en secret. Je suis certain qu'une thérapie collective nous fera à tous le plus grand bien sur le long terme. Hmm, bon, bref, faut que je me lance.

Je prends un pied monstre chaque fois que j'écoute One Hot Minute des Red Hot Chili Peppers. Oui, il y a Anthony Kiedis qui rappe dessus et qui chante aussi et je ne sais toujours pas lequel est le pire et Flea slappe sa basse comme s'il n'existait pas d'autre façon d'en jouer et quand le guitariste intérimaire Dave Navarro joue on peut entendre qu'il a les tétons percés. Il y a des ballades saccharinées, tentatives éhontées de capitaliser sur le succès innatendu d'Under The Bridge sur l'album précédent et l'une d'elles s'appelle même "Tearjerker" ("tire larmes") au cas où on aurait pas compris et même sur celles-là Navarro balance des plans hard rock seventies savamment calculés pour tirer toute la couverture à lui et l'établir comme guitar hero ultime des années 90. La section rythmique était sans doute trop défoncée pour se rendre compte que le guitariste avait changé et laisse le pilote automatique sur "funky" comme si de rien n'était et Kiedis utilise à plusieurs reprises un filtre "effet je chante sous l'eau" sur sa voix pour faire psychédélique et peut-être donner un semblant de justification au grand n'importe quoi qu'ont toujours été ses paroles.

Le fait que cet album fonctionne reste pour moi un mystère mais il n'en est pas moins indéniable. Une part de mon attraction pour ce disque tient sans doute au fait que j'étais trop jeune pour savoir que tous ces trucs qu'on y entend sont officiellement reconnus par les plus hautes autorités comme étant de très mauvais goût. Une autre part est liée au fait que le groupe lui n'en avait rien a faire du bon goût et surtout de la bonne mesure. Quand John Frusciante est revenu parmi eux pour Californication, il a apporté avec lui l'idée que, peut-être, il ne fallait pas être à fond tout le temps. Aujourd'hui le seul risque qu'on imagine en écoutant les Red Hot Chili Peppers, c'est celui du cancer de la peau après une vie passée sous le soleil californien et un léger abrutissement lié à une consommation de drogue passée. A l'époque, on avait l'impression en les écoutant d'être à deux doigts de devenir complètement dingue comme eux et de ne plus se vêtir que d'une chaussette et de se percer les tétons.

Et toi, donc, cher lecteur, quel disque pas cool aimes-tu ?




Qu'est-ce qu'écoute le grisli ?

Posté par LovelyRita le 09.08.07 à 11:05 | tags : à lire, jazz, médias, web
 
Le son du grisli c'est le nouveau, enfin presque nouveau venu dans la blogosphère, puisque le site existe tout de même depuis janvier 2007. Le Grisli en question, rédacteur pour Les Inrockuptibles, Jazz Hot ou encore Dmute, propose un blog tout en noir et ocre (est-ce bien du ocre ??) consacré au jazz et aux musiques improvisées. Au programme de ce rejeton de Dmute, des chroniques CD, DVD, livres et des interviews. Pour vous lécher les babines, vous pourez y trouver des chroniques de l'album de Fennesz & Sakamoto (Cendre), de Afternoon in Paris d'Anthony Ortega ou encore du Cornell 1964 de Charles Mingus. Côté interviews : David S. Ware et Ross Bolleter. Ca a commencé avec un post par mois et aujourd'hui le blog en compte de plus en plus !! A suivre, et bon courage au Grisli !



Youtube de l'été #24 : Depeche Mode - Just Can't Get Enough (1981)

Posté par Kris le 08.08.07 à 18:42 | tags : new wave, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube
La new-wave creuse définitivement son trou dès le début des années 80. Sur les cendres du punk et de la disco se forme un hybride, froid comme le futur vu par les punks, synthétisé par les mouvements émergeant en parallèle, la new-wave se développe et explose assez vite. Le monde a besoin d'une rupture, et elle naîtra sous la forme de cette musique qui aura ingéré les travaux en marge de Kraftwerk ou Brian Eno. La tendance est au synthétiseur, et donne ainsi la marque de fabrique du son '80s. Parti principalement d'Angleterre et porté par des groupes comme New Order après la mort de Ian Curtis, les Cure après Pornography, Talk Talk, les Pet Shop Boys et donc Depeche Mode, portent haut le flambeau de ce nouveau genre.
 
1981, Depeche Mode entre dans la cour des grands. Troisième single de l'année pour le groupe anglais, "Just Can't Get Enough" sera leur premier énorme succès, et le titre le plus connu de leur carrière. Tremplin pour le jeune groupe, ce single marque aussi un tournant dès le début de leur carrière. Le leader, fondateur et compositeur du groupe Vince Clarke, qui composa le titre "Just Can't Get Enough" quitta le groupe avant, pendant la tournée de leur premier album Speak & Spell sorti fin 1981. Trop de succès, trop de mise en avant, trop d'incertitude vis-à-vis de la direction que prenait Depeche Mode, Clarke s'en va et laisse Martin Gore aux commandes. Cela augurait dès le départ les futurs problèmes que va connaître Depeche Mode au fil de sa carrière entre Gore et Gahan.
 
Il n'empêche que la new-wave connaît ses premiers balbutiements, ses premières bribes, la musique encore teintée de restes punk et post-punk avant de sombrer dans la décrépitude de la surenchère, de l'envahissement des synthétiseurs cheap et des expérimentations kitsch. Welcome in the eighties.
 




Albums cultes des géants du bizarre #4 : Faust –The Faust Tapes

Posté par Maxence le 08.08.07 à 15:46 | tags : pop, culte et bizarre, rock
On ne présente plus Faust, le groupe d'activistes dadaïstes allemands (et aujourd'hui franco-allemand), fer de lance du krautrock et précurseur de la musique industrielle. Avec leur premier album baptisé Clear par défaut (la pochette et le disque lui-même étant transparents et représentant la radiographie d'un poing dressé vers le ciel) Faust signait déjà un album défiant toutes les catégories existantes à l'époque. Bruitisme, free rock, ambiant noise, Faust est, dès le début, à l'origine d'une musique totalement libérée et décomplexée. Pourtant, on devait rapidement s'apercevoir que Clear ne représentait qu'une mise en bouche. L'album n'était que l'introduction d'une discographie entièrement dédiée au "culte et bizarre", qui s'étale des 70's à nos jours. Une discographie au sein de laquelle j'extirpe difficilement mais avec bonheur The Faust Tapes.

The Faust Tapes tient plus du collage surréaliste que de l'album proprement dit, même s'il incorpore de très belles ballades, des pop songs efficaces et enjouées et de véritables symphonies progressives et non dénuées d'humour, emballées sur 44 minutes mixées d'une seule pièce. De cet album, l'inénarrable Julian Cope dit dans son livre référence The Krautrocksampler (éditions Kargo 2005) : "Ce qu'il y a de plus surprenant avec The Faust Tapes, c'est le nombre de chansons pop et rock vraiment merveilleuses qui se trouvent cachées sous les montages et les expériences diverses de cet album plein de groove bordélique." De fait, derrière les sons concrets, le field recordings (enregistrements d'ambiances capturés live), les hallucinations sonores, la musique ethnique et le chamanisme pop des Tapes, les Faust tiennent leur auditoire en haleine le laissant attendre les moments délicieux où ce chaos bascule dans la normalité et s'enjolive de mélodies quasi-divines. Au prix de 49 Schilling (!) l'album, on raconte que non seulement Virgin rentabilisa son investissement, puisque contre tout attente ce produit pourtant totalement anti-commercial se vendit très bien, mais fit également entrer le rock expérimental dans les foyers des grises années 70. L'Allemagne et son "rock choucroute" pouvait être fière, avec The Faust Tapes les Allemands tenaient enfin leur Sergent Pepper's.




Kanye West : Du bling bling à la ferme

Posté par Kris le 08.08.07 à 10:36 | tags : dailymotion, hip hop, rigolo, vidéos musicales

Kanye West, dont le nouvel album Graduation est attendu pour très bientôt, commence à faire parler de lui. En s'acoquinant tout d'abord avec les Français de Daft Punk pour leur emprunter "Harder, Better, Stronger" pour son premier single "Stronger" dans un clip très hi-tech, un peu poussif, mais sympa. Plus drôle, le clip de "Can't Tell Me Nothing" revu et corrigé par Zach Galifianakis, acteur américain, et Will Oldham. On remplace donc le Kanye West seul et tergiversant en boîte de nuit ou dans le désert par deux barbus à la ferme rappant dans les champs, dansant au bord du lac ou bien se déhanchant sensuellement sur un tracteur. Irrésistible.

 

 




Dirty Space Disco : Dirty Dancing

Posté par Maxence le 07.08.07 à 17:59 | tags : disco, disques de l'été, électro, label, myspace

En 1978 le disco c'était la peste. Comme toute mode, l'hystérie disco conduisit les artistes créatifs et intègres à se détourner des projets dévoyés, à renoncer à la gloire et à l'argent, pour retrouver le plaisir qu'ils avaient connu naguère. Le disco devait redevenir underground et effectuer un retour sur soi, écrit Ulf Poschardt dans son anthologique DJ Culture, publié aux éditions Kargo en 2002. Etonnemment c'est en Europe que la folie disco retrouve une nouvelle jeunesse, et tout particulièrement en Italie où une paire de DJ américains, Bob et Tom, investit un luxueux club au bord de l'Adriatique, le "Baia degli Angeli" (La baie des Anges en V.O.). Bob et Tom sont de l'école new-yorkaise, celle du Loft, club mythique qui vit la naissance du disco. En 1979, il initie un jeune italien, Daniele Baldelli, à l'art du DJing. Celui-ci devient résident au Club Cosmic et lance à la manière de Larry Levan et son mélange de funk, de punk et de disco, un nouveau genre : plus lent, plus planant et cérébral, misant sur les basses et non plus sur les cordes synthétiques, ce style sera nommé "cosmic disco" en référence au club où il fut inventé. Reparti pour New York, Bob et Tom savent que leur héritage est entre de bonne main. Baldelli développe le style, accompagné de Claudio Rispoli, un autre DJ local.

L'histoire continue. En 1980, Stefan Egger un jeune Allemand qui passe ses vacances dans le coin, fréquente assidûment le Club Cosmic, il tombe fou amoureux de cette musique et la ramène dans ses bagages. Il propagera le virus cosmic en Allemagne. Ainsi naît la connexion italo-germanique qui se développera plus précisément à Munich, patrie du pape de la disco, Giorgio Moroder. Cette union n'a rien d'étonnant finalement. Le krautrock et les musiques électroniques des Kraftwerk, Tangerine Dream, Klaus Schulze et consort se marient très bien avec les effets électros du cosmic disco, son emphase, son aspect répétitif et hypnotique et son amour immodéré des longues durées. C'est ainsi que le cosmic disco devint ce que nous connaissons aujourd'hui : un mélange de synth-pop, d'avant-garde électronique, de motifs répétitifs purement krautrock, de percussions afros ou sud-américaines et de funk froid venu d'Europe. En ce sens, la compilation Dirty Space Disco, initiée par les Français du Dirty Sound System et le label Tigersushi est emblématique du genre. Entre les minauderies 80 de John Forde (le balnéaire "Atlantis") ou Risqué ("Starlight") et les krautrockeries de Roedelius, Conrad Schnitzler, la fine équipe glisse de surprenant edits du fameux Pilooski, pourvoyeur français d'incredible strange music. Des titres comme "Die Drachentrommier" de Clara Mondshine ou l'hilarant "Stranger in the City" de John Miles, qui clouent irrémédiablement le bec aux moqueurs tant leurs développements sont inattendus : cavalcade de percussions, vagues de synthé pulsées, utilisation éhontée de la chambre d'écho, rythme métronomique et forcément, hypnotique, sont ici de rigueur mais sans ardeur ! Tout ici est leeeeent, car "Slow is the new fast" indique avec humour le sticker de pochette. Le plus étonnant reste cet edit disco du funk spatial et lascif de Undisputed Truth, réellement cosmic, sans oublier l'indispensable version vocale d'"I Need Someone to love tonight" de Sylvester. Un must de l'été en somme, à déguster au casque au bord d'une piscine en s'imaginant revenu au temps de Club Cosmic !

Dirty Space Disco - s/t (Tigersushi/Discograph)

A noter qu'une interview des responsables de cette compilation est disponible sur le site Poptronics.




Youtube de l'été #23 : Lipps Inc - Funkytown (1980)

Posté par Kris le 07.08.07 à 17:26 | tags : disco, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Nous sommes en 1980 et la pente est incertaine pour le monde de la musique qui vit une époque d'entre-deux. Le sale garnement punk est définitivement allé voir ailleurs, les Pistols implosés avec Sid mort et Rotten qui roule sa bosse désormais avec le post-punk froid de Public Image Limited, ou encore les Clash s'orientant désormais plus clairement vers le reggae et le ska avec la sortie notamment de Sandinista!. Le disco en parrallèle va connaître quelque peu le même destin bien que né dans un tout autre contexte. Le disco né d'un désir de s'oublier lors de périodes historiques difficiles, palliatif à l'insécurité sociale, va finalement perdre de sa fraîcheur face à la rage du mouvement punk et à son descendant la new-wave.

Bien que le disco continuera à exister inconsciemment ("I Was Made For Loving You" de Kiss en 1979 par exemple) et influencer toute une génération de musiciens au point de faire partie du patrimoine musical, partie importante et intégrante de la new-wave synthétique et dansante des années 80, le disco glam d'ABBA, des Bee Gees ou de Boney M va s'estomper et perdre très nettement de sa verve. Lipps Inc est en quelque sorte la dernière relique d'un mouvement mourant, le dernier acte d'une comédie musicale tout en excès et en hédonisme, le rideau qui se ferme sur un spectacle enthousiasmant et haut en couleur. Dernier n°1 disco des charts, "Funkytown" célèbre la mort du disco tel qu'il l'a toujours été : en dansant.




Spektrum : Funk à large spectre

Posté par Maxence le 07.08.07 à 15:10 | tags : électro, funk, myspace, punk, vidéos musicales, youtube

Flyer va encore raler, mais j'ai l'impression que tout le monde est passé à côté de l'album de Spektrum cet hiver. Normal nous étions en période de vacances scolaires. Le quatuor de Brighton n'a décidemment pas de chance, nous sommes de nouveau en vacances (enfin pas moi, vous, boouuouuh !) et c'est le moment qu'ils choisissent pour balancer le clip de leur nouveau morceau à la face du monde. Pour "Kinda New (We All Live & Die)", c'est un trip synthétique à la Tron, avec périple virtuel dans une ville du cyberespace, voitures de couleurs et affichage digital mural. Plus électro que sur leur précédent excellent album, le groupe nous offre une mélodie lancinante agaçante au début et pourtant rapidement addictive. "Na na na na naaaa, We All Live & Die". En choeur ! Ceux qui sont désireux de rattraper leur retard peuvent encore ce rendre sur le profil myspace du groupe et jeter une oreille sur Fun at The Gymkhana Club leur précédent long player.




Bright Eyes : Comment aimer Conor Oberst pour les mauvaises bonnes raisons

Posté par Maxence le 07.08.07 à 10:27 | tags : pop, myspace, disques de l'été, country, rock

Conor Oberst alias Bright Eyes, est un sale gosse trop doué, par définition. Propulsé petit génie trop vite, il a enchaîné les disques à une vitesse affolante. Doué d'un bon goût évident, il en use avec le plus mauvais goût justement. Un exemple ? Il sort des albums de folk lo-fi mais avec le vibrato de rigueur dans la voix, pour faire triste et romantique. Un album d'electro-pop et il pèche par les même tics, etc. Le gosse tête à claque par excellence. Une sorte d'anti-Sufjan Stevens quoi. Mais quand S.Stevens se compose une image de boy scout premier de la classe, Conor Oberst choisit plutôt l'image du jeune génie "torturé-vachement-triste". Au moins les choses sont claires : le but c'est bien de faire craquer les filles ou d'emballer un max. Et donc ces disques sont très énervant, justement à cause de ce bon goût omniprésent. Il est de la génération d'après celle de Will Oldham, il ne fait pas de la nu-folk en toute innocence, il en a écouté, il en connait les codes et les attributs, et reproduit habilement la carrière idéale du "folkeux du 21ème siècle". L'album lo-fi folk enregistré sur 4 piste k7 avec plein de souffle, le truc plus orchestré et ambitieux, l'album de rock teigneux etc., etc. Et toujours ce trémolo énervant dans la voix pour faire tristouille.

En résumé, le mec est énervant. Immature (mais il a commencé très jeune), touche à tout, et logiquement snobbé par tout ce que le rock compte d'esthètes, pour son côté "groupe à midinette" (il est beau comme un dieu et son public est avant tout centré sur "la petite adolescente romantique"). Au final, je trouve qu'on s'est trop arrêté sur cette image, et on n'a pas entendu que ce type, malgré tout, est un vrai songwriter américain. Derrière tous ses tics, la folk est l'univers dans lequel il a grandi, il a vraiment du mal à écrire des morceaux mal torchés. La preuve encore une fois avec son nouvel album (que dis-je L'ALBUM !) Cassadaga. Un bon gros disque d'americana ringarde. Une espèce de Graham Parson folk, qui fait le grand écart entre les orchestrations pompeuses de Randy Newman et le Phil Ochs orchestral. Le bonhomme a enfin arrêté de mettre son tremolo à toutes les sauces (dommage, je m'y étais habitué, comme à une marque de fabrique). Les morceaux sont tous des standards folks, avec hautbois, orgue Hammond et l'indispensable violoneux country. On imagine parfaitement le batteur intermittent, le stetson vissé sur le crâne, qui bat mollement - mais parfaitement - son charley en attendant la fin de la session. Conor Oberst a une voix qui rappelle tantôt L.Cohen, tantôt Daniel Johnston. Cassadaga Est donc un bon disque franc du collier, pas original pour 2 sous, américain, comme je les aime. Pour l'anecdote, le brio et l'audace du mec s'entendent au détour des morceaux, en particulier dans l'intro du premier, qui commence par une partie atonale pour orchestre symphonique, digne des meilleurs Xenakis, pour déboucher sur une folk song.

A noter également son projet "desperacidos", un groupe de power rock noise qu'il monte le temps d'une session studio, et qu'il splitte juste après. Genre les Posies qui joueraient sur le matos de Dinosaur Jr des morceaux du Vs Helmet de Sebadoh ! Avec le trémolo énervant dans la voix bien sûr !

Bright EyesCassadaga (Saddle Creek, juillet 2007)

http://www.myspace.com/brighteyes




Albums cultes des géants du bizarre #3 : Thin White Rope - The One That Got Away

Posté par Maxence le 06.08.07 à 18:40 | tags : punk, culte et bizarre, country, rock
Groupe californien des années 80, Thin White Rope fait assurément partie de ces groupes cultes chéris par une minorité de maniaques (dont je suis) et oubliés (voir totalement méconnus) de la majorité. Et pourtant, quel groupe ! Imaginez une bande de pistoleros perdus dans le désert de Mojave et répétant dans une cabane de planches pourries un mélange de country accélérée et de punk rock, tout en s'essayant avec bonheur aux reprises les plus hors normes dans ce paysage désolé, des standards du kraut et du space rock allemand et british des 70's aux "électroniqueries" primitives de Suicide et consort. Un vrai sacrilège pour n'importe quel redneck, la norme pour Guy Kyser et sa bande de macadam cow-boys.

Véritable testament et témoignage posthume enregistré en public The One That Got Away est certainement le meilleur album du groupe qui s'appréciait certainement mieux sur scène, oblitérant ainsi les afféteries de production de l'époque (excepté le stupéfiant Moonhead qui n'a pas pris une ride, il n'y a qu'a écouter les autres albums studios du groupe pour s'en convaincre). Brut de décoffrage mais pas inaudible, loin de là, The One That Got Away est un live officiel. Ce quadruple album vinyle (et double CD) livre d'ailleurs avec une acuité stupéfiante toute la puissance du groupe sans pour autant évacuer les lyrics de toute beauté de Guy Kyser. Le chanteur à la voix tantôt gutturale ("Ants Are Cavemen", "Munich Eunich"), tantôt caressante (toutes les ballades, de "Disney Girl" à "Take it Home" en passant par les sublimes "Triangle Song", "Fish Song" et "Astronomy") donnait de toute façon toujours l'impression de s'être enfilé une cartouche de gauloise avant de commencer son set. Vrai "rocker du désert" avant la naissance des sessions du même nom, Kyser chante l'amour perdu, la solitude, la folie, les soirées qui finissent mal, l'enfer climatisé californien comme personne. Littéralement possédé, il est de ceux qui, comme Jeffrey Lee Pierce, Johnny Thunder, Iggy Pop ou Jim Morrison avant lui, donnèrent l'impression de pratiquer l'invocation rituelle d'une entité obscure plutôt qu'un banal tour de chant. Continuellement poursuivi par la guitare barbelée de Roger Kunkel à l'attaque si particulière, la musique de Thin White Rope est à la fois terrienne et en constante suspension.

La passion pour le rock allemand, le punk et la new wave de son chanteur/leader donnera une drôle de tournure à la carrière de ce groupe originellement parti du gentil mouvement psychédélique nommé "Paisley Underground". Sur The One That Got Away, Thin White Rope reprend l'hypnotique "Yoo Doo Right" de Can in extenso, "Roadrunner" de Bo Diddley, "Silver Machine" d'Hawkind, "Some Velvet Morning" de Lee Hazlewood ou plus logiquement l'Outlaw Blues de Dylan. A l'instar de Mazzy Star, le reste est histoire de psychédélisme noir (voir le perturbant "It's Ok"), de réminiscences country mélancoliques et de western punk. Magnifique album, groupe de légende. Faites tourner ! .




Youtube de l'été #22 : The Buggles - Video Killed The Radio Star (1979)

Posté par Kris le 06.08.07 à 16:50 | tags : pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Si l'on a peut-être oublié les Buggles, on aura du mal à oublier leur seul et plus gros tube "Video Killed The Radio Star". Connue pour être le premier vidéo-clip à avoir été diffusé sur la chaîne MTV, cette chanson de 1979 est également la première composée par les Buggles. Formé en 1977 par Trevor Horn, Geoff Downes et Bruce Wooley, les Buggles n'auront duré que le temps de deux albums et d'un hit. Composée par Bruce Wooley, "Video Killed The Radio Star" fut la toute première démo enregistrée par le groupe avant d'être envoyé à la maison de disques Island. Wooley quittera le groupe avant que le single ne soit sorti. Tant pis pour lui.

"Video Killed The Radio Star" marquera à la fois le début de la nouvelle ère new-wave, avec ses synthés kitsch, qui s'annonce et surtout l'hégémonie de la toute puissante MTV. Bien que la chaîne dise que le choix de la vidéo ait été fortuit, débuter sur un titre aussi évocateur et annonciateur "La vidéo a tué la star de la radio" montre la volonté non-cachée de la chaîne aux dents longues de mettre à la porte les anciens moyens de véhiculer la musique, pour créer sa propre hégémonie dès 1981 avec la diffusion de ce premier clip. Preuve en est, en février 2000 sera diffusé le millionième clip de la chaîne américaine et sera choisi le clip qui leur a ouvert les portes 19 ans plus tôt. Et plus que jamais dans ces années 2000, MTV asseoit sa position dominante déclinant ses chaînes pour couvrir encore plus large, et promulguer dans le monde entier une culture MTV, un monde éternellement jeune et dynamique, toujours à l'affût des nouvelles tendances, mais surtout MTV est à l'image d'une Amérique contradictoire, bien pensante (censure des clips politiquement incorrects) et à la fois provocatrice (Jackass en tête de file).

Les Buggles avaient déjà raison. Video killed the radio star.

 




Mort de Lee Hazlewood

Posté par LovelyRita le 06.08.07 à 12:45 | tags : cimetière, news, pop, vidéos musicales, youtube

Son dernier album, "Cake or Death" était sorti en décembre 2006, c'était le dernier de sa carrière disait-il. Voilà 3 ans qu'il luttait contre un cancer. Lee Hazlewood s'est éteint le 4 août dans sa résidence du Nevada, il avait 78 ans et laisse derrière lui ses trois enfants, sa femme et une carrière musicale vieille de presque 50 ans. Son premier grand hit, il l'a écrit pour un chanteur de country Sanford Clark, "The Fool" se classe dans le top 10. Plus tard, Lee se fera surtout connaître grâce à une chanson, qui résonne encore dans nos oreilles et sur les ondes. "These boots are made for walking" chanté par Nancy Sinatra en 1966, le titre est numéro 1 aux Etats-Unis et en Angleterre. Deux après, l'année 1968 nous offre le beau duo entre Hazlewood et Sinatra sur "Some Velvet Morning". Après s'être retiré en Suède au début des années 70, Lee Hazlewood se fait plus discret ; ce n'est que dans les années 90 que l'on "redécouvre" son travail. Grâce à des artistes tels que Sonic Youth, une partie de sa discographie se voit rééditée. En 2002, Astralwerks avait sorti Total Lee : The Songs of Lee Hazlewood, un tribute regroupant des reprises de ses titres par Jarvis Cocker, Calexico, Valérie Leulliot, Richard Hawley, Lambchop...

Sa mort a été annoncée hier sur son myspace




Vieux et jeunes à la fois, la shizophrénie selon Young@Heart

Posté par Maxence le 06.08.07 à 10:42 | tags : punk, rigolo, rock, youtube

De Young@Heart, la désormais fameuse chorale de Northampton dans le Massachusetts, on sait qu'ils existent depuis 1982 et se font un honneur (et un bonheur) de reprendre les standards de la pop depuis leurs débuts. Au commencement fut Manfred Mann et les Rolling Stones, comme ils l'expliquent sur leur excellent site, et aujourd'hui c'est Sonic Youth et les Ramones. La pop et ses standards ont bien évolué. Loin d'être uniquement un phénomène médiatique et culturel rigolo, les papis et les mamies de Young@Heart sont à mon avis le symptôme éclatant de ce que les essayistes Andrew Potter et Joseph Heat appellent, "la révolte consommée". En effet, alors que les Ramones et Sonic Youth font quasiment partie du patrimoine culturel mondial, que les 50 - 65 ans affichent percing et tatouages, font du rafting, de la planche à voile et même du skate, il est difficile de continuer à se la jouer "rebelle" et d'écouter sérieusement Marylin Manson quand on a 15 ans... Ou au contraire, quand on voit avec quelle intensité les Young@Heart interprètent le "Schizophrenia" de Sonic Youth, on peut également se demander si la rébellion va jamais prendre fin. D'un point de vue, comme de l'autre, je trouve le travail de ce chœur extrêmement réjouissant. http://www.youngatheartchorus.com

 
(Merci FRZ)



Youtube de l'été #21 : Boney M - Rasputin (1978)

Posté par LovelyRita le 05.08.07 à 12:39 | tags : disco, tubes de l'été, youtube

Boney M de chanter "Ra Ra Rasputin, Russia's greatest love machine" et Playlist de répliquer "Bo Bo Boney M, One of greatest dance machine". Avec la hausse récente et soudaine des températures à Paris, Flu perd totalement le contrôle de ses rédacteurs qui depuis quelques jours parlent de funk et de disco à gogo ! La série : Abba, The Bee Gees, aujourd'hui Boney M et d'ici quelques jours, on cloturera note escapade disco avec un dernier bon gros tube pour boules à facettes.

Si vous avez Nightflight to Venus de Boney M sorti en 1978, passez à la piste 2 et let yourself go. C'est tout de même bizarre d'être Boney M et d'avoir composé et centré un de ses titres sur une personnalité comme Rasputin. Tout comme Abba qui, dans "Waterloo", s'inspire de la bataille du même nom et de la défaite de Napoléon pour témoigner des relations amoureuses d'une femme ("Waterloo, finally facing my waterloo"), Boney groupe de variét-disco-pop y va de son petit tube sur fond de cours d'histoire. Raspoutine, de son vrai nom Grigori Iefimovitch Novykh-Raspoutine, était un moine entré dans les faveurs de la famille de Nicolas II en raison de ses pouvoirs de guérisseur. Après avoir sauvé le fils du tsar, la femme de Nicolas II et la famille toute entière lui vouent un culte, Raspoutine deviendra un proche et un conseiller. De cette position, il abusera et profitera en tombant dans la débauche et l'excès. Assassiné en 1916 par un membre de la cour, Raspoutine fait une étrange réapparition en 1978 chez Boney M, qui en font, dans leur chanson, un personnage dragueur, aux pouvoirs de guérison incroyables et à l'influence politique évidente : "But to Moscow chicks he was such a lovely dear"




Markus Schmickler with Hayden Chisholm : Welcome in Droneland

Posté par Maxence le 04.08.07 à 17:02 | tags : électro, contemporaine, ambient
Où l'on reparlera de drone music, cette école usant d'une technique musicale reposant sur l'exécution de notes tenues le plus longtemps possible, afin d'atteindre une sorte de nirvana sonique ou une "transe psychoacoustique" comme l'écrivent certains. Initié par des artistes comme La Monte Young, Tony Conrad, John Cale, Jon Hassell ou Angus McLise, dans les années 60, l'art du drone, hautement psychédélique, est toujours pratiqué aujourd'hui avec autant d'assiduité par des artistes comme Phill Niblock, Eliane Radigue, Charlemagne Palestine ou encore Spacemen 3, puis Sonic Boom en solo ou avec son projet E.AR. ainsi que de nombreux musiciens post-rock américains (les label Kranky ou Thrill Jockey semblent s'en être fait une spécialité), sans oublier la vague drone doom incarnée par Khanate, Sunn O))) ou KTL (electronic drone doom). Parmis les morceaux emblématiques de la drone music actuelle, citons le "Treefingers" de Radiohead, le "Corsair" de Boards of Canada, une bonne partie des Selected Ambient Works d'Aphex Twin. Kraftwerk, Brian Eno avec Robert Fripp, Tangerine Dream ou Klaus Schulze l'ont tous pratiqué un jour.

La drone music est bien vivante donc, et ce disque de Markus Schmickler, fameux producteur, label manager de A-Musik et leader du groupe néo-krautrock, Pluramon (sans oublier de multiples collaborations tout au long des années 90) en est encore une fois la preuve. Accompagné du saxophoniste et compositeur Hayden Chisholm, Schmickler reprend et développe sur Amazing Daze la recette du drone sur deux titres aux pouvoirs hallucinatoires équivoques : l'éponyme "Amazing Daze" tout d'abord, en hommage à Phill Niblock et "Infinity in The Shape of a Poodle" étrangement dédié à Björk Gudmundsdottir (!) Autre détail amusant, sur Amazing Daze, Schmickler réactive la tradition de la cornemuse dans un disque de drone music. L'agaçant instrument étant l'un de ceux qui correspond le mieux au canon du genre, la note pouvant être tenu de manière quasi-infinie (pour peu qu'on en ait le souffle et la technique des "pipes"). Ici c'est donc Hayden Chisholm qui en joue, mariant sa plainte lancinante aux ondulations immobiles de la guitare de l'Allemand. Ensemble, ils accouchent d'un fascinant paysage "monotone" (au sens figuré de "mono-tonal"). Alors bien sûr, Amazing Days ne passionnera que les vrais amateurs de musiques expérimentales contemporaines, mais ceux-là trouveront certainement de quoi pavoiser durant les 23 minutes et 36 secondes du premier morceau et les 21 et quelques du second. Quand à ceux qui sont allergiques à la cornemuse, passez votre chemin.

Markus Schmickler with Hayden Chisholm – Amazing Daze (Häpna/Import)



Youtube de l'été #20 : The Bee Gees - Stayin' Alive (1977)

Posté par Kris le 04.08.07 à 11:29 | tags : disco, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Hier on défendait l'étendard de la pop mélodieuse avec ABBA. Aujourd'hui la tâche risque d'être plus ardue avec les Bee Gees...

Episode 2 / 2 : les Bee Gees. Ces frères Gibb qui auront fait danser des générations entières de simili-Travolta, ces chansons typées seventies qui ouvraient immanquablement les compils disco fêtes suivies des Village People puis de Boney M. Que sont pour vous les Bee Gees, pourrait-on demander à quelconque gens dans la rue ? "Pattes d'éph, paillettes, barbes, voix de castrats, Ha ha ha Stayin Aliiiiiiiiiive". Vrai ? Faux. Faux ? Hmmm... Vrai quand même. Car oui les Bee Gees sont ce monolithe blanc au bas moulant et à la hanche hasardeuse, oui les Bee Gees ont su faire danser pendant la vague disco tout ceux qui n'avaient pas plongé dans le punk. 1977 marquera une scission évidente du monde musical occidental comme peu souvent dans l'Histoire, chacun choisissant plus ou moins son camp. D'un côté le nihilisme du raz-de-marée punk avec les Sex Pistols sortant leur incontournable Never Mind The Bollocks, et de l'autre, l'avènement des trois frères avec la bande originale du film Saturday Night Fever, et la chanson phare "Stayin' Alive".

A la fois la meilleure chose qui leur soit arrivée et leur pomme empoisonnée, ce succès mondial plombera une bonne fois pour toutes les Bee Gees pré-disco. Encagés dans leur prison dorée, les Gibb savent que l'on ne retiendra d'eux, dans la mémoire collective, que ça : "Pattes d'éph, paillettes, barbes, voix de castrats, Ha ha ha Stayin Aliiiiiiiiiive". Et pourtant, il y a bien eu d'autres Bee Gees, ceux que l'on a occulté, ceux qui se sont fait ensevelir sous la vague, virés sans remerciements. Et pourtant... A une époque, les Bee Gees étaient ces virtuoses compositeurs, à la plume fine et à la mélodie volubile. A cette époque, les Bee Gees n'avaient presque rien à envier aux Beatles, aux Beach Boys ou à Love. A cette époque les Gibb chantaient des chefs-d'oeuvres comme "Massachussets", "To Love Somebody" ou "I Started A Joke". A l'époque, les Gibb n'avaient ni barbe, ni pantalons blancs, ils avaient le cheveu long et non brushé, ils n'étaient pas très beaux, portaient des badges sur leurs vestes en jeans, et Robin Gibb, chanteur principal d'alors, ressemblait à Joey Ramone. A cette époque, on pouvait dire sans une pointe de culpabilité qu'on aimait les Bee Gees et que "I Started A Joke" pouvait être une chanson d'une vie. Cette époque, c'était les Bee Gees d'avant 1976, avant "You Should Be Dancing", avant les vélléités de titiller les sommets des charts américains.

Alors certes, pour ceux qui ont écouté First, leur premier album de 1967, ils opineront du chef quant au talent des Anglais (oui les Bee Gees sont anglais). Mais pour les autres qui ne voient toujours en ces trois frères que "Ha ha ha Stayin Aliiiiiiiiiiive", il est compréhensible que de voir affirmer que les Bee Gees furent à un moment l'équivalent des Beach Boys. On n'en aura jamais assez fini de tenter de réhabiliter les Bee Gees, mais on peut tout de même prendre le risque. On ne sait jamais, sur un malentendu.

 




Friday-Wear your Smet

Posté par LovelyRita le 03.08.07 à 18:44 | tags : music biz, people, rigolo
La sape et la musique ont toujours entretenu des liens très étroits. Combien de groupes se contentent de tout miser sur leur capital vestimentaire et combien d'autres, plutôt que de se faire parrainer par une marque, ont décidé de créer leur propre ligne de vêtements. J.Lo de Jennifer Lopez, Billionaire de Pharrell Williams, Kate Moss chez Topshop...même le batteur des Arctic Monkeys s'y met. En France, on a eu Ophélie Winter et puis qui d'autres ? Johnny Hallyday. Rien d'étonnant à celà bien sûr. Johnny, qui sort tout juste de studio pour un album à paraître en novembre, vient de s'associer à son ami styliste Christian Audigier. Nommé le "king of jeans" par je ne sais plus quelle instance (enfin je sais qui sait, mais ça ne vous apporterais pas grand chose de le savoir) aux Etats-Unis, le Français a lancé Von Dutch en 1999 et a laché la marque en 2004 pour fonder "Smet, Born on the streets", une nouvelle ligne de vêtements inspirée par une imagerie biker californienne (tatouage, flammes, têtes de mort) et Jonnhy Hallyday. La classe dans tout ça, ce n'est pas tellement cette ligne de casquettes fabuleuse, c'est que Hallyday contrairement à tous ces J.Lo et Pharrell n'a même pas eu besoin de lever le moindre orteil pour la création de cette ligne. La marque se contente à peine de faire référence à la star en utilisant son nom d'état civil ; sur les vêtements pas de réprésentation du chanteur, juste un gros logo "Smet" en typo gothico-rock. Et dans tout ça, Johnny assure juste la promotion en portant à chaque occasion qui lui est donné, un t-shirt de la marque. Vendus depuis le lancement de la ligne à Los Angeles, puis sur le net, les vêtements "Smet, Born on the streets" ne devraient pas tarder à arriver en France (à St Trop') et apparement quelques points de vente parisiens distribuent déjà la collection.
 
Et pour illustrer cette critique typiquement aoutienne (c'est bien parce qu'il ne se passe pas grand chose en ce moment qu'on se permet d'en parler), petite gallerie des "Smet people" (Madonna, Jamey Higgins de Of Montreal et Tricky)
Et le reste (Matt Pokora, Emma de Caunes, Scorpions...) c'est dans la gallerie.
 




SOS Architecture In Helsinki

Posté par LovelyRita le 03.08.07 à 16:39 | tags : news, pop, vidéos musicales, youtube

Je reproduis ici-même une news en une de la Blogothèque

Architecture in Helsinki sans instruments..

Ce matin, un mail. Kelly, de Architecture in Helsinki. Le groupe joue ce soir aux Arènes de Montmartre dans le cadre de Quartiers d’été, et tous leurs instruments ont été bloqués à Singapour par British Airways (qui a apparemment le chic pour ce genre de choses en ce moment).

Alors Kelly, Cameron et les autres ont racheté une partie du matériel. Mais il leur en manque encore pas mal. Et donc on leur a proposé l’aide de la Blogo et de ses lecteurs. Alors voilà si vous avez l’un de ces instruments et que vous pouvez l’amener au groupe dans l’après-midi aux Arènes de Montmartre, le groupe vous invitera au concert (qui est complet)...

Ecrivez à Chryde et à Furax (at) blogotheque (point) net, qui transmettront.

Merci pour eux...

Et j'en profite pour faire du teasing, bientôt sur Flu : un dossier Architecture In Helsinki concocté par 2goldfish et moi avec chronique de Places Like This et interview vidéo du groupe. Et puis, comme ce post manque cruellement d'éléments visuels, voilà la toute dernière vidéo du groupe ("Hold Music")




Albums cultes des géants du bizarre #2 : Sebadoh – III

Posté par Maxence le 03.08.07 à 13:18 | tags : rock, culte et bizarre, punk, pop, rigolo
Il aurait pu être le Syd Barrett du grunge. Il l'a d'ailleurs été le temps d'un album, Sebadoh III. La petite histoire veut que Lou Barlow, Eric Gaffney et Jason Loewenstein forment Sebadoh après la défection de Barlow au sein de Dinosaur Jr en 1989. La réalité est plus complexe, mais résumons en disant que Barlow ne croyait pas en ses talents de songwriter et n'osait pas s'imposer auprès de Jay Mascis, le leader de Dinosaur Jr. Accompagné d'Eric Gaffney, il enregistrait pourtant de fabuleuses chansons primitives dans son coin, que les deux compères enregistraient sur cassette. Après une fameuse cassette justement (The Freed Man) et deux albums, le duo passé trio avec l'arrivé de Loewenstein, sort Sebadoh III. Nous sommes en 1991, Pavement n'a pas encore sorti sont Slanted and Enchanted et Sebadoh III s'affirme comme un corps étranger lâché tel un astéroïde dans la galaxie hardcore de l'époque. Une oeuvre unique au psychédélisme noirasse, qui préfigure à lui seul le rock slacker, le hardcore émo, la vague lo-fi des 90's et bien plus encore.

De brûlots électriques désespérés en ballades neurasthéniques et extra-terrestres, le groupe jette à la face du monde un mélange totalement libre de blues urbain ("Renaissance Man"), de free jazz trippé ("Smoke a Bowl"), de space-rock ("Hoppin' up and Down"), de blagues country ("Black Hair Gurl"), de metal zarbi où Black Sabbath rencontre Sonic Youth ("Scar Four Eyes", "Limb by Limb") et de psychédélisme sataniste ("Violet Execution") tout en rendant hommage aux fondateurs du punk hardcore en reprenant "Sickles and Hammer" des Minutemen. Mais Sebadoh excelle surtout dans les ballades minimalistes habillées de percussions primitives écrites et chantées par un Lou Barlow à la voix lancinante ("Total Peace", "Perverted World", "Truly Great Things", "Rockstar" ou le déchirant "Kath"). Côté production, l'enregistrement à la maison permet toutes les folies. Brusque déphasage de la stéréo, ralentissement des bandes, bruits concrets, décalage brutal de l'acoustique à l'électrique, donnent l'impression à l'auditeur de vivre une expérience proche de la magie noire. Chaque morceau dérape, perd le fil et s'égare dans le vide, donnant à l'ensemble une aura de bad trip psycho-punk et folk. Pourtant, et malgré ses manipulations, la proximité, la sincérité et l'humanité qui se dégagent de ces morceaux les rendent toujours aussi poignants 16 ans après.

Après le départ de Loewenstein, Barlow et Gaffney sortiront d'autres albums parmi lesquels les très bons Bubble and Scrape et Bakesale, mais le tandem ne retrouvera jamais réellement l'alchimie si particulière de III. Signalons qu'après la réédition en 2006 de Sebadoh III, Domino vient de ressortir The Freed Man, assurant par là même à ses auteurs les statuts, forcément enviés, de géants du bizarres assurément cultes !

Sebadoh - Sebadoh III (Homestead , 1991 et réédité en 2006 par Domino/PIAS)



Youtube de l'été #19 : ABBA - Dancing Queen (1976)

Posté par Kris le 03.08.07 à 10:42 | tags : disco, pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Il y a de ces groupes ou artistes qu'il sera toujours facile à enfoncer. Trop cool. Trop vendeur. Trop gniangnian. Trop sirupeux. Trop volatile. Trop pop. Hérésie. Cependant l'époque semble être plus propice à accepter et avouer ses petits pêchés mignons qui ne sont plus passibles de jets de petits cailloux ou de regards moralisateurs criant sans peine des compatissants "Pauvre vieux, tu n'as vraiment aucun goût". Car oui aujourd'hui, la pop est enfin acceptée comme genre à part entière sans avoir à se faire flouter le visage. Aujourd'hui, on peut sans peine - enfin presque - affirmer que l'on aime Rihanna pas que pour ses formes et que Fatal Bazooka nous fait rire et tout de même rester crédible lorsque l'on parle de Blitzen Trapper. Combien d'entre vous il y a 10 ans, auriez affirmé haut et fort (et sans snobisme mais juste par goût) que vous aimiez les Spice Girls et trouviez Alliance Ethnik rigolo tout en criant votre amour pour Fugazi ? Levez la main, combien ? Non sûrement pas autant...

La pop a longtemps été l'ennemi du "bon goût", les gros vendeurs vus comme des soumis et des traîtres, la simplicité et la futilité comme des marques de faiblesse. Et quand tout est réuni aïe aïe aïe...

Episode 1 / 2 : ABBA. Avatar disco lisse par excellence, l'un des plus gros vendeurs de disques de l'histoire derrière les Beatles, Elvis, Michael Jackson et Frank Sinatra aura eu du mal à se défaire de l'image immaculée si facile à salir. Björn, Benny, Agnetha et Frida ou les Suédois les plus connus de l'histoire. Traînés dans la boue car trop gentils, trop bons donc trop cons, ABBA n'a pas toujours (et n'est pas forcément encore) été cette blanche colombe pop que la bave du snob crapaud n'a pu atteindre. Révélé en 1974 par leur victoire à l'Eurovision à l'époque avec "Waterloo", ABBA connaîtra la consécration avec l'album Arrival sorti en 1976 sur lequel figure le mythique "Dancing Queen". Figure ingénue aux canons vocaux de Frida et Agnetha et au clavier malicieux de Benny, ce "Dancing Queen" résonnera pour longtemps comme ces chefs-d'oeuvres pop intouchables, qui demeurent au faîte de la créativité, ces petits plaisirs qui à chaque fois nous émerveillent par cette capacité à nous faire sourire. Comme les Beatles. Comme les Beach Boys. Comme les La's. Comme Belle & Sebastian. Comme les Pipettes. Comme Camera Obscura. Comme ABBA. Alors dansons et sourions. Tant qu'il est encore temps.




Portrait du journaliste (et de nos lecteurs) en fond d'écran

Posté par Maxence le 02.08.07 à 18:17 | tags : à lire, copinage, rigolo

Un fond d'écran en dit beaucoup sur son propriétaire. La façon dont on décore et organise son ordinateur personnel serait donc révélateur de la psychologie de celui qui en dispose ? C'est du moins ce que pensait Pierre Belouin, artiste contemporain et label manager d'Optical Sound & Fine Arts quand il lançait son projet Desktop en 1998 . Et pourquoi pas ? Ainsi, pendant que presque tous mes collègues sont en vacances je profite lâchement du vide laissé derrière eux (snif) pour me faire mousser : voici mon fond d'écran de l'été ! Syd Barrett période The Madcap Laugh, une image symbole qui accompagne à merveille notre feuilleton de l'été sur les albums cultes des géants du bizarre. Et vous, quel est votre fond d'écran estival ? Postez le dans la rubrique "Desktops d'été" sur le forum de Fluctuat.net !




Youtube de l'été #18 : KC And The Sunshine Band - That's The Way (I Like It) (1975)

Posté par Kris le 02.08.07 à 15:09 | tags : funk, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Cinq ans avant les Specials se formait sur la côte Est en Floride l'un des premiers groupes mixtes de la pop. Coloré et euphorique, KC And The Sunshine Band est né tout de strass et paillettes vêtus, chantant, dansant, baignant les pieds dans le disco et les coeurs dans le funk. Groupe à singles détonnants et enchantants, KC And The Sunshine Band, créé autour de Richard Finch et du chanteur-claviériste Harry Wayne Casey, signe en 1975 deux classiques du disco "Get Down Tonight" et "That's The Way (I Like It)", présents sur leur second album éponyme.

"That's The Way (I Like It)" a fait le bonheur des bootyshakers issus du baby-boom à une époque où le disco maintenait le moral de l'Amérique encore sous le choc de la Guerre du Vietnam qui vient tout juste de prendre fin. Décrié par certains pour cause d'un refrain un peu trop subversif ("Uh uh uh uh... J'aime ça !"), cela n'empêchera pas KC And The Sunshine Band de caracoler en tête de charts et de faire de ce tube de 1975 un hymne des années disco. La suite est néanmoins un peu moins glam glam avec la séparation du groupe et le déclin de leur musique au profit de l'avènement d'autres icônes de l'époque disco : les Bee Gees. Casey reformera le groupe avec des nouveaux membres à quelques occasions spéculant sur une période dorée passée, enchaînant galas et autres événements où l'on veut encore bien d'un quinquagénaire ayant été connu il y a un quart de siècle. On en connaît d'autres...

 

 

 




Justin Martin: The Fugitive

Posté par Maxence le 02.08.07 à 13:00 | tags : disques de l'été, électro, myspace, techno
Maxence m’inspire. Rien de sexuel je vous rassure (ouf ! NDMax), mais plutôt l’envie de vous faire partager quelque chose suite à sa proposition de nouveau tag : les disques de l’été. Tag qui semble s'être créé spécialement pour ce maxi de Justin Martin, DJ et producteur west-coast, nous livrant ici avec The Fugitive, une petite perle d’electro-pop solaire, cheesy mais pas trop. Sorti sur le label anglais de Ben Watt, Buzzin’ Fly records, ce maxi qui date tout de même de la fin 2006, mais que personnellement je n’ai dégôté qu’il y a un mois en boutique, à de quoi séduire même les plus réticents à la house et aurait sa place entre un Metro Area et un Luomo (ou un Uusitalo, autre projet de Vladislav Delay, mais qui semble moins convaincre notre grand timonier électro, Maxence). "The Fugitive", morceau éponyme en face A, est donc de ces titres qui vous collent aux basques ou aux slaps tout l’été, celui qu’on met dans le poste en rentrant de la plage, faisant un détour par la corniche (parce que c’est plus beau), lorsque l’on se permet de conduire pieds nus, les cheveux en pétard, avec le t-shirt qui gratte à cause du sel et que l’on est fatigué de cette bonne fatigue d’avoir passé sa journée à ne pas faire grand chose sauf se baigner, crapahuter un peu dans les rochers et les dunes, feuilleter un des livres de l’été et que l’on sait qu’une bière fraiche nous attend à la maison. Bon j’espère vous avoir donné envie d’aller faire un tour dans son espace, pour une écoute des deux faces de ce maxi à l’artwork tout aussi réussi que le reste.






Aidan Moffat, la honte sur lui et la compagnie Shirley

Posté par Myosotis le 02.08.07 à 10:40 | tags : disco, pop, youtube
 
Je me suis toujours demandé ce que faisait Aidan Moffat, le leader écossais des disparus d'Arab Strap, sur ce clip de Shirley & Company, imparable tube disco de 1975.
Shirley Goodman, morte il y a deux ans dans l'indifférence générale, n'a jamais rien fait d'autre que reprendre cet unique titre, année après année, de plateau télé en plateau télé. "Shame, shame, shame" avait pourtant eu, peu après, un successeur baptisé opportunément "Cry, Cry, Cry" et qui malheureusement ne décolla jamais dans les charts. Certaines personnes ne connaissent jamais le succès. D'autres ont le malheur d'y goûter et d'en perdre aussitôt la saveur et la recette. Honte à eux.
Moffat prépare, quant à lui, 32 ans après cette prestation, sans doute réalisée à l'aide d'une quelconque porte temporelle, un nouvel album avec son nouveau groupe : les Best-ofs. Il s'est aussi payé un nouveau site internet sur lequel on peut trouver de quoi patienter : quelques titres rares de l'ancien duo et sottises enregistrées depuis.
En attendant... c'est disco pour tout le monde, en mémoire de la belle Shirley !



CoUrtny Lve a un messge pur vou

Posté par 2goldfish le 01.08.07 à 18:29 | tags : myspace, news, people, rigolo

Ce qui est bien avec Myspace c'est le contact direct que le site permet entre les artistes et leurs publics. Courtney Love l'a compris et elle ne va pas laisser un vulgaire attaché de presse rédiger son blog myspace et se mettre entre elle et ses fans (ils en reste, si, si !). Elle leur parlera directement, sans laisser aucune interférence brouiller la clarté de son message :

"i put up z demo of demo iof demo of carcrash we habve about 4 other songs too, and id like to get opinions on them sopme of them. i need to write another dylanney one rexcept i just found otu my fat fighters mafrtin got stolen on the chunneltrain and thats why i got that new gibson for my bday but i need it nd its nowehr eint hehosue the only guitar i