Playlist : blog musique

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Kanye West - The Good Life (Youtube)

Posté par LovelyRita le 30.09.07 à 13:23 | tags : hip hop, myspace, vidéos musicales, youtube

Dans la bataille qui oppose les rappeurs 50 Cent et Kanye West depuis le 11 septembre, date de sortie de leurs albums respectifs, il paraitrait que Kanye ait vendu plus d'albums que 50, mais que ce dernier ait la main pour les ventes européennes. Chez Flu', la rédac semble s'être ralliée aux côtés de West et de son album (lire la chronique de Graduation). Après un premier single, "Stronger", reprenant le "Harder Better Faster Stronger" des Daft Punk, West sort en 3ème titre "Good Life".

 

 

Ca n'échappera à personne, le clip de "Good Life" en rappelle un autre, celui de Justice pour leur titre "D.A.N.C.E.". Tout le monde (moi y compris) s'amuse à rappeler que le même West avait poussé une gueulante à la cérémonie des MTV Europe Awards de 2006 quand le prix de la meilleure vidéo lui avait été "volé" par Justice et son clip pour "We Are Your Friends". Vengeance ou tentative de rafler un quelconque prix de la meilleure vidéo dans une quelconque cérémonie en 2007 ? Le graphisme est signé So_Me, graphiste de l'écurie Ed Banger, dont vous pouvez voir le travail sur sa page myspace.

 




Egographie #1 : Du journalisme élitiste et conscient

Posté par Maxence le 29.09.07 à 15:41 | tags : britney spears, copinage, egographie, médias, rigolo
J'ai toujours détesté les étiquettes.

Ce qui est paradoxal puisque comme tout journaliste s'exprimant dans le domaine musical, j'en colle partout. Pourtant, plus que le fait d'écouter certains styles de musique, c'est celui d'écouter LA musique qui me touche, qui compte.

Pour moi, il n'y a pas de différences entre, mettons, Liars et TV On The Radio et Ricardo Villalobos ou Juan Atkins. L'important n'est pas le style de musique ou l'artiste que l'on écoute, mais l'émotion et les sensations que l'on éprouve en l'écoutant.
C'est pour cela qu'au-delà du rock, du funk, du post-punk et du metal, de hip hop ou du dub, de la techno, du disco, du krautrock ou de la pop léchée et surproduite des 70's, je ne perds jamais de vue que j'écoute avant tout de la musique, et rien d'autre.

Evidemment, en temps que critique, cela ne va pas sans mal, car ce genre de philosophie devrait me rendre indulgent envers tous les artistes et tous les "genres" de musique, et par là même, me rendre incapable de critiquer quoi que ce soit.
Je devrais par exemple, comprendre que l'on puisse s'extasier et apprécier sincèrement Céline Dion et Britney Spears, Diam's et Marylin Manson (autrement que dans le cadre d'une étude sociologique je veux dire).
Or, ça ne marche pas.

 

Comprenez moi bien, je ne méprise pas les auditeurs de ces artistes, mais je ne peux m'empêcher de penser que les apprécier prouve une vision faussée de l'art, de la culture et même de la réalité. Traitez-moi de snob si vous voulez.
Pourtant, si je suis mon raisonnement sur l'émotion, je ne devrais pas juger celles éprouvées par les auditeurs de Céline Dion à l'aune de mes propres goûts personnels. Je devrais même soutenir les personnes qui s'adonne à l'écoute de Garou (oui, oui, même lui) ou du dernier album de Yannick Noah.

 

Alors pourquoi n'est-ce pas le cas ?

Parce que malgré l'adage qui dit que "tous les goûts sont dans la nature", les goûts malheureusement, ne viennent pas de nulle part. L'apprentissage du goût, en musique comme à la cantine, est une histoire d'éducation. Et même si tout cela reste subjectif, la subjectivité elle-même est une question de culture.
Si vous avez 4 de moyenne générale au collègue, que vous écrivez uniquement en sms (avec des fautes) et que vous pensez vraiment que Mia Frye et Pop Stars sont les dignes représentants de ce que la civilisation occidentale a fait de mieux à ce jour, et bien il y a des chances que vous aimiez Britney Spears.
Attention, n'y voyez pas une critique de classe ! Il y a des gens extrêmement bien nés, socialement parlant, comme les membres de TTC de Versailles, qui ont certainement eu 4 de moyenne au collège - ou pas - et qui vous soutiendront que Britney est le sommet de l'art occidental. C'est très post-moderne d'aimer Britney aujourd'hui. Quelque part, c'est même très "avant-garde". Rien de mal à aimer Britney donc, mais il y a des chances que vous passiez à côté de bien belles choses dans la vie si vous vous contenter éternellement de la soupe que l'on vous sert à la radio ou à la TV, et je ne parle pas uniquement de musique ici.

Donc je n'aime pas les étiquettes et logiquement cela veut dire que j'aimerais peut-être un jour un titre de Britney, Diam's ou Marylin Manson, comme j'ai aimé Michael Jackson plus jeune.
Mais je ne peux m'empêcher de penser que le type de raisonnement qui nous fait accepter les yeux fermés un type de musique parce qu'on le voit à la TV ou l'entend continuellement à la radio, est le fruit d'une stratégie de nivellement par le bas qui arrange bien des gens (les maisons de disques, le gouvernement, la société de consommation). Appelez ça de la paranoïa conspirationniste à la sauce X-Files, vous avez certainement raison.

Mais qui sait...

Après tout, ceci est mon espace d'expression sur ce blog, je suis ici pour faire découvrir des artistes que l'on a peut souvent l'occasion de voir et d'entendre dans les grands médias. Et tout cela sans étiquette. Ce qui ouvre la porte à tous les sytles de musique, de la plus commerciale à la plus obscure. Mais dites-vous bien que je l'aurais toujours choisi.

Je suis donc un indécrottable snob sans étiquette, élitiste et pédant.
Et pour votre bien à tous, mes amis, je le resterais.







Hurtmold : Le lièvre et la tortue

Posté par Maxence le 28.09.07 à 18:14 | tags : électro, jazz, myspace, rock

Attention, musique sérieuse ! Hurtmold, groupe post-rock/math rock dans le sens noble du terme, est originaire de la scène indé de Sao Paulo au Brésil. C'est peut-être pour cela que, dès ses débuts en 1998, le groupe a tout fait pour s'inventer un territoire musical pas comme les autres. Du post-rock, Hurtmold a surtout retenu l'aspect rythmique ainsi que l'angle cinématique du genre, mais avec un sens du "jouer ensemble" unique et une liberté toute particulière. Il faut dire que l'ensemble compte pas moins de six musiciens, tous virtuoses. Mené par Maurizio Takara (le batteur d'Institudo l'un des groupes de hip hop les plus respectés du Brésil) Hurtmold se compose de Fernando Cappi (guitare), Guilherme Granado (électronique, vibraphone), Marco Grez (basse), Mario Cappi (guitare), Rogérios Martins (percussions et clarinette) et Maurizio Takara donc (batterie mais aussi vibraphone et... trompette !), soit une belle escouade de multi-instrumentistes experts en orchestrations composées, raisonnées, structurées, et ça, c'est plutôt l'apanage du math rock.

 

Au-delà de ces considérations techniques, celui que l'on a déjà surnommé "le plus Chicagoan des groupes de Sao Paulo", ou "la réponse brésilienne à Tortoise", exprime surtout son amour de la syncope, du beat qui balance des hanches dans un format jazz rock à la manière des précurseurs du psychédélisme brésiliens, de Os Mutantes à Tom Zé (une influence particulièrement flagrante sur "Miniotoria" et l'usage qu'ils y font de l'électronique). Pourtant, si l'on écoute bien Mestro, leur dernier album, on ne peut s'empêcher de penser qu'Hurtmold n'est pas si loin de Tortoise ("Amarelo E Vermelho", "Sova"), The Sea and Cake ("Kampala") ou des Anglais de Corker/Conboy ("Chuva Negra", "Amansa Louco"). Même sens du flux rythmique, mêmes oscillations irrésistibles, même dynamisme. Quand il tourne, Hurtmold est un vrai moteur bien huilé au service de compositions millimétrées oscillant entre rock et jazz, dub et pop, et même hardcore punk ("Quase 6 De Misticismo"). Guitares véloces, furieuses cavalcades urbaines, à la lisière d'une drum'n'bass acoustique, groove mécanique, musique répétitive pour post-raveurs, Mestro ne manque pas de substance, bien au contraire. Même s'il reste encore du chemin à parcourir pour accoucher d'une œuvre totalement personnelle et passer du statut de bons élèves à la production sympathique à celui de véritables chamans post-rock, par ses ouvertures, ses origines et sa technique, Hurtmold n'a pas vraiment de soucis à se faire pour l'avenir, il est devant lui c'est certain. Et rien ne sert de courir, c'est bien connu...

 

 

Hurtmold - Mestro (Nacopajaz/Discograph)

http://www.myspace.com/hurtmold




Super Girl et l'Amer Yahourt de la Vache Mongole

Posté par 2goldfish le 28.09.07 à 14:50 | tags : news, politique, pop, télévision

Le gros méchant cynique que je fais semblant d'être s'est d'abord réjouit des nouvelles règles imposées aux émissions de type "nouvelle star" en Chine. Ces règles interdisent aux juges de ces émissions de flirter ensemble (?!) et d'être méchants tandis que les candidats doivent être en bonne santé et "mûrs" (pas de Jordy, pas de Priscilla, pas de Lorie.). Pour les spectateurs enfin, pas de SMS payants qui vident le porte monnaie et compliquent inutilement la vie des producteurs qui ont de toute façon déjà choisi leur gagnant. J'imaginais Dove Attia et ses collègues écrasés sous la botte d'un régime communiste autoritaire, et ça me faisait sourire.

Et puis il y a cette règle qui impose que "les tenues, coiffures et discours des candidats devraient s'accorder avec les valeurs du public". Ca pue un peu quand même. "les valeurs du public" c'est déjà terrible chez nous sur TF1, c'est pire quand c'est une véritable dictature officiellement reconnue qui les détermine. C'est encore moins réjouissant quand on se penche sur les raisons qui ont ammené ce nouveau règlement.

Lancé en 2004 sur une chaîne régionale, Mengniu Yoghurt Super Voice Girl Contest, une émission inspirée d'American Idol comme tant d'autres et sponsorisée par des yahourts mongols a rencontré un sucès massif et immédiat. Elle aura connu trois saisons avant que le gouvernement ne choisisse de l'interdire principalement, semble-t-il, à cause du risque que les Chinois prennent goût au vote démocratique. On a beau se moquer ici du vote par SMS, pour beaucoup de Chinois c'était le seul vote qu'ils avaient.

En tout cas l'un des arguments préférés des anti-abstentionnistes "tu peux pas ne pas voter quand y'a tant de mecs ailleurs dans le monde à qui c'est interdit" peut désormais s'appliquer à la Star Ac' et à la Nouvelle Star. La prochaine fois qu'on vous demandera d'envoyer un SMS pour sauver Jacques-Charlie ou Jessibelle, pensez un peu au pauvre Chinois qui n'a pas votre chance avant de changer de chaîne.




PJ, seule, toujours seule

Posté par 2goldfish le 28.09.07 à 10:59 | tags : pop

PJ Harvey s'est toujours transformée, renouvelée et contredite d'un disque à l'autre, tout fan vous dira ça. Ses contorsions restaient cependant jusqu'ici limitées par un cadre finalement pas si large que ça. Avec White Chalk, son premier album depuis Uh Huh Her en 2004, elle se débarasse de ce cadre : elle abandonne la guitare pour le piano, chante uniquement au plus haut de son registre et se donne un look XIXème siècle. Ajoutez à ça des chansons aux titres comme "Dear Darkness", "Grow Grow Grow" qui file une métaphore agricultrice, "The Piano", "Broken Harp"... PJ serait-elle devenue (meilleur cas) Kate Bush, Joanna Newsom ou (horreur !) Tori Amos ?

Ne paniquons pas : il n'y a pas encore de licorne sur la pochette de White Chalk. Pas même un simple animal. PJ n'est pas une grande pianiste, en tout cas elle se débrouille beaucoup mieux avec une guitare et, de toute façon, elle sait toujours rester terre à terre, ou presque. Il y a bien un peu de harpe et de banjo, mais les percussions sont minimalistes, Eric Drew Feldman, ancien comparse de Captain Beefheart et Frank Black, souligne surtout l'espace négatif dans les chansons avec quelques orgues et synthés discrets, pour le reste... euh... il n'y a pour ainsi dire pas de reste.

Ca tombe bien en fait, puisque le thème du disque semble être "oh mon dieu, que je suis seule" et ce n'est pas le genre de truc qu'Arcade Fire ou Broken Social Scene parviendraient à évoquer ausi facilement que l'ensemble restreint qui entoure ici PJ. Le thème de la solitude n'est pas nouveau pour PJ, mais elle atteint ici un paroxisme misérabiliste. S'il n'y a rien d'outré dans la musique, les sentiments (ou plutôt LE sentiment) exprimés sont extrêmes et le seul excès du disque est peut-être dans son uniformité, cette texture de craie blanche qui recouvre toutes les chansons et donne son titre à l'album. Heureusement, celui ci dépasse à peine la demi-heure et on n'a pas le temps de se lasser de ce qui est, au final, un autre très bon disque.

 

PJ Harvey - White Chalk(Universal/Island/AZ, oct 2007)

http://www.myspace.com/pjharvey




Sandro Perri : Jolis fragments de mélodies brisées

Posté par Maxence le 27.09.07 à 18:14 | tags : folk, label, myspace, pop, rock

Rien que pour sa reprise dilettante bossa triste du "Everybody's Talking at Me" de Fred Neil (souvenez-vous Macadam Cowboy, le film), il faut acheter ce disque de Sandro Perri. D'accord, "ça fait chère la chanson", me direz-vous, mais ce serait passer à côté des 9 autres, et ça, non seulement ce serait idiot mais également injuste. Il faut bien qu'ils vivent ces artistes non ? Surtout quand ils le méritent. Mais passons. Ceux qui connaissent "le" Sandro Perri expérimental qui s'exprimait sous les pseudonymes de Glissandro 70 (aux côtés d'Eric Chenaux et Craig Dunsmuir) ou de Polmo Polpo, sur les labels electros pointus que sont Alien 8 Recordings ou Intr-Version (sans oublier ses productions "dance" sur son propre label Audi Sensa), seront étonnés, par ce Tiny Mirrors folk et rêveur, tintinnabulant et gracieux comme un funambule ivre (à ce titre, "Family Tree", le premier morceau est exemplaire). Sur cet album folk rock qui fleure bon la nonchalance tropicale en mode vocal, Sandro Perri semble lassé des velléités post-rock instrumentales et électroniques. Une période sur laquelle il tirait déjà un trait avec Sandro Perri Plays Polmo Polpo, dans lequel il rejouait, et carrément "réinventait", sa musique. Ici, la mue est définitivement abandonnée et Tiny Mirrors se présente en quelque sorte comme le premier album de Sandro Perri. 

C'est donc à nouveau sur Constellation, décidemment en grande forme, que le Canadien nous offre son album le plus humble et lumineux à ce jour. Une simplicité et une tranquillité qui lui réussit puisque de "Family Tree" à Mirror Tree", cet album rayonne véritablement de bonheur partagé. Toujours accompagné de ses complices de longue date (Eric Chenaux, Ryan Driver de son projet Double Suicide), Perri se donne sur des textes doux amer ("Love is Real", "Family Tree") d'une voix haut perchée et languissante ("White Flag Blues"), que l'on pourrait situer pas si loin du Neil Young de The Beach ("City Of Museums") et même du Jeff Buckley des grands jours ("You're The One"). Quand aux orchestrations, elles touchent parfois au sublime sur des titres envoutant comme "The Drums", un "presque reggae" en mode mineur, avec sa rythmique répétitive soutenue par le falseto charmant et fatigué de Perri, ou "Love is Real", une bossa jazz au ralenti. Sur des morceaux comme "The Mime", c'est évident, Tiny Mirrors doit aussi beaucoup aux artisans musiciens que sont Chenaux et Driver (entre autres), parfaits compléments de Perri, accompagnant ses envolées de guitare slide avec subtilité ou au contraire, en ajoutant un peu d'électricité et de saturation à l'ensemble ("White Flag Blues"). Globalement, même si bien sûr, ce genre d'album se déguste dans un climat particulier, Tiny Mirrors est un sans faute. La belle surprise pop folk et rock de la rentrée en somme. Et après le très bel album de HRSTA et de Vic Chesnutt, encore un bon point pour Constellation (A ce propos, ne ratez pas notre dossier sur la label de Montréal, ce mois) !


Sandro Perri - Tiny Mirrors(Constellation/Differ-Ant, sept 2007)

http://www.myspace.com/sandroperriunofficial




Tuons les chanteurs

Posté par 2goldfish le 27.09.07 à 14:54 | tags : geek, rigolo, youtube

Il n'aura échappé à aucun lecteur fidèle de ce blog que je déteste Fergie, Madonna, Chris Martin, James Blunt et tant d'autres. La plupart des "personnalités plus grandes que nature" telles que Pete Doherty, Keith Richards ou 50 Cent m'insupportent au plus haut point. Je ne tolère aucun chanteur français vivant. L'indie pop est pleine de types qui font semblant de faire exprès de mal chanter, c'est horrible. La plupart des rappeurs ne savent pas ce qu'ils font. Le r'n'b moderne ne fonctionne que parce que les voix sont filtrées, découpées et démultipliées en studio.

En bref, on peut dire que globalement, je n'aime pas les chanteurs. Vous non plus, je parierais, ne supportez qu'une fraction statistiquement insignifiante des chanteurs de cette terre, sinon vous ne liriez pas un blog musical misanthrope qui traite le top 50 avec un honteux snobisme. Maintenant que nous sommes d'accord que les chanteurs sont une des plaies de la musique (parce qu'on aime la musique, quand même) on n'a plus qu'a attendre que la technologie nous en débarasse, que quelqu'un leur fasse ce que George Lucas essaie de faire aux acteurs. La musique élécrtronique existe bien sûr depuis un bout de temps, je ne vous apprend rien, mais elle a encore trop souvent recours à des humains pour chanter, que ce soit un véritable être vivant avec un micro ou un sample (ce qui revient à la même chose).

Comme souvent, un espoir de salut nous vient du Japon où le logiciel le plus vendu en ce moment est "Vocaloid". Ce soft contient une voix que vous pouvez faire parler et chanter assez simplement et de façon relativement réaliste (plus réaliste que "microsoft sam" en tout cas). Vous pouvez voir ce que ça donne sur Youtube. La technologie n'est pas inédite, mais elle est maintenant disponible très largement et, avec l'aide de l'hologramme, de l'image de synthèse, des programmes de composition musicale automatique et des arômes chimiques on peut raisonnablement espérer l'éradiction de la pop star d'ici quelques années.

C'est sans doute un beau rêve, OK, mais l'élimination du facteur humain dans le plan marketing des maisons de disques, c'est peut-être ce qui pourrait les sauver. Elles n'arrivent plus à nous vendre à tous les mêmes disques produits en masse dont on ne veut plus parce qu'on les partage tous illégalement entre nous. Il va falloir spécialiser l'offre à l'extrême, pour produire des stars qui n'intéresseront que quelques personnes et ainsi limiter le piratage. C'est ce que font les petits labels, dans une certaine mesure. Universal et les autres, qui n'ont jamais été que des machines à fabriquer de la star, pourraient avec la star virtuelle s'adresser à des niches toujours plus petites, jusqu'à nous offrir des chanteurs customisables. Vous choisissez sa couleur de cheveu, sa personnalité, son style de vêtement et boum, il a la voix et la musique qui va avec. Vous pourrez reconstruire Bono si vous voulez, ça ne dérangera personne, il ne sortira de toute façon pas de chez vous.




Subteranean Homesick Remix

Posté par 2goldfish le 27.09.07 à 10:24 | tags : folk, rigolo, rock, vidéos musicales, web

Depuis toujours, j'avais un rêve. Je l'ignorais mais grâce à la promotion du prochain best of de Bob Dylan, je sais maintenant que ce rêve, c'était d'écrire sur les panneaux du clip de Subteranean Homesick Blues.

 

 

Vous pouvez aussi faire la même chose, ou bien écouter le prévisible remix de "Most likely you'll go your way and i'll go mine" par Mark Ronson et même en regarder le prévisible clip. Dire que ce truc va finir sur un best of de Dylan. Ah la la, je retourne écrire des bêtises sur les panneaux, moi.




International Pony : The Sound of (Solid) Gold

Posté par Maxence le 26.09.07 à 18:35 | tags : électro, myspace, techno, vidéos musicales, youtube

Après un tsunami minimal sans précédent, les artistes qui font et défont l'electro d'aujourd'hui ont l'air d'avoir sacrément besoin de se détendre. Preuve en est, la déferlante actuelle de balearic, low motion disco ("low locomotion disco" même !), groove de plage, supergroupes pour superfunk et autres facéties pulsants les bonnes vibrations, que nous accueillons avec d'autant plus de bienveillance que nous n'avons plus beaucoup l'occasion de rigoler dans le monde géopolitiquement sinistre qui est le nôtre. 2007 semble donc être le bon moment pour ressortir les super-héros des placards. Hasard du calendrier, c'est justement cette année que DJ Koze, fer de lance du label Kompakt, accompagné de DJ Cosmic et Erobique, relance le projet International Pony sur le label Mule Electronic, succédant ainsi à Supermayer, le duo de super héros techno incarné par Michael Mayer et Superpitcher dont nous nous faisions l'écho il y a quelques semaines. Pour la petite histoire, sachez qu'International Pony est un trio de producteurs émérites né sur les cendres de Fischmob (Cosmic & Koze) et les résidus de Münster (Erobique, alias Carsten Meyer). Ceux qui connaissent DJ Koze savent que le bonhomme a longtemps opéré sur la scène hip hop allemande avant d'écumer les dancefloors outre-rhin. Il est de ceux qui affinent années après années, un son chaud et rond qui doit autant à la house originelle de Chicago qu'à l'electro-funk des années 80. A ce titre, il est le maître incontesté d'une house à la fois débridée, mélodique et rêveuse, frayant parfois avec le minimalisme de son label d'adoption. De leur côté, si DJ Cosmic et Erobique sont moins connus dans nos contrées, ils n'en sont pas moins renommés et ne sont pas en reste quand il s'agit d'introduire un pur feeling disco dans leur electro baignée de joie et de ferveur. Sous ces auspices, le trio ne pouvait qu'accoucher d'un bon album.

Même si son titre sonne 100% allemand, il flotte comme un petit air de "new york 1975-78" sur Mit Dir Sind Wir Vier. On y retrouve l'amour que les trois producteurs portent à la black music de cette période, et il est clair que ces trois-là baignent jusqu'aux oreilles dans la culture funk, soul, disco et bien sûr, house afro-américaine. Une évidence qui s'impose dès l'ineffable "Solid Gold", le tube à la mélodie véritablement imparable d'un album déjà rempli de futurs classiques. Des classiques sur lesquels il sera pourtant difficile de coller une étiquette tant l'alchimie tout en nuance des parties chantées de DJ Cosmic mariée au talent de producteur de Koze et à l'art de composer d'Erobique, y est unique. Avec International Pony, le trio aborde en effet les contrées de la pop (l'aérien "Gravity", l'electro-pop "Bubble in The Bottle"), le revival electro-funk 80 (le jubilatoire "Gothic Girl") ou les rivages imagés d'une electronica précieuse teintée de soul mélancolique ("Still So Much" ou "Velvet", magnifique) avec autant d'aisance et de brio qu'ils réinventent la house à la lumière du P-Funk psychédélique de Parliament/Funkadelic ou Sly & The Family Stone ("The Royal Pennekaums" ou encore "Our House", sans oublier les deux titres bonus, "Solid Gold" remixé par Jackmate et "Gothic Girl" par Mense/Egoexpress) tout en réussissant à parsemer le disque d'interludes easy-listening surréalistes et déconnants ("Vodka Biene", "Gonzo Gril Party"). Un peu à la manière des trois afronautes délirants du clip de "Gothic Girl", ces trois-là savent partager. Débordant d'une énergie communicative, ils donnent réellement à leurs auditeurs. Il faut croire qu'après le Sound of Silver déjà jouissif de LCD Soundsystem, le temps semble bel et bien venu de goûter au Sound of (Solid) Gold d'International Pony, qui s'impose avec Mit Dir Sind Wir Vier en digne prétendant du titre envié d'Album de l'année !

 

(A noter que cette version de l'album offre une vidéo "Gothic Girl", que nous n'hésitons pas à vous proposer ici, tant il reflète l'ambiance groovy décomplexée de l'album)

International Pony - Mit Dir Sind Wir Vier(Mule Electronic/Nocturne, sept 2007)

 

http://www.myspace.com/internationalpony

 




Blind Test

Posté par 2goldfish le 26.09.07 à 15:31 | tags : news, pop, rigolo

en fait ils ont les cheveux courts maintenantLes chansons, c'est parfois comme les lois et les saucisses : personne n'en voudrait si on savait comment elles sont vraiment faites. C'est aussi, et surtout, parfois comme les baskets : on n'a pas vraiment envie de savoir qui les a faites. C'est toute la tragédie oedipienne d'Hanson. Personne n'a envie d'écouter ces sales gamins gatés aux cheveux longs ou, plutôt, personne n'a envie qu'on sache qu'il les écoute, peu importe la qualité de la musique.

C'est en partant de ce constat qu'un DJ de Chicago a décidé de faire passer le dernier single d'Hanson pour l'oeuvre d'un jeune groupe inconnu et à découvert que ses auditeurs adoraient (vous pouvez allez y jeter une oreille sur hype machine mais je vous prévient, en fait c'est juste nul). Une bonne preuve s'il le fallait encore que savoir qui chante est aussi important que ce qui est chanté et une très mauvaise nouvelle pour les come backs cette année de Michael Jackson et Britney Spears.

Où est la tragédie oedipienne là dedans ? Et bien Oedipe ne savait pas non plus avec qui il s'amusait au départ. Malheureusement, après coup, il n'a pas su voir le comique de la situation.




404 303

Posté par 2goldfish le 26.09.07 à 11:03 | tags : geek, rigolo, web

 

 

Splice est un site rigolo, qui permet de perdre un peu de temps au boulot en faisant des remixes via un séquenceur en ligne. C'est très bien et tout, vous pouvez faire plein de trucs, y compris des trucs très bien j'en suis certain mais, pour ma part, j'ai un envahissant problème de glaire en ce moment et je me sens comme PJ Harvey qui avorte. Du coup tout ce dont je me sens capable, c'est de jouer avec le 303 de la page d'erreur 404 de Splice. C'est primitif, hypnothique, tout ce qu'il me faut. Je pense que je vais encore passer une heure ou deux à tourner des boutons. Si vous voulez bien m'excuser, je serais moi même une erreur 404 pour un temps indéfini.




Albums cultes des géants du bizarre #18 : Scott Walker – Tilt

Posté par Maxence le 25.09.07 à 18:33 | tags : pop, culte et bizarre, contemporaine, rock

Après une longue période de réclusion allant de 1984 à 1995, Scott Walker sort du silence avec une ambition : changer le fondement même de la musique populaire, effectuer un recadrage en profondeur en nivelant non pas "par le bas", comme a pu le faire naïvement le punk, mais en associant les musiques savantes et la culture mondiale, à la pop. Sur Tilt, premier album depuis des lustres, il est loin le crooner pour jeunes filles des Walker Brothers - même si l'on y retrouve déjà un peu de "The Electrician" paru sur Nite Flights des même Walker Brothers en 1978. Un morceau qui inspira par son ambiance expérimentale et vocale, le Lodger de David Bowie. Quant au "crooner", c'est un personnage que Walker a de toute façon définitivement laissé derrière lui avec Climate of The Hunter en 1984. Un choix qui participe d'une évolution logique de sa carrière solo, depuis Scott 4 en 1969.

 

Paru en 1995 sur Fontana et réédité deux ans plus tard sur le minuscule label indépendant Drag City, Tilt fait partie de ces albums totalement unique proposant un univers à part entière ("un empire emmuré", comme a pu le dire le fondateur des Virgin Prunes, Gavin Friday). Complètement immergé dans le bruit de fond du monde, Scott Walker en a fait une oeuvre déchirante en phase avec son époque, emprunte tout du long d'un lyrisme porté à son plus haut point d'incandescence ("The Farmer in The City", "Bolivia 95'", "The Patriot"). Un peu plus haut et le chanteur se brûlait les ailes au soleil de l'affectation, mais cela n'arrive jamais. Sur Tilt, Walker innove. Dosant parfaitement pathos et orchestration révolutionnaires, il invente des harmonies, crée des tensions inédites toujours prêtes à se fracturer. En ce sens, Tilt est un impossible chef-d'oeuvre d'équilibrisme basé sur l'utilisation mesurée du silence mais aussi une vaste opération de déstabilisation bruitiste. "The Cockfighter" par exemple, relève de la deuxième proposition. Scott Walker y hulule à la lune sur fond de percussions industrielles, que doit encore lui envier Trent Reznor de Nine Inch Nails. Après une introduction à la rythmique tribale soutenue, "Face on Breast" le voit manier le chaud et le froid en unissant les nappes aériennes générées par un orgue Hammond et les trilles hystériques d'un sifflet pour un résultat aussi captivant qu'inquiétant. Plus loin le chanteur montre ce qu'il est capable de faire sur des morceaux aux mélodies plus "classiques" comme "Bolivia 95'" (même si ses textes restent cryptiques au possible) ou l'éponyme "Tilt", plus rock. Il en profite pour exploser le format académique (la plupart des morceaux dépassent les 6 minutes quand ce n'est pas 8). Walker touche carrément au sublime quand il dispense ses climats précieux et profondément troublants sur "Patriot", le morceau de bravoure de l'album. A la fois bouleversant et profondément original, "Patriot"  évoque le croisement impossible de Franck Sinatra et de Pere Ubu. Clairement le genre de morceaux qui vous fait monter les larmes aux yeux et passer des frissons sur tout le corps.

 

Il faut dire que l'album bénéficie du travail de co-production incroyable de Peter Walsh, grâce à qui, chaque son acquiert une importance indicible. A ce propos, Tilt regorge d'effets électroniques inédits (voir l'intro de "Bouncer See Bouncer"), cliquetis, vibrations, chuintements, agrandis jusqu'à ce que l'auditeur soit conscient du plus infime détail de cet environnement sonore fascinant. Autour de Walker, les instruments conviés sont aussi nombreux que les émotions cultivées par le compositeur : cuivres, cordes, hautbois et clarinette (en fait tout le London Philharmonique Orchestra sur certains morceaux), électronique et emprunt aux musiques ethniques ("Manathan"), Scott Walker voulait "faire quelque chose de différent" et dans ce domaine il atteint des sommets. Inclassable et inspiré Tilt est  monument de la musique actuelle. Mariant rock et musique contemporaine avec un sens de la perspective unique et une vision toujours inédite aujourd'hui, il est le digne précurseur des expériences antagonistes de TV On The Radio ou pousse la composition dans des retranchements dont aurait rêvé Mike Patton sans jamais oser les réaliser. Totalement culte, et bizarre bien sûr.

 

Scott Walker - Tilt (Fontana, 1995 / Drag City, 1997)




Kinski : métal slacker

Posté par 2goldfish le 25.09.07 à 14:33 | tags : rock, myspace, metal

Que faire de Kinski ? Leur nouvel album plein de gros riffs qui tachent, de rocks à la composition ultra-classique portant des titres de méchant biker comme "Crybaby Blowout" et "Punching Goodbye" assumés avec le plus grand des sérieux devraient les exclure de la polie niche post-rock qu'ils occupaient jusque là. Le fait qu'ils restent, la plupart du temps, un groupe instrumental, que leurs solos évoquent plus Thurston Moore qu'Eddie Van Halen ou Tony Iommi devraient leur aliéner le fan de métal moyen. Leur "bizarrerie" n'est pas aussi facile à digérer que celle d'Isis, par exemple.

On pourrait croire ce disque fait pour un type comme moi qui n'est ni fan de métal ni de post rock mais qui ne dit non ni à l'un ni à l'autre et qui apprécie plutôt les mélanges, au moins le temps d'un "crybaby" qui sonne comme l'intro d'un bon morceau de Deep Purple (oui, je sais, j'ai beaucoup d'imagination). Sauf qu'on attend qu'un moustachu bedonnant avec une voix qui sent le Johnny Walker vienne beugler des paroles stupides sur la moto de satan et sur toutes les drogues qu'il a pu prendre dans sa vie. Au lieu de ça on a des instrumentaux dont la structure classique et les solos discrets entretiennent ce sentiment de manque, sentiment que les rares irruptions du chanteur-marmonneur ne dissipent absolument pas.

Le problème c'est que les riffs monstrueux du métal appellent le mélodrame, sous la forme d'un chanteur plus grand que nature à la David Lee Roth ou celle des solos overzetop d'un Jimmy Page. Le chant désaffecté d'un slacker indie et un "paysage sonore" à base de larsen ne font juste pas le poids face à un mastodonte de blues tout en fuzz et disto. Le mariage a beau marcher par moment (comme sur l'excellent "Silent Biker Type" qui clôt l'album) et tous les éléments pris séparément étant très bons, on entend trop le disque qui aurait pu être pour vraiment apprécier celui qu'on écoute.

 

Kinski - Down Below It's Chaos(Sub Pop/Pias, sept 2007)

http://www.myspace.com/kinskispace




Ian Curtis a-t-il inventé la Tektonik ?

Posté par Myosotis le 25.09.07 à 10:25 | tags : new wave, rigolo, rock, youtube
A quelques jours de la sortie du biopic d'Anton Corbijn, Control, adapté de la biographie de Deborah Curtis Touching from A distance, le mythe Ian Curtis reprend du poil de la bête. Père officiel de la New Cold Wave (Interpol, Editors, etc), Ian Curtis, suicidé en mai 1980, serait également, selon certains bloggeurs, le grand-père par alliance de la Tektonik, la nouvelle danse venue de Belgique, qui fait depuis quelques semaines fureur chez nous.
La danse du papillon crevé caractéristique du jeu de scène épileptique du chanteur de Joy Division, et que l'on peut observer sur ce live de "Colony", peut-elle être rapprochée des mouvements saccadés inspirés du ballet débridé d'un coiffeur technoïde sous acide ? Rien n'est moins sûr, mais on ne peut pas non plus se permettre de rater une occasion de parler de Joy Division. A la question, Ian Curtis a-t-il inventé la tektonik ?, on répond donc non, sans autre commentaire.
A worried parents glance, a kiss, a last goodbye,
Hands him the bag she packed, the tears she tries to hide,
A cruel wind that blows down to our lunacy
And leaves him standing cold here in this colony.



Shotter's Nation des Babyshambles en écoute

Posté par LovelyRita le 24.09.07 à 19:19 | tags : news, rock, uk
Comme on le disait ici il y a quelques jours, il n'y pas de rentrée sans Doherty. On a déjà annoncé en clip son retour avec ses Babyshambles et les choses deviennent un peu plus concrètes à l'approche de la sortie de Shotter's Nation, album à sortir le 1er octobre. Deux ans après son tout premier album, Down in Albion le groupe revient avec un second opus dont on peut vous dévoiler le tracklisting.
 
 
01. Carry On Up The Morning
02. Delivery
03. You talk
04. Unbilotitled
05. Side Of the Road
06. Crumb Begging Baghead
07. Unstookietitled
08. French Dog Blues
09. There She Goes
10. Baddies Boogie
11. Deft Left Hand
12. The Lost Art Of Murder
 
 
 
 
 
 
Le single "Delivery" est déjà sorti et l'album produit par Stephen Street (qui a bossé avec les Smiths ou encore Blur) devrait afficher clairement ses influences (The Kinks, The Stone Roses, voire même Blondie...).
Histoire de vérifier ses références et pour le plaisir de découvrir ses nouveaux titres, Pete Doherty himself m'a autorisé hier soir sur MSN à balancer son album en écoute à partir de lundi 24/09, soit une semaine avant la sortie officielle. Oui, bon en fait, c'est pas vraiment Pete, mais une autre instance qui accorde à Fluctuat cette faveur.
 
 
Fin mot de l'histoire Fluctuat vs. Pete Doherty : à partir du lundi 24 septembre et pendant toute une semaine revenez sur le blog et vous pourrez écouter en exclu l'album des Babyshambles.
Et re-bonus : Myosotis vous prépare un petit papier sur le retour de l'enfant terrible du rock anglais, en ligne cette semaine sur Flu le mag.
 
 
Pour accéder à l'écoute, allez sur le mini site dédié à Shotter's Nation et entrez le code 61 dans la case Fluctuat....il faudra aussi récupérer les codes d'autres sites, donc bonne chasse au code et surtout bonne écoute !





M83 : La Californie rêve en allemand

Posté par Maxence le 24.09.07 à 18:05 | tags : psychédélique, pop, électro, ambient

Toutes les musiques psychédéliques dites "lysergiques" des 60's auraient pu être de l'ambient. Elle le sont d'ailleurs par le biais d'un vicieux retournement temporel que j'expliquais il y a peu (les pionniers de l'ambient électronique furent souvent des hippies férus de psychédélisme et de space rock, logique). Elles le sont aussi de toutes les façons possibles et imaginables dans l'esprit. Idem pour les grands compositeurs de kosmische music allemands des années 70, les Cluster, Harmonia, Tangerine Dream, Popol Vuh et autre Klaus Schulze, qui les premiers unirent les atmosphères envapées et les machines à grand coups de synthétiseurs, de beat box primitive et de motorik beat. Evidemment, il fallait quelqu'un pour unir ces deux hémisphères : la contre-culture hippie des 60's et la scolastique mécanique allemande des 70's. Il fallait aussi quelqu'un pour conceptualiser le truc, le rendre plausible, transformer ce qui aurait pu n'être que de la musique de supermarché en un art noble. Ce quelqu'un, par sa curiosité, son talent et ses qualités de visionnaire, c'est Brian Eno quand il inventa l'ambient. Ambient #1 / Music for Airports (1978), puis la même année Music for Films. Ambient #2 / The Plateaux of Mirror (avec Harold Budd) en 1980, l'ensemble se concluant sur Ambient #3 / Day of Radiance et On Land. Mais tout le monde connaît ça aujourd'hui...

 

Anthony Gonzales de M83 a toujours écouté ces musiques. Pour lui c'est même l'essence de l'art, ou, pour être plus précis, "l'essence de son art". Du coup, ce Digital Shades Vol. 1 composé de 10 plages de pure musique ambient minimaliste et dépouillée se présente en fait comme le plus vaste des continents. Un pays à visiter les yeux fermés. Mieux, Digital Shades Vol. 1 s'appréhende logiquement dans la lignée des précédents albums de M83. D'autant plus logiquement que ce travail, proposé comme une pause, une respiration, dans l'ensemble de la discographie et la carrière du groupe, porte en lui les germes (et les "gemmes" aussi, écoutez bien) des mélodies déjà présentes dans les murs de bruit blanc lumineux, l'electronica contemplative et les envolées vocales d'un Before The Dawn Heals Us, par exemple, même si l'album pouvait sembler foisonnant en comparaison. Pour en être sûr, il suffit de se laisser aller et de tendre l'oreille aux mini-symphonies synthétiques que viennent habiter de discrètes variations. Chaleureux, vivant, le son de Digital Shades Vol. 1 doit plus aux pionniers de l'ambient des 70's qu'aux travaux aseptisés expérimentaux des petits maîtres des 90's qui suivirent. En digne héritier d'un vaste continuum ambient analogique, Anthony Gonzales de M83 compose principalement sur de vieilles machines. Il se fit complètement à la magie de l'union synthétiseurs et guitares. Nous ne sommes pas loin du M83 que nous connaissons donc, toujours une histoire d'harmonie et de magie, l'ultime alliance. Et ça marche, la preuve, de 1967 à 2007, la Californie rêve toujours en allemand.

 

Retrouvez notre interview d'Anthony Gonzales de M83 sur Flu' le mag, ainsi que le site Eyeka (la plateforme communautaire ouverte à tous les passionnés d'images numériques et partenaire du concours organisé autour de l'album)

M83 - Digital Shades Vol.1 (Gooon/EMI/Labels)




Deerhoof ou Football ?

Posté par 2goldfish le 24.09.07 à 14:53 | tags : hip hop, mp3, pop, rigolo, rock

Au menu aujourd'hui : deux "albums" à télécharger gratuitement et légalement.

Tout d'abord nous avons une curiosité, une douzaine d'artistes commissionnées par Adidas et la ligue de football américaine (notez l'accord : c'est la ligue qui est américaine, pas le foot. On parle bien de soccer.) pour créer des "hymnes" pour leur équipe locale. Le line up contient quelques choix intéressants : RJD2, Bad Brains, The Rapture... A peu près tout le monde (c'était peut-être dans le contrat) adopte un refrain idiot gueulé par un faux choeur de supporters. Beaucoup sont trop compliqués ou extravaguant pour qu'on les imagine adoptés par le public des stades. Si le hip hop dirty south de Mike Jones passerait peut-être à Houston, si The Rapture a peut-être une chance de passer à New York, parce que c'est New York, RJD2 est juste trop bizarre pour où que ce soit (et c'est aussi le meilleur, tiens). La présence de deux groupes de punkettes façon Avril Lavigne surprend, jusqu'a ce qu'on se rappelle qu'outre-Atlantique le soccer est un sport de fille.

Bon, OK, vous allez peut-être y jeter une oreille mais vous n'allez pas le télécharger. C'est pour ça que ce billet contient aussi un lien vers le site de Deerhoof qui offre un album de raretés/bonus/lives/jams/tout ce qui traînait sur leur disque dur juste comme ça, sans autre raison que la grande gentillesse du groupe. Il y a aussi une reprise de Perfect Me par un autre groupe, un mashup inattendu qu'un fan leur a envoyé et, globalement, un beau bordel fort réjouissant garanti sans beuglement de foule.




Vous avez envie de rejoindre l'armée russe ?

Posté par 2goldfish le 24.09.07 à 10:18 | tags : rigolo, vidéos musicales
 
Non ? Ils essaient très fort pourtant.
(merci totom)



Singles of Ze ...Wiiii Hiiiiik ! Mais, il a rayé mon disque ce ... !

Posté par Maxence le 23.09.07 à 20:01 | tags : disco, électro, myspace

Mes imparables chouchoux du moment : Smith'n Hack et leur "Space Warrior" (en face b) et le non moins excellent "Falling Star" (en face a). Reverso 68 et son "Tokyo Disco" (malheureusement rien en écoute pour l'instant) Ces deux là sont suivis de près par Rub n' Tug et leur monstrueux remix Roxy Music, "The Main Thing" !! Tout simplement énorme. N'oublions pas MelodieduKronk, improbable groupe new yorkais et leur cavalcade electro disco kraut "Raagini Demo" (genre Neu! meets Chris & Cosey meets Moroder), ainsi que l'incroyable "I Feel the Love" de Manthraxx (compagnon de route d'Eric "Dunks" Duncan de Rub n' Tug sur leur très bon projet commun Still Going) et le très soft "Aeroplane" par... je vous le donne en mille, Aeroplane ! Putain et tout ça en écoute gratuitement, c'est pas beau le 21ième siècle !




Japan Pop, battle du week-end part 1

Posté par LovelyRita le 22.09.07 à 11:12 | tags : pop, rigolo, youtube

Quand l'un des rédacteurs de la rubrique cinéma de Flu' écoute de la japan pop, ça donne ça :

 

 

Demain, vous aurez ma réponse et vous, auditeurs, pourrez juger de qui a les meilleurs goûts en Japan pop !
Et oui, les battles, ce n'est pas uniquement réservées à 50 Cent et Kanye West !



Shinedoe : La resistance de l'underground techno

Posté par Maxence le 21.09.07 à 18:35 | tags : électro, label, techno

Tiens, un disque de pure techno dans notre playlist du mois ! De la techno "pure et dure" même. Cela faisait longtemps. Il faut dire que cela fait un bail que ce mot n'est plus utilisé qu'au sens large de "musiques électroniques". Et puis, elle est loin l'époque où des galettes ascétiques bardées de groove robotique attaquaient régulièrement nos platines. C'est oublier qu'avec la déferlante nu-disco et le débarquement quasi-quotidien d'aliens dansants en tous genres (Animal Collective, LCD Soundsystem, !!!, Shitdisco ou Von Südenfed), on finirait presque par zapper ce genre fascinant par excellence (au sens d'hypnotisant, de "prenant"), celui que nous appelions encore il y a peu, "la techno". Ah, cette bonne vieille techno. On oublie même qu'il fut une époque où il était difficile de la différencier de la house, spécialement quand le son venait de Chicago ou Detroit. La Néerlandaise Shinedoe, n'a pas oublié, elle. Son premier mix officiel pour la collection Fuse n'oublie ni Detroit, ni Chicago, ni Berlin et Amsterdam d'ailleurs, deux autres bastions de résistance de l'underground techno nichés au cœur de la vieille Europe. Et c'est pour ça qu'il serait dommage de passer à côté de ce mix qui fait suite à une série initiée par des pointures comme Dave Clark, et suivi de Steve Bug puis de DJ Hell (pas vrai, CF ?).

 

Evidemment, ça fait tout drôle ! Pensez, dès l'intro de ce Fuse presents Shinedoe, on se trouve catapulté 10 ans en arrière, une époque où Chain Reaction faisait la loi dans le domaine de la minimal techno dubby aux basses filtrées et ultra compressées ! Avec une classe incroyable, la DJette débute son mix sur un speech vocoderisé de DJ Bone (direct from Detroit pour ceux qui connaissent) nous mettant en garde contre la disparition de l'esprit qui animait cette musique et elle enchaîne directement sur un "reverberate" impeccable, tout d'échos et de loop étouffés, signé Substance & Vainqueur, deux noms que nous n'avions plus croisés depuis longtemps ! Puis c'est au tour du roi de Chicago, Ron Trent, avec "Feel The Rhythm", et là, on sent bien que ça va décoller, mesdames et messieurs attachez vos ceintures, nous n'allons pas atterrir avant longtemps. Shinedoe marie subtilement le son de Detroit (Underground Resistance - "Final Frontier"), celui de Chicago (Ron Trent donc, Roy Davis Jr.), d'Amsterdam (avec les vibrants Polder, Dave Ellesmere et son ami du label minimal funk Intacto, Dylan Hermelijn, aka 2000 and One) et Berlin (Stephan Bodzin) bien sûr, mais aussi la Suède (Minilogue) et le Brésil (Gui Boratto). C'est l'international techno qui se mélange ici avec bonheur, oscillant entre minimal, house, electro funk sans oublier une pointe de booty, dans une sorte de transe africaine pour trainspotter déchaîné. Un vrai bonheur, surtout que Shinedoe mixe à l'ancienne, deux platines, une pile de vinyles et c'est parti. Foin de Ableton Live ici, de l'artisanal et uniquement de l'artisanal, histoire de nous rappeler que la ferveur de nos folles soirées n'est pas morte et qu'en aucun cas cette musique et son esprit ne risquent de disparaître.

 

 

Fuse presents Shinedoe (Music Man Records/La Baleine, sept 2007)




BlueFinger : le retour en grande forme de Black Francis

Posté par Myosotis le 21.09.07 à 14:31 | tags : rock, punk
On a dit tellement de mal de Frank Black ces dernières années (ah, cette longue série d'albums à la mode Nashville dont on ne voyait plus le bout) que se retrouver avec BlueFinger entre les oreilles est comme une délivrance. Par delà l'artifice marketing (?) qui veut que l'ex-chanteur des Pixies ait repris son nom de "jeune homme", Black Francis "le comeback", et laissé tomber son Frank Black sali par le temps, BlueFinger est un bon album de punk-rock et c'est déjà pas mal. On est encore loin de Trompe le Monde bien sûr, encore plus loin de l'univers thématique des Pixies (pas d'extraterrestres, de trous dans le ciel et de singes au paradis), mais on se rapproche ici d'un registre qu'on avait adoré sur Frank Black, son premier album solo, ou le roboratif Teenager of The Year. Frank Black retrouve sur ce disque les dynamiques qui ont fait son succès, passe enfin la cinquième vitesse et se remet de temps à autre à chanter comme un cochon d'opéra qu'on égorge à la machette. Bluefinger est, sur le papier, un album hommage à un musicien hollandais Herman Brood, connu pour ses talents de pianiste, sa consommation de drogue et son suicide. C'est en réalité un retour aux sources punk du gros bonhomme, lancé avec fracas par les deux premiers titres de l'album. "Captain Pasty" sonne d'abord comme son meilleur titre depuis longtemps, emballé et emballant, incisif et servi par une mélodie efficace. La voix de Frank Black s'y balade avec beaucoup de facilité, ce titre faisant figure d'échauffement pour ce qui va suivre. "Treshold Apprehension", en 5 minutes (dont une de trop) est la meilleure chanson du gros Frank depuis la fin des Pixies et "U-Mass", qu'elle taquine aimablement en violence et en rythme. Black ressort sa voix de tête et s'égosille sur une rythmique binaire à l'intensité dramatique évidente. Le flow est bon, la claque syncopée et les roulements de batterie placés au poil pour un effet maximum. "Treshold Apprehension", déjà placé sur le best of sorti il y a quelques temps, justifie à elle seule qu'on achète (télécharge) ce disque. Le reste de l'album ne réussira pas à se hisser à ce niveau, si l'on excepte la très belle reprise de "Brood You Cant Break a Heart and Have It", mais constitue un joli recueil de chansons et une belle démonstration de puissance. "Tight Black Rubber" a des motifs hard-rock, "Your Mouth Into Mine" rappelle l'époque Los Angeles, avec grosse artillerie de guitares et une subtilité un rien contestable. Quelques chansons sont plus proches des derniers temps (un "Lolita" moyen, l'excellent "Discotheque 36", le séduisant "She Took All The Money") mais bénéficient de ce supplément d'âme qui anime BlueFinger. L'album s'achève finalement assez mal sur un titre éponyme passe-partout et bluesy qui indique que le cauchemar n'est peut-être pas terminé. Méfiance, méfiance.

 

BlueFinger reste néanmoins un album sans véritable faiblesse et avec de grosses qualités : un album qui gagne à être ré-écouté et qu'on ne rangera pas dans l'étagère trois jours après l'avoir acheté en espérant des jours meilleurs. "Black Francis redevient le punk hurleur, écorché, que Frank Black avait évincé", dit le sticker au dos de ma copie. C'est à peu de chose près ce qu'on retiendra. Et ça fait du bien.

 

http://www.frankblack.net

Black Francis - Bluefinger (Cooking Vinyl, sept 2007)

 




Tâteur musical

Posté par 2goldfish le 21.09.07 à 10:36 | tags : geek

Dans l'univers de la musique, la technologie n'a pas tant progressé que ça. OK, on voit de plus en plus de gens se produire sur scène avec un laptop et sortir des sons inimaginables il y a seulement quelques années. On ne voit par contre pas beaucoup de nouveaux instruments, en tout cas d'objets conçus dès le départ comme des instruments. On peut faire pas mal de choses avec un bon ordinateur mais niveau interface, ce n'est ni instinctif ni très souple. Ca n'appelle pas la même dextérité et la même virtuosité qu'un "véritable" instrument, que celui ci soit une guitare, un violon, un synthé ou une platine.

 

 

Dans un certain sens c'est une bonne chose parce que les virtuoses sont souvent très chiants, mais on ne peut tout de même que saluer le TENORI-ON fabriqué par Yamaha. Cet "instrument du vingt-et-unième siècle" est en fait un écran tactile qui vous permet de créer des boucles en temps réel ou de jouer de simples notes du bout des doigts. C'est comme un de ces ipod du futur (proche) mais capable de production et pas seulement de reproduction musicale. Je ne suis peut-être pas très clair mais il suffit d'aller jeter un oeil sur la vidéo de Jim O'Rourke a qui on a mis un TENORI-ON entre les mains pour comprendre. Ou pas.

Ca me rappelle surtout Elektroplankton, l'excellent "jeu" zen sur DS avec lequel j'aime bien me vider la tête. Je découvre d'ailleurs grâce à un vieux billet de Chamboul'Tout que le créateur du jeu et de l'instrument n'est qu'une seule et même personne : "l'artiste des médias" Toshio Iwai. Ce mec est très cool.

Update : Music Thing rassemble aussi tout un tas de renseignements sur le TENORI-ON.




DC Recordings : Dancing astro zombies from outer space part. 1

Posté par Maxence le 20.09.07 à 18:30 | tags : rock, funk, électro, myspace, psychédélique, punk

Welcome freaks, mutant, subhumans, monsters, clones, robots, evils, vampires, zombies, hybrids, pinheads, halfdeads, men machines, cyclops, siamese, android, mummies, psychos, martians, undead, creatures, demons, entombed, skeletons, etc, c'est la rentrée des joyeux mutants de DC Recordings. J'en profiterai d'ailleurs pour présenter deux maxis parus cet été dans une deuxième partie, ça fera un compte rond.

 

Donc voilà, on commence avec les aventures de The Giallos Flame, le projet electro rock gore halluciné de Ron Graham. Le giallo, comme certains d'entre vous le savent certainement c'est l'horror movie à l'italienne, un sous-genre dignement représenté en son temps par Dario Argento, Lucio Fulci ou Mario Bava, pour ne citer que les plus connus. Vous l'aurez compris, avec Live From Dunwich de Giallos Flame nous avons affaire à la version anglaise et provinciale de la bande son fictive d'un film d'horreur italien des années 60 (Dunwich étant une petite ville abandonnée au fin fond du Royaume-Uni). De fait, les six titres de ce Live From Dunwich évoquent un peu le croisement musical délicieux d'un classique de Mario Bava croisé avec Le Chien des Baskerville période Hammer. Ron Graham s'y livre à l'invocation des morts sur fond de nappes de synthés analogiques en mode retro-kitsch. C'est à la fois hilarant ("Out For Justice") et angoissant ("Body Snatcher") et pour notre plus grand plaisir toujours trippant ("Wastelands"). On pense parfois au Gun Club et à Cramps ("Keoma"), à Goblins aussi bien sûr, les mythiques metteurs en son des films d'Argento, bref, que du bon !

 

Toujours en mode rétro (cela fait partie du cahier des charges minimum obligatoire chez DC Recordings), on découvre également ce six titres de Clause Four, alias Tom Giles. Blue on Blue est la déclaration d'amour gentiment psychédélique d'un adepte de jeu d'arcade des années 80 à la culture du vidéo game. Parfait computer geek, fanatique de programmation, Giles mouline sa musique sur de vieux 8-bit accouplés à d'antiques synthétiseurs de type Korg SQ10 pour composer des charmantes ritournelles electronica vintages et pop. Si l'éponyme "Blue on Blue" sonne comme du Plaid en mode archéologique, le reggae dub "Version (#1)" laisse imaginer ce que les pionniers jamaïcains auraient pu faire si l'île avait été équipée en informatique "de pointe" dans les années 70. Clause Four côtoie même les sommets de la poésie quand il abandonne ses tics et ses tropes retro-futuristes et laisse la mélodie s'emballer autour d'une guitare estivale et quelques bleep lumineux sur un "Division" vraiment magique. Idem sur le hip hop cool de "Walking" et la ballade "Soul (version)". Clairement nostalgique d'une époque où la culture électronique était encore ludique, mystérieuse et rigolote, Blue on Blue se présente un peu comme une carte de visite pour un artiste atypique et comme on dit, "attachant". Try it.

 

Giallos Flame - Live From Dunwich
Clause Four - Blue On Blue(tous les deux chez DC Recordings/La Baleine)

http://www.myspace.com/dcrecordings



Bertrand Cantat libre ou pas ?

Posté par LovelyRita le 20.09.07 à 11:47 | tags : news, people, rock

 

 

Condamné à passer 8 ans de sa vie en prison suite à la mort de Marie Trintignant (sa compagne à l'époque), Bertrand Cantat était détenu depuis septembre 2004 au centre de détention de Muret (près de Toulouse). Accusé d'avoir porté des coups mortels à Trintignant, Cantat a fait sa demande de libération conditionnelle. Sa requête sera examinée aujourd'hui par un juge d'application des peines. Cette demande intervient alors que le chanteur de Noir Désir a déjà purgé la moitié de sa peine d'emprisonnement.

 

L'incident s'était déroulé à Vilnius (en Lituanie) en juillet 2003, alors que Marie Trintignant tournait pour un téléfilm sous la direction de sa mère, Nadine. Le tournage de "Colette" avait donc été interrompu fin juillet suite aux disputes violentes au sein du couple Cantat/Trintignant, disputes qui avaient couté la vie à Marie Trintignant. La dispute ayant eu lieu dans la nuit du 26 au 27 juillet, le décès n'a été constaté que le 1er août.

Du côté de la famille Trintignant, la mère de Marie, Nadine Trintignant estime que cette demande de libération est prématurée. Elle s'explique de la manière suivante dans une lettre qu'elle a adressé au juge : "Je crains que (sa) libération très anticipée n'apparaisse comme tristement significative pour tous ceux qui luttent pour que soient enfin justement sanctionnées les violences faites aux femmes". De l'autre côté, un proche de Cantat a déclaré : "Mme Trintignant met la pression" et "essaie une fois encore de changer le cours de la justice".

Concernant l'avenir de Noir Désir, qu'en est-il ? Dennis Barthe, le batteur, a fait savoir que tant que le groupe ne serait pas au complet, il n'y aurait aucun plan pour le futur. Les trois membres restants attendent donc la décision du juge. Noir Désir n'est donc pas tout à fait mort et le groupe aurait même signé avec Barclay, sa maison de disques, un nouveau contrat pour l'enregistrement de trois albums.

 

La décision sera annoncée en début d'après-midi, alors Cantat a-t-il des chances d'être libéré ?

 

 

 




Albums cultes des géants du bizarre #17 : The Jesus & Mary Chain – Psychocandy

Posté par Maxence le 19.09.07 à 18:34 | tags : rock, pop, culte et bizarre, punk

En 1985, deux Ecossais débarquent au sein de la galaxie post-punk en surfant sur les ondes de choc d'un bruyant manifeste indie-pop. Son titre, emblématique, Psychocandy. Le groupe : The Jesus And Mary Chain. Véritable manifeste de ce qui deviendra la noisy pop et plus tard, le shoegazing, leur premier album est précédé d'un single dévastateur célébrant l'union alors contre nature du punk et de la pop psychédélique des 60's. Paru sur Creation, le fameux label d'Alan McGee, ce 45t aujourd'hui mythique présente "Upside Down", une face de bruit blanc et vocaux noyés de feedback soutenue par la rythmique monolithique d'un Bobby Gillespie en batteur débutant, et une autre reprenant le "Vegetable Man" de Syd Barrett en mode mineur de fond, crawlant dans les légumes en question. Une mini-révolution ! Comprenez, à l'époque les choses étaient claires. Soit vous étiez punk/new wave, soit vous étiez pop, soit vous étiez baba (c'est-à-dire largués). Les scènes étaient très cloisonnées. Les deux frangins Reid, William et Jim, déclarent pourtant à qui veut l'entendre que leurs idoles sont le Velvet Underground et The Stooges, mais aussi Phil Spector, The Beach Boys, les Byrds, Scott Walker, Love et une tripotée d'autres groupes psychédéliques californiens. Des références supposées être à la fois à l'opposé du spectre artistique de Lou Reed et sa bande, mais aussi du post-punk et de la new wave alors en vogue. A l'époque, il s'agissait de faire du neuf avec du neuf. Les mélodies angéliques de nos aînés étaient donc prohibées. Parler des Beach Boys et porter des tee-shirt Love était à la limite de l'anathème. Mais Jesus & Mary Chain n'en ont cure et en cela, ils annoncent avec presque deux ans d'avance ("Upside Down" datant de 1984) le mouvement anorak et brit-pop issue de la scène C86 (selon le nom d'une célèbre cassette du New Musical Express réunissant les principaux groupes de ce courant) représenté entre autre par Josef K, The Pastels, Beat Happening, Talulah Gosh, The Shop Assistants ou Primal Scream.

 

Psychocandy est donc l'album visionnaire de deux frères. L'un caractériel (Jim) qui n'hésite pas à détruire tout le matériel présent sur scène au cours de leurs concerts, l'autre, dépressif (William), connaît de nombreux problèmes de drogue et d'alcool, quand il ne s'enferme pas des jours entiers dans sa chambre pour cuver, pleurer ou composer. Psychocandy est le reflet psycho-acoustique (je vous l'avais bien dit que le titre était emblématique !) de l'univers mental de ses deux indétrônables créateurs. Une pop furieuse et pourtant souvent languissante, comme à l'agonie, A genoux même* ("Just Like Honey", "Taste of Cindy", "Some Candy Talking"), aussi mélodieuse que caverneuse, ("Never Understand", "You Trip Me Up", "Sowing Seeds"), punk dans son format (les morceaux dépassent rarement 2 minutes 30) mais pop dans son inspiration (les mélodies des frères Reid se chantent sous la douche). Sur Psychocandy, Jim et William usent de leurs guitares à la manière du Metal Machine Music de Lou Reed (décidemment omniprésent) pour générer des nappes de feedbacks et un brouillard électrique ondoyant. Un mur de bruit blanc inspiré par le fameux Wall of Noise de Phil Spector, au travers duquel se répercute à peine, comme noyées dans ces nuées, les fabuleuses harmonies vocales mâles des deux Ecossais. Les lyrics sont sommaires, voir primitifs, des histoires de relations conflictuelles sur un mood adolescent, de longues descentes aux enfers, bad trip et lendemains de cuite, mais aussi inexplicable que cela puisse paraître, Psychocandy conte aussi des épiphanies lumineuses, des moments immortels et des passions inaltérables même si destructrices. Tout cela, rendu fondamental par les poses et la musique de Jesus & Mary Chain, un groupe qui, en 1985, aura rarement aussi bien porté son équivoque patronyme. Culte ! Tout simplement.

 

*"Down on the knees" pour reprendre un leitmotiv des frères Reid.

 

The Jesus And  Mary Chain - Psychocandy (Blanco y Negro/Warner, 1985)




Jona et son Yacht

Posté par LovelyRita le 19.09.07 à 15:40 | tags : vidéos musicales, pop, myspace, électro, agenda, youtube

Si vous trouvez que les Architecture In Helsinki sont une bande de bons à rien, qu'ils s'agitent trop, qu'ils sont stupides, que leur musique est tout aussi bonne à rien et qu'elle s'éparpille dans tous les sens, d'une nous ne serons jamais amis et, de deux ne lisez jamais, oh grand jamais, la suite de cette notule !

Les AIH étaient en concert hier soir à Paris (à la Maroquinerie)...je ne dirais rien de ce concert qui était pourtant très bien. Donc si vous appréciez la pop foutraque des Australiens, penchez-vous sur le cas Yacht. Yacht, projet derrière lequel se cache Jona, 26 ans, de Portland. Le jeune homme s'est classé sur Myspace dans la catégorie grunge/2 step. Sur scène, on ne voit en fait aucune guitare, mais juste un laptop qui sert à Jona de bande-son et de défouloir. On cherche encore le rapport avec le grunge, et on pense peut-être l'avoir trouvé quand on voit débarquer l'énergumène, en blouson et sweat à capuche. Une fois la musique lancée, Yacht danse, saute, se désarticule comme il n'est pas permis, mime les instruments. Au deuxième titre, il ne lui reste plus que le t-shirt et une dose inépuisée d'énergie. Dans la salle on a entendu une personne crier "How long can you jump around like that Jona ?", le Jona de répondre "All night long, lady". Oui, vraiment, il est fatiguant ce Jona, rien qu'à le regarder on se déshydrate.

Lui, seul avec son laptop, qui diffuse une pop électro généreuse en beats et pulsations cardiaques. Lui, qui chante par dessus sa musique. Le concept ressemble à un foutage de gueule, mais il n'en est rien. Les compositions regorgent de sons farfelus, de rythmiques éffrenées et parfois de mélodies. Ecoutez tout ça sur sa page myspace, mais à mon avis c'est surtout à voir qu'à écouter, et ça tombe bien Yacht repasse à Paris (Pont Ephémère) le 20 octobre.

Pour voir ce que ça donne, regardez cette vidéo de sa première partie de LCD Soundsystem.

Et en bonus la vidéo de "See A Penny (Pick It Up)"

 




Angels Of Light : début par la fin

Posté par 2goldfish le 19.09.07 à 11:03 | tags : rock, folk

Pas facile pour moi de vous parler de We Are Him, le nouvel album d'Angels of Light, et pas seulement parce que dès que j'essaye d'écrire ce nom je tape systématiquement "angles of light". Ce n'est pas facile parce qu'il s'agit du cinquième, sixième ou septième album d'Angels of Light selon les sources et que je n'ai écouté aucun des quatre, cinq ou six albums précédents. Ce n'est pas facile parce que le dossier de presse et toutes les autres chroniques du disque évoquent le passé de monsieur Angels of Light, Michael Gira, fondateur des paraît-il mythiques Swans. Ils l'évoquent comme si Angels Of Light n'étaient à peine plus que le hobby d'un retraité, à peu près aussi important dans l'histoire de cet homme que la carrière solo de Paul McCartney peut l'être quand on la compare à son passé avec les Beatles.

J'essaye d'écouter un minimum le passé de mes sujets en général mais là, avec plusieurs groupes et vingt-cinq ans de carrière, Gira est juste trop intimidant. Du point de vue du nouveau venu, donc, je peux vous dire que cet homme est le patron du label Young God, la maison de tout un tas d'artistes freak-folk parmi lesquels Akron/Family, qui a servi de backing band à Gira pour la base du disque avant que tout le monde et sa soeur vienne jouer les guest-star sur les bandes. Diriger un label et avoir vingt-cinq ans de carrière ont sans doute permis à Gira d'avoir un grand nombre de numéros de téléphone.

On en arrive à la musique : un rock parfois méchant et insistant dans ses drones mais finalement assez classique, avec un parfum folk et différentes déclinaisons country, pop ou gospel. Pas de quoi s'extasier mais c'est tout à fait correct et le parfum "singer-sonwriter" du tout laisse supposer que là n'est pas l'essentiel. L'essentiel, c'est Gira qui chante d'une voix grave un peu étranglée, avec des capacités assez limitées et une arrogance très new-yorkaise et l'essentiel c'est surtout Gira qui écrit des paroles souvent un peu abstraites, des ruminations introspectives généralement sombres.

C'est là que je touche aux limites de mon exercice : l'album est certes plutôt pas mal mais je ne peux que présumer qu'il serait beaucoup plus intéressant en tant que suite d'une histoire qui dure depuis plus d'un quart de siècle. C'est un peu comme de tomber sur un épisode de la dernière saison des Sopranos sans avoir vu les précédentes : on passera peut-être un bon moment mais on ne saisira pas les subtilités qui font prendre son pied au fan de la première heure.

 

Angels of Light - We Are Him(Young God/Differ-Ant, août 2007)




Jean-Jacques Perrey & Luke Vibert : Two Men on the Moog

Posté par Maxence le 18.09.07 à 18:10 | tags : pionnier, label, électro

Des jingles radio-télévisés aux disques electro-pop légendaires, le Français Jean-Jacques Perrey est l'exemple même de la personnalité humble et singulière qui réunit dans un même élan enthousiasme pop naïf et musique électronique expérimentale. Presque 60 ans après ses débuts (il a aujourd'hui 78 ans !), son nom est toujours synonyme d'easy listening rigolote et de 60's retro-futuristes. On pense au Moog bien sûr et à l'ORTF, à "Pop-Corn", "EVA", "Le vol du bourdon", mais aussi à l'Ondioline dont il fut le représentant et plus prêt de nous à Air, DJ Premier, Fatboy Slim ou Roudoudou, autant de références à mettre à son actif, autant de jalons dans une carrière bien remplie. De l'autre côté, nous avons Luke Vibert, aka Amen Andrews, Wagon Christ, Plug, Kerrier District et j'en passe, mythique producteur electronica, génial scientist du break beat taré, exégète acid house, un type qui côtoie avec la même décontraction Jeremy Simmonds (alias Voafose, que nous avions chroniqué dans nos pages), Aphex Twin ou... Jean-Jacques Perrey justement ! Des activités dispersées sur des labels aussi variés et respectés que Rephlex, Astralwerks, Ninja Tune ou Warp (vous avez vu, je vous fais la promo là, hein ?) Quant au label Lo Recordings, il fait sa part depuis un moment, en proposant un catalogue d'artistes indépendants, souvent hors-normes et toujours passionnants (The Chap, Barry 7...) et propose son lot de collaborations surprenantes, comme les versions dub de Black Devil Disco Club dont nous vous parlions cet été, ou ce Moog Acid, aboutissement de quelques années de collaboration sous forme d'une poignée de maxis entre le Français et le Gallois.

 

A une époque où pop électronique, genre "cache cœur naïf" et electronica fusionnent de plus belle, réunir ces deux grands fondus du son analogique semblait logique, si ce n'est indispensable, au moins dans une optique pédagogique et historique destinée aux jeunes générations d'ignorants qui hantent le net aujourd'hui. De plus Moog Acid nous rappelle que de tous les pionniers français de l'électronique (ce qui allait devenir la concrète, l'acousmatique et l'électroacoustique) J.J. Perrey est le seul à avoir su développer les délicieuses petites mélodies acidulées qu'on lui connaît, et surtout à avoir su capter comme personne (hormis peut-être Pierre Henry en mode "pop" un peu plus poussif) l'ère du temps psychédélique et futuriste qui allait de tout temps animer ces musiques. C'était déjà le cas de "Pop Corn", composé en compagnie de son ami Gershon Kingsley, qui fut le premier titre électro à entrer dans l'histoire des hits interplanétaires, ça l'est encore aujourd'hui quand il accouche d'une pure merveille de sucre candi filé en apesanteur comme cet "Analog Generique" vibrionnant de pulsations Vibertiennes que ne renieraient ni Plaid, ni AFX. Ça l'est toujours quand ils pondent ensemble le manifeste artistique gentiment naïf "Vision for the Future", ou les hip hop electros "You Moog Me", "Dream 106" qui rappellent l'importance que les edits de Perrey ont eu sur cette scène, sans oublier les downtempo "Ye Old Beatbox" et l'électronique funky de "Messy Hop". Evidemment, "Frere Jacques" ou "JJPLLVDNB", deux tracks ludique en mode bébé-roue-libre régressif sont moins convainquants, mais l'enfance et son univers ludique font aussi partie des délires récurrents du Français, poussés qui plus est par un Vibert qui n'est jamais en reste quand il s'agit d'exploiter son tempérament de grand gamin. L'enfance de l'art en quelque sorte.

 

Jean-Jacques Perrey & Luke Vibert present Moog acid (Lo Recording/La Baleine, septembre 2007)

 

A noter que l'intégralité de l'album est en écoute libre sur la page d'accueil du label Lo Recordings.




Divinidylle : le dernier retour de Paradis ?

Posté par Myosotis le 18.09.07 à 15:17 | tags : chanson française, rock
Un tableau assez hideux (et Klimtien) de la chanteuse française hydrocéphale mais peint par Johnny Depp ouvre ce Divinidylle, bientôt soutenu par les gazouillis d'un bambin (qu'on imagine né de leur union, sur Jackadi) en ouverture d'un des titres de l'album. Plus loin, c'est soeurette qui assure les choeurs. Combien de mauvais films, de mauvais albums et de retours annoncés en fanfare avortés faudra-t-il pour que Vanessa Paradis cesse d'être la petite fiancée du pays ? Combien de temps devra-t-on subir ça pour avoir un jour, un été, fredonné comme tous les autres la ritournelle jazzy du Taxi Joe ? L'éternité sûrement, à moins que la baudruche ne se dégonfle et finisse un jour par ne plus remonter à la surface. Malheureusement, ce n'est pas ce Divinidylle qui suffira à couler le mythe.
L'album est médiocre mais pas catastrophique, à l'image d'une chanson française qui, avec ses nouveaux leaders, Obispo, Delerm, Pagny, M,... Luke (mettons-les tous dans le même sac) atteint désormais un niveau honorable et qui n'est même plus musicalement horripilant. La mondialisation (?) est sûrement passée par là et garantit au format pop rock une uniformité de production susceptible de ne pas choquer le chaland et donne pour charge au r'n'b de fabriquer de l'insupportable. Avec les renforts de M, d'Albin de la Simone, de Thomas Fersen et... Brigitte Fontaine, Paradis assure le minimum syndical : un accompagnement professionnel, bien bâti, varié et éclectique en appui de son absence de voix (ou "voix à la française", mélange savant de Birkin, de Stina Nordenstam et d'une angine blanche). Si l'on excepte le premier single ("Divinidylle") et sa rythmique imparable - on croirait du The Fall -, et le surprenant "Les Revenants", aux textes gothiques et à l'interprétation slow tempo tout en délicatesse, cet album est globalement ennuyeux et souffre d'un manque flagrant d'homogénéité. Celle-ci s'explique, d'une part, par la multiplicité des intervenants extérieurs et par le manque d'identité sonore de Paradis : doit-elle faire du rock, du folk, de la pop, de la variét ou de la chanson française ? Peu importe, elle fera donc une chanson de chaque, M s'arrangeant pour lier les morceaux les uns avec les autres dans une sauce "air du temps". Sur "La Mélodie", où c'est le reggae qui régale, ou "Les Piles" en duo avec le maestro, le résultat est désastreux. Sur "Chet Baker", Jean Fauque, le parolier en chef de Bashung, sert sur un plateau l'un des pires textes de sa carrière qu'une Vanessa en roue libre achève d'enterrer. "Dès que j'te vois", avec son refrain ridicule, illustre cette mise en place d'une structure pop mainstream, assez peu ragoûtante sur laquelle la chanteuse vient poser ses vocaux, plutôt mieux travaillés et réguliers que d'habitude. Du coup, une bonne moitié des titres de cet album ne sert pas à grand chose et s'oublie aussitôt écoutée. Les morceaux composés par la chanteuse ("Les Revenants", "L'incendie" ou "La bataille") n'ont pas à rougir de la comparaison avec ceux de ses invités plus prestigieux, le tout s'écoulant dans une sorte d'indifférence musicale. Tout juste pourra-t-on s'étonner (favorablement) de découvrir sur "Irrésistiblement", par exemple, que Paradis sait parfois abandonner son registre vocal de prédilection pour tenter d'élargir son spectre d'action.

 

Avec deux très bons titres, une bonne moitié de chansons de remplissage et des textes qui font parfois sourire (le naïf "La Mélodie", le grotesque "Junior Suite"), Divinidylle n'est pas la catastrophe... souhaitée mais pas non plus un album qui méritait 7 ans d'attente impatiente.... Prions pour que le prochain album mette trois fois plus de temps à jaillir de Paradis.

Vanessa Paradis - Divinidylle

http://www.vanessaparadis.net

http://www.vanessaparadis.fr




Rick Rubin ne sauvera pas la musique

Posté par 2goldfish le 18.09.07 à 10:30 | tags : a lire, music biz, web

L'hagiographie de Rick Rubin publiée par le New York Times est l'article à lire absolument du moment si vous vous intéressez au moins un peu à la face business de la musique. On y apprend que Rubin est un mec super, avec une oreille infaillible, que c'est un gourou new age génial et qu'il va sauver l'industrie de la musique depuis qu'il est devenu co-directeur de Columbia Records. Il est même capable de faire croire au Times qu'il fait un super boulot alors qu'il a juste ouvert le NME, puisqu'on nous révèle qu'il aurait "découvert" des inconnus comme Gossip et Paul Potts (pas le dictateur mais la star de la télé britannique).

On nous rappelle les faits de gloire passés de Rubin, quand il passait sans ciller de l'invention du hip-hop "commercial" avec LL Cool J à la production du mythique Reign In Blood de Slayer, et puis ces trucs un peu surestimés qu'il a fait avec Johnny Cash. Rubin n'a sans doute pour nous plus la même classe qu'il y a vingt-ans (il produit toujours les Red Hot Chili Peppers !) mais une major comme Columbia a sans doute plus besoin d'un type comme lui que d'un mec hyper pointu qui écoute des trucs bizarres.

L'idée en faisant venir Rubin à la tête de Columbia, c'était d'avoir un type qui connait la musique pour diriger une maison de disques et de tenter de sortir de la crise actuelle non pas avec des root-kits, des procès ou des nouveaux formats farfelus mais en produisant de la bonne musique. A priori, ce n'est pas une mauvaise idée. A la lecture de l'article du Times, Rubin apparait pourtant surtout comme un producteur de luxe avec une grande marge de manoeuvre et un visage un peu célèbre à afficher aux actionnaires et au public pendant que le business est toujours géré par les mêmes gens avec toujours les même vieilles idées faussement neuves et faussement bonnes ("un département en charge du bouche à oreille", franchement).

Bien que ressemblant fort à une pure opération de communication de la part de Columbia à laquelle le Times a bien voulu se prêter, l'article est très intéressant et dégage un parfum de "trop peu, trop tard" qui n'augure pas du meilleur pour l'industrie du disque.




Eskimo Vol.5 : Le cabinet des curiosités des Glimmers Twins

Posté par Maxence le 17.09.07 à 19:07 | tags : disco, électro, label, myspace

Avec l'avalanche actuelle de productions étiquetées mutantes-néo-növo-italo-cosmic et space disco, on pouvait raisonnablement craindre de voir la source se tarir. C'était sans compter sur l'inépuisable vitalité du genre (des genres même !) et c'était oublier, aussi, qu'en la matière nous avons bien une trentaine d'années à rattraper. Certes, aujourd'hui tout le monde connaît l'histoire du disco et de ses multiples rejetons abâtardis, cela n'empêche en rien la passion de perdurer, ni la matière première de continuer à s'écouler. Finalement, entre ses dérives transalpines, new yorkaise, parisienne, new wave, post-punk, ou encore pop et krautrock, non seulement le disco n'a jamais cessé de hanter les nuits underground de la planète clubbing, mais on commence seulement à comprendre qu'il était logique que par son incroyable diversité, ce son à la fois spatial, trippant, cérébral, sensuel et futuriste (parfois retro, souvent kitsch) révèle forcément surprises, vibrations positives, joies et engouements, même auprès des auditeurs et des populations les moins concernés.

En l'occurrence, cette nouvelle livraison du label Belge Eskimo collectée et mixée par The Glimmers, illustre parfaitement mon propos. Ce volume 5 Série Noire vol.2, dévoile une nouvelle fois la légendaire vivacité des formes de vies croissant dans l'obscurité. Si ce n'est pas forcément celui que l'on préfère, force est de constater que le disco des Glimmers est foncièrement une affaire de cœur. Difficile de le nier après les fameux Série Noire vol.2, The Glimmers, un volume de la série DJ-Kicks et un autre de Fabriclive (le 31), les jumeaux disco savent de quoi ils parlent, leur idée du genre étant par ailleurs celle qui se rapproche le plus des origines. Cela explique leur enthousiasme pour des classiques comme "Slave to the Rhythm" de Shirley Bassey, ou "Ma Foo Bey" de Cultural Vibe. Cela n'empêche, les twins balancent aussi une pelleté d'electro funk de haute tenue, vrillée et hypnotique comme on aime, avec entre autre "I Don't Mind" du mythique Eugene Record, "Love to Fly" de Venus Gang, ou encore des perles d'acid disco oubliées (Dachambo "Conga La Gotta","Fantasize Me" de Pleasure Pump - quel nom !) quand ce n'est pas eux qui les composent (voir le trippant "Kiss Me" signé The Glimmers themselves) sans oublier les sucreries disco rock ("Loaded" de Primal Scream et un "J'aime regarder les filles" de Patrick Coutin un peu... heuu, lourd), mais aussi mutant ("All of My Friends (Harvey's Mix)" de LCD Soundsystem, "Warning" de Tussle) ou electro (Das Etwas). Décidemment, le disco selon The Glimmers, c'est un peu la caverne d'Ali Baba. Pour un peu, on y trouverait même les 40 voleurs, représentés ici par le revival orientaliste kitsch des Allemands Dissidenten et l'incroyablement cosmic "Somewhere in Arabia" de The Caravan, qui clôt ce mix agréablement. Dans le vaste champ d'étude du disco contemporain, The Glimmers feraient facilement figures d'archéologues, doublés de conservateurs et de vulgarisateurs de génie. Et même si les dix premiers titres de ce volume 5, ne sont pas totalement convaincants, les jumeaux se rattrapent en faisant décoller tout ça à partir de la seconde moitié. A passer en début de soirée, quand tout le monde est encore au buffet.

Eskimo Vol.5 selected & mixed by the Glimmers (Eskimo/La Baleine)

http://www.myspace.com/eskimorecordings




The Weathermen étaient plus drôles qu'Alain Gillot-Pétré

Posté par 2goldfish le 17.09.07 à 15:10 | tags : rigolo, pop, électro

Quand comme moi on lit trop sur la musique, il peut arriver d’oublier ce que ça fait d’être surpris par un disque. Le best of des Weathermen m’a complétement pris par surprise et c’est peut-être un peu pour ça que je l’aime autant. Il était arrivé sans dossier de presse et Allmusic m’avait juste appris qu’il s’agissait soit d’un groupe de gangsta rap, soit d’electronica, soit de synth pop (le nom "the weathermen" est plutôt populaire, apparemment). J’avais balancé le disque dans ma voiture et il était sorti de ma tête quand je l’ai attrapé sans le regarder quelques jours plus tard.

Là, sur une route au milieu de nulle part, un beat techno primitif qui semblait sortir de nulle part m’a pris totalement au dépourvu. J’étais déjà conquis avant que le chanteur n’arrive avec ses histoires stupides de condiments déclamées comme par Hugh Cornwell des Stranglers qui se foutrait de la gueule de John Lydon.

La filiation avec Cornwell n’est pas anodine même si musicalement on se rapproche plutôt de Depeche Mode et des œuvres les plus eighties de Devo : l’humour de mauvais goût et le plaisir de passer pour des brutes sans cervelle est le même chez les Weathermen que chez les Stranglers. "Don’t Drink And Drive", morceau à base de samples d’accident de la route, donne envie de foncer sur les piétons. "Berlin" détourne le célèbre discours de JFK devant le mur et "Punishment Park" est un morceau fait pour tous ceux qui n’ont pas suffisamment rigolé avec "Master & Servant". "Poison", une histoire de groupie destructrice est la première chanson un peu moins rigolote que les autres et, logiquement, fut le "tube" du groupe.

On peut apprendre un tas de choses sur ce duo belge qui aimait se faire passer pour américain sur son site officiel, si vous avez envie de vous gâcher un peu plus encore la surprise. Ils étaient bien sûr plutôt anti-américain mais ce n’est pas grave, ils étaient drôles.

The Weathermen - The Last Communique From The Weathermen ? (PIAS, mai 2007)




Concours Dub Pistols à l'Album de la Semaine

Posté par LovelyRita le 17.09.07 à 09:01 | tags : agenda, concours, dub

 

Maxence nous en parlait au tout début de l'été. Terry Hall, ex-The Specials, a refait surface en avril 2007 avec la sortie d'un album des Dub Pistols. Pas question de vous refaire la chronique, Maxence s'en est très bien sorti : "D'ailleurs sur Speakers And Tweeters, il faut voir comme le groupe qui se dit aussi bien influencé par Public Enemy, Andrew Weatherall (des Two Lone Swordsmen), le pape dub King Tubby ou les Clash, s'approprie le "Rapture" de Blondie (encore un exemple de fusion pionnière puisqu'il s'agit du premier morceau commercial de hip hop "blanc" joué par un groupe punk-new wave), le "Peaches" des Stranglers ou encore, reprend le fameux "Gangsters", l'incontournable hit des Specials."

J'en viens au but ultime de cette notule qui est d'un de vous inviter à relire la chronique de Speakers And Tweeters et de deux, de vous proposer des places pour l'enregistrement de l'Album de la Semaine de Canal + avec les Dub Pistols, donc. Le groupe enregistrera sa session lundi 17 septembre. C'est à 19h à la Plaine St Denis et si vous souhaitez avoir des places pour deux personnes, envoyez-moi un mail avant lundi midi (avec vos nom/prénom).




Fujiya & Miyagi : Humour du week-end

Posté par Maxence le 15.09.07 à 19:32 | tags : disco, électro, en jpeg, rigolo, rock

COMBIEN FAUT IL DE FUJIYA & MIYAGI POUR CHANGER UNE AMPOULE ?

TROIS

DEUX POUR PRENDRE LE THE ET UN POUR VISSER L'AMPOULE

Bon, partant du principe que cette notule est écrite vendredi soir tard, après une visite sur le profil myspace du groupe de Brighton qui (entre parenthèse) continue de tourner dans toute l'europe, forcément vous m'excuserez. Forcément.




Lennon et McCartney n'auraient jamais du se retrouver

Posté par 2goldfish le 15.09.07 à 10:17 | tags : mp3, pop, web

En 1974, quand Yoko a mis John à la porte pour une année qui sera connue plus tard comme son "lost week-end", il s'est passé un tas de trucs. L'enregistrement de l'album Rock'n'Roll enregistré pour faire plaisir à la maffia, les Hollywood Vampires, de la coke, l'album Pussy Cats d'Harry Nilsson, de l'héroïne, des batailles juridiques avec les services d'immigration américains, des écoutes du FBI... Une des choses que j'ignorais jusqu'ici, c'est qu'il s'est aussi effectivement produit une session d'enregistrement de Lennon et McCartney. Oh, et Stevie Wonder était là aussi.

Et ouais, les deux hommes ont enregistré ensemble après la séparation des Beatles et je ne le savais même pas. Pire, je n'ai même pas eu le temps de fantasmer sur cet enregistrement mythique que j'avais déjà lancé le téléchargement des mp3. C'est comme le naturisme : l'Internet n'est pas une très bonne chose pour l'imagination. Il y a même une transcription de disponible, pour le cas où vous ne comprendriez pas la diction de Lennon "sous influence".

Le bootleg de cette session d'enregistrement, intitulé "A Toot & a snore in '74", vous feriez mieux de ne pas l'écouter. Il s'agit juste de quelques dizaines de minutes de studio réalisées par des types complétement défoncés et qui jouent comme si leur vie n'en dépendait pas. Je préfère nettement la célèbre reformation des Beatles de 1976 qui n'a probablement jamais eu lieu. Celle-là au moins ne m'a jamais déçu.




Concours vidéo autour du dernier album de M83

Posté par Maxence le 14.09.07 à 18:32 | tags : agenda, concours, électro, label

Encore un peu plus de 15 jours pour réaliser une vidéo autour de Digital Shades Vol.1., le nouvel album de M83. A cette occasion, EMI Labels et M83 vous propose de participer à un concours de vidéo organisé avec Eyeka, une plateforme communautaire ouverte à tous les passionnés d'images numériques (photo et vidéo). Le principe est simple : deux morceaux tirés de l'album sont disponibles sur le site Eyeka. Aux réalisateurs en herbe d'en choisir un pour réaliser le nouveau clip de M83 et le poster sur le site Eyeka avant le 30 septembre 2007. Anthony Gonzalez (leader de M83) choisira le gagnant qui se verra remettre un iPod Nano et la discographie complète de l'artiste. Son clip deviendra par ailleurs le clip officiel de Digital Shades Vol.1.

Tous les détails sur le site Eyeka : http://www.eyeka.com/partner/m83

Concernant Digital Shades Vol.1. proprement dit, retrouvez sous peu l'interview d'Anthony Gonzalez et une chronique de l'album, sur Flu' le mag.




Techno Parade 2007

Posté par LovelyRita le 14.09.07 à 17:14 | tags : agenda, électro, news, techno

Quoi de beau à faire pour cette 10ème Techno Parade du samedi 15 septembre ? Pour la parade en elle-même, elle prendra son départ à Bastille à 12h autour du slogan fédérateur : Fête la Planète ! Les chars (une vingtaine au total) passeront ensuite par la rue de Rivoli, le boulevard Sébastopol, la place de la République et le boulevard Beaumarchais. Le parrain officiel de cette édition est Joachim Garraud, producteur et remixeur des tubes de David Guetta.

Les artistes présents lors de la parade sont : Joachim Garraud, David Guetta, Olivier Huntemann, Laidback Luke, Monika Kruse, Martin Solveig, John Lord Fonda...
 
 
 


Et côté soirées, ça donne quoi ?

 

Une soirée jungle drum'n'bass ?

C'est A Night of Jungle - Drum'n'Bass à l'Elysée Montmartre à partir de 23h et jusqu'à 6h avec Dj Hype, Subfocus, Mamu Lu...

 

Une soirée minimal techno ?

Au Rex de à 0h à 6h avec un live de Damian Schwartz et en mix : Butane et Inch.

 

Une soirée Skylax vs. Versatile ?

Dans le 20èm, à la Flèche d'Or. Rencontre le temps d'une nuit entre ces deux labels français avec Gilb'r, Ygal et Hardrock Stricker

 

Une soirée "Enlève ton pull" ?

C'est à l'OPA avec The Micronauts et Gigoton.

 

Sinon retrouvez des soirées spécial Techno Parade au Trabendo, Triptyque, Batofar...

 

http://www.technoparade.fr




Vis vite, meurs jeune, laisse un cadavre anorexique

Posté par 2goldfish le 14.09.07 à 15:00 | tags : news, pop, rigolo

Les conclusions de l'étude du professeur Mark Bellis ont beau être très critiquables, il y a quelque chose d'intéressant dedans. Ce prof anglais a en effet décidé de mettre à l'épreuve l'hypothèse selon laquelle les pop/rock stars mourraient plus tôt que la moyenne. Il s'est basé sur un échantillon de 1064 artistes européens et américains figurant dans un top des mille disques les plus vendus de tous les temps et a comparé l'âge de leur mort à la durée de vie moyenne des personnes de même sexe, âge, ethnie et nationalité. Il a trouvé que cent d'entre eux étaient morts, dont quarante-deux des suites de l'usage de la drogue et de l'alcool. En moyenne les Européens sont morts à trente-cinq ans et les Américains à quarante-deux. Les stars de la musique auraient 1,7 fois plus de chances de mourir jeune que les anonymes.

Le professeur Bellis explique que "Les stars de la pop peuvent subir un haut niveau de stress dans un environnement où la drogue et l'alcool coulent à flot." et "Une collaboration entre les autorités sanitaires et l'industrie de la musique devrait tenter d'améliorer à la fois la santé de ces stars et leur image en tant que modèle à suivre." Avec Amy Winehouse en désintox et Britney Spears saoule sur MTV, on peut reconnaître qu'il y a du vrai là dedans.

Le problème dans cette étude, c'est une variante de la fameuse question de Nick Hornby : ces gens vont-ils si mal parce qu'ils font de la musique ou bien font-ils de la musique parce qu'ils vont mal ? On cite souvent la pression du succès comme raison au suicide de Kurt Cobain, mais sans lui, il serait peut-être mort d'overdose dans un caniveau de Seattle en 1991. Plus pervers : Joy Division aurait-il vendu autant de disques sans le suicide de Ian Curtis ? Et je ne parle même pas de ce qu'aurait été Pete Doherty sans ses frasques de junky.

Si le succès éclair, l'exposition publique et le stress qu'ils engendrent sont réellement seuls à l'origine de ces morts prématurées, on devrait les retrouver dans d'autres milieus où les conditions sont comparables. Si on imagine peut-être trouver des résultats comparables chez les stars de cinéma, il ne semble pas que le même phénomène s'observe chez les sportifs de haut niveau (mis à part ceux qui développent un cancer des testicules suite au dopage, ce qui est une tout autre histoire).

Il serait certainement plus intéressant de comparer l'espérance de vie des pop stars à celle des artistes qui n'ont pas connu le même succès. On pourrait alors, à défaut de prévenir l'usage de la drogue chez les enfants, avoir une donnée chiffrée du risque encouru dans une Star Ac'. "Attention gamin, tu préfères quoi, être célèbre ou vivre plus de trente-cinq ans ?". Sauf que les gamins choisiraient probablement tous la célébrité quand même.




Sixtoo : Back in Black

Posté par Maxence le 13.09.07 à 18:23 | tags : rock, myspace, hip hop, électro

La trentaine et un peu plus, né à Toronto, aujourd'hui résidant à Montréal, Sixtoo est un cas dans le monde du hip hop, même dans celui du hip hop expérimental. A l'image de son meilleur ami Buck 65, il décide rapidement de s'éloigner de l'aura un rien trop vif du label phare d'avant hip hop, Anticon, pour vivre sa vie et produire son travail. Incurable fan de Public Enemy, de punk rock et de hardcore US, ce MC renommé, même s'il s'est largement éloigné de ces influences, cultive une certaine forme d'intransigeance directement héritée de ses précédentes passions. Inlassable collectionneur de disques à la culture musicale pléthorique, c'est le parfait exemple du "petit blanc" qui n'hésite pas à bousculer les frontières d'un genre sur-customisé pour un marché avide de clichés. Après Antagonist Survival Kit chez Vertical Form et le sublimissime Chewing on Glass and Other Miracle Cures sorti en 2004; Sixtoo s'attelle à la réalisation de Next : A Primer On Urban Painting, un documentaire de Pablo Aravena sur la culture visuelle urbaine et participe à divers collaborations dont Megasoid, un projet créé en compagnie de Hadji Bakara de Wolf Parade ainsi que la musique d'un mini-cd censé accompagner l'artbook d'un artiste graffeur. Jackals and Vipers in Envy of Man, son nouvel album signé cette fois chez Ninja Tune, s'annonce donc comme son premier travail solo depuis 3 ans, et c'est du pur Sixtoo.

 

Pour ce nouvel épisode, notre hip hop backpaker favori s'est enfoncé jusqu'aux genoux dans l'électronique dominante. Enfermé seul en studio pour réunir des extraits de ses nombreux sets live joués un peu partout dans le monde et à différentes époques, il a ensuite remonté l'ensemble pour accoucher de Jackals and Vipers in Envy of Man, un album prenant et fort, d'une étonnante homogénéité malgré son processus de production. Les amateurs y retrouveront immédiatement l'abstract hip hop rugueux du Canadien. Celui qui s'est intronisé spécialiste des ambiances spectrales et mélancoliques, relevé d'une bonne dose de paranoïa et d'une vision futuriste noire, semble s'être cette fois directement inspiré des préceptes philosophiques enfumés du Wu Tang Clan. Il est d'ailleurs un des seuls parmi les petits blancs évoluant dans le milieu hip hop à rivaliser de noirceur et de fureur contenu avec le mythique clan de Staten Island. "Jackals and Vipers" est sombre, très sombre, principalement axé sur le beat. Du beat, du lourd, tour à tour puissant et entêtant, dans une atmosphère dépouillée à faire frémir le samouraï urbain qui sommeille en nous depuis Ghost Dog, voilà ce qu'a choisi ce MC hors-pair pour construire ce nouvel album. Et paradoxalement, malgré son absence de lyrics, Jackals and Vipers in Envy of Man évoque de très vivaces visions. Reflets glacés sur des façades en verre fumée, échos de bastons sur le périphérique, décors désolés de parking abandonnés sous la pluie, lumière crue des néons et fumée. Cela n'exclut pas pour autant un feeling jazz (as usual on notera la présence de nombreux samples et instruments, guitares, cuivres, pianos), du funk et de la soul aussi, au sens le plus noble, sans oublier l'incandescence des plus grands (on pense à la furie d'Albert Ayler, Sonny Rollins, Monks, Coltrane). Sixtoo alimente en effet une flamme vive à la hauteur de la rage qui l'anime depuis ses tous débuts. Jackals and Vipers in Envy of Man est un album sans concessions, une fois encore, mais qu'attendre d'autre de celui qui déclarait en interview il y a trois ans : Je pense toujours que l'on vit dans un monde vraiment merdique... Heureusement, pour moi, la musique et l'art y joue un rôle de critique, tout autant que le débat ou l'activité des associations. Instrumental donc, et muet pour cette fois, mais toujours éloquent et engagé Sixtoo. Toujours.

 

Sixtoo - Jackals And Vipers In Envy Of Man(Ninja Tune/PIAS, septembre 2007)

 

www.myspace.com/sixtoo

Un documentaire vidéo sur le making off de l'album est également disponible en ligne. Suivez le lien.




Magnetic Fields, groupe invisible

Posté par 2goldfish le 13.09.07 à 16:12 | tags : pop, vidéos musicales, youtube

J'ai une très, très grande admiration pour Stephin Merritt et son projet principal The Magnetic Fields. Je ne m'étais pas contre jamais ému auparavant de n'avoir aucune image associée à sa musique dans ma tête. Les pochettes des albums des Magnetic Fields sont plutôt minimalistes et passent partout, je ne les ais jamais vu en concert et je n'ai jamais vu un de leur clip. Tout juste ai-je eu l'occasion de voir quelques photos de Merritt ici ou là. Puis je suis tombé sur cet extrait d'un concert de 2004 où le groupe joue "Yeah, Oh Yeah" et j'ai du faire face à un dilemme : devais-je taper les mots "magnetic fields" dans le moteur de recherche de youtube et découvrir un peu plus leurs têtes et leurs clips et prendre le risque d'abimer la pureté iconographique de ces chansons dans ma tête et de m'exposer à des vidéos de Jean-Michel Jarre ?

 

Le fait est qu'il est de plus en plus rare de découvrir un groupe ou un artiste sans aucune image. La démocratisation de la production et la diffusion de vidéos font que n'importe quel amateur avec une petite chanson enregistrée dans son sous sol va souvent se dépecher de se créer un compte myspace et un autre sur youtube. Ah, comme je regrette mes vingt ans et l'époque où les 78 tours étaient emballés dans une anonyme pochette marron. Ca laissait une place à l'imagination que les clips de Los Campesinos! méprisent totalement.

 

Je suis donc plutôt heureux de réaliser qu'en dehors de la vidéo de "With Whom To Dance" (voir ci-dessous) et une autre pour "Born On A Train", les Magnetic Fields ont toujours resisté à l'appel de la vidéo. Ce n'est guère étonnant de la part de Stephin Merritt, l'anti-rock star par excellence, dont je savais déjà qu'il déteste les guitares, les concerts et les enfants. L'inverse n'est pas vrai par contre et on trouve sur youtube, en dehors des fameuses vidéos de Jean-Michel, un tas de reprises et de clips fait par des fans. On notera un "Luckiest Guy On The Lower East Side" tout en caractères typographiques, "Two Characters In Search Of A Country Song" façon "la classe américaine", "100, 000 Butterflies" inexplicablement animé ou "With Whom To Dance" à l'arrière d'une voitrure.

 




Les postes de radio WiFi, ça existe

Posté par 2goldfish le 13.09.07 à 10:42 | tags : geek, radio, rigolo, web

A l'époque où j'étais étudiant, j'avais le luxe d'un studio de 20m² dans lequel se trouvaient réunis toutes mes possessions. Oh, comme je regrette cette époque où je pouvais regarder la télé dans mon lit et attraper du coca dans le frigo sans avoir à me lever ou à me détourner de l'écran. J'avais aussi une chaîne hi-fi qui était branchée en même temps sur ma télé et mon PC et ma console de jeu dans une glorieuse orgie de câbles.

Chaque matin, je me réveillais avec un CD choisi la veille. J'appréciais de me réveiller avec de la bonne musique plutôt qu'avec les horreurs de France Info, l'horreur du bip d'un réveil ou les horreurs des radios musicales. En fait je réglais le réveil plus tôt pour avoir le temps d'écouter de la musique au lit chaque matin. Et comme ma vieille chaîne avait un plateau trois CD et que de toute façon j'étais étudiant, je pouvais me lever très tard.

Aujourd'hui j'ai un minable radio réveil qui ne capte rien et chaque matin je suis réveillé par un magma sonore à base de statique, de France Musique et de morceaux de variété qui surgissent de temps en temps de façon incontrôlable mais mon aversion du "bip" est telle que j'opte toujours pour le magma. Pourquoi n'existe-t-il pas de poste de radio wi-fi qui me permettrait de me réveiller en écoutant WFMU ou une radio thaïlandaise ou une radio qui ne passe que de la musique de jeux vidéos ?

Je pourrais m'acheter un "dock" pour mon lecteur mp3, certains font réveil et même radio FM mais aucun à ma connaissance ne fait aussi radio wifi. Malheureusement pour moi, alors que je venais de me rendre compte que je pourrais faire fortune avec cette idée, d'autres l'ont eu avant moi et il existe en fait déjà un tas de postes de radio qui se connectent au net via votre modem et qui peuvent même communiquer avec votre ordinateur pour lire les fichiers qui s'y trouvent pour animer vos soirées et vous réveiller le lendemain. Ces objets sont encore hors de prix (en cherchant bien , le moins cher que j'ai trouvé coûtait 129 euros ) mais les prix baissent apparemment très vite et ce genre d'objet passe de plus en plus vite du statut de gadget de luxe pour geek à cadeau offert avec un happy meal.

La suite est déjà en préparation : des radios "intelligentes" et "web 2.0" qui se connectent avec celles de vos "amis". Le tout sera bien sûr un jour ou l'autre probablement combiné dans votre téléphone-pda-ipod-console et vous pourrez l'emmener partout avec vous alors que, de toute façon, vous n'aurez plus besoin de sortir de chez vous.




Robert Babicz : Flow de Cologne

Posté par Maxence le 12.09.07 à 18:59 | tags : techno, myspace, électro

La rentrée électro n'est pas pour demain, en fait se serait même pour dans un mois. Le flot attendu de nouveautés se faisant désirer, j'en profiterais donc pour exploiter le "flow de Cologne", celui immortel, des pionniers d'une petite ville de province allemande qui, grâce à des artistes comme Jörg Burger, Wolfgang Voigt, Dr. Walker, Jammin Unit ou justement Robert Babicz, qui nous occupe ici, participa largement à l'épanouissement de ce que l'on nommait alors acid house, puis techno, dans les basses terres de la vieille Europe. Répertorier les principaux acteurs de ce que d'aucuns appelèrent un "le son de Cologne" s'avère une tache plutôt ardue tant ses activistes de la première heure, tous gravement schizophrènes, endossaient en effet des personnalités multiples aussi différentes que les styles qu'ils pratiquaient, allant du funk robotique à la techno minimale et l'electro dub. Il y a presque 15 ans déjà que ses pionniers, tous originaires de la ville, créèrent l'événement autour du label Structure en produisant un nombre considérable d'œuvres dans le plus parfait anonymat. Tous fanatiques du son de l'antique TB 303, ils en font alors un usage forcené et particulièrement original. Aujourd'hui il est difficile de définir exactement "le son de Cologne". Pour paraphraser feu le magazine Hangbase, disons qu'il s'agit d'une "rencontre improbable du feu et de la glace. Un clash entre l'univers robotique de Kraftwerk et celui de George Clinton. Un super mega-mix de Gorgio Moroder sur la banquise joué par Pan Sonic . Une house très deep, un funk synthétique, hypnotique et psychédélique sur fond de musique industrielle !"

Description qui convient bien au Cheerful of Temper du vétéran Robert Babicz qui ne fait pas partie du wagon de la rentrée, mais qui n'en est pas moins l'une des très bonnes surprises de l'été (il aurait donc été dommage de passer à côté). Aussi extrêmement complexe que puissamment onirique, la musique de Babicz est emblématique d'une période de l'histoire où l'electro se détachait doucement des références synth-pop et new wave, tout en résonnant encore de leurs influences. Oscillant constamment entre techno et electronica, Cheerful of Temper évoque plus aisément les bargeries d'Aphex Twin (avec qui Babicz partage le goût des vieilles machines analogiques et autres bécanes déclassées vintage) que les tics et les tropes du clubbing-animal ordinaire. Virtuose, l'album l'est moins pour sa juxtaposition parfois hasardeuse de grésillements et de gros pieds techno (Voir le magnifique "Sin", morceau clé et référence au passé "acid house" du bonhomme) que pour les minutieux mécanismes d'horlogerie qu'il finit toujours par révéler. La plupart des tracks, très longs (souvent + de 8 minutes), optent pour une lente montée paroxystique, aboutissant à un final en forme de trou noir auquel il est impossible d'échapper. Comme beaucoup des artisans de Cologne, Babicz est également un maître es-mélodies. Il faut écouter par exemple, l'indescriptible "Milo's Groove", ses basses dubby, sa rythmique cliquetante qui finit par accoucher après un peu plus de trois longues minutes, d'étranges harmonies synthétiques qui interviennent juste à temps pour relancer ce groove fantomatique d'une touche de 303. Ou encore se pencher sur la ballade electro "Neoreplicator", le lumineux "Tarja's Dream", sans oublier "Crystal Castle" ou "Liquid Titan". Du grand art ! Bref, si cet album était passé à travers les mailles de vos filets, précipitez-vous dessus sans oublier d'aller faire un tour sur le profile myspace du bonhomme, vous pourrez y déguster 2 morceaux de Cheerful of Temper (dont l'incroyable "Sin") et surtout télécharger le manifeste spatial "Welcome in the 90ies" (inédit). Après, allez, venez me dire que Babicz ce n'est pas votre truc !!

Robert Babicz - A Cheerful Temper(Systematic/Cyber Prod, juillet 2007)

Quelques autres profiles mspace des pionniers de Cologne :
http://www.myspace.com/madonna303
http://www.myspace.com/dr_walker
http://www.myspace.com/jamminunitmusic




Mort de St Thomas

Posté par LovelyRita le 12.09.07 à 15:20 | tags : cimetière, folk, news, pop

Après Joe Strummer, Elliott Smith et d'autres, voilà un autre artiste chéri niché sur mon étagère à CD qui s'en va. Rangé pas très loin de Sigur Ros me semble-t-il, le chanteur St Thomas est décédé le 10 septembre, on ne sait pas trop comment. Chanteur folkeux from Norway, Thomas Hansen, 31 ans, avait développé une musique pop folk, naïve et chaleureuse. Rien de novateur soit, mais un sens de la mélodie et de la pop-folk song très appréciable sur ses premiers albums : Mysterious Walks, I'm Coming Home et Hey Harmony. Véritable ambassadeur de la folk norvégienne, St Thomas conscient que sa musique était fortement Neil Youngesque, s'amusait soit à forcer le caractère en usant banjo et violon à gogo, soit à prendre du recul par rapport à cet univers western qu'il s'était inventé en chantant : "I've never seen a cowboy before" sur "The cool Song". Il avait six albums à son actif, les derniers n'avaient pas reçu le même engouement que les premiers. On gardera aussi en mémoire ses prestations live, qui m'ont donné les plus beaux fou rires de concert. Un showman, un humoriste qui passait beaucoup de temps à blablater entre les morceaux.

Pour en finir je termine avec une petite phrase insérée dans le livret de son 2ème album et qui tombe à pic : "St Thomas is 25 years old. He was born in Oslo. His heart gets warm if you appreciate his music. Please take care of him". Pour se faire, allez écouter sur son site officiel ou sur son myspace le Live In Europe édité à 1000 copies en 2003. Le live y est en intégralité et je vous conseille d'écouter le sketch du rat en intro de "Strangers Out of Blue" et la présentation des membres du groupe à la fin de "I'm Coming Home".

Crédit photo : St Thomas au Point Ephémère en 2005, par N.Cuissard du Camembert Magique




Feist pour le nouveau spot iPod Nano

Posté par LovelyRita le 12.09.07 à 10:02 | tags : dailymotion, ipod, news

Et l'heureuse élue est Feist ! C'est elle qui a été choisie pour accompagner musicalement la toute nouvelle campagne de pub iPod. Dans son dernier spot pour la gamme iPod, Apple voulait nous faire croire que Paul Mc Cartney était toujours dans le coup car il portait des Converses et faisait le cabotin avec une mandoline dans un univers fluo et psychédélique. Feist, quant à elle, est certainement plus jeune et n'a pas eu besoin de donner de son corps pour cette pub. Un spot sobre et un parallèle entre le clip de "1234" avec ses costumes de couleur et les nouveaux coloris de l'iPod Nano. On en parlait il y a quelques jours ici, en plus de la sortie de l'iTouch, Apple a présenté la nouvelle version de l'iPod Nano, qui pourra maintenant lire des vidéos. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais visionner un clip de Feist sur un objet de la taille d'un Petit Beurre de Lu...c'est pas trop ma tasse de thé !





Albums cultes des géants du bizarre #16 : Lou Reed – Metal Machine Music

Posté par Maxence le 11.09.07 à 18:22 | tags : rock, culte et bizarre, metal, électro, punk

Album culte s'il en est Metal Machine Music est surtout un grand album incompris de Lou Reed. Longtemps considéré comme inaudible par la critique (exception faite de quelques cas), par le public et même par son auteur qui déclarait à sa sortie : "Je ne connais personne qui ait écouté ce disque en entier, même pas moi. Il n'est pas fait pour ça", MMM n'est inécoutable que dans le cadre étroit de la musique populaire du milieu des années 70. Les fans transis de l'époque qui attendaient que l'irascible rock star leur ponde un nouveau Berlin ou un nouveau Rock'n Roll Animal, ne pouvait qu'être stupéfaits face à une œuvre qu'ils ne comprenaient pas. Incompréhensible, Metal Machine Music l'était forcément pour qui n'avait pas les clés. Et pour cause, comment aurait-on pu deviner en 1975 qu'en réalisant un tel ovni, fruit de le rencontre explosive du désespoir, du nihilisme et d'un certains nombre d'amphétamines, Lou Reed propulserait la musique dans le futur, annonçant le punk bien sûr, mais aussi la musique industrielle, le japanoise, le power electronic et le metal extrême avec 30 ans d'avance ?

 

Pourtant, ce double album ne vient pas de nulle part. Comme l'indique ses notes de pochette, il est l'héritier dénaturé des avant-gardes et connaît de nombreux précurseurs, des Futuristes Italiens (Luigi Russolo bien sûr) à Edgar Varèse et Karlheinz Stockhausen, en passant par La Monte Young, Tony Conrad et Angus MacLise, sans oublier John Cale et le Velvet Underground. Egalement sous-titré An Electronic Instrumental Composition, on oublie souvent également que MMM est un album électronique. Pour le réaliser Lou Reed utilise deux guitares, mais elle ne sont là que pour générer du feedback modulé à différentes vitesses. Ce qui en fait l'un des premiers albums de "rock machinique", ou de rock industriel si vous préférez, de tous les temps. Une histoire d'électricité et de machines. Ce qui lui vaut le titre d'ancêtre de la "noise music" représentée par Merzbow et les rois du feedback nippons, Incapacitants, KK Null et Masonna, mais aussi de Peter Rehberg de Mego, Fennesz, Sonic Youth, Jim O'Rourke, Matthew Bower (Skullflower, Hototogisu, etc) ou MAIN. Une filiation évidente en forme de name dropping qui prouve une chose : aujourd'hui Metal Machine Music n'a plus rien d'inaudible, d'autres musiciens produisent des disques beaucoup plus extrêmes en s'inspirant tous, inconsciemment ou non, d'une école remontant aux années 50 (Karlheinz Stockhausen) ou 60 (La Monte Young, Tony Conrad et le Velvet Underground). Certains vont même jusqu'à sampler l'album. C'est le cas de TV on The Radio sur "Let the Devil In" ou Sonic Youth sur Bad Moon Rising. Ce qui n'est pas sans rappeler les citations glissées par Lou Reed dans les 4 plages de son disque (la symphonie pastorale de Ludwig van Beethoven notamment).

 

Il est difficile de nier d'ailleurs que ce monument du culte et bizarre s'impose au fil des années par sa pertinence et son actualité. Sa récente relecture par l'ensemble de musique contemporaine Zeitkratzer, en est une nouvelle preuve. Ce magnifique double CD/DVD propose en effet ni plus ni moins que l'enregistrement live de MMM, joué et réécrit par un orchestre classique, cordes, cuivres, piano, accordéon et percussions, sans oublier Lou Reed lui-même à la guitare. Un véritable challenge quand on sait que celui-ci considérait cette œuvre comme ne pouvant être reproduite sur scène. Ce qui n'a pas effrayé les musiciens de l'orchestre Zeitkratzer semble-t-il, ceux-ci ayant déjà travaillé avec les grandes figures bruitistes que sont Lee Ranaldo (de Sonic Youth), Carsten Nicolai ou Elliott Sharp. Au final, cette version orchestrale, pour extrême qu'elle soit à la première approche, met en lumière de nouveaux reliefs. Derrière le brouillard de saturation pris en charge par les cuivres et les cordes, Zeitkratzer réussit l'exploit de rendre avec subtilité les mélodies subliminales et les citations dont Lou Reed assurait qu'elles existaient dans la version originale. Une expérience étonnante que l'ensemble contemporain allemand ne réitère que sur trois plages, certainement un clin d'œil à Lou Reed qui déclarait "quiconque est capable d'écouter ce disque jusqu'à la quatrième plage est encore plus malade que moi". Pourtant, avec le recul, tout cela reste très abordable et l'on pourrait sans peine attribuer à cette relecture de Metal Machine Music par Zeitkratzer, la petite phrase de Lester Bangs qui déclarait dans Creem en 1976 (avec beaucoup d'humour et d'ironie évidemment) : "MMM est le plus grand album jamais enregistré dans l'histoire du tympan humain !"

 

Lou Reed - Metal Machine Music(RCA,1975)




A Place to Bury Strangers : le nouveau Joy Interpol Division

Posté par Myosotis le 11.09.07 à 14:57 | tags : myspace, rock

 

On nous avait dit que ce serait Interpol, puis Editors mais la chose est désormais pliée : les héritiers de Joy Division et de Ian Curtis sont new-yorkais et s'appellent A Place To Bury Strangers.

Vendus comme le "groupe qui joue le plus fort de New York", les A Place To Bury Strangers, qui n'ont pas encore sorti leur premier album (mais dont l'équivalent d'une galette pleine se promène sur myspace ou en téléchargement ici) ont en effet empruntés avec un mimétisme saisissant la manière de jouer de la joyeuse bande de Manchester : basse lourde, rythmes métalliques et froideur des approches. Des titres comme "Ocean", "Missing You" ou "I Know I'll See You" semblent tombés des studios d'enregistrement de la Factory ou, au pire, du porte-serviette de Robert Smith, il y a une bonne vingtaine d'années. Le résultat musical est tout à fait intéressant et n'est pas non plus si éloigné des travaux de Jesus and Mary Chain (le multicouche) dont ils ont pu assurer la 1ère partie sur certaines manifestations cet été ou de My Bloody Valentine. Le shoegaze semble de toute façon revenir en force et ce n'est pas pour nous déplaire.

Du coup, derrière le déluge sonore, la voix du chanteur est, il faut bien l'avouer, un rien décevante et étouffée. Celle-ci devrait vite refaire surface en studio et après un nettoyage par un producteur zélé et pressé de mettre en évidence un nouveau Paul Banks. En attendant le mini-album qui est au pressage, après une 1ère sortie éclair vite épuisée, devrait faire un joli tabac underground et récolter le plus gros concert de louanges depuis le buzz orchestré autour d'Interpol justement.

www.aplacetoburystrangers.com

www.myspace.com/aplacetoburystrangers

 




Graduation est le plus fort

Posté par 2goldfish le 11.09.07 à 10:27 | tags : hip hop, myspace, news, usa

Ce qui surprend vraiment à la première écoute de Graduation, c'est combien le disque est "humble". Je vous rassure, il n'est humble que lorsqu'on le compare à College Dropout et Late Registration. Il y a toujours quelques choeurs grandiloquents, quelque samples d'une facilité éhontés et un égocentrisme évident chez Kanye West. Il n'y a par contre que peu de guest stars, seulement treize chansons et dieu merci aucun des pénibles "skits" des albums précédents (on les jetait tous à la corbeille de toute façon). Pour l'homme qui a pondu "Jesus Walks" et laissé Jon Brion donner libre cour à sa vision grandiloquente sur son dernier disque, Graduation c'est presque du light.

L'intérêt du personnage Kanye West a toujours été dans son inconfort. Il célèbre le mode de vie hédoniste de tout rappeur qui vend ses disques par millions et il n'a de cesse de répéter qu'il est le meilleur mais il ressent toujours le besoin de se justifier. Il sort son troisième album sur sa décision de laisser tomber ses études et continue de s'expliquer à ce sujet. C'est d'ailleurs là qu'il pêche : son égocentrisme était charmant mais au bout de cinq ans on a l'impression d'avoir fait le tour d'un sujet qui le fascine lui toujours autant. Pour le style, l'équilibre "flow moyen/traits d'esprits rigolos" habituel n'a pas changé.

La production, elle est impeccable. Kanye fait semblant d'avoir inventé Daft Punk avec aplomb sur "Stronger" (un sample bien moins évident qu'il peut paraître vu d'ici où on vit toujours dans le mythe de "Daft Punk, petit duo français devenu méga stars internationales"). On lui a pas mal reproché de n'avoir rien changé à l'original mais une écoute au casque révèle comme toujours une foule de petits détails qui font de Kanye plus qu'un nouveau P. Diddy. Ailleurs le détournement de "Sing Swan Song" de Can pour "Drunk And Hot Girls" ressemble trop sur le papier à une blague de music-geek pour ne pas fonctionner à merveille dans la réalité. On pourra aussi s'amuser à reconnaître Steely Dan et un featuring tout à fait correct de Chris Martin de Coldplay (on serait étonné si Kanye n'avait pas déjà réussi à faire quelque chose du mec de Marroon 5 sur Late Registration).

Le reste est partagé entre des morceaux à base de vieux samples soul faciles mais efficaces qui sont la marque de fabrique de West et une obsession toute nouvelle pour des synthés (cf. le magnifique "Flashing Lights") qui promettent un avenir intéressant à West, surtout s'il se tient au concept originel et élargit enfin ses horizons au delà de l'université sur son prochain disque.

Ce disque est bon mais peut-être un peu plus faible que les précédents. Il est en tout cas bien meilleur que celui de 50 Cent dont j'avoue n'avoir pas pu écouter un morceau en entier. Malgré l'abscence d'un single aussi évident que "Through The Wire" ou "Gold Digger", Graduation a tout pour gagner face à Curtis.

Kanye West - Graduationchez Rock A Fella, septembre 2007




Détendez vous et instruisez vous avec The Orb

Posté par Maxence le 10.09.07 à 18:32 | tags : ambient, électro, psychédélique

S'il est un genre qui unit très tôt électroniques et rock c'est bien l'ambient. Deux styles musicaux que l'on pourrait croire totalement antagonistes mais qui allaient se découvrir contre toutes attentes de nombreux points communs grâce au psychédélisme, au pouvoir du trip et de l'imagination. Les connaisseurs le savent, c'est Steve Hillage de Gong (entre autre) et le minimaliste planant Terry Riley qui furent les premiers à comprendre à quel point la techno et particulièrement sa face Chill Out, celle qui permettait de se reposer après s'être donné à fond sur les rythmes robotiques, offrait de possibilité et de liberté créative pour peu que l'on dispose des substances adéquates. Le sampling et ses nouvelles machines permettaient également de jouer aisément avec les sons de notre environnement pour créer les paysages sonores que les pionniers psychédéliques rêvaient de réaliser depuis toujours. A l'instar des théories new age et de la réalité virtuelle qui allaient largement fusionner au milieu des années 90, la musique électronique et les babas allaient se rencontrer à la fin des années 80.

Sur The Art of Chill #4, c'est donc à une large rétrospective de l'ambient que vous aurez droit. Alex Paterson retrace pour nous la saga de The Orb, à une époque où les salles de repos dites "Chill Out" (les salles de "refroidissement" comme on disait à l'époque à cause de la surchauffe MDMesque, on ne parlait pas encore d'ambient) éclosaient comme des fleurs de lotus au soleil de l'aurore après de longues nuits passées à danser. Ce double CD est aussi un hommage au Land of Oz, la salle du DJ Paul Oakenfold qui fut l'un des premiers à importer la house d'Ibiza et ses sons inouïs en Grande-Bretagne. Dans le livret, Paterson raconte même comment Jimmy Cauty de KLF et lui-même, jouaient parfois durant sept heures d'affilée sans s'arrêter avec juste un "pot" de thé corsé à l'anglaise (ne pas confondre avec le "pot" correspondant à cette herbe merveilleuse offert par mère nature) et bien sûr quelques spliffs, quand même, pour faire bonne mesure. Clairement pédagogique The Art of Chill # 4 est scindé en deux parties distinctes. Le CD 1 regroupe les pionniers de l'ambient selon Paterson et sa bande, et le second CD présente la nouvelle école, celle qui est apparue dans les années 90. Signalons qu'en bons spécialistes, les membres de The Orb ont une vision "élargie" du genre. Le premier CD présente par exemple le fabuleux "Warszawa" de Bowie et Eno, pièce fondatrice tirée de la face deux de LOW et "Taking Tiger Mountain" de l'album éponyme de Brian Eno. On retrouve aussi le pendant dub de l'ambient avec "Dub Power" de Mad Professor. Plus classiquement, The Orb propose "Garden of Paradise" de leur ami Steve Hillage ou "Narcissist" une pièce de leur complice de longue date, Nina Walsh. Mais ce CD contient aussi des surprises comme le fameux "Duck You Sucker" d'Ennio Morricone que Paterson avoue être le morceau favori de sa mère. Et pourquoi pas ? Quant il s'agit de "chiller" Alex Paterson et Jimmy Cauty savent de quoi ils parlent. Preuve en est sur le second CD qui propose l'ambient nouveau de "Gas 1" de Gas (aka l'Allemand Wolfgang Voigt) à Kaito, en passant par Thomas Fehlmann (autre compagnon de route de The Orb), Ulf Lohmann, Schneider tm ou Andrew Thomas. Ce CD 2 fait la part belle à Kompakt bien sûr, The Orb ayant rejoins le label depuis 4 ans.

Au final ce volume 4 de The Art of Chill qui succède au mythique System 7 (soit Steve Hillage et sa femme Miquette Giraudy), possède toutes les qualités d'une excellente introduction à l'univers de l'ambient, des origines à aujourd'hui, tout en participant au plaisir de l'auditeur averti qui retrouvera quelques-uns des titres emblématiques du genre réunis dans un même album.

The Art of Chill # 4 Mixed by The Orb (Platipus/La Baleine, septembre 2007)




Diana - Morrissey : l'étrange prémonition

Posté par Myosotis le 10.09.07 à 15:32 | tags : élucubration, rock, uk
Interrogé quelques jours après la mort de la Princesse Diana, le chanteur Morrissey avait répondu de manière énigmatique : "Il fallait s'y attendre. C'était tellement prévisible", en une référence qu'on pensait jusqu'à présent tournée vers les diverses morts de célébrités intervenues dans des accidents automobiles (dont évidemment James Dean, idole du chanteur). En cette période de commémoration, un site revient sur cette déclaration et démontre, preuves à l'appui, que l'ancien leader des Smiths avait, quelques mois et semaines avant l'événement, multiplié les signes et les prédictions concernant une telle tragédie. http://www.dianamystery.com

Pour résumer la thèse, assez convaincante compte tenu du nombre de soi-disant coïncidences appelées en renfort, les auteurs du site relèvent notamment la sortie du titre "Alma Matters", quelques semaines avant l'accident, la pose napoléonienne du chanteur sur la couverture (indication du pays où allait se produire l'accident), le titre du single (Alma Matters, donc), la présence, toujours en couverture, d'une voiture (la seule en 20 ans d'activité du Moz), ainsi qu'en illustration intérieure, la pose mélancolique d'un Morrissey entouré d'un chauffeur et d'une tierce personne, la photo étant organisée autour d'un énorme pilier.... en béton. Plus loin dans cette analyse fascinante, les théoriciens du Morrissey devin évoquent le duo Morrissey-Siouxsie Sioux, "Interlude", et les motivations d'un choix d'une duétiste qui avait connu son plus grand succès en "annonçant" (les Banshees ont cette fonction) la mort d'une icône assez proche de Diana par son côté romantique, la poitrinaire actrice Jayne Mansfield. Qui plus est, "Interlude" (le titre chanté par Morrissey et Siouxsie) est ici rapproché d'un film de 1934 Paris Interlude, dont l'interprète principale est l'actrice Madge Evans. Les premiers mots des 3 films de cette actrice oubliée composent la séquence GREAT - PARIS - DEATH, encore un signe....

On vous passe l'exposé intégral (on n'échappe à The Queen Is Dead et à des analyses de texte d'il y a 15 ans qui raviront les fans), mais cette enquête est tout bonnement passionnante et fourmille de détails pour le moins... troublants et affreusement rigolo. Plus sérieusement, cette étude loufoque invite à réfléchir sur les pouvoirs spéciaux des rock stars et leur caractère de Pythies modernes. La lecture proposée nous emmène dans un mini-Da Vinci Code qui nous rappelle nos plus belles heures : lorsqu'on se faisait expliquer pourquoi Marlboro était financé par le Klu Klux Klan et pourquoi Paul Mc Cartney était mort....

(merci à www.morrissey-solo.com pour le lien)




Menomena : Ruche Hour

Posté par 2goldfish le 10.09.07 à 10:12 | tags : pop, vidéos musicales, youtube

Ratatouille est très bon, paraît-il et je n'ai aussi entendu que du bien de Happy Feet mais je n'ai jamais été voir ni l'un ni l'autre au prétexte que, croyais-je, si je dois voir un nouveau film avec des animaux en images de synthèse, je crois que je vais me tirer une balle. La tentation de dire adieu à ce monde a donc été pour moi très grande quand j'ai commencé à regarder le nouveau clip de Menomena pour la chanson "Evil Bee" qui non seulement est plein d'animaux en images de synthèse mais en plus les montre en train d'essayer de s'évader d'un milieu non naturel, ce qui est le scénario de trois films d'animaux de synthèse sur quatre.

Et puis bon, la chanson est excellente, encore un de ces collages de studio issus de Friend And Foe, l'album de l'année, et puis en fait ce clip est un peu original et vraiment excellent, je dois l'admettre, et puis je ne peux décemment pas me tuer alors que j'ai encore plein de papiers que j'ai promis à Fluctuat. En plus je ne voudrais pas partir sur un jeu de mot aussi pitoyable que celui du titre de ce billet.

Jetez donc aussi un oeil à leur excellent Concert A Emporter, ça me fera plaisir.



Heima, le dvd de Sigur Ros fait maison

Posté par LovelyRita le 09.09.07 à 12:04 | tags : dailymotion, news, rock
Le 5 novembre prochain, nos Islandais de Sigur Ros seront de retour avec une double-actualité, après 2 ans d'absence. D'un côté un nouvel album, Hvarf-Heim, et de l'autre (et c'est une excellente nouvelle), la sortie d'un dvd, Heima. Tourné l'été dernier alors que le groupe faisait un tour de l'Islande pendant 2 semaines, Heima, a été réalisé par Dean Deblois. En plus d'être le réalisateur de...de Lilo and Stitch, Deblois se trouve être un fan du groupe. Heima (qui signifie en islandais "à la maison", "patrie") est annoncé comme un film à la façon documentaire. On suit le groupe dans ses errances à travers l'île et ses recoins : villages isolés, parcs nationaux, no man's land, Reykjavik... Le dvd contient des interviews avec les membres du groupe, des titres live dont deux nouvelles compositions : "Guitardjamm" et "A Ferd Til Breidarfjardar 1922" interprété avec le poète Steindor Andersen.
 



Live report : Jesus & Mary Chain en concert à Rock en Scène

Posté par Maxence le 08.09.07 à 19:59 | tags : live, pop, punk, rock, rock en seine, youtube

On annonçait une possible reformation du groupe culte des 80's, Jesus & Mary Chain. C'est aujourd'hui chose faite puisqu'ils se sont produits à Paris le 25 août dernier au festival Rock en Seine. En exclusivité Fluctuat et Playlist, un live report et deux photos, signés Guillaume B. :

Difficile de critiquer les Jesus and Mary Chain. Aussi c'était cool de les voir de nouveau sur scène, même si on n'entendait que les basses qui vous massaient les intestins, même si William Reid, énorme, était sans doute déjà assez bourré pour se planter dans tout les passages clef et pour détruire "Some Candy Talking". Même si Jim Reid avait l'air de vouloir se barrer pendant tout le concert, lucide, comprenant que décidément jamais ils ne reussiront à avoir le succès qu'ils ont merité (du moins jusqu'à Honey's Dead). Le public a tout de même eu droit a deux nouveaux morceaux, laissant présager un nouvel album malheureusement caricatural. Et puis il y a eu la fin, très belle, reverence contre toute attente, avec enfin le son de guitare de JMC, et là je me suis dit que ca valait le coup encore. Il manquait juste ça !

En bonus deux photos: Jim toujours classe, regardant son frère en se demandant: Mais qu'est-ce qu'il me fout ce gros sac à bière? Et William regardant par terre et se demandant: Merde est-ce que je suis branché ?




Albums cultes des géants du bizarre #15 : Slint – Spiderland

Posté par Maxence le 07.09.07 à 18:31 | tags : rock, culte et bizarre, punk

1991, "The Year Punk Broke !" (l'année où le punk explosa !) hurlait Kim Gordon de Sonic Youth dans une mythique VHS éponyme regroupant des performances live et des clips de la crème de la scène punk-rock US d'alors. 1991, c'est surtout l'année où le mouvement s'impose au plus grand nombre sous le nom de "grunge". L'année du Nevermind de Nirvana, de Every Goodboy Deserves Fudge de Mudhoney, du premier album de Dinosaur Jr. sur une major (Green Mind chez Warner). C'est aussi une bonne année pour le hardcore, avec la sortie du Strap it On d'Helmet, le magnifique Steady Diet or Nothing de Fugazi, White Noise de Cop Shoot Cop, Peacetika de Cows ou Goat de Jesus Lizard. C'est enfin la reconnaissance quasi générale des labels emblématiques du rock indépendant qu'étaient Touch & Go, Reptile Amphetamine Records, Glitterhouse, Sub Pop, Big Cat, Transe Syndicate, Go Get Organized, qui tous, se veulent sévèrement engagés dans la cause indépendante, le triomphe du bruit, la déconstruction et le chaos. En effet, 1991 est bel et bien l'année où le punk "explosa" (dans tous les sens du terme d'ailleurs, puisque 14 ans après la signature des Sex Pistols chez EMI, ce retour du punk rock dans la cour des grands signera sa perte tout en participant à sa (re)connaissance publique.)

 

Pendant ce temps, à Louisville, Kentucky, le pays du poulet frit, un groupe d'autistes du sud profond met au point un album qui restera dans les annales de l'histoire du "hardcore" (notez les guillemets). Le disque s'appelle Spiderland, le groupe Slint. Spiderland est le second album du guitariste David Pajo, accompagné de Brian McMahan, Britt Walford et Todd Brashear (qui n'intervient que sur cet album). Alors que leur premier effort sorti sous le nom de Tweez, sonnait comme Fugazi rencontrant Joy Division, Spiderland est d'une autre trempe. Surtout, il investit un territoire peu exploré en cette bruyante année 91, le silence. Il faut dire que les membres de Slint ont déjà quelques bonnes années d'expériences au sein de feu-Squirrel Bait, un groupe punk-rock metal hardcore formé en 1983, et ils sont forcément lassés du mur de bruit généré depuis huit ans. Alors que leurs petits copains s'escriment à jouer vite et (très) fort, les quatre de Louisville décident de passer à autre chose. Sur Spiderland, Pajo et sa bande usent de toutes leurs connaissances techniques et se lancent les yeux fermés dans l'enregistrement d'un album à côté duquel Unknown Pleasures fera figure de musique pour fête foraine. Accablée, amère et dévastée, la musique de Slint reflète parfaitement l'état d'esprit des quatre musiciens durant l'enregistrement. Comment rendre tangible cette désolation intérieure, ce désespoir qui hante toute une frange de la jeunesse abandonnée dans un pays qui les ignore (1) ? En faisant preuve de subtilité sans pour autant exclure la rage et la violence. Le hardcore joue énormément sur l'effet dynamisant des breaks, qu'à cela ne tienne, Pajo reprend la recette, mais en ralentissant extrêmement le tempo et en rallongeant la durée. Alors que la plupart des groupes de l'époque imposaient des formats allant de 1 minutes 30 à 4 minutes maxi, Slint balance de longs mantras psyché-hardcore de plus de 8 minutes ("Washer") ! De "Breadcrumb Trail" à "Good Morning, Captain", le groupe avance sur la pointe des pieds, laissant à l'auditeur l'impression de baigner dans un lac aux eaux claires et calmes, pour mieux lui asséner le coup de batte de baseball qui le fera couler ("Nosferatu Man"). Les lyrics tantôt parlés tantôt hurlés à la lune, la basse funèbre et la guitare tour à tour épileptique et anémique, participent au malaise. Jouant continuellement sur l'opposition apaisement/tension, explosion de violence puis repli sur soi, Spiderland est l'illustration sonore d'un cas clinique de dépression. C'est aussi un album précurseur de ce qui deviendra le math-rock et même, trois ans avant que le critique Simon Reynolds n'invente le terme dans le magazine The Wire, le post-rock.

 

Hélas, le groupe ne survivra pas à cette expérience traumatique et se séparera sans vraiment savoir qu'ils ont une longueur d'avance sur tout le monde. David Pajo poursuivra une carrière relativement discrète au sein même de la galaxie post-rock naissante (aux environs de 1993) dans The For Carnation, Tortoise et même Royal Trux (entre autre). En 2005 le groupe se reforme et est même invité à rejouer cet album culte (et bizarre) sur diverses scènes à travers le monde entier en 2007.

 

(1) "Good Morning, Captain" sera d'ailleurs présent au générique de Kids, le film que Larry Clark dédie à la jeunesse démunie américaine. Tout un symbole

 

Slint - Spiderland (Touch & Go, 1991)




Animal Collective, le nouveau groupe de l'Amour

Posté par 2goldfish le 07.09.07 à 15:31 | tags : pop, rigolo, vidéos musicales, youtube

Animal Collective est plus "normal" que jamais sur son dernier album . Le clip du nouvel extrait "Peacebone" va dans ce sens en racontant une charmante histoire d’amour, aussi linéaire et structurée que la chanson. Oui, ces jeunes gens sont enfin rangés, je parierais qu’ils ont arrêté les drogues. En fait j’en suis même certain pour le brave Panda Bear qui avait sur son adorable hommage aux Beach Boys une chanson sur laquelle il demandait à sa maman de décrocher comme lui l’avait fait.

Vraiment, ça fait plaisir de voir ces garçons rentrer dans le rang. "Qui écoute encore Animal Collective ?" demandait un de nos lecteurs. La réponse, c’est "Nous, les jeunes hommes avec un pull noué autour du coup". Nous écoutons Dove, The Band Of Love et maintenant nous écouterons aussi Animal Collective. Nous sommes normaux et nous vaincrons.




iTouch : le nouvel iPod d'Apple se touche

Posté par LovelyRita le 07.09.07 à 12:27 | tags : geek, ipod, news
La terre s'était déjà arrêtée de tourner au moment de la sortie aux Etats-Unis de l'iPhone en juin 2007, la présentation ce mercredi 5 septembre du nouveau baladeur mp3 iPod, l'iPod Touch devrait de nouveau dérégler la rotation de notre planète. Bon, à quoi diable ressemble-t-il ce nouvel iPod ? Ca va faire un peu Téléshopping, mais ce nouveau produit mesure 8 millimètres d'épaisseur, il dispose d'un écran tactile tout comme l'iPhone, d'une connexion Wi-Fi et d'une mémoire flash de 8 Go...mouais, bon, 8 Go, sachant que cet iPod lit aussi les vidéos, c'est pas énorme. Pour faire d'une pierre deux coups, Apple en a profité pour faire un ravalement de facade aux anciennes versions de la gamme iPod : vous pourrez à présent lire des vidéos sur l'iPod nano, dont la largeur a été augmentée, l'iPod de base, lui, pourra recueillir 160 Go de mp3 et l'iPod suffle se verra offrir une nouvelle gamme de couleurs.
Le prix de l'iPod Touch dans tout ça : 309 euros. Il sera disponible à la fin du mois.

Simultanément à la présentation de ce nouveau produit Apple, Steve Jobs a annoncé la baisse du prix de l'iPhone, baisse équivalente à 200 $, soit presque 150 euros. Après avoir lancé l'iPhone (celui avec 8 gigabits de mémoire) au prix exorbitant de 599 $, Apple casse les prix de manière inattendue, celui à 4 gigabits, lui, devrait être abandonné. Cette baisse importante qui intervient 4 mois à peine après la première commercialisation laisse à penser que l'iPhone ne remplit pas tous les objetifs et espoirs placés en lui.




Supermayer : Supermarrant

Posté par Maxence le 06.09.07 à 18:53 | tags : techno, pop, myspace, label, électro

L'electro allemande avait-elle besoin d'un concept album ? C'est la question que je me pose quand débarque Save the World de Supermayer. Pour peu que vous suiviez l'actualité Kompakt et que vous ayez internet, vous le savez déjà certainement, derrière ce duo d'improbables super-héros se cachent le boss de Kompakt, Michael Mayer, accompagné d'Askel Schaufler, plus connu sous le pseudonyme de Superpitcher. On l'a souvent vu dans le rock, là où il y a concept, il y a lourdeur, pompe et affectation. Mayer et Schaufler sont pourtant loin de toutes ces prétentions. Save the World s'affiche plutôt comme le moment de détente de deux personnalités incontournables de l'electro contemporaine, la pause de deux artistes certainement fatigués de porter les étiquettes de "roi du mix minimal" (Mayer) ou de "petit prince de la techno mélodique" (Superpitcher). Une manière de souffler avant de replonger dans le grand bain de l'actualité, si vous voulez. D'ailleurs, après l'intro, malheureusement trop courte, du magnifiquement hallucinée "Hey", c'est sur "The Art of Letting Go" (l'art de se laisser aller) une véritable déclaration d'intention en forme de manifeste, que s'ouvre Save the World. Le propos est clair : "Détendez-vous et appréciez la façon dont nous nous sommes amusés en enregistrant ce disque pour vous."

 

Décontracté, psychédélique même, Save the World divague volontiers en assumant sa schizophrénie. On pourrait même parler de "personnalités multiples" ici, tant le duo singe styles et genres avec humour et distanciation. Exotica sur "Cocktail for Two", acid transe progressive sur "Two of Us", délires psychotropes sur "Superbrain Transmission", fanfare electronica sur "Us and Them", la bonne vieille rave sur "Planet of The Sick", etc. D'ailleurs comme certains de ces titres évoquant les pulps des 50's peuvent le laisser penser, Save the World est aussi l'illustration sonore d'une histoire. En effet, nos deux héros prennent vie sous la plume du dessinateur Daily Kat dans un comic book qui accompagne le CD. Une BD qui paraît également dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Save the World serait donc la première "BD héroïque techno" des temps modernes, si la hollandaise Miss Djaxx (la Miss s'incarne en effet dans une série d'aventures inspirées des super-héros de Marvel Comics et dessinées par le célèbre graphiste de Transmat, Alan Oldham) et l'américain Blake Baxter (Globus Mix Vol. 2 - A Decade Underground chez Tresor) n'avaient pas déjà eu la même idée. Décidemment, il semblerait que techno et super-héros soient fait pour s'entendre ! Mais cela n'enlève rien au plaisir de découvrir ce projet cependant !

 

Mais revenons à la musique. Concrètement l'album est clairement scindé en deux. D'un côté les déconnades entre potes, les pops songs gentiment potaches ("The Lonesome King") et l'electronica expérimentale (les petits interludes), de l'autre les morceaux dancefloor qui restent comparables à ce que l'on peut écouter habituellement chez Kompakt. On pense au minimal "Saturndays" qui ne déparerait pas dans le tracklisting d'un futur "Total 9", "Two Of Us (extensed album version)", ultra-hypnotique et bien meilleur que sur Total 8, mais également "Planet of The Sick" malgré son côté housey rigolo et surtout l'ample "Please Sunrise", qui réunit les deux meilleurs producteurs de l'époque dans un exercice de techno pop de haute volée. Alors bien sûr, si les pop songs pêchent souvent par excès de simplicité (l'exercice du songwriting n'est pas celui dans lequel excelle le duo, même si les mélodies sont souvent jolies), les morceaux "four to the floor", eux, sont pour la plupart réellement réussis.

 

Au final s'il ne sauvent pas le monde, Supermayer propose tout de même un album distrayant qui ne restera peut-être pas dans les annales du label comme un pic de créativité mais offre au moins l'avantage de nous remettre progressivement dans le bain d'une rentrée une fois encore menacée de congestion.

www.myspace.com/supermayer

Supermayer - Save the World(Kompakt/Nocturne, septembre 2007)




Liars, Gravenhurst, Constellation, une belle rentrée pop-rock indé 2007

Posté par Maxence le 06.09.07 à 17:01 | tags : news, pop, rock

Décidemment le rock indépendant se porte bien en cette rentrée 2007. Après le cinglant Liars, qui signe le retour du trio punk américain interviewé et chroniqué dans notre mag, c'est au tour de Nick Talbot de Gravenhurst de nous offrir avec The Western Lands un magnifique album de pop rock (et folk) indé comme nous n'en avions plus entendu depuis May I Sing With Me des Yo La Tengo. Pour la chronique, c'est par là. De son côté, nous assistons à une véritable renaissance du label Constellation, avec pas moins de trois parutions le même mois, un très bel album de Vic Chesnutt, celui de Hrsta et enfin le premier véritable LP de Sandro Perri. C'est pas du bonheur ça, mmmh ? Et ça ne fait que commencer puisqu'on annonçe la sortie de Hey, Venus! le nouvelle album de Super Furry Animal ! So, stay tuneeeed !




Pavarotti est mort, mais qui donc va chanter avec les Spice Girls et Florent Pagny ?

Posté par LovelyRita le 06.09.07 à 12:20 | tags : cimetière, news, opéra, youtube

Luciano Pavarotti est mort aujourd'hui des suites de son cancer du pancréas. Le chanteur d'opéra ou de popéra s'est produit avec une foule de personnalités de la musique pop et internationale. En guise de best-of, sélection de liens youtube des collaborations de Pavarotti and Friends !

 
Pavarotti chante avec :
 
  
 
 
 
 
 
 



Cauchemar Animatronic

Posté par 2goldfish le 06.09.07 à 10:03 | tags : pop, rigolo, vidéos musicales, youtube

 

Au secours, un robot qui chante "London Bridge" ! Et ce n'est pas Fergie !

Finalement, peut-être que les robots ne contrôleront jamais le monde. Ils nous feront par contre certainement bien chier.

(via Music Thing, évidemment)




HRSTA : Les fantômes de l'été passé.

Posté par Maxence le 05.09.07 à 18:42 | tags : rock, myspace, label, folk

Décidement, les Québécois de Constellation s'offrent une magnifique rentrée. Après le très réussi North Star Deserter de "Vic Chesnutt & Friends" (dont je ne suis pas encore décidé à me lasser), c'est au tour d'Hrsta (prononcer "hursh-tah"), le nouveau groupe de Mike Moya de nous enchanter avec un cortège de ballades douces-amères et d'hymnes psychédéliques funèbres. Cela vous apparaîtra certainement comme un cliché, mais jouons encore une fois la carte de l'apaisement et affirmons haut et fort que le son de Moya s'est incroyablement adouci ! Après les performances soniques de Godspeed You! Black Emperor, l'intéressé, et son groupe, atténuent la tension présente dans leurs compositions en la mélangeant aux ambiances plus volontiers hétérogènes de A Silver Mt. Zion ou Black Ox Orkestar. Sur Ghost Will Come and Kiss Our Eyes, on retrouve les invitations médiévalo-gothiques des premiers ("Beau Village") ou "world" des seconds (on pense en particulier à la musique Klezmer, omniprésente dans ces différents projets et qui s'impose encore une fois, dès l'ouverture de l'album sur "Entre la mer et l'eau douce" et son bandonéon).

Album de rock folk épique véritablement hanté comme son nom l'indique, Ghost Will Come and Kiss Our Eyes est un millefeuille sonique pour guitare et voix, adouci de mélodies sombrement mélancoliques. A l'image de la photo qui orne sa pochette intérieure, il présente sa face désolée, tel une plage abandonnée après la haute saison et qui semble dire : voici venu le temps des amours mortes et bientôt oubliées, qui reviendront peut-être nous hanter avec le temps et l'âge venu (durant "l'hiver de l'homme" sans doute). La plupart de ces compositions incandescentes au psychédélisme noir, que ne renieraient pas Mazzy Star s'ils existaient encore, s'enjolivent de cordes utilisées pour leurs textures ("Hechicero Del Bosque", "The Orchards", "Kotori"). Sur "Saturn of Chagrin" leurs tonalités morbides et hypnotiques ruissellent littéralement. Les ballades ("Tomorrow Winter Comes", "Haunted Pluckley", "Holiday") sont parcourues d'effets étranges, de bourdonnements, de drones (cette note infinie, répétée encore et plus encore à n'en jamais finir), de collages de voix, de nappes, le tout si intimement mêlé qu'elles ne forment plus qu'une seule et même lancinante spirale. Tout simplement envoûtant ! Allez faire un petit tour sur le profil myspace du groupe, même s'il ne présente aucun morceau de l'album présent (ce qui est bien dans l'esprit Constellation, mais passons), vous aurez tout de même droit à quelques beaux morceaux de ferveur post-rock comme seul savent en produire Moya et sa bande.

HRSTA - Ghost will come and kiss our eyes (Constellation/Southern/Differ-ant)




Youtube de l'été #50 : Klaxons - Atlantis To Interzone (2007)

Posté par LovelyRita le 05.09.07 à 15:02 | tags : électro, rock, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Considérés comme les leaders d'une scène new rave qui affiche haut son penchant pour les claviers et le fluo, les Klaxons ont fait leur apparition en ce début d'année avec leur album Myths of The Near Future. L'album a été récompensé hier soir au Mercury Prize, volant le prix du meilleur album britannique aux Arctic Monkeys et à Amy Winehouse. Le single "Atlantis to Interzone" sorti à l'automne 2006 est une double-référence : à la cité perdue Atlantis, évidemment, et à un ouvrage de William S. Burroughs du nom de Interzone. Bien loin de ces référénces, certes intéressantes, le titre introduit en piste 2 de l'album par une sirène hurlante et qui se prolonge en chants/cris et ruptures de rythme a de quoi accélérer le rythme cardiaque juste comme il faut.




The Tuss : jamais sans mon GX1

Posté par Myosotis le 05.09.07 à 10:33 | tags : myspace, electro
L'ami Maxence a déjà annoncé l'événement au début de l'été et la polémique qui l'a précédé (Aphex ou pas Aphex?) : le premier album du plus grand phénomène électro de Cornouailles (depuis l'invention du bêlement de mouton synthétique ou boîte à meu-meu de mouton) est disponible chez tous les bons disquaires et dépasse, par sa qualité, son propre buzz médiatique.

 

Rappelons pour ceux qui avaient été distraits, que The Tuss (ou "la gaule" en patois local) est soupçonné d'être une formation-écran du ludion d'origine galloise connu sous le pseudonyme d'Aphex Twin, aka Richard D. James selon l'état-civil. Alors que le groupe est officiellement constitué d'un mystérieux duo de jumeaux (un gars, une fille, mariés ou incestueux), Brian et Karen Tregaskin, il semble bien que James soit derrière tout ça. Les 2 preuves principales avancées par les Da Vincistes électro sont les suivantes :

 

1) Aphex a repris avant même sa sortie une chanson de The Tuss, le single "Devon", dans un de ces sets

 

2) a été détectée sur Rushup Edge, le premier album du groupe, l'utilisation d'un Yamaha GX1, synthétiseur si cher et précieux que ses propriétaires se comptent sur le doigt d'une demie-main au Royaume-Uni, Richard D.James étant l'un d'eux.

 

On pourrait rajouter que 3) Richard D. James a vécu à Lanner, en Cornouailles, et donc

 

que 4) aucun type de Cornouailles interrogé (j'ai mené mon enquête) n'a le souvenir d'avoir croisé les Tregaskin.

 

5) enfin que Rushup Edge sonne comme du très bon Aphex Twin, ce qui nous amène au disque proprement dit.

 

Pour apprécier l'album de The Tuss, il vous suffit, en fait, de savoir qu'il s'agit d'un bon album d'intelligent dance music (ou de braindance, comme on dit maintenant), soit de l'electronica ou électroacoustique (comme on disait avant) qui s'écoute sans fin et sans faim, chez soi, plutôt qu'en club. On ne dira pas de ce Rushup Edge que c'est un chef d'oeuvre mais qu'il comporte suffisamment de titres excellents pour que vous ne regrettiez pas votre investissement. "Synthacon 9", à l'ouverture, est peut-être le meilleur titre et le plus emblématique de l'album : les Tregaskin envoient en 6 minutes et quelques un bon paquet de stimulations acid à la fois explosives et apaisantes qui donnent à votre cerveau l'impression de baigner dans un Perrier zeste à 39°. "Last Rushup 10", le titre qui suit, impressionne par la richesse de sa texture et son apparente complexité. Comme chez Aphex Twin, on se retrouve convoqué au spectacle de fin d'année et chantant des Ordinateurs Anonymes : ça crépite dans tous les coins et les schémas de programmation sont si finement mélés et nombreux qu'on n'y comprend pas grand chose si ce n'est que le résultat est épatant. La suite est un peu moins exaltante malheureusement. "Shiz ko E" se traîne sur presque toute sa longueur (3 minutes seulement) et "Rushup i Bank 12" n'est relevé en son centre que par quelques motifs distrayants de ce qui pourrait être un piano ou alors une guitare synthétique (?). Mention spéciale, pour finir (il reste un titre peu remarquable en clôture), au bien nommé "Death Fuck", qui suggère le bruit que fait un corps au moment d'un orgasme cosmique, vu depuis l'électron de base. La chimie électronique évoque une poêle à frire, avec un supplément d'âme sexy. The Tuss réussit néanmoins à créer l'émotion et littéralement à poser par sa créativité le chill-out, qui traverse les oreilles et l'échine.

 

Sans survendre le produit et quel qu'en soit l'auteur véritable, on peut se jeter sur ce Tuss les yeux fermés et goûter un album qui, sans être révolutionnaire, fait une très belle initiation au genre, à sa richesse et à son histoire. Inutile de dire qu'écouté au casque dans une pâture près de Truro, le nez dans la crotte de mouton et la tête dans les étoiles, doit procurer son pesant de sensations.

 

www.myspace.com/thetussmusic

 

The Tuss - Rushup Edge(Rephlex/la Baleine, juillet 2007)




Albums cultes des géants du bizarre #14 : Moonshake - Big Good Angel

Posté par Maxence le 04.09.07 à 18:33 | tags : électro, dub, culte et bizarre, punk
Lassé de son expérience avec Wolfhounds, et surtout de l'indifférence du public pour ce qui était pourtant l'un des tous meilleurs groupes brit pop des années 80, David Callahan décide de laisser s'exprimer ses velléités expérimentales dans un nouveau projet au nom symbolique : Moonshake. "Moonshake", comme son nom l'indique (puisqu'il fait référence a un fameux morceau de Can sur l'album Future Days) empruntera au krautrock, mais aussi au dub, au jazz et pourquoi pas au punk, en naviguant dans le sillage incertain des expériences de PiL, Gang Of Four, les Slits ou The Pop Group. Pour cela Callahan, le teigneux (il est connu alors pour être aussi vindicatif que Mark E. Smith, c'est dire !) recrute une fine équipe d'outsiders de la pop, Margaret Fiedler à la composition et au chant, John Frennet à la basse, Mig à la batterie et l'over-coté producteur Guy Fixsen aux manettes, car, comme tout bon projet post-punk, Moonshake est avant tout un monstre de studio. Pour composer leur musique, Callahan et sa bande font feu de tout bois. Les vocaux singulièrement agressifs et geignards de Callahan répondent au chuchotement de Fielder, sur une basse rebondie typique du reggae dub, une guitare en métal froissé, des percussions tribales, un rythme souvent downtempo et surtout ce qui fait toute l'originalité du groupe dans le paysage de la pop britannique d'alors, une foule de samples dérangés (Moonshake empruntera même trois notes au sax déglingué du "Hair Pie: Bake 1" de Captain Beefheart sur Trout Mask Replica).

Vous l'avez compris dès les premières lignes, un groupe entretenant un tel cahier des charges ne pouvait qu'accoucher d'albums (et de singles) cultes et bizarres. Et en effet, Eva Luna leur premier essai contient nombre de morceaux bien allumés. Mais ce premier jet porte encore l'empreinte de Wolfhounds, le précédent projet de l'intransigeant leader, Dave Callahan. C'est donc sur Big Good Angel que je jetterais mon dévolu. Avec Big Good Angel, Moonshake réussit presque à se débarrasser totalement de ses oripeaux punk-pop-rock et aborde les rives d'une musique qui restait encore à inventer en 1993. Tellement en fait, que le groupe finira par se perdre et se séparera d'un de ses précieux membres, Margaret Fiedler, en cours de route. Sur ce court album 6 titres, dont tous les morceaux dépassent tout de même les 5 minutes, la bassiste et vocaliste d'origine américaine installée à Londres et Dave Callahan batailleront ferme. Résultat, l'album sera coupé en deux. D'un côté, la demoiselle nous offre pas moins de trois pur pop song, "Two Trains", "Girly Loop" et "Flow", oscillant entre calypso apocalyptique, dub effréné, drum'n'bass post-punk et post-rock emballé. De l'autre, le décidément tyrannique "leader" (une place que ne lui reconnaissait pas Fiedler puisqu'elle composait autant que lui) passe en force avec "Capital Letters", "Séance" et "Helping Hands", trois morceaux d'anthologie au groove hargneux et acéré malgré l'absence quasi-total de guitare. Passant outre ces problèmes d'ego, Big Good Angel paraît, radicalement assumé par les deux parties comme un album "inachevé". Les parents pouvaient être fiers, Eva Luna, leur premier bébé déjà bien entamé, avait donc son petit frère monstrueux. Et pourtant, quel album et quel trésor d'inventivité dans ses six titres qui préfiguraient avec 12 ans d'avance l'electro dub et punk-funk actuel de Out Hud, Chk Chk Chk et consort ! Après cette expérience malheureuse Margaret Fiedler partira fonder Laïka, un autre grand groupe oublié, et Callahan poursuivra l'aventure Moonshake jusqu'à la fin en 1996. A (re)découvrir absolument !

Moonshake – Big Good Angel(Too Pure, 1993)



Youtube de l'été #49 : Hot Chip - Over and Over (2006)

Posté par LovelyRita le 04.09.07 à 15:27 | tags : électro, pop, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

En 2006, l'équipe du NME a élu "Over and Over" Track of The Year. Vu que je ne lis pas le NME et que dans ce top 50, il y a 3 singles de Muse de classé, croyez-moi, je ne me suis pas basée sur ce top pour choisir le tube de l'été de 2006, c'est tout simplement Hot Chip qui est venu à moi.




"Gimme More", Britney Spears revient

Posté par 2goldfish le 04.09.07 à 11:24 | tags : news, people, pop, rigolo

Britney dans la vie de tout les joursPerez Hilton, LE super blog pour amateurs de voyeurisme VIP, paraît-il, streame "Gimme More" le nouveau single de Britney Spears (le vrai, pas la vieille démo qui a fait surface il y a quelques jours. La chanson sonne comme un nouveau "Sexyback" un peu timide, ce qui n'est guère étonnant puisque le producteur Danja sert de main droite de Timbaland depuis quelques temps déjà, en fait depuis que Timbo refait des tubes à la chaîne. Si vous me demandez, la chanson pourrait faire avec un peu plus de nervosité et de tension mais rien ne l'empêchera a priori d'entrer dans le top ten si ce n'est Britney elle-même.

Tout dépend évidemment de la réaction du public aux déboires récents de Britney (si vous avez réussi à les éviter, vous êtes plus fort que moi). De deux choses l'une : soit on lui pardonne ses frasques, on la voit en victime qui enfin refait surface soit, et je crains que ce soit plus probable, son image est gravement entachée et les gens n'ont pas envie de voir au delà du regard impitoyable du journalisme poubelle et de la petite brioche qu'elle refuse de perdre. Britney doit la jouer fine et on a un bref espoir pour elle quand elle ouvre le morceau sur un triomphant "It's Britney, bitch" mais la suite n'est que paroles tièdes sur le mode "oh, chéri, je sais qu'il y a des photographes mais prends moi là tout de suite, le public en veut toujours plus".

sur le tournage du clip de Gimme MoreMême Madonna a du passer par la case col roulé/tailleur/chignon dans les années quatre-vingt-dix pour revenir de (ce qui semblait alors) beaucoup trop loin. Depuis quand Britney est-elle au dessus de piquer ses plans marketing à la madonne ? Il est grand temps d'abandonner les clubs, la vodka et de se lancer dans la kabbale et l'eau minérale magique.

Le mythe Britney Spears a cependant été construit sur le pouvoir absolu de sa volonté : "je veux être une méga-star et je fais tout ce qu'il faut pour et finalement j'y arrive". Ca parlait aux gens qui se disent que eux aussi, s'ils s'en donnaient la peine, ils pourraient en faire autant. Reste à savoir si "Je suis une méga-star et je fais ce que je veux et je vous emmerde et vous allez acheter mes disques quand même" passera aussi bien. C'est le vingt-et-unième siècle et je n'y comprends rien et pourquoi pas, mais cette approche n'a pas emmené Paris Hilton plus loin qu'un seul single.

Je suis tout à fait capable de me tromper dans mes prédictions concernant une chose aussi volatile et fluctuante que l'opinion publique et il faut encore voir ce que va donner ce come-back aux MTV Video Music Awards la semaine prochaine mais pour l'instant, je vous déconseille fortement d'investir dans du Britney Spears.




Vic Chesnutt chez Constellation : Une rose dans le désert

Posté par Maxence le 03.09.07 à 19:00 | tags : rock, label, folk, blues

Franchement, il est des albums qui méritent mieux que ces temps de superficialité et de tendances futiles, North Star Deserter de Vic Chesnutt est de ceux là. Album ample d'une générosité inouïe, North Star Deserter célèbre la rencontre de Vic Chesnutt et des musiciens de Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra and Tra-la-la Band, soit la fine fleur du label Constellation et l'un des meilleurs paroliers de l'americana contemporaine, réunis sous la houlette du réalisateur de film : Jem Cohen. Un réalisateur comme producteur ? Hé oui, les artistes ont parfois besoin de changer de casquette, c'est bien connu. Cohen s'en explique d'ailleurs en ces termes dans le livret de l'album :"J'avais besoin de faire ce disque avec Vic, une personne que je connais depuis plus de 20 ans, un ami dont le travail me touche plus que je ne serais le dire et avec qui j'avais envie de travailler depuis de longues années". Voilà pour la petite histoire, celle de sessions ferventes, enregistrées un certain hiver 2006 à l'Hotel2Tango de Montréal.

Concernant la musique proprement dite, c'est à la fois aussi simple et plus compliqué. Bien sûr il y a la poésie que Vic Chesnutt clame de sa voix cassée de baladin alcoolique (ce qu'il a longtemps été, et qu'il avoue sur son fameux album Drunk), ses métaphores teintées de religion ("Glossolalia"), ses histoires de villes abandonnées, ses constatations désabusées sur la vie, l'amour, le passé, la mémoire et la douleur existentielle. Et puis il y a l'accompagnement du Silver Mt. Zion Memorial Orchestra, tour à tour incandescent, tout de saturation et d'électricité (le mémorable "Everything I Say", "Splendid", le terrible "Debriefing"), intimiste et tout à l'écoute du chanteur ("Warm", "Wallace Stevens", le poignant "Fodder on Her Wings") quand ce n'est pas carrément d'une légèreté ahurissante (l'anthologique "You are Never Alone" accompagné du chœur du Tra-la-la Band). Sur North Star Deserter, les chansons de celles qui vous plaquent contre les murs pour mieux vous faire pleurer ensuite. On y retrouve la rage contenue typique des productions du groupe de Montréal, sans le bruitisme obsessionnel de leurs premiers enregistrements. Les musiciens savent se poser et offrir un espace d'expression au poète américain et s'accorde parfaitement aux ambiances de Chesnutt. North Star Deserter, est bel et bien une rencontre entre deux univers solidaires. Chesnutt comme les piliers de Constellation semblent animés d'idées communes et d'une vision complémentaire, si ce n'est similaire, du monde en général et de l'art en particulier. A bien réfléchir, et pour peu que l'on connaisse un peu leurs œuvres respectives, on se dit que ces artistes ne pouvaient que se rencontrer. C'est aujourd'hui chose faîte et c'est tant mieux !

Vic Chesnutt - North Star Deserter(Constellation/Differ-ant, août 2007)




Youtube de l'été #48 : Gwen Stefani - Hollaback Girl (2005)

Posté par LovelyRita le 03.09.07 à 15:41 | tags : pop, rnb, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube
En 2005, nos soirées étaient animées par "Never Win" de Fischerspooner, de "Fa fa fa" de Datarock, du très beau "Sow Into You" de Roisin Murphy, mais aussi de Gorillaz avec "Dare" ou "Dirty Harry", mais celle qui a monopolisé une bonne partie de notre attention et de nos mouvements sur le dancefloor c'est Gwen Stefani. Stefani, l'ex-No Doubt qui revient de manière admirable sur le devant de la scène avec une nouvelle identité. Le nouveau son Stefani on le doit entre autre à André 3000 d'Outkast, aux Neptunes et à Pharrell Williams avec qui elle a co-écrit "Hollaback Girl".
 



Hilly Kristal est mort

Posté par Maxence le 03.09.07 à 12:01 | tags : cimetière, news, punk, rock

Décidément, l'été fut meurtrier. Après Tony Wilson, c'est au tour d'une autre grande figure du rock de la fin des 70's de prendre la tangente et de rejoindre des cieux plus bleus le 31 août dernier. Et plus bleus, ils n'auront pas de mal à l'être, comparés au macadam new yorkais que côtoyait quotidiennement Hilly Kristal, fondateur du CBGB et promoteur (malgré lui) de la scène rock de la grosse pomme depuis 1973. Salle de concert et bar mythique, ce club situé dans le quartier des clochards (le Bowery) hébergea la toute nouvelle scène punk rock représentée alors par Patti Smith, Television, les Ramones, Talking Heads, Blondie, Johnny Thunder et ses Heartbreakers et j'en passe. Ce qui est très drôle quand on sait que les initiales de la salle (originalement CBGB & OMFUG) signifiaient "Country, Bluegrass, Blues and Other Music For Uplifting Gourmandizers", une vocation qui ne devait pas vraiment concerner le public du club. De fait, Kristal a managé nombre de clubs "classique" avant celui-ci et n'a jamais vraiment décidé de faire du CBGB une salle de concert "punk rock". Dans son cas, clairement, c'est l'histoire qui s'est imposée à lui et il en a d'ailleurs bien profité (Kristal était connu pour n'être ni un misanthrope, ni un sentimental au cœur d'or, il suffit de lire Please Kill Me, l'histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs, chez Allia, pour s'en rendre compte). Reste que, comme disait un ami (le "Neal Cassidy" de la chronique rock, il n'a jamais écrit ou presque, mais sa verve apocalyptique a imprégné la chronique musicale de ce début de 3ème millénaire", héhéhé) : "Le type qui n'a jamais rien compris, mais a quand même été indispensable, est mort." Belle épitaphe non ?




Just Jack : l'homme qui a failli doubler The Streets

Posté par Myosotis le 03.09.07 à 10:30 | tags : electro, hip hop, myspace, rock
Découvert par quelques uns et avec bonheur lors du festival Rock en Seine, Just Jack aurait pu avoir une destinée publique plus fameuse (et plus tôt) si son premier album Outer Market, sorti en septembre 2002, et accueilli favorablement par la critique, n'avait été doublé sur le fil du succès par une bombe sortie quelques mois auparavant sous l'enveloppe Original Pirate Material. Mike Skinner, de The Streets, présentait alors un album de facture assez similaire mêlant les sonorités de la scène garage, la culture DJ et ce qu'on peut appeler l'esthétique "chav". Plus percutant sûrement, mieux armé en hits et bénéficiant d'une qualité de plume un tantinet supérieure, l'album de The Streets avait indirectement laissé Jack Allsopp aux portes du succès et Outer Market sur les marches du Top 40.

Cinq ans plus tard, Overtones, son nouvel album (sorti au 1er trimestre 2007) nous rappelle que le Londonien reste un des acteurs les plus sympathiques des musiques transgenres, prolongeant le joyeux mélange entrevu sur Outer Market et fondant habilement sampling (Jack a pris des cours dans une académie dans ce domaine précis), hip hop et musique folk. Sur le plan des sonorités, c'est ce mélange des genres qui constitue l'originalité de Just Jack, Overtones étant caractérisé par une prévalence (in)visible (comment faire du hip hop avec de vrais instruments) des guitares pour suggérer et servir le beat. Le flow de Jack est habile mais rarement appuyé, sa voix plus pop que celle d'un Skinner dont l'accent des bas fonds se laisse entendre et apprécier sur presque chaque syllabe tonique. L'affaire paraît simple énoncée ainsi mais on n'avait pas vu une rythmique aussi efficace et minimaliste que sur l'exceptionnel single "Writer's Block" depuis pas mal d'années. Contrairement à Outer Market d'ailleurs, Overtones est un album qui peut se prévaloir de quelques bombinettes, susceptibles de gagner des positions dans les charts : "Starz in Their Eyes" est devenu une sorte de tube outremanche et le mérite bien. Just Jack propose comme The Streets une musique hip hop de variétés sur un fonds d'évocation des tensions sociales, des relations amoureuses foireuses et bitures de samedi soir. L'univers est ici plutôt rigolard avec des références au monde des comics ou de la pop culture. "Glory Days" n'est pas mal non plus et je ne reparle pas de "Writer's Block", qui ajoute aux autres un petit choeur r'n'b d'une parfaite et sensuelle vulgarité. Ici, on marche souvent sur le fil du mauvais goût, au point d'inviter Kylie Minogue en plage 6 ("I Talk Too Much"), et de péter plus haut que son c*** ("Symphony of Sirens" - un rien prétentieux). D'autres titres jouent la carte de l'émotion (souvent assimilée dans le folklore chav à la "descente" post-ecsta), comme sur "Mourning Morning" et "No Time". Pour ne rien gâcher, Overtones se clôt sur un "Spectacular Failures", qui fait taire les critiques sur les qualités de lyricist du jeune homme.

Comme les meilleurs titres sont encore disponibles sur MySpace, il suffit de se rendre compte par soi-même et d'attendre sagement le 23 octobre, où Just Jack reviendra poser son flow au Bataclan à Paris. On reviendra évidemment prochainement et plus longuement sur l'autre événement "chav" de l'année avec la sortie du premier album de Mc Devvo, notre chouchou fake.

Just Jack - Overtones (Universal, janvier 2007) 



Youtube de l'été #47 : Franz Ferdinand - Take Me Out (2004)

Posté par LovelyRita le 01.09.07 à 13:30 | tags : rock, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube

Formé en 2001, Franz Ferdinand a attendu 2004 et son single "Take Me Out" pour se faire connaître à la face du monde. En quelques semaines/mois le groupe de Glasgow se retrouve en rotation lourde sur les ondes. Surmédiatisé tout comme le groupe The Strokes, Franz Ferdinand est intronisé groupe-leader de la scène rock du nouveau millénaire. Retour du rock ou pas retour du rock, "Take Me Out" reste un single dont l'efficacité n'est pas à prouver, d'où sa place dans la série Youtubes de l'été.

 






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